- Speaker #0
Rendez-vous, le podcast qui fabrique et consolide votre réseau d'apporteurs d'affaires.
- Speaker #1
Bonjour Germain. Bonjour Jean-Christophe. Alors on va passer 30 minutes ensemble, et puis tout de suite après tu vas pitcher, tu vas te présenter. Tu auras ta carte blanche, un coup de gueule. Un coup de pub, ce dont tu as envie pendant une minute. Et après, on va voir comment on peut accompagner les repreneurs d'entreprises, et notamment d'entreprises familiales, puisque c'est ton dada.
- Speaker #2
Exactement. Merci beaucoup pour cette invitation. J'accepte avec grand plaisir de parler de cette belle aventure qu'est le CEDEF.
- Speaker #1
Alors, juste avant, est-ce que tu peux pitcher justement ce qu'est le CEDEF en 1 minute 30 ?
- Speaker #2
Alors, le CEDEF, c'est une association qui a été créée vraiment pour... créer des cercles de paroles, des cercles de pairs, donc des personnes qui vivent la même chose au même moment, c'est-à-dire reprendre l'entreprise familiale. Quelque chose qui ne se partage pas avec tout le monde, on n'en parle pas avec ses collègues, on n'en parle pas avec ses frères et soeurs, encore moins avec ses parents, ça peut être des sujets délicats. Donc voilà, on va pouvoir venir poser ça dans un cadre de confiance, dans un cadre intime aussi. pour qu'on puisse faire son chemin de futur repreneur de l'entreprise familiale.
- Speaker #1
On va rentrer dans le vif de ce sujet, mais avant, est-ce que tu peux nous parler de toi, de ton parcours ? Tu as fait quoi comme études ?
- Speaker #2
Alors moi, j'ai eu la chance d'être à Lille. J'ai fait une école d'ingénieur qui s'appelle HEI, donc haute études d'ingénieur à l'époque. J'ai passé de 2001 à 2006, cinq années, pour avoir un diplôme d'ingénieur généraliste spécialisé dans le bâtiment de travail public.
- Speaker #1
Quelles ont été tes premières expériences professionnelles ?
- Speaker #2
Il faut savoir que j'ai choisi cette filière-là. Ce n'est pas anodin. Je suis moi-même membre d'une famille d'entrepreneurs qui est la famille Entreprise Charrier. Je suis de la cinquième génération. C'est une entreprise qui est dans le travail public. Donc je me suis dit, tiens, ça peut être intéressant de travailler dans cette filière-là. Par contre, on avait une charte d'embauche de la cinquième génération à l'époque. Dans cette charte, ça disait trois choses. Première chose, c'est de faire une expérience au moins de trois ans dans une entreprise extérieure avant de rentrer chez Charrier. Et ensuite, les deux autres éléments, c'était de postuler à un poste où il y a un besoin pour l'entreprise. Et la troisième, c'est d'avoir les compétences pour ce poste. Donc moi, il fallait que je... Même si j'avais envie de travailler chez Charrier, je ne pouvais pas y aller directement. Donc, j'ai frappé à la porte d'un concurrent. Mais on n'est pas au même niveau qu'il y a l'entreprise Colas. Donc, j'ai pu aller travailler dans les carrières chez Colas. Et ça, pendant 4 ans, à peu près. À Nancy, dans le Puy-de-Dôme et ensuite à Strasbourg. Et en 2010, c'est là où j'ai intégré l'entreprise familiale. Tu peux nous pitcher un peu Charrier, le nombre de salariés ? C'est un groupe, non ? C'est un groupe, ça s'appelle une ETI, entreprise de taille intermédiaire. On est classé comme ça, on est 1850 actuellement. L'entreprise va fêter ses 130 ans l'année prochaine. Elle a été créée en 1897 par mon arrière-arrière-grand-père, Constant-Maximin Charrier. Ensuite, l'entreprise s'est transmise de génération en génération. Il y a plusieurs métiers. En fait, les métiers sont ce qu'on appelle historiques, le terrassement, les carrières. et les métiers de l'aménagement urbain, routes ou aménagement de plateformes, par exemple. Dans les années 2000, il y a eu les métiers du génie civil qui sont arrivés, la déconstruction des amiantages. Et puis plus récemment, des entreprises dans les espaces verts, le génie écologique, ou encore récemment, dans les réseaux. Donc, l'adduction d'eau potable ou le réseau électrique, ou des entreprises comme ça. Donc, on s'est diversifié. situé à Acoueron, le siège d'Acoueron à côté de Nantes. Et en fait, on a des entreprises, des agences qui vont de la Mayenne jusqu'à Angoulême pour l'axe nord-sud. Et sur l'est-ouest, on va du Morbihan jusqu'à... On a une agence à Paris aussi, mais on est plutôt sur le 44, voire Atlantique, en Vendée et dans le Ménélois. C'est nos trois gros départements. Toujours dans le public ? Alors, le public, c'était la... On s'est pas mal diversifié en fait, pour des raisons, c'est un peu la fameuse phrase ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Et donc on a effectivement, on est passé à un peu près de 85% de public à un peu près 65%. On a un peu plus équilibré, donc on travaille pas mal avec les privés. Et quand je dis privé, ce n'est pas forcément les particuliers, mais plutôt les donneurs d'ordres privés qui ont des besoins d'aménagement.
- Speaker #1
Tu as occupé différents postes dans l'entreprise familiale ?
- Speaker #2
Oui, j'ai commencé en tant que conducteur de travaux dans l'agence de Nausée, ce qui était très bien pour se former et avoir une expérience de terrain solide. Deux ans après, j'ai pu avoir le poste de responsable d'exploitation dans cette agence-là. Et ensuite, en 2014, deux ans après, il y a eu une création de poste pour mettre en place ce qu'on appelle du « guide management » , l'amélioration continue dans les carrières. Et en 2014, j'ai pu avoir ce poste-là de responsable d'amélioration continue aux carrières. Ça a plutôt bien marché. Les équipes devenaient autonomes. Donc, j'ai pu ensuite postuler au poste un peu au-dessus, c'est-à-dire responsable d'amélioration continue pour l'entreprise. C'est le poste que j'occupe depuis 2019. Des petites évolutions aussi dans le poste, puisque maintenant, je m'occupe aussi d'innovation et de gestion de projet.
- Speaker #1
C'est un avantage ou un inconvénient de travailler dans l'entreprise familiale ?
- Speaker #2
Alors moi, je le vois clairement comme un avantage. Ça fait partie un peu des réflexions que j'ai pu avoir personnelles. C'est-à-dire que moi, je suis Germain Charlier, je suis né dans cette famille, j'aime le monde de la construction, j'aime avant tout faire des choses en équipe. C'est ça qui me motive vraiment. Et je me suis dit, tiens, pourquoi pas le faire dans l'entreprise familiale ? Pour moi, c'était quelque chose, un atout supplémentaire, plutôt que de le faire ailleurs. Donc je dis, allez, je le fais comme ça. On peut le prendre des deux côtés. Il y a plein de situations. Il m'arrive tous les jours, en fait, ça peut être un atout, un inconvénient. Moi, je fais tout pour que ça soit un atout. Pour en tirer, je ne dirais pas profit, parce que ce n'est pas mon profit personnel, mais il faut le profit de l'entreprise, toutes les personnes qui gravitent autour, des équipes, tout ça, pour faire porter d'un côté, dans le monde, dans l'entreprise. c'est OK la famille, c'est quoi nos valeurs et qu'est-ce qu'on fait concrètement en tant que famille dans l'entreprise. Et aussi d'avoir une voix de personnes qui travaillent dans l'entreprise auprès de la famille, d'actionnaires pour qu'eux comprennent aussi qu'est-ce qui se passe dans l'entreprise, c'est quoi les enjeux, c'est quoi les actualités du moment et les préoccupations des salariés.
- Speaker #1
On arrive dans une entreprise familiale à faire un peu la part des jaunes entre le pro, le privé. Alors on sait que cette barrière n'existe pas vraiment, mais tu as des anecdotes à partager avec ça ? Oui,
- Speaker #2
l'anecdote qu'on aime citer, c'est le poulet frites du dimanche. Où en fait, on voit des moments où les sujets se mélangent, où ça devrait être une fête familiale. Et en fait, on est amené à parler de l'entreprise. Donc, c'est les personnes qui ne sont pas dedans, par exemple les conjoints ou les personnes qui sont un peu plus éloignées de l'entreprise. Les frères et sœurs ou des cousins peuvent se dire de quoi on parle là. Donc, ça peut être un peu gênant. Mais ça, c'était un peu avant. Nous, on a tout structuré justement pour que ces sujets importants soient traités avec des espaces dédiés, des moments dédiés et qu'on laisse aussi la place à la famille pour faire des belles fêtes de famille, des belles rencontres aussi familiales et qu'on ne parle pas de l'entreprise à ces moments-là. Donc, on a travaillé sur le sujet, mais oui, il y avait quelques exemples assez savoureux, notamment à Noël où il y a les... À un moment, ça s'arrête. Vous arrêtez de parler de ça parce que sinon, ça ne va pas aller.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, tu es directeur innovation, c'est ça ?
- Speaker #2
Alors, mon poste, l'innovation fait partie. Mon poste, exactement, c'est responsable de la performance et de l'innovation. Donc, derrière le mot performance, il y a l'amélioration continue, la qualité et la gestion de projet. Et l'innovation, ce n'est pas vraiment directeur de l'innovation. C'est plutôt, je dirais, j'anime une démarche d'innovation. Tout ce qui n'est pas technique est R&D. Ça, c'est une autre personne qui s'en occupe. mais tout ce qui est innovation sociétale, sociale, numérique. Il faut savoir que l'entreprise Charrier est entreprise à mission. Et dans notre raison d'être, en fait, on a trois mots guides qui sont transmettre, innover, rassembler. Pour cette partie innovation, je ne suis pas le seul à le faire, mais j'anime une partie de cette démarche d'innovation qui est vraiment liée à comment on peut prendre les idées dans les équipes, les valoriser, les tester, les mettre en place et ensuite les mettre sur le long terme en place pour l'entreprise.
- Speaker #1
Un peu d'innovation d'écologie, ce n'est pas le but de notre podcast aujourd'hui, mais on parlait juste avant de s'enregistrer de canicule. Est-ce qu'il y a des choses, une vision à long terme à avoir sur la prévention de l'écologie ?
- Speaker #2
Oui, pour nous, c'est un axe très important, ce qu'on appelle le verdissement des villes, avec des îlots de fraîcheur, par exemple. On travaille beaucoup à Nantes Métropole, par exemple, pour que la chaleur dans les villes... Tout ce qu'on a connu avant, le pavé, tout ça, en fait, on retient la chaleur. Comment on fait pour que la chaleur ne soit pas rendue ? Donc, par exemple, la mise en place de végétaux, qu'on fasse baisser la température à l'intérieur des villes. Ou alors, je pense aussi à tout ce qui est... gestion des eaux de pluie. Parce qu'en fait, quand on parle des dérèglements climatiques et à la chaleur, il y a aussi les périodes hivernales où il y a beaucoup de pluie. Et donc, comment on va gérer cette pluie avec des enrobés drainants ? Comment on fait pour que ça soit le moins polluant possible ? Tout ça, donc, on va être sous des réflexions et des solutions qu'on propose chez Charly,
- Speaker #1
effectivement.
- Speaker #0
Rendez-vous, le podcast.
- Speaker #1
Allez, il est le temps de ta carte blanche. Une minute pour un coup de gueule, un coup de pub, ce que tu veux. Alors moi,
- Speaker #2
mon coup de cœur, c'est un coup de cœur que j'ai choisi pour les scouts. Parce que je suis moi-même responsable d'un groupe scout et animateur d'une branche qu'on appelle les Louveteux Jeannettes, les 8-11 ans. J'avais envie de parler de ça parce que je trouve que ce n'est pas assez connu. Ça a encore trop une image un peu boy scout, bonne action. Mais en fait, c'est une vraie école de la vie. On fait de l'éducation populaire auprès des jeunes. Et je me suis souvent dit, « Tiens, qu'est-ce que je fais pour la planète concrètement ? » Mais en fait, c'est ma femme qui m'a dit, « Attends, t'es scout, tu fais de l'éducation, justement, pour que les jeunes qui sont avec toi deviennent des meilleures personnes et prennent conscience du milieu qui les entoure sans faire trop de drame. Faire des meilleures personnes aussi sur l'égalité homme-femme, sur la société et tout ça. On passe des très bons moments dans la nature. Pour moi, c'est vraiment un super rayon d'action dans lequel on croise des gens avec des belles valeurs. Il y a beaucoup d'entraide et beaucoup de choses qui se passent aussi avec les jeunes. C'est vraiment passionnant et je me rends compte aussi qu'ils m'apprennent plus que moi, je leur apprenne aussi. C'est trop bien de garder ce contact-là avec eux.
- Speaker #0
Rendez-vous, le podcast.
- Speaker #1
On attaque la dernière ligne droite de ce podcast, ces entreprises familiales. On voit le lien entre Charrier et cette association dans laquelle tu es animateur. Est-ce que tu peux nous la pitcher un peu mieux, cette association ? Comment t'en es arrivé à devenir l'animateur référent local, c'est ça ?
- Speaker #2
Exactement, c'est ça. Je suis l'animateur de ce qu'on appelle le CDF44, donc 44 comme le département Loire-Atlantique. On va parler de la transmission de charrier. Donc là, on va venir en 2003, où nos parents de la quatrième génération ont souhaité travailler déjà bien en amont la transmission. Il faut savoir que la transmission s'est vraiment terminée en 2022. Donc, on a mis 19 ans à travailler ça. Et en fait, sur un temps long, c'était vraiment pour nous préparer à dire « Tiens, qu'est-ce que c'est d'être actionnaire d'une entreprise familiale ? » Quels sont les devoirs, mais aussi les... les droits et les devoirs que vous avez, quelles sont les responsabilités que vous avez à faire et surtout apprendre à travailler ensemble et apprendre à faire des choses ensemble et à pouvoir se dire non sans rentrer dans un conflit, s'écouter. Donc tout ça, on l'a travaillé un peu sur du long terme. Moi, ça m'a passionné jusqu'à ce qu'on crée une association familiale justement pour gérer toute cette gouvernance-là. J'en suis devenu le président dans un second temps. Au début, j'étais secrétaire de la création. Ensuite, là, je suis non-président. Et comme ça ne tournait pas trop mal en 2022, en 2024, on a pensé à moi. Parce qu'en fait, il faut savoir que dans le milieu d'entreprise familiale, Charrier, je pense, est une belle référence de réussite de transmission. On fait beaucoup de témoignages aussi. Ce que j'aime bien dire, c'est qu'on a beaucoup profité de témoignages d'entreprises qui ont fait cette transmission. Et nous, on en a profité, donc on souhaite aussi en faire profiter d'autres, en toute humilité, sans pousser les gens à faire ce qu'on a fait. Et donc, on est venu chercher pour animer effectivement le CDF 44. Donc, c'est le cercle que j'ai repris en janvier 2025. Alors, le CDF, c'est quoi ? C'est le Cercle des enfants dirigeants d'entreprises familiales. Notre objectif, c'est de travailler vraiment... auprès des repreneurs familiaux, donc les enfants de dirigeants, comme dit dans le titre, pour qu'ils puissent se poser des questions par rapport à leur légitimité, leur leadership, leur manière d'aborder, leur posture par rapport à leur famille, les employés, tout ça. On a un super outil qui s'appelle la fresque de l'entreprise familiale qui permet d'avoir une vision 360 de l'entreprise. C'est un bon outil pour dire où j'en suis dans cette... dans ma démarche de reprise d'entreprise, comment je peux me positionner par rapport à ça. Le fait de pouvoir se retrouver dans un cercle permet d'échanger avec des pairs, des gens qui vivent la même chose au même moment, et de pouvoir déposer des choses. Là, j'en suis témoin depuis 2025, des choses très intimes, très intenses, mais qui permettent de libérer toutes ces questions qu'on peut se poser, qu'on n'a pas forcément le temps, qu'on ne sait pas trop à qui en parler. Là, on peut en parler, on peut déposer tout ça, et on peut avancer personnellement sur d'autres sujets. On se libère de tout ça.
- Speaker #1
C'est ce qu'on disait quand on s'est rencontrés, c'est ce que tu me disais, les chiffres de la transmission dans les entreprises familiales ne sont pas très bons, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, c'est un constat qui est fait depuis de nombreuses années en France. Quand on regarde l'Allemagne ou l'Italie, par exemple, on a des taux de transmission entre 60 et 80% des entreprises familiales. En France, on est plutôt autour des 20%. Alors, il y a différentes raisons. L'OCDEF ne va pas résoudre tous les problèmes, mais il y a une grosse raison de fiscalité, qui ne sont pas forcément avantageuses pour transmettre l'entreprise. On a des raisons un peu techniques, quelque chose qui n'a pas été géré avec un notaire ou un expert comptable ou un avocat. Et on pense, nous, au CDF, beaucoup de choses. où, en fait, le repreneur n'est pas mis en bonne situation, en bonne situation, je dirais, mentale. Il n'est pas prêt psychologiquement pour reprendre l'affaire, ou à l'inverse aussi. J'y vais, mais je ne me suis pas posé assez les bonnes questions, je ne suis pas assez solide, et du coup, ça périclite. Donc voilà, de pouvoir mesurer tout ça, c'est ce que propose le CEDEF, effectivement.
- Speaker #1
Le CEDEF, ce n'est pas qu'en Loire-Atlantique, c'est beaucoup plus vaste. Tu me disais aussi que tu es animateur. On peut appeler ça une fédération ? Alors... C'est une association. En fait, moi, je suis membre du comité de pilotage.
- Speaker #2
En fait, oui, effectivement, le CDF a un rayonnement en France. Il faut savoir que ça a été né de la Vendée en 85. Et ensuite, ça s'est fait un peu par tâche d'huile. Il y a eu différents animateurs qui ont été recrutés. Actuellement, on a à peu près une trentaine de départements qui ont un cercle CDF actif en France. Ça se développe pas mal, parce que l'association a été créée dans sa nouvelle formule en 2023. Donc en trois ans, ça a beaucoup évolué et on veut vraiment se structurer pour accompagner ce développement, pour proposer des solutions localement à des personnes qui ont ces problématiques-là. Donc c'est pour ça qu'on s'est structuré, on a créé un comité de pilotage. Depuis deux mois maintenant, on a même notre premier salarié qui est la directrice générale du CDF France, qui recrute les animateurs, fait le lien avec tous les animateurs sur les méthodes pédagogiques pour que... ce qu'on va avoir dans le CDF44, ce soit la même chose au CDF, par exemple, en Corse, qui vient d'ouvrir, ou à Marseille, qui va bientôt ouvrir aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est un modèle à part. C'est ni un club, ni une communauté avec des entrepreneurs. Et tu m'expliquais que, justement, pour y rentrer, il fallait faire un don, c'est ça ?
- Speaker #2
Exactement. Les adhérents, en fait, c'est une association, donc il faut adhérer, comme si une association louait 1901, avec déclaré d'intérêt général, en fait. L'adhérent fait un don pour son adhésion et ensuite a accès à l'ensemble des formations. Alors c'est 10 jours dans l'année. Moi j'aime bien le mot cercle, le mot cercle va très bien, parce que c'est là où on est tous au même niveau et on peut partager des bonnes choses dans un cercle. Donc 10 jours dans l'année et ce renouvelable autant de fois qu'il faut, tant qu'on est dans cette situation de reprise.
- Speaker #1
Comment tu l'animes ce club localement à Nantes alors ?
- Speaker #2
Alors j'avoue... Franchement, au début, je ne me sentais pas très à l'aise parce que ça se rapproche plutôt d'un métier de coach que je ne suis pas. Mais je me suis dit, allez, je vais apprendre en faisant. Et je suis tombé sur des personnes géniales, les premières personnes qui m'ont suivi pour ADRE au cercle. Donc, il y a eu beaucoup d'écoute. Moi, je pense que ma clé de succès, c'est d'écouter, de faire des participatifs, de bien comprendre les sujets des personnes et de poser aussi les bonnes questions. pour ensuite adresser les bonnes solutions en face. Donc, effectivement, de faire la fraise que c'est un bon élément d'entrée. Et ensuite, on a des experts. Les experts, ce sont des adhérents aussi de l'association. Mais on va retrouver, par exemple, un banquier, un notaire, un avocat ou une société de gestion patrimoniale. Et ces personnes-là vont venir faire des ateliers techniques qui vont permettre aux adhérents d'avoir... un éclairage particulier sur un sujet. Ensuite, on a des séances de codev aussi, de codeveloppement, où une personne va poser un sujet assez chargé à une problématique et les autres vont l'aider en trouvant des solutions avec lui. Ce qu'aiment beaucoup les adhérents actuellement, ce sont les visites et les témoignages d'entreprises familiales. Quelqu'un qui va venir témoigner de son expérience, c'est quelque chose de très riche qui va amener beaucoup d'échanges. En fait, globalement, tous les sujets qu'on porte, sont vouées à créer l'échange, à ce que chacun puisse se poser des questions. Tiens, c'est quoi ma posture dans cette situation-là ? Comment je fais pour gérer avec mes parents ? Comment c'est pour me positionner ? Il y a vraiment cet effet miroir qui est important, peu importe le sujet, mais qu'il soit emmené de préférence sur un temps long. C'est pour ça qu'on propose distance dans la nuit.
- Speaker #1
Oui, qui mieux que toi au final qui vient d'une entreprise familiale pour coacher, accompagner. Mais c'est peut-être pas aussi simple que ça.
- Speaker #2
Ben disons que j'ai profité de cette expérience-là. Ben voilà, il fallait tenter l'expérience en disant que peut-être que ça ne marcherait pas. Il y a eu beaucoup d'adaptations aussi. Puis je me suis formé, bien sûr. à animer un groupe et à faire des choses, enfin, animer ce groupe-là et puis à proposer des choses pertinentes. Donc, voilà. Mais c'est vrai que l'expérience vécue, je m'appuie beaucoup dessus, sur ce qu'on a vécu dans la famille Charrier pour la transmission entre la quatrième et la cinquième génération.
- Speaker #1
Des exemples à nous donner ?
- Speaker #2
Oui, par exemple, sur des gestions, pas de conflits, mais je dirais un peu la génération d'avant qui dit, je suis prête à céder. je suis prêt à passer la main, mais contractement, ça ne se fait pas. Ou alors, on rajoute des conditions. Typiquement, oui, on a réussi, je ne l'ai pas fait tout seul, mais avec les cousins, la famille Charly de la 5e génération, à poser les choses, à dire, tiens, c'est quoi l'objectif de chacun ? Oui, l'objectif, c'est bien de transmettre. Donc, si votre objectif, c'est de transmettre, d'avoir une réflexion, que chacun puisse avoir une réflexion sur ses actes. Est-ce que mon acte favorise la transmission ? ou au contraire l'entrave. Après, il y a toute cette remise en question. Ce ne sont pas des questions évidentes. Entre mon intérêt personnel et celle de l'entreprise, entre celle de ma génération et celle de la suivante. Je dirais que la solution qu'on a trouvée, c'est beaucoup de temps. On a pu poser les choses, se faire accompagner aussi avec des personnes tiers. Il y en a aussi dans l'écosystème d'entreprise familiale qui ont pu prendre ce pas de côté. Jouer le rôle un peu de médiateur et puis faire que la transmission se passe bien.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite, pour l'évolution du club ?
- Speaker #2
Pour le CDF, je souhaite orienter plutôt pas vers la quantité mais vers la qualité. Donc je dirais avoir entre 5 et 8 membres dans le cercle. Actuellement, on est 7, c'est très très bien. Les échanges sont hyper intéressants, qualitatifs. Je sens que ça va vraiment progresser. C'est eux qui me le disent, que chacun progresse dans son aventure d'introduction amicale. Donc voilà, ce que tu pourrais me souhaiter, c'est de continuer à adresser et à trouver des solutions pour ces personnes qui en ont besoin et puis de continuer de développer le CDF, pourquoi pas avec d'autres cercles. Mais moi, je resterai avec mon cercle de bien le faire vivre avec beaucoup de confiance et de solidarité.
- Speaker #1
Comment on peut t'aider aujourd'hui ?
- Speaker #2
On peut m'aider en en parlant. J'ai essayé de faire connaître le CDF pour qu'éventuellement, il y ait des entreprises familiales où ça y est, c'est le moment de se poser la question de la transmission et qu'ils viennent toquer à la porte du CDF, qu'ils puissent m'appeler ou trouver mon LinkedIn. On peut m'aider aussi avec des partenaires, des gens qui vont venir donner un coup de main financier ou alors faire des animations. On peut m'aider aussi avec des animateurs sur des sujets un peu particuliers, par exemple sur des sujets que les membres du CERC voudraient traiter. Et je n'aurais pas la compétence de pouvoir aussi trouver des animateurs qui pourraient faire ça.
- Speaker #1
Alors, Ivana Bretodo, tu avais mentionné dans mon podcast sur Réseau Entreprendre. Qui est-ce que tu vois à ta place prochainement ?
- Speaker #2
Qui je vois à ma place ? Moi, je pense à un de nos partenaires du CERC. C'est le cabinet qui s'appelle Vivendo. C'est Norbert Mallet, que j'apprécie particulièrement. On s'est dit, on a eu un petit coup de froute quand on s'est vu à la fête des réseaux de la CCI le 22 mai, je m'en souviens encore, le 22 mai 2025. Et en fait, c'est quelqu'un qui a de très belles valeurs et qui apporte des super conseils pour un peu l'aspect stratégie d'entreprise,
- Speaker #1
posture, tout ça. Donc, je crois que c'est une très belle personne. Eh bien, merci Germain d'avoir joué le jeu de l'interview, d'avoir répondu à mes questions. Et puis, à très bientôt. Merci à toi Jean-Christophe. À bientôt.
- Speaker #0
C'était Rendez-vous, le podcast qui fabrique et consolide votre réseau d'apporteurs d'affaires.