Speaker #0Salut, j'espère que tu vas bien. J'ai décidé de fêter mon AVC. Est-ce que l'idée est chelou ? Oui. Mais est-ce qu'elle est bonne ? Totalement. Je vais commencer par vous expliquer comment et pourquoi j'ai eu cette idée. Alors, je me suis tout simplement inspirée du diabversaire de ma sœur. Ma sœur est diabétique et, il y a quelques années, elle a fêté ses 20 ans de diabète. Alors, le diabversaire, c'est une idée qui vient plutôt des pays anglophones et, de plus en plus, aussi, les Français qui sont diabétiques fêtent l'année, le nombre d'années de diagnostic qu'ils sont diabétiques. Et, pour le cas, ma sœur, elle a fêté ses 20 ans de diabète. Et quand ma sœur, elle a fêté son diabversaire, c'était pas quelque chose de triste ou solennel, pas du tout. C'était vraiment juste une soirée et le thème, c'était le diabète. Et c'était très très marquant et hyper fun et novateur et festif. Franchement, c'était une très bonne soirée. Et donc, il y a quelques mois, je me suis dit, je vais fêter mes 10 ans d'AVC. Évidemment, le but, ce n'est pas de fêter... un accident vasculaire cérébral, mais c'est de fêter tout simplement la vie après un AVC. Enfin, tout simplement la vie en général. Et aussi parce que j'ai eu mon AVC à 13 ans, aujourd'hui j'en ai 23, et il y a clairement un cycle qui vient de se passer. Il y a énormément de choses qui ont changé dans ma vie, j'ai énormément grandi, forcément. Et comme j'ai eu mon AVC enfant, et aujourd'hui je suis adulte, je me rends compte à quel point j'ai grandi et à quel point je peux être fière de moi, être fière de la petite Mélissa qui a 13 ans, qui doit gérer mille et une choses, des choses qui ne devraient pas être gérées par un enfant, tout simplement parce qu'elle a eu un AVC. Et c'est là où je me rends compte à quel point j'ai été courageuse quand j'étais enfant. Et j'avoue maintenant que j'ai... 23 ans et que 10 ans ont passé, je peux dire, je peux être fière de moi. Et maintenant que je le dis, je me rends compte à quel point j'ai géré. Ces 10 dernières années, j'ai géré. Je ne dis pas que c'était simple, et je ne dis pas que j'étais seule, on m'a beaucoup aidée, beaucoup soutenue, etc. Mais il n'empêche, je ne me suis jamais abandonnée à moi-même, en fait. Et c'est pour ça que je me dis, mais Mel, t'as géré. Car on a beau être soutenue et être accompagnée par mille et une personnes, il n'empêche, Si on ne prend pas la décision, on ne prend pas le choix de le faire, au final, personne ne le fera à part soi. Et donc, il y a le petit mois, j'avais 13 ans, et j'ai pris la décision de réapprendre à marcher, à réapprendre à parler, à réapprendre à lire, écrire. Tout simplement, à réapprendre à vivre. Et tout ça, en fait, je me rends compte à quel point j'ai géré ces dix dernières années. Après, parfois, ça a été bancal, j'avoue. À un moment donné, quand j'ai fait ma dépression, quand j'avais 17 ans, bon, d'accord, ok. mais c'est normal, mais il n'empêche j'ai continué à avancer et oui, peut-être que là je me flatte un petit peu trop, peut-être, peut-être mais je pense à un moment donné, faut dire les termes faut dire les choses positives envers soi-même et c'est important et je pense que c'est vrai dans mon cas et donc fêter mon AVCR que j'ai nommé le AVCR c'est vraiment ma manière à moi de me dire Mélissa, bravo à toi Mélissa, tu peux... Tu peux être fière de toi. Tu as tout donné. Et regarde là où tu en es aujourd'hui. Tu as réussi là où tu voulais être quand tu étais petite. Alors, ça ne veut pas dire que j'ai tout fait. Il y a encore plein de choses que je veux réussir à faire en lien plus ou moins avec mon AVC. Mais il n'empêche, la majorité, c'est fait. J'ai eu mon brevet, j'ai eu mon bac, j'ai eu mon diplôme universitaire avec mention en plus. Et croyez-moi, ça a été vraiment, mais un... combat acharné. J'ai voyagé, j'ai vécu à l'étranger, je parle trois langues différentes maintenant. Encore une fois, c'est pas parfait, mais il n'empêche, je le fais. Donc j'ai encore des choses que je veux avoir pour me montrer à moi-même, Mel, t'as eu un AVC, mais regarde, t'as tout comme tout le monde. Et je sais que c'est pas encore forcément ok à 100%, mais ça me montre à moi-même, à la petite Mel, Mélissa, je taffe et ça paye. J'ai essayé de réfléchir à... quel est mon prochain objectif en lien avec mon AVC que je n'ai pas encore réussi à avoir, c'est le code de la route et le permis. Croyez-moi, ça c'est un sujet sensible. Et quand je l'aurai, quand je l'aurai, croyez-moi, je vais faire un épisode dessus, parce qu'il y a des choses à dire. J'ai des choses à dire. Mais en gros, dans la majorité, les grosses étapes sont faites, en fait. Genre, il ne me reste plus qu'un gros step, et je me dis, quand j'étais petite, mon but de faire les choses, les grosses étapes d'une vie qu'on vit tous, normalement tous, bah, ce sera fait. Et c'est pour ça, vraiment, je me dis, Mel, tu peux vraiment être fière de toi. Parce que t'as vraiment taffé de ouf. Ça fait dix ans que je taffe, comme une acharnée. Bah là, c'est calé. Et marquer ces dix ans avec la VCR, bah ça me permet vraiment de me marquer à moi-même, Mel. Regarde, ça fait dix ans, ça fait un cycle. La boucle est bouclée, là, les gars. Et je tiens à préciser que même actuellement, dire comme... que je suis fière de moi, que j'ai vraiment fait des belles choses ces dix dernières années, malgré toutes les difficultés que j'ai eues. Croyez-moi, c'est pas forcément simple, parce que j'ai pas forcément une très très grande confiance en moi, et ça me permet à moi-même de me prouver que je peux faire des choses, que je peux me dépasser, en fait. Et croyez-moi, c'est pas simple non plus. Vraiment, voilà. Je pensais que c'était important de le préciser. Et maintenant, pour revenir au sujet initial, pour la VCR, j'avais demandé à tout le monde de se déguiser et de faire une référence à l'un de mes handicaps. Donc, j'avoue, c'était à la fois fun et glauque. J'avoue, c'est space. J'avoue, c'est spécial. Faut prendre du recul dessus et tout. C'est pour ça que je me suis permis de le faire avec mes potes et que ça fait 10 ans que j'ai eu mon AVC, tu vois. Il y a certaines périodes... J'aurais pas pu faire ça. Pour mes 5 ans, j'aurais jamais pu le faire. Donc je me suis dit, ok, pour les 10 ans, je peux le faire. Parce que c'est un peu glauque. Et donc, j'avais envoyé une liste complète de tous mes handicaps. Donc à un moment donné, il y a marqué fatigue extrême, coma, aphasie, problème paralysie. Bref, tous mes problèmes que j'ai eus ou que j'ai encore actuellement avec mon AVC. Donc par exemple... j'ai une amie, elle s'est déguisée en dépression j'ai une autre amie, elle a marqué tous les mots en erreur que je fais quand je parle pour montrer l'aphasie, donc par exemple parfois je dis PDF au lieu de PDG quand je dis culotte tomate, bref mon aphasie après j'ai une cousine, elle a fait un faux cerveau carrément pour montrer le côté ruban vraiment, il y avait vraiment de tout Et je trouve que c'était hyper fun, tout le monde a joué le jeu, donc c'était hyper sympa. Après, on a mis de la musique, on a dansé, on a ri. J'ai fait un count. Du coup, on a fait des équipes, et pour savoir qui connaît réellement mon histoire, mon AVC. Et voilà, et c'était un bon moment. Après, encore une fois, je sais que par rapport à mon AVC, j'ai eu énormément de chance, parce que ma situation actuelle n'est plus du tout pareille que quand j'en avais 13. et que je sais que j'ai énormément de chance par rapport à certaines personnes qui ont vécu la même chose. Donc là-dessus, je sais que je suis chanceuse et que je peux me permettre de fêter mon AVC, parce que c'était il y a dix ans, j'ai eu énormément de réflexions dessus, parce que j'ai vécu pas mal d'épreuves par rapport à ça, que j'ai mûri et que je me permets d'en parler actuellement, et que je me juge dans mon moment actuel. Je peux comprendre aussi que certaines personnes ne peuvent pas se permettre d'en fêter et d'en faire une fête et de s'amuser. Encore une fois, ce n'est pas l'AVC que je fête, mais le fait d'avoir eu un AVC et de vivre actuellement, tout simplement. Mais je peux comprendre que certaines personnes ne soient pas forcément à l'aise avec ça. Ça, je le comprends totalement. Après, évidemment, je ne veux pas trop non plus trop m'étaler et ne pas trop éloigner le sujet qui est l'AVCR. en lui-même. Donc je pense m'arrêter là. Et j'avais envie de terminer la saison 2 avec l'épisode de la VCR pour vraiment la boucler boucler. Et que la saison 3, il y aura de nouveaux changements, pas mal d'arrivées. Je vais commencer à introduire les podcasts en vidéo. Mais il sera beaucoup plus de taf et sachant que j'ai déjà pas beaucoup de temps en ce moment pour faire du podcast audio. Alors visuel, on sait pas, mais on va faire tout. tout pour avec Léane de tout donner pour faire la saison 3 et de upgrader tout simplement le podcast tout simplement. En tout cas, merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode et on se dit à très bientôt.