- Générique
La Sainte Famille, le podcast pour grandir ensemble. La Sainte Famille, c'est des conversations enregistrées en une prise, sans montage ni retouches, des partages inspirés et inspirants pour grandir ensemble.
Le 12 février prochain, on organise, Estelle et moi, une soirée live, une soirée rare, qui s'appelle « Et si on parlait d'amour ? » pour venir se comprendre, se transformer, vivre l'amour différemment et le recevoir pleinement. Alors, on vous prévient, on le sait, il y aura un avant-après. Si vous n'avez pas envie qu'il y ait du changement dans votre vie, ne venez pas. Mais si vous êtes prêts, eh bien nous aussi, on est prêtes et on vous donne rendez-vous le 12 février. Vous pouvez retrouver toutes les infos et le lien de billetterie dans notre description de l'épisode et sur nos réseaux sociaux. On vous dit à très vite.
- Estelle
Bonjour la Sainte-Famille. Bonjour Claire.
- Claire
Bonjour Estelle.
- Estelle
Alors, la température familiale pour vous tous là ?
- Claire
Comment c'est là aujourd'hui? Maintenant?
- Estelle
Toi Claire, c'est comment ?
- Claire
Ah bah écoute, nous c'est le jour où on se dit au revoir avec ma fille, tu vois, c'est le matin de la semaine où on se dit au revoir. Enfin, en tout cas là, quand on enregistre. Du coup, c'est spécial, c'est toujours une température très particulière ce matin-là parce que les énergies sont déjà un petit peu séparées, en même temps on a pas envie, en même temps il y a une distance qui vient trop tôt.
- Estelle
Et oui.
- Claire
C'est un peu triste, mais pas dramatique non plus. Bien sûr. C'est quelque chose en silence, en sous-couche qui se joue et que chacune processe comme elle peut.
- Estelle
Oui, bien sûr. c'est normal,
- Claire
Je pense que c'est très particulier situation mais comme on est aussi très nombreux à vivre ça
d'ailleurs je pense que vous qui êtes là ça résonne aussi et toi ?
- Estelle
Moi c'était aujourd'hui ambiance très créative une bonne humeur de départ avec des envies en fait, des envies de raconter le rêve de la nuit d'essayer de l'interpréter ensemble de l'analyser, de se dire ah tiens . Donc j'adore moi ces moments-là.
- Claire
Ah oui, dans le partage.
- Estelle
Voilà, et de dire de quoi tu as rêvé et de, ouais, je trouve ça... Donc voilà, c'était vraiment un mome un très bon moment en tout cas de matinée comme ça, voilà.
- Claire
Parfait. Et alors c'est vrai qu'aujourd'hui on se pose cette question de "ton problème est-il le nôtre" ? Parce qu'on a constaté, Estelle et moi, que parfois, peut-être même toujours, on ne sait pas, quand un membre de la famille souffre, quel que soit le domaine, le plan, que ce soit physiquement, émotionnellement, situation de vie difficile, accident de vie, on a quand même tendance à regarder l'individu comme cause et porteur de son problème, et à oublier qu'on est tous liés, qu'on fait partie d'un système familial.
- Estelle
Et que quand il y en a un qui présente certains troubles ou des conflits, des symptômes, même un... qui porte un conflit en lui, ou vers les autres.
- Claire
Exactement.
- Estelle
C'est qu'en fait, voilà, est-ce que ce n'est pas toute la famille, finalement, qui doit regarder ça et qui se trouve un peu, entre guillemets, malade ? Oui. Ce n'est pas qu'un seul être de, ce n'est pas qu'un seul membre de la famille.
- Claire
Oui.
- Estelle
Et c'est plutôt tout le monde qui doit regarder, peut-être, comment, voilà. Je ne sais pas ce que vous en pensez, là, là où vous vous trouvez, mais toi, Claire, déjà, toi, tu... Tu te dis quoi par rapport à ça?
- Claire
Ce que je me dis, c'est que j'ai l'impression que c'est souvent justement dans les familles qu'il y a une personne, comme si énergétiquement, ce qui devait être exprimé d'une forme de maladie, comment dire ?
- Estelle
Oui, ça peut être psychologique. Voilà,
- Claire
d'un trouble, d'un mal, en fait cherchait une porte d'expression, c'est souvent, j'ai l'impression, mais dans la vraie vie comme dans la fiction, on voit bien que c'est souvent un individu qui va être le port de ce symptôme et qu'en fait il y a un problème de regard sur ça,on va vraiment stigmatiser la personne comme pas à la hauteur genre tout le monde réussit sauf un c'est ça oui c'est souvent de cet ordre là ou quelqu'un qui fait une dépression alors que tout va bien tu vois comme si ça venait mettre un contrepoint absolument à l'ambiance globale.
- Estelle
Alors que peut-être, c'est vrai que ce serait intéressant de regarder ce qui se passe chez ce membre de la famille, pour peut-être, pour le regarder en tout cas comme une illustration d'une problématique commune, voilà, et de voir comment lui, il exprime cette problématique commune.
- Claire
Et que justement, finalement, il n'est pas coupable de léser l'image familiale par ses difficultés. C'est peut-être grâce à lui, il endosse quelque chose dans la douleur, qui en fait est une résolution possible. Au lieu d'être stigmatisé, cet être souffrant devrait être remercié et aidé, en fait dans sa traversée.
- Estelle
Et peut-être que ce n'est pas de lui qu'on doit dire tout de suite, il faut l'emmener chez le psy. Parce qu'on voit aussi beaucoup ça, d'ailleurs, chez les enfants. Oui. Tu vois, très vite, en fait, les parents se disent, j'emmène mon enfant chez le psy.
- Claire
Oui, on en a déjà un petit peu parlé à fait, mais c'est le même réflexe.
- Estelle
Voilà, c'est le même réflexe que de porter la cause à l'extérieur, alors que souvent, c'est dedans que ça se passe.
- Claire
J'allais dire, je vois vraiment la pointe visible de l'iceberg, qui va venir nous arrêter, qui nous dérange, et donc sur laquelle on a envie d'avoir un impact, alors qu'en fait, en sous-marin, il y a une masse qu'on ne perçoit pas complètement.
- Estelle
Et puis, parfois, on peut avoir un problème au sein de la famille, et je trouve ça vraiment... Et quand on a un problème, on a envie aussi que les autres, peut-être, partagent notre problème.
- Claire
Tu penses à quoi là ? Parce que c'est très intéressant.
- Estelle
Par exemple, on peut se sentir très seul en famille, imaginons, et se sentir vraiment pas écouté. Et du coup, cette espèce de repli qu'on a sur soi-même, c'est très agréable quand les autres ne nous font pas payer ou ne nous font pas remarquer comme si on était... Et tu vois une espèce de, oui, de, comment dire, de gêne.
- Claire
Oui, c'est ça, un peu marginal.
- Estelle
Un peu marginal, voilà, mais plutôt qu'au contraire, tout le monde veuille bien le porter avec eux, veuille bien soutenir ça.
- Claire
Mais là, tu parles un peu d'une sorte de somatisation pour récupérer de l'attention ?
- Estelle
Oui, pourquoi pas, mais ça peut être aussi un réel. Ah oui, c'est ça. Il y a une solitude qu'on peut vivre aussi même de la manière, parce qu'on a une vie extérieure à la famille.
- Claire
Oui, oui, c'est ça.
- Estelle
Qu'est-ce qui se passe dans cette vie extérieure à la famille ? Ça, souvent, personne ne le sait vraiment.
- Claire
C'est vrai.
- Estelle
Chacun rentre de son petit endroit personnel.
- Claire
Oui.
- Estelle
On arrive dans notre famille et on croit que tout ça va reprendre... Tu vois ce que je veux dire ?
- Claire
Oui, bien sûr.
- Estelle
Et la sainte famille, mais la famille, ce n'est pas une machine à laver. Malheureusement, ce n'est pas toujours une machine à laver. Donc, on rentre chez soi avec tout ce bazar intérieur. Et si on ne peut pas vraiment exprimer ? Parce que aussi, parfois, non pas qu'il n'y ait pas de communication en famille, mais que c'est difficile parfois. Même d'identifier notre mal-être.
- Claire
Oui, et puis ça demande beaucoup de confiance aussi. Il y a eu beaucoup de confiance posée dans les relations familiales pour se sentir libre le soir de rentrer, déposer ce qu'on a vécu. Mais tu vois, en t'écoutant, moi, je pense aussi à ce qui peut s'exprimer comme symptôme, même dans la vie adulte. Je veux dire, même quand on ne rentre pas chez ses parents le soir. Tu vois, c'est marrant, je pensais même plus à ça, moi, à des exemples de familles où dans l'enfance il s'est joué des choses et puis une fois dans la vie adulte, il y a des individus qui ont des difficultés de vie alors que ça soit sur leur vie amoureuse, leur vie financière leur vie professionnelle tu vois qu'ils vont d'échec, je mets des énormes guillemets, tu vois mais d'écueil en écueil, tout à fait vraiment de difficultés etc et Comme ce sont des adultes, avec des guillemets aussi, la famille aussi ne s'implique plus. Tu vois ? Oui, oui, oui. Ne se remet plus en question.
- Estelle
Tout à fait.
- Claire
Mais attends, est-ce que ce n'est pas nous tous qui souffrons de quelque chose qui continue d'être dit comme ça par l'un d'entre nous ? Oui,
- Estelle
oui, complètement.
- Claire
Et je trouve que c'est important de rester... D'ailleurs, il y a plein de thérapies systémiques aussi, que ce soit des constellations familiales ou des thérapies familiales en cabinet, plus classiques. Mais ce n'est pas pour rien que ces espaces existent, c'est parce que quand même, il y a des endroits où on sait que ce sont ces liens qui interagissent en nous toute la vie.
- Estelle
Complètement, complètement. Je trouve que c'est quand même hyper soutenant de se dire, écoute, est-ce que tu acceptes que ton problème actuellement en famille soit aussi le mien ? Est-ce que tu acceptes que ce soit le nôtre et qu'on s'en occupe tous ensemble ?
- Claire
Moi, je n'ai jamais entendu ça. Ni chez moi, ni de proches. Je ne connais personne qui a vécu ça. Cette réaction-là.
- Estelle
Oui, bien sûr. Oui, je comprends. Je ne dis pas que je l'ai connue de cette manière-là précisément. Mais par contre, maintenant, je la connais au sens où c'est ce que je propose dans ma famille.
- Claire
Ce que tu préconises.
- Estelle
Et voilà. Et en même temps, j'ai été élevée dans une famille où quand même il y avait beaucoup, il y avait quand même de l'écoute, il y avait beaucoup de regard, il y avait quand même des attentions. On ne pouvait pas, enfin voilà, on ne pouvait pas non plus traverser une pièce avec un air un peu, voilà, sans se faire interpeller, dire ça va ? Enfin qu'est-ce qu'il...? Voilà. Donc il y avait quand même beaucoup de cette chose-là. Mais après, vraiment de se dire, de vraiment prendre en compte la vraie problématique. Parce que le tout, c'est aussi d'aller chercher, d'aller essayer de comprendre ce qui se passe. Et c'est ça qui est délicat. Et même parfois, comme tu disais, en tant qu'adulte, je veux dire, voilà, parfois on est vraiment mal. On est vraiment mal, pas en famille, mais on est mal en règle générale.
- Claire
Absolument. Voilà,
- Estelle
et du coup, ça peut être... Mais quand on sait qu'on est mal mais qu'arrivé chez soi, on va être accueilli, on va être... Voilà, on va être vus, encore une fois, on revient à cette histoire, on en avait déjà parlé, mais du visible, de la visibilité, d'être considéré, d'être embrassé, d'être consolé. Enfin, tu vois, je trouve que ça fait toute la différence, en fait.
- Claire
Puis je crois que ça parle aussi de la capacité, comme une compétence qu'a une famille, de se remettre en question.
- Estelle
Oui.
- Claire
Tu vois, et je ne sais pas, peut-être qu'on est à une époque où cette souplesse-là, cette humilité-là... aussi va se développer et se renforcer, tu vois, comme un nouveau paradigme familial. Mais honnêtement, je pense qu'il s'agit vraiment... Et je crois que... Je vais peut-être dire quelque chose d'un peu banal ou, je ne sais pas, un peu cliché, mais de ce que j'ai pu entendre, il y a quand même des peuples sur cette Terre qui vivent avec beaucoup de sagesse, dans des façons de vivre plus clanniques, peut-être archaïques, en tout cas au sens noble, plus tribales.
- Estelle
Bien sûr.
- Claire
Ou effectivement, quand un membre est en souffrance, France, tout le monde est concerné et tout le monde se sonde et où la guérison, elle vient du collectif en fait.
- Estelle
Oui, bien sûr. C'est marrant, j'avais justement vu un documentaire sur une tribu, alors je ne pourrais plus dire laquelle franchement, c'était vraiment c'est une tribu qui ne connaît pas la guerre et qui ne connaît pas la maladie. Je ne sais pas, je crois que je t'en avais déjà parlé ou peut-être que vous en avez déjà entendu parler dans la Sainte Famille et j'avais regardé un court reportage sur eux et en fait, eux, même dans la dispute, quand il y a un conflit, En fait, un peu le chef de famille dit, oui, on va aller, on se jette tous, on fait des chatouilles à ceux qui sont en conflit. On les chatouille jusqu'à ce qu'ils rient et qu'ils oublient. Et on transforme tout comme ça. Et alors évidemment que nous, de notre point de vue analytique, occidental, de se dire, attends, non mais quand même, il faudrait savoir exactement ce qu'il en est.
- Claire
Qui a raison.
- Estelle
Voilà, et qui a raison, qui attend. Et là, en fait, tout ça est balayé juste par... le fait que toute la communauté, en fait, c'est une façon de s'occuper. Ça revient à dire ce qu'on était en train de dire. C'est beaucoup plus simple et beaucoup plus, peut-être un peu brutal, mais ça fonctionne. Et ils sont tous radieux, et ils ne sont jamais malades, et ils ne savent pas. Donc c'est quand même extraordinaire de se dire ça. Moi, j'aime cette psychanalyse...
- Claire
Mais c'est quand même aussi, ça veut dire que c'est une histoire de vision des choses, de choix, de mobilisation et de trouver... Alors, c'est peut-être pas de se faire des chatouilles, mais de...
- Estelle
Voilà, pour nous, aujourd'hui, c'est l'histoire des chatouilles, par exemple. Pour eux, c'est totalement innocent, c'est totalement... Voilà, ça reste vraiment de l'ordre du jeu. Et d'ailleurs, on reviendra sur le fait de jouer, mais...
- Claire
C'est du jeu, de l'innocence comme tu dis...
- Estelle
Mais surtout, ce que je retiens là-dedans, c'est que ce qui m'a vraiment frappée, c'est l'histoire de la communauté, finalement de cette immense famille qui décide de se guérir ensemble, de ce conflit. Chacun comprend. Et chacun, on voyait bien que ce conflit appartenait à tous. Ce n'était pas que à deux individus qui étaient en train de se disputer sur quelque chose. C'était tout le monde se disait, on est concerné.
- Claire
Quel soutien, je te le dis, je le ressens fort quand tu dis ça. Tu vois, pour en avoir aussi vécu des moments de conflit, mon Dieu, mais si tu vois, si ça avait concerné personnellement plein de mes proches, mais quel temps gagné, quelle énergie gagnée, quel dégât évité. Je pense vraiment là que c'est presque une utopie, mais c'est vraiment fort.
- Estelle
C'est pour ça que c'est bon de regarder aussi, je parle de manière transgénérationnelle, comment les jeunes peuvent présenter parfois des traits de caractère qui ressemblent à leurs grands-parents ou leurs arrière-grands-parents parfois. Et parfois ça semble incompréhensible, certaines attitudes. Et en fait quand on regarde un petit peu plus profondément, on peut voir que toute la famille est mêlée à chacun de nous. Et comment à chaque fois qu'on résout un problème vis-à-vis d'un de nos membres de famille, on résout pour toute la constellation familiale.
- Claire
Ah oui, c'est passionnant. On y reviendra dans d'autres épisodes, surtout si ça vous intéresse et si ça vous questionne. Parce qu'on peut aussi peut-être élaborer et se partager des modes de résolution. Tu vois si dans vos familles vous savez faire ça enfin, vraiment partagez. On a besoin de s'inspirer.
- Estelle
Exactement, et puis de le communiquer aussi dans la sainte famille de manière anonyme si vous le souhaitez ou aussi on peut vous citer si vous avez envie voilà la Sainte Famille c'est vraiment un espace d'expression pour nous tous quand même il faut grandir ensemble et exactement c'est ça l'idée donc grandissons et merci merci Claire c'était un très beau moment merci à tous