- Générique
La Sainte Famille, le podcast pour grandir ensemble. La Sainte Famille, c'est des conversations enregistrées en une prise, sans montage ni retouche, des partages inspirés et inspirants pour grandir ensemble.
- Estelle
Bonjour Claire !
- Claire
Bonjour Estelle ! Bonjour la Sainte-Famille !
- Estelle
Bonjour la Sainte-Famille ! Alors aujourd'hui c'est un épisode un peu spécial qui va vraiment être tourné dans une autre direction dès le départ puisque nous participons au Podcasthon 2026.
- Claire
Absolument !
- Estelle
On va vous expliquer un petit peu.
- Claire
Voilà, le Podcasthon, on le découvre aussi nous cette année, mais en fait c'est une semaine qui invite les podcasts, les podcasteurs. à mettre en lumière, à sensibiliser leurs audiences à des associations qui portent des projets engagés, des projets humanitaires de tous ordres. Et voilà, pendant une semaine, plein de personnes qui animent des podcasts dédient des épisodes, soit sous forme d'interviews, soit comme nous, dans la conversation habituelle, à valoriser les actions d'associations choisies. Et nous, on est très contents... contentes de pouvoir offrir aussi un de nos épisodes à une association qui nous touche beaucoup et qu'on va vous présenter. Tout à fait. Cette association s'appelle Un enfant par la main. Je ne sais pas si vous en avez déjà entendu parler dans la Sainte-Famille.
- Estelle
C'est une association qui agit à travers le monde pour améliorer la vie des enfants, de leur famille, de leur communauté, en donnant la priorité aux zones rurales et aux contextes les plus vulnérables. Donc voilà, leur objectif, c'est de faire vraiment respecter les droits fondamentaux des enfants et d'améliorer, on va dire, durablement leurs conditions de vie.
- Claire
Oui, c'est une association qui œuvre depuis plus de 35 ans, Un enfant par la main, et qui est présente dans plusieurs pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Et qui a une mission qui est très simple et qui rejoint pas mal notre valeur aussi de grandir ensemble parce que l'idée, c'est vraiment de permettre à chaque enfant de grandir dans la dignité. avec un accès à l'éducation, à la santé, à l'eau potable et à une alimentation suffisante. C'est les grands piliers, les grands axes d'action. Et pour soutenir tout ça, l'association, elle, développe des propres actions, bien sûr, que sont le parrainage d'enfants, le soutien aux communautés locales et la mise en œuvre de programmes de développement durable à long terme. Et on va vous reparler, bien sûr, de toutes ces branches, en fait, bien sûr, d'action. Tu veux ajouter quelque chose ?
- Estelle
Non mais déjà c'est ça, je trouve que c'est déjà, nous c'est ce qui nous a le plus attiré, parce qu'on pourrait dire pourquoi cette association, il y en a tellement, il y a tellement de belles choses qui sont mises en œuvre et qui sont... et qui sont importantes pour nous tous dans ce monde. Mais un enfant par la main, c'est aussi parce que toi Claire, tu as une relation toute particulière avec l'association.
- Claire
Oui, c'est vrai. Moi, j'ai réalisé que ça faisait 9 ans que je suis la marraine d'un enfant qui vit en Inde à travers l'association Un enfant par la main. Et j'aime beaucoup ce qui s'y vit, cette contribution. le sens qu'elle a pour moi et la relation aussi que j'ai pu développer avec cet enfant. Je vais rentrer dans les détails, bien sûr, on va se raconter tout ça. Mais c'est vrai que du coup, à l'occasion de ce podcast, c'était un peu une évidence. Et puis toi aussi, Estelle, tu sais ce que c'est d'être marraine d'un enfant via une association. Ça te parlait aussi. Tout à fait. Et voilà, et c'est vrai que dans la Sainte Famille, vous l'avez entendu aussi à travers nos épisodes précédents, mais l'enfant au cœur de la famille, évidemment, c'était aussi notre priorité. Donc, on agit à des endroits différents, mais on reste quand même très proche de cet engagement-là en faveur de l'enfant.
- Estelle
Oui, parce que l'enfant, c'est quand même l'avenir. Enfin, je veux dire, c'est l'avenir du monde. Donc, c'est ça. Et donc, c'est pour ça qu'un enfant par la main, en tout cas, nous... C'est vraiment un épisode qui nous tient vraiment à cœur et qui replace les choses, je dirais, à l'essentiel des besoins. Parce que c'est vrai qu'il y a quelque chose qui m'a vraiment frappée dans un des épisodes. D'ailleurs, parce qu'ils ont aussi un podcast. Il y a six épisodes, mais c'est quand même très intéressant. Ils ont un podcast qui s'appelle Rêves d'enfants. Et vraiment, on peut avoir beaucoup d'informations aussi. Parce que moi, ce que j'ai bien aimé dans ce podcast, c'est qu'il y a des témoignages. d'enfants qui ont grandi, qui sont devenus adultes et qui ont été parrainés, qui ont été aidés, qui ont été soutenus en fait, eux et leur famille. Parce que c'est ça aussi que j'apprécie beaucoup, c'est ce que tu expliquais tout à l'heure, quand on discutait toutes les deux, parce qu'on a quand même pas mal échangé, parce qu'évidemment que moi je suis très intéressée du coup.
- Claire
Oui, oui, oui, en off, c'est vrai que je t'ai transmis déjà pas mal d'informations.
- Estelle
et puis de ton parcours. Et c'est très intéressant et c'est très beau, je trouve, pour plein de raisons. Mais aussi, tu m'expliquais justement quelque chose de très important, et je trouve, c'est que, en fait, quand on parraine un enfant, dans un enfant par la main, en fait, cet argent, il est pour une collectivité, il est plus dans la...
- Claire
En fait, c'est une particularité qui est... Très intéressante et qui en fait on devient, voilà on peut s'engager pour parrainer un enfant dans la région du monde peut-être qui nous attire le plus ou à laquelle on se sent le plus d'affinité. Donc un enfant nous est, enfin une connexion est établie entre un enfant et nous mais c'est vrai que l'argent qui est versé chaque mois jusqu'aux 18 ans de l'enfant, parce que c'est ça aussi un des termes de cet engagement, ne va pas, n'est pas versé. ni à l'enfant ni à sa famille directement. En fait c'est de l'argent qui est mutualisé avec celui des autres parrains et donateurs et qui est reversé à des intermédiaires locaux associatifs qui portent les projets nécessaires sur un territoire donné qui peut être un village.
- Estelle
Oui,
- Claire
un territoire, ça peut être un petit territoire, enfin à l'échelle d'un village de quelques familles qui sont réunies et en fait c'est l'ensemble de cette communauté. qui va bénéficier des améliorations de vie offertes et financées par les dons des différents parrains. Et très clairement, par exemple, moi l'enfant que je marraine a une petite sœur, qui elle n'a pas spécifiquement de parrain ou de marraine via l'association, mais qui bénéficie exactement comme son frère. des infrastructures, de l'accès à l'informatique qui peut être mis en place dans l'école, des améliorations, des choses qui sont apportées. Et ça, c'est intéressant aussi parce que l'enfant parrainé est presque ambassadeur de sa communauté. qui, elle bénéficie de l'argent mutualisé. Exactement. Et ça, je trouve que c'est vraiment magnifique. Et pourquoi ? Parce que, et aussi, justement,
- Estelle
dans le podcast Rêve d'enfants, dans les témoignages, ce que j'ai trouvé vraiment bluffant, c'est que ceux qui ont été parrainés veulent parrainer également. Ils veulent apporter, enfin, en tout cas, ils veulent devenir un soutien pour d'autres enfants. Et ça, ça m'a vraiment... Et comme quoi, voilà, quand on reçoit, enfin ce qu'on reçoit, on le donne. Et donc, c'est pour ça que c'est vraiment... C'est vraiment important de comprendre cette transmission et l'impact.
- Claire
Et en fait, je pense que ce témoignage que moi aussi j'ai écouté dans Rêves d'enfants, il m'a aussi touchée parce qu'effectivement, on entend très bien que là, quelque part, c'est vraiment vécu aussi comme une chance d'avoir pu, par exemple, étudier, d'aller au bout de ses études, du coup, d'avoir vraiment... changer de niveau social à travers des études et un métier, et que derrière, effectivement, il y a une envie de soutenir à son tour, de tendre la main à son tour, d'améliorer la condition des proches. Et ça, honnêtement, c'est tellement simple, mais ça fait vraiment une espèce de chaîne d'humanité. C'est ça. Pour le collectif réel. Pour le collectif, oui, c'est ça. Et c'est un enfant par la main.
- Estelle
En fait, on prend un enfant par la main, mais en fait, on en entraîne des milliers d'autres. Et c'est ça que je trouve vraiment très beau. C'est pour ça que... Ah, et si on prenait un enfant par la main à chacun, je pense que là, on peut vraiment créer vraiment une très belle...
- Claire
En fait, un vrai changement. Et d'ailleurs, puisqu'on parle de milliers aussi de personnes dont la vie est transformée, mais aujourd'hui, un enfant par la main, c'est déjà 12 000 parrains et marraines. C'est ça. Donc c'est aussi des milliers.
- Estelle
Dans une quinzaine de pays en plus.
- Claire
De personnes qui ont pris cet engagement. Et voilà, et en fait, chaque personne compte, évidemment. Enfin, chaque engagement de plus, ça a beaucoup d'impact. Et c'est hyper concret, j'ai l'impression. C'est très concret parce que d'ailleurs, on voit, j'ai noté quelques petites choses, parce que quand même, c'est important de le préciser.
- Estelle
Dans les exemples concrets qu'il y a des projets qui ont été soutenus par l'association, et de ses parents et de ses donateurs, l'association, elle met quand même en place la construction et la rénovation d'écoles, des installations de points d'eau potable des programmes de nutrition scolaire, des accès aux soins et des campagnes de vaccination, avec une formation des enseignants. Je trouve que c'est vraiment complet. Et chaque parrainage contribue vraiment à des améliorations visibles et durables dans la vie des enfants et de leur communauté.
- Claire
Oui, parce qu'il y a vraiment, dans ce que je perçois de l'asso, c'est qu'il y a une notion d'action concrète, parce que des fois, il y a des réponses aussi, je ne sais pas, à des situations climatiques. Il y a eu une tempête, le toit de l'école est arraché. il va y avoir une réparation pour que les enfants continuent d'aller à l'école. Donc il y a des choses un peu des fois d'urgence, mais il y a aussi des programmes qui sont menés à plus ou moins long terme, en général sur 10 ou 12 ans, après des audits qui sont faits par rapport aux besoins et aux droits des enfants qui ne sont pas assez honorés. Tu vois, parce qu'il y a vraiment, tu l'as entendu aussi, cette notion de droit des enfants à faire valoir.
- Estelle
Mais bien sûr.
- Claire
Du coup, quelle est la situation sur un territoire ? quels sont les besoins et à partir de là, un programme est déployé sur 10-12 ans pour améliorer les conditions de vie des enfants en lien avec le respect de leurs droits et leurs besoins. Et après, en fait, c'est vraiment déployé. Donc en année 1, par exemple, ils vont établir le point d'eau. En année 2, je ne sais pas quoi, je ne suis pas sur le terrain. Mais en fait, il y a tout un plan.
- Estelle
Oui, oui, c'est ça.
- Claire
Qui est déployé. En tout cas, les actions mises en place, elles sont de différentes natures, de différents ordres, mais elles sont toujours dans la matérialisation de ce qui vient nourrir et répondre aux droits des enfants et à leurs besoins.
- Estelle
Et d'ailleurs, quand même, je voudrais faire un petit...C'est ce que je voulais faire, mais du coup, je suis passée à autre chose. Mais je voulais quand même rappeler que la Convention internationale des droits de l'enfant, elle a été adoptée le 20 novembre 1989, donc par les Nations Unies. Et elle a été adoptée du fait que les enfants, de par leur vulnérabilité, ils ont des besoins spécifiques aussi, de par leur jeune âge. Et je tiens quand même à rappeler des choses qui m'ont... C'est vrai que ça m'a vraiment... Ça m'a un peu foudroyée. Il y a 54 articles. Et j'ai un peu regardé. Et je vois aussi que dans ces 54 articles, qui énoncent d'ailleurs tous les droits fondamentaux obligatoires et indissociables et interdépendants les uns des autres. Enfin, tous ces droits fondamentaux, en tout cas, sont vraiment... vont ensemble. Ils sont vraiment indissociables les uns des autres et ils sont aussi importants les uns que les autres. Mais quand même, j'ai souligné le droit d'être soigné. Je me dis les droits d'être soigné, protégé contre toute forme de violence, de maltraitance ou de toute forme d'exploitation. C'est fou de rappeler ça. Je ne sais pas ce que vous en pensez dans la Sainte Famille. Mais c'est vrai que quand j'ai lu ça, mon cœur s'est un peu serré parce que je me dis... J'espère que là, quand on énumère ce genre, je vais énumérer d'autres choses, d'autres droits, mais j'espère qu'en tout cas, on a tous compris ça et que dans notre quotidien aussi, ça doit s'inscrire. Je veux dire, aujourd'hui, et je sais que ça peut paraître vraiment extrêmement radical encore pour certains, mais qu'effectivement, même une claque, même une claque, une fessée, arrêtons ça, vraiment. Arrêtons de nous autoriser ce pouvoir. Trouvons, voilà, développons notre intelligence, notre créativité, notre façon, notre art de vivre en famille, parce qu'il y a des choses qu'on n'a plus le droit de s'autoriser. Moi, vraiment, je pense ça, j'aimerais bien qu'on en discute tous ensemble, bien sûr, mais sincèrement, je crois que...
- Claire
On a quand même aussi évoqué le sujet, en a-t-on fini avec la violence en famille ? Eh bien, ça nous... Merci.
- Estelle
Mais c'est vrai qu'on parle vraiment de ce genre de petites violences quotidiennes.
- Claire
Une claque,c'est un acte de violence et de maltraitance.
- Estelle
Oui, mais c'est pas toujours ce que les gens pensent. Non, c'est en séance, tu vois, en séance. Moi, je l'ai eu quand j'étais... Souvent, la réflexion qu'on a, c'est que je l'ai vécu quand j'étais enfant. Oui, et je m'en suis sortie. Et ça va, je m'en suis remise. J'y pense jamais. Non, mais en fait, c'est pas de cette manière qu'on y pense. C'est quelque chose qui s'inscrit dans le corps. Et dans la psychée. Exactement. Et ensuite, c'est ça, on parle de la transmission, mais donc vu qu'on donne ce qu'on reçoit, voilà, c'est pour ça qu'il faut être très vigilant. Il y a aussi, donc là, c'est ce qui m'a le plus... Le droit de jouer. Le droit de jouer. Donc dans cette Convention internationale du droit de l'enfant, on s'est sentis, certainement, dans l'obligation d'écrire, enfin dans le droit, dans l'intérêt de dire le droit de jouer. d'avoir des loisirs
C'est en lien avec toutes les situations d'esclavage mais bien sûr, mais complètement mais ce que je veux dire c'est que c'est quand même on pourrait se dire c'est fou ça a l'air d'être une évidence mais même encore je dis même pour nous qui vivons quand même de manière on va dire plus libre, plus librement nos enfants sont libres quand même ils doivent l'être normalement beaucoup plus en tout cas ici je pense qu'on mesure pas l'importance de la présence de jouer, du jeu de s'amuser. Et on les fait très vite rentrer dans un carcan et scolaire, et sérieux. Et pour vraiment, s'il y en a qui s'intéressent dans la sainte famille, d'aller voir ça. Il y a un livre extraordinaire de André Stern qui s'appelle Jouer, justement. Et qui... Ce livre est merveilleux.
- Claire
J'ai envie de le découvrir.
- Estelle
Tous les parents devraient lire ce livre, parce que vraiment, on se rend compte que Jouer, en fait, l'enfant le fait même, au sein de sa mère, il commence à jouer là, là, tout de suite. Et c'est très souvent que, justement, une mère dit, « Ah ben là, il joue ! » Là, au sein, elle se dit, « Il joue, je le retire. » Et en fait, c'est par le jeu et le fait de jouer qu'on apprend et que l'enthousiasme grandit aussi. Donc voilà, bon. Je reviens à ces droits très importants. Évidemment, le droit, celui de la liberté, d'information, d'expression et de participation. L'enfant a le droit à la parole, il a le droit de s'exprimer, il a le droit d'être écouté, il a le droit d'être entendu. Et ça, ce sont vraiment des valeurs essentielles à notre communauté mondiale et qui gagnent du terrain malgré tout. En tout cas, je l'espère, mais je le vois aussi et je l'entends de par le monde. Donc voilà, effectivement, les enfants dans beaucoup de pays n'ont pas accès à ce droit de jouer, à cause du travail forcé, à cause du mariage forcé, et de l'esclavage qui existe encore. Et voilà, ça me tenait à cœur quand même de rappeler ça.
- Claire
C'est essentiel parce que c'est quand même ce qui fonde après tout. Pour l'association, le déploiement de ses actions et le sens qui lui est donné. Et puis pour nous aussi, cet engagement. Même si je vais aussi vous partager mon histoire et mon témoignage. Et même si ce n'est pas forcément que sur des raisons morales qu'on devient parrain. Ce n'est pas forcément pour faire une bonne action. Ce n'est pas forcément par ce chemin-là qu'on y arrive. Et d'ailleurs... Voilà, en discutant avec une personne qui travaille dans l'association Lisa Marie, elle me disait « mais je pense qu'il y a 12 000 parrains, il y a 12 000 histoires en fait de parrainage. Les chiffres, les lois, en fait c'est essentiel de se le rappeler, puis après ça vient nous chercher aussi intimement dans notre propre rapport à l'enfance, à la protection de l'enfance, mais aussi notre envie d'aider, notre envie de parrainer. » Notre envie de s'engager. En fait, je pense que chacun, en lien avec ses valeurs, peut trouver une porte, un chemin vers ça. Ce qui est, en tout cas aussi, ce que je veux vraiment dire, c'est que pourquoi aussi, nous, on fait ce partage et on n'est pas en train de lever des fonds. On vous présente juste une possibilité de vous mettre en lien, de faire famille aussi, peut-être autrement, d'élargir ce sens de la famille. C'est aussi parce qu'aujourd'hui, la solidarité du grand public est très précieuse parce qu'on est dans un contexte où les financements institutionnels diminuent, où il y a des coupes dans les aides publiques au développement. Et du coup, cette humanité à l'échelle mondiale, internationale, elle doit être relayée par les individus que nous sommes. Et il y a de la mobilisation, mais il est bon de la nourrir et il est bon de l'animer.
- Estelle
Et c'est normal. Et c'est normal. En fait, c'est normal. Ce n'est pas une bonne action que de faire ça. C'est une action normale. C'est prendre un enfant par la main parce qu'il a des besoins. On doit le faire chaque jour, que ce soit notre enfant ou l'enfant du voisin, l'enfant de notre communauté ou d'une communauté lointaine.
- Claire
Mais qui, en fait, n'est pas si lointaine. Mais voilà. Moi aussi, il m'apparaît à travers cette expérience. C'est comment on peut se sentir si proche, tu vois, de... d'une famille, voilà, moi en Inde, mais d'autres c'est au Sénégal, à Madagascar, en Amérique du Sud, il y a plein de pays qui sont représentés, donc voilà.
- Estelle
Et puis c'est beau aussi de se dire, pardon, mais de se dire qu'on va participer à une œuvre collective, ok on est parrain et marraine, parce qu'il y a quelque chose que j'aime là-dedans, mais il y a quelque chose que je trouve, attention à cet égocentrisme un peu, tu vois, de se dire je parraine. En fait, on fait ce qu'on a à faire, je veux dire, de manière collective. Ces enfants ont des parents qui les aiment, qui s'occupent au mieux de leurs enfants, pour la plupart, je dirais. Et peut-être pas toujours, mais voilà. Mais chez nous,
- Claire
nous avons eu des enfants qui ont une famille, qui sont orphelins, qui ne sont pas isolés, pas abandonnés. Ils sont dans leur écosystème familial.
- Estelle
Exactement. Donc on n'arrive pas comme des sauveurs.
- Claire
Absolument pas.
- Estelle
Ce n'est pas ça du tout. Et c'est ce que j'aime dans Un enfant par la main, c'est que cette œuvre collective que tu expliquais tout à l'heure, Claire, et que tu m'avais aussi expliqué, j'aime beaucoup parce qu'en fait, on est un peu... anonyme, acceptons l'humilité de l'anonymat d'une action. Je veux dire, on n'est pas là pour être congratulés parce qu'on a fait une... On a œuvré pour quelque chose qui est fondamental dans notre société, en fait. Et c'est personne de le faire en dehors de nous. Parce que j'entends des gens qui disent oui, mais les gouvernements... Oui, les gouvernements, mais c'est nous, c'est aussi nous. Voilà, c'est aussi nous. Donc en fait, j'avais besoin de revenir là-dessus pour ne pas nous glorifier de faire des choses qui devraient être totalement naturelles.
- Claire
Oui, tu as raison, parce qu'il y a quelque chose, effectivement, il y a une question, des questions sur... La posture, la distance et effectivement ce qu'on peut ramener à soi dans sa gloire personnelle. Mais c'est vrai que c'est assez, je trouve, dans la manière dont les choses sont proposées, assez vite tranquillisé parce que quand on s'engage en tant que parrain ou marraine, on rentre en connexion, en lien avec un enfant à qui on a la possibilité d'écrire et avec qui on peut rentrer en correspondance. C'est pas non plus très soutenu pour plein de raisons d'ailleurs. En fait on nous suggère de garder le lien, de se donner des nouvelles, de rester en curiosité, dans le partage de choses simples. Mais de pas non plus bombarder de lettres parce qu'en fait dans l'autre pays il y a aussi une infrastructure qui doit gérer le courrier, aller le chercher, ça mobilise des traducteurs, ça a des coûts. et du coup c'est aussi de l'argent qui est dédié à ça au lieu d'être dédié aux actions mises en place sur le terrain et puis ça après ça entre guillemets oblige aussi l'enfant à nous répondre donc à faire plus ou moins d'efforts selon son niveau d'expression et puis voilà à prendre du temps pour ça etc et donc il faut que ça reste assez présent et discret à la fois pour que ça ne devienne pas un dû pour l'enfant et que ce partage soit léger mais c'est tout un art parce que... C'est l'art de bien placer sa générosité.
- Estelle
Oui, c'est ça.
- Claire
C'est ça. Et que l'enfant ne se sente jamais redevable.
- Estelle
Exactement. Et qu'il n'ait aucune obligation de quoi que ce soit. Parce qu'en fait, comme je disais, c'est normal. Oui. C'est normal.
- Claire
Et d'ailleurs, tu vois, je sais qu'il est possible, par exemple, de demander à rencontrer l'enfant qu'on parraine si on fait un voyage dans le pays en France. Et je crois que c'est souvent magnifique. Moi, j'avoue que je rêverais de pouvoir le faire. Mais c'est pareil, dans ce sens où il n'y a pas d'appropriation ni de dépassement de certaines limites. C'est pareil, c'est orchestré par les associations. On ne va pas chez les gens qu'on... C'est toujours dans un lieu neutre. Oui, mais tu vois ce que je veux dire ?
- Estelle
Bien sûr.
- Claire
Il n'y a pas de... On ne va pas voir ni son école, ni sa maison. Ce sont des rencontres.
- Estelle
Ce n'est pas invasif, on n'est pas là. Exactement.
- Claire
Et c'est quelques heures seulement. Donc c'est... Et en même temps, je pense que l'émotion est entière, tu vois. Il y a quelque chose vraiment de cœur à cœur.
- Estelle
Enfin, moi, c'est ce que je ressens. Mais il y a une distance saine.
- Claire
Oui.
- Estelle
Et je pense que ce sont des ingrédients indispensables pour que ce genre de soutien s'opère sans se décaler complètement. Moi, j'aime bien l'idée de pouvoir œuvrer. sans forcément avoir la reconnaissance pour soi-même de ce qu'on a fait. Je trouve que c'est très sain, en fait.
- Claire
Oui, c'est très sain.
- Estelle
C'est qu'on fait quelque chose, on y participe de près ou de loin. Parce que moi, ce que j'aime bien aussi, c'est que c'est vrai, on peut devenir parrain ou marraine à titre de 30 euros par mois. On peut le faire, ça c'est voilà. Mais aussi, on peut faire un don ponctuel. Absolument. Quelque chose de régulier ou pas. Enfin, on peut... pour soutenir par exemple un projet qui va nous apparaître comme prioritaire au sein de l'association, qui nous parle. Ça peut être vraiment ça. On peut aussi relayer les actions de l'association sur les réseaux, les suivre même. C'est l'intérêt de les partager, donc du coup, donner de la visibilité là-dessus. Et puis on peut bien sûr s'engager comme bénévole. Après, là, c'est encore autre chose.
- Claire
Il y a plein de choses à faire sur le terrain. Enfin, je veux dire, ici, d'ici, en tant que bénévole pour animer des actions de l'association. Et puis on peut aussi, je le précise aussi, parce qu'on peut aussi rentrer dans un parrainage et quasiment s'en tenir à l'aspect financier si on n'est pas si à l'aise que ça, avec cet aspect de la relation, de la correspondance. Alors, je ne dis pas qu'on ne va jamais écrire, mais ne pas tout miser là-dessus, entre guillemets, ça et faire quand même sa part, en fait.
- Estelle
Exactement.
- Claire
Et c'est suffisant.
- Estelle
On va là où il y a des besoins. On ne va pas nourrir pour soi-même. Même si c'est bien de se... Bien sûr, ça fait plaisir de faire plaisir et ça fait plaisir d'aider. Je ne sais pas, je dis ça parce qu'il y a aussi des personnes qui peuvent fonctionner comme ça. Quand on fait ça, je pense que c'est aussi... De toute façon, ça vient aussi quand même du cœur. Oui,
- Claire
et pour moi, je pense que le point de départ, il n'est pas si détaché que ça. En fait, je ne vois pas comment on peut... Oui, tu comprends. Voilà en fait s'exclure de l'équation. Voilà, non, non, c'est pas vrai, bien sûr. Enfin, par exemple, ne serait-ce que dans le fait qu'on puisse choisir, ou en tout cas émettre une préférence sur le pays dans lequel on veut, forcément, ça parle d'affinité qu'on a, d'une curiosité qu'on a, d'une sensibilité, d'une bien sûr. Donc, on n'est pas exclu de l'équation.
- Estelle
Tout à fait.
- Claire
Et honnêtement, mon point de départ de l'engagement, il est hyper intime. Il n'est pas...
- Estelle
Eh oui.
- Claire
politique, pas du tout.
- Estelle
Et puis après, chacun fait sa petite tambouille avec lui-même. Le principal, je dirais, que même s'il y a une dose, je sais pas moi, d'égocentrisme, en fait, quelque part, je me dis mais et alors ?
- Claire
Il y a un cadre. Il n'y a pas trop de risques d'écueil, je pense. Le principal,
- Estelle
c'est qu'on sache que ce qu'on est en train de faire va aider, va soutenir d'autres membres de notre famille élargis ailleurs et ça c'est vraiment c'est pour ça que la solidarité elle est vraiment accessible à tous et même à travers un petit geste simple c'est pas parfois en faisant des grandes choses, on n'a pas besoin de grandes choses mais c'est ça que j'aime bien dans ce truc participatif même mensuel c'est que pour quelque chose qui à nous franchement ne va pas nous prendre forcément beaucoup de temps ce petit geste peut vraiment changer, comme tu l'as dit tout à l'heure, changer vraiment, en fait, changer le monde, tout simplement, quoi.
- Claire
Et moi, je sais que j'ai quand même une émotion particulière, tu vois, quand je vois l'enveloppe arriver, l'enveloppe avec le Liseret international arriver dans ma boîte aux lettres, parce qu'en fait, sans qu'il y ait d'attachement, j'ai un vrai regard, en fait, sur... La vie de l'enfant, qui n'est de moins en moins un enfant d'ailleurs, qui est un adolescent aussi maintenant, tu vois, qui grandit, je suis heureuse d'avoir des nouvelles de sa santé, de ses apprentissages, j'ai de la curiosité pour sa culture et en fait tout est parti d'une vision très intuitive et pouvoir matérialiser ce qui était dans mon cœur à un moment très précis de ma vie à travers ce parrainage. En fait, c'est très fort pour moi. Et moi, j'ai eu vraiment l'impression que ça élargissait mon cœur maternel presque. Je ne me prends pas pour sa mère. Cette dimension dans la marraine, il y a quelque chose de ça. J'ai aussi une marraine qui est la fille d'une cousine à moi. C'est sur. Qui vit ici. Mais voilà, il y a quelque chose qui s'est élargi dans mon rapport aux enfants que je peux soutenir. Et je pense, je vous le dis aussi parce que... Je côtoie aussi des personnes, soit dans ma clientèle, soit dans mon entourage, qui ne savent pas comment exprimer cette fibre maternelle, cette fibre, en tout cas dans ce rapport à l'enfant qu'on veut accompagner, qui n'ont pas forcément d'enfant, qui n'en veulent pas, mais qui ont quand même envie d'être dans cette contribution et dans ce lien. Et tu vois, je pense que c'est une réponse tellement pertinente, par exemple, à ça.
- Estelle
Et j'aime bien ce lien que tu fais, justement, par rapport à ça. Parce qu'il y a plein de femmes, moi, que je rencontre, qui soit ne peuvent pas avoir d'enfant, soit n'arrivent pas à en avoir tout de suite ou quoi. Mais en fait, c'est pour ça que c'est bien parfois de déplacer l'accent de soi, de notre propre histoire, et d'élargir cette amour, cette envie, cette envie de... De donner de l'amour à un enfant. Exactement. Et évidemment que c'est différent que d'avoir ça. Voilà.
- Claire
Et ça nourrit quand même. Et aussi, c'est se rappeler que nous aussi, on est aidés dans ce processus. C'est-à-dire que...
- Estelle
Bien sûr.
- Claire
Tu vois ce que je veux dire ? Oui, complètement. Non seulement, bien sûr, par la reconnaissance qu'on peut recevoir malgré tout, parce que moi, je sais que dans chaque lettre que je reçois, on remercie. Et c'est plein de bénédictions que je ne recherche pas, mais que je reçois quand même. Mais je veux dire, quelque part, je pourrais dire, j'aide, mais moi, ça me nourrit. Ce rôle me nourrit, ce lien me nourrit, cette action me nourrit. Bien sûr. Et donc, je suis aidée aussi. Et je pense que reconnaître ça, c'est aussi... Oui, c'est aussi... Oui, en fait, moi, ça m'a aidée d'être marraine de quelqu'un que j'aide.
- Estelle
Non, mais bien sûr. Quand on voit qu'on est quand même dans une époque ici où, à 35 ans, on ademande aux femmes de faire congeler leurs ovocytes. parce qu'on ne sait jamais, si elles ne rencontrent pas l'homme adéquat, elles pourront faire un enfant, de toute façon. Et qu'il y en a des enfants dans ce monde. Je sais que je suis un petit peu dure quand je dis ça. Non,
- Claire
mais je pense que c'est un élargissement du spectre.
- Estelle
Voilà, c'est ça. Tout,
- Claire
ça ne veut pas dire qu'il faut faire ça à la place de quoi que ce soit.
- Estelle
Voilà, c'est ça. on peut mener vraiment beaucoup d'actions qui peuvent en plus faire venir la maternité et nous l'attirer en fait par des actions comme ça qui soient effectivement pas, qui ne nous appartiennent pas. C'est ça que j'aime bien, c'est qu'en fait on quitte aussi cette zone d'appartenance. Et ça c'est très important.
- Claire
Mais ça c'est un vaste sujet sur lequel on pourra revenir par rapport à cette notion de famille, tu vois. Parce que voilà, ce sentiment d'appartenance, nous, d'appartenir à une famille, mais aussi que notre famille nous appartient.
- Estelle
C'est ça. Est-ce que nos enfants nous appartiennent ? Enfin voilà, c'est intéressant. On sait bien que Khalil Gibran avait parlé de ça déjà.
- Claire
Oui, mais tu vois cette notion de famille universelle et d'humanité finalement, de tout ce qui nous relie et de comment, qu'est-ce que je fais circuler moi à cette échelle-là ?
- Estelle
C'est ça, exactement. Non mais voilà, c'est très très important. Et c'est vrai que... Moi, ce que j'aime aussi dans Un enfant par la main, c'est qu'ils ont des histoires vraiment inspirantes. Et on les entend dans leurs podcasts. Et c'est beau quand on voit quand même qu'un enfant parrainé, quand on voit son parcours et qu'il a pu terminer sa scolarité, qu'il a accédé à une formation, qu'il est devenu enseignant ou infirmier, ou qu'il a monté sa propre structure, sa propre entreprise. C'est fabuleux. Et qu'en plus, il veut contribuer... au développement de sa communauté, et donc d'enrichir son village. C'est extraordinaire. Notamment, je pense à l'un d'eux qui s'appelle Diocle, que je cite parce que j'ai adoré. En fait, on le prend pour conseil, on l'appelle, et on lui demande conseil. Dans son village, il est vraiment une référence. Mais voilà, je veux dire, ça c'est la chaîne vertueuse.
- Claire
Tout à fait.
- Estelle
Voilà, c'est ce... transmission vertueuse, ce cercle vertueux que je trouve vraiment, je remercie vraiment des associations comme ça d'exister.
- Claire
Est-ce que tu as envie de parrainer ?
- Estelle
Voilà, c'est ce que je voulais dire, c'est que à la fin de cet épisode, je vais évidemment parrainer justement un enfant dans Un enfant par la main, puisque je l'avais fait auparavant dans une autre association. Et là, je vais y revenir. Voilà, donc j'en suis génialement heureuse. Ah ouais. Et donc, merci. Merci, Un enfant par la main, parce que ça m'enchante.
- Claire
Oui, alors si vous avez des questions, enfin, vous voulez avoir plus de renseignements détaillés, factuels, précis, et tout ça, n'hésitez pas à regarder le site unenfantparlamain.org. Ils ont aussi un compte Instagram et Facebook, où vous pouvez suivre Leur projet, enfin, retrouvez toutes les infos nécessaires. On va bien sûr mettre tous les liens et informations dans les descriptions et partout où vous pourrez les retrouver facilement. Voilà, moi j'espère vraiment que ça a aussi enrichi votre réflexion sur ce genre d'engagement, sur le sens, la dimension qu'on peut donner aussi à la famille et sur le cœur aussi, ce qu'on peut faire qui vient du cœur. Parce que c'est vrai qu'on n'a pas donné de chiffres, d'accord, pour ne pas être trop...
- Estelle
Mais il y a quand même des chiffres qui sont, voilà, qui sont quand même très, très parlants et qui sont très, enfin voilà, personnellement, qui peuvent franchement nous poignarder quand on voit qu'il y a encore 148 millions d'enfants de moins de 5 ans qui souffrent d'un retard de croissance à cause de la malnutrition. 148 millions d'enfants. C'est des chiffres, en fait, je déteste les chiffres. C'est une abstraction. Voilà. C'est énorme. Je déteste les chiffres à cause de ça, parce qu'en fait, on a tellement l'habitude, depuis qu'on est petit, d'entendre des chiffres comme ça jetés. Mais c'est colossal. Voilà. On a quand même 2,2 milliards de personnes qui n'ont pas accès à un service d'eau potable géré, enfin voilà, géré en toute sécurité, comme il les précise. Et parmi ces 2,2 milliards, il y a... des centaines de millions d'enfants. Donc voilà, je trouve qu'il est quand même nécessaire de rappeler quelques... Il y a 244 millions d'enfants, de jeunes dans le monde qui ne sont pas scolarisés. Alors non pas que je prône tout ce qui concerne la scolarité en tout cas en France, mais quand même d'avoir droit à l'instruction, c'est extrêmement important.
- Claire
ça reste un levier d'émancipation et de liberté.
- Estelle
Et c'est notre droit le plus fondamental d'avoir droit à la connaissance et au partage de la connaissance. Donc voilà chère sainte famille, merci d'avoir été là.
- Claire
Merci pour votre curiosité, votre intérêt, votre ouverture d'esprit aussi à cet épisode qui était particulier, qui est sorti un peu de nos clous mais qui était très nécessaire et plein de sens pour nous.
- Estelle
Oui,
- Claire
et j'espère, dites-nous si ça vous a parlé, dites-nous ce que ça vous inspire si vous vous engagez auprès d'un enfant par la main. Oui,
- Estelle
ça serait magnifique d'avoir vos retours en tout cas sur ce que ça vous a fait en tout cas, au moins, et comme on le fait d'habitude entre nous, vous nous envoyez vos petits messages et vos prises de décision et vos nouveaux virages. Bon, en tout cas, merci, merci la Sainte Famille, merci un enfant par la main. Et la Sainte Famille vous aime.