- Speaker #0
La Sainte Famille, le podcast pour grandir ensemble. La Sainte Famille, c'est des conversations enregistrées en une prise, sans montage ni retouches, des partages inspirés et inspirants. pour grandir ensemble.
Bonjour, bonjour ! Bonjour la Sainte-Famille ! Bonjour la Sainte-Famille, bonjour Claire ! Bonjour Estelle !
- Speaker #1
Alors, ce matin, ou en tout cas aujourd'hui, la température familiale ?
- Speaker #0
Écoute, chez nous, c'était un jour de vacances, et on avait un peu plus de liberté sur le timing, mais on n'avait pas du tout le même, et vraiment, chacune était dans son espace, il y avait une distance. une petite froideur, je savais pas tout à fait comment me comporter vis-à-vis de ma fille qui était levée avant moi, qui bossait sur l'ordi, qui était au taquet comme une adulte très organisée, et c'était à la fois très positif mais un peu déroutant j'avoue, et un peu, je savais vraiment pas ce que j'étais censée faire. Désolée maman, je m'en suis pas réveillée. Donc voilà. Ma température comme ça. Oui.
- Speaker #1
C'est drôle. Alors moi, Moi, c'était... Franchement, ce matin, je me suis réveillée dans une humeur mais massacrante. C'est-à-dire que ça arrive... Franchement, c'est vrai, ça arrive extrêmement rarement, mais ça arrive. Et quand ça arrive, franchement... je me mets dans le frigo... T'arrives à rire, déjà, donc ça va. Non, mais ça passe. C'est passé. C'est juste que c'est vraiment tout d'un coup, tout m'apparaît comme... Parce que dans la journée, il y a beaucoup de choses. Et donc, tout m'apparaît, tout m'est apparu comme quelque chose que je n'avais pas envie de faire. C'est surtout quand il y a des choses où tout d'un coup, tu es obligée, vraiment. Là, il y a des choses où... Et en général, pour moi, ça concerne tout ce qui est en relation avec l'administration. Et donc là, vraiment, c'est quelque chose qui me coûte énormément. C'est un langage qui m'est complètement étranger. Mais je m'autorise cette espèce de truc, de cette soupape d'humeur terrible, mais je la vis seule.
- Speaker #0
J'allais te demander si tes proches étaient préparés. Souvent, je dis que je suis de hyper mauvaise humeur. C'est bien, il faut se le dire. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, le sujet... qui nous importe. C'est aussi quelque chose qui n'a rien à voir mais qui est en relation avec ce qu'on a pu vivre il n'y a pas très longtemps, en tout cas dans ma famille. C'est la mort d'un proche. Et du coup, c'est vrai que cette question de est-ce que nos morts sont avec nous ? Toi, ça te fait quoi, Claire ?
- Speaker #0
Moi, ça me bouleverse d'avance parce que... J'ai pas perdu quelqu'un particulièrement là récemment, mais ce thème accompagne ma vie familiale. Mais je pense qu'on est très nombreux, beaucoup plus que ce qu'on croit, à avoir... Enfin, la mort nous concerne tous, mais bien sûr, une histoire liée à la mort particulière. Donc en fait, ça me... tout de suite, ça me fait une émotion très forte en fait. Et je pourrais répondre oui, évidemment. Enfin, pour moi, tu vois, est-ce que nos morts sont avec nous ? Oui, tout de suite, mais à plein d'endroits, en fait. Oui,
- Speaker #1
bien sûr, oui. C'est vrai que c'est pour ça que ça... Ce qui pose question... Alors déjà, je trouve que ce sujet de la mort, j'ai le sentiment que c'est vraiment un sujet dont il est bon de parler, en fait, de notre disparition, qui n'en est, à mon sens, pas une.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais en tout cas, une disparition physique, ça c'est sûr. À notre échelle de vision, à notre valeur de vision, il y a certaines personnes, après qu'on y croit ou qu'on n'y croit pas, certaines personnes voient les morts, voient les défunts. Mais en tout cas, les morts sont avec nous, à mon sens aussi. Oui, mais de toute façon, sans se lancer dans de la mystique ou du paranormal, ou d'être dans l'après-vie. Oui, ils sont avec nous parce qu'on les porte.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On continue de les porter dans notre cœur, dans notre esprit, dans nos souvenirs, nos mémoires.
- Speaker #0
Et peut-être que la question, elle va nous amener aussi là chacun à... à ressentir ça plus ou moins. Parce que je pense que c'est plus ou moins présent, plus ou moins conscient, plus ou moins sensible. Tu vois, peut-être que c'est, oui, l'occasion de se dire, tiens, c'est vrai. Il y a peut-être des défunts auxquels on pense tout le temps et d'autres pas du tout. Les gens de nos familles qui ne sont plus là. Bien sûr. C'est mystérieux ça aussi.
- Speaker #1
C'est pour ça. En fait, c'est drôle, souvent je me dis ça, c'est quelque chose aussi que j'entends parmi les lectures que j'ai de grands sages et de grands maîtres indiens qui disent que les mémoires du corps renferment de manière ancestrale toutes nos incarnations. Et que du coup, ça veut dire aussi toutes les morts qu'on a vécues et tous les morts qui nous entourent et qui jouent encore dans notre propre corps et qui continuent. Je parle même du point de vue de la transgé. C'est-à-dire de l'ADN, presque de la transmission cellulaire? Exactement. Et donc, transgénérationnellement, forcément, là, on se parle peut-être que ton arrière-arrière-arrière-grand-père, paternel ou maternel, vit en toi et tu as... Voilà, en fait, oui, il est avec toi, ils sont avec. Mais ça, c'est des choses impalpables, invisibles, qui jouent leur partition sans notre accord. Oui. C'est la nature, on va dire. Peut-être ta couleur d'yeux.
- Speaker #0
Oui, oui, peut-être.
- Speaker #1
Une pépite dans l'œil dorée que tu peux avoir d'un ancêtre. Voilà, ça peut aller jusque-là, tu vois. Mais il y a aussi le fait qu'ils sont, je crois en tout cas à ça, vraiment avec nous.
- Speaker #0
En tant qu'eux-mêmes, pas en tant que partie de nous, enfin partie d'eux dont on a hérité. En tant qu'êtres.
- Speaker #1
En tant qu'être, en tant que... âme, en tant qu'énergie, en tant que vibration. Et je crois qu'on peut contacter n'importe quel. Quand je dis contacter, attention, je ne parle pas de faire tourner la table. Non, je ne parle pas du tout de ça. Je parle d'un contact de cœur, intime. On peut parler à nos morts. Ils nous entendent. J'avais besoin de le dire là parce que comme il s'agit, et je le dis très clairement, il s'agit du père de ma nièce. qui est mort et qui était très jeune, qui avait 41 ans. Et donc c'est vrai qu'on a envie de poursuivre l'histoire autrement. Personnellement, je trouve que c'est intéressant de se dire « Ok, il y a une disparition physique, mais on peut continuer de poursuivre l'histoire. » Et j'ai une amie aussi très chère qui a perdu toute sa famille, ses parents. son frère. Et en fait, on a vécu ensemble, je l'ai accompagnée longtemps dans ce chemin. Et c'était ça, surtout, c'est de comprendre que l'histoire, la relation n'est surtout pas terminée et les relations continuent.
- Speaker #0
Ça, c'est très intéressant parce que je pense que c'est très subtil aussi de comprendre cette notion de relation. Parce que, tu vois, quand tu dis continuer l'histoire, parfois, justement, j'ai l'impression que ça parle plus de... transmission, de prendre le flambeau, d'aller au bout des projets que le défunt n'a pas pu aboutir, tout ça. Mais tu vois, là, tu parles plus... Tu vois ce que je veux dire ? Oui. Qu'il y ait un degré de lecture comme ça.
- Speaker #1
Oui, ça peut être comme ça. Oui, ça peut être ça.
- Speaker #0
D'honorer une mémoire en faisant ce que le défunt aimait ou en... Je sais pas, en se ralliant. En menant son oeuvre. Oui, voilà.
- Speaker #1
En menant son oeuvre à bien. Oui, oui, tout à fait. Mais là, tu parles que la relation se poursuit. Oui.
- Speaker #0
Et ça, honnêtement, peut-être que c'est très répandu, mais je trouve que ce n'est pas si accessible. Pas si évident, tu vois, et d'ailleurs c'est aussi pour ça que tu accompagnes des gens, que tu leur transmets ça, mais moi ça me parle, mais je n'ai pas été en situation par exemple de le faire, parce que je ne sais pas, peut-être mes grands-parents sont tous décédés, mais j'étais encore assez jeune, enfin ça fait quand même maintenant longtemps, et à cette époque je n'aurais pas envisagé ça, je me sens en relation avec eux, mais... Ce n'est pas juste au moment de leur mort que j'ai nourri la relation avec eux, je pourrais dire.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et je ne saurais pas vraiment dire comment on fait pour que la relation continue dans le temps long.
- Speaker #1
Oui, oui, je comprends. Après, ça, c'est à chacun aussi de voir ce qu'il a envie d'entretenir. Parce que bien sûr qu'il faut vivre avec les vivants.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Ça, c'est sûr. mais en même temps Quelle place, je dirais, on peut laisser quand même une place à ce qu'on ne voit pas, mais à ce qui continue d'être et surtout ce qui est important pour nous. Voilà, je le vois chez les personnes que j'accompagne, il m'arrive d'entendre ceux qui sont morts, dont on dit qu'ils sont morts et je sais qu'ils ne le sont pas. En tout cas, ils ne m'apparaissent pas comme étant morts puisque je les entends. Mais c'est vrai que ce que je remarque, c'est que... Souvent, ils aiment poursuivre le lien, ils aiment poursuivre la relation, ils donnent des manifestations, ils donnent des signes. Et ce qui fut le cas, là d'ailleurs, pour le père de ma nièce, il a donné des signes très forts. J'ai aussi le père de mes cousines adorées qui a donné des signes aussi, et qui en donne encore, alors que ça fait plusieurs années.
- Speaker #0
Oui, ça c'est fort. Et aussi, ce qui me questionne, c'est que justement, cette relation... Du coup, il y a quand même cette identité, cette incarnation du défunt qui continue de persister.
- Speaker #1
Oui, je crois. Je crois que quand on met au monde, par exemple, des enfants, on a des amis à qui on est attachés. L'amour, en fait, c'est pas attaché. Mais peut-être qu'il y a quand même de ça. Il y a quand même aussi de ça parce que sur Terre, ça crée de l'attachement. C'est un peu problématique d'ailleurs. Parce que l'amour n'en a pas normalement. Mais quand on aime quelqu'un, je veux dire, on met notre enfant au monde. Demain, je meurs, je ne laisserai jamais mon fils seul sur cette terre. Même quand je dis seul, il sera avec son père ou il sera avec ses amis ou avec ses grands-parents ou quoi. Mais jamais. Je pense qu'en tant que parent, on le sait bien. On peut mourir demain, on ne va jamais laisser nos enfants sur terre tous sans nous.
- Speaker #0
Oui, oui, mais je pense que moi, j'ai pu déjà me dire ça, tu vois, au même endroit que toi. Parce que j'ai cette croyance aussi de cette permanence finalement de l'être, tu vois, et de... Mais beaucoup de gens ne pensent pas à ça, enfin, ou n'y ont jamais pensé parce que ça n'est pas les idées communes aussi qui sont partagées, tu vois. Et vont essayer d'assurer une permanence matérielle ou, tu vois, alors... C'est sûr. Tu vois, ne se disent pas qu'ils pourront continuer de veiller d'accompagner leur enfant concrètement, enfin, tu vois, depuis l'au-delà . par exemple pour ceux qui croient à l'au-delà parce que c'est
aussi là on va vite mais je veux dire il y a aussi toute la période de douleur extrême de souffrance intense qu'on vit aussi dans l'arrachement, qu'on nous arrache quelqu'un on a ce sentiment qu'on peut nous arracher quelqu'un et que c'est terrible donc il y a aussi, mais c'est pour ça que c'est aussi important, c'est tout aussi important de nourrir la relation avec quelqu'un qui n'est plus là moi je crois en tout cas, qui n'est plus là physiquement mais c'est tout aussi important Moi, j'admire beaucoup ceux qui pensent qu'il n'y a rien derrière. Parce que là, on est dans le dur. On est dans vraiment traverser l'arrachement. C'est terrible d'être arraché, je trouve, physiquement, à quelqu'un. Je trouve que c'est quelque chose qui est très dur. Vraiment. Je ne sais pas ce que vous en pensez, là, dans la Sainte Famille. Ça doit vous ramener. Et pardon, mais en même temps, ça nous fait du bien d'en parler ensemble de nos morts, non ? J'aimerais bien avoir votre sentiment là-dessus. Oui, mais je pense que ça dépend tellement des contextes aussi, des situations, de comment la mort est survenue.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Même s'il y a toujours des chagrins, mais je pense que ce que tu évoques là, c'est aussi tellement lié à comment les choses se passent. Oui,
- Speaker #1
oui, bien sûr.
- Speaker #0
au temps long, à la violence, tu vois. Au fait que ce soit soudain au fait que ce soit prévu, entre guillemets.
- Speaker #1
Oui, parce que la mort, je la vois aussi comme une personne qui a un langage. Donc, elle n'a pas le même langage pour tout le monde. Elle vient nous parler d'une certaine façon.
- Speaker #0
Elle vient nous parler de notre propre langage, tu penses ?
- Speaker #1
Ah oui. Moi, je pense ça. Et aussi un langage qui peut se traduire de manière transgénérationnelle aussi. Ah oui.
- Speaker #0
Par rapport à des maladies, par exemple. Par rapport à des maladies qui se répètent, des choses comme ça.
- Speaker #1
Même si ça, aujourd'hui, je sais qu'on peut changer la géné... On peut tout changer aujourd'hui, on a vu ça, mais n'empêche qu'il y a parfois des choses, on n'arrive pas tout de suite à les modifier. Et la mort, elle continue de nous indiquer ce qui n'a pas été corps totalement assaini, nettoyé. Et puis il y a plein de choses. C'est vrai que c'est un épisode, mais c'est important, sans parler peut-être de des causes, parce que les causes, il y en a des milliards, mais en tout cas, de savoir surtout... où est-ce qu'on met nos morts ?
- Speaker #0
Oui, oui, c'est ça. Et peut-être que c'est ça dans est-ce que nos morts sont avec nous ? Oui, mais où ? Parce qu'en fait, je me dis aussi, je pense qu'on peut, par exemple, continuer à en vouloir, par exemple, à des morts. Est-ce que j'ai des morts qui sont pris dans la colère que j'ai en moi ? Est-ce que c'est intéressant, je pense, de regarder ? Pour faire une paix, pour un sûr.
- Speaker #1
Mais c'est pour ça que cette colère, si on a encore des rancœurs, mais allons-y, allons régler ça avec notre mort, avec nos morts. Mais je veux dire, allons régler ça avec celui qui est parti, mais avec qui c'est encore possible de régler. Rien n'est laissé comme ça. Il n'y a pas de séparation, il n'y a pas de coupure. Il n'y a pas de mur entre nous, entre guillemets nous, les vivants, ce qu'on appelle les vivants, et ceux qui, soi-disant, ne le sont plus. On peut continuer d'œuvrer pour la guérison d'une relation. D'ailleurs, en accompagnement, je le fais hyper souvent. Parce qu'en fait, on a besoin de comprendre, enfin, pas de comprendre, mais de ressentir à nouveau ce contact avec la personne. Et puis ce contact, on le ressent alors qu'il y a la séparation.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Tu vois, physique, et bien là, on se dit, ah ouais, non, là, il se passe un vrai truc. On le sent bien quand l'autre est là. Quand l'autre est présent, on le sent bien. Et regarde même nous, à notre échelle, à nous. Regarde, Claire, on parle de ça, je ne sais pas toi, mais je ne sais pas si tu remarques comme il fait très froid. Et ça, c'est... C'est symptomatique. C'est pour ça que je dis toujours que, voilà, observez bien quand vous avez envie, en tout cas, de parler à ceux que vous aimez et qui sont morts, ou à ceux que vous n'avez pas réussi à aimer ou qui vous ont fait aussi beaucoup de mal ou beaucoup de tort, peu importe, mais en tout cas ça ne s'arrête pas là parce que est-ce que nos morts sont avec nous ? Oui, de toute façon moi je dirais oui
- Speaker #0
Je t'écoute beaucoup parce que c'est vraiment aussi ton domaine en partie, tu vois cette relation en tout cas aux morts et j'ai plein plein de questions aussi qui me viennent. Mais voilà, on en reparlera. En tout cas, j'ai plutôt de la gratitude, moi, pour les présences de mes chers, tu vois, qui sont partis. Je me dis, voilà, il y a des choses... Tout n'est peut-être pas de cet ordre-là, mais c'est beau aussi de pouvoir encore remercier. Enfin, c'est ça. Ça fait vraiment du bien, quoi. C'est ça,
- Speaker #1
de continuer d'aimer, de ne pas vouloir... De ne pas se couper de l'amour.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et de s'inscrire dans un temps long aussi de la vie. Exact. Exactement. S'inscrire dans l'éternité de la vie. pas dans un fragment qu'on est en train de vivre, on va se connaître toujours. Enfin, je parle là de nous, nous tous ensemble et ce qu'on connaît, on est là pour l'éternité. C'est en tout cas, c'est le message que j'aime transmettre et qu'on est là vraiment pour du très très long terme. Donc, ce qu'on fait, ça va résonner, il faut savoir que quand on pose un acte sur cette terre et dans cet univers, ça va résonner sur très très très longtemps. Donc, mesurons bien nos actions. Parce que voilà.
- Speaker #0
Ça donne beaucoup de valeur à la vie finalement.
- Speaker #1
Mais complètement. Et à la paix aussi. Parce que du coup, rien ne presse. Rien ne presse. On a le temps. Mais bon, là, c'est fini l'épisode. là on n'est pas tout à fait d'accord, mais voilà. On va s'arrêter là. Merci la sainte famille. Merci. Hâte d'avoir vos retours comme d'habitude. Merci d'être là. Et voilà, accueillons nos morts et accueillons la vie.
- Speaker #0
La Sainte-Famille vous aime !