- Speaker #0
La Sainte Famille, le podcast pour grandir ensemble. La Sainte Famille, c'est des conversations enregistrées en une prise, sans montage ni retouches, des partages inspirés et inspirants pour grandir ensemble.
- Speaker #1
Bonjour la Sainte Famille !
- Speaker #0
Bonjour la Sainte Famille ! Bonjour Estelle !
- Speaker #1
Bonjour Claire !
- Speaker #0
Alors ?
- Speaker #1
Température familiale, chacun est à son poste. Toi Claire ?
- Speaker #0
Bah écoute, moi ce matin c'était vraiment froid quoi, température un peu... gelée un peu, ça bougonnait c'était pas vraiment pas chaleureux, je peux rien dire d'autre simplement comme ça
moi c'était la fatigue, ce matin on était ce matin c'était un peu fatigué parce qu'on s'est couchés plus tard et la vie. On n'est pas tous... Quand on est fatigué, je ne sais pas si tout le monde est d'accord, mais on n'est pas pareil. On n'a pas envie d'y aller. C'est ça. Mais on est quand même là. Bien présent. Bien réchauffé. Malgré ce froid matinal. Et on a une question pour aujourd'hui qui est... Faut-il une école pour les parents ?
- Speaker #1
Aïe, aïe, aïe !
- Speaker #0
Exactement !
- Speaker #1
C'est vrai qu'on se pose beaucoup cette question. On en parle beaucoup, toi et moi. Oui, tout à fait. D'ailleurs, ça existe. Ça commence à être...
- Speaker #0
Ça existe et c'est d'ailleurs en voyant des nominations comme ça un peu circuler sur plusieurs types de supports qu'on s'est dit ah ouais mais alors on en est là, est-ce que les gens ont besoin de ça, est-ce que nous ça nous parle, est-ce que de quoi... De quoi on parle si on parle d'une école pour les parents ?
- Speaker #1
Personnellement, je crois que c'est indispensable, essentiel. Et ça a vraiment du sens aujourd'hui dans notre société.
- Speaker #0
Ça me paraît évident. J'ai l'impression que jusqu'à présent, on était tous un peu autodidactes, plus ou moins en conscience de ce rôle finalement. Puisque les transmissions, elles étaient... Je parle avant l'ère des réseaux sociaux massifs. et même du podcast et tout, mais très informelles, très éparses. Alors en fait, souvent les transmissions, elles étaient juste la reproduction de ce qu'on a connu.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et pas vraiment d'éducation à la parentalité.
- Speaker #1
Non. Non, et puis de ce que c'est que vraiment devenir parent, devenir maman, papa et d'avoir un enfant, qu'est-ce que ça veut dire ? Enfin, on a déjà un peu éclairé certains sujets. On a questionné certaines zones peut-être d'ombre, Mais c'est vrai que... que sincèrement, être parent, c'est quand même... Moi, je dis souvent, c'est un métier. Oui, c'est un métier à part entière.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Ça nous demande sans arrêt.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, on a beaucoup d'exigences, et tant mieux vis-à-vis des professionnels de la petite enfance, par exemple. C'est des gens qui se forment, d'ailleurs. Mais bien sûr. Qui savent faire les choses avec les enfants, et dans l'attitude, et dans les soins du corps, et dans le jeu, et dans les repas, les sommeils, etc. Oui,
- Speaker #1
parce que c'est vrai que ça demande quelque chose d'assez. c'est complet d'être parent. C'est à tous les niveaux de l'être de l'enfant, de leur enfant. Et du coup, c'est énorme. Mais je dis c'est énorme si on veut avoir une société et un monde qui va bien, qui est harmonieux. Si on s'en fout, continuons de faire ce qu'on a toujours fait et puis on voit bien le résultat. Non mais bon, quand on voit l'état du monde...
- Speaker #0
Non mais t'as raison. Si on veut grandir en responsabilité, en bien-être, on qui quelque chose qui fonctionne, avec des individus qui vont bien.
- Speaker #1
Parce que pourquoi on a voulu co-créer la Sainte Famille, Claire ? C'est pour tout ça, c'est pour parler de ça, parce qu'aussi, c'est vrai qu'on s'est dit que la famille était à l'origine du monde. Tout à fait. Et que si nos familles vont bien, en tout cas s'harmonisent, apprennent à se comprendre, au sein d'une famille, si on apprend à se comprendre, à s'aimer, à se donner, à s'écouter, ça va aller de mieux en mieux. Tout à fait. Mais par contre, il y a du travail. Il ne faut pas croire. C'est un vrai... Et alors, les parents, on a un travail monumental. Je veux dire, on doit tous les jours ce qui est... Moi, à mon sens, vivre, bien sûr. Tous les jours, vivre avec nos enfants et leur donner, évidemment, le meilleur de ce qu'on est. Mais on doit se questionner, on doit s'interroger, on doit s'interroger sur nos propres comportements.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
De toute façon,
- Speaker #0
je pense qu'on est questionné et interrogé par la vie avec nos enfants, par ce qui se passe, ce qui ne se passe pas, ce qui se passe mal, ce qu'on ne comprend pas, ce qu'on ne sait pas faire. Je pense que tout parent est renvoyé à ça assez violemment d'ailleurs. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
C'est par sa limite en fait, à sa limite, à son impuissance, à son incompréhension. Mais c'est vrai qu'après, qu'est-ce qu'on fait de ça en fait ? Qu'est-ce qu'on fait de cet endroit de nous où on se rend compte qu'on est très limité face à un enfant, un bébé, à tous les âges d'ailleurs
mais je dirais que l'enfant nous met dans notre position dans notre posture d'adulte et que le problème c'est que très peu de parents sont des adultes, on n'est pas des adultes quand on souvent et c'est pas une histoire d'âge, attention mais c'est déjà ça le problème je crois, c'est que on a trop de stigmates de l'enfance qui sont encore très très apparents, qui sont encore pas du tout guéris Oui, des images. Donc en fait on a un enfant Puis en fait on est avec lui Un peu comme l'enfant qu'on a été Ou qu'on a jamais pu être Vraiment bien sûr On lui fait payer ou vivre des choses Qui sont soit par transfert Soit par projection Soit par frustration Soit par C'est un peu cata Mais tu vois quand on revient à cette idée D'école pour les parents Moi ce qui m'a questionné au début je me suis, enfin il y a deux deux choses qui me questionnent. Enfin, peut-être trois, peut-être quatre, non. Mais déjà, une. Non, mais c'est cette chose de finalement qui a autorité pour nous l'enseigner ? Sur quelle autorité on va se fonder ? Alors, on part de quoi ? Des neurosciences ? On parle de psychologie ? On parle de spiritualité ? On parle de philosophie ? On parle de périnatalité, de puériculture ? Tu vois ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'encore une fois, c'est pas des tips. C'est pas, oui, alors dans la famille, on va faire ça et ça. Non, c'est pas faire des familles standards. C'est pas ça. Oui.
- Speaker #0
en même temps donner des repères pour moi si une école par exemple des parents s'institutionnalisait comme ça se fait à l'échelle des villes c'est plutôt des groupes de paroles ou des espaces comme ça de discussion mais où il y a quand même un référent il y a quand même un professionnel qui vient remettre des repères parce qu'en fait je pense qu'à un moment c'est ça dont les parents ont besoin en fait c'est la question que tout le monde se pose un peu sur tous les sujets c'est est-ce que c'est normal que mon mon enfant réagisse comme ça ? Est-ce que je suis normale dans ma difficulté ? Est-ce que... En fait, il y a un décryptage. Et moi, c'est vrai que ça me questionne effectivement, non seulement sur qui a autorité pour nous enseigner ça, ou à qui on... Et est-ce que c'est possible de standardiser des réponses ? Parce que toi et moi, quelque part, on se refuse à ça. Ici, en tout cas dans le podcast, on n'est jamais en train de dire...
- Speaker #1
il faut faire ci, il faut faire ça. Faites ça et ça va marcher. Et surtout, si ça nous est arrivé, dites-le nous.
- Speaker #0
Oui, et puis on exprime nos points de vue et on peut avoir quand même des prises de position, mais qui ne sont pas là dans des, comment dire, de la guidance à appliquer. Faites ça pour avoir tel résultat. Mais c'est vrai que moi, ça me questionne parce que chaque famille est unique.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Chaque relation est unique. En fait, ce qu'on peut faire en surmesure, en thérapie, dans l'écoute fine de ce qui se joue pour chaque personne, on ne peut pas le faire dans une école.
- Speaker #1
Mais en fait, l'école des parents, je crois que ça... Si vraiment une école des parents existe ou devait exister, voilà. Mais en fait, c'est d'abord, on va dire, des bases essentielles. Déjà, on avait déjà dit... De non-violence. Voilà, de non-violence. Pourquoi on veut un enfant ou pourquoi on a fait des enfants ? Parce qu'en fait, moi je dirais que ça part avant d'être parent. En fait, l'école des parents, elle doit être pour...
- Speaker #0
C'est une classe prépa quoi.
- Speaker #1
Mais oui, en fait c'est ça. Mais oui. C'est ça, l'école des parents, c'est pas une fois qu'on a des enfants. C'est trop tard. C'est avant. Où est-ce que vous en êtes dans votre vie ? Comment ça va vous en fait ? Comment vous qui allez devenir parent, comment vous allez ? Qu'est-ce qui se passe en vous ? Comment vous vous sentez ? C'est quoi votre vie ? Qu'est-ce qui vous semble être essentiel dans votre parcours ? parcours que vous avez envie de partager avec vos enfants si c'est juste enfin je sais vraiment c'est vrai que ça pose de grandes questions parce que les raisons pour lesquelles on veut un enfant on l'avait dit dans un épisode elles sont vraiment très diverses et puis elles sont pas toujours justifiées de manière profonde et encore une fois c'est un peu comme le mariage mais on peut pas faire un enfant de manière superficielle c'est pas quelque chose de surface et à la fois
- Speaker #0
parfois on le sait aussi que les choses des fois un enfant arrive, on n'a pas réfléchi mais il est totalement bien accueilli il est aimé, c'est merveilleux et donc en fait on ne pourrait pas imposer un délai de réflexion de X temps, la vie est beaucoup plus grande que ça.
- Speaker #1
En fait je dirais que s'il y a une école des parents, ça ne sera pas pour faire des parents parfaits, c'est absolument pas ça mais c'est au moins pour faire des parents qui ne vont pas être Je sais que ça va paraître un peu choquant, qu'ils ne vont pas être maltraitants.
- Speaker #0
Bah oui, oui.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, on peut tous être maltraitants, d'une façon ou d'une autre, sans même nous en apercevoir.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et ça laisse des traces. Et on peut être maltraitants, du coup, de manière totalement involontaire, pour des petites choses. On peut être... Le mot est fort, maltraitant, mais c'est...
Non, je pense que tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #0
Il est très juste, parce que justement, c'est pas... Maltraitant, c'est... Bah si, non mais en fait il ne faut pas minimiser la maltraitance en famille et la maltraitance ordinaire de parents sur les enfants. C'est ça,
- Speaker #1
de l'écoute. Moi j'accompagne des personnes qui me disent quand même que petits, ils pleuraient trop, on les mettait dans leur chambre et on leur disait avec gentillesse, on leur disait écoute quand tu seras calmée tu reviendras. Puis on fermait la porte. C'est des choses qui... Et je ne dis pas que l'enfant n'a pas besoin de se calmer, c'est pour ça, on est sur du cas par cas. Bien sûr que parfois l'enfant a besoin d'être seul. Mais ce que je veux dire, c'est que eux, là-haut... La personne qui me raconte ça, c'est pour raconter justement ce qu'elle a vécu de très difficile, où elle s'est sentie seule et pas accompagnée et pas entendue. Je veux dire, le nombre de personnes qui ne savent pas ce que c'est qu'écouter. Et ils veulent un enfant, mais dans la vie, je crois qu'ils n'ont jamais écouté qui que ce soit. Vraiment, je parle. Alors, comment ils vont faire pour écouter leur propre enfant ? Alors ça va leur donner peut-être une belle leçon, parce que c'est vrai qu'on a tendance à écouter ce qu'on aime le plus, je dirais. Oui, puis que les enfants en fait sont nos plus grands enseignants. Exactement.
- Speaker #0
Et qu'il y a une auto-éducation, mais qui se fait quand même aux frais de l'enfant du coup, si on n'a pas un peu anticiper le truc.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et encore faut-il reconnaître son enfant comme un enseignant aussi.
- Speaker #1
Ben bien sûr.
- Speaker #0
Avec tout le respect qu'on doit à un enseignant.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et avec toute l'humilité qu'on a envers un enseignant, quand on est un apprenant.
- Speaker #1
et c'est dur aussi c'est très dur parce qu'il y a des grands textes qui disent oui un enfant il faut se mettre à sa hauteur oui d'accord mais en fait concrètement qui fait ça? Je regardais un article dernièrement sur la misopédie c'est à dire sur le fait que, on se l'est partagé, sur le fait que que voilà, l'adulte en fait très rapidement est quelqu'un qui va dominer, qui va prendre une place de dominant, de dominateur dans la relation avec l'enfant. Mais ça va être de dire par exemple, écoute-moi, je te parle, tu m'écoutes. C'est simple phrase, alors que l'enfant parfois a besoin d'écoute et que lui, s'il dit ça, on va lui dire, attends, ça va, t'es pas l'enfant, tu attends, tu attends, pour l'instant je parle à quelqu'un d'autre. En fait, c'est plein de petits comportements, de gros comportements qui font qu'en fait on s'autorise une attitude de domine... T'es d'accord ou pas ? Vous êtes d'accord ?
Oui, de supériorité.
- Speaker #0
Pour revenir à cette histoire d'école des parents, ce serait déjà... Oui, mettre des bases de non-violence, pas de maltraitance, mais aussi de, je sais pas, de vraiment clarifier, en fait, ça, ce rapport à l'enfant. qu'on a, c'est la première chose fondamentale quand on parle de misopédie c'est ça c'est la haine de l'enfant oui c'est vrai que c'est ça mais ça peut être même social,
- Speaker #1
collectif un peu implicite comme ça mais parce qu'on ne s'en rend pas compte mais des moments l'enfant nous il nous saoule et on lui fera sentir chose qu'on ne fait avec personne dans la vie quelqu'un nous saoule on va être là soit on va faire un peu d'hypocrisie on va prendre sur nous on va... On va être un peu mesquins ou démagos, diplomates, on va trouver quelque chose, mais on ne va pas dire frontalement, c'est très rare, et c'est une qualité que je peux très bien admirer chez quelqu'un qui m'écoute, là tu me saoules un petit peu, mais pas méchamment, mais je veux dire, on peut se le dire, mais à un enfant, si c'est fait comme ça de manière extrêmement méprisante, ça ne marche pas. Je vois, il y a des comportements d'adultes, et je vais en profiter, qui me révoltent, mais qui m'énervent au plus haut point, parce que par exemple, un enfant ne va pas dire bonjour. Il ne va pas dire bonjour parce que lui, d'abord, il est dans sa vie, dans son monde. Donc on arrive en famille ou chez des amis, il ne va pas dire bonjour. Et c'est vrai que parfois, il y a des réflexions que j'entends, et je ne parle pas que ça arrive à mes enfants, à moi, à mes enfants. aux enfants de... mais je le vois, je l'entends pour d'autres enfants qui ne sont pas les miens, ou qui peuvent être aussi les miens d'ailleurs, mais qui disent... Ah bah si tu ne me dis pas bonjour, moi quand tu viendras me dire bonjour tout à l'heure, je ne serai pas disponible. Mais pourquoi en fait ? Oui, des exigences sociales, de politesse, des choses qu'on veut imposer aux enfants. C'est ça. Mais je veux dire, et j'entends qu'il faut, bien sûr, on doit apprendre à vivre ensemble, donc la politesse en fait partie. Mais la politesse, ce n'est pas du chantage affectif en fait. Si tu ne m'as pas dit bonjour, peut-être que tu vas me dire bonjour tout à l'heure. Et pour l'instant, je vais quand même te demander peut-être comment tu vas. parce que peut-être que si tu ne me dis pas bonjour, c'est parce que tu traverses quelque chose, ou parce que tu n'es pas là comme moi, je le suis tout de suite à l'endroit émotionnel où je suis. Enfin, voilà, encore une fois, c'est de l'écoute, c'est du... C'est de la bienveillance, c'est de la bientraitance. Oui,c'est de la présence aussi, c'est ce que tu dis. Mais c'est ça peut-être la chose principale à développer en soi et à enseigner. Enfin, pas nous, mais tu vois, à travers cette art de la présence, en fait. C'est ça.
- Speaker #0
C'est peut-être la base de...
- Speaker #1
Et ne pas avoir peur.
- Speaker #0
Une parentalité saine.
- Speaker #1
Oui, et souvent, j'ai remarqué que les parents agissent par peur. On a peur que notre enfant agisse d'une certaine manière, donc en fait, on a peur qu'il devienne, par exemple, je ne sais pas, moi, bordé..., enfin, je ne sais pas, qui ne range pas ses affaires, ou qu'on a peur qu'il soit impoli, surtout, qu'il nous fasse honte, en fait. On veut qu'il soit exactement à l'image de ce qui va nous permettre de nous véhiculer dans la société telle qu'on pense qu'il faut se véhiculer dans la société pour paraître quelqu'un entre guillemets de bien,
- Speaker #0
à notre niveau oui oui tout à fait c'est très vrai mais toi qu'est-ce qui t'a à part ton fils et les enfants que t'as peut-être côtoyés qu'est-ce qui t'a éduqué? on pourrait dire formé? enseigné en tant que parent, en tant que mère tu vois sur quoi tu t'es construite comme enseignement alors?
- Speaker #1
Je dirais qu'en fait, il y a eu plusieurs choses. Mais la première des choses, c'est que j'ai 8 ans de différence avec ma sœur. Elle a 8 ans de moins que moi, comme vous le savez dans la Sainte Famille, pour ceux qui nous écoutent régulièrement. Et du coup, ma sœur, comme c'était vraiment une personnalité à part, selon moi, j'ai aussi dû apprendre à être peut-être.. ce que je suis devenue en fait, c'est-à-dire avoir de l'écoute, du calme, de la présence comme tu disais, je ne dis pas que j'ai bien, je ne dis pas que j'ai toujours bien fait, attention, je ne dis pas ça, mais je dis juste que ça m'a permis de développer par amour pour elle et par amour pour son ultra-sensibilité un comportement, une attitude, donc il y a eu ça, et après avant d'avoir un enfant, j'ai eu envie de lire tout ce que je pouvais sur la question, de me renseigner. Voilà.
- Speaker #0
Enfin, les deux...
- Speaker #1
Voilà. Enfin, tu vois... Et puis, ma sœur a eu un enfant aussi avant moi. Donc, ça m'a permis aussi de voir certaines choses, de comprendre certaines choses.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Toi, qu'est-ce que tu dirais, toi ?
- Speaker #0
Moi, j'ai déjà évoqué plusieurs fois aussi dans le podcast le fait que Françoise Dolto, moi, m'a beaucoup... Mais vraiment, ça a été une vraie référence. Et c'est pareil parce que j'ai lu presque tous ses livres bien avant d'avoir un enfant. Mais en fait, j'étais hyper intéressée par cette question. Elle a un livre très connu qui s'appelle La cause des enfants. Et tu vois... Je pense que j'étais très intéressée par ça. La cause des enfants, le sort qu'on leur réserve. Et en fait, elle m'a vraiment éclairée. Ça a été une vraie guide.
- Speaker #1
Oui, oui, je comprends.
- Speaker #0
Et je réfléchis. À part le fait que j'ai toujours aimé m'occuper d'enfants, j'en ai gardé, tout ça. Mais ça n'a quand même pas grand-chose à voir avec le fait de devenir parent. Moi, je dirais que ça a été ma principale source d'apprentissage et ma référence peut-être aussi sur une philosophie, sur une écoute justement, un décryptage du langage. Elle a un livre aussi qui s'appelle « Tout est langage » . Ça m'a ouvert vraiment des perspectives. Et après... Après je dirais, c'est plein d'autres choses que j'ai lues, après c'est mes thérapies, et puis c'est ma fille aussi qui me guide à être la mère dont elle a besoin. Elle ne me forme pas en tant que parent absolu. Mais non, mais on ne peut pas.
- Speaker #1
C'est là où je voulais en venir, c'est qu'on ne peut pas être formé en tant que parent absolu, on va être formé à être le parent de notre enfant, de son besoin à lui, donc c'est pour ça qu'une école des parents, il faut faire hyper gaffe en même temps, parce qu'on en a besoin pour des choses de base mais comme mais vraiment comme par exemple la propreté on parlait de ces valeurs là mais c'est essentiel il ya des parents qui ne se rendent pas compte qu'ils ne savent pas que c'est que c'est primordial et que l'on change la couche oui de notre enfant on change des draps il faut laver tout et si on doit le faire dix fois dans la journée on le fera dix fois dans la journée ça fait partie du on laisse pas les choses voilà bon mais Mais après, pour revenir au livre, oui, c'est vrai que je réfléchissais. Il y a eu André Stern, pour moi, avec ce livre, Jouer. Il y a eu tellement de choses. Mais il y a eu aussi, à l'époque, c'est vrai que j'allais beaucoup dans... On allait beaucoup dans les retraites bouddhistes. Et en fait, ils ont une façon d'appréhender l'enfance et l'enfant.
- Speaker #0
Au village des Pruniers. Au village des Pruniers. Oui, c'est ça. Oui, bien sûr. Il y a beaucoup de choses pour les familles aussi.
- Speaker #1
Voilà. C'est beaucoup les familles. Et puis après...Thich Nat Han, il parle beaucoup des enfants, il parle le dharma avec les enfants. Moi, j'ai adoré, vraiment, j'ai trouvé que c'était une autre manière de considérer l'enfant et de voir aussi l'enfance et c'est magnifique. Donc après, c'est vrai que je ne vais pas dire comme ça des livres que j'ai lus, que j'ai... Oui, chacun doit faire son... Voilà, parce qu'on n'a pas de...
- Speaker #0
Chacun son chemin, puis les livres, c'est pareil, c'est des rencontres qu'on fait à un moment donné, ce n'est pas des absolus non plus.
- Speaker #1
Voilà, on n'est pas dans des vérités. Un livre, c'est aussi ça permet d'avoir un esprit justement critique, de se dire tiens ça je garde, ça je prends, pas ça je prends, mais ça ça me correspond, ça ça m'ouvre, voilà, mais ça m'ouvre à une intelligence, en fait on a besoin d'intelligence, moi j'ai l'impression qu'un parent, surtout l'école des parents, c'est une intelligence, du bon sens, de l'amour, et du renouvellement.
- Speaker #0
Oui, et c'est aussi une vision quand même fondée sur justement de la connaissance sur l'enfant.
- Speaker #1
Oui, aussi.
- Speaker #0
Enfin... qu'elle soit spirituelle, scientifique, peu importe, mais que, en fait, c'est aussi dans l'ignorance, on ne peut pas vaincre ça tout seul. Mais bien sûr. Il faut savoir.
- Speaker #1
Là, je vois, j'ai mes neveux, dont un qui est très, pareil, ultra sensible. Les deux sont très sensibles. Et le grand, celui qui est le plus grand, il a cinq ans. Et en fait, quand il regarde, par exemple, un dessin animé ou quoi, très court, où il peut jouer aussi, un petit jeu, bon, voilà, c'est comme ça. Aujourd'hui, les... les enfants, ça ne dure pas longtemps, mais quand il arrête de jouer, quand on lui dit que maintenant, ça suffit. Mais là, il y a une crise, mais vraiment une crise, mais monumentale. Oui, il jouait très bien. Mais oui, mais en fait, quand on étudie le cerveau, on s'aperçoit que c'est tout à fait logique, c'est normal, il faut attendre juste que ça passe. Si le parent croit que l'enfant est en train de faire un caprice, parce qu'on lui retire son jouet, entre guillemets, là, non, ce n'est pas ça qui est en train de se passer. Donc, il faut patienter au moins 5 à 10 minutes pour qu'en fait, cette régulation... il y a une régulation, c'est biologique et c'est comme ça je donne cet exemple il est parfait parce qu'en fait l'ignorance ou la connaissance change tout dans la manière d'interagir avec son enfant
parce qu'on pourrait aussi dire qu'il est trop jeune pour être du coup, il y a une immaturité cérébrale qui fait qu'il ne peut pas bien vivre le fait de jouer un jeu vidéo ou alors on attend que la crise passe ou alors on retire le jeu vidéo mais au moins il y a une conscience en fait
Et bien sûr, exactement. Et la conscience, c'est aussi, en tant que parent, de jauger aussi le timing. Mais en fait, comme tu dis, comme il y a une immaturité de toute façon, même si ça ne dure que 10 minutes ou 5 minutes, en fait, l'enfant, il a une réaction à ça. Et c'est logique. Mais c'est vrai que du coup, en tant que parent, de toute façon, je dirais une chose, franchement, dans l'école des parents, et je sais que c'est ce que je vais dire, je me l'applique vraiment avec parfois de grandes difficultés, ou plus maintenant, scoop Maintenant, Marlon, il a 13 ans. Mais vraiment, ce que j'ai essayé de faire au maximum, c'est de ne pas crier. Vraiment. De ne jamais crier. Et franchement, tous ceux qui me connaissent de près ou de loin, sont témoins. C'est le truc que j'ai essayé d'appliquer. Parce que ça, c'est quelque chose qui peut vraiment nous briser, en fait. Je parle pour moi, peut-être. Non, non, mais je pense que nos cerveaux et nos cœurs sont tous aussi à peu près les mêmes, malgré tout. Voilà. et je dis pas ça, j'ai fait plein d'autres choses que j'aurais peut-être pas dû faire comme ça ou quoi, mais je me suis donné au moins une chose, et je dirais aller dans l'école des parents si vraiment on devait parler d'une école des parents, peut-être parfois il faut juste choisir des valeurs essentielles pour soi parce qu'en fait, par exemple moi je sais que ça m'aurait démoli de savoir que si j'avais crié, j'aurais pas pu me le pardonner, j'aurais culpabilisé toujours, et donc je me serais toujours mis dans cette posture en fait du parent coupable, qui donc s'excuse de tout, en permanence. Donc ça aussi c'est un problème en tant que parent de ne pas pouvoir assumer il faut savoir ce qu'on va assumer ou pas ok c'est bien beau de crier mais moi je vois beaucoup de parents qui peuvent être aussi dans la violence et qui en fait vont se culpabiliser énormément derrière, mais en fait ils vont recommencer oui oui donc Donc voilà, parce qu'on est nous-mêmes les esclaves. Il y a quelque chose qui me vient, excuse-moi, mais qui est important aussi, je pense, c'est... J'allais dire c'est de ne pas être seule avec son enfant. Mais ça arrive. Moi je suis très souvent seule avec mon enfant. Bien sûr. Mais qui pareil n'est plus une petite enfant etc. Mais je pense que malgré tout, il y a quelque chose aussi de beaucoup plus cadrant et aidant. Tu vois pour se tenir aussi à ne pas se laisser embarquer par ses émotions. Quand on est deux ou trois, quand on est en famille.
- Speaker #0
Moi je me souviens par exemple que j'avais, on avait fait le choix qu'elle aille dans une crèche plutôt qu'avec une nounou. mais moi j'étais hyper rassurée de savoir qu'il y avait en permanence 5-6 adultes avec les enfants et pas un adulte avec les enfants et je trouve qu'il y avait quelque chose de très sain parce que non seulement il y a des critères professionnels il y a des compétences, il y a tout ça il y a un cadre de vie mais il y a des regards il y a quelque chose, tu peux pas tomber oui tu vois,
- Speaker #1
mais ça pose une autre question ce que tu dis et j'entends tout à fait et je comprends et j'ai fait la même chose donc je comprends tout à fait et en même temps ça pose une vraie question, c'est à dire que on ne peut pas faire confiance à un adulte. On ne peut pas aujourd'hui, et encore plus aujourd'hui, je dirais, on ne peut pas. Et comme tu dis très justement, mais pourquoi ? Parce qu'il y a une méconnaissance, comme tu dis, il y a une ignorance autour de l'enfance et que même à une nourrice, on ne peut pas faire ça. On ne peut pas laisser comme ça un enfant.
- Speaker #0
Et pourtant, moi, je ne suis pas quelqu'un de méfiant. Tu vois ce que je veux dire ? Je ne me balade pas dans le monde en ayant peur des gens. Pas du tout. Non, non, mais je dis ça pour bien...
- Speaker #1
Oui, oui,
- Speaker #0
Parce qu'en fait, un enfant, ça active aussi tellement émotionnellement. Tu vois, ça vient quand même toujours chercher. Enfin, pardon, mais nerveusement. Enfin, il faut être...
- Speaker #1
Il faut être bien ancré.
- Speaker #0
Il faut avoir beaucoup de ressources et il faut continuer d'en développer, je trouve, tout au long de la vie. Pour être stable face à son enfant.
- Speaker #1
Et puis à tous les étages de son évolution.
- Speaker #0
Et je dirais des ressources... Là, je parle que de ressources internes physio-énergétiques. mais... On peut parler aussi de ressources matérielles, humaines, relationnelles. Mais sur un plan rien que physio-énergétique, il faut quand même être musclé, travaillé, solide, stable. Et du coup, je trouve que ça peut aller vite face à un enfant de perdre ses moyens. Mais je ne parle pas de passer à l'acte et d'être violent. Je parle juste de s'emporter, d'être au bout du roul'. Oui, oui.
- Speaker #1
Mais alors ça, bien sûr. Moi, je ne dis pas qu'il faut se culpabiliser de rien du tout. Je dis juste qu'on est totalement d'accord à être au bout du rôle. Mais c'est toujours bien de dire, écoute, là, je suis au bout du roul'. Oui, mais du coup, avoir du relais. C'est ça que je veux dire. Mais bien sûr.
- Speaker #0
Quand on peut. Mais quand on peut. Mais aussi... il y a quelque chose, je trouve aussi, de très lourd à cet endroit-là, à vouloir tout résoudre seul.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Particulièrement, je trouve.
- Speaker #1
Oui, oui, complètement.
- Speaker #0
Et à penser qu'une personne peut... Oui, mais parce qu'aujourd'hui, je trouve qu'on est dans une société, pardon, mais très orgueilleuse et qu'on élève notre enfant. Il y a beaucoup de femmes qui veulent élever leur enfant seule. Il y a aussi, je ne dis pas, il y a des femmes qui se retrouvent seules. Oui, oui. C'est un autre sujet et c'est vraiment difficile, je l'admets. Mais... il y a aussi, et je l'admets, je le vois, mais il y a aussi des femmes qui décident de faire un enfant seule, de l'élever seule, elles ne veulent pas s'encombrer de quelqu'un, et là effectivement je trouve que c'est, et qui n'ont pas forcément non plus une famille forcément. C'est ça, parce que malgré tout je pense que l'entourage ne parle pas forcément du couple ou du père, ou de la mère ou de l'autre mère, peu importe, mais en tout cas d'avoir suffisamment de regards, de références, d'autres personnes de confiance pour créer un écosystème pour faire vivre cette parentalité ça
tu vois dans l'école des parents ça pourrait être très intéressant qu'en fait on puisse avoir peut-être parce que regarde en famille on est très jugé, très critiqué je veux dire nos parents parfois nous jugent et on le prend comme tel peut-être qu'on a tort, souvent notre mère va nous donner un conseil et en fait pour nous ce conseil est archaïque il est obsolète et on ne veut surtout pas faire comme ça et on a probablement nos raisons aussi Merci. C'est un sujet qui demande vraiment, en tout cas, on doit tous s'interroger justement sur ce que c'est qu'être parent. Et quand nos enfants vont le devenir, est-ce qu'on va être à la hauteur aussi d'avoir évolué aussi avec les nouvelles directions d'éducation ? Tu vois ce que je veux dire ? Oui, c'est vrai. Parce que ce truc aujourd'hui de dire oui... J'ai l'impression qu'aujourd'hui, on peut vraiment nous, tu vois, entre guillemets, nous emmerder sur des valeurs de politesse, par exemple, alors qu'en fait, il y a vraiment tellement d'autres choses. Je ne dis pas qu'il faut laisser tomber la politesse, pas du tout, c'est la base. mais ça peut pas faire tout et on peut pas se rassurer qu'avec ce genre de choses de bien que notre enfant ait une belle image non c'est pas ça du tout c'est pas ça du tout qu'ils amènent comme sujet sur la table, je pense. Ah non, bien sûr. Mais oui, il y a tout ça. Oh, ouais.
Bon, écoutez. Merci d'avoir suivi ce long épisode avec nous. Exceptionnellement long. Qui nous tient vraiment à cœur en même temps. Comme quoi, oui, apparemment. Il y a beaucoup de choses à regarder ensemble. Et on tâchera justement peut-être de répondre aussi, parce que sur la parentalité, on a eu pas mal de questions. C'est vrai que c'est pour ça que cet épisode, il est aussi un peu plus long, mais on n'a pas répondu encore à tout. mais c'est pas grave, on y reviendra merci d'être là merci d'être dans la Sainte Famille, n'hésitez pas aussi à partager, je dis ça je déteste faire ça, ça fait vraiment promotion de ce que tout le monde fait mais en même temps, si ça peut susciter des questionnements chez des gens que vous connaissez on fait ça aussi pour ça la Sainte Famille c'est pour partager que ça se répande et on a besoin d'être tous ensemble d'être nombreux et on est heureuses Claire et... et moi, en tout cas, de grandir ensemble et de grandir aussi en nombre parce que, voilà, ça nous fait vraiment... Ça compte. Merci à tous. Merci pour votre écoute. Merci à tous et toutes. Et la Sainte Famille vous aime.