- Speaker #0
En 2016, Chloé fait un stage avec une wedding planner presque par hasard, dans l'espoir de quitter son job alimentaire. Et là, c'est la révélation. Chloé comprend que c'est ce métier-là qu'elle veut faire, pas seulement pour l'univers du mariage, mais pour la relation humaine. Après plusieurs formations pour poser un socle solide à son entreprise, elle lance son activité quelques mois plus tard. Les débuts sont longs, parfois solitaires, et demandent beaucoup de persévérance. Neuf ans plus tard, elle revient sur ses débuts. et sur la fierté d'avoir construit sa propre entreprise.
- Speaker #1
Salut Chloé ! Salut !
- Speaker #0
Je suis super contente de te recevoir.
- Speaker #1
Également, merci.
- Speaker #0
Est-ce que pour commencer, tu veux bien te présenter en nous donnant ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer à ton compte, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Alors moi c'est Chloé, donc j'ai 35 ans, donc j'habite à la garde. Et donc avant de me lancer, j'ai fait pas mal de petits boulots on va dire, j'ai fait de la vente, de la restauration, j'ai beaucoup voyagé et maintenant je suis wedding planner à mon compte.
- Speaker #0
Et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Ça fait 9 ans.
- Speaker #0
Waouh ! C'est une étape de passé.
- Speaker #1
Oui, ça commence à faire.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens, quand tu étais petite, ce que tu voulais faire dans la vie ?
- Speaker #1
Ça a beaucoup changé. J'ai voulu être hôtesse de l'air, vétérinaire, vraiment rien à voir. Et après, les choses de la vie ont fait que je me suis dirigée dans l'art. Donc j'ai fait des études dans l'art et après dans l'audiovisuel et pour finalement découvrir un petit peu le monde de l'événement.
- Speaker #0
Alors et du coup qu'est-ce qui t'a donné envie de faire ce métier justement ?
- Speaker #1
Alors j'ai toujours aimé le côté organiser, faire des choses que ce soit manuellement ou juste d'un point de vue familial, organiser des événements ou autre. Et en fait après le travail que j'ai fait en restauration, j'ai trouvé un stage chez une wedding planner un petit peu par hasard. C'est vrai que je ne recherchais pas forcément ça, mais je suis tombée sur elle et j'ai fait deux mois de stage avec elle et ça m'a vraiment fait le déclic.
- Speaker #0
Parce que tu étais en formation en même temps ? Non. Comment tu as fait pour avoir ce stage, enfin sortie de restauration ? Du coup,
- Speaker #1
via un organisme, j'avais pu avoir des conventions de stage. C'est vrai que je voulais vraiment arrêter la restauration, ce qui me plaisait, c'était vraiment un travail alimentaire. Et j'ai réussi à avoir une convention de stage, donc je ne suis pas quelqu'un qui se laisse... aller, à rien faire. J'ai vraiment toujours besoin de trouver une activité. Quand je suis rentrée de mes voyages, en deux semaines, j'avais trouvé des jobs. J'ai toujours besoin de faire quelque chose. Donc, j'ai trouvé ce stage assez rapidement. Elle a été hyper accueillante, ouverte. Elle m'a vraiment formée. Donc, c'est vraiment ce qui m'a aidée à me lancer, en tout cas.
- Speaker #0
C'est à ce moment-là que tu découvres le métier ?
- Speaker #1
Oui, totalement. Je crois qu'avant ça, je ne connaissais pas du tout le métier de wedding planner.
- Speaker #0
Comment on fait pour être formée auprès d'une wedding planner qui est déjà en place, du coup ?
- Speaker #1
Du coup, je pense qu'il faut être curieux, surtout, avoir envie de découvrir quelque chose. Je ne pense pas que j'ai un profil à être simplement salariée. J'ai toujours aussi aimé ce côté entreprendre. Donc, c'est vrai que la personne qui m'a formée, Aurélie, elle a été vraiment bienveillante avec moi. Elle m'a vraiment appris toutes les petites astuces. Puis, il y a neuf ans de ça, c'était complètement différent. Le métier de wedding planner était encore assez peu connu. on va dire, donc il fallait vraiment prendre sa place. Elle faisait de l'organisation et de la décoration. Donc il y avait aussi toujours ce côté un peu manuel qui me plaisait, donc c'était génial. Et j'ai passé vraiment deux mois incroyables avec elle, c'était vraiment très intéressant. Et de là, je me suis formée par la suite avec une autre wedding planner qui faisait des formations.
- Speaker #0
Ok, donc ça a été genre après une vocation, tu t'es dit en fait c'est ça que je veux faire.
- Speaker #1
Oui, vraiment quand j'ai fait ce stage, c'était un peu la révélation. Je me suis dit ah oui, ça me plaît, ça me correspond. J'ai envie d'y aller et je ne suis pas quelqu'un qui attend vraiment de prendre le temps, on va dire, pour me lancer. J'ai fait mon stage en septembre-août 2016. Et en fait, ma maître de stage avait fait une formation justement avec la prochaine formatrice avec qui j'étais. Et j'ai fait cette formation pour se lancer dans le métier de wedding planner en novembre 2016.
- Speaker #0
Donc tout s'est enchaîné ?
- Speaker #1
Tout s'est enchaîné et le 10 janvier 2017, j'ai ouvert mon agence.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Ah oui, non, je n'ai pas le temps.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord. et Et ça veut dire qu'après ces mois de formation, tu t'es sentie les épaules pour te dire « Ok, je vais lancer ma page en ce moment » .
- Speaker #1
Oui, je suis vraiment à dire « Si on a envie de faire quelque chose, il faut y aller. Il faut foncer. Si ça ne marche pas, tant pis, on rebondit, on fait autre chose. J'ai fait tellement de travail différent que ce n'est pas ça qui me faisait peur en tout cas. »
- Speaker #0
Oui, de te lancer, ça n'engageait pas sur forcément le long terme si ça venait à ne pas marcher. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. De toute façon, j'avais justement travaillé pour en amont en restauration dans des magasins pour mettre de l'argent de côté. Pour justement me lancer, à cette période, j'habite encore chez mon père, donc c'était aussi la facilité. J'avais même un loyer ou des choses comme ça. Mais c'est vrai que c'était la facilité. Je me suis dit, bon, quel risque je prends, on va dire, sans autre entreprise. Voilà, allez, on y va, c'est parti et on teste. Donc, j'ai fait une première formation de deux semaines quand même. Et ensuite, j'ai fait des formations complémentaires pour vraiment m'améliorer d'un point de vue marketing, gestion d'entreprise, avec la même personne. Du coup, qui faisait plusieurs formations.
- Speaker #0
D'accord, donc elle, elle avait un champ de compétences qui était plus large et qui formait vraiment sur... Parce que souvent, on t'apprend le métier, mais on ne t'apprend pas comment gérer ton entreprise, effectivement, à côté et tout, quoi.
- Speaker #1
Complètement. Elle, elle avait plus de 15 ans de métier, donc c'était quand même une figure dans le monde du mariage. Donc non, non, c'était des formations très complètes sur comment gérer une entreprise, créer son nom, quelle clientèle attirer. Vraiment, c'était très complet, en tout cas pour avoir les bases. Évidemment, après, on se forme sur la mesure, on évolue, on change, mais... Mais en tout cas, la formation de base était vraiment essentielle pour ne pas partir dans tous les sens.
- Speaker #0
En combien de temps tu arrives à vivre de ton activité ? Et comment ça se passe ces premières années-là ?
- Speaker #1
Premières années, pas faciles. Évidemment, souvent, on se dit qu'il faut se donner trois ans pour vraiment pouvoir en vivre. Moi, c'est ce qui a été le cas. C'est la troisième année où j'ai vraiment pu arrêter ce que je faisais. Parce que les deux premières années, on va dire que j'avais un travail complémentaire à côté. Alors, j'avais une partie en chômage. Après, j'avais trouvé un deuxième travail. histoire de vivre, tout simplement. Oui, bien sûr. Mais c'est vrai que quand on a un autre travail à côté, on n'arrive pas non plus à se consacrer à 100% à son activité. Donc c'est vrai que quand la première année, j'ai eu qu'un seul mariage, la deuxième, trois mariages. Et du coup, à la troisième année, c'est là où j'ai eu mes dix premiers mariages. Et du coup, ça a été vraiment un gros écart d'un coup. Donc là, j'étais obligée de me focus à 200% dessus. Et c'est vraiment à cette troisième année que ça a décollé.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens de ton premier mariage ? J'imagine que oui.
- Speaker #1
Oui, totalement. C'était un mariage. Alors, je ciblais déjà une clientèle étrangère. D'accord. Du fait que j'avais beaucoup voyagé, que je parle anglais. Et c'était du coup un mariage mixte français-espagnol. Donc voilà, c'était les premières expériences. C'était dans leur maison de famille à côté de Saint-Tropez. Et non, non, c'était génial. Après, évidemment, il y a eu des plus gros mariages par la suite. dont je me souviens aussi encore. C'était intense, ce sport, parce que forcément, on fait encore des erreurs.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et on apprend comme ça, de toute façon.
- Speaker #0
Mais je pense que des erreurs, on en fait tout le temps.
- Speaker #1
Ah oui, ça arrive toujours. Et c'est pour ça qu'on s'améliore d'année en année. Et voilà, on évolue.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens combien t'as facturé ton premier mariage ?
- Speaker #1
Alors exactement, non. Mais je pense que je devais être... être autour des 1000 ou 2000 euros, quelque chose comme ça. C'est souvent les tarifs de base quand on commence, on va dire. Alors, tout dépend. Il y a l'organisation complète, il y a la coordination jour-jouer seulement. Donc, il y a des tarifs différents. Mais oui, dans les premières années, je devais être entre 1000 et 3000 euros peut-être.
- Speaker #0
Tu étais fière de lancer cette activité-là et d'avoir tes premiers salaires ?
- Speaker #1
Oui, forcément. On est toujours fiers de pouvoir rentrer les premiers salaires. Les premiers versements, parce qu'on passe aussi par des périodes où c'est très difficile, où on fait beaucoup de rendez-vous, mais rien n'aboutit. Moi, je sais qu'à la deuxième année, c'était un petit peu compliqué. J'avais beaucoup de refus ou de non-retour. Donc, on se dit, est-ce que c'est la bonne chose ? Est-ce que je vais y arriver ? Je pense qu'il y a ce cap aussi à passer à un moment donné où il ne faut rien lâcher parce que c'est dur.
- Speaker #0
Comment tu te sentais dans tes premiers rendez-vous mariés ? Parce que j'imagine que ce n'est pas un exercice évident parce qu'il faut convaincre.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
que tu es la bonne personne pour les accompagner sur un moment qui est hyper important pour eux.
- Speaker #1
Ah, c'est très stressant, surtout qu'en effet, je m'étais basée sur une cible étrangère du fait que je parlais un peu anglais, mais je n'avais pas non plus un anglais incroyable. Donc forcément, quand on a des demandes de clients étrangers, que tu dois faire un visio d'une heure en anglais, c'est sport. Ça fatigue, il faut être vraiment concentré. Et oui, au début, on n'a pas la confiance en soi. qu'on acquiert au fur et à mesure. Donc forcément, il faut vraiment prendre sur soi. Je suis quelqu'un d'assez réservé de base. Donc c'est vrai qu'au début, c'est assez compliqué. Donc on essaie de se faire des petites fiches mnémotechniques pour être sûre de ne rien oublier pendant le rendez-vous, de poser les bonnes questions. Et de montrer qu'on a confiance en soi, même si ce n'est pas le cas.
- Speaker #0
Et pourquoi tu as choisi cette cible-là ? Parce que je trouve que c'est un challenge supplémentaire de pitcher en anglais.
- Speaker #1
J'ai toujours voyagé avec mes parents. Et pour moi, j'ai toujours adoré rencontrer diverses personnes de partout. J'ai passé un an en Australie, donc c'est là aussi où j'ai appris l'anglais. Et oui, j'avais vraiment envie d'avoir cette clientèle pour pouvoir continuer déjà à pratiquer l'anglais et de continuer à rencontrer des personnes un peu du monde entier. Donc, je trouve ça tellement enrichissant. Personnellement, tous les ans, il faut que j'ai mon voyage et que je puisse rencontrer aussi du monde. Je trouve ça incroyable. Après, évidemment, ce n'est pas les mêmes budgets. Donc voilà, c'est en tout cas ce que je souhaitais faire.
- Speaker #0
Et tu disais, comment t'as fait pour te faire connaître au début ? Parce que toi, en 2017 en plus, justement, c'était pas reconnu. Comment on fait pour se faire connaître en tant que wedding planner ?
- Speaker #1
Les réseaux. Internet, le site internet, Instagram. C'est vraiment... Alors à l'époque, Facebook un petit peu. Maintenant, c'est fini. Mais beaucoup le site internet. Du coup, j'ai décidé aussi de faire mon site en anglais.
- Speaker #0
Est-ce qu'après, tu as réussi à créer du lien avec d'autres prestataires qui pouvaient te recommander ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. On rencontre au fur et à mesure des mariages, des shootings. Plein de prestataires avec qui justement ça matche. C'est aussi ce qui fait... Pour moi, la partie humaine est très importante. On peut avoir des très bons prestataires. Mais si humainement parlant, ça ne matche pas. Je suis quelqu'un, je pense, d'assez positive, assez zen. Si en face de moi, j'ai des personnes très aigries, pas sympas ou autres, je sais que ce ne sont pas les personnes à qui je vais avoir envie de travailler et que je vais vouloir proposer en tout cas à mes clients.
- Speaker #0
Et avec le recul, est-ce qu'il y a quelque chose que tu ferais différemment quand tu t'es lancée ?
- Speaker #1
Différemment ? Pas forcément. Je suis assez contente en tout cas de mon parcours. Je vois l'évolution. Il y a eu des erreurs, il y a eu des... des bonnes choses aussi. Et c'est ce qui fait qu'on se construit petit à petit. Je pense que je n'en serai pas là où j'en suis aujourd'hui sans tout ce que j'ai vécu avant.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a eu un vrai tournant dans ton activité ?
- Speaker #1
Là, il y a eu un vrai tournement dernièrement, du coup, avec l'embauche d'une salariée. Ça, ça a été vraiment un gros changement. Et aussi le fait de passer en société. Tout simplement, en 2022, j'étais en auto-entreprise et je suis passée en SASU.
- Speaker #0
Ah oui, donc effectivement, ça fait un gap.
- Speaker #1
Pour moi, il y a vraiment eu ces trois moments clés de mon activité. La troisième année, le passage en société et l'embauche.
- Speaker #0
Alors, on va parler maintenant des exigences et de la pression qu'on peut ressentir lorsqu'on est wedding planner. Parce que j'imagine que c'est un gros sujet quand même.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Comment tu gères la pression des mariages ?
- Speaker #1
Alors déjà, de mon caractère, je pense que je suis quelqu'un de plutôt zen. sûrement lié à mes origines, je ne sais pas. Mais je suis déjà d'origine assez zen. Je pense que c'est essentiel aussi pour faire ce métier. Si on est très stressé dans la vie de tous les jours, c'est très compliqué parce qu'on doit gérer la pression des mariés, des prestataires, de sa propre entreprise. Parce que c'est beau d'organiser des mariages, mais il y a tout le côté, on doit gérer une entreprise. Donc, il y a un petit peu tout ça. Et après, c'est vrai que chaque année, j'évolue où je me dis, qu'est-ce que je peux mettre en place pour gagner aussi en confort ?
- Speaker #0
Oui, donc tu arrives à gérer la pression de manière générale.
- Speaker #1
Oui, pour le coup, ça va.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'es déjà sentie dépassée par les attentes des mariés ?
- Speaker #1
Ah oui, complètement. Surtout en jour J. Alors en organisation en amont, ça va. Ça peut être un petit peu délicat quand des fois on a des demandes auxquelles on ne trouve pas de suite des solutions. Mais on va dire qu'on a un petit peu de temps parce qu'on prend à peu près un an et demi pour travailler sur un mariage avec des clients. Donc, on trouve toujours des solutions. Et quand ce n'est pas possible, on leur laisse savoir que tout simplement, c'est compliqué. Ou alors, il faut rajouter du budget. Mais en jour J, oui, ce n'est pas évident. On m'a déjà demandé une climatisation pour une tente de 300 mètres carrés, deux jours avant le mariage, en plein juin. Donc, oui, il y a des imprévus qui font que ce n'est pas facile et qu'on se sent un peu dépassé. Mais il faut vite reprendre ses esprits.
- Speaker #0
Et toi, tu es censée répondre à tous les caprices, même de dernière minute ?
- Speaker #1
Oui. Je ne dirais pas que ce soit forcément des caprices, c'est plutôt des exigences. Je l'entends totalement. Mais oui, notre métier, évidemment, c'est d'organiser, mais c'est surtout aussi de gérer tous les soucis, tous les problèmes de last minute qu'il peut y avoir et sans que personne ne s'en rende compte.
- Speaker #0
Ça, c'est un vrai débat. Est-ce que tu as une anecdote sur un mariage qui t'a mis la pression plus ?
- Speaker #1
Oui, je pense que la plus grosse anecdote, c'était un prestataire qui ne nous avait pas livré les chaises. à trois heures de l'arrivée des invités. Donc moi, j'étais en effet sur une cérémonie à deux heures de route du lieu de réception et mon assistante était sur place et qui m'appelle et me dit « Chloé, on n'a pas reçu les chaises ni les guirlandes. » Je dis « Bon, go, appelle tout le monde, appelle n'importe qui. » Moi, j'étais à l'église, donc c'était un peu compliqué pour faire les recherches de mon côté. Heureusement, c'est aussi pour ça que c'est important d'avoir des personnes sur qui on peut compter pour s'assister. Parce que du coup, elle a trouvé quelqu'un qui nous a livré une à deux heures avant l'arrivée des invités.
- Speaker #0
Alors, comment ça se passe quand c'est comme ça ? Tu actives ton réseau ?
- Speaker #1
Ah oui, on active tout le réseau qu'on a de partout, que ce soit les copines qui connaissent peut-être quelqu'un ou on cherche sur Internet. Là, pour le coup, elle a réussi à trouver quelqu'un sur Internet qui était à côté du lieu de réception. Et elle m'a dit, c'est bon, Chloé, j'ai trouvé quelqu'un. Par contre, il faut le payer maintenant.
- Speaker #0
Ah bon,
- Speaker #1
bah vas-y, tiens, mon numéro de carte. Les clients, ils étaient en train de faire la cérémonie avec le curé, donc...
- Speaker #0
Oui, t'allais pas aller les voir ? Ah non,
- Speaker #1
j'allais pas dire, bon, bonjour, il faudrait payer 1600 euros, s'il vous plaît. Donc non, bah là, go payer avec ma carte bleue perso, et après on voit avec les clients plus tard.
- Speaker #0
Ok, et toi, donc t'es dans cette cérémonie religieuse, et tu te sens comment à ce moment-là ?
- Speaker #1
En panique, totale. mais il ne faut pas le montrer parce que les mariés sortent de l'église félicitations, super, tout va bien c'est génial et au fond de toi tu te décomposes mais voilà, après j'ai une équipe super et du moment où il a trouvé la solution c'était réglé, c'était ok, c'était dur donc c'est passé inaperçu Mais la plupart du temps, ils ne savent rien.
- Speaker #0
Il faut avoir l'air insolite quand même. Ah oui,
- Speaker #1
en 2022, j'avais une année très compliquée et j'avais fait un ulcère à la fin de l'année. Parce qu'accumuler beaucoup de stress comme ça, pas faire semblant que tout va bien, parce que c'est ok, mais oui, on accumule du stress quoi qu'il arrive. Et des fois, on ne s'en rend pas compte. Et c'est pour ça aussi qu'on réunit, on essaie d'améliorer ses process pour se sentir personnellement un peu mieux.
- Speaker #0
Tu dirais que c'est quoi qui a changé dans ton approche entre tes débuts et aujourd'hui, dans ta manière de travailler ?
- Speaker #1
C'est vraiment ma confiance en moi et vraiment le fait de tourner, on va dire, de changer un prospect en client. Les premiers rendez-vous visuaux, c'est vraiment ce qui a changé pour moi. Je voyais qu'au début, justement, comme je disais, je n'avais pas confiance en moi. Et je pense que ça se ressentait dans mon discours, dans ma façon de me vendre. Parce que clairement, on se vend quand on fait un rendez-vous visuaux. On explique notre façon de travailler, mais le but, c'est qu'ils nous choisissent. Et maintenant, c'est vrai que j'ai moins peur de ça. Évidemment, il y a toujours un petit peu de stress dès qu'on a un prospect et qu'on fait un rendez-vous. Mais je vois que maintenant, mon discours est beaucoup plus rodé. J'ai confiance en moi, j'ai confiance en mon process, en comment je travaille. Donc, c'est vrai que je pense que ça se ressent aussi. Et pour moi, c'est vraiment la grosse différence sur ça.
- Speaker #0
Est-ce que ta confiance en toi, ça t'a permis de tarifer plus haut après, plus rapidement ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Après, on évolue chaque année. Les tarifs sont différents et on fixe ces tarifs en fonction aussi de son niveau de vie, dans le sens où peut-être qu'un tel va vouloir avoir, je ne sais pas moi, 30 000 euros à l'année, un autre 100 000 euros à l'année. Mais peut-être qu'une personne aura un crédit, l'autre non. Une personne vivra seule, en couple. C'est vrai qu'il y a plein de paramètres qui font qu'on a envie de gagner plus ou moins. Moi, c'est vrai que je me suis définie. Un certain cadre, un certain chiffre d'affaires que je souhaite atteindre chaque année, qui évolue chaque année aussi. On reste dans un métier de passion, évidemment. On aime ce qu'on fait, mais on n'oublie pas aussi le fait qu'on doit vivre aussi. Et on reste chef d'entreprise. Et voilà, c'est vrai que ça évolue chaque année. Et oui, évidemment, ça a augmenté.
- Speaker #0
Est-ce qu'on vend un mariage à une prestation à 5 000 euros comme on vend une prestation à 30 000 euros ?
- Speaker #1
On peut, en soi. Tout dépend évidemment de comment on se sent soi-même avec ses tarifs. Moi, je suis très à l'aise avec mes tarifs. On va dire qu'une wedding planner qui débute sur une organisation totale, on va être probablement entre 4 et 8 000 euros, plus ou moins. Après, sur des wedding planners un peu plus confirmés, ça va débuter en effet à 8, 10 000 euros et plus. Du coup, en effet, c'est ce sur quoi je me suis basée. Ça commence à peu près à 10 000 euros. Mais tout dépend aussi de la clientèle. Moi, j'ai une clientèle étrangère, où il y a un peu plus de budget. Sur d'autres clientèles, c'est différent. Et j'ai une copine qui a à peu près le même nombre d'années que moi, qui est un peu moins chère, mais parce qu'elle est plus à l'aise avec ce tarif-là. Donc, le but, ce n'est pas de se chiffrer cher pour se chiffrer cher. Il faut se chiffrer juste en fonction de la prestation que tu peux fournir à tes clients et en fonction du tarif avec lequel tu es à l'aise toi-même.
- Speaker #0
Oui, et puis après, tu n'as pas les mêmes coûts non plus, effectivement, quand tu es seule, quand tu es en société, quand tu as une salariée, etc. Donc, effectivement, ça, c'est à prendre en compte. C'est ça.
- Speaker #1
Moi, je vois la différence entre auto-entreprise et en société. J'ai une comptable, il y a plein de charges qui partent, je me verse un salaire, j'ai des charges salariales. Maintenant, j'ai une employée, donc un deuxième salaire à verser. Donc, forcément, il faut compenser ça. Et je n'ai pas envie d'être une usine, je n'ai pas envie de faire 20 mariages dans l'année. Donc, forcément, sur le nombre de mariages que je fais, il faut que je puisse atteindre cet objectif.
- Speaker #0
Combien de mariages tu fais à l'année du coup ?
- Speaker #1
Alors du coup, je me limite à 12. Maintenant, je suis déjà montée jusqu'à 15 à peu près, mais c'était vraiment dur. C'était l'année après Covid où il y a eu beaucoup de reports. Mais oui, au début, je m'étais dit une dizaine en étant seule. Et maintenant, du coup, avec mon employé, on va passer, je pense, à 12.
- Speaker #0
Aujourd'hui, du coup, ça fait 9 ans que tu t'es lancée. Tu as atteint tes objectifs.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ça représente quoi pour toi ?
- Speaker #1
Je suis vraiment très contente de là où j'en suis aujourd'hui. En tout cas, j'ai ce que je souhaite, que ce soit financièrement parlant, mais aussi d'un point de vue simplement être heureuse de faire ce que je fais. Ça me plaît toujours autant et justement parce qu'on amène des choses qui font que c'est beaucoup plus agréable pour moi. Et le fait d'avoir embauché aussi, ça a été vraiment un gros changement pour moi et j'en suis vraiment trop contente.
- Speaker #0
Lorsque tu ouvres ton planning en début d'année, est-ce que tu as l'impression de repartir à zéro chaque année et de te dire « Ok, il faut que j'atteigne mon chiffre » . Qu'est-ce que tu fais ? Quelles sont les actions que tu mènes pour atteindre ce chiffre-là et te dire « C'est toujours les réseaux ? »
- Speaker #1
Oui, toujours les réseaux, très Instagram. Clairement, Instagram, c'est la vitrine. Et même moi, quand je propose des prestataires à mes clients, ils vont regarder leur Instagram. C'est visuel au premier abord. Après, évidemment, on part de chiffres, mais ça reste du visuel au tout début. Et chaque année, oui, on repart de zéro. On ne peut jamais savoir si, oui, la saison va bien marcher, si on va beaucoup signer. Alors, j'ai cette chance-là depuis 2-3 ans. Ça marche très bien. J'ouvre en janvier. J'ai tout booké en février, donc c'est génial. Mais on ne peut jamais savoir. On ne peut jamais être à 100% serein et sûr de ce qui va se passer.
- Speaker #0
Ça te met une pression, ça ?
- Speaker #1
Oui, ça me met forcément de la pression, surtout que là, avec l'embauche, j'ai quand même des objectifs à respecter par rapport à elle. Donc non, c'est vrai qu'on ne sait jamais, mais les demandes viennent. Donc pour le moment, je ne suis pas trop inquiète.
- Speaker #0
Et tu disais tout à l'heure que tu ne voulais pas devenir une usine à mariage.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pourquoi ce choix est important ?
- Speaker #1
Donc il y a des wedding planners en effet qui ouvrent des firmes, des choses comme ça et c'est super. Moi c'est vrai que j'ai toujours ce besoin de contact humain. Ça m'est déjà arrivé d'avoir des doublons de date, donc deux mariages sur la même date, où je délègue des coordonnatrices qui vont sur le jour J et moi je n'y vais pas. Pour moi ça c'est hyper frustrant. Du coup c'est pour ça que je n'ai pas envie d'être une usine. Déjà parce que j'ai envie de fournir de la bonne qualité à mes clients, d'avoir le temps pour eux. Quand ils me demandent en visio, c'est sûr que je suis dispo dans les trois prochains jours. Donc, c'est vrai que le temps, la qualité et le jour J, pour moi, je ne me vois pas faire l'organisation d'un mariage, être en contact avec eux pendant un an et ne pas être avec eux le jour du mariage.
- Speaker #0
Et est-ce que tu dirais que ça se permet aussi de garder un équilibre pro-perso, de ne pas devenir une usine à mariage ? Ah oui,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #0
Et c'est important pour vous ?
- Speaker #1
Oui, je suis passée par cette période où je pensais que mariage tout en mariage. C'était mon petit bébé. Mais maintenant, je suis à un point où j'arrive à me dire qu'il y a les mariages, c'est le boulot, mais à côté, j'ai une vie aussi. J'ai ma famille, j'ai mes amis. J'aime bien mes moments de chill. Je suis assez posé. Les boîtes, tout ça, c'est passé. J'aime bien être juste dans mon canapé, me reposer, regarder des petites séries et décompréhenser tranquillement.
- Speaker #0
Tu disais que depuis septembre, tu as embauché ta première salariée. Comment tu as vécu ce passage-là ?
- Speaker #1
C'était un peu stressant parce que ce n'était pas forcément quelque chose que je voulais faire. Mais c'est vrai qu'avec l'évolution, le nombre de demandes où j'étais frustrée de dire non, je me suis dit bon pourquoi pas. Et en fait c'est une de mes anciennes stagiaires qui est déjà venue deux fois en stage avec moi et je l'ai re-rencontrée sur un lieu de réception un peu par hasard l'année dernière. Et je me suis dit, elle pourrait être un bon profil quand même, ce serait génial. Ce n'est pas non plus une amie très proche, ce n'est pas quelqu'un que je ne connais pas du tout. Et vraiment, c'était vraiment cet entre-deux. Et je savais qu'elle faisait un travail super. Donc non, c'était stressant. Mais maintenant, au bout de cinq mois, cinq, six mois, c'est la meilleure décision que j'ai prise.
- Speaker #0
Est-ce que ça a changé quelque chose dans ta manière d'entreprendre et dans ton quotidien ?
- Speaker #1
Ah oui, complètement. J'ai beaucoup plus de temps pour moi.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai ?
- Speaker #1
Ah oui, complètement.
- Speaker #0
Alors que j'aurais pensé que tu me dises, il faut la former, je suis avec elle. Ça demande aussi du temps.
- Speaker #1
Oui et non, parce que comme elle est déjà venue deux fois en stage avec moi, elle connaît ma façon de travailler et elle connaît mes outils. Donc, c'est vrai que sur ça, je n'ai pas dû prendre encore beaucoup de temps pour la reformer. Et elle percute très vite. Elle est très intelligente et elle prend beaucoup d'initiatives. Donc, vraiment, pour moi, c'est la petite pépite. Donc, non, forcément, je gagne énormément de temps. Quand je vois tout ce qu'elle fait, je me dis, mais comment j'ai pu faire tout ça toute seule ?
- Speaker #0
J'imagine aussi que ça fait du bien d'avoir un deuxième cerveau avec lequel on peut échanger sur des idées, tout ça.
- Speaker #1
Tout à fait. juste de voix, de pouvoir échanger. d'avoir plusieurs idées, de ne pas être seule tout simplement, parce que c'est un métier très solitaire. On travaille la plupart du temps de chez soi ou en extérieur, en co-work avec les copines, mais ça reste quelque chose, on est seule. Donc dès qu'on rencontre un problème sur l'ordi, on n'a personne qui en parlait entre autres. J'ai la chance d'avoir un groupe de copines quand même qui fait le même métier, donc on en parle beaucoup, donc c'est génial. Mais là, d'avoir Emma, on peut vraiment échanger. Et puis sur les dossiers qu'on a ensemble, c'est hyper intéressant.
- Speaker #0
Tu disais que tu as des copines qui font la même chose. Vous ne vous voyez pas comme des concurrentes ? Non. Pourtant, j'imagine que la concurrence existe.
- Speaker #1
Oui, on est énormément de wedding planners dans la région. Il faut le dire, c'est une région qui est très demandée. Mais pour moi, je pars du principe qu'il y a la demande pour tout le monde. Le but, ce n'est pas de se tirer dans les pattes, mais la demande, il y en a. Du moment où tu travailles sur toi, sur ta communication, tu travailleras.
- Speaker #0
Quel conseil tu donnerais à une femme aujourd'hui qui rêverait de se lancer dans l'événementiel ?
- Speaker #1
Je donnerais deux conseils de se former déjà. Pour moi, c'est essentiel que de... Parce qu'il y a beaucoup de personnes qui disent « Ah, je me suis mariée, je veux faire wedding planner et aller feu. » Oui, très bien. Et de se former, c'est essentiel pour apprendre au moins les bases. Déjà, on ne dit pas « wedding planeuse » , on dit « wedding planner » . Mais voilà, il y a plein de petites choses à apprendre en tant que chef d'entreprise, tout court. Donc, se former.
- Speaker #0
Surtout.
- Speaker #1
parce que souvent on nous dit oui c'est beau les mariages c'est magnifique c'est un très beau métier mais tout ce qu'il y a derrière la comptabilité il y a plein de choses à faire et le deuxième conseil c'est de foncer, d'essayer quand on a envie de faire quelque chose il faut y aller
- Speaker #0
Qu'est-ce que l'entrepreneuriat t'a appris sur toi ?
- Speaker #1
Ça m'a appris d'avoir confiance en soi de se dépasser d'y croire tout simplement Je pense que ça m'a fait vraiment évoluer humainement parlant, à titre personnel aussi. Donc, c'est vraiment ce que ça m'a appris en général.
- Speaker #0
Chloé, on arrive sur la dernière partie de cette interview. On va finir avec un petit jeu. D'accord ? Avec 15-16 questions et puis réponses spontanées. C'est pour savoir quelle toulonnaise tu es.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ton meilleur conseil pour de futurs mariés ?
- Speaker #1
Rester serein.
- Speaker #0
Un détail auquel tu fais toujours attention ?
- Speaker #1
Les deadlines.
- Speaker #0
Une qualité indispensable dans ton métier ?
- Speaker #1
D'être quelqu'un de plutôt zen.
- Speaker #0
Ton rituel après un mariage ?
- Speaker #1
Une douche.
- Speaker #0
Si tu pouvais déléguer une seule tâche à vie, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
La relance client.
- Speaker #0
Ton quartier préféré de Toulon ?
- Speaker #1
Le Mourillon.
- Speaker #0
Une femme qui t'inspire, connue ou pas ?
- Speaker #1
Je ne dirais pas que c'est quelqu'un en particulier, mais plutôt toutes celles qui m'entourent et celles qui vont, qui se lancent et qui façonnent leur vie. Comme elle le souhaite. C'est plus une façon d'être, on va dire plutôt.
- Speaker #0
Ce que tu fais quand tu doutes ?
- Speaker #1
Je me repose et je réfléchis un petit peu à ce qu'il faut changer.
- Speaker #0
Un de tes rêves pas encore réalisés ?
- Speaker #1
Acheter un mât provençal.
- Speaker #0
Ta plus grande fierté ?
- Speaker #1
Mon agence et mon évolution.
- Speaker #0
Si tu devais résumer ton parcours entrepreneurial en un mot ?
- Speaker #1
Évolution.
- Speaker #0
Ton passe-temps favori ?
- Speaker #1
La musique. La musique et les séries.
- Speaker #0
Et enfin, quelle entrepreneuse tu aimerais voir au micro de la Toulonnaise ?
- Speaker #1
Je dirais Laura, une copine qui a fait The Beauty Concept.
- Speaker #0
Très bien. Merci beaucoup, Chloé, pour ce partage. Je te souhaite d'avoir ton mât.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Et je te souhaite de beaux futurs mariages.
- Speaker #1
Merci beaucoup, c'est gentil. Merci de m'avoir reçu.