- Speaker #0
Certains épisodes ont une résonance particulière. Celui-ci en fait partie. Marion, je la connais depuis ses 18 ans. Je l'ai vue douter, travailler sans compter, changer de voie, se chercher et surtout, ne jamais tricher sur ce qu'elle est. De longues études en école de commerce à Paris, des expériences à l'international, une carrière toute tracée et puis ce besoin profond de revenir à l'essentiel. Avec Vestiaire éponyme, Marion a choisi la voie de la création, de la patience et de l'entrepreneuriat passion. Cet épisode parle de changement de cap, de maternité de projets qui prennent vie et de la liberté de ne pas se résumer à une seule histoire. Un échange sincère entre deux femmes, deux amis.
- Speaker #1
Salut Marion ! Salut Alizé !
- Speaker #0
Je suis super ravie de te recevoir, évidemment, puisque ça fait maintenant 16 ans qu'on se connaît.
- Speaker #1
Je suis ravie d'être là, un peu intimidée, ça fait bizarre d'être en face-à-face avec toi dans un contexte un peu différent, mais je sais qu'on va avoir plein de choses à se raconter et ça va être sympa.
- Speaker #0
Alors ! Pour commencer, est-ce que tu veux bien te présenter en nous donnant ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer à ton compte, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Alors moi c'est Marion, j'ai 34 ans. Avant de me lancer, j'ai eu une expérience hyper enrichissante qui a forgé pas mal de choses dans la suite de mon aventure où je bossais en gros à Paris en tant que responsable marketing et communication dans une petite start-up qui s'est fait racheter par un grand groupe et dans lequel j'ai appris vraiment plein de... plein de choses, dont des choses entrepreneuriales, parce que j'avais un boss qui était entrepreneur dans l'âme et qui m'a bien mis sur le chemin de l'entrepreneuriat. Et aujourd'hui, je suis un peu multicasquette parce que j'ai plusieurs sociétés. J'ai une société qui vend des patrons de couture pour femmes et j'ai aussi un pied dans l'immobilier en tant que marchande bien, donc achat, rénovation et revente. Et depuis peu, une agence IMO 2.0. Et alors, tu peux nous dire depuis... Quand tu t'es lancée, est-ce que tu te souviens, Vestiaire Eponyme, quand est-ce que tu l'as lancée ? Alors oui, mon premier, je me rappelle très bien, je pense que c'est une période dont tout le monde se rappelle, c'était pendant le Covid, donc 2020. J'ai osé lancer Vestiaire Eponyme, qui est une marque de patron couture pour femmes avec un seul patron en poche. Et c'est là que l'aventure entrepreneuriale a commencé.
- Speaker #0
Quand tu regardes ton parcours aujourd'hui, est-ce que tu y vois une ligne directrice ou est-ce que tu vois plusieurs vies ?
- Speaker #1
Non, clairement plusieurs vies. Je pense que même vu de l'extérieur, on pourrait se dire que ce n'est pas très cohérent parce que même entre la couture, l'immobilier et en soi, on en parlera très certainement, mais il y a eu aussi une autre aventure entrepreneuriale où c'était du logiciel pour faire des plans 3D. Donc, il y a pas mal de casquettes. Je pense que c'est plutôt des opportunités et des choix, mais il n'y a pas forcément de ligne directrice, si ce n'est en vrai entreprendre.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens ce que tu voulais faire quand tu étais petite ?
- Speaker #1
Oui. Alors, mon premier métier, c'était maîtresse, quand j'étais vraiment toute petite. Et ensuite, c'était actrice. Ça m'a suivie pendant longtemps. Et mes parents m'ont dit, c'est super, c'est super actrice, mais fais tes études et puis après, tu deviendras actrice.
- Speaker #0
Et justement, est-ce que tu as longtemps cherché la bonne voie ou est-ce que tu as appris à accepter le mouvement et tu as un peu suivi le flot ?
- Speaker #1
Alors, j'ai clairement suivi le flot parce que j'aimais... plein de choses et toujours aujourd'hui, j'aime plein de choses, ce qui fait aussi que quand certaines opportunités se présentent, je suis toujours partante pour tout, ce qui fait que je fais de la couture, je fais de l'immobilier, je fais du logiciel, je suis... Multicasquette, un peu hyperactive, etc. Et c'est vrai que pendant longtemps, d'ailleurs c'était un peu une inquiétude de savoir qu'est-ce que je vais faire parce que tout me plaisait et rien me plaisait à la fois. Enfin, je... Voilà, oui, je me voyais très bien, je me voyais très bien dans la communication. J'étais forte en maths, pourquoi pas dans la finance ? Tout m'allait puisque j'ai fait une école de commerce. Donc, il y a quand même des chemins un petit peu tracés de voies, on va dire. Mais voilà, je me disais, et puis dans quoi est-ce que je me vois le plus ? Mes parents m'ont beaucoup aidée en me disant, non, toi, tu es quand même une créative. Oublie la finance, même si tu aimes les maths ou des choses comme ça. Mais voilà, c'est plus en fait, je pense, les opportunités. Je suis convaincue que c'est ça, c'est les opportunités qui font que tu vas là où tu dois être.
- Speaker #0
Moi, je me souviens de toi en train de faire des études et de travailler vraiment fort, surtout sur tes années de prépa. Et ensuite, tu es montée à Paris pour faire tes études. Qu'est-ce que ça t'a apporté ces études dans cette école de commerce ?
- Speaker #1
La prépa, c'est vrai que quand on y est, on se demande un peu pourquoi on y est, mais ça a été vraiment une période charnière de ma vie parce que je trouve que c'est un moment où j'ai vraiment appris à travailler. Tu travailles sous la pression, tu es souvent le moins bon. Moi, en l'occurrence, j'étais la moins bonne, donc c'est bizarre de se trouver dans cette situation-là. Mais aujourd'hui vraiment, c'est une période où je me dis heureusement que je suis passée par là, parce que ça me sert, je pense, vraiment au quotidien. Et après, c'est vrai qu'il y a eu la période école de commerce, où là, changement de décor complet, puisqu'on a beau dire, c'est beaucoup de plaisir. En tout cas, pour moi, ça a été beaucoup de plaisir. J'ai eu la chance de beaucoup voyager par les choix que j'ai faits. Je suis partie aux Etats-Unis, en Thaïlande, en Chine, en Amérique du Sud. Donc ça vraiment, c'est quelque chose qui me colle à la peau aussi, le voyage. Donc, grande ouverture, ça m'a permis d'ouvrir mon esprit, voir des choses différentes. Du coup, tu commences ta carrière dans une start-up.
- Speaker #0
Et tu y restes combien de temps ?
- Speaker #1
J'y reste 4 ans. C'était effectivement après avoir pas mal voyagé. On s'était accordé du coup avec mon conjoint qu'on se posait à Paris. Il lui avait déjà trouvé son boulot, donc c'était Paris, Paris notre choix. Et j'y reste 4 ans. Je rentre dans cette startup en tant que responsable marketing et communication. On était une petite vingtaine. Et en fait, tout s'accélère parce que la startup se fait racheter par un gros groupe. Et du coup, je me fais propulser dans quelque chose où je pense que je n'aurais jamais pu avoir la prétention de mettre les pieds en sortie d'école, si je l'avais candidaté de moi-même. Et je me retrouve du coup à la tête d'un responsable marketing, communication, d'une filiale, d'un groupe. Et là, franchement, l'aventure salariale pour moi a été incroyable. Mon N plus 1 était le patron de la start-up qui était devenue une branche du groupe. Et c'est vrai qu'il m'a tellement appris. Je n'ai pas trop de mots pour dire, mais j'ai eu des opportunités de travail déjà au sein de la société micro-entrepreneuriale puisqu'il m'a donné aussi l'opportunité de monter un bureau au Maroc. Donc c'est moi qui allais au Maroc pour essayer d'ouvrir une antenne là-bas. C'était assez fou en vrai. Tu étais fière, sortie d'études, d'avoir ce job-là ? Alors j'étais très fière. J'étais aussi assez apeurée parce que je pensais que tu n'avais pas les épaules. Alors je ne le montrais pas parce qu'il faut donner l'impression qu'on gère et tout ça. Mais c'est vrai que des fois, je me disais, il ne faut pas que je chie dans la colle. Et au bout de quatre ans, tu décides de partir ? Oui, alors en fait, c'est vrai qu'on s'était dit qu'il faut qu'on rentre dans le sud à un moment donné, avant d'avoir des enfants, histoire de profiter aussi, de reprofiter d'où on vient. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous quittez tous les deux votre job et vous rentrez. Lui, en fait, travaillait déjà un peu en itinérance sur toute la France. Donc en soi, lui pouvait garder son boulot, même peu importe où il était. Par contre, moi, oui, ça a été le choix de quitter cette société que vraiment j'aimais tant. ça a été d'ailleurs un... Un crève-cœur, mais c'était pour des projets personnels. J'ai toujours dit que je valoriserais toujours ma vie personnelle à ma vie professionnelle. Il fallait un équilibre, mais que ma vie personnelle primerait toujours. Et on avait fait le tour de Paris, même si les années de Paris ont été géniales. On avait acté qu'on rentrait, que c'était ce qu'on voulait. Et j'ai honnêtement jamais regretté d'être rentrée. Par contre, c'est vrai qu'il y a eu une petite période, un peu de flottement. Mais j'étais par contre là, clairement, dans une optique de lancer quelque chose.
- Speaker #0
Ok, donc tu savais que tu ne repartirais pas dans le salariat ?
- Speaker #1
Dans ma tête, je me suis toujours dit que j'entreprendrais. Je ne sais pas si c'est que j'ai le gêne ou quoi, mais dans ma famille, il n'y a que des entrepreneurs.
- Speaker #0
Donc tu avais des modèles quand même.
- Speaker #1
Exactement. Alors je ne sais pas si ça, je pense que forcément ça influence qui tu es. Mais c'est vrai que moi, mes parents ont toujours été à leur compte. Dans ma famille, même mon oncle, ma cousine, tout le monde travaille pour soi. Donc c'est vrai que c'était un peu le modèle que j'ai qui me semblait un peu la norme depuis que je suis petite. Donc, je pense que dans ma tête... Je me revois même quand même en école me dire, je monterai quelque chose un jour, je monterai quelque chose, je ne sais pas quoi. Et en fait, c'est un peu de là que tout est parti parce que du coup, pendant cette période de confinement, le premier constat, ça a été qu'il fallait que je fasse quelque chose que je savais faire, que j'aimais faire. Donc moi, j'avoue que je suis assez créative. Je suis dans la communication et le marketing depuis quelques années, en 2020. Donc je me dis, il faut que je monte une agence de com. pas très original, mais il faut que je monte une agence de com'. Donc, c'est parti là-dedans. Et en fait, à côté de ça, c'est vrai que j'ai une passion quand même. On n'en a pas parlé, mais j'ai une passion. Du coup, c'est la couture. Et en fait, à côté de ça, du coup, on avait beaucoup de temps pendant le Covid. Et c'est couture à 200%. Donc, la couture, ça a commencé par du hobby, à faire des vêtements, des choses comme ça. Et en fait, assez rapidement, c'est parti à je fais mes vêtements, mes patrons, je modifie des choses. Voilà, ça fuse un peu. Et du coup, pendant le confinement, c'est vrai qu'en fait, je me dis, mais je commence à créer un patron. Et en fait, je commence à me dire, mais pourquoi je ne lancerai pas ma marque de patron ? J'adore faire ça et tout ça. Donc ça, c'est un peu en parallèle de l'agence de com. Donc, c'est là que naît en fait, finalement, en mai, Vestiaire Eponyme, qui est aujourd'hui ma marque de patron couture.
- Speaker #0
Et quand on est Vestiaire Eponyme, quelques temps après, il se passe autre chose.
- Speaker #1
Oui, c'est même en parallèle. de Vestiaire et Ponine, puisque du coup, mes parents, qui sont eux aussi entrepreneurs, ont une société dans laquelle ils développent un logiciel, du coup, un logiciel pour créer des plans, pour faire très simple. Et en fait, ils sont en plein essor, lancement de produits, etc. Et du coup, naturellement, en fait, ils me demandent de les aider pour le lancement d'une nouvelle filiale, enfin, une nouvelle société. Et du coup, dans le cadre de... Je m'imagine être plutôt en charge de créer une agence de communication. En fait, je travaille... avec leur société, avec les gens qui sont chez eux, en conseil pour justement lancer la marque, comment l'établir, etc. Et en fait, c'est vrai que ça se passe super bien, sachant que moi, j'avais un peu un frein de me dire je ne veux pas rentrer dans la société familiale parce que c'est familial, parce que je veux avoir mon truc à moi. Voilà, c'est un peu bizarre. Et en fait, c'est vrai que...
- Speaker #0
Tu voulais faire tes preuves, en fait.
- Speaker #1
Certainement. Je m'étais dit, je ne veux pas que ce que je crée se croise.
- Speaker #0
Que ce soit l'idée de la famille.
- Speaker #1
Ou que la première pierre à l'édifice, ce n'est pas moi qui l'ai mise, c'est mes parents. Je trouvais que ça s'associait trop à de la facilité de se dire, il y a ça qui est en train d'être créé, il y a déjà un premier pied à l'étrier et moi j'arrive. Et puis ça marche, ce sera facile entre guillemets. Mes parents, eux, me tannaient pas mal pour que je les rejoigne, sachant que je les avais déjà aidés par le passé à lancer certains produits. Et en fait, c'est vrai qu'à ma grande surprise, ça se passe vraiment super bien. Je m'entends super bien avec l'équipe qui est en cours. Je trouve que le projet est hyper stimulant. Et puis en plus, ça reste quand même un projet, cette fois-ci, familial. Et t'as envie, je veux dire, ça reste un bébé à toi, même si ce n'est pas le tien. C'est celui de tes parents. Et du coup, c'est vrai qu'en fait, j'ai travaillé pendant trois mois sur ce lancement de société. Et c'est vrai qu'au terme de ces trois mois avec mes parents qui me tannent, qui me tannent, je revois un peu ma position en me disant en vrai, c'est vrai qu'il y a des choses trop bien à faire. C'est bête de se fermer uniquement parce qu'il n'y a pas ta maman.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, tu avais ta place aussi dans cette société-là.
- Speaker #1
Clairement, j'avais ma place parce que c'est vrai que la partie marketing, communication et stratégie n'était pas... pas forcément bien établi. Donc c'est vrai que finalement, ça doit être à l'été. À l'été, je décide donc de rentrer, voilà exactement, de rejoindre le projet familial.
- Speaker #0
Comment tu as fait pour vivre avec cette double casquette du coup de l'entreprise familiale qui quand même est en plein essor et pour laquelle tu tiens un rôle aussi important et vestiaire éponyme ?
- Speaker #1
En vrai, c'était difficile de jongler parce que si on veut bien faire les choses... c'est difficile de ne pas être à 100% sur les deux. En tout cas, moi, ça a été ma difficulté pendant les années pendant lesquelles ça a duré. Il y a eu un peu des moments où je dédiais beaucoup plus de temps à une société, des moments où j'en dédiais plus à une autre, puisque pour donner un exemple, avec Vestiaire et Ponim, c'est vrai que tout est allé assez vite et j'ai notamment eu l'opportunité d'écrire un livre de patron de coupure, etc. Mais ça, ça demandait énormément de temps, d'investissement. Donc c'est une période où je me suis... moins donnée pour Géopixel. Mais la contrepartie, c'était de se dire, par contre, quand le livre était fini, c'était Vestiaire Eponyme qui était un petit peu mis en soum-soum-sourdine et je mettais les bouchées doubles pour l'autre société qui s'appelle Géopixel. Après, je pense encore une fois, pour rebondir sur quelque chose du tout début, je pense que mes années d'études m'ont appris à travailler efficacement. Mais aussi en soi, mon expérience, c'était vraiment un leitmotiv de mon patron quand j'étais à Paris. C'était la loi de Pareto, de ne pas être perfectionniste, de faire 80% en bien et les 20% qui seront inutiles à faire. Donc c'est essayer de prioriser comment travailler pour que ce soit bien pour les deux.
- Speaker #0
L'entreprise Familial est vendue en 2024, fin 2024. Oui. Et tu te consacres enfin à vestiaire éponyme. Est-ce que ça a été un rêve ? Ou est-ce que ça a été de nouveau un stress ?
- Speaker #1
Alors effectivement, la vente de la société, on s'est fait racheter, ça redistribue les cartes. Tu dis bon bah ok, mais c'est quoi la suite ? C'est quoi la suite, ouais. Je pouvais me cacher un peu peut-être derrière Géopixel, parce que c'est vrai que c'était quand même la plus grosse société par rapport à Vestiaire Eponyme. Et là en fait, tu te dis bah maintenant c'est Vestiaire Eponyme et moi. Et pour le coup, VCR éponyme, c'est moi. Je suis toute seule à bord.
- Speaker #0
Et il y a plein de choses à faire en plus.
- Speaker #1
Il y a plein de choses à faire parce que mine de rien, quand on n'est pas à 100%, on prend du retard. En plus, pour le coup, le monde du do-it-yourself, de la couture a beaucoup évolué entre 2020 et post-Covid. Post-Covid, exactement. Donc, j'ai conscience aussi d'avoir pas mal de retard sur certaines hautes créatrices. Avoir du retard aussi sur ce que moi, j'aimerais mettre en place. Donc voilà, effectivement, 2024, je me dis que c'est le moment de tout donner. Et certes, ça me fait peur, mais en fait, je me dis qu'il ne faut pas vivre dans le regret. Je n'ai pas d'excuses en soi pour ne pas m'y donner corps et âme. J'y crois et je me dis qu'il n'y a plus qu'à. Si ce n'est que, pour le spécifier à ce moment-là, je suis enceinte. et du coup c'est vrai que c'est une année aussi très challengeante c'est ça parce que c'est reconstruire même s'il y a une base solide chez Vestiaire Eponyme mais c'est cette fois s'armer pour que Vestiaire Eponyme devienne une marque en tant que telle Et au milieu, il y a un petit bout qui arrive, donc ça n'aide pas à te donner à 200% toute l'année.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Et comment se passe cette année 100% avec Vestiaire Eponyme ? Est-ce qu'il y a eu des choses que tu avais sous-estimées, le fait d'être à 100% à la tête de Vestiaire Eponyme ?
- Speaker #1
Personnellement, je trouve que j'ai trop travaillé. Dans mon schéma à moi, de me dire l'équilibre vie personnelle, vie pro, qui est primordial, là, c'était, à mon sens, pas équilibré. Parce qu'aujourd'hui, j'ai deux enfants en bas âge. Et pour moi, c'est inconcevable de les sacrifier ou de ne pas les voir. Et c'est vrai que là, j'avais un peu sous-estimé de me dire que Vestiaire éponyme, c'est Marion. Et si je ne suis pas là, rien ne se passe. Je prends du retard. Donc, c'est un peu le serpent qui se mord la queue de vouloir toujours faire. Et en même temps, tu ne peux pas tout faire. Et j'accepte que ça ne puisse pas être parfait tout le temps. Je sais que je fais du mieux que je peux. Et en fait, se mettre trop de pression, ce serait contre-productif à mon sens. Parce qu'en fait, tu n'es plus focus sur ce que tu fais. Donc voilà, j'ai essayé de prioriser cette année les choses à faire. Mais c'est vrai que j'avais complètement sous-estimé le fait que j'étais toute seule. Et que c'était finalement une entreprise en phase de lancement. Donc aujourd'hui, je ne peux pas... Je ne peux pas embaucher, recruter quelqu'un pour m'aider, alors que forcément, si j'avais quelqu'un pour m'aider, je pense que ça irait mieux.
- Speaker #0
Et en vrai, en 2025, tu as fait déjà beaucoup de choses, parce que tu as fait le salon. Tu as aussi lancé les patrons de couture personnalisés. En fait, tu as déjà fait beaucoup de choses. En 2025, tu as fait déjà beaucoup plus que la moitié du commun des mortels.
- Speaker #1
Oui, franchement, je suis ravie de mon année 2025, puisque c'est vrai que je m'étais dit que je voulais absolument participer au plus grand salon. Je crois que c'est le plus grand salon européen. du Do It Yourself à Paris qui a été un succès franchement je suis ravie je m'étais dit j'y vais pas avec des attentes justement parce qu'on sait jamais trop comment ça va se passer mais franchement je suis vraiment ravie je me suis donnée pour faire en sorte que cette année soit un peu quand même pour me prouver en fait que il y a une histoire plus c'est de se dire c'est une année charnière pour voir si Vestiaire Eponyme peut vivre ou si en fait c'est finalement qu'un sujet passion Parce que jusqu'à présent, c'est vrai que c'était en parallèle d'une autre société. Et que, à l'état actuel, avant 2025, je n'aurais pas pu vivre de vestiaire éponyme. Donc là, il n'y avait plus que vestiaire éponyme. Donc c'était de se dire, j'ai eu la chance avec la vente de pouvoir m'accorder une année où ce n'est pas grave si je me foire. Mais par contre, il fallait qu'au terme de cette année, il y ait des conclusions que je puisse tirer. De me dire, est-ce que je continue ou est-ce que je ne continue pas ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que cette période vestiaire et éponyme t'a appris sur l'entrepreneuriat réel ? Alors, déjà,
- Speaker #1
qu'il faut être patient. Ça, je le sais. D'ailleurs, tu me le répètes toi-même assez souvent. Quand on met une stratégie en place, il faut... Trois mois. Voilà, exactement. Et il faut accepter qu'il y ait du temps. Il ne faut pas... Voilà. Il ne faut pas se dire, on met un truc en place, ça ne mord pas, je change, tout ça. Et c'est vrai que des fois, ce n'est pas naturel. parce que quand on met quelque chose en... en place, on se dit ça va être incroyable, ça va être génial. Et puis quand tu vois pas les retours escomptés de suite, tu te dis mince, j'ai foiré quelque chose quelque part. Donc ça, c'est essayer d'avoir vraiment un oeil critique sur ce qu'on fait. L'organisation, le fait d'être toute seule, en fait, c'est vraiment je pense que c'est pareil, ça c'est quelque chose où on est On n'est pas préparé, il y a le côté tout beau de l'entrepreneuriat, on est à son compte, on fait ce qu'on veut.
- Speaker #0
C'est ce qu'on voit ça.
- Speaker #1
Voilà exactement, il y a la phase paillette qu'on voit, mais en fait la réalité des choses c'est aussi qu'on est tout seul sur tous les fronts, des fronts qu'on n'aime pas.
- Speaker #0
Comment tu vois la suite pour Vestiaire Eponyme ?
- Speaker #1
Alors la suite pour Vestiaire Eponyme, il y aurait eu un avant et un après entre guillemets, puisque du coup vraiment le bilan de l'année 2025 est super positif. Si ce n'est que j'ai aussi énormément appris sur le marché, sur... sur ce qui fonctionnait, ce qui ne fonctionnait pas, ce qui était suffisant, ce qui n'était pas suffisant. Aujourd'hui, pour moi, vendre simplement des patrons de couture, ça ne suffit plus. Le marché a énormément évolué, il y a énormément de concurrence, il y a énormément de patrons gratuits. Maintenant aussi avec Internet, avec l'IA, il y a beaucoup de choses qui se font et qui nous concurrencent malgré nous. Donc au final, le patron de couture qui est un produit quand même très peu cher de base et en fait qui demande énormément de travail. avec aussi une exigence de plus en plus haute de la part des clientes, ce qui est super, mais du coup, beaucoup plus de travail de notre côté. En fait, ça ne suffit pas à faire une entreprise viable. Donc, si en tout cas, je veux que ça continue, il faut que je le fasse différemment. Et ça, c'est aussi une clé pour le coup de l'entrepreneuriat. C'est qu'on arrive avec nos idées, ce qu'on veut, ce qu'on imagine, etc. Mais en fait, ce n'est pas un long fleuve tranquille. Il faut accepter que... Ce qu'on avait imaginé, ce ne sera pas la réalité.
- Speaker #0
Et du coup, 2026 va écrire une toute nouvelle histoire.
- Speaker #1
Exactement. Donc, Vestiaire Eponyme va perdurer. Mais ma vie entrepreneuriale n'est pas un long fleuve tranquille, puisqu'effectivement, avec la vente de la société, on a, en parallèle de Vestiaire Eponyme, mais sur une petite partie, on va dire, je travaille avec mon mari dans l'immobilier, donc dans plus ce qui est marchande bien, c'est-à-dire qu'on achète, on rénove. Et on revend. Et en fait, c'est vrai que cette partie-là aussi, en 2025, a pris beaucoup d'ampleur. On a rencontré beaucoup de personnes dans le domaine et les relations font naître des nouveaux projets. Et effectivement, du coup, en 2025, fin d'année 2025, j'ai lancé, avec trois autres associés, une agence IMO, Osta, qu'on veut vraiment en rupture, encore une fois, de ce qui existe parce que du coup... Pour la petite genèse, en gros, notre casquette marchande bien nous a fait nous confronter au secteur de l'immobilier où on a été assez échaudé, assez déçu de certaines relations qu'on a pu avoir avec des agences puisqu'on vend via des agences après nos biens. Et voilà, on s'est dit en fait...
- Speaker #0
Pour réinventer le marché.
- Speaker #1
Pour réinventer certaines choses, il faut mettre un coup de pied dans la fourmilière. On n'a pas du tout... C'est une profession qui est très réglementée et qui est un peu embourbée dans ses codes, etc. Et en fait, même aujourd'hui, les agents immobiliers, on ne les aime pas. On n'a pas bonne presse. Et en fait, on trouve qu'il faut arrêter.
- Speaker #0
Il faut mettre un coup de pied dans la fourmilière. Il faut réinventer les choses.
- Speaker #1
Un coup de pied dans la fourmilière.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
une nouvelle page entrepreneuriale prend vie fin 2025.
- Speaker #0
Est-ce que changer de milieu aussi radicalement, ça te fait peur ?
- Speaker #1
Alors oui et non. C'est vrai que là, encore une fois, les relations font que. Et l'opportunité, le projet dont on parle, qu'on a envie de mettre en place. ça me fait vibrer aussi en fait.
- Speaker #0
Oui, parce que vous êtes aussi plusieurs cerveaux et donc il y a aussi l'énergie de groupe qui doit être stimulante.
- Speaker #1
Exactement. En gros, là, c'est vrai que moi, ce que j'attends de Hosta, qui est donc notre agence, on va être quatre, donc voilà, travailler ensemble, l'émulation de groupe. Mais en fait, ce que j'apprécie vraiment, c'est que finalement, je retrouve aussi une expertise. Je suis associée, mais on a chacun aussi notre expertise, notre domaine d'expertise propre. Et en fait, je trouve que je peux beaucoup plus me donner. là où j'ai de la valeur ajoutée. Et peut-être aussi, du coup, me permettre de me recentrer avec Vestiaire Eponyme sur ce qui marche vraiment. Et aussi sur retrouver le côté passion que je peux avoir de la couture. Puisque cette année, ça a été une année tunnel couture, mais sans le côté passion. C'était vraiment le côté boulot.
- Speaker #0
Comment tu gères ta casquette d'entrepreneur hyperactive et ta vie de maman ?
- Speaker #1
En fait, finalement, c'est vrai que je trouve que le fait d'être à son compte, permet aussi d'être là pour ta vie de famille.
- Speaker #0
D'être un peu plus flexible.
- Speaker #1
Des fois, je me dis, comment font les gens dans le salariat quand je vois tous les aléas que les enfants peuvent provoquer, entre guillemets, mais entre les maladies, les absences, de la nounou, des maîtresses, etc. Donc, c'est vrai que finalement, le fait d'être à mon compte me permet de mettre ça de côté, de me dire, en fait, même si forcément des fois je me dis non c'est pas la semaine il ne faut pas qu'il y ait de maladie cette semaine parce que j'ai des grosses échéances mais au moins j'ai le cerveau qui est en off sur cette partie je me dis si il faut je peux être là après encore une fois c'est vrai que c'est ma vision des choses j'essaie vraiment de scinder la partie pro et perso c'est pas facile parce que quand on est à notre compte il n'y a pas de bouton on off même si dans le salariat ça peut être pareil mais on peut avoir un peu plus de distance de se dire bon en vrai Adios. je ne vis pas ma vie. Il faut arriver en tout cas à avoir cette distance-là de se dire je ne joue pas ma vie pour le travail.
- Speaker #0
Justement, qu'est-ce que tu fais quand tu doutes ? Je pleure. Alors ça, ça ne m'étonnerait pas vu qu'elle est hyper émotive. Mais qu'est-ce que tu fais quand tu doutes ?
- Speaker #1
Alors, je t'appelle. Non, pour le coup, c'est un peu vrai. Je parle beaucoup. Je parle aux personnes qui sont pour moi vraiment mes oreilles. Enfin, pas mes oreilles.
- Speaker #0
Une oreille est entière.
- Speaker #1
C'est effectivement mon mari qui est entrepreneur aussi et avec qui j'échange de tout et il me soutient dans tout ce que je fais. Dès que j'ai une idée ou pas, il va être aussi critique. Et pour le coup, toi. Parce que je sais que quand j'ai un moment de doute, tu me diras si oui, c'est justifié. Effectivement, ce n'est pas la bonne... Ou au contraire, de me dire...
- Speaker #0
Oui, je serais honnête, mais je serais honnête. Et donc,
- Speaker #1
c'est vrai que moi, et tout le monde a des moments de doute, et moi, la première, je t'écris quand même souvent, mais oui, c'est parler, partager, il ne faut pas rester dans... Surtout quand on est solo, parce que c'est très facile de tout seul se brider, de faire des choses parce que ce n'est pas la bonne idée.
- Speaker #0
Et puis de tomber dans un cercle un peu genre mes idées en boucle dans ma tête. Aujourd'hui, tu définis comment la réussite ?
- Speaker #1
Pour moi, la réussite, c'est plus un équilibre, un bien-être. Je suis... Je n'ai jamais été quelqu'un de carriériste. Je me rappelle en école de commerce, il y avait tout le monde qui parlait d'aller dans tel grand groupe, être à la tête de L'Oréal, bref, des choses. Je ne me suis jamais retrouvée là-dedans. Et d'ailleurs, déjà, je disais la casquette de moi, j'aurai ma société. Je ne sais pas de quoi, mais voilà. Et moi, la réussite, c'est d'être épanouie. Je veux avoir mon équilibre pro-perso. Je veux m'éclater au boulot parce que mine de rien, on y passe 75 % de notre temps. Donc, voilà, c'est d'avoir un équilibre dans ce qu'on entreprend et du coup, d'être heureux. Est-ce que tu as arrêté de vouloir te prouver quelque chose ? Oui. Oui ? Oui, ça y est, je pense que j'ai arrêté de me dire en tout cas que je n'étais pas à ma place. En fait, si on veut... On est partout à sa place. Exactement.
- Speaker #0
C'est du moment où on le décide.
- Speaker #1
Je pense que c'est vrai que là, face à ton micro, je le réalise, mais je laisse un... Le syndrome de l'imposteur est un peu plus loin derrière moi. En fait, j'ai réalisé en allant, entre guillemets, un peu l'expérience, mais en allant à la rencontre des gens, qu'en fait, on n'a pas besoin d'être toujours plus en couture. En fait, je donne des cours aussi. Et en fait, je me rends compte que j'apprends des choses aux gens qui ne savent pas coudre des cours d'initiation. Et j'arrive à leur apporter des choses. Là, aujourd'hui, vraiment, pour l'agence IMO, on a vraiment envie d'apporter une expérience différente. Et je sais que je peux apporter des pierres à l'édifice. Je sais qu'on peut, en tout cas, faire les choses différemment. Donc, je ne suis pas un imposteur. Ce que je dis,
- Speaker #0
que je fais, je le fais du mieux que je peux. Et voilà. Marion, on arrive sur la dernière partie de cette interview. Donc, on va sur un petit jeu. Question-réponse spontanée, d'accord ? Paris ou hier ? Hier. Sécurité ou liberté ? Liberté. Projet passion ou projet rentable ? Projet passion ? Une femme qui t'inspire, connue ou pas ? Toi ? Oh t'es trop mignonne. Une peur encore présente ? L'échec ? Si tu pouvais déléguer une seule tâche à vie, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
La gestion de mes mails et de mes messages.
- Speaker #0
Ce que tu fais mieux qu'avant ?
- Speaker #1
Ma gestion du stress.
- Speaker #0
Un lieu dans lequel tu aimes aller te ressourcer ?
- Speaker #1
Le sentier du littoral à Gien.
- Speaker #0
Justement comme tu es de hier, ton resto préféré à hier ? Le Noé à Gien. Un de tes rêves pas encore réalisés ?
- Speaker #1
J'aimerais partir en trek assez long au Ladakh.
- Speaker #0
Si tu devais résumer ton parcours en un mot ?
- Speaker #1
Montagne russe.
- Speaker #0
Et enfin, dernière question, quelle est l'entrepreneuse que tu aimerais voir au micro de La Toulonnaise ? Toi. Marion, merci beaucoup d'être venue au micro de La Toulonnaise. Ça veut dire beaucoup pour moi que tu sois là et je te remercie infiniment.
- Speaker #1
Merci et je ne sais pas si je dois dire quelque chose là, mais c'est incroyable ce format. Il est tellement inspirant pour toutes les femmes comme nous qui entreprennent. qui doutons ou qui cherchons d'inspiration. Donc merci vraiment à toi pour ce format incroyable.
- Speaker #0
Merci beaucoup.