- Speaker #0
On peut réussir, avoir un beau poste, des responsabilités jeunes, un salaire confortable, et pourtant, ne pas être à sa place. Audrey Ausha toutes les cases, manager à 25 ans, carrière lancée, reconnaissance, mais à l'intérieur, quelque chose grinçait. Puis la vie a appuyé sur pause, un congé maternité, une sanction disciplinaire, une rupture des ligaments croisés. Quand le corps parle, parfois, il faut l'écouter. Alors Audrey a fait un choix que peu osent faire, quitter la sécurité pour ouvrir son propre studio. Un lieu hybride qui lie sport et bien-être, avec des crédits, des charges et deux enfants. Ouvrir un studio sans être coach, remplacer un patron par des responsabilités financières, transformer une intuition en business model. Dans cet épisode, on parle d'alignement, de pression, d'argent, de syndrome de l'imposteur et du vrai prix de la liberté. Salut Audrey !
- Speaker #1
Salut Alizé !
- Speaker #0
Je suis super contente de t'avoir parce que ça faisait longtemps qu'on se tournait autour sur Instagram et enfin on a réussi à croiser nos plannings donc je suis trop contente de t'avoir.
- Speaker #1
Mais pareil, depuis le temps que je voulais te rencontrer en vrai, ça y est on y est !
- Speaker #0
C'est chose faite ! Alors Audrey, pour commencer, est-ce que tu veux bien te présenter en nous donnant ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer à ton compte, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Alors Audrey, 37 ans, je suis jeune maman de deux enfants qui ont 7 et 3 ans. Avant, j'étais directrice communication pendant une dizaine d'années dans des grosses infrastructures locales du type chambre de commerce, les ports, vartourisme, enfin bref, de grosses institutions. Et aujourd'hui, je suis chef d'entreprise. Ça fait maintenant presque un an que j'ai ouvert le studio Baya qui se situe à Toulon.
- Speaker #0
Alors, tu m'as dit en off que tu as fait effectivement de belles études, de beaux postes, des responsabilités que tu as eues suffisamment jeune.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Comment tu vis ce moment-là d'être propulsée, d'avoir des responsabilités hyper jeune ? Est-ce que ça te met en mode warrior ? Est-ce que tu avais des choses à prouver dans ce poste-là ?
- Speaker #1
Alors effectivement, ce n'était pas facile parce que quand tu arrives à 23 ans sur le marché du travail et que deux ans après, à 25 ans, tu passes sur un poste à responsabilité où tu as d'emblée une dizaine de personnes à gérer, c'est un vrai challenge personnel. Et c'est surtout qu'à cette époque-là, tu ne te connais pas encore vraiment personnellement qui tu es. Et comment tu vas faire pour manager des équipes ? Parce que ça reste tout nouveau. Heureusement pour moi, à l'époque, j'ai été super bien accompagnée par la direction. Et à côté de ça, j'ai toujours été une challengeuse. J'ai toujours voulu aller plus loin dans tout ce que je faisais, tout ce que j'entreprenais. Et pour moi, c'était une sorte de suite logique. C'était évident, en fait. Je voyais ce que les autres autour de moi faisaient. Je me disais, mais s'ils font ça, je suis largement capable de faire soit l'équivalent, soit même encore mieux. Donc, ça m'a donné des billes pour la suite. Et c'est comme ça que je me suis lancée dans l'aventure. Deux managers, assez tôt.
- Speaker #0
Et tu as toujours eu confiance en toi comme ça ?
- Speaker #1
Pas du tout. Mais alors, si tu savais, c'était catastrophique quand j'étais jeune. J'ai eu de gros, gros complexes quand j'étais plus jeune, que ce soit sur mon physique, sur les apparences. J'avais un gros manque de confiance en moi, mais alors total. Par rapport à mes amis, je n'étais pas la première de la classe. Enfin, tu vois, dans tout ce qui m'entourait autour de moi, je n'étais pas la meilleure dans les activités sportives. Je n'étais pas la meilleure. Enfin, vraiment, je manquais clairement d'assurance. Et en fait, on va dire que ça s'est estompé entre mes 20 et 25 ans, où j'ai commencé à beaucoup voyager. Et en fait, les voyages m'ont apporté une grande ouverture d'esprit aussi. Arrêter de me remettre en question, arrêter de me dire que je ne suis pas assez bien ou moins bien qu'eux. Et en fait, je me suis plus écoutée et je me suis laissée aller surtout. Et j'ai suivi mon instinct, qui fait que mon instinct m'a toujours emmenée vers de belles choses. Et depuis, je ne m'arrête plus.
- Speaker #0
Tu t'es toujours sentie ambitieuse ?
- Speaker #1
Oui. Ça, par contre, ça a toujours été présent depuis toute petite. J'ai toujours voulu me challenger. Je reprends un exemple. Quand j'avais une vingtaine d'années à peine, donc toujours dans ma phase où je me cherche, je ne me connais pas encore bien. Je me suis lancée sur une aventure entrepreneuriale déjà à l'époque où je suis partie faire le 4L Trophy. Alors, il fallait conduire une vieille voiture, donc retaper une voiture. Je ne savais absolument pas toucher à un véhicule à l'époque. Et pourtant, je suis partie au Maroc, j'ai fait, je crois que c'était pas loin de 12 000 kilomètres avec une amie. Et on est partie emmener des fournitures scolaires. Je n'avais que 20 ans. Et finalement, tu vois, j'ai toujours eu ce petit truc. Même dans le sport, j'ai fait des compétitions. Donc du coup, voilà, ce côté challenge qui a toujours fait partie de moi.
- Speaker #0
La com, ça a toujours été ton truc ? Ouais. Pour toi, c'était un chemin tout tracé ? Ouais,
- Speaker #1
ouais. Depuis très jeune, je savais que je voulais aller dans la com. Alors, oui et non. Je savais que je voulais faire des études, la com me plaisait, mais quand j'ai débuté mes études, mes parents me poussaient à faire des études de banque, parce qu'il y avait le côté sécuritaire sur l'aspect financier, si tu veux investir plus tard dans des maisons. Et en fait, je me suis vite rendue compte que ce n'était pas moi. Moi, j'étais plus sur un volet événementiel, communication, parler avec les gens, échanger, rendre les choses belles et surtout vendre quelque chose auprès des gens.
- Speaker #0
Tu te souviens quel style de salarié t'étais ?
- Speaker #1
Ouais, j'étais le genre à ne pas compter les heures, vraiment. En fait, tant qu'on me disait qu'il y avait des trucs à faire, je faisais. J'étais vraiment une sorte de machine de guerre quand j'étais jeune. J'avais une soif d'apprendre qui était énorme. Et je trouvais qu'à l'époque, quand j'ai commencé, j'étais toute seule, par exemple, dans le service communication. Je manquais de challenge ou d'échange avec d'autres personnes. Et c'est à ce moment-là que je me suis lancée dans une autre aventure. qui étaient les Startup Weekend, donc il y a une dizaine d'années sur Toulon. On a monté un groupe avec des anciens d'étudiants d'Angers Média, donc ils sont dans la com à Toulon. Et en gros, à ce moment-là, c'était une grosse, grosse opportunité qui a été lancée par Google de créer des événements dans l'entrepreneuriat pour pousser les gens à être entrepreneurs. Moi-même, j'étais salariée. L'entrepreneuriat, il y a dix ans, on n'en parlait pas comme on en parle aujourd'hui. Et du coup, je poussais les gens pendant deux ans de suite à monter des projets. à être à l'initiative d'idées complètement innovantes et du coup, à les accompagner dans leurs projets.
- Speaker #0
Ça t'a donné envie ou pas ?
- Speaker #1
Tellement !
- Speaker #0
Ah oui ? Donc il y a dix ans, tu avais déjà envie de ça ?
- Speaker #1
Il y a dix ans, je savais qu'un jour, j'allais monter ma boîte. J'ai créé plein de business models. Il y en a eu plein dans la com, dans l'événementiel, des plateformes, marketplace, bref, énormément de choses.
- Speaker #0
C'était très stimulant, j'imagine.
- Speaker #1
Exactement. Mais toujours cette crainte de me dire, allez, cette fois-ci, je me lance et qu'est-ce que je vais faire ? Quel va être le bon projet ? Sur quoi je vais pouvoir me financer et vivre dessus.
- Speaker #0
À quel moment tu te dis que le salariat, c'est ça y est là, que ce n'est plus pour toi ?
- Speaker #1
Au bout de dix ans. J'ai fait dix ans en tant que directrice communication, donc toujours dans les groupes de direction à échanger. C'était ultra intéressant parce que j'ai toujours été en contact de directeurs juridiques, administratifs, financiers, développement business, commercial, enfin bref. Une vision globale quoi. Oui. Et du coup, c'est ce qui m'a permis de prendre davantage confiance en moi parce que je pense qu'il me manquait ce que tu as, encore cette histoire de confiance. Et finalement, d'avoir énormément échangé avec ces gens-là, d'avoir acquis suffisamment d'expérience. Le jour où ça s'est vraiment plus bien passé en entreprise, parce qu'il y a eu plusieurs phases où ça ne s'est pas forcément bien passé. À chaque fois, en fait, quand tu es jeune et quand tu manages des équipes, c'est compliqué de gérer des gens qui sont soit plus vieux que toi, soit qui te voit arriver comme une arriviste, la petite jeunette qui débarque, mignonnette, et qui finalement, en fait, il va falloir se soumettre aux ordres, en gros, pour pouvoir travailler ensemble en équipe. Et ça a fait partie de grosses difficultés pour moi. En fait, j'avais toujours l'impression de devoir me survendre. Donc, de faire toujours plus d'heures, de travailler dix fois plus que les autres.
- Speaker #0
Tu avais tout ce qui a prouvé, quoi.
- Speaker #1
Pour montrer que j'avais toute ma place, en fait, sur ce poste-là. Et dans les derniers postes que j'ai eus, il y a eu aussi des retours avec des élus, des présidents de structures qui m'ont bien poussé à bout aussi dans des boîtes où je n'ai jamais rien lâché. Tu as beau me déstabiliser, je ne lâche rien pour le groupe, pour vraiment faire en sorte à ce qu'on reste soudé quand on a des projets, qu'on aille les développer jusqu'au bout. Et voilà, il a fallu qu'il se passe deux, trois mésaventures dans les boîtes pour me dire un jour stop. Et le stop, en fait, c'est carrément le corps qui a parlé. C'est là où je suis tombée au ski il y a deux ans et je me suis fait les ligaments croisés plus le ménisque. Donc là, le corps m'a clairement dit Audrey, ça ne va plus du tout. Et quand j'ai vu mon kiné juste avant les opérations, il m'a dit tu sais Audrey, ce que tu as eu comme accident, ce n'est pas anodin. En gros, les ligaments croisés et le ménisque, c'est qu'on est en train de te dire qu'il te faut une rupture dans ta vie.
- Speaker #0
Tu l'as vu comme un signe.
- Speaker #1
Tu l'as vu comme un signe. Il me dit, mais il y a des trucs qui ne vont pas dans ta vie. Je dis, ouais, au professionnel, ça ne va plus. Là, je n'y arrive plus, j'essaye d'avancer, mais je vois bien que ça ne marche pas. Et au final, il a été un peu comme un élément déclencheur. De moi-même, j'avais déjà entrepris une formation dans la sophrologie, dans le bien-être, parce que du coup, je sentais que j'avais besoin d'aller faire du bien aux autres pour finalement me soigner moi-même.
- Speaker #0
Tu disais à peine que tu as voulu te lancer et tu t'es arrêtée. Ça vient à quel moment, ça ?
- Speaker #1
Quand j'ai fait un burn-out dans une des structures où je travaillais dans le tourisme, on m'a bien poussée à bout jusqu'au dernier jour de travail, tu sais, avant ton arrêt maladie. Dernier jour de travail, je reçois une lettre recommandée chez moi me disant que je suis convoquée pour sanction disciplinaire.
- Speaker #0
Tu étais enceinte à ce moment-là ?
- Speaker #1
J'étais enceinte à deux doigts d'accoucher. J'étais à un mois et demi de mon accouchement.
- Speaker #0
Donc là, à ce moment-là, tu t'es dit, je ne peux pas y retourner, j'imagine.
- Speaker #1
Là, je suis brisée. Je suis brisée parce que j'ai vraiment tout donné pendant la phase où j'étais enceinte. J'ai tellement donné qu'on avait créé des super projets, des trucs énormes. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'ils n'ont pas voulu me remplacer pendant mon congé maternité. Et sauf que le congé maternité arrive, les gens avec qui je travaillais, j'avais des personnes qui étaient en alternance. Une autre personne qui est partie en burn-out aussi justement à cause de la même personne. Sauf que, en fait... Comme il n'y a plus personne dans l'équipe, je suis obligée d'annuler tous ces projets-là. On ne veut pas me remplacer, obligée d'annuler. Et là, je... Oui,
- Speaker #0
ça met à mal ton taf, en fait. Ça met à mal mon taf,
- Speaker #1
mais surtout, je prends des coups de pression au-dessus de moi en me disant que c'est inadmissible ma façon de me comporter et que c'est n'importe quoi de lâcher les projets comme ça.
- Speaker #0
Et donc, tu prends une sanction disciplinaire à ce moment-là ?
- Speaker #1
Je prends une sanction disciplinaire à ce moment-là.
- Speaker #0
Donc, j'imagine que tu accouches, tu profites de ton projet.
- Speaker #1
Avant d'accoucher, j'essaye de remettre du... bien en moi parce que clairement je n'allais pas bien du tout. Mais quand je te dis pas bien, j'étais...
- Speaker #0
C'est là que tu fais la formation de sophrologie ? Et en fait,
- Speaker #1
donc j'accouche et juste après avoir accouché, je pense que j'avais besoin en fait de soigner la femme qui était très blessée et je fais une formation de sophrologie pour réamener du positif en moi. Et à la suite de ça, je me dis, je ne reprendrai pas dans la com. Donc,
- Speaker #0
je... Tu t'es dit que ça pourrait être ton avantage en entrepreneuriat, elle pourrait commencer là.
- Speaker #1
Exactement. Et au final, les mois passent, la formation se termine. Je veux monter un cabinet, mais en fait, je veux encore plus gros. Je me dis, je ne veux pas être que sophrologue, je veux faire encore plus de choses. Et du coup, je veux monter une sorte de maison du bien-être où dedans, il y aurait une salle pour faire du yoga, du pilates. Il y aurait des professionnels du bien-être. Typiquement, ça peut être des ostéos, des sophrologues, des naturopathes. Enfin, voilà. Et... Et donc, je commence à me renseigner auprès de personnes qui ont ouvert des établissements comme ça un peu partout en France sur comment ils s'y sont pris, quelles sont les étapes à franchir. Enfin, vraiment un peu comme toi, tu vois, en mode podcast où je vais aller les interviewer. Et au final, j'ai eu beaucoup de retours en me disant, attention André, tu vas voir, c'est beaucoup d'investissements personnels. Tu vas passer ton temps à bosser et derrière, financièrement, tu ne vas pas te sortir un salaire tout de suite. alors que j'étais sur mes prévisionnels ça m'a mis une sorte de douche froide et je me suis dit mon dieu mais dans quoi je m'embarque faut pas que j'aille là dedans et j'ai pris peur et j'ai repostulé pour le premier poste qui est tombé sous mes yeux en me disant waouh génial il y a un super poste à deux pas de la maison en
- Speaker #0
plus au niveau de ce que j'aime donc je repostule d'accord donc tu laisses ce projet derrière toi et tu dis que c'est pas le moment sauf qu'au final la blessure arrive 6 mois après
- Speaker #1
sur ce nouveau travail. Ça ne se passait pas bien à nouveau dans ce travail. Donc, je pense qu'il y avait des choses un peu inachevées au fond de moi que je voulais faire dans l'entrepreneuriat. Je ne suis pas allée au bout. Les équipes, ça ne se passait pas non plus super bien. Alors, je m'entendais de façon très bien avec la direction, mais les équipes en interne, c'était un peu complexe. Et la chute de ce qui arrive, et là, mon corps me dit stop.
- Speaker #0
Oui, en fait, c'était juste le signe. En plus que tu n'avais pas voulu écouter huit mois auparavant.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Sauf que là, je n'avais plus le choix. Il fallait vraiment que je m'arrête.
- Speaker #0
Donc, tu t'es arrêtée.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et comment est l'idée du studio Bahia ?
- Speaker #1
Eh bien, écoute, je suis partie à New York avec mon chéri. À la base, c'était un voyage pour son anniversaire. D'ailleurs, j'ai eu ma demande en mariage là-bas. Et au final, je n'arrête pas de voir des studios de yoga, de pilates partout dans New York. Tu sais, j'ai l'impression que cette figure entrepreneuriale, elle est en train de bouillir à l'intérieur de moi. Et j'arrête. pas lui en parler. Je dis, regarde, c'est génial, vraiment, et tout. Et là, il me dit, mais pourquoi tu ne reprends pas ton projet là où tu t'en étais arrêté ? On revoit comment est-ce qu'on le module, de sorte à ce que ce soit réalisable. Et let's go, tu te lances. Tu n'as rien à perdre, en fait. Lance-toi, essaye d'aller pour une fois jusqu'au bout de tes rêves. Et si ça ne prend pas, ce n'est pas grave, au moins, tu auras essayé. Et je suis à peine rentrée de New York, j'étais déjà en train de bosser sur le projet.
- Speaker #0
Et en même temps, d'être soutenue, c'est hyper important. Parce que j'imagine que si ton conjoint ne t'avait pas soutenue à ce moment-là... Je ne me serais jamais lancée.
- Speaker #1
Tu ne serais jamais lancée.
- Speaker #0
Absolument pas. Tu savais à peu près ce que tu voulais ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que du coup, ce n'était pas vraiment une maison du bien-être comme tu l'avais pensé avec la sophrologie. C'était plus sport.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pourquoi le sport, c'est le fil rouge chez toi depuis toujours ?
- Speaker #1
Alors, j'ai toujours été très sportive. Étant plus jeune, au collège, quand on me demandait ce que je voulais faire, je disais toujours, je veux être prof de sport. Mais prof de sport, j'excellais dans le sport. Donc, il disait toujours, mais Audrey, tu serais parfaite pour être prof. prof de sport.
- Speaker #0
Mais c'est fou que t'aies pas eu crack de genre changer de chemin.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, à une époque, je me rappelle encore, on avait fait une réunion parents-profs avec mes parents. Alors mon père adorait aller voir la prof de sport parce qu'il savait qu'il allait recevoir plein d'éloges en disant « Votre fille, vraiment, c'est merveilleux ! » Et là, du coup, il lui dit « Ouais, ouais, même qu'elle veut être prof de sport plus tard ! » Donc, tu vois, il pensait limite lui faire plaisir. Et là, il lui dit « Oui, mais vous savez, Staps, c'est compliqué, il y a de plus en plus de monde, pas assez de postes, c'est pas aussi beau que ça n'en a l'air. » Alors vraiment, si elle a la possibilité, emmenez-la vers autre chose.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord.
- Speaker #1
Et ça serait un peu... Et donc chez ton père,
- Speaker #0
ça a été plutôt, fais de la finance ma fille. Alors que non, je vais faire de la com. Et puis du coup, l'idée du sport est restée derrière.
- Speaker #1
Ouais, je pense que dans le fond, comme j'ai toujours ma vie tourne autour du sport, c'était normal.
- Speaker #0
C'est quoi que tu as idéalisé dans le fait d'entreprendre ?
- Speaker #1
C'était vraiment d'avoir ces journées, de pouvoir les gérer comme on veut, faire quelque chose qu'on aime, qui a des valeurs qui nous ressemblent, et choisir les gens avec qui on travaille. Ça, c'était vraiment l'idéologie de base.
- Speaker #0
Ok. Puis là, à un moment, on t'a tapé sur l'épaule et on t'a dit « faux ! »
- Speaker #1
Exactement ! En fait, alors, tout ce que je viens de dire existe.
- Speaker #0
Existe, ouais, mais pas tout.
- Speaker #1
Mais en fait, on oublie toute l'énorme partie. Tu sais l'iceberg, ça c'est que le côté joli qui est petit. C'est le côté visible. tu as l'énorme partie qui est en dessous et qui est bien cachée, que personne ne te dit, c'est qu'au final, tu bosses seule. Donc, tu es seule constamment. Tu manques de personnes avec qui brainstormer, échanger, confronter des idées. Et ça, pour moi, ça a été très complexe parce que j'ai toujours travaillé en équipe. Et là, passer de l'équipe à rien... Alors, j'avais mon conjoint, heureusement. Mais ce n'est pas pareil. Et il me le répétait de temps en temps. C'est ta structure. Et au final... Il y a eu beaucoup de désillusions sur plein de choses. C'est déjà un projet à monter. Tu te dis que ça peut... Voilà, à partir du moment où tu as le projet, ça peut aller vite. Non, non, non. Ça met des mois et des mois avant de sortir.
- Speaker #0
Oui, avant de se construire. Déjà, ça se construit, j'imagine.
- Speaker #1
Donc, c'est très long. Et puis, il faut se faire accompagner. Moi, j'avais un énorme syndrome de l'imposteur. C'est-à-dire, je n'ai jamais monté de boîte. Comment je vais faire ? Par quel bout de pensée ? Tu l'as senti, ça ?
- Speaker #0
Tu as senti le syndrome de l'imposteur ?
- Speaker #1
C'est énorme. Donc, je me suis faite coacher par quelqu'un, par Mathilde. Du coup, une fille qui m'a énormément épaulée au tout début, je crois qu'elle a dû me coacher pendant six mois. Et donc, six mois a gommé déjà toutes ces craintes-là. Elle me dit « Non, non, Audrey, tu es capable. » Elle ne me l'a pas dit comme ça, mais on a travaillé dessus. Et après, il y a eu un énorme travail sur « Ok, par quoi je commence ? » Parce que c'est tellement colossal tout ce qu'il y a à faire que quand tu as été salariée, jamais on ne t'a appris un peu. Ah ben non,
- Speaker #0
bien sûr que non. Et du coup, tu dirais que Mathilde, elle, elle t'a... Elle t'a accompagnée avant de te lancer. Oui, totalement. Donc, tu as senti quand même le besoin d'être épaulée dans cette démarche-là d'entreprendre.
- Speaker #1
Oui, elle m'a aidée sur énormément de choses, sur les étapes, sur également des personnes. Elle m'a conseillé pas mal de personnes sur qui me tournaient aussi, des professionnels. Elle m'a aidée dans tout le prévisionnel, dans le business model, dans le lancement. Et après, c'est bon, j'étais partie.
- Speaker #0
Audrey, on parle rarement d'argent, mais là, du coup, on va quand même... aborder ce point qui est, je trouve, central dans ton business aujourd'hui et dans le fait de se lancer pour toutes les femmes qui veulent un lieu physique avec des investissements. Tu décides d'ouvrir du coup un lieu physique, ça veut dire crédit, travaux, charges fixes. T'avais réalisé ce que ça représentait vraiment au moment où tu t'es dit que tu voulais te lancer ?
- Speaker #1
Non. Non, je savais pas que ça allait être autant, mais je savais que ça allait être un certain coup quand même, étant donné que je partais de rien.
- Speaker #0
Ok, avec Mathilde, vous aviez fait un prévisionnel sur ce chose-là. Et comment tu t'es rencardée justement sur ce dont tu avais besoin, combien ça allait te coûter, si c'était finançable, pas finançable, tout ça ?
- Speaker #1
C'est ce qui a été la plus longue partie finalement, c'était la préparation en amont. D'autant plus que je n'étais pas coach sportive à ce moment-là. Je n'avais jamais géré de commerce. Donc vraiment, je ne me suis basée que sur moi-même et mes expériences. Mes expériences immobilières m'ont été quand même utiles parce que j'ai un chéri qui est beaucoup dans l'immobilier, j'ai des amis qui sont marchands de biens, donc j'avais quand même des notions immobilières et aussi au niveau des travaux, ce qui était possible et réalisable et à quel coût. Donc j'ai très vite su chiffrer cette partie-là. En revanche, je ne m'attendais pas à un chiffre aussi gros à sortir quand même pour un lancement.
- Speaker #0
Ça t'a fait peur ?
- Speaker #1
Ouais. Ouais, mais pour autant, j'ai foncé. Je ne me suis pas arrêtée.
- Speaker #0
Après, en soi, sur ton business plan, si ça passe, il n'y a pas de raison qu'il y ait de catastrophe. En fait, je trouve que tant que le projet est bien préparé en amont et que tu sais ce qui t'attend, si tu décides de le faire, mais normalement, tu le sais en amont tout ça. Comment on finance un projet pareil ?
- Speaker #1
Alors, clairement, pas toute seule. On est énormément accompagnés par plein de structures différentes. Dans un premier temps, je me suis rapprochée de Varinitiative, qui est une sorte de petit incubateur de chefs d'entreprise où tu peux obtenir des prêts à taux zéro. Tu n'as pas le choix en fait. Quand tu vas investir, tu es obligé d'avoir ces prêts-là. Je me suis faite accompagner aussi par une courtière professionnelle parce qu'on m'avait prévenu que vu les montants que je demandais à la banque, il ne fallait pas que je me présente toute seule. Il valait mieux que je passe par des professionnels qui allaient pouvoir m'aider à négocier des taux d'intérêt et aussi des garanties. Donc, je me suis faite accompagner par Crédit Pro, qui est une super team qui est à Toulon. Et ensuite, on est allé négocier auprès des banques ensemble avec un dossier qui avait été validé au préalable par tout un tas de jurys, d'experts comptables. de juriste et par Varinitiative aussi Varinitiative ça fait son poids oui mais pas que parce qu'en fait au delà de Varinitiative et au delà du courtier professionnel il faut aussi que tu apportes une grosse part d'argent toi-même.
- Speaker #0
Ah d'accord, donc en apport personnel.
- Speaker #1
Donc il fallait aussi avoir de très grosses réserves personnelles pour pouvoir monter un tel projet. Tu ne commences pas avec zéro euro, c'est impossible.
- Speaker #0
Les banques, elles t'ont suivi alors que tu n'étais pas coach. Comment tu as réussi à les embarquer ? Parce que c'était hyper, soit ambitieux, soit fou, je ne sais pas. Comment tu as fait ?
- Speaker #1
Alors c'était excellent parce qu'en fait, on en a énormément parlé avec les banques à chaque fois quand j'allais les voir. Quand j'arrivais au rendez-vous... Ils étaient très étonnés parce qu'en fait, ils ont toujours quelques informations en amont. Et donc, ils me voient débarquer et ils se disent, mais quelle toupée elle a celle-là de venir nous demander un prêt immobilier. Elle n'est pas coach, elle n'a pas de client. Donc, elle commence avec zéro client, pas de communauté, rien du tout. Et elle débarque avec l'envente de queue qui est colossale et comme si elle allait plier le game. Et du coup, en fait, je leur ai expliqué mon parcours professionnel qui les a... énormément rassurée de savoir que j'étais directrice justement sur un service communication pendant 10 ans. J'avais la tête bien faite, les épaules bien structurées. Ils prenaient conscience suivant les questions que j'avais pendant le rendez-vous, que je savais exactement là où je voulais aller. Et forcément, d'être dans la communication, on ne va pas se cacher, ça aide énormément quand on lance un projet. Parce qu'en fait, c'est par là que tu commences. Si tu veux aller chercher des clients, c'est par la communication. Donc j'avais tout un plan de com en tête. que j'ai mis du coup à bien.
- Speaker #0
Tu as acheté le local ? Non. Tu as acheté le lieu ? Non, je ne pouvais pas. C'était quoi le plus gros investissement du studio ?
- Speaker #1
Le plus gros investissement, c'était les travaux.
- Speaker #0
Ah ouais. Clairement,
- Speaker #1
parce que j'ai cassé trois murs à peu près. Donc, ça veut dire trois IPN à chaque fois, créer des douches. Mais ce n'est pas chez toi,
- Speaker #0
tu es en location.
- Speaker #1
Ouais, exactement. En gros, chercher un local qui était d'un peu plus de 120 mètres carrés. Dans le centre-ville de Toulon, c'est très complexe parce qu'en fait, tu as beaucoup de petites surfaces entre 50 et 80 mètres carrés. Et j'ai retourné la ville de Toulon, j'ai retourné tous mes contacts. Et au final, tout le monde m'a dit la même chose. Tu sais, Audrey, c'est compliqué. Et d'autres qui ont essayé de me faire peur, même des coachs sportifs à l'époque que j'avais contactés, qui m'avaient dit mais quelle folie d'aller dans le centre-ville de Toulon. Qu'est-ce qui te prend ? Parce qu'il n'y a pas de place de parking. Et moi, je leur ai tous dit mais attendez, ça fait dix ans que je travaille dans le centre-ville de Toulon, dix ans que je veux faire du sport et il n'y a rien.
- Speaker #0
Donc si ça ne change pas par mois,
- Speaker #1
ça ne changera jamais Donc je veux faire changer les choses Et il est hors de question que je parte Parce que tout le monde me conseillait d'aller dans des zones industrielles Je ne voulais absolument pas y aller
- Speaker #0
Combien ça coûte vraiment d'ouvrir un studio comme le tien ?
- Speaker #1
Ça coûte entre 100 et 150 000 euros Donc c'est un bel investissement
- Speaker #0
Alors j'ai une question Qui je pense va intéresser beaucoup de monde Tu étais salariée Avec un salaire confortable Comment on se retourne de Je gagne bien ma vie je vais me lancer et je ne vais rien gagner. Mais surtout, je vais avoir des crédits sur le nez.
- Speaker #1
C'est très complexe. Ça demande mûrement réflexion et ça demande vraiment de réfléchir en couple et en famille.
- Speaker #0
Oui, complètement. Donc,
- Speaker #1
ce qui s'est passé, c'est que la chance qu'on a eue dans mon projet, c'est que j'avais un très bon salaire, donc j'avais un bon chômage, ce qui m'a permis de me lancer dans l'entreprenariat. Sinon, je n'aurais pas eu ce salaire, je pense que je ne me serais jamais lancée. Parce que ça m'a permis d'économiser et de mettre beaucoup d'argent de côté. Et ça m'a permis d'avoir un bon chômage, donc de pouvoir créer cette société en parallèle. Et à côté de ça, on a investi dans l'immobilier pour faire du Airbnb, du locatif, un peu avant le démarrage de ma société, ce qui permettait également de compenser et de pallier mon salaire. Tu vois, si je n'arrivais pas à me faire un salaire tout de suite, ça apportait des finances, des ressources supplémentaires à la famille.
- Speaker #0
Donc tu veux dire que le studio Baya, si les premiers temps ne te rémunéraient pas, vous aviez quand même des rentrées d'argent suffisantes pour couvrir vos frais personnels.
- Speaker #1
Il fallait un backup.
- Speaker #0
Donc vous aviez quand même bien préparé.
- Speaker #1
Et on s'était renseigné auprès de la banque si on pouvait faire aussi une pause dans le crédit de la maison.
- Speaker #0
Le premier mois sans salaire, tu as ressenti quoi du coup ?
- Speaker #1
Je vais essayer encore il n'y a pas très longtemps. Je ne vais pas bien.
- Speaker #0
Ah ouais ? C'est vrai ?
- Speaker #1
En fait, jusqu'à présent, je touchais mon chômage jusqu'au mois de décembre. Donc, il n'y a encore pas très longtemps, il y a deux ou trois mois. Aujourd'hui, je n'ai plus de chômage et je ne me rémunère toujours pas, alors que ma société a été créée il y a février, mars, neuf mois. Donc, ce n'est pas facile, clairement. En revanche, il y a une opportunité qui est en train de se présenter en ce moment, c'est que je n'étais pas coach quand j'ai créé la société. Depuis le mois de septembre, donc... à peine six mois après l'ouverture, j'ai pu enfin passer, du coup, toutes mes qualifications, donc toutes mes formations pour le devenir, parce qu'en fait, initialement dans mon projet, je voulais... passer cette formation-là avant.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que j'avais tout demandé. C'était un souhait de base.
- Speaker #1
Sauf que je ne pouvais pas à cause de mon ménisque et de mes ligaments. Il fallait que je me remette. Donc, j'avais encore pas mal de séances de kiné avant de pouvoir entreprendre tout ça. Une fois que j'ai pu, donc au mois de septembre, je me suis enregistrée dans mes formations. Dans un premier temps, c'était vraiment pour pallier le plus rapidement possible au fait que quand mes coachs sont absentes, c'était très compliqué de trouver des remplaçants, surtout quand c'est sur le qui-vive, limite le jour pour le jour. Et au final, aujourd'hui, je le vois vraiment comme une opportunité pour me dégager un salaire. Donc, je vais pouvoir travailler et enfin récupérer un peu d'argent. Alors, ça ne va pas se faire tout de suite parce que comme tu l'as dit, il y a eu un crédit qui a été payé. Quand tu prends un crédit à la banque, On te fait une avance de TVA pour pouvoir anticiper ta trésorerie. Parce qu'il faut savoir que les premiers mois, tout le monde croit que c'est tout beau, tout rose par rapport aux réseaux sociaux. Mais les premiers mois, tu fais du négatif tous les jours. Parce que tes charges sont tellement colossales, tu n'arrives pas à faire autant de rentrées d'argent que tu le souhaiterais. Parce que forcément, c'est le temps de compliquer au niveau de ton entreprise qui vient d'exister, qui vient d'ouvrir. Donc il y a le temps du bouche à oreille, le temps de la com, le temps de tout. Et donc, pendant peut-être six mois, je te dirais que tu es en négatif. Et c'est seulement après où tu bascules en positif. Et même quand tu es en positif, on te rappelle et on te dit un an après. Oui,
- Speaker #0
on t'a fait un crédit là.
- Speaker #1
L'avance de TVA que je t'ai donnée, il va falloir la rembourser. Donc là, j'arrive à cette échéance-là. Le mois prochain, je dois rembourser un chiffre à cinq chiffres. Et normalement... Dans le courant de l'année, je vais pouvoir commencer à stabiliser.
- Speaker #0
On parle souvent de liberté entrepreneuriale, mais la vérité, c'est que tu troques ton patron pour des charges fixes. Comment tu vis avec cette pression permanente ?
- Speaker #1
C'est dur. Je ne vais pas le cacher, c'est super dur. C'est marrant parce que rien que dans mon entourage, tout le monde croit que c'est tout beau, tout rose, mes amis, de ce qu'ils voient sur les stories, sur Instagram, sur mon compte perso, ou même sur mon compte pro. Et moi, je me suis donné une sorte de guideline. qui est vraiment de diffuser même les informations qui ne vont pas. Parce que je trouve qu'on n'en parle pas assez.
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
Clairement, moi, j'avais toujours vu sur les réseaux sociaux que c'était dur la première année, les trois premières années, que tu bossais beaucoup, beaucoup. Ça, ok, je l'ai toujours vu. Ce qu'on ne m'a jamais dit, c'est d'une part la charge mentale, mais c'est surtout que ça ne s'arrête jamais dans ta tête. Jamais. Tu n'as jamais de pause. Tu rentres chez toi, tu penses à ça. La nuit, ça te réveille. Je ne calcule plus le nombre de nuits où j'ai passé à faire des insomnies entre 2h et 4h, voire même 6h du matin.
- Speaker #0
Et t'as quoi en tête pendant ces moments-là ? Tout.
- Speaker #1
Tout et rien à la fois. Ça peut être des broutilles.
- Speaker #0
Et en plus, c'est horrible parce que la nuit, tu vois tout noir. T'es en angoisse permanente. Tout est horrible la nuit.
- Speaker #1
Exactement. C'est pas des pensées positives. Donc du coup, tu vas penser à des broutilles. Tu vas penser à beaucoup les finances. On va pas se leurrer. Tu vas penser à ta to-do list, ta rallonge qui ne s'arrête plus et qui fait que se rajouter, Et en fait, le tout cumulé te réveille en pleine nuit et très complexe. Et tu ne parles pas non plus que les week-ends, alors que tu as tes enfants et ta famille, tu bosses encore. Que pendant tes vacances, tu n'as jamais de pause. Là, je suis allée au ski pendant une semaine. Ça faisait longtemps que je n'avais pas pris de vraies vacances. J'ai passé encore une à deux heures minimum par jour à travailler parce qu'il y avait toujours des trucs à faire.
- Speaker #0
Est-ce que tu culpabilises de ne pas être à 100% avec tes enfants ?
- Speaker #1
Oui, il y a plein de fois. Je suis avec mon téléphone à la maison, alors que pour une fois, je suis allée les chercher à l'école. Sauf que j'ai encore des urgences, soit des coachs, soit des clients, soit on m'appelle pour autre chose. Et franchement, j'essaye encore aujourd'hui de me structurer, de faire en sorte à décrocher le plus possible le téléphone. Mais j'ai un vrai sentiment de culpabilité quand je ne travaille pas. Alors peut-être parce que c'est encore la première année et qu'il y a énormément de choses à faire. Et quand tu es tout seul, franchement, c'est costaud. Mais ouais, c'est dur.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des moments où tu as regretté ton confort d'avant ?
- Speaker #1
Oui. Et tu sais à quoi j'ai pensé même ? À essayer de faire en sorte à ce que la société, elle tente toute seule et que je reprenne un boulot dans le salariat à côté pour me sortir un salaire et pour peut-être essayer de me dégager mentalement des trucs aussi.
- Speaker #0
Tu vas juste t'ajouter une charge mentale qui est le travail en plus de celle que tu as déjà. Parce qu'est-ce que ce serait faisable ça ? Que genre laisser la boîte au coach qui coache et puis...
- Speaker #1
Pas du tout. C'est impossible.
- Speaker #0
Si une femme écoute cet épisode et rêve de se lancer, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #1
D'aller au bout. Au bout de ses rêves, en fait, il ne faut pas avoir de regrets. On a toutes des craintes, c'est ok, c'est normal. On ne peut pas commencer un business en se disant je sais tout, je gère tout, je sais tout faire. C'est impossible. On a tous des phases de génie et des phases d'ombre dans l'entrepreneuriat. Il faut savoir se faire accompagner sur les phases où on est moins bon. Et surtout, aller au bout de ce qu'on a envie de créer. Parce qu'en fait, il n'y a personne qui va te pousser pour le faire. Donc, c'est vraiment à toi de te motiver. Et au pire, tu rates. Qu'est-ce qui se passe ? Rien. Tu t'es raté et ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que tu ne pourrais plus jamais être salariée aujourd'hui ?
- Speaker #1
Non, je pense que je pourrais l'être à nouveau. Ce n'est pas une problématique. Maintenant que je connais les deux, chacun a ses avantages et ses inconvénients. Et je pense qu'après, dans la vie, on ne sait jamais à quelle sauce on va être mangé. Donc peut-être qu'il va y avoir des retours dans ma vie qui vont faire qu'un jour, j'aurais peut-être besoin de retourner dans le salariat. Et je ne pense pas que ce soit une contrainte pour moi parce que j'y trouverais d'autres avantages à côté.
- Speaker #0
Qu'est-ce que personne ne t'avait dit sur l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
Que tu respirais moins bien, que tu dormais moins bien, que tu travaillais trop, mais qu'après, c'est des super belles rencontres.
- Speaker #0
C'est quoi ta plus grande fierté aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ma plus grande fierté ?
- Speaker #0
Pro, parce que tes enfants évidemment...
- Speaker #1
Oui, clairement c'est d'être allée au bout de ce que j'avais imaginé et de voir à quel point le studio est en train d'évoluer et de progresser et ça, ça me rend tellement fière.
- Speaker #0
Audrey, on arrive sur la dernière partie de l'épisode. On va faire un petit jeu questions-réponses, d'accord ?
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Le sport qui te définit le plus ?
- Speaker #1
Le pilates. Mais un pilates renfaux.
- Speaker #0
Le pays qui t'a le plus inspiré ?
- Speaker #1
New York. L'Amérique.
- Speaker #0
Le mot qui résume ton année d'ouverture ?
- Speaker #1
Challenge.
- Speaker #0
Le moment où tu as le plus pleuré dans cette aventure ?
- Speaker #1
Au tout début, 15 jours avant d'ouvrir mon studio, j'ai cru que je n'allais pas pouvoir l'ouvrir.
- Speaker #0
Ah ouais ? Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que du coup, il fallait des autorisations pour tout ce qui est établissement recevant du public. Et en fait, je devais donner de nouveaux papiers, sachant qu'on m'a dit que pour avoir les autorisations, c'était six mois. Sauf que j'ouvrais dans 15 jours. Et là, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Et ça s'est bien passé. Ça s'est bien passé.
- Speaker #0
Le moment où tu as le plus vibré.
- Speaker #1
Ou le moment où j'ai obtenu mon prêt à la banque.
- Speaker #0
Un truc que tu ne referais pas.
- Speaker #1
Ouvrir une salle sans être coach.
- Speaker #0
Ton passe-temps favori.
- Speaker #1
J'adore manger.
- Speaker #0
Justement, ton resto favori à Toulon ?
- Speaker #1
Le Manofika !
- Speaker #0
Une femme qui t'inspire, connue ou pas ?
- Speaker #1
Caroline Receveur.
- Speaker #0
Si tu pouvais déléguer une seule tâche à vie, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
La comptabilité !
- Speaker #0
Un de tes rêves pas encore réalisés ?
- Speaker #1
Partir à l'étranger avec les enfants pendant au moins un mois.
- Speaker #0
Un conseil financier concret à celles qui veulent ouvrir un lieu ?
- Speaker #1
Vraiment se faire accompagner par des experts comptables ou des coachs. N'y allez pas à vue comme ça sans savoir. Les chiffres sont trop importants.
- Speaker #0
Une peur que tu as encore aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ne pas me rémunérer.
- Speaker #0
Le plus beau compliment reçu au studio ?
- Speaker #1
Waouh, la déco est incroyable. Mais il y a eu aussi autre chose. C'est qu'on m'a dit, oh là là, mais tes cours sont incroyables aussi.
- Speaker #0
Ça doit faire plaisir quand même. Avec tout ce que t'en as chié pour devenir coach. Si le studio Baya devait être une île, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
Bali.
- Speaker #0
Et enfin, quel entrepreneur tu aimerais voir au micro de La Toulonnaise ?
- Speaker #1
Laura Mabille.
- Speaker #0
Très bien, je note. Elle est dans ma liste.
- Speaker #1
C'est une de mes meilleures amies.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Audrey, d'être venue nous partager toute ton aventure depuis près de deux ans maintenant. Je pense qu'il pourra vraiment inspirer des femmes. Et puis, merci aussi d'avoir été complètement transparente avec nous sur plein d'aspects qu'on voit moins souvent. Et en tout cas, je te souhaite une très, très belle réussite avec le studio Baya parce que tu le mérites amplement.
- Speaker #1
Merci Alizé et merci surtout d'avoir créé ce podcast, de rassembler toutes ces entrepreneuses tout l'honnest parce que même moi je découvre des super profils en ce moment et que ça dure.
- Speaker #0
Trop bien, merci beaucoup.