- Speaker #0
Et si, même quand tout semble cocher les bonnes cases, quelque chose en nous disait que ce n'est pas la bonne vie. Camille travaillait à Paris, dans l'univers des parfums Chloé. Un poste inspirant, une belle carrière sur le papier. Mais au fond d'elle, elle ne s'y retrouvait plus. Alors elle commence à dessiner, presque pour respirer. Et petit à petit, une idée prend forme. Quitter Paris, changer de vie, créer quelque chose qui lui ressemble vraiment. Aujourd'hui, Camille lance la Madrag Collection. Une marque inspirée du Sud, des années 60-70 et d'un besoin profond, celui d'être alignée. Dans cet épisode, on parle de déclic, de courage et de cette petite voix qu'on décide un jour d'écouter. Salut Camille, salut Alizé, merci de me recevoir. Je suis super contente de te recevoir à l'occasion de la sortie de ta nouvelle collection. Merci beaucoup. Coucou ! Alors, est-ce que tu veux bien commencer en nous donnant ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer à ton compte, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Alors, enchantée, moi c'est Camille, j'ai 27 ans. Avant de me lancer, j'étais chef de projet digital en marketing à Paris pour un groupe de parfums. Et je me suis lancée donc il y a un peu moins d'un an. En réalité, je faisais un petit peu ça en parallèle de mon travail au début. Et voilà. Et ce que tu fais aujourd'hui, du coup, j'ai créé ma marque de prêt-à-porter. pour femmes, qui sort en précommande dimanche. Ça s'appelle la Madrag Collection. C'est très inspiré du sud de la France, de la Provence. C'est une marque made in France. Je suis très fière de ce point-là. Et voilà, c'est pour les femmes solaires, libres, rayonnantes. C'est très coloré. C'est très inspiré aussi des années 60, des années 70, de Saint-Tropez. Donc voilà, j'ai trop hâte que tout le monde découvre la collection.
- Speaker #0
Camille, je crois savoir que tu n'es pas née à Toulon. Tu ne viens pas de Toulon. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi ?
- Speaker #1
Oui. Alors j'ai grandi en Normandie, effectivement, je ne suis pas toulonnaise et je ne sais même pas pourquoi depuis toujours je suis amoureuse du sud de la France parce que mes parents n'y venaient pas spécifiquement en vacances plus que ça, ils trouvaient qu'il faisait trop chaud, ils allaient plutôt vers la Vendée, l'Île d'Oléron, Noirmoutier, tout ça. Mais moi je fonctionne vraiment à l'énergie solaire et j'ai toujours été attirée par les endroits où il fait beau quasiment toute l'année. Et donc en grandissant, je suis beaucoup venue en vacances ici. J'ai rencontré mon chéri pendant mes études qui lui a une partie de sa famille Petit. magique, vu qu'il est du côté de Sanary et Toulon, donc on y est beaucoup venu aussi, et l'envie de m'y installer, de nous y installer, du coup, a grandi naturellement, en fait.
- Speaker #0
Avant de te lancer, du coup, tu m'as dit que tu travaillais comme chef de projet digital ? Ouais,
- Speaker #1
chef de projet digital à Paris.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux nous en dire plus ?
- Speaker #1
Je m'occupais des parfums Chloé. Donc toute la stratégie digitale, l'implémentation des campagnes, que ce soit pour les lancements de nouveaux parfums ou les campagnes d'animation, donc fêtes des mères, Noël, la Saint-Valentin, etc. Et c'est vrai que j'ai passé des très belles années dans cette boîte, j'avais des super collègues.
- Speaker #0
Est-ce que de travailler chez Chloé, c'était une fierté pour toi quand t'es rentrée là-bas ?
- Speaker #1
Ouais, carrément, carrément.
- Speaker #0
En plus,
- Speaker #1
c'est une marque que j'adore. Côté mode surtout parce que justement c'est une marque qui est bicorpe, qui a ce côté engagé Donc pour moi c'était une marque assez chouette et j'avais vraiment envie de travailler pour Chloé à la base Si je dois penser à la moi d'il y a quelques années en arrière, il y a peut-être allez 10 ans Travailler pour Chloé c'était vraiment un rêve Mais au fur et à mesure je me suis de moins en moins retrouvée dans mon travail, dans les missions Dans la reconnaissance qu'il y avait derrière, parce que c'est un milieu un peu spécial. Tu es à Paris, c'est que des nanas, c'est le luxe. Tu mélanges un peu tout le cocktail où parfois ce n'est pas hyper sain. La sororité, je trouvais qu'elle n'était pas vraiment présente. C'est plus en mode, je ne te dis pas tout. Voilà, je suis plutôt...
- Speaker #0
Un peu vicieux parfois.
- Speaker #1
Un peu vicieux parfois, exactement. Et donc, en fait, j'ai commencé à réfléchir à l'entrepreneuriat. Un peu comme un échappatoire à ce travail qui, au fur et à mesure du temps, des années, surtout sur la dernière année, commençait un peu à me décevoir. Et donc, j'ai commencé à dessiner, parce que moi je dessine à côté. J'ai toujours adoré la mode, j'ai toujours adoré comment s'habiller ma grand-mère, aller dans son grenier, regarder les pépites qu'il peut y avoir. Et donc, j'ai dessiné à côté, j'ai imaginé cette première collection et je me suis dit, un peu sur un coup de... de tête, viens, on fait un business plan, on regarde... Comment ça marche de lancer une marque ? Est-ce que ça pourrait me rapporter ? Est-ce qu'il y a des ateliers que je pourrais trouver pour produire cette collection en France ? Et du coup, je me suis renseignée, j'ai trouvé des ateliers. J'ai commencé à m'entourer aussi d'une modéliste parce que moi, je sais coudre, mais le but, ce n'était pas de faire une production de mes mains. J'avais vraiment envie de commencer avec un stock de départ parce que pour moi, fonctionner avec juste une pièce, prendre des photos et voir si ça part, ça te met dans une dynamique où si ça ne se vend pas, ce n'est pas grave. Alors que si tu as déjà lancé et mis de l'argent et que ça générait du stock, il faut bien que le stock parte. Donc ça te met dans une dynamique où il faut vendre, il faut trouver des moyens de découler le stock, de trouver tes clientes.
- Speaker #0
Est-ce que tu as douté avant de quitter ton poste, qui était quand même un poste un peu prestigieux ?
- Speaker #1
Oui, mais en fait, j'étais arrivée à un point où non, c'était vraiment un cri du cœur de partir. Donc je suis assez impulsive comme personne. Donc quand j'ai une idée en tête, je ne l'ai pas ailleurs. Donc je me suis dit non mais tant pis je vais démissionner Je vais tenter l'aventure, j'ai 27 ans Si je le fais pas maintenant je le ferai peut-être jamais Donc j'ai quitté mon poste J'ai dit à mon chéri il faut absolument que tu trouves un travail dans le sud Parce que là moi je veux trop qu'on parte et tout Parce que lui il travaille à Paris aussi Lui il travaille à Paris Et du coup moi je pense vraiment que ça doit arriver les planètes salines Parce que du coup il a trouvé un travail quasiment dans la foulée alors qu'il n'avait rien. Donc, c'était vraiment un coup de pocale. C'était pour tout. Et du coup, j'ai pu faire la demande de suivi de conjoint à France Travail pour avoir le chômage et donc avoir quand même un peu d'aide pour me lancer au début. Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Ce qui n'était pas du tout certain au moment où j'ai démissionné. Oui, ce n'était pas prévu. Oui, et puis même, il n'était pas du tout sûr. Ah ben oui, parce qu'ils avaient refusé ma rupture conventionnelle. Donc ouais, c'était un choix, mais franchement, j'en avais trop envie. Donc à ce moment-là, je ne doutais pas. Aujourd'hui, je doute plus parce que du coup, j'ai engagé des frais. Tous les jours, je me dis, mais est-ce que la collection, elle va plaire ? Forcément, quand tu fais de la gestion de projet, spécifiquement de produit, parce que j'ai vraiment un produit, j'ai toute une production, il y a des choses qui ne vont pas parfois. Il y a mon brodeur qui a fait des conneries sur certaines pièces, donc elles sont gâchées. Donc, ça fait... c'est de l'argent que je perds.
- Speaker #0
Tu m'as dit que tu avais commencé à dessiner. C'était comme un échappade fort pour toi. Ça veut dire que tu étais dans ton poste et sur ton temps libre, tu dessinais.
- Speaker #1
Le week-end, exactement.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu avais fait du dessin ? Est-ce que tout le monde peut dessiner ?
- Speaker #1
Je ne me prétends pas du tout être une pro du dessin. C'était plus des petits croquis de mode où je dessinais mes robes avec les bretelles croisées dans le dos, mes blouses avec le maxi colbateau, des petites fleurs. J'écrivais la madrague partout. En fait, je scrollais aussi beaucoup sur Pinterest, je commençais à me faire des petits tableaux et tout. Et je me suis dit, viens, un peu comme quand j'étais petite et que je jouais à la maison du style, là, tu vois. Je me dis, voilà, c'était mon petit échappatoire le week-end quand il ne faisait pas beau à Paris, parce que j'ai commencé à dessiner cette collection, je pense, au mois de février 2025, donc il y a un tout petit peu plus d'un an.
- Speaker #0
Est-ce que tu as l'impression de l'avoir idéalisé, ce moment-là, et de ne pas avoir pris en considération ? Tous les points, un peu, tu sais qu'on...
- Speaker #1
Un peu, peut-être, mais à la fois, je ne regrette tellement pas aujourd'hui. Et puis, j'avais un petit peu d'argent de côté que j'avais économisé pendant quelques années. Mon chéri, il a une bonne situation. J'avoue que forcément, ça rassure aussi. Après, il a quitté son travail, donc ça nous mettait dans un statut compliqué. Mais comme il a très vite eu une proposition... d'emploi, je me suis dit, bon bah ça va le faire.
- Speaker #0
Tu t'es sentie guidée en fait. Tu n'as pas senti de stress ? À ce moment-là,
- Speaker #1
c'était tellement un besoin de partir que je ne voyais pas du tout les aspects, le risque dans tout ça en fait.
- Speaker #0
Et du coup, début janvier, née ta marque, La Madrague.
- Speaker #1
Ouais, La Madrague Collection, officiellement.
- Speaker #0
Pourquoi ce nom ?
- Speaker #1
Pour moi, La Madrague, ça évoque tout de suite le sud. En fait... Je cherchais un nom pour cette marque, je n'avais pas du tout envie d'un nom éponyme avec mon prénom Camille ou quoi que ce soit. Et un jour, on se baladait à Saint-Cyr avec mon chéri, on voit le panneau La Madrague. Et je trouvais ça trop beau le fait que ce soit écrit en deux mots. Et pour moi, bien sûr, ça évoque la maison de Brigitte Bardot, La Madrague à Saint-Tropez. Et comme cette collection est très inspirée des années 60, de Saint-Tropez, du sud de la France, et ça veut dire, en fait, c'est des criques. Les madragues, c'est des petits ports. À la base, c'est un dispositif de pêche, mais moi, je n'aime pas trop dire ça comme ça. Mais en vrai, c'est des petits ports de pêcheurs. Il y en a une à Saint-Cyr, il y en a une à Hyères.
- Speaker #0
Comment tu définirais ton univers ?
- Speaker #1
solaire, provençal, méditerranéen, coloré.
- Speaker #0
Tu t'inspires beaucoup des années 70-70 et du Sud. C'est quoi qui t'attire dans toute cette esthétique-là ?
- Speaker #1
C'est les coupes. Je trouve que c'est vraiment magnifique la façon dont les femmes s'habillaient à cette époque-là. Bien sûr, j'essaie de moderniser, de mettre au goût du jour ces coupes-là. Typiquement, les robes, je ne les fais pas avec des jupes énormes comme on pouvait voir à l'époque. Je les rends beaucoup plus cohérentes avec notre époque actuelle. Mais les hauts, la manière dont c'est cintré aussi, j'adore quand les tenues sont marquées à la taille. Je trouve que c'est quelque chose qu'on ne retrouve plus trop aujourd'hui, en tout cas pas dans l'offre Made in France.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'habillais déjà dans ce style-là, toi, avant de créer ta marque ?
- Speaker #1
Oui, j'aimais beaucoup. Moi, j'aime bien les années 60, les années 70, même les années 80, tout ce qui est pâte d'œuf, col bateau, les rayures, les petits pois. C'était mon style déjà, à la base. Après, maintenant, vraiment en recherchant, en créant vraiment dans cet ADN et dans cette esthétique-là, je le suis encore plus.
- Speaker #0
Bien sûr, oui. Et tu avais facilité à trouver ?
- Speaker #1
C'est-à-dire ?
- Speaker #0
Des vêtements ? Ou tu as vraiment créé la marque dont tu rêvais ?
- Speaker #1
Oui, j'ai créé la marque dont je rêvais parce que les pièces, pour le coup, ne sont pas des copies de choses qui existent ailleurs. C'est vraiment... Moi, comment je procède ? par rapport à la création, c'est que je me fais d'abord un peu des tableaux Pinterest avec des vieux magazines. Je regarde beaucoup les vieux magazines de mode, justement, des années 60, des années 70. Les coupes, souvent, il y a des patrons qui sont dans ces vieux magazines où on retrouve un petit peu, justement, les découpes des vêtements, la manière dont ils sont construits. Après, je regarde aussi beaucoup d'images, d'inspiration, de motifs, etc. Je me fais des petits boards. Et après, je dessine, justement, ces fameux croquis. Ou quand j'ai tout imprimé, je reprends par exemple le col bateau d'une blouse que j'aime bien, mais avec la coupe d'une autre. Et donc, c'est comme ça que je construis des pièces qui sont uniques et sorties de mon imagination. Et puis après, le choix du tissu, il vient dans un deuxième temps où là, je vais beaucoup dans les petits marchés provençaux. Donc, j'ai du tissu qui vient du sud. C'est du tissu quasiment 100% français. Et puis également sur les sites de... de groupes qui s'occupent de revendre des tissus issus de stocks dormants, de grandes maisons, de hautes coutures. Donc j'ai une partie de la collection qui est réalisée à partir de tissus qui étaient là, qui dormaient, qui ne servaient plus, qui ont servi à des grandes maisons dans le passé. Et c'est des boîtes qui s'occupent de récupérer ces rouleaux dormants et de les mettre à disposition des marques, des créateurs. Et donc je scrolle comme ça sur les sites et quand j'ai des coups de cœur sur les tissus, je commande des échantillons, je regarde, je vois ce qui me plaît et ce qui m'inspire pour aller avec telle ou telle pièce.
- Speaker #0
et alors du coup tu dessines et après tu envoies ta modéliste alors ouais,
- Speaker #1
les étapes c'est je dessine, je fais une petite présentation pour ma modéliste où je lui explique vraiment comment je veux que les choses soient, parce que parfois mon dessin il est pas méga clair j'avoue, donc je lui explique, on s'appelle etc, on discute vraiment de la collection elle, l'avantage c'est qu'elle est vraiment et ça c'est super chouette Elle est passionnée aussi par ces époques-là. Donc, elle regarde les films. Avec attention et tout quoi. Elle aime beaucoup cet ADN-là, même pour elle, pour s'habiller. Elle se crée ses vêtements qui sont aussi pas mal inspirés des années 60-70. Et puis ensuite, ce qui se passe, c'est qu'elle va réaliser les toiles de cette collection. Donc là, c'est quand mes dessins vont commencer à prendre vie sur un tissu très peu onéreux, qui est un peu un tissu brouillon, une toile, juste pour voir le tomber. Donc là, je remonte à Paris pour essayer les premières toiles. On ajuste, on voit, parce que peut-être que sur le dessin, ça rendait comme ça. Mais en réalité, avec le corps, la façon dont on bouge, il faut quand même avoir un peu d'aisance. Ça va être plus ou moins confortable. Donc voilà, on ajuste. Généralement, il y a trois versions de toile. À la troisième toile, je valide. Et là, on passe au prototype. Donc là, elle me fait justement le vêtement dans un tissu choisi. Et puis après, une fois que tout est validé, elle va me livrer le patronage. Donc là, c'est ce qui va permettre après à l'atelier de production qui va fabriquer en plus grande série. Même si tout est relatif, je ne suis pas à des quantités de 1000 ou 2000 pièces. Et donc, l'atelier va récupérer ses patrons pour pouvoir couper. Et faire aussi la gradation dans toutes les tailles. Parce que la modélisme fait uniquement la taille... Bon là, on a travaillé sur du 38. La prochaine fois, on travaillera sur du 36. C'est juste une taille, en gros.
- Speaker #0
Du coup, cette collection, tu as fait le choix de la produire en France ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
C'était important pour toi ?
- Speaker #1
Hyper important. Mais c'est vrai que ce n'était pas une évidence au début. Maintenant, ça fait vraiment du sens par rapport à tout le fil rouge de la madraque. Le fait que ce soit inspiré des années 60 en France, à Saint-Tropez. Le fait que ce soit très provençal dans l'ADN, etc., ça ne faisait pas de sens au final de produire à l'étranger. Je trouvais qu'il y avait comme un trou dans le storytelling parce que j'ai tellement envie que ce soit des vêtements de qualité. que déjà j'avais envie de pouvoir suivre la prod de près. Et donc au fur et à mesure du coup de mon parcours de création de cette marque, je me suis fait accompagner par la chambre de commerce de Toulon. Et c'est là-bas qu'ils m'ont dit mais en fait pourquoi tu ne regardes pas en France ? Parce qu'à la base j'avais plutôt mon idée de produire en Europe. Soit au Portugal, soit en Italie. Et j'avais des tarifs qui étaient plus intéressants.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire. On sait que les tarifs dans l'Europe, au Portugal, en Italie, c'est quand même moins cher qu'en France.
- Speaker #1
Exactement. Mais je me suis dit, attends, c'est ta première collection. Tu vas envoyer de l'argent en Italie, au Portugal. Alors oui, tu vas y aller une fois, deux fois et tout, mais tu ne vas pas pouvoir y aller tous les quatre matins non plus par rapport aux frais d'avion, etc. Donc, tu vas faire confiance à quelqu'un sur place qui ne parle pas ta langue. où potentiellement il peut y avoir des problèmes d'incompréhension, etc. Tu n'as jamais travaillé dans le milieu de la mode. Je pense que c'est mieux que tu restes en France, déjà d'un point de vue praticité et suivi, pour pouvoir te déplacer plus facilement à l'atelier, échanger avec les couturiers, le responsable d'atelier et bien faire comprendre ce que tu veux. Puis en France, on a quand même ce savoir-faire que je trouve qu'on ne retrouve pas forcément dans notre pays, que j'avais envie de mettre en avant. Donc je me suis dit, en vrai, ça fait tellement de sens. Et donc, j'ai cherché un peu des ateliers partout, j'ai prospecté dans la région, j'ai prospecté à Paris. Puis finalement, mon choix s'est tourné plutôt vers Paris par rapport au prix et par rapport à la qualité aussi de fabrication, les retours que j'avais eus, etc.
- Speaker #0
On voit souvent le côté créatif lors du lancement d'une marque, mais beaucoup moins le reste. Qu'est-ce qui t'a le plus surprise, toi ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'on voit surtout le côté créatif. On met en avant sur les réseaux tout un ADN, toute une histoire, parce qu'on a envie que la marque ne soit pas juste une marque, mais que ça évoque le Sud, les vacances, être pieds nus sur la plage.
- Speaker #0
Et puis quand tu m'en parles, moi je te vois en train de dessiner, tu vois que tu as modélisé, tout est beau. Qu'est-ce qui t'a le plus surprise, toi, dans ce temps ?
- Speaker #1
Je m'y attendais parce que je me doutais qu'il y avait quand même des galères liées à la gestion de projet. Mais c'est vrai que ce n'est pas du tout tout rose tous les jours. Il y a beaucoup de fichiers Excel avec calculer ses marges, calculer ses coûts, être derrière son site Shopify qui plante toutes les deux secondes où tu modifies une ligne de code, le truc ne marche plus, il n'accepte pas que ça change. Donc voilà, ça va me prendre des heures, des journées entières. Ce n'est pas très créatif juste d'essayer de mettre en page trois lignes sur mon site. Mais puis aussi toutes les galères de gestion de projet avec l'atelier qui t'appellent, il y a un problème pour tel truc, il manque quelque chose. Les étiquettes, elles ont été mal posées. Ce n'est pas que de la créa, du kiff. Il y en a forcément, c'est très chouette. Mais il y a aussi beaucoup le côté, tu es un peu un pompier, tu éteins des feux.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un moment dans cette aventure où tu t'es dit, merde, je n'aurais pas dû faire ça ?
- Speaker #1
Oui. Surtout en ce moment, encore une fois, vraiment, j'ai l'impression d'être dans la pire période où je doute énormément. Je ne dors pas très bien la nuit. J'avoue, j'ai regardé les offres d'emploi déjà au moins quatre fois depuis que j'ai commencé. Et c'était surtout là plutôt vers la fin parce que je vois que certaines pièces plaisent beaucoup dans la collection. Je n'ai pas trop de retour sur d'autres. Comme j'ai ce petit souci avec les tailles, j'ai trop peur qu'il m'en reste sur les bras. Voilà, vraiment, je suis en pleine phase de doute, mais j'essaie de me canaliser, de me recentrer. Et heureusement, j'ai mon chéri qui m'aide beaucoup par rapport à ça et qui me dit non, mais t'inquiète pas, au pire, si tu stresses des 34, ce ne sera pas toute ta prod non plus. Tu vas quand même avoir des rentrées. On se posera la question au moment T. Mais là, pour l'instant, juste regarde, tu as déjà des demandes alors que tu n'as même pas lancé. Une chose après l'autre, déjà, sois fier de tout ce que tu as mis en place, d'avoir réussi à... à développer une collection en partant vraiment de rien pour le coup et sans aide de personne, juste avec toi qui allais chercher tes subventions et tes idées et d'essayer d'aller démarcher tes prestataires. Et nos stress, on verra plus tard. Il me dit, je suis là dans tous les cas, on n'est pas à la rue demain. Parce que moi, vraiment, je suis en mode de ne pas falloir qu'on déménage, qu'on prenne un truc plus petit et tout. Vraiment. Je commence à me poser mille questions alors que ce n'est même pas sorti. Mais après,
- Speaker #0
c'est hyper bien d'être encouragée, d'être soutenue. Ça, c'est hyper important.
- Speaker #1
Ça m'apaise et ça me redonne de la force et tout.
- Speaker #0
Les précommandes de la collection sortent dimanche.
- Speaker #1
Yes.
- Speaker #0
Comment tu te sens là ?
- Speaker #1
Un peu stressée, mais j'ai tellement hâte de connaître mes clientes. Parce qu'en fait, là, quand c'est la première collection... Je sais, j'ai les commentaires, j'ai mes amis qui me disent j'aime telle pièce. Même des personnes qui se sont abonnées que je ne connais pas, qui sont adorables, qui me suivent depuis que j'ai commencé à partager un peu les coulisses de ma marque. Franchement, j'ai une mini communauté, mais c'est des filles trop, trop, trop gentilles à chaque fois.
- Speaker #0
Et qui va grandir en plus.
- Speaker #1
Et qui va grandir, j'espère, avec que des chouettes nanas comme ça et des cool guys aussi. Et donc, à la fois, forcément, j'ai un peu peur. J'ai peur que le site ne marche pas, que les gens n'arrivent pas à commander ce qu'ils veulent, etc. Mais à la fois, je suis aussi méga excitée parce que ça va être la première fois que j'ai enfin des rentrées sur ce que j'ai créé. Et aussi, de voir quelles pièces plaisent le plus, quelles pièces peut-être plaisent un petit peu moins. qui sont mes clientes, où est-ce qu'elles vivent, quelle région, en France, à l'étranger, parce que j'ai ouvert sur le monde entier. J'ai vu que j'avais des visites des Etats-Unis, donc à tout moment, il y a des pièces qui partent aussi.
- Speaker #0
On te le souhaite en tout cas. Oui,
- Speaker #1
j'espère. Et quelle taille elles choisissent aussi. Ça va vraiment me permettre, ça va être un moment hyper décisif sur la suite de mon aventure entrepreneuriale pour tout jauger après.
- Speaker #0
Est-ce que tu as prévu aussi de le mettre en physique dans des magasins ? Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Alors, je suis revendue chez l'Alchimie Concept Store.
- Speaker #0
À Toulon, du coup, chez Lou.
- Speaker #1
Chez Lou, qu'on adore. Vraiment, elle est adorable. Elle m'a dit, je suis allée la voir. Du coup, moi, je l'ai rencontrée lors d'un événement avec Laura de Synergie Féminine, qui est super chouette nana aussi, que tu as interviewée. Et du coup, j'ai tout de suite crochet sur sa boutique. Je trouve qu'elle a des pièces magnifiques. et puis Il y a toute une ambiance, en fait, chez Lou. Complètement, c'est une âme. Oui, c'est ça. Il y a une âme dans cette boutique. Elle le dit elle-même. On s'y sent hyper bien. Moi, c'est vraiment ce que j'ai envie pour la Madrague, justement à l'opposé de ce qu'on peut imaginer de la mode à Paris, justement, où ça peut être hyper froid, où c'est les boutiques de luxe, où tu n'as pas envie de rentrer dans la boutique parce que tu te sens mal à l'aise et tout. Chez Lou, c'est tout l'inverse. Elle a des super belles marques haut de gamme. Mais pour autant, tu es là, elle te propose un café. Tu te sens vraiment comme chez une copine. Tu es à l'aise et tout. Et donc, je me suis dit, mais je vois trop la madrague être revendue chez elle. Et donc, je lui ai proposé. Et je lui ai dit, voilà, c'est quoi la com' que tu veux te prendre sur les pièces, revendre, en dépauvant ? Elle me fait, mais tu te lances, en fait. Moi, on m'a aidée quand j'ai commencé. Je ne te prends pas de commission, en fait. Elle est adorable. Elle me fait, tu nous déposes tes pièces. Tu m'amènes un portant. Et ce qui part, c'est pour toi. Adorable. J'étais trop touchée qu'elle me propose ça. Et donc, la collection sera disponible dans sa boutique tout l'été en fonction du stock que j'ai, des ventes, etc. Bon voilà, si tout part, il n'y aura pas beaucoup de pièces chez Lou. Mais j'espère en avoir quand même un petit peu pour que les clientes aient une pointe de vente physique où elles puissent essayer la collection, voir avant d'acheter. C'est hyper important pour moi. Et on fait également un événement de lancement le 17 avril chez elle. Justement, on va être inquiets à ce lancement. Parce que là, ce ne sera plus les précommandes, ce sera le début. Du lancement officiel, où là, à la fois chez Lou et sur le site, quand on commande, on reçoit sa pièce comme toute marque de prêt-à-porter en ligne, 4 à 5 jours après.
- Speaker #0
C'est quoi ta plus grande ambition avec la madrague ?
- Speaker #1
En fait, moi, j'ai envie de vivre de ce métier qui est ma passion, que j'adore, de dessiner, de créer des nouvelles collections, que ça se passe bien. Et voilà, c'est le principal pour moi.
- Speaker #0
Est-ce que tu te sens à ta place aujourd'hui à Toulon avec cette collection ?
- Speaker #1
Tout à fait à ma place. J'ai rencontré des filles super chouettes, des entrepreneuses, je me suis fait des copines. Au début, forcément, quand t'arrives dans une nouvelle ville, on avait du coup la famille de mon chéri, mais pas beaucoup de connaissances, un petit peu. Un petit peu pour démarrer, c'était déjà très bien. Mais voilà, ça a grossi un petit peu avec le temps. Et donc aujourd'hui, je me sens vraiment bien, bien entourée. J'adore vivre dans le sud. Franchement, on m'avait dit, ah, c'est pas pareil que Paris. Ah bah non, mais c'est mieux. Et voilà, j'adore la région, j'adore ce que Toulon devient, tous les petits concepts qui ouvrent, toutes les petites boutiques, aller me balader au Mourillon, voir la mer tous les week-ends. Enfin franchement,
- Speaker #0
le bonheur.
- Speaker #1
Ah le bonheur, moi je reviens en arrière pour rien au monde.
- Speaker #0
Camille, on arrive sur la dernière partie du podcast avec le petit jeu questions réponses. C'est parti. Une pièce de ta marque qui te représente à 100%.
- Speaker #1
Je dirais la blouse Catherine justement que je porte aujourd'hui, puisqu'elle a ce côté solaire. J'aime bien la coupe, elle est à la fois portable pour des occasions plus classes, pour tous les jours avec un jean. Elle est hyper versatile, élégante et colorée. Le moment où tu as failli tout t'envoyer balader ? Par rapport à la collection, là récemment, la nuit dernière, j'étais en plein doute. Ton passe-temps favori du moment ? Aller voir la mer. Une peur irrationnelle que tu as en ce moment ? Ben que ça marche pas, mais bon c'est peut-être rationnel, je sais ! Si ta marque était une chanson ? La Madrague de Brigitte Bardot ou... Comment ça s'appelle ? La chanson de Françoise Hardy ? C'est le temps de l'amour...
- Speaker #0
Ton endroit préféré à Toulon ?
- Speaker #1
Le Mourillon.
- Speaker #0
Ta pâtisserie préférée ? La tartelette aux framboises. Un rêve pas encore réalisé ?
- Speaker #1
Ouvrir une boutique, la madrague.
- Speaker #0
Ton resto préféré de Toulon ?
- Speaker #1
Mon resto préféré de Toulon, Manofika sur le port.
- Speaker #0
Ce que tu fais quand tu doutes ?
- Speaker #1
Quand je doute, j'essaye de me recentrer, d'éliminer les pensées négatives et de sortir maire et l'esprit, d'aller voir la mer encore une fois.
- Speaker #0
Si tu pouvais habiller une femme, connue ou pas, ce serait qui ?
- Speaker #1
J'ai tiré Laetitia Casta parce que j'aime beaucoup son style ce qu'elle représente et puis voilà c'est une fille du sud aussi
- Speaker #0
Le truc le plus galère que personne ne voit en lançant une marque ? Les galères de prod Si tu devais tout recommencer tu changes quoi ?
- Speaker #1
Faire attention aux coûts de départ surtout des pièces faire attention aux coûts de production par pièce moins me faire avoir par le fait que je sois une jeune marque
- Speaker #0
Paris ou Toulon ? Toulon La madraque dans 5 ans elle est où ?
- Speaker #1
La madraque elle est toujours à Toulon j'espère Et j'aimerais beaucoup avoir une boutique En centre-ville Peut-être d'autres Et potentiellement avoir Une boutique bureau J'avais ça en tête Moi aussi comme j'entreprends Je suis aussi chez moi seule Et donc d'avoir à la fois le côté Proximité avec ma clientèle Avoir une personne qui soit dans la boutique, disponible pour aiguiller les clientes, mais que je sois aussi là, derrière dans mon bureau, à travailler sur la partie marketing, etc. Mais que je puisse aussi, de temps en temps, aller les conseiller directement. J'aimerais beaucoup que ce soit un peu comme un espace showroom, boutique, bureau, à tout le haut.
- Speaker #0
Et enfin, quelle est l'entrepreneuse que tu aimerais voir au micro de la Toulonnaise ?
- Speaker #1
Je pense que ça pourrait être intéressant d'entendre Rachel Delmo. qui faisait des petits tirages de cartes et qui m'a l'air d'être une super entrepreneuse aussi avec un peu une double vie. Merci beaucoup Camille.
- Speaker #0
Merci Alizé. C'était trop bien d'être venue raconter toute ton expérience de lancement. On te souhaite évidemment énormément de succès avec le long printemps à Marc. On espère te revoir. Je te remercie beaucoup. Moi aussi. Et puis on se tient en courant de toute façon.
- Speaker #1
Ouais. Merci beaucoup. Merci à tous les deux.