- Speaker #0
La voie des femmes, quand les silences prennent enfin la parole.
- Speaker #1
Je suis Cindy Heiniger, journaliste. La voie des femmes, c'est un podcast fait par des femmes, pour des femmes. Pas un podcast de plus sur la femme moderne. Pas un guide en dix étapes vers le bonheur. Un espace vrai où l'on parle enfin de ce qu'on tait depuis trop longtemps. Bienvenue dans
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La Voie des Femmes.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et soyez les bienvenues dans ce nouvel épisode de La Voie des Femmes. Déjà j'aimerais vous remercier pour l'accueil que vous avez réservé au premier épisode. Aujourd'hui on va aborder un thème un petit peu plus léger, quoique sujet de parentalité aujourd'hui, avec une petite particularité, l'arrivée de jumeaux. C'est Maud qui va partager son témoignage avec nous. Pour débriefer son histoire, j'aurai le plaisir d'accueillir Nathalie Giroux qui est d'Oula en Valais. On va aborder avec elle toutes les thématiques autour de la petite enfance. Et puis c'est Sabrina Marty qui viendra compléter les informations. Sabrina est accompagnatrice de familles, de familles recomposées et de couples. Elle donne des astuces pour conserver le lien avec les enfants et les adolescents. On va donc décortiquer avec elle toutes les questions qui concernent l'adolescence.
- Speaker #0
La voie des femmes.
- Speaker #1
Maud est tombée enceinte au tout début d'une nouvelle relation. Elle nous livre son histoire avec beaucoup d'humour, mais aussi avec beaucoup d'authenticité sur les difficultés qu'elle a pu vivre.
- Speaker #2
J'ai déjà appris que j'étais enceinte tout court, ce qui était déjà une surprise en soi. Ensuite, je suis donc allée après mûre réflexion déjà de savoir qu'est-ce que je fais, si je gardais mes enfants, mon enfant ou pas, parce que l'instant n'était pas idéal. Pour finir, je me suis dit qu'on... Enfin, on s'est dit qu'on allait garder. Et là, j'ai été chez la gynéco. Qui nous a demandé si on avait des jumeaux dans notre famille ? J'ai dit oui, mais non. Oui, on en a, mais non, j'en veux pas. Et là, elle me dit, bon, on va passer à l'examen. On fait une échographie. Et l'échographie durée, Dans ma tête, je me suis dit, mince, il y a un problème. Ou bien mince ou pas mince, je sais pas. Et là... Elle tourne l'écran et elle me dit « Vous voyez ? » Et je lui dis « Oui ! » Et je dis « Oui ! » Et mon mari, il regardait l'écran et il disait « Moi, je ne vois pas. » Alors je lui dis « Par contre, il y en a un là et il y en a un autre là. » Et la gynécologue me demande si je suis heureuse. Et là, j'avais juste envie de refermer mes jambes sur sa tête et de lui demander si elle était heureuse aussi. Parce que non, c'était négatif. C'était une annonce choc. C'était trop stressant, en fait. C'était déjà pas prévu d'en avoir un. Et là, il y en a deux. Puis tout ce qui va avec, c'est toute l'infrastructure qu'il faut penser. Il faut penser à peut-être changer de voiture, à un appartement, est-ce qu'on a assez de place ? Il y a tout qui est remis en question, tout. C'est difficile. Alors la grossesse a été assez stressante, parce que du fait que je me suis séparée de mon ex-mari, donc il a fallu que... C'était récent avec mon mari actuel, donc il a fallu divorcer en vitesse, me remarier en vitesse, et tout ça en un assez court temps. Au fin de compte, on passe du moment qu'on l'apprend, enfin moi j'ai appris que j'étais enceinte de... assez tôt, mais j'ai fait les contrôles, et ça, j'étais déjà enceinte de presque 3 mois, les premiers contrôles, donc en fin de compte, il nous reste 6 mois pour faire ce qu'il reste à faire, donc c'était court, et quand même relativement stressant, parce que je travaillais, je savais qu'après, je devais mettre aussi ma carrière professionnelle en pause, parce que la crèche avec 3 enfants, parce qu'on est une plus grande, c'est un peu difficile, et Plus grand monde se propose et se tient à disposition pour garder surtout deux petits bébés. Donc je n'avais pas le choix. Donc je sais qu'il y avait plein de changements qui allaient en découler de toute cette venue. Donc c'est vrai que la grossesse ne s'est pas spécialement passée dans le calme et la sérénité. Et en plus, à la fin, j'ai eu des problèmes de santé. Donc ce qui a encore rajouté un stress supplémentaire. J'ai beaucoup été aidée et soutenue surtout. Heureusement. Déjà par mon mari, qui était lié aux anges d'accueillir des enfants. Bêtement mon ex-mari, parce qu'on s'entend très bien, et puis lui il était trop content aussi. Puis par ma famille, mes parents. Mes parents ça a été aussi un peu le choc, et puis ma soeur très enthousiaste, comme toujours. Et puis du côté à mon mari, aussi, c'était les premiers, les premiers petits-enfants qui arrivaient. Donc, c'était... Ayant eu l'expérience d'une première grossesse où il n'y en avait qu'une qui n'était pas toute petite, mais le poids ! Soyons honnêtes ! Bon sang, ce que ça change ! Je me sentais comme un baleineau à la fin. Je n'avais pas pris énormément de poids parce que j'ai eu la chance de perdre du poids en étant enceinte, mais... Mais eux étaient bien présents, parce qu'en plus, c'était des beaux bébés. Ils faisaient quand même 49 cm chacun à trois semaines du terme. Et plus de 3 kg pour mon fils, et puis à peine 2,8 kg pour ma fille. Donc, je les ai sentis à la fin. Je m'attendais à un gros bouleversement, mais à ce point-là, non. Personne ne s'attend à ça. C'est une bombe. C'est un changement radical de toute l'organisation. qu'on a. Et en plus, j'ai pas eu forcément le bon exemple avec ma première, qui était une enfant qui était très réglée, qui avait ses heures de sieste, qui dormait bien, qui mangeait toujours à l'heure fixe. Là, c'était l'anarchie. J'en avais deux. Un qui faisait que manger et pleurer, l'autre qui dormait et puis qu'il fallait réveiller pour manger parce qu'on ne mangeait pas. Ouais, c'était les débuts ont été hyper difficiles et les nuits... On entend de tout, on est conseillés un peu n'importe comment, parce qu'une fois on nous dit, il faut les réveiller en même temps, comme ça ils prennent le rythme. Du coup, on réveillait ma fille, elle ne mangeait pas, parce qu'elle n'avait pas faim, elle avait juste envie de dormir. Quand mon fils enfin dormait, on devait le réveiller si ma fille dormait, enfin se réveiller. Donc cette organisation conseillée, on l'a très très vite mis au placard et on a suivi leur rythme. Mais ce qui faisait que les nuits étaient... souvent difficile et très entrecoupée. J'ai eu de la chance quand même d'avoir aussi un mari qui a été présent et qui, comme je n'ai pas allaité, on a pu se relayer. Donc, on se levait chacun autour pour l'un, on décidait le soir, le soir, on va dormir, toi, ce sera elle, moi, ce sera lui. Et pour qu'on puisse passer un peu des nuits plus ou moins correctes. On ne se rend pas compte, en fait, de l'accumulation de la fatigue. Et à côté de ça, il ne faut pas oublier qu'il y en a une devant. Donc oui, des jumeaux, c'est sympa, c'est rigolo, c'est mignon, mais il y en avait trois. Ça restait quand même... Ne pas oublier la première, c'était le plus difficile aussi. Donc j'ai essayé de l'intégrer un peu à ce qu'elle m'aide, à lui dire, si tu veux, tu peux me donner un petit biberon. Ou bien, tiens, si tu veux, tu peux mettre un peu de la crème sur le bidou quand tu sortes du bain. et c'est de la pour que je passais aussi du temps avec elle. Mais qu'en même temps, ça me déchargeait un petit peu. Et ça, ça a aussi été un peu une... Peut-être pas la meilleure chose à faire parce qu'en fait, je lui ai donné une place un peu de maman qui a fait qu'au fur et à mesure du temps, elle a vraiment pris ce rôle un peu à cœur et elle leur donnait des ordres. Elle a pris un peu cette place de mère. J'ai dû mettre l'eau là et lui dire, « Non, maman, chacun sa place. Tu es une enfant. Tu es leur sœur aînée, certes, mais ce n'est pas toi qui dois les éduquer ni les diriger dans ce qu'ils font. » Le pire, c'est quand je suis tombée enceinte. Quand j'ai dû annoncer un peu aux gens, alors des gens un peu lambda, pas ma famille, mais des clients, tout ça. J'ai eu des réflexions du genre, « Mais t'es folle ! » Oui, on appuie sur un petit bouton. On souhaite des jumeaux, s'il vous plaît. Non, mais ça ne marche pas comme ça, en fait. Je suis folle. Ben oui, désolé. Mon corps n'a pas fait exprès d'enrouler à double. Non, je ne suis pas folle, je fais avec. Oui, les gens ne comprenaient pas. Et quand ils sont nés, j'ai aussi eu des choses. Ils venaient regarder. C'est des jumeaux ? Non, non, non. J'en ai volé un. Je trouvais chouette d'en piquer un à la maternité. En plus, je n'avais pas assez qu'un. ou bien des gens qui sont D'autres ethnies, chez qui les jumeaux sont des porte-bonheurs. Alors sans même nous demander, ils les touchent. Enfin moi j'ai des gens qui sont venus et qui leur ont touché la tête, les pieds, et puis ils disent des choses. C'est un porte-bonheur d'avoir des jumeaux, donc ça les touche, c'est leur porte-bonheur aussi. Il y a des choses un peu surprenantes au fond de la tête des jumeaux. Mais on apprend ! J'ai des jumeaux filles-garçons. Et mon garçon, c'est un enfant qui a été très, très difficile. Vraiment, il pleurait beaucoup, il était beaucoup dans la nôtre. Il avait énormément de reflux, donc je le portais beaucoup pour qu'il se reste droit. Lui, ça a vraiment... Il ne dormait pas, en fait. Donc c'était vraiment difficile avec lui. plein de fois, le soir, en allant me coucher, je pleurais en me disant, mais mon Dieu, je ne me suis rien occupée de ma fille, en fait, je n'ai pas eu le temps, je ne l'ai pour rien, je ne me suis pas occupée du tout, elle a eu ses goûters, elle a eu son manger, elle était changée, elle était propre, mais je n'ai pas passé assez de temps avec, j'avais l'impression vraiment qu'elle se faisait un peu sa petite vie toute seule, et ça, pour moi, ça a été plein de culpabilité, vraiment, de... Et puis en même temps, comment faire autrement ? On a un enfant qui demande tellement... On ne peut pas le poser et lui dire « Débrouille-toi ! » Surtout quand ils sont petits comme ça. Alors je privilégiais les moments où je pouvais le lâcher de vie, enfin. Et puis il m'occupait un peu de ma fille. Alors on a vécu quand même aussi de beaux moments, surtout les moments où mon mari était là pour prendre un peu le relais. puisse la prendre dans mes bras, lui faire des becs, lui faire des câlins. Je me l'appropriais un petit peu à partir de ce moment-là. Je sais que ma maman est beaucoup venue comme elle pouvait, parce qu'en fait, on a des parents qui travaillaient encore tous. Donc, autant d'un côté que de l'autre. Alors, ma maman, c'est vrai qu'elle venait de temps en temps à la maison pour m'aider à la maison, mais elle ne les prenait pas chez elle. Parce qu'elle avait peur. Il y en avait deux, c'était trop. Elle avait peur de ne pas s'en sortir. Donc c'est vrai qu'on les avait quand même toujours à la maison. Alors ça décharge quand même si elle te fait un bain ou si elle te donne un biberon. Mais voilà. Après, du côté de mon mari, j'avais ma belle-mère qui, elle, par contre, les prenait de temps en temps. Et là, c'était l'occasion de rattraper des heures et des heures de sommeil. Moi qui ne suis pas une grande dormeuse, j'ai eu, dormi, 16 heures d'affilée. Ça ne m'était jamais arrivé et je n'avais pas de fièvre, je n'étais pas malade. J'avais juste besoin de faire ces 16 heures de sommeil pour juste pouvoir me rattraper un peu. Parce qu'en plus, en étant jeune maman de bébé de 4 mois, j'ai eu la grande chance de faire la mononucléose. Ce qui a un peu accentué l'effet fatigue. Donc là, les 16 heures avaient bien passé. Déjà comme on était un couple un peu frais, je suis tombée enceinte très très rapidement après notre mise en couple, donc d'un côté ça nous a peut-être servi parce qu'on n'a pas eu le temps de connaître tellement autre chose que cette vie-là, cette vie de parent d'enfant multiple. quand même, ça fait forcément des tensions parce que le moindre petit truc... On en fait des montagnes parce qu'on est fatigué, parce qu'on est plus tolérant pour dessous, parce qu'on a déjà un enfant qui nous a braillé dans l'oreille pendant 10 heures. Et moi, c'est vrai que du moment qu'il est arrivé à la maison, j'espérais qu'une chose, c'est de pouvoir m'asseoir et me réapproprier mon corps. Ça paraît débile parce que j'avais toute la journée un enfant, que ce soit les jumeaux, que ce soit mon aîné, je les avais tout le temps vers moi, sur moi. Merci. Et mon mari rentrait, la première chose qu'il avait envie de faire, forcément, c'était me faire un câlin, dire bonjour, comment ça va. Et moi, je n'avais qu'une envie, c'était de m'isoler, me mettre dans un coup de souris. Je l'aurais fait parce que je n'avais juste pas envie qu'on me touche, qu'on me parle. Oui, vraiment, c'était... Et lui a eu de la peine au début à le comprendre. Puis après, c'est comme on dit, dans un couple, ce qui fonctionne, c'est la communication. Donc, il a fallu qu'on en parle. Mais ça a quand même... personne humainement normale, ça pète assez régulièrement quand il y a des petits. Alors clairement, c'est la communication qui nous a sauvés, vraiment. C'était... On a des tempéraments qui font que lui est très impulsif, et moi, je suis quelqu'un qui va peut-être trop profondément interpréter. Donc souvent, ça partait quand même en cacahuète. On n'arrivait pas à se parler forcément calmement, parce que lui montait dans les tours. il avait son impulsivité qui ressortait moi forcément je suis réinterprétée en me disant voilà encore une fois c'est moi la conne, c'est moi la mauvaise et ça nous a eu des fois bloqués mais on a toujours réussi à d'un moyen ou d'un autre à se dire bon non on souffle, c'est à dire soit moi je partais, je marchais, je prenais l'air je revenais, on sort C'est bon, on reparle, c'est calme, mais on arrivait à ça et heureusement, parce que c'est ce qui fait qu'on est encore ensemble aujourd'hui, je pense. Parce que si on n'arrive pas à dépasser ce stade où justement on aurait pu se séparer et dire, mais maintenant c'est bon, toutes tes quantités de reproches, je m'en vais. Là, on a réussi à passer par tout ça grâce au fait qu'on savait se calmer chacun de son côté et pouvoir reparler après calmement. Et à ça, et puis malgré tout, les petits moments, les petits instants où on pouvait se retrouver à deux, du fait que ma belle-mère les prenait de temps en temps chez elle, ça nous a fait aussi beaucoup de bien. On a pu quand même sortir, se refaire de temps en temps à un restaurant ou aller au cinéma. On a même réussi une fois assez tôt, ils avaient je crois 5-6 mois, on a pu partir en week-end à Lyon. Et c'est dans ces petits moments où on... où on se retrouve, on se dit de nouveau, bah oui, en fait, on est un couple, vraiment. C'était ça, en fait. Alors, la place que je me suis retrouvée, moi, non, toujours pas. Ça fait dix ans, mais c'est compliqué encore maintenant. Ça commence maintenant, on va dire, un petit peu, parce que je retravaille, donc j'ai mes petits moments à moi, mais je suis quand même toujours très... très occupés par mes enfants. Parce que là, j'en ai trois. Ils ont malheureusement, en plus, la chance d'avoir tiré un combo où ils ont des troubles. Des troubles dits, des troubles TDA, des troubles... C'est sympa. Ça met de la vie. Mais du coup, ma vie à moi, on a quand même pris un petit coup. En fait, les difficultés à partir de maintenant, qui sont 11 ans, c'est pas les mêmes. C'est toujours autant. Mais ce n'est plus les mêmes choses. Parce que petit, il faut être présent pour s'occuper d'eux vraiment. C'est-à-dire les laver, les nourrir, les éduquer. Puis maintenant, on continue d'essayer de les éduquer. Après l'adolescence, c'est assez sympathique aussi. Il y a d'autres choses qui s'installent. Il commence à faire des fois des bêtises qui peuvent avoir des conséquences. Donc il faut quand même prendre beaucoup de temps aussi pour... pour en parler, pour leur expliquer. Et ouais, la difficulté est toujours là, mais elle est différente. C'est incroyable des jumeaux, ça c'est... À part ça, pour cette raison-là, je suis tellement chanceuse d'en avoir eu. Parce que j'ai vécu des choses que personne ne vit. Enfin, tous ceux qui n'aiment pas le jumeau ne peuvent pas comprendre et ne vivent pas. Et c'est magique de les voir comme ça. Mon fils a eu des gros problèmes d'audition, petit, parce qu'il a fait beaucoup d'audit. Et il parlait très mal parce qu'en fait, il n'entendait pas. Donc, il parlait très très mal. Et c'est sa sœur qui nous faisait la traduction parce qu'elle le comprenait. Mais des trucs qu'il disait, enfin, j'ai plus d'exemples en tête parce que ça fait un moment, mais c'était des fois rien à voir. Vraiment, il venait, des exemples types, on devait trouver des mots, enfin, un mot par une lettre. Alors, il disait N. Alors, on lui a tout dit, des nuages, des nuits phares. Non, non, non. Et tout d'un coup, sa soeur jumelle dit, des lunettes. Oui, c'est ça. Super, des lunettes. Il n'y a que des jumeaux pour faire des trucs comme ça. Ils sont drôles. Oui, il y a plein de moments très drôles. Alors, ils n'ont rien à voir. En fait, ce qui est le plus drôle, c'est que c'est des enfants qui n'ont absolument aucun point commun. Mais aucun. On n'a encore jamais trouvé un. Il n'y a rien qu'ils apprécient en commun. C'est un truc de fou. Mais ils ne peuvent par contre pas vivre l'un sans l'autre. C'est le ying et le yang, sans les petits points de chaque côté, il n'y en a même pas. Ce qui est plus compliqué maintenant à gérer, c'est les conflits qu'ils ont entre eux, quand il y en a, parce qu'il y en a quand même, ce n'est pas toujours rose, mais des fois ça va loin dans la parole, ils se disent beaucoup de choses, des fois c'est vilain, vraiment, et puis après, comme j'ai un garçon qui est aussi un peu impulsif, des fois il en vient aux mains. Quand ça va trop loin. Ce qu'elle apprécie, bien sûr, c'est de s'amuser à le chercher jusqu'à ce que ce soit ça. C'est d'autres combats, on va dire. On doit un peu sévir différemment que quand ils étaient petits. Et les difficultés sont aussi de par leur parcours scolaire. Donc, il faut être un peu derrière. Alors, ils vont très bien à l'école, les deux. J'ai de la chance, ils ont une grande facilité. Mais, il faut quand même être beaucoup derrière mon fils qui Merci. Moins de réforts, enfin c'est compliqué de faire des efforts en tout cas, et Il n'aime pas beaucoup travailler. Heureusement qu'il a de la facilité. Mais il faut être vraiment tout le temps derrière. Donc c'est d'autres petits combats et d'autres petites choses qui se rajoutent que quand ils sont petits, on n'y pense même pas. Puis après, il y a aussi tout ce qui est côté maladie. En petit, ils sont tout le temps malades, il faut tout le temps soigner. Mais c'est des petits trucs, c'est des rhumes, des tout. Puis en venant plus grand, encore hier, mon fils a mangé des plantes toxiques parce qu'il croyait que c'était du persil. Donc on a dû appeler une centre anti-poison, demander qu'est-ce que ça pouvait être. Et puis il a eu très mal au ventre et une bonne diarrhée, puis ça allait mieux. Mais c'est d'autres trucs que son bébé ne va pas aller chercher en pensant que c'est du persil. Ouais voilà, c'est une surprise. Le fait qu'il soit grand, ça s'amplifie un petit peu. C'est pas plus facile parce que c'est des enfants qui ont de la peine à penser par eux-mêmes. Je dois encore être beaucoup derrière à leur rappeler de prendre leur sac d'école le matin quand ils partent, de se laver bêtement, de nous donner un coup de main. Il faut toujours le demander en fait, ils n'ont jamais rien fait. Ça c'est un problème, je ne suis pas persuadée que ce soit partout pareil. C'est pour mon cas. Moi oui, j'ai un peu des enfants qui ont de la peine à se... à se responsabiliser. Mais aussi peut-être du fait que j'ai été une maman au foyer, et qu'ils ont toujours eu l'habitude que je sois là et que je fasse. Et puis, ils ne voyaient pas pourquoi ils doivent faire, parce que je suis quand même toujours là. Il faudrait ne pas... culpabilisé de dire qu'on est fatigué, qu'on ne va pas bien, qu'on est à bout, qu'on fin de compte, parce que moi, je l'ai eu dit, je l'ai eu fait, et en fait, là, ça a été des jugements. Je me suis... On m'a dit que je ne prenais pas mon rôle de mère à cœur, qu'on m'a dit des choses assez cruelles par rapport au fait que j'avais juste besoin de dire que j'étais fatiguée, que c'était difficile, que je n'en pouvais plus. Et en fait, il faut s'autoriser. Il faut oser dire qu'on est fatiguée. Il faut oser dire parce que ça peut nous détruire, franchement, si on n'a pas un peu de caractère ou bien même, ce n'est pas une question de caractère, c'est juste de force. As-tu mon moulin ? Il faut s'autoriser à ne pas aller bien et oser en parler autour de soi. Et ceux qui vous jugent, envoyez-les se faire foutre aussi. J'aimerais leur dire que je suis super fière d'eux, qu'ils ont malgré tout un caractère en or, ils sont choux, ils sont gentils, ils sont bienveillants. Et qu'on ne peut qu'être fier d'avoir des enfants comme ça, et qu'il faut qu'ils continuent comme ça, et que surtout, un truc, c'est peut-être pour plus tard, mais qu'ils fassent ce qu'ils veulent dans la vie, et qu'ils s'écoutent et qu'ils suivent leur instinct.
- Speaker #1
L'arrivée d'un bébé ou de deux bébés, ça bouleverse bien sûr notre quotidien. Et heureusement, il existe des professionnels qui sont aussi là pour nous aider et nous encadrer. Quand on parle de grossesse et de nourrisson, on peut par exemple se tourner vers une doula. Alors pour rebondir sur le témoignage de Maude, j'ai le plaisir d'accueillir Nathalie Giroud qui est doula en Valais. Bonjour Nathalie.
- Speaker #2
Bonjour Cindy.
- Speaker #1
Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous expliquer ce que c'est qu'une doula ? Quel est son rôle ?
- Speaker #3
Alors la doula, c'est un mot qui est issu du grec antique. Le terme doula, ça désigne une femme qui se met au service d'une autre femme. De nos jours, la mission de la doula, elle réside dans le fait de venir aider une femme et son entourage durant toute la période qui couvre la grossesse, pendant l'accouchement et pendant le postpartum. Le rôle de la doula, ça consiste, après une formation spécifique, à venir accompagner les familles autant sur le plan émotionnel, affectif, informatif, physique et pratique. Peu importe le déroulement de la grossesse ou les choix de naissance, la doula vient vraiment accompagner autant la maman que le couple dans le cheminement qui les mène à l'accouchement. Et c'est en complément d'un suivi médical. Et notre présence est bénéfique tant pour la femme enceinte que pour le couple. On apporte vraiment un soutien moral et pratique en nous basant sur le vécu des différents membres de la famille.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui différencie une grossesse de jumeau d'une grossesse classique déjà ?
- Speaker #3
Alors, une grossesse de jumeau, c'est souvent plus intense sur différents niveaux. D'abord, physiquement, parce que le corps, il porte et il nourrit deux bébés en même temps. Et puis, la fatigue, elle peut vraiment être plus importante. Le ventre, il s'arrondit aussi beaucoup plus vite. Ça se voit beaucoup plus rapidement. Et il y a vraiment certains inconforts qui peuvent apparaître plutôt dans la grossesse que sur une grossesse unique. Il y a aussi un suivi médical qui est généralement plus rapproché. Alors ça peut être rassurant, mais ça rappelle aussi que c'est une grossesse qui est un petit peu plus particulière. Et puis il y a aussi l'aspect émotionnel. Il y a beaucoup de parents qui passent par différentes phases, entre la surprise, la joie. Ça peut être un peu vertigineux, en réalisant que vraiment il y a deux bébés qui vont arriver en même temps. Et ça, c'est une aventure qui est belle, mais qui demande souvent un petit peu plus d'anticipation.
- Speaker #1
Et justement, est-ce que les futures mamans, elles auraient tendance à sous-estimer parfois l'intensité que ça va prendre déjà au moment de la grossesse ?
- Speaker #3
Alors oui, parfois, ça peut être compréhensible parce que quand on annonce une grossesse gémellaire, on parle beaucoup de la magie d'avoir des jumeaux. Et ça, c'est vrai que c'est quelque chose qui est assez extraordinaire. Mais dans la réalité du quotidien, le corps, il travaille à double, il travaille énormément et il peut y avoir plus de fatigue, plus de repos à prévoir, plus de préparation pour l'après. Ce que j'observe souvent, c'est que ce n'est pas forcément la grossesse elle-même qui surprend le plus, mais plutôt la projection qu'on se fait vers l'arrivée de deux bébés. C'est pour ça que prendre le temps d'en parler pendant la grossesse, c'est vraiment précieux.
- Speaker #1
Comment est-ce qu'on peut se préparer au mieux pour avoir un moins gros tsunami à l'arrivée peut-être ?
- Speaker #3
Je dirais que la préparation se fait sur trois plans. Il y a le plan pratique, le plan émotionnel et autour du soutien. Sur le plan pratique, on va réfléchir à l'organisation, on va réfléchir aux matériels, aux espaces dans la maison, s'il y a des routines qui sont possibles, mais aussi simplifier au maximum. On n'a pas besoin forcément de tout avoir à double, mais c'est utile de penser à ce qui va faciliter vraiment le quotidien. Et sur le plan émotionnel, c'est important que les parents puissent exprimer leurs questions, leurs peurs et parfois aussi leurs attentes, parce que l'arrivée de deux bébés, c'est quand même un grand changement. Et puis, le troisième point qui est souvent le plus important, c'est organiser le soutien après la naissance. Qui est-ce qui va pouvoir venir aider ? À quel moment ? De quelle manière ? Et les parents qui ont réfléchi à ça en amont, bien souvent, ils vivent quand même ces premières semaines de façon un petit peu plus douce.
- Speaker #1
Donc, l'entourage, il a un rôle important à ce moment-là ?
- Speaker #3
Oui, l'entourage, ça peut vraiment être une ressource qui est vraiment précieuse. Et parfois, les toutes petites choses que l'entourage peut amener, ça peut faire vraiment une énorme différence. Comme par exemple apporter un repas, faire une lessive, garder un des bébés ou les deux bébés pendant que les parents se reposent, accompagner la maman ou les enfants à un rendez-vous ou simplement être là sans jugement. Souvent les proches ont envie d'aider mais ils ne savent pas toujours comment s'y prendre. C'est difficile des fois de trouver sa place en tant que proche de parents de jumeaux. Et le fait de leur dire concrètement ce qui va être utile, ça peut vraiment soulager les parents. Et puis, j'aime aussi rappeler que Soutenir les parents, ce n'est pas seulement s'occuper des bébés, mais c'est aussi prendre soin des parents eux-mêmes.
- Speaker #1
On peut prendre soin d'eux comment, par exemple ?
- Speaker #3
On peut prendre soin d'eux en prenant les enfants un petit moment pour aller faire une promenade, pour que la maman puisse juste se reposer, ou juste souffler, ou prendre une douche, ou juste avoir le temps de les faire pipi toutes seules, sans avoir un ou deux bébés accrochés à soi.
- Speaker #1
Oui, c'est des petites choses... Bêtes comme ça, mais qui sont très, très importantes quand on est maman de nourrisson. Toi, tu es doula, donc tu accompagnes aussi les accouchements. Est-ce qu'un accouchement de jumeau, c'est forcément plus médicalisé qu'un accouchement avec un seul enfant ?
- Speaker #3
Alors, pas forcément, mais c'est en tout cas généralement plus encadré par les équipes médicales qui veulent quand même garantir la sécurité des bébés et de la maman. Dans la plupart des cas, l'accouchement, il a quand même lieu en milieu hospitalier et il peut y avoir plus de surveillance pendant le travail. Mais ça ne veut pas dire que l'expérience est forcément froide ou très technique. Mais c'est vrai qu'il y a plus d'équipes qui veillent aussi à respecter le vécu des parents. Et puis, chaque situation est différente. Comme ça, c'est aussi valable dans une grossesse avec un seul bébé. Ça dépend aussi de la position des bébés. Ça dépend de l'évolution de la grossesse. Ça dépend de l'état de la maman. Il y a différents facteurs. Mais ce qui est important, c'est vraiment que les parents puissent poser leurs questions en amont, comprendre ce qui leur est proposé et vraiment rester acteurs. dans la mesure du possible, mais j'ai envie de dire comme une grossesse standard.
- Speaker #1
Et toi justement, tu fais ce genre d'accompagnement en tant que doula pendant toute la grossesse, tu peux être présente et tu auras un rôle justement d'aider les parents à se préparer dans ces cas-là ?
- Speaker #0
Alors oui, en tant que doula, on peut tout à fait accompagner des grossesses gémellaires, des grossesses où il y a trois bébés aussi, sans aucun souci. C'est un accompagnement qui peut être identique à celui d'une grossesse unique. L'important, c'est vraiment d'offrir un espace de parole aux parents, d'offrir un espace d'écoute, d'aider dans l'organisation, d'aider aussi dans la prise en charge du quotidien pendant la grossesse, mais aussi de prévoir justement tout ce postpartum qui peut vraiment être un tsunami, effectivement.
- Speaker #1
On s'en doute bien, et on l'a entendu dans le témoignage de Maud, gérer les nuits quand on a deux nourrissons, c'est assez compliqué.
- Speaker #0
Alors oui, c'est une question qui est sur les lèvres de beaucoup de parents et que beaucoup de parents de jumeaux se posent. Et c'est normal parce que les nuits, ça peut vraiment être un défi au début. Souvent, ce qui aide, c'est de fonctionner en équipe. Donc par exemple, un parent peut s'occuper d'un bébé pendant que l'autre gère le second ou alterner selon les moments. Certains parents, ils essaient de synchroniser les bébés pour les repas ou les réveils. Alors parfois ça fonctionne, parfois ça peut prendre un peu de temps, mais parfois on a l'impression de manquer de bras aussi, parce qu'effectivement quand deux bébés mangent en même temps, on peut se dire que quand ils dorment en même temps, nous on aura un petit peu de repos, mais bien souvent faire faire le roux à deux bébés en même temps, ou faire patienter les bébés deux en même temps qu'ils pleurent, ou alors les bercer deux en même temps pour qu'ils se rendorment, ils manquent souvent de bras. L'objectif au début c'est pas d'avoir des nuits parfaites, mais c'est essayer de préserver le plus possible l'énergie, et Et puis dormir quand c'est possible, vraiment accepter du relais et puis ne pas rester seule face à la fatigue.
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut imaginer d'allaiter ses bébés quand on a des jumeaux ?
- Speaker #0
Alors oui, c'est tout à fait possible. Le corps est magique pour ça. Il y a beaucoup de mamans qui allaitent leurs jumeaux, même si au début, ça peut demander un petit peu d'ajustement. C'est important d'être bien accompagné. Il existe des positions adaptées pour allaiter deux bébés en même temps. Ça peut être pratique et d'une fois que c'est installé, tout fonctionne. Mais certaines mamans préfèrent aussi allaiter un bébé après l'autre et c'est tout à fait ok. L'important, c'est que la maman soit accompagnée et soutenue dans ce qu'elle choisit. Et l'allaitement avec des jumeaux, ça peut être très beau, mais ça ne doit pas devenir non plus une pression. Donc, il n'y a aucun souci à devoir donner un biberon ou à alterner ou à faire du tir allaitement. Voilà, on cherche les adaptations et l'important, c'est que ce soit tout ok pour tout le monde.
- Speaker #1
Comme les femmes, elles ont souvent du mal à demander l'aide dans n'importe quel domaine, mais encore plus quand il s'agit de la maternité. Quels sont les signes chez une maman qui devrait nous dire, si on est en dehors, là elle est en train de s'épuiser, elle a besoin d'aide, il faut que j'intervienne ?
- Speaker #0
Alors il y a plusieurs signes qui peuvent alerter, par exemple une fatigue qui devient vraiment écrasante, une maman qui pleure souvent ou qui semble vraiment à bout, une irritabilité inhabituelle ou alors au contraire un repli. Comme si elle n'avait plus d'énergie pour parler ou partager ce qu'elle vit. Et parfois, on remarque qu'elle ne prend plus soin de ses propres besoins de base. Donc manger, se reposer, sortir un peu. Et dans ces moments-là, le plus important, ce n'est pas de lui dire quoi faire, mais c'est de venir avec du soutien concret et beaucoup de douceur.
- Speaker #1
Est-ce que les mamans de jumeaux seraient plus exposées alors à l'épuisement ou aux fameux baby blues qu'on peut avoir après l'arrivée d'un bébé ?
- Speaker #0
Alors, le risque d'épuisement, il est effectivement plus élevé, simplement parce que la charge, elle est juste à double depuis le départ. Deux bébés, c'est deux rythmes et souvent moins de récupération pour la maman. Mais ça ne veut pas dire que ça arrive forcément. Ce qui fait vraiment la différence, c'est le soutien autour des parents. C'est toujours le nerf de la guerre. C'est tout ce village qu'il faut pour entourer les parents. Et quand une maman se sent entourée, écoutée et aidée dans le quotidien, ça change énormément la façon dont elle traverse cette période.
- Speaker #1
Et quelle est la place du partenaire ? Parce qu'on parle ici dans ce podcast de femmes, mais évidemment dans un rôle comme celui-là, elles ne seront pas seules. Soit une autre femme qui les accompagne, soit leur compagnon. Quel est le rôle de cette personne-là avec eux à ce moment-là ?
- Speaker #0
Avec des jumeaux, le partenaire, il prend souvent une place très active dès les premiers jours et ça, c'est précieux. Ça devient vraiment une équipe. comme par exemple pour s'occuper d'un bébé pendant que l'autre est nourri, gérer certains moments de la nuit, soutenir la maman émotionnellement et prendre en charge tous les aspects du quotidien. C'est souvent une période qui demande beaucoup de communication dans le couple. On essaie d'éviter ce fameux baby clash, mais c'est aussi une période qui peut aussi renforcer énormément les liens.
- Speaker #1
C'est quoi le baby clash ?
- Speaker #0
Alors, le baby clash, c'est un mot qui peut faire un petit peu peur, mais c'est en fait un mot qui désigne une période de transition. où il y a des conflits dans le couple après l'arrivée d'un bébé, jusqu'au un an du bébé ou des bébés. Et ce phénomène, il est assez fréquent et il s'explique par des nombreux bouleversements liés à la naissance. Il y a la fatigue intense, il y a les changements hormonaux, il y a des nouvelles responsabilités, le manque de temps pour soi et le manque de temps pour le couple. Le baby clash, il peut se manifester par des disputes, par des incompréhensions ou un sentiment de distance, mais il ne signifie pas non plus que le couple y va mal, mais plutôt que le couple traverse une phase d'adaptation. Et avec de la communication, avec de la compréhension, avec du soutien, cette étape peut vraiment être dépassée et même venir renforcer les liens du couple.
- Speaker #1
Et quel conseil tu donnerais à une maman pour qu'elle évite de s'oublier ? Parce que comme tu le disais, on a vite fait d'oublier même ses propres besoins de base.
- Speaker #0
Alors je dirais qu'il faut qu'elle prenne soin d'elle et que prendre soin d'elle, ça fait partie de prendre soin de ses bébés. On a parfois l'image de la maman qui donne tout, tout le temps, mais en réalité, une maman qui est soutenue et qui peut respirer un peu, c'est une maman qui a plus d'énergie et de présence pour ses enfants. Ça peut être des choses simples comme juste accepter de déléguer. Se ménager dès moments de repos, sortir prendre l'air et puis garder un lien avec ce qui lui fait du bien. Et surtout se rappeler qu'elle n'a pas à tout porter toute seule.
- Speaker #1
Il existe des solutions, on en a parlé, l'entourage est important. Mais il y a des fois des gens aussi qui n'ont pas forcément l'entourage qui est proche d'eux, au niveau géographique par exemple. Il existe des solutions pour demander de l'aide à d'autres personnes qu'à la famille. Par exemple, toi Nathalie, tu offres plusieurs services. via l'instant maternel ?
- Speaker #0
Oui. Alors, dans mon rôle en tant que doula, c'est vraiment de venir apporter du soutien aux parents, surtout dans cette période qui est intense après la naissance. Moi, j'accompagne les familles à domicile après la naissance avec une présence qui peut être concrète, soutenir les parents, écouter ce qu'ils traversent, les aider à trouver un rythme et parfois simplement leur permettre de souffler un petit peu en gardant les bébés pendant qu'eux puissent soit faire autre chose, soit faire quelque chose qui leur fait du bien ou juste reposer. Et avec l'instant dodo, par exemple, l'idée c'est vraiment de venir aider les parents à récupérer du repos, en venant garder leurs enfants pendant la nuit, parce que le manque de sommeil ça peut vraiment être difficile, surtout avec deux bébés. Et par l'instant food, par exemple, on soutient aussi l'alimentation, parce que les parents ont juste pas le temps de manger correctement dans les premières semaines. Donc le fait de venir leur apporter des repas tout prêts, qui sont vraiment préparés spécifiquement pour le postpartum. et pour la récupération du corps de la maman. Et puis l'accompagnement global, être là, rassurer, normaliser ce que les parents vivent et leur rappeler qu'ils font déjà beaucoup.
- Speaker #1
Et si tu devais donner un conseil aux parents qui attendent des jumeaux aujourd'hui, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Alors je leur dirais, préparez votre village avant les naissances. On dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant, mais il faudrait presque deux villages ou trois villages pour élever deux enfants et aider deux parents. Parce qu'avoir des jumeaux, ce n'est pas quelque chose qu'on est censé faire seul. Historiquement, les familles étaient toujours entourées et aujourd'hui, on a parfois perdu ça malheureusement. Et créer du soutien autour de soi, la famille, les amis ou même des professionnels, ça peut vraiment transformer de manière un peu plus positive les premières semaines. Et puis un deuxième conseil, soyez doux avec vous-même. Les débuts, ça peut vraiment être intense, mais les parents développent les ressources incroyables et ils ont tout ce qu'il faut au fond d'eux pour y arriver.
- Speaker #1
Merci beaucoup Nathalie Giroud pour tous ces précieux conseils. Je le rappelle, tu es doula en Valais, à Leytron pour être exacte. Bien entendu, on retrouve tous les liens vers ton univers, L'Instant maternel, dans la description de cet épisode.
- Speaker #0
Merci Cindy.
- Speaker #1
Et si toi qui nous écoutes, tu es enceinte actuellement ou jeune maman et que les services d'une doula t'intéressent, tu peux aussi trouver toutes les doulas membres de l'association suisse des doulas sur le site doula.ch, tout simplement d-o-u-l-a.ch. quel que soit le canton dans lequel tu es établi. On l'a entendu avec Maud, les premières années avec des jumeaux ou même avec un seul enfant demandent une immense adaptation. Mais en réalité, ce défi de l'équilibre familial ne s'arrête pas aux premières années, parce que les enfants, bien sûr, finissent par grandir et avec eux arrivent d'autres enjeux, d'autres questions, notamment à l'entrée dans la préadolescence et l'adolescence. Ce sont des périodes de charnières qui sont parfois déstabilisantes pour les enfants comme pour les parents. Alors comment trouver sa place, comment garder le lien et comment naviguer dans ces dynamiques encore plus quand la famille se transforme ou se recompose ? Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Sabrina Marty, accompagnatrice de familles, de couples et de familles recomposées. Bonjour Sabrina.
- Speaker #0
Bonjour Cindy.
- Speaker #1
Alors grandir quand on est jumeau, est-ce que ça influence la construction de l'identité de ces personnes-là ?
- Speaker #2
Alors oui, il y a clairement une différence parce que quand on arrive sur Terre, on est jumeau, on arrive déjà dans un... dans un duo. Donc, clairement, ça ne va pas se construire la même chose. Et pour moi, cette grande différence, elle est hyper importante à relever parce que ça peut être une force, parce que justement, ils sont deux, donc il y a cette solidarité, cette entraide, comme on a pu l'entendre avec le témoignage de Maud. Ils se comprennent, en fait, alors que d'extérieur, on ne sait pas trop. Donc, il y a comme un peu une bulle autour d'eux, ce qui est très bien. Et en même temps, à mon avis, ça peut être aussi une problématique. Donc du coup, c'est de pouvoir, pour moi, se différencier, et c'est ça un peu le défi à mon sens des jumeaux, que ce soit des vrais jumeaux ou des faux. Quand c'est des faux jumeaux, là en l'occurrence, comme il y a eu ces témoignages où c'était une fille et un garçon, il y a déjà une différenciation au niveau du sexe. Mais ce n'est pas si facile que ça. Donc pour moi, oui, il y a une influence dans la construction de son identité, parce que ça fait partie de son bagage, en fait.
- Speaker #1
Alors oui, c'est vrai que les jumeaux, ils ont vraiment un lien très particulier. Comment ils peuvent trouver leur propre place là au milieu en tant qu'individu ou en tant que frère et sœur, par exemple ?
- Speaker #2
Pour moi, c'est aussi le biais de l'entourage qui est important de pouvoir voir que ces deux personnes différentes, je trouve qu'on voit des fois dans la rue des humains qui sont habillés exactement pareil, de la tête aux pieds jusqu'au basket. Et je me dis, alors oui, c'est mignon. Et en même temps, je me dis, ça peut être petit à petit l'idée de les habiller différemment, de leur poser la question qu'est-ce qu'ils aiment. de pouvoir arrêter de s'identifier qu'on est seulement des jumeaux. Parce que d'ailleurs, on les appelle les jumeaux, ce n'est pas forcément Alicia et Paul ou autre, c'est les jumeaux en fait. On les met tout de suite dans un groupe et je me dis que c'est important que l'entourage aussi puisse les différencier, de lui demander ce qu'un il aime, ce que l'autre il aime, de pouvoir développer son identité et pas à chaque fois c'est mon frère ou ma sœur. Alors peut-être que certains, ils ont des goûts similaires, ce n'est pas le cas de... de Maude qui a dit que finalement, c'est deux personnes complètement opposées. Et quand même, quand des fois, il y a beaucoup de similitudes, ça peut être encore plus difficile de se détacher en fait, parce que ça va être, oh, je veux faire comme ma sœur. Mais on peut même le voir dans des fratries où il y a deux frères ou deux sœurs. Moi, j'ai envie de faire tout comme ma sœur. Donc, même si ce n'est pas forcément des jumeaux, on peut avoir ce côté-là. Et pour moi, c'est important d'inviter l'enfant à créer sa propre identité. Et ce n'est pas forcément évident parce qu'il y a ce contexte de jumeaux qui fait que forcément, ils sont deux en même temps, dans le même âge.
- Speaker #1
Et on le sait, dans les frères et sœurs tous confondus, il y a toujours des conflits. Et parfois, là, il peut y avoir des conflits qui sont un petit peu plus intenses par la gémellité. Comment est-ce que les parents peuvent gérer ces conflits sans prendre parti pour l'un ou l'autre ?
- Speaker #2
Alors ça, ce n'est pas facile parce que pour l'âge que les enfants ont et la gravité de ce qui... Si un commence à taper sur la figure de l'autre, forcément qu'on va défendre l'un parce que ça peut dégénérer. Pour moi, il y a vraiment cette question de danger, jusqu'où ils se mettent des fois en danger, parce que la violence peut être vraiment très très forte au-delà des mots, des actes. Et c'est pouvoir vraiment prendre un peu du recul et puis aussi amener petit à petit l'enfant. Après, ça dépend des nouveaux âges, on va demander à un enfant de 3 ans de faire ça, mais petit à petit, quand ils grandissent, de les amener à réfléchir à leurs responsabilités. qu'est-ce que chacun en fait, fait que l'autre réagit. Finalement, on a tous, dans n'importe quel conflit, dans n'importe quelle dispute qu'on peut avoir, on a une part de responsabilité. Ce que moi, je fais, fait réagir l'autre. Moi, je trouve que chez les enfants, on entend souvent « Oui, mais ce n'est pas moi, c'est l'autre, c'est lui qui a commencé. » Puis, en fait, je te rejette la faute. Et qu'on le voit avec des enfants du même âge, des jumeaux ou des enfants plus grands, forcément, à un moment donné, c'est plus facile de pointer sur l'autre. Donc, pour moi, un moyen. de ne pas prendre parti, c'est de pouvoir échanger chacun leur point de vue et de dire, mais finalement, qu'est-ce que tu as fait ? Pourquoi, à ton avis, ton frère ou ta sœur a réagi comme ça ? C'est pour pouvoir les amener après, quand ils ont 5, 6, 7 ans, ce n'est pas forcément évident, quand bien même on peut petit à petit les amener à réfléchir en se disant, mais qu'est-ce que moi je fais qui fait que l'autre réagit comme ça ? Mais c'est un processus, c'est pas évident déjà qu'en tant qu'adulte, c'est plus facile de dire mais non, en fait, c'est la faute de l'autre, c'est à cause de lui que je réagis comme ça, ou à cause d'elle. Mais pour moi, c'est une manière de se déresponsabiliser, et plus en fait les enfants apprennent tôt, plus ils comprennent qu'eux, en fait, ils ont un impact, et c'est pas juste, ben en fait, c'est mon frère qui est méchant, et puis c'est moi qui suis tout gentil, et j'ai rien fait, en fait. Parce que Il y a ce côté, en fait, ils aiment se chercher. C'est drôle, en fait. On sait qu'en appuyant sur ce bouton, il explose. Comme pour les parents, la même chose. On sait exactement, les enfants, où ils appuient, ils savent qu'en faisant ça, ça va partir en vrille. Et c'est une forme de jeu, à un moment donné, aussi. Des fois, on voit les enfants, quand ils s'ennuient, qu'ils soient jumeaux ou pas jumeaux, qu'est-ce qu'ils aiment faire ? Ils s'ennuient. Du coup, ils embêtent l'autre. Et puis l'autre, ça vient à un jeu. C'est rigolo parce qu'on ne sait pas quoi faire. Alors, s'ennuyer, c'est une manière de s'occuper. Pour moi, c'est vraiment cette question de pouvoir amener la responsabilité de l'enfant à comprendre que dans sa manière de fonctionner, il peut aussi influencer son entourage et inversement.
- Speaker #1
Et Maud, on a parlé des fois de la difficulté aussi de conserver un équilibre entre Axel et Arwen, donc les frères et sœurs jumeaux, et la plus grande qui a trois ans de plus. Comment on fait pour garder un bon équilibre entre cette paire de jumeaux et puis le reste de la fratrie ?
- Speaker #2
Ça c'est une très bonne question et je pense que c'est un équilibre qu'on trouve. On doit chercher tout au long de notre vie parce que finalement, ils n'ont pas tous les mêmes besoins. Donc certains, ils ont peut-être besoin de beaucoup plus d'affection et l'autre, ça va plutôt être des moments peut-être de qualité. Donc pour moi, ça peut être de se poser la question et d'observer comment en fait l'enfant se sent aimé. Je fais un petit rappel aux cinq langages de l'amour. Donc on a plein de manières de se sentir aimé. On a la manière plus au niveau des cadeaux. Donc, de faire des petites attentions. Un enfant qui ramène un petit bouquet de fleurs, c'est une manière de dire je t'aime. Un dessin ou autre. Il y a aussi les moments de qualité. Donc, c'est vraiment ces moments qui sont complètement... Je suis dans ma bulle avec mon enfant où c'est des moments agréables. Ça peut être un jeu, ça peut être une histoire. C'est vraiment d'avoir ces moments où on se sent aimé parce qu'on passe un moment agréable avec l'un des parents ou les enfants. Ça peut être aussi les services rendus. Ah ben, je t'aide à débarrasser la table, je viens et puis je te donne un coup de main pour faire la cuisine. Enfin, ça, c'est aussi une manière de montrer qu'on aime. Et je trouve que les enfants voient assez vite comment ils montrent qu'ils se sentent aimés. Ils demandent souvent les reproches qu'il y a derrière. C'est « Maman, je ne passe pas assez de temps avec toi » ou « Tu ne fais plus de trucs avec mon frère qu'avec moi » . Donc, en entendant les reproches, il y a toujours des besoins derrière. Donc là, j'en ai dit trois. Les paroles valorisantes aussi, qui sont « bravo pour le dessin que tu as fait » , c'est vraiment de dire des mots qui nous font plaisir et qui nous remplissent notre jauge, notre compte en banque d'amour qui est important. Et le dernier, c'est les touchers, le toucher physique. Donc justement, des enfants qui ont besoin de beaucoup plus de câlins que d'autres. Et pour moi, une manière d'être un peu équitable et de trouver un équilibre, c'est de pouvoir être sensible à comment l'autre, en fait, se sent aimé. Comment mes trois enfants qui sont différents, comment ils se sentent aimés pour pouvoir amener ce qu'ils ont besoin. Et ce n'est pas toujours facile parce que soi-même, des fois, on n'est pas forcément au clair par rapport à nous, comment on se sent aimé. C'est intéressant. En tout cas, j'invite les personnes à lire les livres, les cinq langages de l'amour qui sont hyper intéressants. d'Amne qui sont de Gary Chapman. C'est des petits livres, mais je trouve intéressant de comprendre parce que finalement, ça peut être sur plein de domaines différents. Ça peut être dans le couple, ça peut être avec les enfants, ça peut être avec des amis. On a tous des manières différentes de se sentir aimé. Et si on ne parle pas le bon langage avec l'autre personne, elle aura continuellement cette frustration. Et même que si en tant que parent, on dit « je vais essayer de faire mon maximum, mais en fait, je suis à côté » , j'ai l'impression de faire un maximum, mais en plus, ça ne sert à rien parce que j'ai toujours des reproches. Donc, je me dis qu'un moyen pour avoir un certain équilibre, c'est de pouvoir se poser la question, mais comment mon enfant se sent aimé et de pouvoir y répondre dans la mesure du possible. C'est clair, avec des jumeaux plus un enfant qui a trois ans de plus, on fait ce qu'on peut. On a des journées qui ne sont pas de 48 heures, mais c'est de pouvoir vraiment faire au mieux et puis de pouvoir peut-être des fois mettre en disant, j'ai entendu ton besoin, je vais en prendre en considération, mais là, tout de suite, je ne suis pas disponible. pouvoir apprendre aussi à l'enfant. Alors oui, on l'a entendu, on va y répondre, mais peut-être dans l'immédiat, là, je ne sais pas, je suis en train de galérer avec les deux jumeaux, je ne vais peut-être pas avoir le temps maintenant de pouvoir reprendre un moment, en fait, mais de pouvoir juste entendre qu'on a entendu, enfin, de dire qu'on a entendu ce... sont besoin et qu'on va y répondre, mais pas forcément dans l'immédiat parce que c'est juste pas possible constamment.
- Speaker #1
Et si on passe à la phase adolescente, alors là les jumeaux en question dans le témoignage, ils ont 11 ans, donc c'est l'après-adolescence, ça arrive gentiment. Alors quand il n'y en a qu'un seul à la fois, c'est déjà un vrai sujet, mais là alors c'est double douce d'un coup. Comment on gère cette période-là quand il y en a deux en même temps et qui n'ont pas forcément les mêmes attitudes aussi ?
- Speaker #2
Ça, c'est une bonne question parce qu'en plus, il y a deux et en plus, c'est une fille et un garçon. Donc, la manière de grandir n'est pas du tout la même. On sait que les filles, elles ont une manière de grandir qui sont plus vite au niveau du cerveau et tout ça que les garçons. Donc, c'est clair que ce n'est pas forcément évident. Pour moi, ce qui est important, c'est de voir comment aussi en tant que parent, on peut apprendre à essayer de les responsabiliser aussi un peu. Parce que quand ils sont adolescents, ils sortent de cette phase de qui suis-je du verbe suivre à qui suis-je du verbe être. Donc, ce qui est important, c'est de dire finalement comment je peux les aider à développer leur identité en leur donnant des tâches à faire, leur donner des responsabilités pour petit à petit leur donner un rôle aussi. Pour pouvoir apprendre, après, chacun n'aura pas forcément les mêmes besoins. Peut-être qu'Alain, il va falloir courir derrière beaucoup plus parce qu'il était en l'air, parce qu'il parlait de différents 10 aussi, et puis un TDAH. du coup, ça ne va pas être forcément la même facilité pour l'un que pour l'autre de pouvoir… gérer peut-être le quotidien où ils deviennent de plus en plus autonomes, mais pas toujours. Et ça prend des fois plus de temps.
- Speaker #1
Oui, elle parlait de ce problème de responsabiliser les enfants qui ont encore un petit peu du mal. Alors bon, ils ont 11 ans, ce n'est pas non plus encore des grands ados. Mais comment est-ce qu'on peut commencer à poser un cadre sans non plus rentrer dans un rapport de force constant qui fait que tout le monde s'épuise ?
- Speaker #2
Un des moyens, c'est de pouvoir nourrir le lien. Moi, je me rappelle quand je travaillais dans les foyers, ma toute première expérience, une des choses qui m'a vraiment marquée, c'était de dire en fait, le cadre, ça ne marche plus à un moment donné quand les jeunes, ils étaient en foyer, ça ne marchait pas juste de leur dire mais fais ci, fais ça. Et un moyen en fait pour qu'ils réécoutent, en fait, c'est un moyen, une manière de retourner dans le lien. L'être humain, il a besoin d'être en lien, c'est un besoin qui est vital. Donc à un moment donné, si je m'intéresse à eux et je rentre dans le lien avec eux, je vais pouvoir à un moment donné avoir, mettre une structure. Et pas l'inverse, surtout dans la société dans laquelle on est maintenant, Ça ne marche plus de juste dire, en fait, on fait comme ça, puis tais-toi et puis tu n'as rien à dire. C'est fini, ça. Ça ne marche plus. Et d'un côté, heureusement, parce que ça permet d'avoir un échange, de discuter. Mais des fois, on est trop dans les échanges et dans la discussion et il manque le cadre. Donc, c'est pour ça que cet équilibre qui est important d'avoir est déjà de s'intéresser aux ados. Parce qu'on n'est plus dans cette phase où c'est les enfants qui sont hyper intéressés à tout ce qu'on fait. On est curieux, ils ont envie de savoir. Ils se mettent un peu dans notre monde parce qu'en fait, on les emmène et puis ils n'ont pas trop le choix. parce qu'ils ne sont pas autonomes et qu'ils ne peuvent pas forcément faire tout ce qu'ils veulent. Et quand c'est l'adolescent, c'est nous à devoir entrer un petit peu dans leur monde, aller voir qu'est-ce qui les intéresse, qu'est-ce qu'ils font, pourquoi ils le font comme ça, d'aller un petit peu s'intéresser à eux, ce qui fait qu'ils auront envie aussi à un moment donné de respecter un peu plus le cadre. Surtout si des fois il y a des gros conflits entre parents et enfants, à un moment donné, on est obligé de faire autrement, plus de cadre, plus de restrictions, plus de punitions. ça va juste aggraver la situation parce que c'est en gros, tu n'écoutes rien, tu ne comprends rien de ce que je traverse. Et ça va créer encore plus ce fossé d'incompréhension avec les ados. Et je pense que c'est hyper important d'entrer dans leur monde pour qu'ils puissent aussi s'intéresser après à nous. Mais ce n'est pas l'inverse.
- Speaker #1
Est-ce que tu as alors des petites astuces pour arriver à conserver ce lien ou à le préserver ?
- Speaker #2
Ça peut être déjà en rentrant de l'école, de demander, de dire qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui, ça m'intéresse. Je ne sais pas s'il est passionné d'histoire, de dire qu'est-ce que tu apprends aujourd'hui, d'aller poser des questions. Après, si c'est un ado qui parle, ça va. Si c'est un ado qui dit c'était cool, tant mieux, je n'ai rien à dire, ça sera plus difficile. Donc, ça sera peut-être plus dans l'action avec ces jeunes qui ont plus de difficultés à discuter. Ça peut être par le biais d'activités. Peut-être qu'il y a une activité commune que... Le parent et l'ado sont intéressés. Ça peut être par le biais de quelqu'un qui aime bien le faire du foot. Je vais aller voir son match, même si je ne suis pas trop fan. Je le fais parce que ça m'intéresse d'aller voir son monde. Des fois, des ados qui ne sont pas dans la parole, ça va être par les actes, en faisant des activités, en allant proposer une activité. bien le week-end prochain, je te propose qu'on fasse une activité, regarde qu'est-ce qui t'intéresse, qui pourrait être sympa de faire ensemble. Et puis c'est lui qui organise. Après, encore une fois, c'est difficile de donner des astuces généraux, mais ça peut amener des pistes peut-être pour dire, finalement, les responsabilisés, leur donner un rôle. Ils sortent de ce côté enfant, on a fait tout pour eux. Alors des fois, ils sont très contents qu'on fasse tout pour eux. Et l'idée, c'est quand même de sortir un petit peu de ça, essayer de leur donner un rôle. Ça peut être de dire, C'est un ado qui adore cuisiner. Je te propose qu'on fasse la liste des courses ensemble, qu'on aille faire les courses, puis que je te montre comment faire un plat. Donc, c'est de pouvoir les amener à nous intégrer dans leur histoire, dans leur vie, ou même dans la lecture, les musiques qu'ils écoutent. D'essayer de prendre un temps, et c'est important de le faire de manière... authentique et c'est pas facile parce que quand on n'aime pas du tout cette musique de écouter pendant trois minutes et demie une musique où il ya plein de gros mots où ça nous fait juste hérisser les poils c'est pas facile mais c'est dire mais finalement je le fais parce que je m'intéresse en fait j'essaie de comprendre en fait c'est sortir de cette ce côté jugement non c'est pas bien qui va sans tu sais pas tu n'as pas encore grandi tu verras dans la vie c'est comme ça d'arriver que ces paroles en fait que finalement ça ferme la dos alors bien sûr qui sait qu'on est les adultes quand bien même ils ont des idées ils ont une autre manière de voir et d'aller rentrer un peu dans leur vision dire mais finalement qu'est-ce que t'aimes dans cette musique et de commencer à avoir des échanges au-delà des gros mots de tout ce qu'il peut dire mais c'est quoi qui te plaît est-ce que les paroles t'intéressent d'essayer en fait de pouvoir amener un dialogue en fait c'est toujours plus facile quand il y a déjà un petit peu un dialogue à lire parce que moi j'ai eu des situations que j'ai suivies où il n'y a plus de lien et ça c'est plus difficile, ça prend beaucoup plus de temps parce que l'adolescent ce n'est pas là où il cherche le lien avec leurs parents et c'est plus difficile si avant il y a eu beaucoup de cassures, il y a eu des ruptures, il y a eu des choses difficiles, ça nécessite beaucoup de temps en fait de réapprendre finalement comme un animal sauvage qui a été blessé puis peut-être c'est nous qui l'avons blessé, à un moment donné il se protège donc je dois aller vraiment. petit à petit, parce qu'on peut être des animaux sauvages pour certains. Donc, c'est important de pouvoir finalement dire, ok, j'y vais petit à petit. C'est pas parce que j'ai fait une activité, j'étais monstre emballée à vouloir faire plein de choses avec mon ado qu'il va être trop content. Peut-être que ça va le saouler, mais en fait, au fond, lui, il sera content, mais il ne pourra pas dire, c'est trop bien, j'ai fait une activité avec mon père ou ma mère. Et à ce côté, en fait, on doit apprendre que il y a cette apparence qui, c'est important pour les ados, et de pouvoir dire, en fait, je suis en train de semer des graines. Peut-être que je ne verrai pas les fruits tout de suite. Mais je suis en train de semer des graines.
- Speaker #1
Et tu donnes d'ailleurs des conférences sur le sujet de l'adolescence pour aider les parents à comprendre leurs adolescents. Je trouve qu'il y a un petit conseil que tu donnes, enfin une information plutôt scientifique disons que tu donnes, qui aide aussi à relativiser souvent les problématiques qu'on peut avoir avec nos ados. C'est vraiment une période où le cerveau, il change complètement.
- Speaker #2
Oui, il se reconstruit en fait. Il faut vraiment s'imaginer que c'est une forêt amazonienne. Il y a plein de chemins qui ont été créés depuis l'enfance. Et puis à l'adolescence, en fait, c'est tout revu pour remettre, en fait, réoptimiser le cerveau. Donc, au lieu d'avoir trois chemins qui mènent à un point, en fait, il n'y en aura plus qu'un. Parce que le cerveau, il se dit, mais finalement, je n'en ai pas besoin de trois pour arriver du point A au point B. Ça me suffit. Et du coup, il y a aussi une certaine lenteur dans le cerveau de l'adolescent qui, des fois, est... complètement aberrant, on dit mais attends, il grandit alors que son enfant, son frère ou sa sœur qui est plus petit, ça va beaucoup plus vite. Pas forcément parce qu'il y a plus de chemin dans son cerveau que l'ado qui est en plein chantier dans sa tête en fait. Donc il y a des choses qui vont beaucoup plus lentement et c'est pas volontaire et je trouve que la patience est de mise. Déjà quand ils sont plus petits aussi, mais je trouve que l'adolescence c'est une autre patience en fait à avoir. Il n'y a pas forcément cette réactivité qui est tout de suite là.
- Speaker #1
Et je trouve intéressant de savoir qu'il se passe un truc, c'est pas fait exprès, donc ça peut aussi chez nous déclencher un petit peu des moments où on se dit « Ok, c'est pas grave, c'est son cerveau, ça passera et ça évite aussi peut-être certains conflits. »
- Speaker #2
Oui, tout à fait. C'est de pouvoir comprendre qu'ils font déjà du mieux qu'ils peuvent et que c'est pas volontaire. Et je trouve que c'est important de dire « Mais il fait pas exprès pour m'énerver, pour me faire exploser. » C'est juste que ça prend du temps. Un cerveau, il se construit jusqu'à 25 ans en moyenne. C'est énorme. Ça veut dire qu'il y a plein de processus qui sont en train de se passer et que nous, en étant adultes, notre cerveau, il est fini, on doit l'entretenir, mais le gros du chantier, il est fini. Donc finalement, un adolescent, c'est vraiment une grosse période de changement au niveau hormonal, au niveau intellectuel, aussi au niveau de sa vie, il doit faire des choix. Il y a une certaine pression quand même autour de l'adolescent. Et aussi au niveau de la société, un adolescent, ce n'est pas hyper valorisant. on ne valorise pas un adolescent en fait, un enfant trouve ça tout mignon il est plein de vie et tout ça, l'adolescent on le voit comme quelqu'un de chiant, comme quelqu'un de pénible, qu'il n'a rien envie de faire la société montre une image quand même de l'adolescent pas facile et je me dis quand un ado traverse cette période il sait que c'est pas forcément la période la plus appréciée par les adultes et en même temps on a tous passé par là il
- Speaker #1
faut s'en rappeler aussi rires Si tu devais donner un conseil à des parents de pré-ado ou ado, qu'ils soient jumeaux ou non, parce que finalement ce qui se passe dans le cerveau c'est pareil, qu'est-ce que tu leur dirais ?
- Speaker #2
Alors, un conseil, je dis, je dois choisir, c'est de pouvoir vraiment, comme j'ai pu aborder avant, de garder ce lien. Pour moi, c'est la base, en fait, que j'amène dans les suivis que j'ai avec les adolescents, notamment, mais pas que, de pouvoir maintenir vraiment un lien qui fait que quand il y a un lien qui est sain, un lien qui est de confiance, quoi qu'il se passe, en fait, l'ado va revenir. Et je pense que même si cette distance, en fait, elle s'agrandit, ce qui est normal, Ça peut générer du stress, de la peur chez les parents, ce qui est normal parce qu'il y a une manière où finalement, il nous échappe. Et un moyen finalement de garder cette sécurité, c'est d'établir un lien de confiance, un lien où l'ado se sont vus, se sont entendus, se sont compris. Un bout, bien sûr qu'on ne pourra pas tout comprendre, ce qui est normal, mais de pouvoir garder un lien avec lui, où on s'intéresse à lui, on essaye de comprendre pour que justement à un moment donné ce lien soit il soit quand même plus ou moins, après il n'est jamais complètement acquis, mais il est bien établi, qui fait qu'il peut y avoir plus de souplesse. Et du coup, vu qu'il y a plus de souplesse, l'enfant se sent entendu, se sent compris, et du coup, il va pouvoir respecter aussi les règles. Pour moi, c'est vraiment cet enjeu, ok, je dois rester dans le lien, mais dans le lien, ça ne veut pas dire qu'il faut tout lâcher et tout autoriser. Au contraire, pour moi, c'est hyper important. L'adolescent, il a besoin d'un cadre et il y a des choses qu'il ne faut pas déroger. Parce que même s'il bute contre et qu'il est saoulé et qu'il veut tout le temps envoyer bouler les règles, n'empêche que c'est sa sécurité. Donc pour moi, c'est vraiment cet équilibre. J'établis un lien avec lui, j'essayais de comprendre un peu ce qui se passe chez lui. Je m'intéresse vraiment. Et ce cadre, en fait, à vraiment maintenir. Parce qu'à l'adolescence, on peut être les pires parents du monde. Parce que de toute façon, son copain ou les autres copains, ils ont un téléphone, l'autre pas. Il nous laisse sortir jusqu'à 22h, moi pas. Il y a vraiment cette injustice qui peut être forte et je pense que c'est important de garder un certain cadre et une certaine souplesse aussi. Donc, ce n'est pas évident.
- Speaker #1
C'est du jonquerege avec du feu et des assiettes. Voilà,
- Speaker #2
exactement. En étant bien équipé et puis se dire que ça va passer. Mais je pense que c'est important si on se sent complètement dépassé, d'être accompagné. parce que Je vois que j'ai des fois des situations, maintenant moins, mais un temps, j'ai eu pas mal de personnes qui venaient où vraiment c'est tard. Et je trouve triste parce que je me dis, la situation, elle est encore plus difficile à rattraper quand la situation s'est vraiment installée. Et c'est pour ça que moi, je mise beaucoup plus sur la prévention, en disant, il ne faut pas aller tout le temps, mais d'avoir peut-être des moments, une fois, deux fois par année, dire, voilà, je fais peut-être un point où j'avance pour pouvoir être aiguillée parce qu'on est bondé d'informations. qu'il faut faire ci, qu'il faut faire ça. On a plein d'informations dans les livres, les podcasts. Maintenant, il y a plein de manières de s'informer. Mais du coup, on peut être complètement, finalement, perdu parce qu'on reste les experts de nos enfants. Pour moi, oui, alors je suis expert dans certains domaines. Je comprends, j'ai étudié, j'ai de l'expérience, mais je ne suis jamais l'experte des enfants de personnes qui viennent. Pour moi, les experts, ça reste les parents. Et c'est hyper important aussi d'apprendre à se faire confiance. Merci. ce qu'elle disait à la fin aussi de son témoignage où finalement il y a eu plein de professionnels qui désessient, qui déçappent et à un moment donné on doit aussi se recentrer et de pouvoir vraiment faire attention à dire moi je pense que c'est juste je pense que je vais plutôt aller dans cette direction parce que finalement c'est nous qui sommes dans le quotidien avec eux et les parents en fait pour moi c'est des pépites donc sans eux on ne peut pas faire grand chose pour aider les enfants parce que ça reste la base quand même
- Speaker #1
Tu proposes un des accompagnements dans le canton du Valais, à Martigny. Tu as aussi un podcast qui s'appelle Autour de toi, le podcast qui explore les liens du cœur. Je vous invite vraiment à vous abonner pour pouvoir suivre. C'est très intéressant ce que tu racontes chaque deux semaines sur le podcast. Et bien sûr, tous les liens seront dans la description du podcast. Sabrina, je te remercie beaucoup d'avoir été avec nous aujourd'hui.
- Speaker #2
Avec plaisir, merci à toi.
- Speaker #1
On arrive tout doucement à la fin de cet épisode, alors on l'a entendu aujourd'hui, devenir parent de jumeaux c'est une aventure intense, bouleversante, parfois déroutante, mais souvent magnifique. Entre fatigue, organisation et émotions qui débordent, il y a quand même plein de moments de grâce, mais bien sûr, chaque parcours est unique. Une chose est sûre, vous n'êtes pas seul à le vivre. Alors avant de refermer cet épisode, j'avais envie de redonner la parole à Maud. Si tu nous écoutes aujourd'hui et que tu attends des jumeaux, voici ce qu'elle aimerait te dire.
- Speaker #3
Je lui conseillais de s'écouter. En fait, de s'écouter, il n'y a que nous, en tant que parents et surtout en tant que maman, qu'on peut savoir ce qu'ont besoin de nos enfants. C'est instinctif. On peut me dire ce qu'on veut. L'instinct maternel, il est là et il faut se faire confiance parce que justement, les spécialistes, un va te dire bleu, l'autre va te dire rose, l'autre va te dire jaune. Et pour finir, tu ne sais plus ce que tu dois faire pour bien faire. Et c'est ignoble de faire culpabiliser des parents qui sont déjà fatigués, qui apprennent, qui découvrent en fin de compte ce que c'est que d'être parent. Et surtout, maman, je l'admets que je suis un peu féministe sur le coup, parce que les mamans ont quand même un rôle bien différent et bien plus difficile, je pense, qu'un papa. Pas tous, mais la majeure partie. C'est peut-être ce que j'aurais... aimer comme dit, fais-toi confiance tu vas y arriver, tout va très bien se passer parce que de toute façon ça doit se passer, donc autant que ça se passe bien, et si on te met un peu moins la pression, ça se passe forcément bien
- Speaker #4
La voie des femmes La voie des femmes Un podcast à écouter quand vous en avez besoin