Speaker #0Bienvenue dans La Voix Rayée, épisode 39, 3 conseils pour être heureux quand on est HPI. On parle beaucoup des difficultés que peuvent rencontrer les HPI, le décalage avec les autres, les problèmes à l'école ou au travail, le sentiment d'incompréhension et parfois même le rejet. Mais finalement, on parle assez peu de ce qui pourrait nous aider à être heureux. Et quand on le fait, on peut se dire que c'est pas mal. le fait, les conseils tournent souvent autour de la même idée, apprendre à mieux s'adapter. S'adapter aux autres, à leurs attentes, à leur mode de fonctionnement et aux règles du groupe. Mais contrairement à une certaine ambiance généralisée, être HPI n'est pas une condamnation à se sentir différent, incompris ou malheureux. Alors aujourd'hui, je voudrais partager trois conseils très simples qui s'adressent aux enfants HPI, mais aussi aux adolescents et aux adultes qui nous écoutent. connaître son profil, assumer sa différence et arrêter de se conformer. Trois conseils qui ont un point commun, ne plus considérer sa différence comme quelque chose qu'il faudrait systématiquement corriger. Je vous en parle tout de suite. Bonjour à toutes et tous, je m'appelle Franck Robert, je suis votre accompagnateur dans ce voyage dans le haut potentiel intellectuel et si vous aimez mon podcast, pensez à vous abonner pour ne rater aucun épisode. On ne peut pas bien vivre avec un fonctionnement qu'on ne comprend pas. Se connaître, comprendre pourquoi on fonctionne, c'est essentiel. Et la difficulté qu'on a actuellement en France, c'est que nous n'avons pas de source scientifique ou sociologique fiable. Il y a des dizaines de livres qui sortent chaque année, il y a des centaines d'articles, il y a des articles dans les magazines, dans les journaux, il y a une série à la télévision, il y a des dizaines de podcasts, et au milieu de toute cette jungle, eh bien, on ne sait pas ce qu'on doit croire, on ne sait pas ce qu'il en est véritablement. Et ça, c'est un problème pour se connaître. Parce que le HPI ne se résume pas à un chiffre de QI, 130, au test. ou à des bonnes notes à l'école. Il faut comprendre ses facilités, comprendre ses difficultés, comprendre ses besoins, comprendre ses réactions. Et ça, c'est essentiel. Et la plupart des HPI que je rencontre sont ignorants de tout ça. Ils voient bien le décalage, ils voient bien qu'il fonctionne différemment, ils voient bien que ça grippe avec certaines personnes. Les enfants voient bien qu'à l'école, ça ne se passe pas comme ça devrait, ou alors ils font de gros efforts pour s'adapter et ils sont épuisés, ou alors... Ça ne marche pas et ils disent qu'ils sont nuls avec une estime de soi très faible. Il est important de distinguer quand on est HPI ce qui relève de son fonctionnement personnel, de son histoire et ce qui relève de son environnement. Il faut savoir identifier ses points forts mais sans ignorer ses fragilités. Mais il faut se connaître, il faut savoir d'où vient le HPI. Et ça c'est très important et on ne prend jamais le temps où on n'a jamais les bonnes sources. Moi, c'est la première chose que je fais en accompagnement, expliquer d'où vient le HPI, expliquer pourquoi ça a un impact sur notre quotidien. Et puis pour les parents qui m'écoutent, il faut aider l'enfant à mettre des mots sur ce qu'il vit tous les jours, sans l'angoisser, sans le porter au pinacle, sans tout expliquer systématiquement par le HPI, mais il fonctionne différemment, il faut lui expliquer pourquoi, sinon il s'angoisse. Regardez, un exemple que j'ai rencontré récemment, c'est un enfant, il termine ses exercices très vite, mais il ne supporte pas de ne pas réussir immédiatement. Ça vous parle, je pense. Il va avoir des facilités dans certains domaines et devoir apprendre, comme tout le monde, à affronter la difficulté. Mais pour faire ça, il faut qu'il comprenne pourquoi il est comme ça, pourquoi il ne ressemble pas aux autres enfants. Connaître son profil, c'est essentiel. Et ça, c'est mon premier conseil pour être heureux. Deuxième conseil, assumez sa différence. Nous sommes dans une culture en France qui, de mon point de vue, est extrêmement jugeante. On se regarde les uns les autres et quand on est différent, on est difficilement accepté. Alors pourquoi ? Probablement parce qu'on est égalitariste en France et que tout le monde doit avoir les mêmes chances et que personne ne doit sortir du rang. Mais aussi parce que quand on est différent, ça renvoie l'autre à sa propre différence aussi. et que d'un certain côté, probablement, on menace sa quiétude, on menace son confort. Donc quand on est différent, en France, c'est compliqué. Moi, je dis qu'être différent, ça ne signifie pas être ni mieux, évidemment, ni moins bien quand même. Le regard des autres, si on porte beaucoup d'attention au regard des autres, ça peut finir par devenir le regard qu'on va porter sur soi. Et c'est pour ça que ce décalage, il finit par provoquer une faible estime de soi-même chez les enfants. C'est pour ça que... Quand on est HPI et qu'on est au travail et qu'on reçoit des remarques, parfois on a l'impression de ne pas être bon, mais ce n'est pas une raison pour autant. Le besoin d'appartenance est particulièrement important pour l'enfance et pour l'adolescence, mais on n'a pas à avoir honte de ces centres d'intérêt, on n'a pas à avoir honte de ces questions ou même de ces facilités à faire une certaine catégorie de tâches. Alors il faut qu'on accepte qu'on ne soit pas. Compris par tout le monde, ça c'est d'évidence. On ne sera pas compris par tout le monde parce qu'on fait partie d'une minorité, il faut qu'on l'accepte. Pour les parents, qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie de ne pas présenter systématiquement la différence comme une difficulté à compenser. Être différent, c'est de la richesse, c'est de la diversité. La nature, elle présente de la diversité. Et donc au niveau de l'espèce humaine, elle présente de grandes diversités. Et parmi elles, ce profil cognitif, ce profil intellectuel qu'est le HPI. Il est très important par exemple qu'un enfant passionné d'astronomie n'évite pas d'en parler parce que ses camarades trouvent ça bizarre à son âge. Pourquoi est-ce qu'il devrait avoir honte de ce qu'il enthousiasme ? Pourquoi il ne pourrait pas développer sa passion ? Et pourquoi finalement il ne pourrait pas en faire profiter les autres ? Donc je conseille d'assumer sa différence parce que nous sommes tous... unique et donc nous sommes tous différents. Dernier conseil, c'est certainement le plus important, mais certainement aussi le plus difficile à suivre, c'est arrêter de se conformer. Nous n'appartenons pas à la norme, puisque nous ne fonctionnons pas comme la majorité des gens autour de nous, donc nous sommes hors norme. Et il y a une différence entre apprendre à vivre avec les autres, et renoncer à être soi-même. Je viens de vous dire qu'il était important d'assumer sa différence et donc si on assume sa différence, on n'a pas à rentrer dans le pot commun, on n'a pas à ressembler aux autres, on n'a pas à faire comme les autres obligatoirement. Alors à l'école, l'enfant apprend très tôt ce qui est attendu, ce qui est valorisé, ce qui est considéré comme normal. Et donc, il y a une conformisation qui est en train de se créer très tôt dans l'école. Et vous le sentez, vous, en tant que parent. Et l'enfant, il fait tous les efforts nécessaires pour éviter d'être à part, pour éviter d'échouer, etc. Mais c'est un mouvement qui est très toxique pour lui, puisqu'il lui envoie le signal que, tel qu'il est à l'intérieur de lui-même, tel qu'il peut sentir quels sont ses intérêts, sa façon de voir le monde, etc., ça n'est pas forcément acceptable, il va falloir qu'il en change. C'est pour ça aussi que l'estime de soi est très très faible. chez les enfants HPI la plupart du temps. Et donc certains vont développer des stratégies pour masquer leur facilité, taire leurs questions, cacher leurs émotions, adopter les centres d'intérêt du groupe, puisque comme ça, ça va garantir le fait d'être intégré. Mais si vous vous souvenez bien de votre propre histoire, ou si vous voyez comment ça se passe, et bien non, vous n'êtes jamais véritablement intégré, parce que cette différence qui est la vôtre, elle ne se gomme pas, elle est à chaque instant. votre façon de voir le monde. est visible à chaque instant et cette façon de vous exprimer en fait elle crée ce décalage de façon permanente. Donc vous pouvez essayer de vous conformer aussi fort que vous le voulez, ça ne fonctionnera jamais à 100% ou si vous avez la sensation d'être conformé à 100% et d'être totalement intégré, posez-vous la question à quel coup psychique en fait vous êtes intégré dans cette société qui ne vous ressemble pas, vous êtes intégré dans ce travail. avec lesquelles vous ne partagez pas les valeurs, vous ne partagez pas la même façon de travailler. Ça vous épuise. Et voilà pourquoi arrêter de se conformer, ça va être important pour être plus heureux. Alors, comment on fait ? On commence par ne plus chercher à plaire à tout le monde. Le regard des autres, c'est le regard des autres. Et on n'a pas à correspondre à toutes les attentes des personnes qui sont autour de nous. Vous imaginez l'enfer ? D'avoir à correspondre à ces dizaines de personnes qu'on croise dans une seule journée. Voilà pourquoi on est épuisé, voilà pourquoi on n'arrive pas à se connaître soi-même, voilà pourquoi on n'arrive pas à se développer correctement pendant notre adolescence et que parfois ça rejaillit quand on est adulte. Alors pour les parents, il est important pour votre enfant de distinguer les règles qui sont nécessaires à la vie collective, ce qui va garantir qu'il va pouvoir grandir aussi dans une société, il va apprendre à être avec les autres. Et puis... les injonctions à la normalité, c'est-à-dire ce qui l'empêche d'être soi-même, ce qui va le forcer à se comporter d'une certaine façon, qui est contraire à sa propre personnalité et au développement de son identité. Voilà, ça c'est très important. Un enfant qui connaît la réponse mais qui ne lève plus la main en classe pour éviter les remarques de ses camarades, c'est terrible. parce qu'il a appris à être accepté en devenant moins visible. Et voilà mes trois conseils pour être plus heureux quand on est HPI, se connaître pour mieux se comprendre et ne plus angoisser sur la façon dont on réagit ou dont on voit le monde, assumer ce que l'on est sans avoir à se justifier parce que le regard des autres n'a pas plus de place dans notre développement que le regard qu'on porte sur soi-même, et s'adapter lorsque c'est utile. mais uniquement quand c'est utile, sans s'effacer soi-même, sans faire de l'effacement d'identité une habitude de tous les jours. Un enfant HPI n'a pas à passer son enfance à apprendre comment devenir quelqu'un d'autre. Il a aussi besoin d'apprendre à devenir lui-même. Et vous, en tant qu'adulte, il n'est jamais trop tard pour être heureux. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si vous avez aimé, abonnez-vous et laissez-moi 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. Et partagez le podcast avec vos connaissances qui aimeraient en savoir plus sur le HPI. La voie rayée, c'est tout pour aujourd'hui. On se retrouve très bientôt pour un prochain voyage. Au revoir.