- Speaker #0
Bonjour à tous, je suis Jules Blavier et vous écoutez La Boîte à un Ruban. Je suis très heureux de vous retrouver aujourd'hui dans ce nouvel épisode. Nous allons aborder une nouvelle facette de la transmission. Je vous rappelle que le podcast est aussi disponible en version vidéo sous-titrée pour les personnes malentendantes. Le lien est en description. Pendant ces 30 prochaines minutes et à l'occasion de la clôture de la Mostra de Venise, on va partir sur un petit chitchat autour du cinéma, de la mode, de la transmission. Et pour cela, une invitée taillée pour l'occasion, elle est actrice et jeune réalisatrice. Bonjour Julia Rivoire, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Ça va et toi Jules ?
- Speaker #0
Ça va très bien. Est-ce que tu veux rajouter quelque chose pour te présenter ?
- Speaker #1
Non, je pense que tu as fait le taf.
- Speaker #0
Ok. Moi je suis très heureux de t'accueillir aujourd'hui. On va discuter de cinéma, sans chichi, mais avant de commencer, je vais te poser la même question qu'à tous les autres invités. Si tu pouvais donner une définition simple, personnelle de la transmission, quelle serait-elle ?
- Speaker #1
Je pense que transmettre, ça reste quand même dans l'ADN de l'être humain, il a toujours besoin de transmettre un message. Donc pour ça, il faut avoir des bases solides et savoir puiser au fond de nous et savoir ce qu'on a envie de dire au monde qui nous entoure. Et je pense que c'est ça, je dirais, transmettre le meilleur de nos messages à notre famille, aux gens qui font partie de notre monde. et le transmettre autour de nous.
- Speaker #0
Ok, super. Alors c'est parti, ouvrons ensemble la boîte à rubans. Pour commencer, si je te dis cinéma et transmission, quel est le film qui te vient directement en tête ?
- Speaker #1
Je pense que ça serait Tree of Life de Terrence Malick. Déjà, en fait, on a cette histoire d'arbre de vie autour d'une famille. Et il y a vraiment ces deux pôles hyper différents entre la transmission que la mère donne à ses enfants, donc la transmission de la grâce, donc se concentrer sur les petites choses, la nature, les détails vraiment qui nous entourent, sur les émotions. Et puis il y a complètement l'opposé avec le père qui lui transmet ses valeurs, donc la transmission de la nature en disant à son fils « tu seras comme ça mon fils » , avec la religion, etc. Et c'est vrai que ces deux pôles, en tant qu'enfant, on l'a... tous vécus, nos parents nous transmettent des choses. Et c'est à nous de savoir si on a envie de recevoir ce que nos parents nous donnent génétiquement parlant ou simplement se concentrer sur les petites choses, la nature. Donc il y a beaucoup plus ce besoin d'amour, cette transmission quasi spirituelle. Et puis il y a le père qui lui transmet des valeurs, des codes à ses enfants pour qu'ils grandissent et pour qu'ils soient forts. Et c'est vrai que nos parents nous transmettent une génétique et c'est à nous de choisir si on a envie de répéter ce que nos parents nous transmettent ou si on a envie d'inventer nos propres codes. Et c'est un peu ce que l'enfant essaye de faire dans cette histoire en étant lui-même à travers ce qu'on a pu lui transmettre et ce que lui, il a envie d'achever dans sa vie.
- Speaker #0
dans ta famille à toi, est-ce que le cinéma avait quelque chose de central ?
- Speaker #1
Oui, totalement. Mes parents m'ont fait énormément regarder de films quand j'étais petite. On est passé vraiment des gendarmes belmondo dans le cinéma français au thriller des années 90 américain. Ça a vraiment été une transmission pour eux. Je pense qu'en tant que parent, on a envie de montrer à nos enfants ce qu'on aime bien, etc. Et c'était vraiment un moment de partage qui crée une unité en famille, ce moment pour regarder des films.
- Speaker #0
C'est vrai que le cinéma, pour moi aussi, dans ma famille, c'était vraiment un élément très important. C'est vrai qu'on nous a transmis aussi beaucoup de films et beaucoup de valeurs autour des films. J'en parlerai plus tard, mais toi, c'est Tree of Life de Terrence Malick. Moi, c'est plus Big Fish de Tim Burton, mais on va en parler un petit peu plus tard. Mais c'est vrai que c'est un peu comme la musique aussi. C'est des éléments très importants qu'on nous transmet dès l'enfance, qui vont avoir une grande influence sur notre perception des choses, de la vie. même des valeurs qu'on va vouloir défendre. Du coup, ça rattache à l'enfance, forcément à les souvenirs. Et toi, si tu avais un souvenir de cinéma ou de film dans ton enfance, lequel il vient directement en tête ?
- Speaker #1
Je pense qu'un film qui m'a vraiment marquée, c'était L'homme qui murmure à l'oreille des chevaux. Ça m'avait vraiment marquée à cette époque, je me rappelle. En plus de voir cette fille brisée, je pense que je devais avoir à peu près le même âge en plus. J'étais toute petite, mais elle avait 14 ans, je crois, Scarlett Johansson, dans ce film. Et vraiment, cette fille qui est brisée, qui a perdu son rêve, et le fait qu'on la voit essayer de revivre après ça. C'est des personnages qui sont assez touchants, je trouve, même comme Derouille et Doss. Ces personnages vraiment qui ont tout perdu et qui, après, essaient de se reconstruire. J'avais trouvé ça très touchant. Et puis même le côté grande nature, comme ça, sur les grandes étendues aux États-Unis, un peu comme Légende d'automne. C'est vraiment des films qui me touchent personnellement.
- Speaker #0
Et du coup, en grandissant, ça a pris une place importante dans ta vie, le cinéma ?
- Speaker #1
Oui, toujours. Je pense vraiment depuis toute petite, ça a toujours eu une place très importante.
- Speaker #0
Et tu penses qu'il t'a transmis des valeurs ou des leçons de vie ?
- Speaker #1
En vrai, en tant que... Parce que je suis fille unique. Et du coup, en tant que fille unique, c'était vraiment mon grand frère et ma grande sœur qui m'apprenaient un peu les codes de la vie. C'était un peu ma fenêtre sur le monde extérieur. Comme en plus, je venais de la campagne, etc. Je ne connaissais pas comment ça se passait dans le monde réel. Et c'est pour ça que quand je suis arrivée à Paris ou même des villes comme New York, etc. Je me suis dit, OK, le cinéma m'avait un peu briefée. Bien sûr, il y a quand même le monde réel qui est totalement différent. Mais je pense que... Ça m'a beaucoup aidée en tout cas à savoir comment je devais me comporter et à savoir à quoi m'attendre aussi.
- Speaker #0
Et du coup, c'est à partir de ce moment-là que tu as eu un rêve de cinéma ?
- Speaker #1
Oui, en vrai, j'avais peut-être 7 ans, je pense, et j'avais dit à ma mère « je veux être actrice » . Ma mère « oui, oui, bien sûr, on en reparlera » . On en a reparlé et c'était non négociable et ça ne m'a pas lâchée. Et ça, mes parents l'ont très bien compris et m'ont toujours supportée dans mes choix.
- Speaker #0
C'est un film qui t'a donné le déclic de vouloir faire ça ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est un film en particulier. Peut-être des acteurs aussi. Je me disais, ok, je vais jouer comme cette personne. Je voyais des Mireille Strip, des Julianne Moore. Je me disais, ok, ça sera mon tour aussi. Et franchement, je ne sais pas s'il y a un film en particulier, mais je pense que c'est l'énergie en elle-même du cinéma que je trouvais magique. Je me disais, c'est le meilleur métier du monde, ce n'est pas possible. Pourquoi on ne nous apprend pas ça à l'école ? Pourquoi il n'y a pas un cursus ? Je trouvais ça incroyable.
- Speaker #0
Parce que toi, pour mettre un peu de contexte, Tu as commencé cette année à réaliser, et tout d'abord, bravo.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Tu as présenté ton premier court-métrage au Nikon Festival. Alors, pour être honnête avec vous, à l'heure à laquelle on enregistre, parce que oui, on enregistre un peu avant la diffusion, on ne sait pas encore si le film fait partie des 50 finalistes. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu de ton film ?
- Speaker #1
Ça s'appelle Puppet Strings. C'est un film qui porte sur le mannequinat. C'est un homme qui crée des marionnettes humaines. et qui les vend sur le marché. Donc c'est un peu un thriller psychologique tout en noir et blanc. Et donc en fait, il a conçu une mannequin comme une mannequin touven. Donc c'est un peuple mongol qui est valorisé pour être très spirituel. Et en fait, on a cette mannequin qui découvre qu'elle n'est plus qu'un simple produit dans la société et qu'elle est plus qu'une image. Et donc, elle commence à avoir tous ses rêves en elle qui viennent briser cette image. et qui la recentre sur qui elle est au fond. Donc on a vraiment son âme qui essaie de l'appeler, à essayer de se retranscrire en étant la version la plus honnête d'elle-même. C'est dans un univers hyper froid du coup de la mode, avec vraiment de l'usure sur le corps, sur ce que le mannequinat peut engendrer sur les jeunes femmes qui le font, et retrouver sa liberté à travers tout ça.
- Speaker #0
Et toi dans ce film, il y a un élément qui est assez important, parce que quand même ça traite de l'idée du souvenir. la transmission en quelque sorte dans certains passages. Toi, dans ton film, tu as fait un choix assez audacieux parce qu'il est en langue kazakh, sous-titré en anglais. Il y a eu un lien entre l'actrice et ce choix ?
- Speaker #1
Déjà, mon actrice est kazakh, donc du coup, je voulais que ça porte sur l'Asie centrale, que ça soit quand même vachement porté sur la spiritualité, puisque mon expérience personnelle est ce qui a inspiré ce film. C'est que j'ai vécu en Chine pendant six mois, je faisais du mannequinat et à côté de ça, je commençais à lire énormément de livres, des cartoles, j'ai fait beaucoup de méditations. Et il y avait vraiment ce truc en moi qui me confortait dans une petite bulle et qui me protégeait un peu de tout ça. Et c'était la spiritualité. Donc je pense que mon film est vraiment la rencontre de ce monde matériel avec ce monde très spirituel qui a porté là-dessus. Et puis même, j'avais tellement de témoignages autour de moi de mannequins. qui vivaient la même chose que moi, que j'avais envie justement de pouvoir... ouvrir ma bouche et parler pour celles qui n'arrivaient pas à le faire.
- Speaker #0
Donc c'était vraiment une volonté de transmettre ton histoire personnelle dans ce film-là ?
- Speaker #1
Je pense qu'au fond, c'est quelque chose qui nous est propre et personnel, un traumatisme ou quelque chose en nous qui fait qu'on a envie d'exprimer. Et moi, c'est venu de ça. C'est l'expérience personnelle, les témoignages autour de moi. Il n'y a pas un film en particulier qui m'a vraiment... Il n'y a pas tant de films aussi qui portent là-dessus.
- Speaker #0
C'est vrai que dans le cinéma, il y a assez peu de films qui dénoncent la mode et l'univers toxique de cette industrie. Et c'était important pour toi de le mettre en avant dans ce film ?
- Speaker #1
Tous les métiers d'image sont compliqués, que ce soit dans le cinéma ou dans le mannequinat. Là, c'était vraiment quelque chose que j'avais vécu et que j'avais envie d'exprimer.
- Speaker #0
C'est vrai que la plupart des films mettent en avant vraiment un rêve. On vend vraiment l'esthétique de la mode avec assez peu de recul et assez peu de critique. En vrai, si on pense à des films qui vont dénoncer, le premier auquel j'ai pensé, c'est un peu basique, mais c'est le Sabi en Prada. En réalité, ça paraît un peu ridicule comme ça, mais c'est vrai que c'est un vrai film de critique qui critique vraiment la mode. La réalité est encore plus difficile que celle qui est montrée dans le film, mais c'est un des rares films grand public qui va mettre ça en avant. Dernièrement, il y a une série Netflix qui est Halston, sur le créateur Halston. Elle utilise vraiment le parcours de ce créateur pour critiquer le fonctionnement de l'industrie et à quel point les gens peuvent devenir mauvais autour de tout ça. Mais c'est assez peu de films, au final, dans le paysage cinématographique qui va dénoncer tout ça. Toi, est-ce qu'il y a un film qui te vient en tête sur cette dénonciation de la mode du mannequinat ?
- Speaker #1
C'est peut-être pas une dénonciation du mannequinat, mais il y a un de mes films préférés qui est interprété par Jane H. Lee. C'est un film de Michael Christopher. C'est un biopic qui porte sur Gia Keranji. Je crois que c'est le premier top modèle des années 90, avant Naomi Campbell. On a vraiment cette mannequin un peu punk qui ne rentre pas du tout dans les codes, qui s'appelle Gia Keranji. C'est vraiment quelqu'un qui avait envie de marquer autour d'elle et de transmettre qui elle était, parce qu'elle avait quand même une forte personnalité. Et en fait, c'est ce qui lui a porté préjudice parce qu'elle est morte très jeune. Elle est morte à 27, 28 ans puisqu'elle était drogue addict aussi. Et en fait, elle était obsédée quand même. Il y a ce truc dans la mode pour les mannequins. On est obsédé par la perfection parce qu'on nous forge à tout le temps être parfaite. Il faut toujours que ta peau soit parfaite, que ton corps soit parfait, etc. C'est hyper touchant parce qu'on sent qu'elle a envie d'être libre. Et en fait, c'est une chance immense d'être top modèle. d'être sur tous les magazines, etc. Mais à la fois, elle en souffre. Et c'est une histoire qui est très belle et très touchante.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, il me semble que c'est ce film-là qui a valu un Golden Globe à Regina Jolie.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Je croyais que c'était un Oscar, mais oui, c'est un Golden Globe.
- Speaker #0
Oui, c'est fou tout cet univers de mode qui vend du rêve,
- Speaker #1
mais qui ne reste pas dans la dénonciation.
- Speaker #0
Il y a un film un peu sur le mannequinat qui va être plus satirique que critique, on va dire. Enfin, ce n'est pas une critique qui est dure, c'est plus une satire. C'est un film de 1966 de William Klein qui s'appelle Qui êtes-vous, Polly Magoo ? Je ne sais pas si tu as déjà vu. C'est du coup un film des années 60 en noir et blanc. Donc, c'est assez précurseur qui va vraiment suivre la vie d'un mannequin et qui va dénoncer un peu toute la folie et tout le monde qui l'entoure. Et c'est un des premiers films qui va... dénoncer ça. Après, il y en a quand même très peu. Il y a quelques films de mode qui vont dénoncer des choses en particulier. Il y a Xavier Legrand, en 2024, qui avait fait un film qui s'appelle Le successeur. Après, sinon, il faut attendre un peu des documentaires. Et encore, c'est quand même assez rare. Il y en a un qui me vient en tête, c'est The True Ghost de Andrew Morgan, qui raconte l'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh. Je ne sais pas si ça te dit quelque chose, cette histoire.
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
C'est en 2012 ou 2013, c'est un bâtiment dans lequel se trouvaient beaucoup d'ateliers de confection au Bangladesh, où beaucoup d'entreprises occidentales employaient des gens. Et en fait, un jour, cet immeuble s'est effondré et a causé la mort de plus de 1000 personnes, plus de 2000 blessés. Et on s'est rendu compte avec l'enquête que c'était dans des conditions d'insalubrité et des conditions de travail absolument déplorables. Et ça a vraiment fait un énorme choc dans la mode et ça a fait beaucoup scandale parce que des marques de luxe avaient aussi fait appel à ces intermédiaires pour travailler pour eux. Et en fait, au moment des hommages nationaux, aucune marque occidentale ou peut-être une s'est déplacée pour rendre hommage aux victimes de Rana Plaza. C'est un documentaire qui est très important. En tout cas, c'est un des rares documentaires aussi qui critique ça. Je trouve aussi ce qui est important dans le cinéma, c'est aussi qu'on est censé transmettre aux autres pour pouvoir aussi les protéger et pour pouvoir les avertir. C'est aussi le rôle du cinéma de faire ça, je pense.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
On va un peu laisser de côté l'aspect mode pour revenir plus sur la transmission autour du cinéma et autour de la famille surtout, du temps qui passe, du questionnement un peu philosophique que certains films vont pouvoir aborder. J'en ai parlé un peu au début du podcast, mais pour moi, le film qui parle vraiment de transmission, c'est Big Fish de Tim Burton. C'est un film du début des années 2000. Il y a vraiment tous les éléments dans le film et plein de manières dont le film transmet quelque chose. Ça parle de valeur familiale, de sens de la vie. Ça aborde directement le thème de la transmission. En gros, si vous ne l'avez jamais vu, Big Fish, c'est l'histoire d'un jeune homme qui vient au chevet de son père, qui est mourant. Et en fait, ils se sont éloignés pendant plusieurs années parce que son père prenait beaucoup trop de place dans sa vie. Il racontait toujours sa vie, il racontait toujours ses histoires. Et son fils n'a jamais réussi à le croire, à toujours trouver que ses histoires étaient trop farfelues pour être plausibles. Et en fait, au fur et à mesure du film, il essaye de comprendre qui est son père et il réécoute toutes ses histoires. Et il se rend compte, en fait, de ce que son père voulait lui dire au travers de ses histoires. Je ne vais pas vous spoiler si vous n'avez pas vu le film, mais c'est un film qui est... très très puissant et qui parle vraiment de transmission et personnellement moi je l'ai vu beaucoup quand j'étais petit, je pense que je ne comprenais pas ce film je comprenais un peu que c'était un conte, une fable c'était un peu fun à regarder mais je ne comprenais pas le sens profond du film et je l'ai revu il y a quelques années et je me suis dit mais ce film je ne l'avais absolument pas compris et en le comprenant aujourd'hui avec mon regard d'adulte c'est drôle parce que du coup
- Speaker #1
Toi, tu n'avais pas compris le film, mais le personnage ne comprend pas non plus son père. C'est ça.
- Speaker #0
Et je pense qu'il y a un truc un peu comme ça dans ce film, qui est assez puissant. Mais oui, c'est vrai. Mais je pense que c'est aussi avec l'âge, et c'est ce que le personnage comprend dans le film, c'est qu'avec l'âge, on ne comprend pas toujours les mêmes choses. Et moi, je n'avais pas du tout compris ce film de cette manière. Ça m'a vraiment bouleversé. Et toi, est-ce qu'il y a des films comme ça que tu as vus plus tard et que tu as compris d'une manière complètement différente ?
- Speaker #1
Je pense que j'avais vu Tarja in the Mated après avoir regardé le cours de Wes Anderson qui précède ce film. C'est Hôtel Chevalier, d'ailleurs je conseille, c'est un court-métrage de 10 minutes. C'est une histoire au début que je ne comprenais pas dans son ensemble. Et en fait j'ai un ami qui m'a offert le livre de Wes Anderson. Ce livre, il est trop bien parce que du coup il prend vraiment point par point les films et en fait on comprend tous les codes. que le réalisateur essaie de transmettre dans un film. Et par exemple, il y a ce personnage qui arrive avec plein de bandages autour de la tête. Au fur et à mesure du film, il perd ses bandages. Ce que Wes Anderson voulait transmettre à travers ça, c'est qu'en fait, le voyage spirituel qu'il entretient avec ses frères, il est en train de réparer les blessures qu'eux se sont faites entre frères et que ce voyage est en train de soigner leurs blessures, etc. Et ça, j'avais trouvé ça trop fort, justement, de glisser des petits... message subliminaux comme ça et qu'on ne capte pas ce que ça veut dire. Et quand on se penche vraiment dessus en ayant la Bible du film, le livre qui nous montre ce que ça veut dire, c'est fou parce que du coup, on le comprend totalement d'une différente manière.
- Speaker #0
Est-ce que paradoxalement, il y a des films que tu n'as pas envie de revoir parce que tu n'as pas envie que ta perception du film soit altérée ?
- Speaker #1
Je crois qu'on a le même. Je crois que c'est Single Man. Singleton, c'est vraiment un film de Tom Ford que j'ai adoré. Et je ne peux pas le regarder parce qu'en fait, j'en garde tellement un bon souvenir. J'écoute la musique tout le temps, mais je n'ai pas revu le film. Et j'avais trouvé ça tellement touchant entre la performance des acteurs, avec Colin Firth et Julianne Moore, et la beauté des plans. j'avais... jamais vu une réalisation comme ça où il y a vraiment un truc sur les émotions.
- Speaker #0
Honnêtement, je ne vois pas comment le film peut être moins bien en le revoyant une deuxième fois. Moi aussi, je ne l'ai vu qu'une seule fois. Mais c'est vrai qu'il y a tellement de perfection et ce film est tellement sublime et touchant qu'il ne peut être encore mieux à un deuxième visionnage. On ne va pas vous raconter l'histoire parce que je trouve aussi que c'est ça qui est beau dans ce film, c'est de découvrir l'histoire au fur et à mesure. Mais c'est vraiment un film qui est sublime. Comme tous les films dont on vous parle, on vous invite à les regarder pour vous voir aussi un peu comprendre ce qu'on veut dire. Mais Sacré-Lys, si vous avez du temps devant vous, consacrez-en à regarder ces films, ils sont vraiment super. Il y a un autre film auquel je pense quand on pense à Single Man et la beauté du film, du message, c'est Ghost Story de David Levery. Pareil, je ne l'ai vu qu'une seule fois. Et ça, peut-être, c'est le film que j'ai un peu peur de revoir. J'ai peur que ça altère ma perception. Je ne sais pas, c'est un film qui m'avait tellement touché. Si vous ne l'avez pas vu, c'est un film qui raconte l'histoire d'un homme qui vient hanter, en quelque sorte, la maison dans laquelle il vivait avec sa femme. Et en fait, il se retrouve piégé, spectateur du temps qui passe sans lui. Et il y a vraiment une réflexion autour du sens des choses, autour du fait d'apprendre des autres, de comprendre le rôle de la mémoire. et aussi du sens de sa vie. C'est vraiment un film qui est très, très beau. Pareil avec une très belle BO. Et c'est assez touchant. Ça rejoint un peu Single Man parce que c'est esthétiquement très beau. Il y a un message qui est très, très fort. Et je pense qu'on peut l'interpréter de manière très différente en fonction de quand on le voit, avec qui on le voit, et à l'âge auquel on le voit. Et il y a un autre film aussi qui est un de mes films préférés. Je sais que tu l'as vu il n'y a pas longtemps. C'est juste La fin du monde de Xavier Dolan. Pareil. qui est très, très touchant. Pour le coup, je l'ai vu quand même plusieurs fois. Et à chaque fois que je le vois, je comprends de manière différente le film et je suis touché à un moment différent aussi du film. Pour mettre un peu de contexte, c'est aussi un film sur la transmission et sur aussi ce qu'on veut transmettre aux autres et ce dont on veut que les autres se souviennent après notre départ. C'est vraiment un film qui est très beau. qui est très bouleversant. Et comme Ghost Story, c'est un film qui joue beaucoup sur le silence. Ça t'avait vachement touché, le silence dans Juste la famille. Oui,
- Speaker #1
même Uriel, son silence, il dit tout. Et je trouve que la réalisation est très, très intelligente parce que du coup, on a Gaspard Uriel qui donne ce truc très étouffé. On sent qu'il étouffe avec tous ces cris autour de lui, où il n'est pas du tout entendu dans cette famille. C'est sa famille. Et en fait, je pense que Merci. Majoritairement, ça nous arrive, même dans notre adolescence, même en grandissant, etc., que des fois, on ne soit absolument pas compris dans nos familles. Et du coup, c'est vraiment quelque chose qui nous parle. Et je trouve que niveau réalisation, le fait de créer un environnement hyper sombre comme ça, très étouffant, ça fait direct miroir avec ce que le personnage principal ressent. Je me sentais même oppressée à la fin du jeu. Je me disais « Waouh ! »
- Speaker #0
C'est vraiment un huis clos qui se veut oppressant pour se retrouver dans la peau de Gaspard Oliès, qui est oppressé par sa famille.
- Speaker #1
mais c'est un très beau film sur la transmission pareil on va pas spoil mais la scène de fin est absolument sublime et il y a vraiment une volonté de transmettre quelque chose et chaque personnage a quelque chose à transmettre à l'autre et comprend quelque chose à la fin du film en fait ça fait vraiment une cocotte minute on dirait que ça a été enfermé pendant tout le film et à la fin toutes les émotions explosent mais avec beaucoup de tenue je trouve et c'est très beau la manière de
- Speaker #0
voir les Merci. tous les protagonistes s'exprimer. Je pense que c'est ça aussi dans le cinéma qui est très beau, c'est la possibilité d'en dire beaucoup et en même temps d'en dire très peu. Utiliser le silence pour parler beaucoup et utiliser la parole pour parler assez peu. Je pense que la transmission c'est aussi un peu ça. Il n'y a pas besoin toujours de parler pour transmettre. Il y a des choses qui se transmettent, pas que avec la parole, qui se transmettent avec les gestes, avec les actions. Et la transmission c'est... aussi ça et le cinéma le montre aussi beaucoup. Avant de conclure cet épisode, car oui, on est déjà au bout de cette demi-heure, on va passer au rituel et à la recommandation du jour. Comme vous le savez, à chaque épisode, l'invité et moi-même vous recommandons un livre, un film, un artiste, pour vous inviter à continuer à explorer le sujet du jour. On va commencer par toi, Julia. Est-ce que tu as une recue à nous faire aujourd'hui ?
- Speaker #1
J'aurais pu recommander un film ou un livre, mais à l'heure actuelle... J'ai envie de recommander quelque chose qui me parle. Je pense qu'après avoir été longtemps dans ma tête, et regarder des films et lire des livres, j'avais du mal à m'ancrer dans le monde réel. Il faut absolument être honnête avec soi-même, comprendre ce qu'on a envie de transmettre autour de nous. Et je pense que tout le monde devrait faire ça, comprendre ce qu'il a envie de transmettre au fond de lui, pour que tout le monde reçoive le meilleur message possible. Donc je dirais foncez, soyez brave, soyez courageux, soyez audacieux dans vos choix et c'est comme ça que quelque chose de grand pourra appeler pour vous.
- Speaker #0
Jolie recommandation, très philosophique.
- Speaker #1
Je suis très philosophique.
- Speaker #0
Je vais vous recommander quelque chose de moins philosophique, mais tout aussi bien. Je vais vous recommander le film de Julia, Puppet Strings. Je vous mets le lien en description et sinon je vous recommande de regarder les films dont on a parlé le plus longuement, si vous ne les avez pas vus, bien sûr. Pour vous aussi, vous faire votre avis et comprendre un peu notre interprétation des films. Maintenant, il est temps de fermer cette boîte à rubans pour aujourd'hui. En tout cas, je te remercie d'avoir partagé ce moment avec nous, Julia.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Et quant à nous, on se retrouve mardi dans deux semaines. Je serai de nouveau accompagné, mais je ne vous en dis pas plus. En attendant, n'oubliez pas de vous abonner, laisser des étoiles ou un commentaire sur le podcast et je vous dis à très vite. Ciao.