- Speaker #0
Bonjour à tous, je suis Jules Blavier et vous écoutez La Boîte à Ruban. Je suis très heureux de vous retrouver aujourd'hui dans ce nouvel épisode où nous allons aborder une nouvelle facette de la transmission. Je vous rappelle que le podcast est aussi disponible en version vidéo sous-titrée pour les personnes malentendantes. Le lien est en description. Pendant ces 30 prochaines minutes et à l'occasion des 40 ans d'exposition mode du Musée des Arts Décoratifs de Paris, nous allons discuter du rôle du documentaire de mode dans la transmission et la diffusion des archives. Et pour cela, on est invité de Marc, il est réalisateur, monteur et documentariste. Bonjour Anthony Goujan, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bonjour Jules, ça va très bien, merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux rajouter quelque chose pour te présenter ?
- Speaker #1
Non, c'est parfait, je pense que je suis une personne multi-casquette et voilà, t'as mis les bons titres dessus.
- Speaker #0
Je suis très heureux en tout cas de t'accueillir aujourd'hui, on va discuter du rôle du documentaire de mode. Mais avant de commencer, je voulais te poser la même question qu'à tous les autres invités. Si tu pouvais donner une définition assez simple et personnelle de la transmission, quelle serait-elle ?
- Speaker #1
Pour moi, la transmission, c'est faire vivre la mémoire, regarder le passé pour éclairer le présent et l'avenir.
- Speaker #0
Parfait. Alors c'est parti, ouvrons ensemble la boîte à rubans. Si je te dis que le format de documentaire de mode est un outil de transmission, mais aussi de diffusion des archives, est-ce que ça te parle ?
- Speaker #1
Le documentaire, c'est mon quotidien, donc oui, ça me parle. On a tendance à penser que le documentaire, c'est quelque chose juste d'informatif. Et en fait, ça permet de montrer des choses qui ont été oubliées, de réinterpréter des choses qui ont été déjà diffusées, et en même temps, de peut-être créer des aspirations.
- Speaker #0
Tu réalises en partie des documentaires sur les archives de mode. En particulier, dernièrement, tu as fait, avec la revue Griffey, trois documentaires de mode, un sur Maison Margiela, un sur Mugler et un sur Kenzo. Est-ce que ça a toujours été une évidence pour toi de filmer la mode et les acteurs de la mode ?
- Speaker #1
Ça n'a pas toujours été une évidence pour moi, parce qu'en fait, j'ai été monteur. J'ai été pendant 15 ans monteur, notamment de Loïc Prigent. Mais avant d'arriver dans la salle de montage de Loïc, J'ai monté pour quotidien, donc le petit journal et la télé-réalité. Pour moi, c'était une évidence de raconter des histoires, avec la matière qu'on me ramenait lors des émissions ou des tournages. Mais j'ai vraiment appris à raconter des histoires de mode avec Loïc. Et c'est sur le tard, en fait, que je me suis dit, ah mais oui, j'ai une appétence de vouloir raconter ces histoires, mais en les filmant moi-même.
- Speaker #0
Mais du coup... Tu parles des histoires qu'on te rapporte, mais du coup, toi, tu es un peu un porteur aussi d'histoire au travers des documentaires que tu vas diffuser.
- Speaker #1
Je pense que je suis plus un trait d'union entre les porteurs d'histoire, qui sont les individus et personnes qui ont des histoires à raconter et on ne leur donne pas forcément la parole, et le spectateur. En fait, je suis plus la personne qui met en image leur histoire. Parce que de mon expérience de monteur et aujourd'hui de réalisateur, j'ai une appétence pour aller chercher l'image qui va venir appuyer un propos. Des fois, en fait, quand on demande à une personne de raconter son histoire, ça peut être assez abstrait. Parce que la personne, en fait, nous raconte quelque chose qui est son quotidien. Elle est dans sa bulle. Et en fait, il faut des fois vulgariser le propos. Et quand je dis vulgariser le propos, ce n'est pas de manière négative, mais c'est plutôt d'avoir un discours universel. pour toucher un maximum de personnes. Et le fait de choisir la bonne image, simplifier le propos, c'est bénéfique pour ces personnes qui ont des histoires à raconter.
- Speaker #0
Et aussi, tu les illustres, du coup, forcément.
- Speaker #1
Et je les illustre. Et l'illustration va au travers du tournage. Donc l'image que moi, je vais tourner avec ces personnes en direct. Ou alors, on va ouvrir la boîte à archives. Et là, c'est ma passion. d'aller chercher des images qui n'ont pas encore été montrées, qui sont restées pendant des années dans un album de famille, dans un placard d'une maison de mode. Enfin, aller chercher une image et la poser sur une histoire. C'est ça qui me passionne.
- Speaker #0
Et ça, on va en parler un petit peu plus tard dans le podcast. Du coup, toi, tu donnes la parole à celles et ceux qui sont assez peu écoutés, finalement. Tu vas donner la parole à des directeurs de collections, à des photographes. C'est aussi eux qui portent la mémoire de la mode. C'est important pour toi de leur donner à eux la parole et leur donner à eux l'opportunité de transmettre leur mémoire, transmettre leurs souvenirs de leur travail, de leur expérience ?
- Speaker #1
Ce qui est intéressant, c'est qu'une histoire et une mémoire, il y a l'histoire générale qu'une maison peut raconter, ou l'histoire globale que la société nous raconte. Et de mon parcours et de la personne que je suis, j'ai un regard où je vais raconter une histoire à travers un autre prisme. Dans ce cas-là, dans l'histoire de Griffey, ce qui est intéressant, en fait, c'est d'aller chercher la petite histoire pour raconter la grande histoire. Si on prend le cas de Kenzo, par exemple, Le Griffet Kenzo, pour les auditeuristes qui n'ont pas encore vu ce documentaire, il est disponible sur YouTube, c'est l'histoire d'une dame italienne qui s'appelle Miss Deanna, qui a fait toute la maille pour la maison Kenzo, et après pour Marta Margiela, pour d'autres créateurs. Et en fait, à travers son histoire et à travers sa personne, ça raconte ce qu'est être une femme dans les années 50 en Italie, grandir. développer une industrie, mais en même temps, en fait, ce rapport à la création, comment on soutient une industrie, comment on aide des jeunes créateurs. Parce qu'aujourd'hui, si je vous dis Kenzo, Martin Margiela, en fait, c'est des institutions, c'est des maisons qui sont installées depuis des années, mais au début, c'était des individus. Et ces personnes-là ont été voir Miss Diana pour, en fait, qu'elle les soutienne et qu'elle les aide à créer une collection, en tout cas, même à développer des techniques.
- Speaker #0
Et les faire grandir.
- Speaker #1
Et en fait, grandir ensemble. Donner la parole à ces personnes-là, c'est aussi créer de l'empathie. C'est aussi un moyen de communication. Aujourd'hui, griffer, ce n'est pas quelque chose qui est commandé par les maisons. On est totalement indépendant et autonome. Il n'y a pas de validation des maisons. Donc la parole, elle est complètement libre. Mais je le fais avec bienveillance, pas tant pour la maison, mais surtout pour la personne qui me confie sa parole. qui a confiance en moi.
- Speaker #0
Dans l'épisode de Kenzo, on voit la quantité d'archives dans cet immense entrepôt sur tous ses portants. C'est assez impressionnant d'ailleurs, surtout que c'est que des archives de mailles et c'est vrai que souvent, j'ai l'impression qu'on met un peu la maille de côté dans les maisons en termes d'archives.
- Speaker #1
Alors c'était assez hallucinant de se retrouver au milieu de... de tous ces racks, de tous ces portants avec, le chiffre je ne l'ai pas, mais je pense qu'il y a 10 000 prototypes et vêtements faits en maille. C'est tout ce qu'elle a créé, elle et ses équipes, depuis 50 ans de création de l'usine. Et c'est vrai que dans une collection et dans une histoire d'une maison, la maille c'est un seul élément de la collection. Une collection et l'ADN d'une maison, elle est divisée en plusieurs entités. Et là... C'est la première fois où je vois dans un seul endroit une petite entité, quelque chose qui est considéré comme pas le summum de ce que peut être la couture ou la haute couture, ou le prêt-à-porter luxe. Et là, c'était la profusion et que des nouvelles techniques, que de la recherche, du prototype. C'était assez incroyable d'être au milieu de tout ça.
- Speaker #0
De pouvoir partager ce moment avec elle et de découvrir tout ça. Et c'est vrai qu'on en a parlé, les acteurs de la mode sont garants. de l'histoire d'une maison, mais les archives, et là en l'occurrence, chez Kenzo, les archives mailles, elles sont garantes de l'histoire de la maison. Et j'ai l'impression que depuis quelques années, quelques temps, les archives de mode, elles sont plus mises en avant. Qu'est-ce qui a poussé ce changement de mettre en avant les archives et de plus en parler ?
- Speaker #1
Si on a porté un intérêt sur les archives depuis plusieurs années, c'est qu'on s'est rendu compte du pouvoir de l'archive. Il y a deux choses. La première, c'est que si on a une archive d'une maison, ça permet aux studios, aux créateurs de la maison de pouvoir s'en inspirer, de pouvoir travailler cette matière. L'étape 2, et c'est ce qui est en train de se développer de plus en plus, on se rend compte que l'archive d'une maison est un soft power pour le client. Et en fait, on commence à communiquer dessus en créant par exemple des livres. c'est ce que vient de faire Roger Vivier avec un gros livre qui vient de sortir chez
- Speaker #0
C'est vrai que Roger Vivier, depuis quelques mois, j'ai l'impression qu'il mitraille en termes d'archives. Je vois beaucoup de vidéos qui passent et j'ai vu même Inés de Lafressange faire des reviews d'archives de chaussures chez Roger Vivier. Eux ont mis beaucoup l'accent dessus.
- Speaker #1
Ça permet aussi d'installer dans le temps une maison. Roger Vivier, ça veut dire qu'on est là depuis un siècle, grosso modo. C'est-à-dire qu'on n'est pas une petite maison, on n'a pas commencé il y a cinq ans. On a tout un patrimoine, on a tout un savoir-faire. Ça permet de dire tout ce que vous voyez aujourd'hui, potentiellement, ça peut venir de nous.
- Speaker #0
Il y a aussi beaucoup d'expositions quand même dernièrement. Depuis 10-15 ans, j'ai l'impression qu'il y a aussi une explosion des méga-expos-modes. Mais les fondations Alaya et la fondation Saint-Laurent, au travers du musée Saint-Laurent, diffusent beaucoup d'archives et produisent beaucoup d'expositions à l'année. Qu'est-ce qui les pousse à diffuser ? C'est la volonté de créer un soft power et de capitaliser sur leurs archives ?
- Speaker #1
Alors là, il y a deux choses. La première, c'est ce que tu viens de dire. c'est que oui, En un, c'est le soft power. Ça permet de toucher un public. Le public ne peut pas forcément s'acheter une robe de couture ou un tailleur prêt à porter le luxe. Peut-être qu'il va faire dans son quotidien s'acheter un parfum ou un rouge à lèvres. Mais en tout cas, là, ça lui donne l'accès aux vêtements, à une histoire globale de ce qu'est la maison et comment s'inscrire dans le temps. Notamment avec la Fondation Alaya, avec Dior Galerie. avec la Fondation Saint-Laurent. En deux, il y a aussi quelque chose qu'on oublie de l'archive, mais ça peut être aussi un moyen de recrutement. C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, ce qui se passe, c'est globalement aussi bien les expo-modes que tout le contenu autour de l'archive. On va créer une histoire commune, une légende. Et en fait, ça va créer une motivation ou une adhérence à la marque. Et on a envie de se projeter en se disant « Ah, cette maison, elle a des valeurs. » Alain Savoir-Faire, un patrimoine, et peut-être que je vais m'y engager. Mais c'est aussi par rapport aux vidéos de Savoir-Faire. Montrer une maison, ça existe grâce à son designer, mais ça existe aussi grâce à toutes les équipes qui travaillent pour la maison. Les gens que j'interview, qu'ils soient du studio, tous les gens et tous les métiers qu'on ne connaît pas. En fait, il faut un vivier d'individus. À travers ces expositions, peut-être qu'on peut créer aussi des... des aspirations et des gens vont se projeter en se disant « Ah bah tiens, j'ai envie de rejoindre cette maison » .
- Speaker #0
Et ensuite, ces personnes-là, eux, vont porter la mémoire de la maison à force d'y travailler avec le temps. C'est aussi eux qui vont devenir des porteurs de cette mémoire et de ces archives au final.
- Speaker #1
En fait, ils s'approprient le discours de la maison. Il y a un peu un discours corporate, mais aussi en fait, ils se sentent fiers d'être inscrits dans une histoire et dans une lignée. En fait, si tu demandes aujourd'hui à des collaborateurs de Dior, Ils vont te raconter l'histoire depuis la création, depuis 47. Et ils sont fiers d'être toujours à Venue Montaigne et de participer à leur échelle et en mettant, brique par brique, leur petite histoire dans cette grande histoire de Dior.
- Speaker #0
Et en plus, c'est intéressant aussi de les écouter parce qu'ils ont chacun un point de vue différent, une histoire personnelle qui est différente. Et forcément, ça influe sur l'histoire de la maison. Et les écouter, ça donne une vision plus globale de ce qu'est une maison et de ce qui s'est passé à un instant T.
- Speaker #1
Plus global et aussi plus humain. Ça peut faire peur. Aujourd'hui, les maisons sont quand même dans des gros groupes de luxe. LVMH, Kering. Et donner la parole à ces métiers-là, il y a de l'empathie qui se crée. Si on reprend le cas de Miss Diana chez Kenzo, quand on voit cette petite dame d'un certain âge, par respect, je ne vais pas donner son âge, mais d'un certain âge qui est toute mignonne, qui a la passion encore à son âge de nous raconter son histoire, de nous dire que son métier, ça a changé sa vie, ça lui a permis de découvrir le monde. Et on sent qu'elle est émue et qu'elle a vécu mille vies en une vie. Moi, je trouve ça chouette de se dire que ça peut toucher des personnes qui n'aiment pas forcément la mode.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Devant nous, à la fin, on a quoi ? On a une histoire d'une femme qui est heureuse à son âge, qui a vécu des belles choses et qui, à travers ses sourires ou ses émotions... nous transmet sa passion et nous amène avec elle en fait dans son aventure.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. Et c'est comme aussi les témoignages de Anita Brié qui a pendant longtemps été une collaboratrice de Lagerfeld, chez Lagerfeld et chez Chloé qui a aussi fait un peu de chez Chanel. Dans un podcast de Loïc Prigent qui est sorti il y a peu de temps et il l'interviewe. C'est deux épisodes de une heure chacun et c'est vraiment un puits d'histoire parce qu'elle raconte vraiment en fait toute la petite histoire de Chloé, de Chanel avant Lagerfeld et de ses années avec lui. Comme tu disais par rapport à ton épisode sur Kenzo et la maille, elle raconte vraiment son histoire aussi dans le contexte de la mode. Et elle raconte comment ça se passait à cette époque-là. Elle remet un contexte politique et social qui est aussi assez important. Et sans la parole de ces personnes-là, c'est vrai qu'on aurait pu perdre ce genre de témoignage.
- Speaker #1
Il faut prendre ça aussi dans un temps global. C'est-à-dire qu'au moment d'une collection, à l'instant T, la parole, elle n'est que... que au créateur parce que en fait c'est sa collection qui est importante. Il y a un choix qui est fait par la presse, les médias, par la maison, où la parole, elle est donnée qu'au créateur. Parce que c'est sa vision, en tant que chef d'orchestre, de tout ce monde. Avec le temps, les gens vont pouvoir prendre la parole et on leur donne la possibilité de faire ça. Et en fait, ça ne va faire que nourrir et donner une vision plus à 360 qu'une vision unique d'une connexion.
- Speaker #0
C'est sûr. Et du coup, en soi, filmer leurs souvenirs, filmer leurs témoignages, ça constitue aussi des archives. Tout à fait.
- Speaker #1
Aujourd'hui, on pense que quand on sort notre téléphone portable ou quand on filme, en fait, c'est une image tout de suite. On n'a pas conscience de l'archive. Quand je suis dans les maisons, quand je suis dans les studios, je réponds à une demande qui est de documenter la collection en cours et de parler de la collection en cours. Mais en fait, derrière, il y a aussi un travail d'archive. Je documente leur travail pour les années à venir, pour les générations futures.
- Speaker #0
Comme tu avais fait pour Zimmerman, par exemple, où tu as fait une série de vidéos, où tu es au studio, tu es à l'atelier, tu suis la création de la collection.
- Speaker #1
Ce travail pour Zimmerman, c'est une commande de Zimmerman où on explique à travers du contenu réseau social la fabrication d'une collection, le processus de travail et qui est principalement au moment des fittings, c'est-à-dire les essayages avec les mannequins, le choix des castings, les dernières retouches. et un peu de savoir-faire. Ce processus permet de raconter une histoire de la maison, mais à côté, par exemple, je suis un créateur qui s'appelle Victor Vangsanto. Je le suis depuis ses débuts. Quand je vais le voir, parce que c'est moi aujourd'hui qui réalise ces vidéos de défilé, mais en fait, quand je suis là à l'atelier pour des réunions de travail ou quand je suis là pour le lookbook ou pour les essayages, Je... fait un travail de documentation. Je prends aussi bien lui que les équipes qui l'entourent, le studio. Il y a ses parents qui sont là des fois. Il y a sa mère qui est là en train de faire de la couture. En fait, je fais un travail d'archive pour après raconter son histoire.
- Speaker #0
Est-ce que lui s'en rend compte que c'est de l'archivage à ce moment-là ?
- Speaker #1
Les gens que je documente aujourd'hui, ils ne s'en rendent pas compte que c'est un travail d'archivage. Ils se font tellement la tête dans le guidon sur « il faut que je sorte ma collection » . En tout cas, pour les jeunes créateurs. ils sont aussi en mode survie, que le travail d'archivage, il n'est pas conscient. Et c'est pour ça que certaines maisons, en fait, se rendent compte d'un moment, mais assez tard, ah ben en fait, ça fait 20 ans qu'on existe et on n'a pas d'archives.
- Speaker #0
Toi avec Vansanto, comment ça a commencé cette collaboration ? C'est venu de toi ou c'est venu de lui ? Ou c'était une commande ?
- Speaker #1
En fait, l'histoire avec Vansanto, ça a commencé sur Instagram. J'avais un côté un peu geek. Pour nourrir mon travail, je suis des personnes qui travaillent dans les maisons de couture. Et ça me permet, parce qu'ils communiquent sur quel est leur quotidien, quel est leur savoir-faire. Et donc, j'avais un côté un peu stalker, mais bienveillant, de qui sont dans les maisons. Et Victor, il était chez Jean-Paul Gaultier. C'était au moment où je travaillais avec Loïc sur des documentaires de Jean-Paul Gaultier. Et on a échangé. Il m'a invité à son premier défilé en tant que spectateur. Et quand je suis arrivé à ce défilé, je me rends compte qu'il est tout seul en train de faire ça. Il y a son mari qui est à l'accueil pour accueillir les invités. Il y a Jean-Paul Gauthier qui est au premier rang, qui attend et qui se demande qu'est-ce qu'il fait là dans cette salle des fêtes, ce gymnase. Il y a papa et maman qui sont là, impressionnés de voir Jean-Paul Gauthier, de voir ces gens au premier rang. Et donc là, je prends mon téléphone et je vais voir Victor. Alors qu'on avait échangé deux mots, il m'avait juste dit « est-ce que tu veux venir au défilé ? » Et je lui ai dit « ça ne te dérange pas si je viens en backstage et je filme un peu cette énergie et tout ce qui se passe ? » Et il me dit « non, non » . Et donc c'est là où j'ai commencé à documenter son travail. J'ai filmé le premier défilé et après, l'aventure a continué.
- Speaker #0
Du coup, c'est venu de quelque chose de très spontané entre vous deux ?
- Speaker #1
Avec Victor, ça a été très spontané.
- Speaker #0
Tu fais aussi des commandes ? Pour Zimmerman, en l'occurrence, on en a parlé. Tu as aussi fait une commande, et je voulais qu'on en parle un petit peu ensemble. Tu as fait une campagne pour Lévis avec Gigi Palmer autour de certaines valeurs. Comment ça a pu te toucher de parler de valeurs aussi importantes ?
- Speaker #1
Pour mettre le contexte, j'ai été approché par Gisèle Palmer, qui est une figure de la ballroom pour les auditoristes qui ne connaissent pas. Elle a été choisie pour participer à une campagne Lévis autour du coming out en octobre. Il y a une journée qui est un peu moins connue en France par rapport aux pays anglo-saxons qui s'appelle le Coming Out Day. Elle est choisie pour faire cette campagne et elle m'appelle en fait pour faire le documentaire de cette campagne. Pourquoi elle m'appelle ? Parce qu'un de mes gros derniers montages qui a été pour France Télé, ça a été Homo en France. Et en fait, elle connaissait ma sensibilité, mon engagement aussi à donner la parole à des personnes qui n'ont pas forcément la parole. Et à travers cet appel, c'était aussi d'expliquer son histoire, de raconter son histoire avec un regard bienveillant. et le diffuser à un maximum de personnes sans que ça soit un discours ciblé, c'est-à-dire qu'on ne parle qu'aux personnes de la ballroom, qu'on ne parle qu'aux personnes queer ou qu'aux personnes trans. Parce qu'en fait, ce documentaire et l'histoire de Gisèle Palmer avec Lévis, c'est l'histoire de Gisèle qui fait cette campagne Lévis, mais à travers ça, c'est Gisèle sans coming out. Gisèle qui est une figure de la ballroom, c'est Gisèle avec l'histoire de sa mère. Et en fait, c'est montrer des parcours qui n'ont pas été mis globalement à l'image. On ne leur a pas donné la parole. Et c'est montrer qu'il y a des parcours qui sont différents, qui peuvent être inspirants, que le coming out, ce n'est pas forcément une histoire dramatique, que des fois, ça se passe bien et c'est chouette. Et si ça peut donner des aspirations à des individus et des personnes pour qu'elles se sentent mieux dans leur... peau, c'était ça un peu cette histoire.
- Speaker #0
Tu voudrais en faire davantage des projets comme celui-ci ou tu voudrais en faire plus sur des valeurs, sur des choses comme ça qui vont te toucher de cette manière-là ?
- Speaker #1
Je pense qu'au fond de moi, je suis habité quand même par l'envie de raconter des histoires, pas que mode, mais aussi des histoires de société, de raconter notamment l'archive queer, c'est quelque chose qui m'intéresse. et que j'ai commencé à faire avec Homo en France. C'est un peu pour revenir et boucler la boucle de ce qu'on se disait en début de discussion. Il y a une mémoire générale, une histoire globale. Et si on ne donne pas la parole à certains individus, en fait, il y a une mémoire qui se perd. Et c'est la mémoire d'à côté qui m'intéresse.
- Speaker #0
Du coup, la transmission de l'histoire contemporaine de la mode se fait beaucoup autour du documentaire mode. Toi, est-ce que tu as un souvenir mode à nous partager ? Au début de l'épisode, tu nous as expliqué que tu as commencé par autre chose que de la mode. Mais est-ce que tu as un souvenir mode à nous partager, un documentaire ou quelque chose qui a pu te transmettre cette passion, qui a fait naître ton envie de te concentrer sur la mode ?
- Speaker #1
Avant de rencontrer Loïc Prigent, je ne connaissais rien à la mode. C'est vraiment ma rencontre et mon travail avec Loïc qui m'ont nourri, parce qu'en fait, au fond de moi, je suis quelqu'un de curieux. J'ai plongé dans cet univers avec un appétit à chaque fois insatiable. Parce qu'il faut savoir que j'ai une appétence pour l'archive. Si on me montre une vieille photo, si on me montre un vieux film, ça m'émoussille un petit peu. Il y a un côté, ok, mais pourquoi la personne l'a filmé à ce moment-là ? Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ? J'analyse un peu l'image, j'interprète l'image. Et je fais des connexions et je tire des fils. Ça, c'est mon boulot de monteur. Et vraiment, je pense qu'à la genèse de qui je suis et de mon travail, c'est le job qu'on a formé avec Loïc quand on a fait le testament d'Alexander McQueen. Où en fait, j'ai compris qu'est-ce que c'était vraiment travailler l'archive mode, la tordre et la combiner. Pour les auditeuristes qui n'ont pas encore vu le testament d'Alexander McQueen, c'est raconter la vie d'Alexander McQueen à travers ses cinq derniers défilés. Donc Loïc Préjean fait une analyse des cinq derniers défilés. Donc ça veut dire que nous, on a regardé les cinq derniers défilés. Et en fait, on a regardé toute l'œuvre d'Alexander McQueen et comment on raccroche toute l'œuvre d'Alexander McQueen à ses cinq défilés. Et ça, ça a été un travail passionnant pour moi de regarder collection après collection et de faire des connexions.
- Speaker #0
Et de venir piocher... Dans tout son travail pour faire des parallèles et des passerelles.
- Speaker #1
Exactement. En fait, l'idée, c'était de prendre un défilé, regarder look par look et de définir des choses. Donc, par exemple, on a la plume chez McQueen. On va avoir le blé. On va avoir la corde. On va définir un peu ce qui fait son ADN. Et j'ai pris le premier défilé. J'ai réparti dans mes petites cases tout cet ADN. Et je fais la même chose avec le second défilé et le troisième défilé. Et en fait, à la fin... j'arrive à des grands packages où j'ai plusieurs centaines de looks qui se regroupent dans un thème et qui permettent, en fait, à travers ce thème, raconter l'œuvre d'Alexandre McQueen.
- Speaker #0
Et toi, cette passion pour l'image d'archives, de savoir pourquoi est-ce que ça a été filmé à ce moment-là, un film, une photo, etc., c'est ça qui t'a motivé à faire un épisode pour griffer avec Marina Faust ? Parce que pour mettre du contexte, t'as fait un épisode pour griffer sur Maison Margiela avec Marina Faust, qui était la photographe backstage de Margiela. C'est cette passion-là qui t'a poussé à vouloir faire un épisode avec elle ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Ce qui était hyper intéressant dans le travail de Marina, c'est qu'à la fois, elle est un peu le miroir de ce que je suis aujourd'hui. C'est-à-dire que Marina, elle a documenté le backstage de Marta Margiela dès le début. Elle n'était pas là sur les deux premiers défilés, mais très vite, elle arrive au début des années 90, jusqu'au dernier défilé de Marta Margiela. Et en fait, elle est là tout le temps, elle travaille. dans le backstage et en même temps travailler un peu dans la maison pour prendre des photos, des looks et créer en fait une archive. Et lui donner la parole, prendre sa mémoire, c'était un peu comme un miroir de qui je suis aujourd'hui. Si je me lève le matin pendant les défilés, c'est pour être en backstage et capturer en fait le moment et l'énergie de ce qui se passe en défilé, capturer les savoir-faire, capturer tout le monde. tout ce petit monde qui s'active pour une collection.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que dans le documentaire, elle explique qu'elle a pris toutes ces photos qui ont été diffusées à l'instant T et qu'aujourd'hui, elle voulait plus diffuser toutes ces photos comme des archives. C'est ça, en fait. Quand elle prend ces photos, et c'est ce qu'elle nous dit, c'est qu'elle n'a pas conscience de ce que ça allait être aujourd'hui.
- Speaker #1
Mais parce que, aussi, ce n'est pas une photographe de mode à la base, c'est une photographe reporter. Elle est là pour capturer. Un moment, une énergie, c'est aussi une commande de la maison qui aimait son travail. Après, en ce moment, elle le transmet et après, elle passe à autre chose. Et au moment où elle fait la photo, on peut sentir des choses, mais elle n'a pas conscience de ce que va devenir Martin Margiela, de ce que vont devenir toutes les personnes qui sont devant son objectif. Quand Marina Faust prend Ketmos en photo à un défilé, alors que c'est le premier défilé de Ketmos, Marina Faust... comme Ketmos, ne savent pas ce que vont être leurs avenirs. Mais c'est aussi parce qu'elle ne s'en rendait pas compte et aussi parce qu'elle n'était pas issue de la mode que ces images sont aussi fortes, je pense. Ça joue aussi beaucoup. En fait, c'est 20 ans après qu'elle se rend compte de la puissance de ces images, de la puissance de la matière et des archives qu'elle a. Et c'est là qu'elle veut créer un fond et aussi les transmettre pour les générations actuelles.
- Speaker #0
Peut-être que quelqu'un qui avait un regard mode n'aurait pas pris des photos aussi impactantes ou n'aurait pas pris de cette manière-là.
- Speaker #1
Je pense que la documentation de Marina Faust, elle est pertinente parce qu'elle a un regard qui est à côté. En fait, elle regarde le backstage et la mode de Martin Martiella à travers son prisme de photoreporteur. Et c'est ça qui est intéressant et qui rend la chose singulier. Et ce qui fait qu'aussi, Martin Martiella et toute la maison ont validé son travail. En fait, elle, elle n'existe pas si la maison ne valide pas son travail. C'est les deux qui sont là ensemble parce qu'en fait, le travail de Marina Faust va dans l'esthétique que Martin Margiela mettait en place.
- Speaker #0
Parce que vu qu'il était avant-gardiste, ça marche aussi avec elle, son regard, parce que sa photo est un peu avant-gardiste. C'est un peu déstructuré et ça va dans le travail de Margiela qui était déstructuré. Et lui aussi, il ne faisait pas de la mode en regardant de la mode. Il faisait aussi un peu en regardant à côté, d'une certaine manière. comme elle et ils ont fait ensemble un travail qui est finalement hyper cohérent parce que lui aussi, son travail était déconstruit, comme elle, sa photo était déconstruite.
- Speaker #1
En fait, c'est une vision globale sur l'image de ce que peut être une maison. Martin Marzella, quand il fait sa mode et quand il fait ses défilés, il est à contre-courant de ce qui se passe à ce moment-là, en fait, dans la couture parisienne. C'est des grands shows, c'est des paillettes partout, c'est des podiums. Quand Martin Margella débarque, en fait, il est vraiment à l'opposé de tout ça, en faisant des défilés dans des terrains vagues, dans des cirques.
- Speaker #0
Avec des enfants qui courent partout.
- Speaker #1
Avec des enfants qui courent partout, avec du public qui n'est pas le public commercial qu'on a aujourd'hui. Et le casting aussi.
- Speaker #0
n'est pas un casting fait de top modèles de l'époque. C'est un casting fait de ses copines, de mannequins qui n'ont pas la place sur d'autres podiums parce qu'elles ont un corps différent, un visage différent. Et lui, il fait cette petite tambouille et mayonnaise et il mélange tout ça. Et en prenant Marina Foss, ça allait dans la continuité de tout ce qu'il a mis en place au lieu d'avoir une image hyper lisse. En fait, ça n'aurait pas fait sens par rapport à ce qu'il avait envie de raconter.
- Speaker #1
On va bientôt clôturer l'épisode. Je voulais revenir un peu sur des questions un peu plus légères, on va dire. Et aussi pour te connaître un petit peu plus. Donc je te pose des questions un peu comme ça. Si tu avais la possibilité de filmer un peu n'importe quelle époque, n'importe quelle maison, n'importe quel créateur, n'importe quel courant, tu aurais choisi quoi ? Si tu avais vraiment la liberté totale de filmer ce que tu veux.
- Speaker #0
J'ai une passion de Gabrielle Chanel. Et je pense que les premières années de Gabrielle Chanel, entre Moulin et l'ouverture de sa boutique Recambon, ça m'aurait assez passionné.
- Speaker #1
Et s'il y avait un documentaire que tu aurais rêvé de faire, ou un travail de documentariste ou d'archiviste qui a déjà été fait et que tu aurais rêvé de faire, ça aurait été lequel ? Est-ce que tu as quelque chose qui se vient en tête ?
- Speaker #0
Une série documentaire que j'ai appréciée, qui m'aurait passionné à faire, c'est Kingdom of Dreams. Ça raconte l'histoire de la guerre entre LVMH et Kering dans les années 90. Comment Bernard Arnault et François Oripino vont monter leur groupe de luxe et vont aussi chacun avoir leurs propres étalons. Donc Tom Ford chez Kering, John Galliano chez Dior. Et en fait, comment tout ce petit monde va se faire un peu la guerre des marchés, la guerre du luxe et en même temps grossir. Ça, c'est un travail passionnant que j'aurais aimé faire.
- Speaker #1
Pour finir, si tu avais les clés d'une maison dans laquelle tu pouvais rentrer et aller visiter les archives sans aucune limite, tu choisirais quelle clé ? Quelle maison ? Est-ce que tu choisirais Chanel pour aller piocher dans les archives de Gabrielle Chanel ou autre chose ?
- Speaker #0
Avec tout l'amour que j'ai pour Chanel, je n'irais pas chez Chanel parce que je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont été montrées et qu'il y a d'autres choses qui n'ont pas été montrées mais qui ne sont pas chez Chanel, je pense, et qui sont à côté. et notamment J'espère, dans les années à venir, on va avoir des choses de Karl Lagerfeld qui vont sortir. C'est ce que je disais dans l'épisode, il faut qu'il y ait un certain temps pour qu'on ait des anecdotes et des choses qui sortent sur ce créateur. Et pour répondre à ta question, je pense que chez Lanvin, ça me passionnerait. Parce qu'il faut savoir, une petite anecdote, quand le Palais Galliera ou le MAD, je ne sais plus, fait une expo sur Jeanne Lanvin, Asdin Alaïa disait dans tout Paris « Ah mais cette expo, elle est nulle, il n'y a pas assez, il n'y a rien. » Et en fait, les gens ne comprenaient pas pourquoi il était aussi véhément envers cette exposition. Et c'est qu'à son décès qu'on s'est aperçu avec toute l'archive que Asdin Alaïa avait qu'en fait, il avait le plus de pièces de Jeanne Lanvin, de son vivant, par rapport à tous les musées du monde. Aujourd'hui, la personne qui a le plus d'archives, c'est la Fondation Alaïa.
- Speaker #1
Ça, je ne savais pas pour l'an 20 qu'il avait aussi la collection la plus importante. Mais ce qui est marrant, c'est qu'il a aussi la collection la plus importante de Dior, la collection privée de Balenciaga. Ils ont fait plein d'expositions à la Fondation Alaya, de parallèles. Je ne dis pas tout en tête, mais avec des parallèles avec Alaya. Et c'est fou à quel point il a réussi à accumuler. Et Dior ont fait une exposition au début de l'année sur Alaya et Dior. Il y en a eu aussi une en parallèle à la Fondation Alaya. Mais Dior disait qu'il y avait certaines archives de Alaya lui-même qu'il n'avait jamais vues, qu'il n'avait jamais postées dans les archives de Dior, surtout qu'elles étaient conservées dans des états parfaits.
- Speaker #0
Alors parfaits et dans des sacs poubelles.
- Speaker #1
Dans des sacs poubelles.
- Speaker #0
En fait, je vous conseille, si vous le pouvez, à la Fondation Alaya, prenez les visites guidées. Il y a une demoiselle qui est géniale et qui vous raconte l'histoire. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que quand Azina Alaya est décédée, on a pris conscience en fait de tout l'archive de la Fondation. Et ils se sont rendus compte qu'en fait, dans des sacs poubelles, il y avait des pièces de Madame Gray, des pièces de Cristobal Balenciaga et que c'était posé comme ça. Et en fait, il avait quelque chose de très compulsif. En fait, il a acheté une robe aux enchères. Il l'ouvrait, il la démontait, il s'en inspirait, il la mettait de côté. Et puis, il y avait une nouvelle enchère. Il dit, ah, elle est belle cette robe. Et il l'a rachetée. En fait, il l'avait pas. Il l'oubliait. Il l'oubliait. Et donc, des fois, aujourd'hui, à la Fondation, ils ont quatre ou cinq robes, la même robe. Donc, de différentes clientes, mais la même robe, parce qu'il oubliait qu'il avait déjà acheté cette robe-là.
- Speaker #1
Ça, c'est impressionnant parce que je ne pense pas que même les archives des maisons ont plusieurs fois les mêmes vêtements.
- Speaker #0
Non, et là, c'est la grande bataille des grosses maisons, en tout cas, qu'on les budget, parce qu'il faut pouvoir aligner des sommes, en fait, en... en enchères pour pouvoir racheter les archives. Et c'est un peu ce que je te disais tout à l'heure sur les maisons qui n'ont pas fait d'archives. En fait, elles se retrouvent à devoir reconstituer une archive quand elles ont les moyens. Et c'est surtout qu'aujourd'hui, par rapport à il y a 10 ans ou 15 ans, dès qu'il y a une mise en enchère d'une collection, en fait, on bat tous les records. Les chiffres sont stratosphériques.
- Speaker #1
Avant de conclure cet épisode, on va passer au rituel de la recommandation du jour. Et comme vous le savez, à chaque épisode, l'invité et moi-même, nous vous recommandons un livre ou un film pour vous inviter à continuer à explorer le sujet du jour. On va commencer par toi, Anthony. Est-ce que tu as une reco aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui, j'ai une reco. Comme je viens du monde de la télé-réalité et qu'il y a aussi un peu de mode en moi, je vous conseille une série documentaire sur Netflix avec Tyra Banks qui raconte l'histoire de son émission. American Next Top Model. Et c'est une petite pépite à manger avec du coco-cordes.
- Speaker #1
Moi je vais vous recommander aussi un format vidéo, je vais vous recommander un documentaire signé Chanel de Loïc Prigent qui date de 2005. C'est pas très original peut-être que vous l'avez déjà vu mais moi je peux le regarder dix fois d'affilée. Il me touche beaucoup, il y a vraiment un truc un peu anthropologique je trouve dans ce documentaire parce qu'il a filmé un temps très précis d'une maison très précise avec tous les acteurs de la mode. Il y a quelque chose de très touchant et c'est une époque qui a aussi disparu parce que l'industrie a évolué et les maisons ne sont plus pareilles et les ateliers ne fonctionnent plus de la même manière. Et je trouve que c'est assez touchant. C'est un documentaire que je vous recommande de regarder. Tu veux ajouter quelque chose ?
- Speaker #0
La grande star de ce film, c'est Madame Pouzieux. Sans vous spoiler pour ceux qui n'ont pas encore vu le film. Et pour la petite anecdote, Madame Pouzieux n'est plus de ce monde-là. Mais Chanel a racheté ses métiers. En fait, Madame Pouzieux fait des galons. Pour ceux qui savent ce que c'est les galons, sinon vous allez découvrir ce que sont les galons. Ils ont racheté les galons et ils ont essayé de former des équipes. Et c'est là où la parole, les archives et la transmission des mots est importante. C'est-à-dire qu'il a fallu quasiment dix ans pour qu'une personne puisse enfin refaire des galons comme Madame Pouzieux. Donc, ce n'est pas les mêmes galons, mais c'est un équivalent. Et aujourd'hui, il y a des galons dans les collections couture qui viennent des mêmes métiers que Madame Pouzio.
- Speaker #1
Maintenant, il est temps de fermer cette boîte à rubans pour aujourd'hui. En tout cas, je te remercie d'avoir partagé ce moment avec nous. C'était très agréable.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Quant à nous, on se retrouve mardi dans deux semaines. Je serai de nouveau accompagné. Mais en attendant, n'oubliez pas de vous abonner, laisser des étoiles ou un commentaire sur le podcast. Et je vous dis à très vite. Musique de générique