Speaker #0"Nous sommes ce que nous pensons.
Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées.
Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde."
J'adore cette citation de Bouddha et c'est quelque chose en quoi je crois énormément.
Tu imagines la force que ça peut donner.
Avec ma seule pensée, je bâtis mon monde.
Alors à l'inverse aussi, quelle responsabilité ! quand mes pensées sont contre moi.
Si je me répète tous les matins que je suis trop fatiguée, trop nulle, que la journée va être pourrie, je me donne toutes les chances pour que ça devienne ce qu'on appelle une prophétie autoréalisatrice. On peut aussi dire prophétie autodestructrice, comme tu préfères. Petit aparté pour t'expliquer ce que c'est que la prophétie autoréalisatrice. C'est une situation dans laquelle, si tu prédis ou t'attends à un événement souvent négatif, tu vas modifier tes comportements en fonction de tes croyances. Et de fait, ça va avoir pour conséquence de faire advenir la fameuse prophétie. En clair, quand je me répète que je suis nulle, je me mets dans des conditions d'échec beaucoup plus fortes que si je ne me disais rien. je vais avoir tendance à m'auto-saboter et donc valider, confirmer cette croyance. Une jolie boucle pas très vertueuse. Alors autant t'envoyer des messages positifs dès le réveil, pour créer le monde dans lequel t'as envie de vivre. Je sais pas ce que t'en penses, en tout cas moi je préfère cette version-là. Dans ce nouvel épisode de la série sur le syndrome de l'imposteur, on va aller regarder ensemble à la loupe tes pensées limitantes qui te font croire que t'es pas assez ou trop et donc que tu peux pas y arriver à cause de ça. Si tu découvres le podcast par cet épisode, tu peux aller écouter le tout premier de la série « Pourquoi on se sent impostrice ? » J'y pose les bases. Qu'est-ce qui se cache vraiment derrière ce mécanisme psychologique de protection inconscient qui touche quand même 70% d'entre nous ? Et souvent, ce sont les plus compétentes qui sont touchées. Ça peut être intéressant de commencer par lui avant, pour bien poser le contexte de ce qu'on va se dire après. Et surtout pour ne pas se coincer dans une boucle de culpabilité. Parce que le syndrome de l'imposteur, c'est une construction qui est quand même systémique. Donc ce n'est pas que toi qui es coupable dans l'histoire. Tout ce qui tourne autour de la société, les injonctions sociétales, sexistes, scolaires, managériales. Donc ce n'est pas juste un problème de pensée individuelle. C'est toujours bien de pouvoir reposer ça au départ, pour pas se dire, ah ouais, mais voilà, l'idée c'est de sortir du « je suis nul » , donc c'est de pas le renforcer. Bref, je te le pose là quand même, sache en tout cas qu'on parle de ça dans le premier épisode de la série. Après, c'est pas obligatoire, c'est toi qui choisis et qui sais ce dont tu as besoin. Voilà, toujours, on en revient là. Aujourd'hui, on part en mission, ensemble, pour démasquer Maurice, ta petite voix critique jamais contente. et qu'à peur de tout. Bienvenue dans Lâche-toi la grappe, le podcast qui t'invite à te remettre au centre. Moi, c'est Stéphanie, coach et formatrice en écologie personnelle pour les femmes qui se sont oubliées en prenant soin des autres. Diplômée en pratique narrative, j'accompagne mes clientes à réécrire leur histoire et à rallumer leur lumière intérieure. Deux fois par mois, on explore ensemble des histoires inspirantes de femmes qui ont osé switcher. On parle de croyances à déconstruire. d'écologie personnelle et surtout d'apprendre à se lâcher la grappe. Parce qu'en rallumant ta lumière, tu éclaires aussi le monde autour de toi. Allez, installe-toi confortablement et bienvenue dans l'épisode du jour. Comme on a déjà posé les bases dans l'épisode précédent, l'idée ici, ça va être de t'accompagner très concrètement sur le chemin qui va te permettre d'apprivoiser ton syndrome de l'imposteur. L'idée, c'est de mieux vivre au quotidien. avec Maurice. Et au fait, d'ailleurs, est-ce que tu lui as trouvé un petit nom à ton syndrome ? Tu verras, c'est plus drôle quand tu dois dialoguer avec lui ou avec elle. Attention, parce que ça peut aussi être une fille. Moi, je l'appelle Maurice, mais j'ai une copine, elle l'a appelée Josette. Alors après, je ne sais pas pourquoi, mais on lui donne toutes un nom un peu vieux, un peu désuet. Si je fais la boucle, à chaque fois que j'en parle, que je la mène en atelier ou en coaching. et toujours un petit nom un peu vieux. Ça doit permettre de vraiment pouvoir se décoller du sujet. Bref. Pour pouvoir apprivoiser ta petite voix, donc Maurice pour moi. il va falloir commencer par la démasquer, c'est-à-dire identifier où, quand, comment elle se manifeste. Qu'est-ce qu'elle te dit ? Parce qu'on ne peut agir que sur ce qu'on voit, ce qu'on connaît, ce qu'on comprend. On est d'accord ? Pour commencer, il va donc falloir que tu sois attentive à ces petites phrases, que tu te répètes régulièrement, et souvent, ça sera dans les mêmes situations. Le syndrome de l'imposteur, il se manifeste sous forme de pensées récurrentes, qui vont saper ta confiance. Je ne suis pas assez compétente, je risque d'être démasquée, les autres sont bien meilleurs que moi. Je ne te la refais pas, mais en gros, on repose, c'est un petit peu tout ça. L'idée, ça va être que tu puisses affiner ton écoute de toi, ton radar à petite voix. Quand tu sais, l'histoire peut changer. Et c'est là que c'est génial. Tu peux revenir aux commandes, reprendre ton pouvoir et dire à ton Boris de te lâcher la grappe. Parce qu'il n'y a pas que toi qui te la lâches la grappe. C'est sympa aussi, quand ta petite voix, tu peux l'envoyer et lui dire, allez, next, sors de là, on n'a plus besoin de toi. C'est vraiment sympa. Ces petites phrases que tu te racontes, elles ne sortent pas de nulle part. C'est important de pouvoir comprendre ça aussi. Ce n'est pas descendu d'un coup d'un seul, tu ne te les as pas inventées, elles n'ont pas été catapultées. On parlait justement du fait que le syndrome de l'imposteur, c'est quelque chose de systémique. Ces petites phrases, elles sont souvent héritées de l'éducation, des croyances familiales ou de l'environnement professionnel. Ça va naviguer dans un environnement dans lequel tu as baigné et tu as fait tienne ces croyances qu'on t'a transmises. Pour te donner quelques exemples, dans les phrases qu'on va pouvoir retrouver, si tu as été dans une famille où on t'a dit qu'il faut toujours prouver sa valeur, où tout doit toujours être parfait. On n'accepte pas la moindre erreur, le droit à l'erreur. Ne te vante pas, ça ne se fait pas. Allez famille, il ne faut surtout pas montrer qu'on a réussi. Fais des efforts, c'est quand même pas si compliqué que ça. Voilà, ça, ça vient vraiment toucher la notion de t'en fais jamais assez. T'as eu la chance d'avoir une bonne note, vu comment tu t'étais préparé. Et hop, on dégrade la qualité de ce que tu as fait. On ne cherche même pas à savoir si ça vient vraiment de ta préparation. Là, celles que je vais te partager, je les aime bien aussi. Elles m'ont marquée, moi, personnellement. Élève moyenne, peu mieux faire. Là, c'est pile poil. Généralement, c'est ce que tu vas trouver sur le bulletin de notes. C'est toujours très juste. Ça vient taper là où ça va bien pour que derrière, tu doutes de toi toute ta vie. Tu vas aussi trouver là, si t'as pas ton bac, t'as raté ta vie. Ça, je l'ai trouvé chez une cliente. Et aussi, il y a des familles où il faut avoir bac plus 12 pour être crédible. Celle-là, elle est pas mal aussi. Je la trouve plutôt bien gratinée. Donc là, je t'ai fait un petit combo des miennes et de celles que je vois le plus souvent chez mes clientes. Le problème de ces messages, c'est qu'ils façonnent ton rapport à toi-même et donc ta manière de te comporter dans la vie. Mais bonne nouvelle, ce conditionnement, ce n'est pas une fatalité. Et heureusement d'ailleurs, une croyance, ça se transforme. Ouf, on est sauvé. Comment on fait ça ? En cinq étapes. En tout cas, je te propose de le faire en cinq étapes. Et aujourd'hui, on va aller regarder, travailler les deux premières. C'est déjà pas mal, parce que ça prend du temps de bien faire les choses. Et surtout, pour ça, il faut te connecter à toi dans ton quotidien. Aller raccrocher tout ça au réel. Pour ces deux premières étapes, pour ce travail-là que je te propose, tu peux écouter l'épisode et le faire à la volée avec moi. Tu peux aussi mettre sur... pose et allez télécharger ton support de réflexion personnelle dans les notes de l'épisode. Je t'ai mis des tableaux pour te guider et tout est déjà, voilà, t'as plus qu'à remplir les cases. Ça peut faciliter. Et ça, ça dépend vraiment de chacune de quoi tu as besoin pour pouvoir faire l'exercice. Moi, généralement, je suis plutôt dans l'imaginaire. Donc, en écoutant, je fais le sujet. Et certaines, vous avez besoin de vous poser. Donc là, c'est toi qui cèdes ce dont tu as besoin et tu t'ajustes avec ce que je te propose. Allez, on est parti pour la première étape qui va te permettre d'identifier tes pensées, leur nature et leur origine. Donc d'abord, comme je te l'ai dit au tout début, commence par identifier toutes les pensées auto-sabotantes que tu t'infliges. Prends le temps vraiment de balayer les différentes situations. Il y en a qui vont te venir de suite, les plus évidentes, celles que tu te répètes le plus souvent. Et puis, quand je t'ai nommé quelques exemples tout à l'heure, ça a pu résonner pour toi. Donc tu attrapes aussi celles qui te parlent. Globalement, on a quand même des espèces de consensus de société où on va se retrouver dans certains gros blocs. Et puis à force d'affiner, tu vas pouvoir aller dans le détail et justement dans des choses qui sont plus personnelles. Tu commences par là où c'est confortable, en tout cas. Et puis surtout, c'est qu'il y en a qui viendront au moment où tu vis le truc. Note-les à ce moment-là. C'est-à-dire que là, d'y penser... Moi, je sais que je suis quelqu'un, si tu me demandes de penser à quelque chose, tu peux être sûr que je vais en avoir zéro. Je vais arrêter de penser au sujet, je vais passer à autre chose et bim, là, je vais me rendre compte que je suis en train de me dire un message pas sympa. Et bien là, tu l'accroches. C'est pour ça, vraiment, tu t'ajustes par rapport à la proposition. Pour chaque pensée que tu identifies, tu vas mettre en face la situation qui l'a provoqué. Petite parenthèse, je te liste les différentes étapes. pour que ce soit plus fluide, comme ça tu sais par quoi tu vas passer. Si tu as le support, c'est plus simple, mais si tu n'as pas le support, comme ça, voilà, tu sais exactement les différentes étapes par lesquelles on va passer. Et après, je vais te donner deux exemples pour que ce soit plus facile pour toi de voir le cheminement. Parce que des fois, d'avoir les étapes, ça ne suffit pas, donc je vais te l'illustrer. Je vais te l'illustrer avec l'exemple d'une cliente, et puis je vais t'en donner un, moi, que j'ai vécu très récemment, et que j'ai trouvé, je le faisais, voilà, c'était très pertinent, j'animais un atelier sur le sujet, et je me suis dit, ah tiens, je suis en plein dedans. Donc, je te donne ça après. Je reprends le processus. Donc d'abord, tu identifies tes pensées. Ensuite, tu vas mettre en face la situation qui l'a provoqué. Étape suivante, tu vas aller regarder d'où vient cette croyance, cette pensée, en gros son origine. À qui elle appartient ? Qui te l'a transmise ? Est-ce que ça vient de ta famille, d'un prof, de ta sphère amicale ? Est-ce que c'est une injonction qu'on va trouver dans la société récurrente ? Je dirais que globalement, si tu n'as pas ton bac, tu as raté ta vie, c'est assez sociétal. On va trouver ça de manière assez globale. Mais voilà, l'idée, c'est que toi, tu peux se le raccrocher à ton histoire. C'est intéressant de faire cet exercice. L'idée ici, ce n'est pas de juger et ce n'est pas de te déresponsabiliser non plus. La pensée, elle est là. Jusque là, tu la subis, tu fais avec. Mais l'idée, c'est vraiment de pouvoir choisir. Une fois que tu sais, tu peux te dire, ok, finalement, je garde. Non. Surtout, c'est que si cette pensée, elle ne t'appartient pas, tu as le pouvoir de choisir de ne plus la suivre. Tu as le droit de ne pas être d'accord avec. C'est vraiment ça. C'est commencer à remettre en cause un système de pensée et de valeur. qui n'est pas OK, qui n'est pas en adéquation avec qui tu es aujourd'hui. Tu ne renie pas tout ce qu'on t'a légué. Il y a toujours de bon dans nos histoires. Tu fais juste le tri, le ménage de printemps. Et ça tombe bien, on n'est pas encore l'été, donc c'est encore temps. Si c'est nickel, ça tombe au bon moment. Allez, un petit ménage dans ce qui te guide aujourd'hui et que tu n'as plus envie de suivre. Pour finir cette première étape, demande-toi si cette pensée Merci. Elle repose sur quelque chose de vrai ou sur une peur ? Est-ce qu'elle se base sur un fait ou sur une émotion ? Clairement, il y a des pensées qui sont valables, celles qui s'appuient sur ton expérience vraie, objective, pas sur quelque chose que tu crois qui pourrait t'arriver. Elle est là, la nuance. Ces pensées-là, qui sont basées sur l'expérience, tu peux les garder. Tu les gardes, tu les écoutes, mais tu les challenges quand même. Tu changes, tu apprends. Donc tout ce qui était vrai et valable hier ne l'est pas toujours aujourd'hui. Donc là, c'est là où toi, tu vas pouvoir justement aussi aller t'ajuster. En revanche, celle qui s'appuie sur une peur, sur une émotion, c'est celle-là sur laquelle tu vas bosser le plus profondément. Je vais te donner un exemple pour te guider, justement. En mai, j'ai organisé un atelier pour une classe de primaire, des CM1, CM2. C'était la première fois que j'animais un atelier pour des enfants. Moi, je suis plutôt intervenante pour des adultes. Et globalement, je ne suis pas habituée à travailler avec des enfants. Autant dire que mon Maurice, là, il est arrivé chaud patate avec tout un tas de petites phrases qui va bien pour dire non, mais cocotte, pour qui tu te prends en fait, là ? Donc, un peu dans les messages auxquels j'ai eu le droit, t'es pas compétente, t'es pas formée pour accompagner les enfants. Donc, tu vas passer pour une mauvaise professionnelle. Tu ne sais pas faire parce que tu ne fais que les adultes. Donc, ça, c'était le petit message en boucle dans ma tête. En gros, les 15 jours avant l'atelier. Autant dire qu'à un moment donné, j'ai failli appeler pour dire non, mais je n'y vais pas. En fait, je ne suis pas faite pour ça. Et puis là, je me suis topée, bien évidemment. J'ai vu ce qui se passait, j'ai dit « Ok, stop, on prend le temps de poser » . Donc, cette pensée-là qui est montée, elle était associée à une situation spécifique. Au-delà de l'atelier avec les enfants, pour cet atelier, comme c'était une première dans cette école, il allait se passer deux choses. D'une, la directrice de l'école m'a demandé si elle pouvait y participer, parce qu'elle veut reproduire le format. Elle m'a dit « Voilà, j'ai besoin de voir comment ça se passe pour pouvoir le reproduire » . Donc, j'avais les enfants, la maîtresse, la directrice. Et on est dans une école un peu spéciale dans laquelle il y a une psychologue scolaire. Ce n'est pas une psychologue scolaire classique, c'est vraiment une psychologue qui vient de l'extérieur et qui accompagne beaucoup l'école et les enfants sur les différents projets. Et là, la directrice me dit, ce serait bien que la psychologue puisse y assister aussi. Parce que s'il y a des choses qui émergent, qu'elle puisse faire le lien avec les enfants ensuite. On était sur un atelier centré sur la dignité, sur la connaissance de soi. Donc ça pouvait faire émerger peut-être des questionnements. Et en soi, je trouvais ça plutôt pertinent. Sur le fond, ça ne m'a pas dérangé. Enfin, sur la forme plutôt, ça ne m'a pas dérangé. Mais sur le fond, j'étais observée. Et surtout, j'étais observée par une psychologue. Et là, c'est venu taper fort. Et là, on a touché la notion d'origine. Qu'est-ce qui fait que c'est venu toucher fort ? Le jeu ne suit pas compétente, il est sociétal à ce moment-là. Je n'ai pas de diplôme, je ne suis pas spécialisée. pour les enfants et je n'ai pas d'expérience en tant que telle. Je n'ai pas fait d'autres ateliers avec les enfants. Donc là, j'ai ça qui vient toper fort. Ok, je le pose, j'ai conscience de. Ça, c'est ce que je me dis. Et puis, je vais me poser sur la quatrième colonne du tableau. Est-ce que c'est un fait ou est-ce que c'est une émotion ? Réellement, derrière, j'avais deux peurs. La première, la peur de ne pas être à la hauteur. Et puis, je suis allée regarder d'un petit peu plus près. Et en fait, cette peur, elle ne s'appuie sur rien. Parce que finalement, moi, depuis 4 ans, je m'intéresse beaucoup à la psychologie de l'enfant. Je lis, je regarde des conférences. Donc, je me suis nourrie. Je me suis quand même formée à l'accompagnement. Alors certes, pas des enfants, mais j'ai des techniques d'accompagnement, d'animation. Donc, je n'ai pas rien. Et puis, mine de rien, en fait, j'ai juste 3 enfants. En soi, ça s'appelle l'école de la vie. Ça ne fait pas tout, mais associé à mon combo. Mais voilà, une peur. peur de ne pas être à la hauteur. Et une deuxième peur, la peur du jugement, la peur du regard de l'autre. Et là, j'ai dû aller me poser la question fondamentale, c'est quoi l'enjeu du projet ? Eh ben aucun. Je suis bénévole, si ça marche pas, c'est pas grave. Là, c'est un atelier pilote, sincèrement, zéro enjeu. Donc, j'ai pu décider de me lâcher la grappe sur le résultat et juste de me faire plaisir. Mais il a fallu que je déconstruise ça, tac, tac, tac, pour pouvoir me lancer et être bien. Tu vois un peu le processus ? Maintenant, je vais te donner l'exemple d'une de mes clientes que j'avais en coaching il y a quelques mois. Un jour en séance, elle vient avec une pensée, parce qu'elle était dans une évolution stratégique dans sa boîte. Et elle me dit, je ne me sens pas bien en ce moment, j'ai vraiment peur que ça ne se passe pas bien. Si j'échoue, je vais me faire virer. Ils vont se rendre compte que je ne suis pas à la hauteur. Je suis en train de me dire qu'il faut que je revienne à mon poste et que je leur dise que c'était une erreur et que je ne veux plus de cette évolution. Donc elle arrive avec ça. Donc ça, c'est sa pensée. Ça, c'est son syndrome de l'imposteur qui est en train de lui parler. La situation dans laquelle elle était à ce moment-là, je te l'ai dit, en gros, elle venait d'avoir une promotion et donc elle s'est retrouvée à travailler sur des projets plus stratégiques, des dossiers qui étaient plus importants pour l'entreprise. Pour le coup, elle, derrière, elle ressent un enjeu à cet endroit-là. On a décortiqué tout ça. Et on est allé regarder ce qui se passait. Cette pensée, là, si j'échoue, je vais me faire virer, elle est venue d'où ? Elle est venue de sa famille, du regard que les gens, dans son environnement personnel, ont posé à un âge très important. C'est une jeune femme qui n'a que le bac. Elle n'a pas eu son BTS, elle l'a passé, mais elle n'a pas eu son diplôme. Donc en gros, comme elle n'a pas eu son diplôme, on lui a dit, tu pourrais être que caissière ou vendeuse, en gros. Ta carrière professionnelle, ma poulette, ça se termine là. C'est dommage, mais tu n'as pas été assez sérieuse. Donc, elle part avec ce poids-là. Donc là, on lui propose un pose super stratégique. Il y a un élan en elle qui prend et elle y va. Et là, tout d'un coup, bim, rattrapé par son histoire, le message qui vient, claque. On a regardé s'il y avait une vérité ou une peur derrière. C'est quoi ? Est-ce que c'est vraiment factuel ? Ou est-ce que c'est que de l'émotion ? En gros, on n'est que sur de l'émotion. Il y a vraiment la peur d'être démarqué, d'être démasqué. Et ça, c'était lié à un grand manque de légitimité et d'estime de soi. Donc, on est allé travailler sur ça pour justement pouvoir l'aider. Mais en gros, derrière, factuellement, il n'y avait pas de matière. On a suffisamment travaillé ensemble sur d'autres sujets pour que je sache qu'il n'y avait pas de matière et pour qu'elle puisse le conscientiser. Donc voilà, le tableau, tu vois, tu le déroules de cette manière-là. Tu prends le temps, tu identifies, tu regardes la situation, tu creuses un peu l'origine. Et ensuite, qu'est-ce qui se passe derrière ? Faits ou émotions ? Voilà, tu poses déjà ça. C'est déjà pas mal. Le travail suivant, on va le faire avec la deuxième étape, tu vas voir. Parce que ce syndrome de l'imposteur, c'est vraiment un cercle vicieux. Il est assez pénible là-dessus. Quand tu échoues, c'est ta faute et tu valides ta pensée. Quand tu réussis, c'est un coup de chance et tu ne le mérites pas. Donc, il faut vraiment sortir de ça. Souvent, tu as vraiment tendance à minimiser tes compétences. C'est pour ça qu'il y a cette notion de peur qui revient. Et donc, tu as peur qu'on découvre que tu n'es pas à la hauteur. parce que tu te racontes que tu n'es pas compétente. Et la conséquence, c'est que tu travailles toujours plus pour compenser, tu t'épuises, tu peux éviter des belles opportunités. Le résultat de tout ça, c'est qu'en règle générale, quand tu ne travailles pas sur ton syndrome de l'imposteur, tu as tendance à rester dans l'ombre, alors que tu as tout ce qu'il faut pour briller. D'où le fait que là, Maurice, il faut lui demander de fermer son clapet de temps en temps. Et c'est ça qu'on essaye de changer ensemble, c'est ce chemin-là que je te propose. Une fois que tu as rempli ton tableau, tu peux passer à la deuxième étape. Là, en fait, on va aller faire le procès d'intention. C'est-à-dire, tu vas devenir l'avocate de ta défense face au procureur Maurice ou du nom que tu as donné à ton syndrome de l'imposteur en apportant des pièces à conviction factuelles. Ta petite voix, elle adore te faire croire que tu es une imposture. Mais... Est-ce que tu as déjà pris le temps de vérifier si ce qu'elle dit est vrai ? C'est ce que j'ai commencé à te faire faire dans l'étape 1. Là, on va aller pousser le curseur un peu plus loin, juste sur ce point-là, justement, la notion de fait ou émotion. Il mérite que tu y passes du temps. Là, on va reconstruire la notion de légitimité et de confiance en soi. Souvent, le syndrome de l'imposteur, il repose sur des ressentis, pas sur des faits objectifs. Donc là, pour toi, ça va être de pouvoir le prendre à son propre jeu, c'est-à-dire rassembler les preuves de ta légitimité. Donc, tu peux prendre une feuille et la diviser en deux colonnes ou tu peux passer sur le deuxième tableau de ton support. Si tu as pris une feuille, la colonne 1, tu vas lister les pensées limitantes que tu as déjà identifiées dans le premier exercice, tu les reprends, et la colonne 2, elle va servir à lister les preuves du contraire, les preuves de ta légitimité. Pour chaque doute, chaque pensée, c'est que tu puisses trouver au moins une preuve tangible qui le contredit. Tu n'es pas obligé d'en lister 12, parfois c'est difficile, mais au moins une, tu ne commences pas une. Ça peut être un retour positif qu'on t'a fait, un projet que tu as réussi, une compétence que tu as développée. Tu vas chercher dans le projet que tu as réussi quelle est la compétence que tu as développée qui te permet de contredire l'histoire que tu te racontes. Une difficulté que tu as surmontée aussi, c'est l'expérience. Là, on va vraiment chercher dans ton expérience. Tu pars avec ta loupe et tu passes au crible tout ça pour contrer Maurice. Si je reprends mon exemple avec mon atelier pour les enfants, je te l'ai déjà plus ou moins fait. Mais face à la croyance, je ne suis pas compétente. Vraiment, moi perso, j'ai grandi avec le peu mieux faire toute ma scolarité. Donc clairement, ça ne m'aide pas. C'est vraiment ça qui est venu se jouer. Donc là, l'épreuve contraire, c'est ce que je t'ai listé tout à l'heure. Je m'intéresse à la psychologie, de l'enfant, j'ai lu, j'ai vu des conférences. Je suis formée à l'accompagnement et surtout, en fait, dans les retours que j'ai de toutes les personnes que j'accompagne, que ce soit en atelier, en individuel, dans mes formations, en fait, les gens, ils aiment ma manière d'animer. Donc, je m'appuie là-dessus et je me dis, les gens, ils aiment mon énergie. J'ai eu des enfants et... sur certains sujets, quand on enlève l'émotionnel et le travail sur les devoirs, où ça c'est touchy, parce que c'est trop engageant quand on est maman, sinon globalement ça se passe bien, j'arrive à communiquer avec eux, j'arrive à me mettre à leur hauteur. Pourquoi je n'arriverais pas à le faire avec ces enfants-là ? Donc tu poses ça, tu fais l'exercice dans ce sens-là. Une fois que tu as fini de lister tout ça, tu laisses redescendre tranquillement, et tu reprends ta journée. Hop, tu te relances. parce que d'y passer trop de temps, ton cerveau, il n'y arrive plus. Il faut laisser redescendre un peu toutes les idées que tu as secouées. Par contre, reste attentive à ton dialogue intérieur. L'idée, c'est pas de tout traquer, mais d'être vraiment en conscience de ce qui se joue. Parce que sinon, ça va devenir insupportable, tu vas être toujours en hyper-vigilance, et surtout pas ça. Mais voilà, quand ça gratte un peu plus fort, ou que le message est un peu trop dur, note-le et reviens-y. Et puis, plus tu t'habitues à faire cet exercice d'observation, et plus tu seras en capacité de diminuer le pouvoir d'intensité de tes pensées. Parce que tu vas apprendre à ne plus les laisser te conduire sans réagir. Et c'est ça l'effet recherché, déjà dans un premier temps. On dit souvent, qui ne dit mot consent ? Ça vaut pour tes pensées. Quand tu n'acceptes plus d'avoir un discours négatif dégradant envers toi-même, tu reprends les pleins pouvoirs sur ta vie. Tu reprends ta souveraineté intérieure. C'est ça le premier pas vers l'écologie personnelle. décider que la personne qui a le dernier mot sur ta valeur, c'est toi et personne d'autre. Pas même cette petite voix qui cherche simplement à te protéger, mais là, pour le coup, qui s'y prend très mal. Alors, pour cette semaine, ton plan d'action, il est simple. Télécharge le support de réflexion dans les notes de cet épisode si ce n'est pas déjà fait, ou pose les choses sur une feuille, et voilà, prends le temps de prévoir de quoi travailler, et deviens l'observatrice de ton dialogue intérieur. Déc' Maurice ou Josette ! Comment tu l'appelais, c'est toi qui vois, pointe le bout de son nez, note la pensée, cherche son origine et sors ton dossier de preuves contraires. Prends le temps, fais-le à ton rythme sans te mettre la pression de la réussite parfaite. Le simple fait de t'en rendre compte, c'est déjà une victoire. On commence par là, c'est la technique du plus petit pas possible, le pppp. Déjà, ça c'est parfait. Et on se retrouve. lundi prochain pour le troisième épisode de cette série. On passera encore à la vitesse supérieure avec le switch intérieur. On verra concrètement comment transformer cette énergie pour passer de l'observation à l'action. Et enfin, oser briller à ta juste valeur, celle que tu as envie de porter. D'ici là, prends soin de toi, observe ton Maurice avec beaucoup de malice et surtout lâche-toi la grappe. Très belle journée ou très belle soirée et à très vite !