Speaker #0Est-ce que le monde ne se porterait pas mieux si on faisait toutes un peu plus preuve d'égoïsme ?
Alors oui, je pose un sujet sur la table qui chatouille, qui gratte, qui pique même. Parce qu'on a toujours entendu qu'être égoïste, c'est pas bien. C'est un vilain défaut.
Ce qu'on entend, être égoïste, c'est penser à soi au détriment des autres.
C'est ce qu'on trouve aussi quand on regarde la définition du mot.
Et c'est peut-être là la limite, d'ailleurs.
Parce qu'il y a être égoïste et il y a être égocentrique.
Égocentrique, c'est centré sur soi.
Égoïste, étymologiquement, ce que ça dit, c'est mettre le moi en premier. Le moi avec un grand M. Donc, c'est penser à soi d'abord.
Mais en quoi penser à soi serait un défaut ?
En quoi penser à soi, c'est mauvais pour les autres ?
On va aller poser quelque chose d'important ici. Tout est toujours une question d'intention !
Est-ce que je suis égoïste parce que je veux me mettre en premier et le reste du monde, je m'en fous ?
C'est moi d'abord, les autres après, dans le sens où je vaux mieux que les autres.
Ou est-ce que je suis égoïste pour prendre soin de moi et pouvoir être mieux là pour les autres ?
C'est moi d'abord pour me donner la capacité à être vraiment là pour l'autre.
Tu sens le changement de paradigme ?
Je vais te l'illustrer avec un exemple que je trouve hyper parlant.
Si demain, tu te retrouves dans un avion avec ta famille. Alors, je ne te le souhaite pas, mais tu es dans un avion et il y a un risque, il y a un danger et les masques à oxygène tombent.
Quel va être ton premier réflexe ? Qu'est-ce que tu fais en premier ?
Tu mets le masque à tes enfants ou tu commences par toi ?
Bienvenue dans Lâche-toi la grap' !, le podcast qui t'invite à te remettre au centre. Moi, c'est Stéphanie, coach et formatrice en écologie personnelle pour les femmes qui se sont oubliées en prenant soin des autres. Diplômée en pratique narrative, j'accompagne mes clientes à réécrire leur histoire et à rallumer leur lumière intérieure. Deux fois par mois, on explore ensemble des histoires inspirantes de femmes qui ont osé switcher. On parle de croyances à déconstruire, d'écologie personnelle et surtout d'apprendre à se lâcher la grappe. Parce qu'en rallumant ta lumière, tu éclaires aussi le monde autour de toi. Allez, installe-toi confortablement et bienvenue dans l'épisode du jour.
Alors, t'as répondu quoi à la question de l'avion ?
La plupart des gens, quand on leur pose cette question, ils vont dire « je vais mettre d'abord le masque sur mes enfants parce que c'est la priorité, je veux les sauver, eux d'abord, et c'est humain » .
Moi, la première fois, j'ai répondu de la même manière, j'ai répondu « mes enfants d'abord » .
Sauf que... Il y a toujours un sauf que, sinon je t'en parlerais pas ici.
Le temps que tu mettes le masque sur le premier enfant, en fait, s'il y a un vrai danger et qu'il n'y a plus d'oxygène, en quelques secondes, tout le monde s'évanouit. Donc, t'as sauvé une personne. Alors que si tu mets le masque en premier, toi, tu vas garder toute ta capacité et ta conscience. Et là, tu vas pouvoir ensuite mettre le masque à tout le monde. Tes enfants, ton mari, tu vas pouvoir sauver plus de monde. Il vaut mieux perdre 10 secondes d'oxygène que de ne plus en avoir du tout. Elle est là, la subtilité.
Donc heureusement qu'ici, quand tu fais ce choix-là, tu fais preuve d'égoïsme. Tu te fais passer en premier, mais pour pouvoir être là pour tout le monde. Elle est là, la notion d'intention dont je te parlais dans l'introduction.
Dans cet épisode, je vais faire quelque chose que je ne fais pas toujours, voire je pourrais dire que je fais rarement. parler de moi, ce n'est pas difficile. Il y en a pour qui c'est compliqué, pour moi, ce n'est pas difficile. J'ai réussi, j'ai appris. Raconter mes histoires, montrer ma vulnérabilité pour inspirer, c'est OK. J'aime bien donner des outils, des conseils sur des sujets, faire intervenir des personnes, tout ça, ça va.
En revanche, il y a quelque chose que je n'ai jamais fait et qui est plus compliqué pour moi, c'est de partager mon opinion sincère, mon opinion profonde, donner mon avis. C'est quelque chose d'un peu plus compliqué. Parce que quand on partage son opinion, on prend le risque de voir des gens qui ne sont pas d'accord. On prend le risque de bousculer les codes, de bousculer les lignes, de faire des choses ou de dire des choses qui ne sont pas communément admises par les normes de la société. On prend le risque de créer la controverse. Et ça, pour moi, c'est pas confortable.
Mais là, aujourd'hui, sur ce sujet, me taire est encore plus inconfortable. Alors je me suis dit, allez, je me lance et j'ose. Et puis... Se taire, c'est aussi un peu valider les choses. C'est valider les grands sujets qu'on entend partout et dire, je ne dis rien, donc d'une certaine façon... c'est que je suis d'accord. Sauf que là, j'ai pas envie d'être d'accord avec le fait qu'être égoïste, c'est mal.
Soyons clairs, avec l'épisode d'aujourd'hui, je vais surtout pas te dire quoi faire ou quoi penser. C'est vraiment pas le sujet. Là, l'idée, c'est de te partager ma vision du sujet pour qu'on puisse ouvrir un espace pour se questionner, peut-être faire un pas de côté, regarder les choses sous un autre angle. Et c'est ce qu'on fait en coaching, prendre de la hauteur. se questionner. Qu'est-ce qui se joue ? Est-ce que ça me convient ? Est-ce que j'aime ou pas ? Qu'est-ce que j'en pense ? Est-ce que je suis d'accord avec ça ? Avant le passage à l'action, il faut toujours prendre un temps de compréhension et d'observation.
Et je trouve que des fois, on est quand même dans une société où aujourd'hui, on est beaucoup dans le faire et dans l'urgence. Donc, il faut tout de suite trouver des solutions et il faut tout de suite faire bouger les lignes. Ou se faire bouger soi, d'ailleurs. Mais est-ce qu'on peut vraiment bouger tant qu'on n'a pas compris, tant qu'on n'a pas pris conscience, posé de la conscience sur ce qui se passait et comment c'était pour nous ?
Parce que fondamentalement, c'est ça qui est important. Comment c'est pour moi ?
Et avec le sujet du jour, cette question, elle prend tout son sens et toute sa place.
En parlant d'égoïsme, je sais que je viens toucher un point important, un point qui est culturel, donc c'est d'autant plus dur à bouger. Quand c'est quelque chose qui est communément admis, c'est plus difficile. C'est plus difficile parce que c'est fortement ancré. Et encore plus quand on est une femme. On est d'accord avec ça ? Aujourd'hui, on a beaucoup d'injonctions à prendre soin des autres. La famille, les amis, les collaborateurs, les collègues, les voisins. Faut prendre soin de la planète. Bref, on a une belle liste qui est bien longue. En fait, il faudrait faire preuve d'altruisme tout le temps. Sinon, on pourrait passer pour des égoïstes. C'est pas bien. Le problème avec l'altruisme, qui signifie au départ être là pour les autres, donc c'est quelque chose de très bien, je suis quelqu'un de profondément altruiste, il n'y a pas de souci avec ça. Le problème, c'est qu'on trouve derrière cette valeur la notion forte du don de soi et de sacrifice. En tout cas, c'est la vision que nous en donnent les attentes de notre société. Et c'est surtout celle que moi je ressens, que je vois et que j'interprète. Donc... On a un souci derrière cette valeur-là.
Je vais te partager une scène du quotidien pour illustrer ça. Le mien, il y a quelques années, peut-être le tien aujourd'hui.
Tu rentres à la maison après une grosse journée de boulot. Ou c'est les enfants qui rentrent, peut-être t'étais en télétravail. La journée, elle a été chargée. T'as dû traiter les urgences, les imprévus. Et puis bien sûr, tes dossiers habituels. La collègue qui a eu besoin d'aide. Le chef qu'il a fallu dépanner à l'arrache. Bref, t'es fatigué. stressée en fin de journée. T'as peut-être même pas pris le temps de faire ta pause déjeuner, ou alors elle a été courte, tu sais, sur un coin de bureau, entre deux. À la fin, t'es tellement à plat, bah t'annules ta séance de sport, ou t'as sorti avec les copines. Y'a plus de bande passante. Mais oui, en fait, tu sais qu'il faut encore gérer toute l'intendance de la soirée, donc y'a plus d'énergie pour toi. Tu fais à manger par obligation, pas par envie. Dès qu'un de tes enfants te demande quelque chose, tu souffles, et tu fais, mais à contre-cœur, voire tu l'envoies bouler. T'aurais presque envie de faire payer à tout le monde le fait d'avoir annulé ta soirée. C'est cette petite colère sourde qui monte. Sauf que ça, annuler ta soirée, réellement, personne ne te l'a demandé. Tu le fais parce que tu crois que c'est ce que tu dois faire. Depuis toujours. Donc c'est devenu normal. Les autres passent avant toi. Tu dois être là pour tout le monde au travail, pour tout le monde à la maison, et toi. Tu récoltes les miettes quand il y en a.
Je te propose qu'on se pose quelques secondes sur cette tranche de vie que je viens de décrire.
Est-ce qu'ici, tu prends vraiment soin de ceux qui t'entourent quand tu fais par obligation et à contre-cœur ?
C'est pas une question rhétorique que je te pose ici. C'est vraiment une question fondamentale. Est-ce qu'ici, tu prends vraiment soin de ceux qui t'entourent quand tu fais par obligation et à contre-cœur ?
Écoute comment ça résonne à l'intérieur. Qu'est-ce que ton corps y dit ? Qu'est-ce que ta tête te dit ?
Perso, quand je vis ça, ça crie fort, mais partout en moi. Ça rejette tout, ça veut tout envoyer péter. Parce que ça me va pas, parce que ça me respecte pas. Sauf que ce qui est difficile ici, je trouve, c'est que c'est une boucle systémique. C'est sociétal. Tu peux vouloir bouger, faire autrement, mais la société en fait elle t'en empêche, car elle, elle bouge pas. On vit dans une société qui attend beaucoup de nous en tant que femmes. Elle nous conditionne à jouer ce rôle, tourné majoritairement vers l'extérieur, vers les autres, qu'on le veuille ou pas. Et parce que c'est tellement ancré, on prend cette place. On joue ce rôle. On n'en veut pas. Ça ne nous convient pas. Mais on le fait de manière automatique et subie. On a appris à nous faire passer en dernier, à ne pas penser à nous. Et on a surtout bien intégré que penser à soi. c'est égoïste. C'est pas bien.
Je dis ça car ici, l'idée, c'est surtout pas de culpabiliser. Sinon, on renforce encore plus la boucle. Donc c'est pas toi qui fais pas d'efforts. C'est qu'à un moment donné, on est d'accord. Il y a quelque chose autour de nous qui facilite clairement pas les choses.
Donc, c'est juste d'avoir conscience que bouger, on peut le faire à son échelle. Mais qu'il y a un système autour qui va résister. Et c'est pour ça que c'est si dur. Donc c'est normal de pas réussir. de ne pas avoir osé bouger, de se sentir pas capable, dépassé.
C'est d'ailleurs pour ça que je disais en intro qu'avant de bouger, c'est déjà de comprendre. Comprendre ce qui se joue, ce qu'on ressent, ce que ça va demander comme effort si on veut changer. Et ensuite, on peut choisir d'agir là où on se sent capable d'agir. Pas partout, pas tout le temps, mais un pas après l'autre. Mais il y a un vrai enjeu à initier ce premier mouvement.
Pour moi, quand une femme commence à prendre soin d'elle et qu'elle décide de se repasser au premier plan et de reprendre son pouvoir, c'est un véritable acte politique. Politique au sens où il y a un vrai choix profond à redistribuer les cartes qui nous sont données au départ pour construire son propre jeu, ses propres règles en se remettant au centre. Et c'est là pour moi que c'est important de partager ce sujet-là. C'est ça qui fait que je me suis dit j'y vais et j'y vais pas. Mais il y a un vrai enjeu. Il y a un vrai enjeu à faire bouger ces lignes-là.
Et surtout, c'est d'intégrer que parce que la femme, elle a cette force bien ancrée en elle d'être là pour les autres, elle ne la perdra pas en chemin. En se remettant au centre, elle s'offre juste l'espace pour mieux vivre sa relation aux autres et en n'étant plus dans le sacrifice. mais dans le faire ensemble. Et ça change tout. Ça change profondément tout.
J'y crois tellement. T'en penses quoi, toi, de cette proposition ? Comment ça résonne pour toi, ce que je te partage ici ? J'aimerais tellement être une petite souris pendant que tu écoutes cet épisode, juste pour voir ce qui se passe pour toi.
Parce que c'est vraiment un sujet qui m'anime et qui est à l'origine de la création de ce podcast. Pourquoi j'ai créé Lâche-toi la grappe ? pourquoi j'en suis arrivé là. Il y a vraiment aussi cette petite flamme qui m'anime, qui est de se dire qu'à un moment donné, il y a à comprendre qu'il y a un vrai sujet à faire bouger les choses. C'est pas simple, mais tant qu'on n'en parle pas, tant qu'on se le dit pas, tant qu'on le pose pas, il se passera rien. Donc, voilà, on pose ça, on prend conscience de l'enjeu qu'il y a derrière.
Alors, on ne peut pas dialoguer ici. Mais j'ai vraiment envie qu'avec cet épisode, ça puisse ouvrir un espace de questionnement, de prise de hauteur. Parce que j'entends trop souvent mes clientes me dire « je peux pas, j'y arriverai pas, c'est trop dur » . Mais on a besoin de moi. Oui, tout ça, c'est vrai. Mais est-ce que c'est juste pour toi ? Moi aussi, j'ai pensé comme ça. Moi aussi, j'ai dit ces phrases. Mais il y a un jour où c'est devenu insupportable et je me suis choisie. Pas parce que je suis meilleure, pas parce que je veux être supérieur. Parce que je voulais aller mieux avec moi et avec ceux qui m'entourent. C'était ça qui m'animait profondément dans ce changement.
Et si t'as écouté mon tout premier épisode, tu sais ce moment de ma vie où j'ai décidé que je devais absolument changer. Ce jour où j'ai compris que la seule personne sur qui je pouvais agir pour que ça aille mieux autour de moi, c'était moi.
Alors se choisir. c'est pas de déclarer la guerre au monde entier ou envoyer tout valser du jour au lendemain. C'est simplement refuser de nourrir un système qui attend qu'on s'éteigne pour que les autres brillent. T'as le droit de récupérer ton oxygène. T'as le droit de décider aujourd'hui que les miettes ne te suffisent plus. Alors comme on est là pour faire un pas de côté ensemble, j'ai envie de te laisser avec cette question à infuser à ton rythme cette semaine.
Et si tu t'autorisais, ne serait-ce que 5 minutes À faire preuve de cet égoïsme salvateur aujourd'hui, quelles micro-actions tu pourrais prendre ? Quelles obligations, t'aurais envie de laisser de côté ?
Et parce que ce podcast, c'est un espace d'échange, j'ai une énorme curiosité de savoir comment ça résonne en toi. Je t'ai dit, j'aimerais bien être une petite souris. Donc si tu le veux, n'hésite pas, viens me raconter ton micro-pas, tes doutes, tes colères sur ce sujet. Tu peux m'envoyer un message privé sur Instagram ou sur le canal de ton choix. Tu peux aussi répondre à ma newsletter. Je lis et je réponds à chacun de vos messages parce que là... dans le vrai dialogue, c'est là que l'histoire peut commencer à se réécrire. Et j'aime bien qu'on puisse le faire ensemble.
Et si en écoutant cet épisode, t'as senti que ça criait fort à l'intérieur, si tu dis « Bah oui, oui Steph, j'ai compris le concept du masque à oxygène, mais c'est dur à faire seule. » Et ça, je le comprends, parce que j'ai vraiment eu du mal à le faire seul. Sache que t'es pas obligé de rester dans l'isolement. Moi, c'est exactement sur ça que je travaille, en accompagnement privé. Pas avec une méthode toute faite. Toujours en allant chercher les progrès, un par un, en créant tes propres règles du jeu pour te remettre au centre de ta vie. Sans culpabilité. Et comme toi, tu le décides. Il n'y a pas de meilleur centre que celui que tu veux te donner. Donc ça, c'est vraiment important à intégrer.
Donc si tu sens que c'est le moment pour toi de passer de la prise de conscience à la transformation, le lien vers mon site et mes accompagnements, il est dans les notes de l'épisode. N'hésite pas en tout cas à me contacter et à venir vers moi juste déjà pour en discuter.
Et puis si cet épisode t'a plu, a raisonné, que tu as aimé, n'hésite pas à me mettre une note de 5 étoiles et un petit commentaire. Ça soutient mon projet, mon podcast. Ça l'aide à rayonner et à briller plus fort pour des femmes qui ont peut-être besoin d'entendre ça. N'hésite pas à le partager à une copine, à une collègue à qui tu sais que ça ferait du bien aussi. des fois on a besoin d'entendre certains discours pour bouger, moi c'est un livre qui m'avait fait bouger, des fois voilà on a besoin de s'inspirer en tout cas ce sera un grand merci pour toi de venir me soutenir ici.
En tout cas prends grand soin de toi, oublie pas de te lâcher la grappe parce que justement, être un peu égoïste c'est se lâcher la grappe sur des sujets où on sent que, et bien il y en a ras le bol. Donc prends soin de toi, fais toi du bien et on se retrouve dans deux semaines, pour un nouvel épisode, très belle journée ou très belle soirée et à très vite.