- Speaker #0
Il y a des moments dans la vie où l'on sent que quelqu'un autour de nous ne va pas bien.
Pas forcément un grand drame, pas une crise spectaculaire.
Juste quelqu'un en face de nous qui semble différent.
Un collègue qui serait plus silencieux que d'habitude.
Une amie qui s'isole.
Un proche qui répond « ça va » mais un peu trop vite.
Dans ces moments-là, beaucoup d'entre nous ressentent la même chose. Une inquiétude. et une grande hésitation, parce qu'on ne nous apprend pas vraiment à réagir face à la souffrance psychique.
Bienvenue dans Lâche-toi la grappe, le podcast qui t'invite à te remettre au centre. Moi c'est Stéphanie, coach et formatrice en écologie personnelle, pour les femmes qui se sont oubliées en prenant soin des autres. Diplômée en pratique narrative, j'accompagne mes clientes à réécrire leur histoire et à rallumer leur lumière intérieure. Deux fois par mois, on explore ensemble. des histoires inspirantes de femmes qui ont osé switcher, on parle de croyances à déconstruire, d'écologie personnelle, et surtout d'apprendre à se lâcher la grappe. Parce qu'en rallumant ta lumière, tu éclaires aussi le monde autour de toi. Allez, installe-toi confortablement et bienvenue dans l'épisode du jour.
On sait faire un massage cardiaque, on sait appeler les secours. Mais quand quelqu'un va mal dans sa tête, beaucoup d'entre nous se sentent démunis. Et pourtant... La santé mentale nous concerne tous. Selon Santé publique France, il faut savoir qu'en France, une personne sur cinq souffre d'un trouble mental chaque année et que les troubles psychiques représentent la première cause d'arrêt maladie longue durée. Alors la vraie question devient, et si nous pouvions nous aussi devenir des secouristes en santé mentale ?
C'est précisément pour ça que je voulais consacrer cet épisode à ce sujet. Et c'est un épisode spécial qui est enregistré dans le cadre du Podcaston 2026. Pendant une semaine, des milliers de podcasteurs et de podcasteuses à travers le monde consacreront un épisode de leur podcast à une association pour mettre en lumière leur engagement et leurs actions. Et pour cet épisode, j'ai choisi de parler de santé mentale avec l'association Premier Secours. en santé mentale. Une association qui a un objectif simple et puissant, former des citoyens capables d'apporter les premiers secours en santé mentale.
Et pour en parler aujourd'hui, j'ai la joie d'accueillir quelqu'un que je connais bien, mon ami et ma partenaire professionnelle Corine Geoffroy. Elle est formatrice depuis plusieurs années, administratrice de l'association et surtout profondément engagée dans cette cause. Alors, dans cet épisode, on va parler ensemble de santé mentale, d'engagement, de ce qui pousse quelqu'un à consacrer autant d'énergie à aider les autres. Et peut-être aussi d'une question simple, quand quelqu'un va mal, comment être vraiment présent ?
- Speaker #1
Bonjour Stéphanie, merci, je suis ravie d'être invitée dans ton podcast.
- Speaker #0
Écoute, moi je suis ravie de te recevoir ici, depuis le temps qu'on en parle. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Oui, donc moi je suis Corinne Geoffroy, j'ai 49 ans, je suis maman de deux grands ados de 18 et 22 ans. Et j'accompagne, donc je suis formatrice très administrative de Premier Secours en santé mentale, mais j'accompagne également les individus, les collectifs, les entreprises à prendre soin de leur santé mentale, être plus performant, parce que la performance va... avec la bonne santé mentale.
- Speaker #0
Oui, on est d'accord. On en parle souvent de ça. Il y a vraiment un lien entre les deux. Je pense que là-dessus, on est convaincus.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Alors toi, quel a été ton premier contact avec la santé mentale ? Est-ce qu'il y a un moment dans ta vie qui t'a justement fait comprendre que c'était un sujet essentiel ? Qu'est-ce qui fait que ça t'anime autant ?
- Speaker #1
J'ai vraiment eu un point de bascule dans ma vie à plein de niveaux. Quand j'avais 31 ans, Ma maman est décédée brutalement d'un AVC. Elle avait 54 ans. Et en fait, cette mort brutale de ma maman, à un âge où je ne m'y attendais pas, et elle ne s'y attendait pas non plus, a été comme un déclencheur pour moi en me disant « mais en fait, on peut tous mourir demain » . Et donc, ça m'a créé un mantra dans la vie qui est, je le répète souvent, « la vie c'est maintenant » . Et de là, en fait, moi, je me suis questionnée sur plein de choses dans ma vie personnelle. Il y a eu plein d'événements dans ma vie qui ont fait que je me suis intéressée aux autres, intéressée au sens de la vie et comment on peut continuer à travailler en étant bien et en profitant. Parce que la vie, c'est maintenant OK, mais on ne va pas tous partir à l'île Maurice, vivre d'amour et d'eau fraîche. Ce n'est pas possible. Donc, il faut qu'on travaille. mais comment travailler en étant bien et en profitant chaque jour. Et c'est là où la santé mentale, c'est vraiment important de pouvoir travailler, parce qu'il faut payer les factures, mais d'être bien au niveau de sa santé mentale. Et c'est vraiment ça qui m'anime, en fait.
- Speaker #0
Oui, oui, et puis c'est vrai que c'est quelque chose, on se connaît maintenant depuis presque huit ans, je faisais le compte en y repensant. C'est ça. Et c'est quelque chose que je t'ai toujours entendu dire. Mais vraiment dans cette notion pour se ramener dans l'instant présent et toujours se questionner sur le qu'est-ce qui me fait du bien ? Qu'est-ce qui prend soin de moi finalement ? Et jusqu'où j'ai cette limite-là ? C'est vraiment moi dans l'écho que tu amènes là, c'est ce que je t'entends beaucoup dire. Et c'est ce qui me marque toujours profondément, c'est cette capacité à se ramener à maintenant là, je fais quoi pour moi ?
- Speaker #1
C'est ça, c'est ça. Parce qu'effectivement... C'est de se projeter en disant « je ferai ça plus tard, je ferai ça pendant les vacances, je ferai ça quand je serai en retraite, etc. » Mais si tu es mort avant, c'est dommage. C'est un peu cash ce que je dis, mais c'est vraiment cette expérience qui me l'a fait penser qu'on peut tous mourir demain. Je l'ai vécu par le décès de ma maman. Et effectivement, je me dis « autant que j'en profite aujourd'hui » . Alors bien sûr, je suis comme tout le monde. Il y a des jours où j'ai des coups de mou, je suis un peu en déprime. C'est normal, c'est la vie. Mais de se dire, qu'est-ce qui peut faire que je sois bien tous les jours dans mon travail, dans ma vie perso, dans ma vie professionnelle ? Parce que pour moi, quand on dit, quand on est au travail, la vie perso ne vient pas. Et quand on est à la maison, la vie pro ne vient pas. C'est faux. On est un être humain et vie pro et vie perso, en fait, quand on est au boulot, on pense à sa vie perso. Et quand on est à la maison, on pense à son boulot. On n'est pas deux personnes, on est la même.
- Speaker #0
Oui, ça c'est une croyance qu'a la vie dure et qu'a la peau dure, je trouve, encore beaucoup. Mais effectivement, croire qu'on peut cloisonner les deux, et vouloir cloisonner les deux, ce n'est pas prendre soin de sa santé mentale, justement.
- Speaker #1
C'est ça, c'est de mettre un couvercle sur quelque chose ou faire l'autruche. Et là, c'est comme ça qu'on explose en vol.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Et tu dis quelque chose d'important, mais effectivement, prendre soin de sa santé mentale, ce n'est pas sourire tous les jours, ce n'est pas se forcer à aller bien. C'est aussi accueillir quand on ne va pas bien et savoir mettre en place les bons plans d'action, aller voir les bonnes personnes, savoir se faire aider, savoir prendre soin de soi aussi quand ça ne va pas. Il y a beaucoup de ça. En fait, c'est un sujet dont on parle beaucoup aujourd'hui de la santé mentale. Ça fait deux ans que c'est... Le sujet, j'irais dire, la grande cause qui est portée. Et j'entends beaucoup, oui, mais la santé mentale, il faudrait qu'on aille bien tous les jours. Non, ce n'est pas ça, prendre soin de sa santé mentale. On est d'accord là-dessus.
- Speaker #1
Complètement, prendre soin de sa santé mentale. En fait, on a tous, comme je l'explique souvent, on a tous une santé mentale comme on a tous une santé physique. D'accord ? Quand j'ai mal au ventre, Ça peut être deux choses. Je peux avoir mal au ventre parce que j'ai mangé de la choucroute hier et j'ai mal au ventre. Donc je suis un peu barbouille, mais je ne suis pas malade. Et par contre, je peux avoir mal au ventre parce que j'ai la maladie de Crohn ou j'ai une maladie chronique qui fait que j'ai mal au ventre. Mais quand j'ai cette maladie de Crohn, je n'ai pas toujours mal au ventre. La santé mentale, c'est un peu pareil. Je peux avoir un coup de déprime parce que j'ai un événement dans ma vie qui fait que je ne suis pas bien, mais je ne suis pas forcément malade. Ce n'est pas quelque chose de chronique. Et après, on a tout ce qu'on appelle des maladies, les troubles psychiques liés à la santé mentale. Et là, les troubles psychiques, ce sont des maladies chroniques. Et dans ces maladies, par exemple, si on prend quelqu'un qui est bipolaire, quelqu'un de bipolaire peut avoir des moments où il va bien. Donc c'est vraiment santé physique, santé mentale C'est la même chose Et puis de toute façon on en a tous Et on a des hauts et des bas dans notre santé mentale Parce que la vie n'est pas un long fleuve tranquille
- Speaker #0
Oui et puis ça on le saurait Effectivement savoir faire la différence Entre les petits coups de mou Les coups durs de la vie Versus les problèmes De santé plus profond Qu'ils soient physiques ou mentales Donc c'est aussi savoir faire l'indistinction Merci. entre les hauts et les bas de la vie et en revanche des problèmes plus profonds qui sont plus handicapants dans son quotidien justement. Alors toi, concrètement, comment tu présentes les premiers secours en santé mentale ? Parce qu'on vient de parler de santé mentale. Je l'ai dit, tu es formatrice et administratrice de l'association Premier Secours en Santé Mentale. Pour les gens qui nous écoutent, est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est ?
- Speaker #1
Oui, alors cette association, c'est une association à but non lucratif qui est basée à Lyon, PSSM France. qui n'est pas né comme ça, qui dépend de quelque chose qui a été créé en Australie en 2000, qui s'appelle Mental Health First Aid, MHFA, qui est un programme international basé sur des données scientifiques qui existe aujourd'hui dans plus de 45 pays du monde, dont la France, et qui est un petit peu... Comme les premiers secours physiques, où on va apprendre en premier secours physique à faire un massage cardiaque, etc. Et bien là, les premiers secours en santé mentale, on va apprendre à comment je fais quand une personne ne va pas bien, comment je fais pour détecter un petit peu les signaux faibles, et comment je vais faire pour aller l'aborder, l'écouter, et surtout après l'inciter, la convaincre à aller voir des professionnels compétents. Et donc... Cette association qui est basée à Lyon et qui reprend ce programme scientifique PSSM France dispense sur tout le territoire français métropolitain et en Outre-mer. Cette formation, on est aujourd'hui à peu près 2000 formateurs qui dispensent cette formation. Donc la formation, elle est identique sur tout le territoire, quel que soit le formateur qui fait cette formation. pour apprendre en deux jours à comment je fais quand quelqu'un ne va pas bien.
- Speaker #0
Alors toi, qu'est-ce qui t'a donné envie de t'engager dans cette association ? Parce qu'effectivement, on voit, il y a une histoire, on est sur quelque chose qui existe depuis longtemps, donc ça a été développé sur le territoire français. Et toi, à un moment donné, tu as choisi, au-delà d'être formatrice, de t'engager dans cette association. Pourquoi ?
- Speaker #1
Pourquoi ? Pourquoi ? En fait, ce programme, moi j'adore. J'adore ce programme parce que... Il y a plusieurs choses. Il y a déjà comment aider quelqu'un qui ne va pas bien. Et on a tous quelqu'un autour de nous qui peut aller mal, que ce soit au niveau de la dépression, des troubles anxieux, des crises suicidaires, des addictions, ce sont des sujets qu'on traite. Mais il y a aussi ce côté déstigmatisation. Et en fait, moi, ce que j'adore, c'est à la fin des deux jours de formation, quand les stagiaires me disent « Ah, mais en fait, je ne voyais pas ça comme ça. Ah mais j'avais... Je pensais que la santé mentale, c'était des fous. Et en fait, ce qu'on me dit souvent, et c'est un petit peu, alors je n'aime pas ce mot, mais là, c'est à juste dire, en fait, c'est des gens normaux. Et c'est un autre regard, c'est ce qu'on appelle, c'est vraiment la déstigmatisation des personnes qui souffrent de troubles psychiques. Et j'adore ça, en fait. J'adore ce côté déstigmatisé, et de rendre de rendre d'apporter un autre regard sur les troubles psychiques. C'est pour ça que je suis un peu militante là-dessus. J'avais envie de m'engager parce que j'y crois et j'ai envie de faire en sorte qu'on soit dans une société plus inclusive et que vraiment ces troubles de santé mentale ne soient pas tabous. Que ce soit quelqu'un qui soit bipolaire, par exemple, ou schizophrénique, que ce ne soit pas plus tabou que quelqu'un qui a un cancer. C'est une maladie comme une autre.
- Speaker #0
On touche à quelque chose d'important. Tu parles de stigmatisation, de tabou. Aujourd'hui, pourquoi la santé mentale reste tabou ? Qu'est-ce qui est ce truc qui reste accroché ? C'est terrible, pourtant on en parle.
- Speaker #1
Les gens ont peur parce que ça ne se voit pas. Ça ne se voit pas. C'est dans la tête, on ne sait pas trop ce que c'est. Il y a plein de préjugés. clichés qu'on a parce que le cinéma aussi, on a des films, le méchant c'est toujours le fou qui fait peur, qui va tuer tout le monde alors que c'est complètement faux. Et on a ces clichés du cinéma, de la société et puis voilà, la psychiatrie a bien évolué, heureusement, mais avant l'asile de fou, ça ne fait pas rêver. C'était vraiment très péjoratif. plein de choses très péjoratives qui sont associées dans l'inconscient collectif et qui font qu'on a encore peur. Et après, il y a aussi beaucoup de personnes qui pensent qu'avoir des troubles de santé mentale, c'est de la faiblesse. Alors que ça n'a rien à voir. Mais non, si je vais voir un psy ou si je ne suis pas bien au niveau de ma santé mentale, c'est que je suis faible. Alors que ça n'a rien à voir. Mais c'est encore une croyance forte.
- Speaker #0
Oui, il y a des croyances fortes. Pour rebondir sur ce que tu dis, on avait partagé dessus, mais il y a des chiffres qui sont donnés autour de la santé mentale. Mine de rien, dans cette notion de déstigmatiser les choses, c'est important. En fait, en France, il faut savoir qu'il y a une personne sur cinq qui souffre d'un trouble mental chaque année. Et si je ne dis pas de bêtises, tu m'arrêtes, mais c'est une personne sur quatre qui, dans sa vie, souffrira d'un trouble mental.
- Speaker #1
Oui, d'un trouble psychique, oui, tout à fait.
- Speaker #0
D'un trouble psychique. Donc, mine de rien, on est sur un sujet qui peut nous toucher tous. Ça peut nous arriver, soit nous, soit dans notre environnement, si on prend juste sa famille autour de soi. on va être touché par ce sujet-là d'une manière ou d'une autre à un moment donné dans notre vie. Pourquoi les proches se sentent souvent démunis justement par une personne qui développe un trouble psychique autour de soi ?
- Speaker #1
Toujours pareil, parce qu'on ne sait pas comment faire, on a peur. nos propres peurs. Et puis on se dit est-ce que je dis les bons mots ? Est-ce que je ne suis pas trop intrusif ? Voilà, on ne sait pas. Et justement, c'est là où la formation est très importante. Parce que dans cette formation, on va donner une méthodologie pour savoir justement comment approcher, comment trouver les bons mots, ce qu'il faut dire, ce qu'il ne faut pas dire. On donne une méthode et ça rassure. Et on se dit, là, je peux y aller. Là, je ne suis pas trop intrusive. Là, c'est bon. Ça donne une autorisation à faire et pour aller aider la personne. Après, comme je le dis toujours en formation, je forme des secouristes en santé mentale. Et on forme des secouristes en santé mentale. On ne forme pas des sauveurs. On ne peut pas sauver le monde. Ce serait trop beau, mais c'est dans les films, les super héros Dans la réalité, ça n'existe pas. On fait ce qu'on peut, on a des outils, on fait ce qu'on peut, on fait du mieux qu'on peut, mais on ne peut pas devenir des sauveurs. Quand on s'enlève déjà cette cape de sauveur, on est secouriste et c'est déjà super.
- Speaker #0
Oui, et c'est justement ce que permet cette formation. Alors toi, tu es administratrice de PSSM, mais tu es aussi formatrice. Et tu es formatrice pour les deux programmes qui existent. Parce qu'il y a deux programmes. Aujourd'hui, il y a un programme pour... accompagner les adultes, mais il y a aussi un programme pour accompagner les jeunes qui sont dans ces situations de troubles psychiques. Est-ce que tu peux nous raconter, alors tu nous as donné quelques éléments, à quoi ressemble une formation PSSM ? Je me dis, moi je me suis formée, je sais que c'est quelque chose qui est très soutien pour moi, mais si demain on a nos auditeurs, nos auditrices qui se posent la question, tiens, est-ce que c'est pour moi ? Ça se passe comment une formation PSSM ? Qu'est-ce qu'on apprend concrètement ? Tu pouvais nous en donner un petit peu plus.
- Speaker #1
Oui, alors c'est une formation de deux jours qui est ouverte à tous. C'est vraiment une formation citoyenne. Donc effectivement, il y a la formation qu'on appelle standard qui est pour accompagner un adulte qui ne va pas bien. Et il y a une formation un petit peu plus spécifique qui est le module jeune. Il est plus pour les adultes, toujours, parce qu'il faut avoir 18 ans, pour des adultes qui travaillent ou qui sont en contact d'adolescents, de jeunes adultes. qui est un petit peu plus spécifique parce que dans la formation jeune, on va voir… tout ce qu'on appelle l'automutilation non suicidaire, donc l'escarification. On va voir les troubles du comportement alimentaire qui sont un peu plus spécifiques pour les ados que pour les adultes. Mais dans l'ensemble, quand on fait les deux, c'est très bien. Elles sont complémentaires, mais on ne peut faire que l'une ou que l'autre. Et on arrivera dans toutes les situations, puisque la méthodologie, le plan d'action, le plan d'action aéré, je vais y revenir après, c'est dans les deux méthodes. Donc, ce qu'on fait en deux jours, en fait, je vais reprendre le module standard, on va voir quatre grands chapitres qui vont être les troubles anxieux, les troubles dépressifs, les troubles psychotiques et les troubles liés aux addictions. Et on verra comment agir quand quelqu'un ne va pas bien, quand il y a une crise ou pas. En parlant de crise, on va voir les attaques de panique. Donc, les attaques de panique, c'est ce qu'on appelle souvent les crises d'angoisse. Donc ça c'est quelque chose, les crises d'angoisse. On va voir justement les idées suicidaires, la crise suicidaire. Donc ça c'est quelque chose qui peut faire un peu peur.
- Speaker #0
Pas sensible.
- Speaker #1
Les addictions, les addictions à l'alcool. C'est quoi une addiction à l'alcool par exemple ? À quel moment on parle d'addiction ? Ce n'est pas un jugement, pareil pour les addictions aux drogues. On n'est pas sur du jugement. On est juste dire, si la personne… elle a tendance à boire trop, enfin boire trop, à boire trois whisky tous les soirs, peut-être que derrière, il se cache un problème. Peut-être qu'il y a quelque chose qui ne va pas bien. Et donc, cette formation, elle est assez à un côté un petit peu ludique, parce que ce n'est pas une formation classique. Parfois, on bouge, parfois on va faire du dessin, parfois il y a des échanges. C'est aussi très collaboratif.
- Speaker #0
Oui, c'est très expérientiel de mémoire.
- Speaker #1
Voilà, avec des témoignages aussi de personnes concernées qui sont très impactantes aussi. Voilà, donc... La formation, elle est assez ludique pour ça, donc ça c'est chouette. Et ensuite, cette formation, c'est très simple, il y en a sur tout le territoire français. Il suffit d'aller sur le site PSSM Formation, et vous tapez votre numéro de département, même votre ville parfois, et vous allez voir autour de vous les formations qui sont dispensées, auxquelles vous pouvez vous inscrire.
- Speaker #0
Oui, puis tu disais, en gros c'est ça, c'est une formation citoyenne, Merci. Comme les premiers secours physiques, où je peux m'inscrire à des sessions avec la Croix-Rouge, comme je veux, moi, en tant que citoyenne lambda, j'ai la possibilité de m'inscrire à une formation PSSM, quand j'ai identifié qu'il y a une session qui est à côté de chez moi, et ça me permet tout simplement de pouvoir prendre soin de mon environnement. Après, de fait, tu interviens aussi beaucoup en entreprise pour former des managers, souvent des cohortes de managers. Alors moi, ça me fait rebondir sur un sujet. Parce que je parle souvent de la formation PSSM, moi, dans le cadre de mes formations managériales. Je l'amène souvent parce que c'est un sujet sensible et souvent, les managers sont désarmés. Et ça me fait un lien avec une croyance, une idée reçue qu'on a beaucoup. Souvent, moi, les managers, en fait, me disent, oui, mais pourquoi c'est à nous de nous former dessus ? On n'est pas des psys, ce n'est pas à nous de prendre en charge ces sujets. Et ça fait le lien avec ce que tu disais juste avant. quand on se forme au massage cardiaque. Et à savoir réagir face à un malaise, on ne devient pas médecin. On devient juste capable de comprendre ce qui se joue et d'orienter. Et c'est ce qui se passe dans les formations PSSM, notamment pour les managers. On ne devient pas psy. Par contre, on apprend les codes pour observer ce qui se joue, réagir de manière ajustée et transmettre, faire passer la personne dans un espace plus adapté de contact avec les bonnes personnes. En gros, on devient un meilleur relais. face à la difficulté.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. C'est vraiment ça. On n'est pas psy en deux jours, heureusement.
- Speaker #0
Et heureusement, oui.
- Speaker #1
Et ce n'est pas le but. Ce n'est vraiment pas le but. Ce n'est vraiment pas le but. Mais j'ai une anecdote parce que j'ai revu un manager il n'y a pas très longtemps que j'ai formé et qui m'a dit, franchement, je l'ai recroisé, il m'a dit, mais c'est chouette parce que j'ai eu l'autre jour dans une réunion un collaborateur qui a fait une crise d'angoisse, une attaque de panique. Et en fait... avant la formation, je ne savais pas du tout comment réagir face à ça. Et bien là, j'ai osé et j'ai fait ce qu'on a vu. Et du coup, ça s'est bien passé. Et il était super content de me raconter en me disant, j'ai osé parce que comme j'ai fait la formation, je savais à aucun endroit, je n'y serais pas allée avant. C'était génial. C'était génial, quoi.
- Speaker #0
Ça, c'est des cadeaux. C'est des cadeaux parce que c'est là où tu sais que tu as été utile et que tu as permis. D'une situation qui serait restée dans un coin et qui aurait pu grossir et devenir vraiment grave ou handicapante à un niveau, là, en fait, le sujet est traité, il est accompagné et ça montre que derrière, on peut compter aussi les uns sur les autres. Et je pense que dans cette notion d'engagement dont on parlait tout à l'heure, effectivement, on ne peut pas changer le monde, mais si on peut changer ça déjà, je trouve que c'est précieux. J'ai une vision très utopique de la vie et je me dis que ça... Moi,
- Speaker #1
ça me nourrit. On est pareil sur cet endroit-là. Mais voilà, toutes les petites graines qu'on peut semer, c'est génial. C'est super, en fait.
- Speaker #0
Oui, je vois dans mon travail, je vois vraiment à quel point la santé mentale, elle influence notre capacité à décider, à être en lien avec les autres, à prendre notre place. C'est pour ça que c'est vraiment un sujet qui me touche particulièrement, qu'on en parle souvent, parce que je le vois dans mes formations, dans mes accompagnements. Moi, j'ai déjà eu, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle moi, j'avais décidé de me former à l'époque. Je me souviens d'un de mes premiers clients qui, sur notre deuxième ou troisième séance, me dit « j'ai des pensées suicidaires » . Mais ce jour-là, je me suis décomposée parce que je me suis dit « mais qu'est-ce que je fais de ça ? » Alors, en tant que coach, j'ai des questions d'accompagnement, mais le suicide est un sujet... qui fait peur. Je me suis dit, mais si je ne gère pas le sujet comme il faut, comment j'assume la responsabilité de ce qui pourrait se passer derrière ? C'est venu me questionner sur tout un tas de choses. Et le fait de faire la formation, alors moi, de par ma posture coach, j'ai un processus de questionnement et d'accompagnement. C'est venu dédramatiser le sujet. Au-delà des clés sur comment faire, c'est venu dédramatiser le sujet. Ça m'a permis de comprendre que déjà, quelqu'un qui en parle, c'est quelqu'un qui est prêt à travailler dessus, c'est quelqu'un qui est prêt à avancer. Donc, il n'y a pas à paniquer, parce que la panique ne donne jamais rien de bon. Donc déjà, juste, je trouve que là où c'est intéressant, c'est de réussir à dédramatiser les situations auxquelles on est confronté, et ensuite de se dire, ok, maintenant, je fais quoi de ça ? Et comment je peux finalement emmener vers les bonnes personnes ? Alors, pour faire le lien, justement, j'ai envie de partager un peu là, avec les personnes qui nous écoutent, finalement, un peu quelques apprentissages, quelques clés pour qu'ils puissent se dire, tiens, maintenant que j'entends ça, finalement, quels sont les signes qui doivent nous alerter chez un proche ? C'est des choses qu'on voit dans la formation. Si on veut aller plus loin, il y aura la formation. Mais déjà, tiens, quels sont les signes qui peuvent nous alerter ?
- Speaker #1
En fait, c'est surtout les changements de comportement. C'est vraiment un changement de comportement. C'est-à-dire quelqu'un qui arrête une activité, par exemple, je ne sais pas, quelqu'un qui allait régulièrement à la Zumba, qui ne va plus à la Zumba, qui se met à manger moins ou à manger plus, qui a un air triste, qui dort mal, qui dort moins bien ou qui dort plus. Le sommeil, l'alimentation, quand il y a un changement, c'est clé. Après c'est l'humeur, le changement de comportement. Le changement. Le changement. Quelqu'un qui, par exemple, une femme qui était toujours bien maquillée, bien apprêtée, qui du coup se maquille moins, s'apprête moins. Vraiment un changement de comportement important. Là on se dit, il y a peut-être quelque chose qui ne va pas. Et si j'allais lui demander, comment tu vas ? Mais un vrai, pas le, salut ça va ? Bah oui ça va. Comment tu vas ? Je suis inquiète, je trouve que tu as changé, j'ai l'impression qu'il y a quelque chose de différent, mais un vrai comment tu vas, en attendant une vraie réponse.
- Speaker #0
Oui, le fameux, je sais que c'est quelque chose que tu pousses beaucoup, mais en plus on l'entend dans ton ton, c'est vraiment le ça va incarner comment tu vas, où on va s'intéresser vraiment à l'autre et à ce qu'il va nous partager. Il y a vraiment cette notion de... Je t'offre un espace d'écoute que tu prends ou que tu ne prends pas. Mais en tout cas, sache que je suis à ton écoute. Ça fait le lien avec la question que je voulais te poser derrière. Justement, quand on sent ce quelque chose qui vient, qu'est-ce qu'on peut faire ? Tu viens de nous donner quelques éléments. Déjà, c'est observer les signaux. C'est aller vers l'autre. Ne pas avoir peur d'aller vers l'autre et de lui demander cette vraie question profonde de comment ça va offrir un espace d'écoute. Je pense que vraiment, c'est la clé. qu'est-ce qu'on peut faire pour aller plus loin ? Et surtout aussi, que tu puisses aborder ce côté, qu'est-ce qu'il vaut mieux éviter ? Les gens, justement, comme ils ont peur, ils me disent, « Bah ouais, mais j'ai peur de faire quelque chose qu'il ne faut pas. » Est-ce qu'il y a des choses qu'il faut éviter ? Mentir ? Bon,
- Speaker #1
attends. Non, mais dans le sens où on parle, il faut juste parler avec son cœur, en fait. Il faut juste parler avec son cœur. Et puis, même si on fait une petite boulette, ce n'est pas grave du moment qu'on parle avec son cœur, avec qui on est. et de ne pas... je dirais que plus on nomme les choses telles qu'elles sont et mieux c'est. Tourner autour du pot, en fait, ça parle de nos peurs. Mais mettre des mots sur les choses, souvent en fait on tend la perche. On tend la perche en mettant les mots sur les... c'est nos peurs en fait de ne pas mettre les mots. Nommer les choses. J'ai l'impression, alors bien sûr, on n'est pas professionnel de santé, donc là j'ai l'impression que tu ne vas pas bien.
- Speaker #0
Ça me fait penser à de la dépression. Je n'y connais rien, mais ça me fait penser à de la dépression. Est-ce qu'on peut en parler ? En disant, ça ressemble à, ou ça me fait penser, on reste dans le conditionnel. Donc, voilà, d'être dans le non-jugement et vraiment dans l'écoute, dans l'accueil. Écoute, là, j'ai remarqué, en fait, au dernier after-work, au boulot, ou à une soirée, J'ai remarqué en fait que tu avais beaucoup bu et je remarque que tu bois beaucoup. Est-ce que derrière, il y a quelque chose qui ne va pas ? Est-ce que… Voilà, vraiment parler avec son cœur sans juger en fait. Ce n'est pas facile. C'est facile, bien sûr. Mais juste être vraiment dans l'accueil de la souffrance de l'autre.
- Speaker #1
Oser. Oser faire le pas d'aller vers l'autre. Ce que j'ai envie de partager en plus, c'est que souvent, effectivement, j'ai des gens qui me disent « Oui, mais c'est difficile. » En osant faire le pas et en n'attendant rien derrière. J'étais en formation hier et une de mes stagiaires managers me disait « On a une collaboratrice qui, on a vu, a perdu beaucoup de poids. » Et elle me dit « Je ne sais pas si j'ai fait ce qu'il fallait. » Elle dit « J'ai peur de ne pas avoir été dans la bonne posture. » Et elle dit, voilà, je lui ai dit que j'avais remarqué qu'elle avait perdu du poids et que ça m'inquiétait. Donc, elle lui a dit, voilà, j'ai remarqué que tu avais perdu du poids. Ça m'inquiète. Est-ce qu'au niveau du travail, il y a des choses qui se passent, qui pour toi ne vont pas ? Est-ce que tu as peut-être trop de charges de travail ? Et elle l'a vraiment amenée sur l'espace travail, mais elle a osé partager ce qu'elle avait observé, ce qu'elle ressentait. La personne en face n'a pas saisi le sujet. Et en fait, elle était un peu désemparée. Ce qu'elle me dit, la personne en face a dit, non, non, tout va bien. Vraiment, je t'assure. tout va bien. Donc, elle, physiquement, elle a noté que quelque chose allait. Mais la personne ne s'est pas saisie de l'espace. Et elle me dit, je ne sais pas comment faire. J'ai essayé une fois, je suis revenue à la charge sur la notion juste de charge de travail. Elle ne vient pas vers moi. Et le conseil que je lui ai donné, tu vas me dire si, en tout cas, toi, c'est ce que tu aurais fait. J'ai dit, pour moi, tu as ouvert l'espace dans lequel elle sait qu'elle a quelqu'un à qui elle peut s'adresser. On ne peut pas forcer quelqu'un à répondre à notre question. est-ce que ça va ? Il y a des gens qui ne sont pas prêts ou qui n'ont pas encore la capacité à pouvoir le partager. Et je lui ai dit pour moi, ce qui est bien, c'est que tu as osé partager ce que tu avais ressenti, donc tu n'as pas laissé quelque chose en suspens. Et surtout, tu lui as laissé la place de revenir vers toi. Elle n'a pas insisté et elle lui a dit tu reviens vers moi quand tu veux, je suis à ta disposition pour quoi que ce soit, sache que je serai là. Et elle me dit, je ne sais pas si j'ai bien fait, j'ai peur que ce ne soit pas suffisant. Et donc, je lui ai dit, ta limite, c'est l'autre. Tu ne peux pas faire pour elle le chemin qu'elle n'est pas encore prête à faire.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est exactement ça. Elle sait, maintenant, qu'elle a une porte ouverte et qu'elle pourra y aller. Donc, on lui dit, voilà, ça signifie, voilà, si tu as besoin, je suis là, je suis OK pour ouvrir. Et effectivement, on ne peut pas forcer l'autre à en parler. Il faut respecter aussi le choix de la personne de ne pas avoir envie d'en parler. mais de tendre... de tendre la perche, d'ouvrir la porte, et bien en fait la personne, le jour où elle aura envie de s'en saisir, elle s'en saisira, et c'est déjà énorme pour ces personnes.
- Speaker #1
C'est déjà énorme. Et je trouve que ça en tout cas, c'est ce que la formation désacralise aussi beaucoup, et permet d'appréhender ces différentes étapes, c'est apprendre à... comprendre les différents troubles qui existent, apprendre à savoir réagir de manière ajustée, se sentir plus légitime dans sa capacité à aller vers et d'avoir la capacité d'intégrer cette notion de « c'est ok que ce ne soit pas le bon moment, par contre, effectivement, on a au moins fait le pas vers l'autre qui lui permettra, lui, de faire le pas vers nous quand ce sera le bon moment » . Et je trouve que pour ça, c'est là où elle est très aidante. Et pour avoir croisé des gens qui l'ont fait juste pour eux, ça a changé aussi leur vie, même de par leurs proches. Un proche qui ne va pas bien, ça permet d'aller vers le proche. Pas de manière « il faut que tu te fasses aider » , plutôt en mode « je sens qu'effectivement ça ne va pas bien, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? » et « comment ensemble peut-être on peut trouver une solution ? » Et c'est beaucoup plus doux comme démarche.
- Speaker #0
Oui, et aussi ce qui est intéressant, ce qui ressort, c'est qu'en fait, que le psy comme solution. On apprend aussi beaucoup d'autres ressources, on voit les ressources locales et il y a plein d'associations, il y a plein d'autres choses qui existent que le psy. Alors bien sûr, parfois et souvent, on doit passer par là, mais il y a plein d'autres choses qui existent et qui font un peu moins peur dans un premier temps, pour certaines personnes, et il y a plein de ressources qui existent. C'est ça aussi qu'on apporte dans la formation.
- Speaker #1
Oui, ce qui est intéressant. Alors, est-ce que tu pourrais nous donner peut-être, je ne sais pas, les trois ressources les plus, j'irais, les plus importantes ? Je les partagerai ensuite, moi, dans le résumé de l'épisode pour que chacun puisse y avoir accès. Et voilà, quelles seraient pour toi les trois ressources clés à avoir en tête quand on a besoin de transmettre quelqu'un, d'accompagner quelqu'un vers une solution ?
- Speaker #0
Alors, c'est difficile parce que ça dépend de la problématique. Je dirais qu'il y a une ressource par rapport à la prévention suicide, c'est le numéro 31 14, le numéro prévention suicide. Après, il y a des numéros d'écoute qui sont importants. Alors, celui-là fait souvent sourire, mais il existe, c'est SOS Amitié, c'est un numéro d'écoute. Donc, ce n'est pas le Père Noël est une ordure, mais c'est pour ça qu'il fait souvent sourire en formation. Mais c'est un vrai centre d'écoute. Voilà, vous pouvez appeler. Il y a Phil Santé Jeune pour les plus jeunes. Pareil, des numéros d'écoute. Après, il y a plein de sites internet, il y a plein de ressources possibles aussi sur internet. Vous tapez dépression, vous tapez bipolarité, vous tapez addiction, vous trouvez plein de ressources. Il y a aussi... Quelque chose qui est important, c'est surtout pour les familles d'aidants, pour les proches. Il y a une association nationale qui s'appelle l'UNAFAM, l'Union Nationale des Aidants et des Familles. Je ne sais plus exactement le nom. UNAFAM. Vous tapez UNAFAM et votre numéro de département. Il y a des antennes partout. Et ça, c'est aussi une ressource parce que c'est vraiment souvent les proches sont démunis. Et là, vous pouvez aller les aider. Après, au niveau des addictions, il y a ce qu'on appelle les XAPA. Il y en a pareil dans tous les départements. Ce sont des centres ressources pour l'aide aux addictions. Il y en a plein là-dessus, je ne vais pas m'arrêter.
- Speaker #1
Oui, mais je trouve que c'est intéressant parce qu'effectivement, souvent, on peut se dire que ça donne juste des directions. Je remettrai vraiment les liens dans le résumé de l'épisode pour que ça puisse permettre d'aller regarder. L'idée, c'est de pouvoir justement ouvrir un peu ce champ et de se dire qu'il y a des choses qui existent. Et souvent, quand on est démuni, on ne sait pas par où commencer pour les recherches. Donc, de pouvoir donner quelques éléments, je trouve que c'est intéressant. Avant de... Voilà, on arrive doucement vers la fin de cet épisode. On a parlé du fait de se former pour pouvoir accompagner un proche. Je me souviens qu'aussi... Dans la formation, à un moment donné, je crois qu'on en parle, mais il y a aussi, moi en tant que telle, comment, parce que quand on a envie d'aller aider les autres, ça n'empêche pas qu'on soit exposé au fait que notre santé mentale peut être fragile, quelles seraient les clés principales que tu pourrais partager ici ? Comment je fais pour prendre soin de ma santé mentale ? Je viens d'un formation où on parle de balises, de ressources. Qu'est-ce que tu pourrais partager ? en conseil à ceux qui nous écoutent, ceux et celles qui nous écoutent.
- Speaker #0
Oui, alors, juste un petit point, les balises et les ressources, ce n'était pas dans la formation PSSM, c'était dans un atelier de sensibilisation à la santé mentale. Ah,
- Speaker #1
voilà, j'ai mélangé les deux.
- Speaker #0
Tu as mélangé, mais c'est juste parce que j'interviens sur plein de champs de la santé mentale.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Donc là, effectivement, mais ça fait le lien complètement. C'est les balises et les ressources, c'est vraiment quelque chose qui est très important, c'est-à-dire savoir pour soi-même quelles sont nos propres balises, c'est-à-dire qu'est-ce qui fait, quels sont mes warnings en fait, qu'est-ce qui fait que moi je ne vais pas bien. Alors, est-ce que c'est quand je suis plus irritable à la maison, est-ce que quand mon sommeil se détraque, est-ce que voilà. En fait, identifier pour soi, se dire « Ah, attention, là, je vais sur la pente glissante. » Donc, ça, ce sont les balises, c'est mes warnings. Moi, je sais, par exemple, à titre personnel, c'est le sommeil. Je dors très bien. Dès que je dors moins bien, je me dis « Ah, il y a quelque chose qui ne va pas, là. Qu'est-ce qu'il faut que je fasse ? » Et là, je vais puiser dans mes ressources. Donc, ça, il faut savoir qu'est-ce qui nous ressource, qu'est-ce qui nous fait du bien quand on a ces warnings qui s'allument. Les ressources, ça peut être « moi, j'ai besoin d'aller me promener » , « moi, j'ai besoin de lire » , « moi, j'ai besoin de faire du jardinage ou de la cuisine » ou « moi, au contraire, j'ai besoin d'aller faire du shopping avec les copines » . Peu importe, on est tous différents, donc on a tous nos activités ressources. Et de savoir aussi que, alors moi je sais par exemple, quand le sommeil ne va pas bien, j'ai besoin d'aller dans la nature, d'aller marcher. J'ai besoin de me mettre avec un livre. J'ai besoin de faire du sport. J'ai besoin de faire de la respiration. Il y a plein de choses. Donc c'est vraiment à chacun de définir. Et ce qui est bon pour moi ne sera pas forcément bon pour toi Stéphanie. Et pour quelqu'un d'autre. Et c'est bien de pouvoir se poser un instant et de se dire, tiens. prendre une feuille et dire tiens, alors moi c'est quoi mes warnings ? C'est quoi mes balises ? Quand est-ce que je me dis, ah là je suis sur la pente de glissance ? Est-ce que c'est quand je m'énerve avec mes enfants, avec mon conjoint, avec ceci ? Est-ce que c'est quand j'ai mon eczéma qui revient par exemple ? Ça, ça veut dire que ce n'est pas bon. Il y a plein de choses et souvent c'est par le corps, c'est le corps qui parle. Et une fois que je sais mes balises, c'est quoi ? Qu'est-ce qui peut me ressourcer ? facile, pas partir une semaine en vacances, parce que ça, on ne peut pas le faire facilement. C'est trop mal, d'ailleurs. Oui, parce que moi, dans mes ressources, il y a aller en Normandie, au bord de la mer, me balader la plage, mais je ne peux pas le faire comme ça, d'un claquement de doigts. Donc, qu'est-ce que je peux faire dans un claquement de doigts, plus ou moins un claquement de doigts, assez rapidement dans la journée pour me ressourcer ?
- Speaker #1
C'est d'identifier pour soi ce qui fait du bien et surtout, ce que je précise toujours, une activité ressource, c'est une activité dans laquelle il n'y a pas d'enjeu de... performance.
- Speaker #0
C'est ça !
- Speaker #1
Sinon, ça marche moins bien, mais ça, je l'ai souvent. Mais oui, c'est important, en fait, je pense que vraiment, d'avoir ces deux éléments-là qui permettent ensuite, soit, de décider ensuite, parce que quand on a identifié sa balise et sa ressource, ses ressources qu'on a mises en place, si ça ne suffit pas, c'est là qu'on peut dire « Ok, là, ça ne suffit plus, donc j'ai peut-être besoin de me faire aider. » Oui,
- Speaker #0
effectivement, c'est vraiment le premier niveau. Mais effectivement, quand nos ressources ne sont plus suffisantes et que le corps se dégrade, c'est là qu'on a besoin d'aide. Et ne pas hésiter à se faire aider. Vous avez mal aux dents, vous allez chez le dentiste. Vous avez un problème de santé mentale, vous allez voir un psy. C'est aussi simple que ça.
- Speaker #1
Et ça fait beaucoup moins mal que le dentiste. Ça dépend des fois. Bon, ça dépend des fois. OK. Mais ça fait tellement avancer. Bon, là-dessus, on est convaincus. Donc, forcément, ça... Mais effectivement, j'aime bien toujours cette image-là où je dis, on prend sa douche tous les jours pour enlever toute la fatigue, la pollution, la transpiration de la journée. Allez voir, même si c'est nettoyer à l'intérieur toute la pollution. la fatigue, les choses qu'on a accumulées pour pouvoir les faire circuler. Ils viennent justement alourdir l'intérieur et amener en grande fragilité quand on n'en peut plus.
- Speaker #0
Moi, je vais voir un psy régulièrement et j'en ai besoin et ça me permet d'être bien dans mon quotidien. Ça fait partie de mon hygiène de vie, mon hygiène aussi professionnelle. Après, dans ma profession, c'est un peu plus spécifique. Mais j'en ai besoin et c'est complètement OK. Et ça me permet d'aller bien, en fait.
- Speaker #1
Oui, de toute façon, dans les outils de la santé mentale, il y a un moment donné, pouvoir avoir des espaces avec des professionnels pour justement vraiment déposer les plus grosses difficultés et trouver de nouvelles manières de fonctionner face à ces situations. C'est comprendre ce qui s'est joué. On ne va pas refaire tout le pourquoi se faire accompagner, mais il y a des fois où seul, ça ne suffit pas. Savoir identifier que seul, ça ne suffit pas toujours.
- Speaker #0
Et je tiens à signaler qu'il y a un dispositif, alors bien sûr qu'il est toujours perfectible, qui s'appelle MonSoutienPsy. Vous allez sur Internet, vous appelez MonSoutienPsy et vous avez le droit gratuitement, enfin remboursé par la Sécurité Sociale, à 12 séances avec un psy qui fait partie de MonSoutienPsy. Donc voilà, parce que parfois il y a des problèmes financiers, je l'entends. mais mon soutien psy, c'est déjà un premier pas. Donc, tous les psychologues ne sont pas sur mon soutien psy, mais il y en a. Et vous avez 12 séances qui sont prises en charge par la Sécurité sociale.
- Speaker #1
Merci de ce partage, je ne le connaissais pas. Tu vois, on parle de plein de choses, mais ça, on en avait, je n'en ai parlé.
- Speaker #0
Soutien psy.
- Speaker #1
Excellent. Je rajouterai cette ressource dans le résumé de l'épisode parce qu'elle me semble hyper importante aussi, parce qu'effectivement, il y a des moments de la vie où... Prendre soin de sa santé mentale ne devrait pas être un problème d'argent. Pour le coup, le dentiste, on est pris en charge aujourd'hui. On a un système de soins qui nous permet d'être pris en charge. Et c'est ce qui fait que c'est parfois la limite. Donc, c'est chouette d'avoir des ressources à disposition qui permettent de lever, dans tous les cas, dans un premier temps, ce frein-là. Écoute, top, merci. Alors justement, on a parlé de l'association Premier Secours en santé mentale. Si demain, on se dit « tiens, demain, j'aimerais soutenir l'association, j'aimerais porter ce sujet-là » , parce qu'effectivement, une auditrice, un auditeur qui dirait « je trouve que c'est génial, mais il faut qu'on en parle plus » , comment on peut faire pour soutenir l'association ?
- Speaker #0
Déjà, se former. Se former dans un premier temps. Après, vous avez deux sites. Vous avez le site institutionnel qui est pssmfrance.fr, qui explique tout le plaidoyer de l'association. Et vous avez après le site pssmformation.fr pour là trouver une formation près de chez vous et trouver éventuellement un formateur aussi, si vous voulez le faire en entreprise. Vous avez l'annuaire des formateurs et vous pouvez solliciter un formateur près de chez vous pour intervenir en entreprise ou dans votre structure.
- Speaker #1
Donc le meilleur moyen de soutenir l'association, c'est de se former.
- Speaker #0
C'est de se former, parce qu'après vous faites partie de la communauté des secouristes, vous recevez régulièrement des informations sur la santé mentale, sur PSSM. Donc le meilleur moyen, c'est de se former. Je crois que c'est ça.
- Speaker #1
Exactement, mais parfait. Mais c'est des fois, il faut le dire, c'est aussi simple que ça, ça demande de prévoir du temps. Mais en soi, ça bénéficie à son entourage. ça bénéficie au monde. Alors justement...
- Speaker #0
J'allais juste te dire, pardon. Effectivement, c'est une formation citoyenne.
- Speaker #1
Et alors, si, tiens, elle coûte combien cette formation ?
- Speaker #0
Alors, la formation, il y a une préconisation de PSSM qui est de 250 euros. Après, libre à chaque organisme de formation et formateur de données, mais généralement, on la trouve... Donc là, le prix conseillé, c'est 250 euros. On la trouve entre 250 et 300 euros. Ça dépasse... jamais les 300 euros.
- Speaker #1
Ok, pour deux jours, donc ça reste quelque chose qui reste accessible.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok. Alors, on parlait justement de demain, si tout le monde se formait, ça pourrait changer le monde. Toi, qu'est-ce que tu aimerais voir changer dans les prochaines années ?
- Speaker #0
Après, moi, je souhaite une société plus inclusive, mais bon, c'est un peu utopique, mais c'est ça en fait. Moi, c'est que... En fait, c'est qu'on ait un autre regard et que les gens qui sont un peu différents, quels qu'ils soient, on les accueille comme ils sont et qu'on accepte la différence, quelles qu'elles soient. Que ce ne soient pas les gens différents, avec toutes les différences, qui s'adaptent à la norme, on va dire ça comme ça, mais que la société soit plus inclusive et qu'on accepte qu'il y ait des gens qui soient un peu différents de nous et que c'est OK.
- Speaker #1
C'est un joli message, moi j'aime beaucoup. Parce qu'effectivement, je trouve que si on était tous un petit peu plus utopiques, finalement, ça ouvrirait peut-être plus d'espace de ce genre-là. Et j'adore terminer notre échange sur « Et si demain on apprenait à tous mieux vivre ensemble et à profiter de chaque instant de la vie pour terminer sur ton mantra ? » La vie, c'est maintenant. Et si on arrêtait de la dépenser à juger les autres et essayer de tout faire en sorte que tout le monde soit pareil. Mon Dieu, qu'est-ce que la vie serait plus facile. Je pense que... Lâchons-nous la grappe, faisons-nous du bien.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Vivons chaque jour qui se présente de la meilleure manière pour nous.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Écoute, un très grand merci à toi pour cet échange. C'était vraiment super riche et passionnant. Je suis ravie qu'on ait pu faire cet épisode. hors série ensemble. On avait l'occasion. On savait qu'on ferait une interview toutes les deux. Il s'est fait là.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Merci à toi. Puis bon, tu sais que moi, tu peux me lancer sur le sujet. Je pourrais en parler pendant des heures.
- Speaker #1
Oui, c'est pour ça qu'à un moment donné, on va libérer nos auditeurs.
- Speaker #0
C'est ça. Merci Corinne. Merci à toi Stéphanie.
- Speaker #1
Avant de refermer cet épisode, j'ai envie de retenir une chose. On nous apprend à reconnaître les signes d'un malaise physique. On nous apprend les gestes qui peuvent sauver une vie. Mais face à la souffrance psychique, beaucoup d'entre nous se sentent encore démunis. Et pourtant, savoir écouter, savoir repérer certains signaux, savoir orienter vers la bonne aide, ce sont déjà des gestes essentiels. On vient de le voir dans cet épisode, c'est justement tout le travail porté par l'association Premier Secours en Santé Mentale. Elle œuvre pour former les citoyens capables d'apporter ses premiers repères et ce premier soutien.
Cet épisode a été enregistré dans le cadre du Podcaston 2026, un événement pour mettre en lumière des associations engagées. Si cet échange t'a parlé, je t'encourage à aller découvrir leur travail, à t'informer, à partager cet épisode autour de toi. Et pourquoi pas, à envisager de te former toi aussi. Tu trouveras toutes les ressources en lien sur le podcast.
Parce que prendre soin de la santé mentale, ce n'est pas seulement l'affaire des professionnels, c'est une responsabilité collective. Et parfois, tout commence simplement par une présence, une écoute, et surtout la conviction que personne ne devrait rester seul. face à ce qu'il traverse.
J'ai été ravie de partager ce temps fort avec toi et de te faire découvrir un sujet hyper important pour moi et pour mon invité, comme tu as dû le remarquer. Merci d'avoir écouté ce podcast. Tu peux m'apporter ton soutien en laissant 5 étoiles et un commentaire sur ta plateforme d'écoute. Et surtout, n'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé directement sur Instagram ou sur LinkedIn. Je serai ravie de te lire et d'échanger avec toi. Et tu pourras retrouver aussi toutes les ressources que je cite durant l'épisode dans le résumé.
Je te dis à très vite pour le prochain épisode.