Speaker #0Quand j'étais salariée dans l'entreprise dans laquelle je travaillais, j'étais celle que tout le monde venait voir quand ils avaient un problème. Quelqu'un qui avait une difficulté avec son manager, quelqu'un qui n'était pas content suite à une dispute avec un collègue, qui n'était pas content sur sa dernière fiche de paye. Celle qu'on venait voir pour demander un conseil, et celle qu'on venait voir juste pour déverser tous les problèmes de sa vie. Tu sais, ce fameux bureau des pleurs. Alors, je n'avais pas un bureau solo, mais j'étais celle où on venait s'asseoir sur le bureau, où on se posait. « Steph, tu as deux minutes, j'aurais besoin de toi. » Il s'est passé un truc, là, « j'ai besoin de toi » . Et donc, j'écoutais, j'écoutais, donc j'y passais beaucoup de temps. J'aidais du mieux que je pouvais. J'étais rarement suivie dans les conseils que je donnais. Et puis surtout, en fait, à force d'aider, je ne faisais pas mes dossiers. Moi, quand j'allais voir et que j'avais besoin d'aide, Les gens, ils n'avaient pas le temps. Bref, voilà cette espèce de position un peu pourrie, où tu es là pour tout le monde, tu n'es pas là pour toi, et les autres non plus ne sont pas là pour toi. Autant dire que ce n'est pas forcément le plus sympa. J'ai mis du temps à comprendre ce qui se jouait et ce que c'était. Alors c'est ok de vouloir aider, mais la question fondamentale, c'est de se dire à quel prix. Dans l'exemple que je te donne, ce souvenir, le prix n'était quand même pas très équilibré. La difficulté que j'avais à ce moment-là, c'est que j'étais plus dans l'aide. J'étais devenue une sauveuse. J'essayais de sauver tout le monde. La sauveuse, tu sais, c'est celle qui va sauter dans l'eau pour sauver quelqu'un, en fait, qui était juste en train de jouer. Mais voilà, je le vois s'ébattre et moi je me dis « Oh, mais mon Dieu, il se noie ! » Mais non, pas du tout. La personne, elle était juste en train de jouer. Donc à la fin, c'est cool, tout le monde est mouillé. Et en plus, la personne que j'ai voulu aider, elle est fâchée. Elle ne m'avait rien demandé. C'est un peu ça le syndrome de la sauveuse. C'est intervenir alors qu'on ne t'a rien demandé. Et sans trop savoir finalement où est-ce que tu dois agir. Une petite question pour toi. La dernière fois que tu as aidé une personne qui n'a pas formulé de demande, est-ce que c'était pour soulager sa souffrance ? Ou est-ce que c'était pour soulager l'inconfort ? que cette souffrance générait chez toi. Alors c'est pas grave de vouloir aider au point de sauver tout le monde. Le problème, vouloir sauver tout le monde, c'est une forme de maltraitance envers soi. Parce qu'on prend soin des autres, et on prend pas soin de soi. Sauf que c'est un mécanisme de survie. Et comme j'en parle depuis le début dans la plupart de mes épisodes, c'est quelque chose contre lequel on ne peut pas intervenir tant qu'on n'a pas conscience que c'est là. C'est quelque chose d'automatique qui vient nous protéger. C'est ce qu'on va aller regarder aujourd'hui dans cet épisode. Pour réajuster sa place, pour être là pour l'autre, dans la juste place, et puis être là pour soi et se lâcher un peu la grappe sur ce sujet-là. Le syndrome de la sauveuse, c'est de se sentir responsable du bien-être des autres et souvent au détriment du sien. C'est pas de la générosité pure, c'est à cet endroit, c'est comme un mélange de besoins, d'être utile, d'être aimé, d'être reconnu. Il y a vraiment tout ça qui vient se mélanger. Je sauve pas parce que je veux prendre soin de l'autre réellement, je sauve parce que derrière, j'ai besoin de sauver l'autre pour moi. C'est quelque chose qui vient de moi. C'est vraiment important de pouvoir comprendre cette nuance-là. Derrière ça, il y a une croyance. Il y a souvent une croyance qu'on va trouver, c'est que pour être aimé, je dois aider. Sinon, on va me rejeter, on va m'abandonner. Donc, il y a une espèce de peur qui vient se jouer. Au-delà de cette notion d'être utile, il y a cette croyance que la relation est conditionnée par le fait de faire pour l'autre. En règle générale, les sauveuses, c'est quand même des femmes avec une très forte empathie. L'empathie, qu'est-ce que c'est ? C'est avoir la capacité à reconnaître et comprendre l'émotion, les sentiments de l'autre. Donc c'est vraiment avoir cette finesse, c'est se connecter à l'autre. Donc en règle générale, si j'ai cette capacité à sauver, c'est que je ressens chez l'autre qu'il est en train de se passer quelque chose. L'autre n'a rien à exprimer. Mais je me suis connectée à ça. Donc il va y avoir cette forte empathie et aussi... Un esprit de sacrifice. L'esprit de sacrifice, l'endroit où on va le trouver le plus, c'est la maman avec ses enfants. C'est « je suis là pour ça, je suis responsable de leur bien-être et je vais tout leur donner pour qu'ils soient heureux » . Donc ça, c'est vraiment, j'irais, le rôle dans lequel on va le retrouver le plus. Moi, je vais te donner un exemple par rapport à ça qui m'est arrivé cet été et qui a été flagrant. J'ai ma grande qui fait ses souhaits pour pouvoir avoir son... son lycée. Et elle n'a pas été prise dans son lycée de départ. Donc elle a été prise dans un autre lycée. À deux heures de chez nous, ça allait lui faire des horaires de fou. Enfin, j'ai complètement flippé. Je me suis dit, mais c'est horrible. Elle va être fatiguée. En plus, on la change d'école. C'est pas sympa. Et avant même de savoir si c'était ce qu'elle voulait, j'ai mis en branle tout ce qu'il fallait. Donc j'ai appelé le rectorat. J'ai appelé toutes les personnes qu'il fallait pour que... pour que ça fasse changer les choses, pour que surtout elle revienne dans son lycée. J'ai appelé son ancien lycée, j'ai fait des courriers. J'ai mis ma cape de super-héros, de super-wonder-woman-sauveuse, et je suis allée sauver ma fille de quelque chose qu'elle ne m'avait pas demandé. Et en fait, je vois ma fille me dire, « Mais maman, en fait, moi ça me va d'aller dans cette école. C'est bon. » Donc je m'étais lancée dans un projet juste émotionnellement colossal. qui m'avait mis dans un état pas possible pour quelque chose qui ne m'avait pas été demandé. Ça, c'est typique comme mode de fonctionnement. Et c'est quelque chose qui m'a fait beaucoup de mal, mais comme je l'ai vu rapidement et que maintenant, c'est des choses que je connais, tout de suite, je me suis arrêtée et je me suis dit, je me suis fait piéger. Je me suis fait piéger. Je n'avais pas à aller dans cet espace-là. Ça n'était pas demandé. Mais voilà, la maman avec ses enfants, il faut protéger. il faut se courir. C'est quelque chose qui se fait de manière complètement spontanée. On va le retrouver aussi beaucoup dans la posture du manager, le manager qui doit protéger ses équipes, qui est là, qui doit faire en sorte que ça se passe bien, qui doit toujours faire en sorte qu'il ne leur arrive rien. Moi, j'en rencontre beaucoup dans mes formations. Oui, mais je suis là pour les aider, je suis là, je dois veiller sur eux, je suis responsable d'eux. Mais en fait, on est tous des adultes. Donc, on est responsable d'un certain nombre de choses, mais pas de tout et surtout pas de l'autre, en fait. Donc, c'est toujours la difficulté à distinguer la notion de responsabilité et de marge de manœuvre. Mais effectivement, attention, attention à ça. Il y a aussi les super copines, les super copines qui sont toujours là, sur qui on peut toujours compter. Mais à quel prix ? Qu'est-ce que je disais dans l'intro au début ? À quel prix ? Donc, ça, c'est vraiment cette posture de toujours, toujours être là. pour l'autre sans que l'autre n'ait rien demandé. Derrière tout ça, l'intention, elle est très positive. C'est vouloir rendre service et puis c'est vouloir prendre la charge émotionnelle de l'autre. Quand on est dans l'hyper-empathie, on sent que l'autre ne va pas bien, on a envie de dire « donne-moi ton paquet, je vais le porter pour toi, ça ira mieux » . Mais finalement, porter le paquet de l'autre ne l'aide pas. À un moment donné, il se sent plus léger, on reçoit du feedback positif « merci, t'es là pour moi » , sauf qu'à la fin, au bout du bout. C'est l'épuisement, parce que tu portes tout pour tout le monde. Quand tu en es à ton cinquantième paquet, à un moment donné, les autres vont peut-être un petit peu mieux sur l'instant, mais tu n'as pas réglé leurs problèmes, ça c'est sûr. Par contre, toi, qu'est-ce que tu portes ? Donc voilà, là on est vraiment sur quelque chose qui est assez typique, c'est de vouloir mettre dans son sac tous les problèmes des autres pour qu'ils n'aient pas à les porter. On pense que la relation, elle existe que si on vient sauver l'autre. Sauf que souvent... La sauveuse, elle est excessive, c'est-à-dire qu'il y a ce besoin d'en faire trop. C'est compulsif. Je ne peux pas m'empêcher de sauver dès que quelqu'un est en difficulté, même dans la rue. Il y a ce besoin d'intervenir sur tous les plans pour lesquels on a senti quelque chose, mais qui n'est pas forcément preuve de la réalité. Il y a souvent beaucoup d'interprétations dans le syndrome de la sauveuse. Et puis c'est intrusif. Je fais pour, sans laisser la place à l'autre. Et effectivement, comme je ne sais pas finalement ce sur quoi on a besoin d'aide, je prends la place. La difficulté avec la posture de sauveuse, c'est que je donne tout à l'autre, donc je m'épuise. Je m'épuise parce que je n'écoute pas mes besoins, je ne pose pas mes limites, et si je tente de les poser un peu, je ne suis pas capable de les respecter, parce que je n'aime pas dire non. Et en fait, je tire sur la corde tout le temps ce fameux sac que je remplis, je remplis, et je ne suis pas capable d'identifier que là, je ne peux plus prendre. Quand on est là, On n'est pas dans l'écologie personnelle. Je prends soin des autres au détriment de moi, mais finalement, est-ce que quand je suis épuisée, je suis vraiment présente pour l'autre ? Parce que ça a un coût. Ça a un coût d'être dans cette posture de sauveuse. Ça a un coût d'être toujours présente pour les autres. On l'a dit déjà, la fatigue émotionnelle, c'est épuisant d'être dans l'hyper-empathie en permanence et de prendre la charge émotionnelle de l'autre. Et puis, il y a de la frustration. Il y a de la frustration, il y a de la colère, on va trouver du ressentiment. Pourquoi ? Parce que quand j'aide quelqu'un qui ne m'a pas vraiment demandé quelque chose, je ne vais pas forcément recevoir de la reconnaissance. Et en tout cas, pas à la hauteur de ce que moi j'attends. Parce que moi, j'ai l'impression d'avoir fait un sacrifice énorme. Non mais j'étais là pour toi, je t'ai accompagnée à ce rendez-vous, j'ai été présente avec toi, je t'ai soutenue. Ben oui, mais en fait, moi je t'avais rien demandé. Donc merci d'avoir été présente, mais tu vas pas en faire des caisses en remerciement. Sauf que toi, en tant que sauveuse, tu vas en attendre beaucoup. En gros, t'as changé ma vie, sans toi je ne suis rien. C'est souvent ce qui va être attendu en face. Tu es comme toi, t'as l'impression que t'existes pas sans aider, tu voudrais que l'autre n'existe pas sans ton aide. Et puis, ben... Il va y avoir de la frustration et de la colère aussi, parce qu'il y a la sensation de ne pas être écouté. Quand on ne t'a pas formulé une demande spécifique, on ne t'a pas dit « j'ai besoin d'aide, aide-moi à… » et que tu rends service à quelqu'un qui ne t'a rien demandé, la personne ne va pas suivre tes conseils, puisque ces conseils que tu as donnés, en fait, ils ne partaient pas de l'autre, ils partaient que de toi. Donc l'autre, en face, écoute tes conseils et se dit « oui, mais ce n'est pas ça dont j'ai besoin, ce n'est pas ça qui me faut là aujourd'hui par rapport au problème que j'ai. » Donc, tu te dis « j'aide, elle est au tel. » ne me remercie pas et en plus, elle ne me met pas en place. Ah ben vas-y, débrouille-toi la prochaine fois. Sauf que la prochaine fois, tu y retournes et tu sautes à pieds joints. Parce qu'il y a ce besoin compulsif de toujours être dans l'aide. L'autre coup qu'il va y avoir dans le fait d'être une sauveuse, c'est la perte d'identité. La perte d'identité puisque tu penses que ta valeur n'est conditionnée qu'à l'autre, donc tu es toujours centré sur l'autre. Donc à la fin, en fait, tu ne fais plus les choses à partir... Enfin, comme tu ne fais plus les choses pour toi, tu ne sais plus qui tu es. Dans l'écologie personnelle, il y a ça, c'est bien se connaître, comprendre qui je suis, de quoi j'ai besoin, quelles sont mes limites. Donc je développe mon identité propre, j'assois la personne que je suis, je prends ma place. Quand je suis dans la posture de sauveuse, je n'ai pas de place en tant que telle, je ne me conditionne qu'à l'autre. Donc mon identité ne doit calquer qu'à ce que je crois que l'autre attend de moi. C'est compliqué à cet endroit-là. Donc de fait, à un moment donné, je me perds dans ce chemin-là. C'est toute la difficulté. Et donc, il y a un véritable enjeu, en tout cas, je trouve, pour nous, les femmes, où on a toujours eu cette posture d'aide, d'être présent pour les autres, de toujours tout faire pour les autres, à se réapproprier cet espace parce qu'on n'a pas d'identité propre, hormis celle d'être là pour l'autre. Et ça, celui-là, pour moi, je pense que c'est un des plus importants à travailler, des plus importants à... conscientiser. Et puis, de fait, on ne va développer que des relations déséquilibrées. Parce qu'on va être sur une relation qui est toujours conditionnée à de l'aide dans un sens ou dans l'autre. Et puis, il faut savoir que la posture du sauveur, elle va amener à se retrouver avec des personnes, finalement, qui ne demandent pas d'aide, qu'on vient aider et que ça met dans l'inconfort. Mais à force d'aider certaines personnes, elles ont trouvé une super oreille disponible, qui fait tout pour elles. Donc il y a des gens aussi qui se déchargent et qui ont bien compris que vous étiez la bonne poire aussi. Donc ça ne génère que des relations déséquilibrées et donc ça n'apprend pas aussi à développer une bonne valeur de soi et tout ça, ça vient toucher à l'estime de soi. Quand je pense que ma valeur est conditionnée à l'autre, je ne m'accorde pas la hauteur de la valeur que j'ai en tant qu'individu. On refait le lien avec la notion de perte d'identité. Maintenant qu'on s'est dit ça, tu te demandes peut-être, est-ce que je suis vraiment cette sauveuse ? Parce qu'il y a pas mal de choses qui rentrent en ligne de compte et surtout, il y a un point qui est important. La posture de la sauveuse, c'est parce qu'on va aider alors qu'il n'y a pas de demande. J'appuie vraiment sur ce sujet-là parce que l'idée, ce n'est pas de plus aider. L'aide, quand on est dans la posture altruiste, heureusement que le monde est rempli d'altruistes. LED qui est associé à « j'ai besoin de toi sur ça » , « aide-moi pour ça » , où il y a vraiment quelque chose de clair qui est posé, c'est OK, on y va. Surtout, on n'enlève pas ce côté-là. C'est réussir à faire le pas entre la sauveuse et l'altruiste. Le problème de la sauveuse, c'est qu'elle est dans l'abnégation de soi. Ces jeux n'existent que par l'autre. Donc, c'est là où il y a quelque chose qui ne va plus. Pour te donner un exemple, la copine qui t'appelle au téléphone et qui te dit « En ce moment, je suis en train de vivre vraiment une situation difficile au travail, c'est l'enfer. Avec mon mari, on n'arrête pas de se disputer. Mes gosses, j'en peux plus. Si je pouvais, je les jetterais tous par la fenêtre. Bref, j'ai qu'une envie, c'est de claquer la porte, de me barrer. Je suis épuisée, j'en ai vraiment ras-le-bol. » Et donc, elle vous sort un peu son laïus de « Elle va pas bien » . Et le réflexe de la sauveuse, c'est « Ah non, mais attends, je comprends, c'est vrai, c'est difficile. Non, mais tu sais, bon, peut-être que… Est-ce que tu as peut-être pensé, prends-toi un week-end, tu prends deux jours et tu vas souffler. Si tu veux, je réserve un spa. Écoute, je réserve un spa ce week-end, samedi, tu bloques ta journée, je t'emmène au spa, je suis déjà sur le truc, là, j'ai réservé, ça va te faire du bien, tu vas voir, tu vas souffler. » La copine, c'est peut-être pas ça dont elle avait besoin. Elle n'a pas formulé quoi que ce soit, juste en fait, il y a eu un trop-plein et elle a appelé son amie et elle a déchargé son trop-plein. Mais voilà, je suis dans l'abnégation de moi et je suis dans le syndrome de la sauveuse quand j'ai anticipé des solutions sans savoir de quoi l'autre avait besoin. Peut-être juste ma copine, là, ce dont elle avait besoin, c'est juste d'être écoutée. Et là, il peut y avoir ça, c'est mais non, mais en fait, je ne veux pas aller au spa. Aujourd'hui, j'en ai tellement... J'avais juste besoin que tu m'écoutes. Bah oui, mais bon, moi, j'essaye de te sauver. Enfin, j'essaye de t'aider. J'essaye d'être là pour toi. Je te trouve des solutions. Il n'y a jamais rien qui va. Eh bien, reste dans ton... Tu ne vas pas bien ? Eh bien, reste dans ton truc. Et puis, écoute, voilà. Et puis, la prochaine fois, j'espère que ça ira bien. Et puis, salut. Je ne sais pas si tu as déjà vécu une conversation comme celle-ci. Ça sent le vécu. Alors, je ne suis pas sûre de l'avoir fait par téléphone. Je ne suis pas forcément dans le conflit. Mais j'ai eu, je pense, je n'ai pas forcément réagi comme ça, mais dans ma tête, c'est ce scénario-là qui s'est joué en tout cas. Mais c'est effectivement ce truc où tu as essayé d'aider, ce n'était pas ce dont l'autre avait besoin, donc tu t'es fait envoyer bouler. Donc c'est double peine. Donc là, la sauveuse, elle a mal à ce moment-là. Donc attention, la sauveuse, effectivement, premier critère, elle aide sans demande. La deuxième chose, c'est que tu te mobilises de dire non. Quelqu'un te demande quelque chose et tu dis tout le temps oui. Tu n'es pas dispo, tu n'as pas le temps. temps, tu es fatigué, ce n'est pas le bon moment, tu avais autre chose de prévu. Mais comme tu ne sais pas dire non, tu vas te plier en quatre pour pouvoir le faire. Quelqu'un qui te demande de l'aide pour un déménagement, ce n'est pas du tout le bon week-end. Tu es épuisé parce que ça fait six mois que tu n'es pas reposé. Là, tu t'étais prévu un petit week-end, tu allais te reposer. Tu vas annuler tous tes plans parce que tu ne peux pas ne pas être présente à ce moment-là. Ça, c'est un point d'alerte. Et puis, il y a ce sentiment de se croire indispensable dans la relation. La sauveuse, elle a cette croyance que l'autre ne peut rien faire sans elle. Typiquement, cette histoire de déménagement, c'est ça. Je dois être présente. Je ne peux pas dire non. Elle a besoin de moi. Si je ne suis pas là, ça n'ira pas. Donc ça, c'est des choses qu'on va retrouver. On va le trouver beaucoup chez les managers ou la super collègue. La super collègue à qui on peut tout demander, qui va toujours aider, qui va toujours prendre le dossier de l'autre qui est trop fatigué, qui va toujours remplacer pendant les vacances et qui va dire « non, non, mais t'inquiète, tes dossiers, je gère » . Et elle, ses dossiers, personne ne lui prend jamais. Ça, c'est vraiment ce côté « bah oui, mais les autres ont besoin de moi, je dois être présent pour les autres » . Et puis surtout, et ça c'est typique, tu attires que les personnes à problème. Les gens qui viennent vers toi, c'est toujours des gens qui ont... des problèmes, qui ont besoin de toi, qui ont besoin d'aide, parce que cette posture que tu as fait que derrière, ça va amener ces profils de personnes. Ce fameux bureau des pleurs. Moi, c'était ça. Les gens venaient me voir quand ils n'allaient pas bien. Quand ils allaient bien, personne ne venait me voir. C'est faux. C'est caricatural. Mais quand même, globalement, j'en retiens qu'on venait surtout me voir quand ça n'allait pas. Le critère suivant, c'est qu'en fait, à la fin, tu finis par être épuisé. C'est-à-dire que... aider te vide de ton énergie. Alors que normalement, aider, c'est censé te faire du bien. On dit qu'aider, c'est être bénévole, par exemple, quand c'est fait de manière équilibrée. C'est très bon pour la santé. Ça permet de diminuer le stress. Donc c'est dommage quand l'aide, elle devient stressante et fatigante. Donc là, voilà, on est vraiment dans un espace où, là, aider te vide de ton énergie. Et là, ça, c'est pas bon. Et le dernier critère, c'est Merci. de ne pas savoir demander de l'aide. Mais oui, moi, je suis forte pour les autres. Je dois savoir me débrouiller toute seule parce que c'est les autres qui ont besoin de moi. Moi, je gère tout, toute seule. Je ne sais pas toi, mais moi, clairement, j'ai travaillé dessus. Je ne suis pas devenue accompagnante par hasard, qu'on se le dise. C'est parce que j'ai quand même ce petit côté sauveuse. J'ai beaucoup appris à travailler dessus. Pour ça, la formation de coaching fait beaucoup de bien. Mais effectivement, c'est ce côté de ne pas savoir demander de l'aide. Aujourd'hui, je travaille dessus. J'ai encore du chemin à faire, qu'on soit honnête. Mais à un moment donné, demander de l'aide, c'était impensable. Je ne sais pas faire ça. Je vais me débrouiller, quitte à y passer cinq jours, alors que ça aurait pris dix minutes en demandant à quelqu'un. Mais c'était impensable. Donc là, vraiment, c'est le cumul un peu de tout ça qui va faire que derrière, tu es une sauveuse. Si aujourd'hui, tu as fait trois personnes qui sont arrivées et tu ne leur as pas demandé de quoi elles avaient besoin et tu les as aidées, ce n'est pas pour ça que tu es forcément une sauveuse. C'est pareil. Il faut que ce soit tout le temps, tous les jours, dans toutes les situations. L'idée, ce n'est vraiment pas de se dire « mince, j'ai aidé quelqu'un, tiens, est-ce que je suis une sauveuse ? » On est vraiment sur quelque chose d'assez spécifique avec... Plein d'éléments qui viennent se cumuler. Et puis, c'est quelque chose qui se répète dans tous les espaces de ta vie. En règle générale, on n'est pas sauveuse qu'au bureau ou qu'à la maison. Ça va se retrouver partout, même dehors. Quelqu'un qui, tout de suite, est en difficulté, va avoir ce besoin d'intervenir. Et d'intervenir, souvent, malheureusement, à mauvais escient pour l'autre, dans le sens où on ne s'est pas assuré de savoir d'abord quelle était la situation et comment on pouvait intervenir. Le biais, il est là. Il est vraiment dans cet entre-deux. Alors, comment on fait pour ne pas tomber dans le piège de la sauveuse ? Comment on fait pour ne pas dégainer tout de suite sa cape de Wonder Woman ? L'idée, là, c'est vraiment pas de ne plus aider. Ce que je vais te partager, c'est pas dire, en fait, pour plus être une Wonder Woman, les gens qui passent devant toi, même s'ils sont en train de décéder, tu traverses et tu fais comme si de rien n'était. Pourtant, t'as la formation au premier secours, t'es prête. Non, non, non, non, non, moi, je ne suis plus une sauveuse, je passe. Non. Donc l'objectif, ce n'est pas de ne plus aider, ce n'est pas de changer du jour au lendemain, c'est impossible, clairement, donc ce n'est pas de tout révolutionner, c'est juste de commencer à faire différemment, observer déjà, observer, prendre conscience, est-ce que ça me parle, est-ce que ça me ressemble, est-ce que je sens que c'est quelque chose que je vis, et puis de sentir comment ça se passe, est-ce que je sens que c'est pesant. Est-ce que c'est OK ? Finalement, ça n'arrive pas souvent. Mais voilà, l'idée, ce n'est pas de dire, oh là là, mince, mon Dieu, en gros, j'ai la grippe. Vite, allons chez le médecin, je me soigne, un vaccin et hop, c'est réglé. Non, c'est un mode de fonctionnement. La D, c'est un mécanisme qui s'est inscrit. Souvent, il s'est inscrit dans l'enfance ou dans une expérience qui est venue conditionner ce mode de réaction. Dans l'enfance, D'où ça va prendre sa racine, par exemple, si tu as été un enfant qu'on a conditionné à l'amour par ton comportement. Tu as de l'amour quand tu es sage, tu as de l'amour quand tu te rends utile, quand tu rends service. Si tu as ça toute ton enfance, forcément, tu engrammes en grandissant que c'est quand je suis là pour l'autre que derrière, je suis aimé. Donc cette croyance, elle n'apparaît pas un matin, je me lève et puis je crois que c'est ça. Donc c'est quelque chose qui s'inscrit avec le temps. Il peut y avoir aussi la situation où finalement tu étais dans une famille où tu as eu un rôle de parent. Tes parents ont eu des difficultés, un parent malade, des parents qui ont des problèmes relationnels, des situations qu'on peut avoir dans les familles, j'ai envie de dire un peu partout. Et tu as eu pendant un temps un rôle de parent et tu as dû aider, être présent pour tes parents, soutenir. Et donc tu es venu dans cette posture de sauveur. On va avoir ça, mais ça on peut le trouver aussi dans les expériences de la vie. Tu n'as pas une enfance qui conditionne ça, mais tu as un moment de ta vie, notamment, par exemple, dans l'univers professionnel, tu te rends compte que pour être reconnu, que pour être apprécié, que pour pouvoir avoir des promotions, il faut que tu sois utile, il faut que tu aides, il faut que tu sois tout le temps là pour les autres, il faut que tout le temps tu rendes service. Et puis ça dure, ça dure, ça dure, ça devient un mécanisme que tu développes. Donc clairement, attention, ce ne sont pas des choses qui se développent que dans l'enfance, c'est là où ça va trouver sa plus grosse racine, en règle générale, mais ça peut arriver. dans des expériences de vie très marquantes, où on peut développer ce fameux syndrome. Donc là, voilà, ça c'est un peu d'où ça vient, et effectivement l'idée, comme c'est quelque chose qui est quand même ancré, ça ne disparaît pas du jour au lendemain, et on se laisse le temps de pouvoir comprendre et observer ce qui se joue, et de se dire, ok, maintenant que je sais ça, je sens que ça m'épuise. que ça ne me convient plus et que c'est vraiment quelque chose qui me pourrit la vie, j'en ai marre d'avoir des relations déséquilibrées, j'en ai marre de plus être moi, eh bien déjà la première chose à faire, je reprends l'exemple de la copine qui t'appelle et qui est en train de déverser sa journée ou son moment de vie difficile, avant de plonger tête baissée et de dégainer ta fameuse cape de sauveuse en disant « je vais tout faire pour toi » , tu vas poser une question fondamentale à ta copine. Tu laisses l'espace de parole. Surtout, tu laisses. Et ensuite, une fois qu'elle affine, plutôt que d'aller lui dire, tu devrais faire ça, ou je réserve un spa, ou j'arrive dans 30 secondes, c'est... Ok, j'entends que là, en ce moment, c'est difficile pour toi. Là, je... Ouais, vraiment. Comment je peux t'aider ? De quoi tu as besoin ? Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Je vois bien là que c'est difficile. Dis-moi, je peux faire quoi pour toi ? Et là, la personne, ça la renvoie déjà dans sa responsabilité. C'est sa vie, c'est sa responsabilité. Ça n'est pas la tienne. Donc, tu ne prends pas sa responsabilité. Tu te mets à sa disposition. Tu es dans l'aide. Si elle a besoin de toi, tu peux répondre. Si elle n'a pas besoin de toi, tu restes à ta place. Là, elle peut te dire, j'ai juste besoin d'être écoutée. Ça m'a fait tellement de bien, je te remercie. Génial, ça s'arrête là. Là, elle te dit, j'ai besoin que tu m'aides à prendre du temps. J'ai besoin de souffler. J'ai besoin qu'on se réserve un week-end. J'ai besoin d'aller boire un verre. J'ai besoin d'en discuter, de comprendre ce qui est en train de se jouer, que tu m'aides à décortiquer tout ça. Bref, elle peut aller dans tous les espaces de vie possibles. Il y a qu'elle qui sait ce dont elle a besoin. Et à partir de là, tu peux avoir une aide qui est ajustée. Elle, tu n'es pas intrusive, tu n'es pas allé dans un espace qui n'était pas le tien, tu n'es pas excessive, tu ne vas pas trop loin, tu n'en fais pas des caisses. Donc c'est parfait. Et là, tu auras de la reconnaissance puisque tu vas être au bon endroit, au juste endroit. Une fois que tu as posé cette question, de quoi tu as besoin, comment je peux t'aider ? Il va y avoir trois questions fondamentales à te poser. Là, c'est à toi-même. Et là, on va aller toucher la notion justement de soi, l'identité. Est-ce que tu as envie de l'aider ? C'est OK de ne pas avoir envie. On a le droit, parce qu'aider quelqu'un quand on n'a pas envie, c'est jamais bon. Donc prends le temps de te poser cette question-là. Est-ce que j'ai envie de l'aider ? Tu as le droit de ne pas avoir envie, de dealer avec toi-même et de dire « je n'ai pas envie, mais là, elle a vraiment besoin de moi » . Mais c'est conscient, ce n'est pas subi, ce qui change tout. Est-ce que je suis disponible ? Si je ne suis pas dispo, écoute, là, tu voudrais aller boire un verre, là, en fait, je suis toute seule, j'ai les enfants à gérer. Par contre, demain, vu que j'ai le temps de m'organiser, on se fait ça, on se bloque, t'es dispo demain, ok, hop. Et ça se cale. Ne pas être dispo sur l'instant ne veut pas dire ne pas être dispo tout court. Mais juste, on propose autre chose. Ce n'est pas un non, c'est un autrement. Est-ce que je suis capable de l'aider ? Moi, je ne sais pas toi, mais j'ai des copines qui m'ont demandé des choses. J'ai dit, écoute, là, en fait... Moi, je me sens démunie et je sens que c'est une autre aide dont tu aurais besoin. Et je peux te donner des noms. Donc, ça peut être des psys, ça peut être des kinésios, ça peut être des métiers différents en fonction de ce que tu partages l'autre. Mais à un moment donné, c'est de savoir où est ta limite. On en vient sur la notion de limite. Et de se dire, OK, là, moi, je ne me sens pas capable d'aider dans cet espace-là. Quelqu'un qui te demande, on revient sur l'exemple du déménagement, quelqu'un qui te demanderait de l'aider à déménager, tu t'es fait un limbagot. Tu n'es pas capable d'aider. C'est OK de dire, écoute, là, en fait, physiquement, je ne suis pas capable, je me suis blessée. Mais ça s'entend. On préfère ça, que tu viens, tu ne te rends pas utile, tu es là, tu es dans les pattes. Ce n'est pas bon non plus. Donc, pouvoir se poser ces trois questions. Est-ce que j'en ai envie ? Est-ce que je suis dispo ? Est-ce que j'en suis capable ? Et si jamais il y a tout ça qui est au positif et qu'on a une demande, l'idée, ce n'est pas de faire à la place d'eux. J'aime bien toujours dégainer le 50-50 et c'est de dire, on va faire ensemble. C'est quelque chose de collectif. Le problème de la sauveuse, c'est qu'elle veut faire à la place. Elle veut prendre le sujet pour l'autre. Donc là, c'est de dire, oui, ok, on va le faire ensemble. Et ça va se faire naturellement déjà si tu t'es posé ces questions-là. Mais c'est vraiment cette notion-là, c'est faire ensemble. On ne fait pas à la place d'eux. Donc, ça vient beaucoup travailler aussi sur ton écologie personnelle. On ne tombe pas le piège quand on travaille sur cette fameuse écologie. Je sais de quoi j'ai besoin, ce qui est important pour moi. Je sais de quoi j'ai envie. Je suis capable de le partager. Et puis, j'ai aussi la capacité à connaître mes limites, à dire là, en fait, non, ça, ce n'est pas OK pour moi. Ça, je ne peux pas le faire. Je n'ai pas envie de le faire. De pouvoir aller le poser, savoir dire non. Et je disais, le nom, ce n'est pas un nom plus jamais ou un nom débrouille-toi. C'est un nom, et ça peut être une autre fois, ça peut être quelqu'un d'autre, mais effectivement, c'est de pouvoir intervenir là-dessus. Dans mon métier de l'accompagnement, on a beaucoup de vigilance là-dessus, c'est quelque chose qu'on va pouvoir trouver, des gens qui viennent avec des problématiques. La sauveuse, si je n'ai pas travaillé sur ce sujet-là, je vais aider tous les gens qui se présentent à moi, quelles que soient leurs problématiques, quels que soient leurs objectifs. Moi, je me suis vu dire non à des gens dans l'appel découverte, parce qu'en fait, le problème que j'entendais, j'étais là, écoute, j'entends. Effectivement, c'est un sujet qui va pouvoir se traiter en coaching. Par contre, je ne serai pas la coach qui sera en capacité d'intervenir là-dessus. Je dis non, je ne laisse pas la personne démunie. Je ne dis pas maintenant, démerde-toi, en gros, suis ton chemin, merci, au revoir. À ce moment-là, c'est soit j'ai des noms et je dis, par contre, je connais des gens très bien qui interviennent sur ce sujet-là. Je vais t'envoyer deux, trois contacts. où écoute, là, en fait, j'ai personne qui me vient parce que tu es vraiment sur une problématique spécifique et j'ai personne dans mon réseau. Tu me laisses deux, trois jours et je t'envoie des noms de personnes vers qui tu peux aller. Je vais me renseigner autour de moi. Je ne laisse jamais les gens sans rien. Je suis sauveuse si je traite tout. Je suis aidante si j'écoute. J'accueille la difficulté et je dis à l'autre, je ne peux rien pour toi, mais je peux t'aider à trouver la bonne personne pour toi. Et quand j'ai réussi à faire ce chemin-là, j'ai réussi à sortir de la posture de sauveuse. On va être clair. Passer de la posture de sauveuse à être là pour l'autre, présente de manière altruiste dans l'aide, quand c'est quelque chose qui est inscrit depuis longtemps, ça ne se fait pas tout seul. Ce n'est pas quelque chose de simple. Ça prend du temps et il faut s'apporter beaucoup de douceur dans cet espace-là. J'aime bien le rappeler parce que l'objectif ici, c'est d'apprendre... C'est vraiment d'apprendre à se lâcher la grappe. J'ai cette manière d'être aujourd'hui. Ça ne veut pas dire que c'est pour toujours. Je vais prendre le temps de me détendre là-dessus et de voir qu'est-ce que je peux en faire. Quand tu commences à essayer de changer les choses, j'aime bien toujours le dire, mais en fait, tu vas te planter. Et c'est OK, parce que c'est avec l'échec que tu apprends. C'est parce que je suis tombée étant petite que je sais marcher, que je me suis musclée pour tenir debout. Il n'y a pas de mystère. Et bien, pour pouvoir ne plus être sauveuse, il va falloir se tromper pour apprendre. Je vais te partager un petit outil d'auto-coaching pour pouvoir justement... Tu es en train d'essayer de changer, tu as compris, tu as observé que tu étais dans cet espace-là. Tu es en train d'essayer de changer les choses, de faire formuler la demande à l'autre, de ne pas aider si l'autre n'a rien demandé, de te poser la question, j'ai envie, pas envie. Tu fais les efforts. Et puis, il y a des fois où tu vas te planter parce qu'il y a des fois, en fait, tu plonges dedans. Et c'est OK. Et on va être clair. Il y a des fois, je suis en train d'aider quelqu'un. Et puis, tout d'un coup, je me dis. En fait, là, l'autre, elle m'a rien demandé. Je suis en train d'aider sur un sujet que je n'ai rien compris. Donc, je rétro-pédale et je m'arrête. Le petit outil d'Etoile Coaching, c'est d'aller revenir sur quelque chose que tu as vécu. Tu t'as plongé et tu te dis à la fin. Ah, j'ai encore sauvé. Mince, je suis nul. Ah, et puis, je le sais. OK. Alors, s'il y a besoin, on fait. 20 secondes d'autoflagellation, et puis on s'arrête. Ok, si je m'autoflagelle, c'est bien, mais ça ne me fait pas avancer. Une fois que j'ai passé cette autoflagellation, je prends quelques instants pour me dire, maintenant que je me suis dit ça, ce n'est pas comme ça que j'aurais voulu faire. Je ne peux rien changer au passé. Par contre, je peux changer ce que je ferai la prochaine fois. Je vais prendre deux minutes pour me dire, ok, qu'est-ce qui s'est passé concrètement dans cette situation ? On reprend factuellement, j'observe, j'observe ce qui s'est joué, ce qui s'est dit, à quel moment j'ai réagi, comment je me suis sentie. On va regarder aussi les émotions qui se sont jouées pour pouvoir comprendre pourquoi j'ai réagi peut-être aussi vivement. Et ensuite, ok, si ça se reproduit la fois suivante, qu'est-ce que je fais de différent ? Donc vraiment, observation, les faits, les ressentis et ensuite comment je fais autrement la prochaine fois. Quand je sens que quelqu'un est en train de me parler et de me vider son sac, je prends le temps de respirer et juste d'écouter et de dire à l'autre « ok, j'entends que ça ne va pas » . Et ensuite, je place « ok, comment je peux t'aider ? » et on essaye. Et ça ne va pas marcher, et puis des fois ça va marcher, mais c'est vraiment de pouvoir se laisser le temps, et de pouvoir prendre ce temps. Et puis, quand tu sens que tu as envie de sauver, que tu as cette espèce d'élan, moi j'aime bien, c'est toujours ce moment où je sens que vraiment j'ai envie de sortir ma cape, je sens que j'ai cette espèce d'énergie où je vois l'autre ne va pas bien, et j'ai envie d'y aller, j'ai cet élan à l'intérieur. Je ne sais pas comment c'est chez toi, mais moi je sais, c'est encore présent. J'ai appris juste à dompter cet élan, et à lui dire ok, ok. C'est bien, on va le mettre au service d'autre chose. Pas au service de moi, on va le mettre au service de l'autre, mais de la bonne manière, de manière à ajuster. C'est prendre le temps de respirer. Mais vraiment, trois grandes respirations, juste pour faire redescendre cette espèce de force qui est en train de monter et qui ne va pas être ajustée. Le fait de respirer, ça remet ton cerveau un peu plus à neutre et derrière, il va pouvoir aller chercher les bonnes informations pour réagir de la bonne manière. Et puis surtout, c'est de dire que... C'est ok de se prendre en flag de cette trompée aussi. Des fois, tu vas l'observer après coup, puis il y a des fois, tu vas t'observer pendant. Ah là là, je suis encore en train de faire comme d'habitude. Je suis en train de la sauver, là. Bon, de toute façon, c'est trop tard, c'est fini. Et non, il est toujours le temps de se corriger. Moi, ça m'est arrivé dans cette fameuse conversation dans laquelle je m'étais piégée en train de sauver la copine. Et là, je fais, excuse-moi. En fait, je suis en train de te balancer depuis tout à l'heure des conseils dans tous les sens. Je t'ai même pas demandé, en fait, comment je pouvais t'aider. Donc ça se trouve, je suis complètement à côté de la plaque. Ça a fait tellement de bien à la copier d'en face. Je pense qu'elle a même fait un espèce de double effet de mouvement. Et elle m'a dit, mais ouais, mais t'as raison en fait, parce que depuis tout à l'heure, je t'écoute. Et je me dis que ça ne me convient pas et que ce n'est pas ça dont j'avais besoin. Donc c'est génial, c'est que ça a eu cet effet un peu miroir de nous faire bouger. Ça m'a fait tellement de bien, moi, de pouvoir rétro-pédaler et de lui poser ça que je m'étais trompée. C'est OK de se tromper. Ce qui n'est pas OK, c'est de se rendre compte qu'on se trompe. et de rien y changer, de rien en faire. C'est là où c'est dommage. Et puis l'autre, ça lui montre qu'elle est vraiment à mon écoute. Donc ça renforce encore plus la relation et ça rééquilibre la relation. Et puis toi, on estime de toi. Ça vient te raconter que « Waouh, j'ai osé. J'ai osé. J'ai su me voir. J'ai osé m'arrêter. Et j'ai vraiment contribué. J'ai vraiment apporté quelque chose. » En termes de reconnaissance qu'on reçoit de l'autre et de gratitude de la part de l'autre, c'est sans commune mesure. Vraiment. Un point vraiment à retenir de tout ce qu'on vient de se dire et qui pour moi est vraiment juste essentiel, c'est que pour sortir du syndrome de la sauveuse, il va y avoir ce côté se sauver soi-même. Et se sauver soi-même, c'est le préalable indispensable pour pouvoir aller éclairer le monde. En tant que femme, on nous a beaucoup conditionnées dans un rôle d'aidante, d'accompagnante, de soutien. Et pour pouvoir reprendre notre juste place, pour pouvoir reprendre notre... pouvoir, vraiment notre pouvoir d'agir, notre plein potentiel, celui qu'on s'est choisi pour soi, il va y avoir ce chemin de revenir à soi, pour soi. On aide encore mieux les autres et encore mieux le monde quand on a commencé par s'aider soi. Je vais bien et je suis plus ajustée dans l'aide que je donne à l'autre. Et ça, c'est vraiment un chemin qui est très important. Alors, on va être clair. Ce n'est pas un chemin qui est facile et ce n'est pas un chemin qui est toujours simple à faire seul. C'est important de pouvoir le poser là. Il y a des choses aussi, à un moment donné, si tu sens que c'est difficile, que c'est inconfortable, que ça vient toucher des choses, tu peux te faire aider sur ce plan-là. Aujourd'hui, avec le coaching, j'accompagne énormément de mes clientes sur ce sujet-là, sur tout le travail autour de la confiance en soi, de l'estime de soi, pour pouvoir reprendre sa juste place. Faire ce chemin de mieux se connaître, mieux se comprendre, pour avoir une posture, une position plus ajustée dans le monde. Et c'est ce que j'aime bien toujours dire, c'est un retour à soi pour mieux aller vers l'autre. C'est vraiment quelque chose qui est essentiel et surtout qui te permettra, toi, d'être beaucoup mieux dans ta vie, dans ton corps, dans tes émotions, de pouvoir être plus en paix avec toi-même et donc à cette juste place.