- Romain LE GAL
Bienvenue sur Lait'Change, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui font vivre chaque jour notre belle filière laitière et fromagère. Je suis Romain Le Gal et avec France Frais, nous sommes très heureux de te retrouver aujourd'hui pour partir ensemble à la découverte d'une jeune fromagerie. Nous nous retrouvons dans le Finistère, près de Lorient, pour aller à la rencontre de Juliette à la fromagerie d'Arvor. Elle porte d'ailleurs bien son nom cette fromagerie car Arvor signifie le pays de la mer et elle se situe à peine à quelques kilomètres des côtes. Aujourd'hui, on va parler d'aventure entrepreneuriale avec les hauts, les bas, les joies, les difficultés, mais également les doutes. On ira également faire le tour de la fromagerie pour découvrir les petites pépites avant de conclure cet échange par une discussion et parler de demain, parler des projets, mais également si Juliette a quelques conseils à nous donner et prendre un peu de recul. On espère que tu es installé confortablement et je te souhaite une très bonne écoute sur Lait'Change. Bonjour Juliette.
- Juliette Lesca
Bonjour Romain.
- Romain LE GAL
Juliette, je te propose pour commencer de te présenter en quelques mots.
- Juliette Lesca
Pas de problème. Je suis Juliette, gérante de la fromagerie d'Arvor, une fromagerie qui se situe en Bretagne, à côté de Lorient.
- Romain LE GAL
Alors en Bretagne, dans le fin fond de la Bretagne.
- Juliette Lesca
Dans le fin fond de la Bretagne, ça dépend. Mais en tout cas, pas très loin de Lorient. Je pense que tout le monde peut se situer à Lorient. On est du coup collecteur, transformateur et affineur juste à côté de Lorient.
- Romain LE GAL
On va revenir sur qu'est-ce que la fromagerie d'Arvor juste après. Mais toi, est-ce que tu étais destinée à être dans le monde du fromage ? Qui es-tu ?
- Juliette Lesca
Pas du tout. Dans l'agro, oui, je pense quand même, puisque j'ai baigné dedans depuis toute petite avec mon papa. Et j'avais toujours cette envie aussi d'entreprendre. Donc l'entrepreneuriat et l'agroalimentaire, oui. Après, le fromage, pas forcément. Donc voilà, après, ça a été un concours de circonstances. Et aussi l'opportunité de créer la fromagerie que j'ai saisie il y a quelques années maintenant. Mais non, je n'étais pas destinée à faire du fromage.
- Romain LE GAL
Tu as travaillé dans d'autres domaines avant ?
- Juliette Lesca
Oui, c'est un peu drôle quand même parce que j'ai fait mes stages d'études, de fin d'études, enfin pas de fin d'études, mais d'études en fromagerie, mais sans savoir parce que le monde de l'agroalimentaire m'intéressait. Donc j'ai fait quelques stages en fromagerie. Et mon dernier stage de fin d'études, je voulais un petit peu me diversifier. Et il y avait le milieu du sport qui m'intéressait. Donc, j'ai fait mon stage de fin d'études chez Décathlon. J'ai tellement aimé l'entreprise et leur façon de travailler. C'est une très bonne école aussi. Donc, du coup, j'y suis restée pendant trois ans. Et après, j'étais dans le sud-ouest quand j'ai fait cette expérience-là. J'y ai rencontré mon mari. Donc, c'était des très belles années. Et ensuite, on est remonté en Bretagne. Et c'est là où, du coup, j'ai créé la fromagerie.
- Romain LE GAL
Alors, c'est quoi la genèse de la création de cette fromagerie, la fromagerie d'Arvor ?
- Juliette Lesca
Alors, la fromagerie, c'est venu... Mes parents ont repris une laiterie. La laiterie de kerguillet, il y a maintenant une vingtaine d'années, un peu moins peut-être.
- Romain LE GAL
C'est quoi cette laiterie de Kerguillet ?
- Juliette Lesca
Ils collectent aussi, ils transforment, mais ils sont spécialisés dans tout ce qui est produits ultra frais. Et ils faisaient un petit peu de fromage, mais l'activité ultra frais prenant le dessus. Ils ont voulu se séparer de cette activité fromage pile au moment où moi, je suis remontée en Bretagne. Et c'est vrai que j'avais toujours cette envie d'entreprendre. Peut-être un peu inconsciente aussi sur le papier, mais voilà, j'avais cette envie d'entreprendre. Et c'est là où j'en ai parlé à mon papa et je lui ai dit, est-ce que tu serais partant pour créer du coup... une entreprise qui fabriquerait du fromage et m'accompagnait dans cette aventure. Et c'est comme ça qu'est née la fromagerie d'Arvor. Pour la petite histoire aussi, du coup, on a voulu montrer notre lien familial avec la laiterie de Kerguillet. Donc la laiterie de Kerguillet, historiquement, en 1920, s'appelait laiterie d'Arvor. C'est comme ça qu'on a choisi le nom de fromagerie d'Arvor.
- Romain LE GAL
D'accord, donc c'était arrivé un peu là par opportunité. On était dans les quelles années ?
- Juliette Lesca
Il y a quatre ans. On a créé la fromagerie d'Arvor en 2021 et on a commencé à transformer en 2022. Donc on vient tout juste de fêter, en janvier 2022, nos 4 ans.
- Romain LE GAL
Tu as rencontré des obstacles. Donc, ton papa t'a accompagné dans la création de cette société. Et c'était quoi les différentes phases ? Ça a été long, il y a eu des obstacles, les financements, la production, trouver, recruter, puisque toi, tu n'étais pas forcément technicienne. Comment ça s'est passé ?
- Juliette Lesca
Alors, quand j'ai voulu me lancer dans ce projet-là, j'ai décidé du coup de me rapprocher d'une ENIL pour me former aussi au métier de fromagère. Moi, j'ai une formation dans le commerce, mais pour vendre, il fallait savoir aussi comment ça fonctionnait et connaître le process du fromage. Donc, je me suis rapprochée d'une ENIL qui m'a suivie tout au long du projet dans l'aménagement des locaux, dans l'élaboration des recettes, etc. pendant une bonne année. Et du coup, ils nous ont accompagnées dans ce projet-là. Des obstacles, oui, beaucoup. Mais je pense comme dans toute création. C'est vrai que j'avais ce côté peut-être un petit peu inconscient au début où j'avais cette soif d'entreprendre, mais sans connaître vraiment tous les obstacles d'une création. Donc en effet, ça a pu être financier, recrutement au début, mais très vite, j'ai trouvé quand même une équipe sur laquelle je pouvais me reposer. Donc ça, c'est aussi, ça vaut de l'or. et puis mon papa avec qui j'ai partagé cette expérience qui avait quand même un petit peu plus de bouteilles que moi donc voilà il a pu me conseiller même si c'est une très grande fierté d'avoir créé ça avec lui et d'avoir passé des moments avec lui après c'est aussi deux générations qui se rencontrent je l'ai déjà connu il a un petit peu de caractère voilà et moi aussi Merci. On ne dirait pas comme ça, mais moi aussi, beaucoup. Je pense que voilà. Je ne sais pas qui a un plus gros caractère, lui ou moi. Mais en tout cas, on a chacun notre caractère et nos idées aussi.
- Romain LE GAL
Et du coup, à quel moment vous avez vendu votre premier fromage ? Parce qu'entre le début du démarrage du projet de l'idée, donc 2021, je ne sais pas quand on était en 2021.
- Juliette Lesca
En août, on a quand ? Alors, on a... eu les clés de nos locaux où on est actuellement en août 2021. On a commencé directement les travaux. Première goutte de lait, j'aime bien dire ça comme ça, transformée le 11 janvier 2022. C'est précis. C'est précis, je m'en rappelle. Voilà, comme c'était hier. Et un mois après, on était au Salon du Fromage. En fait, je m'étais inscrite au Salon du Fromage avant même de savoir quand est-ce que j'allais transformer. Et du coup, on a fait goûter nos premiers fromages au Salon du Fromage.
- Romain LE GAL
Il me semble que c'est là où je t'ai rencontrée et j'ai rencontré ton papa aussi. Oui.
- Juliette Lesca
Et c'est là où on t'a vendu un fromage, justement, le brebis frais fleur.
- Romain LE GAL
Le brebis frais fleur.
- Juliette Lesca
Qui est l'un de nos produits, qui marche très bien aujourd'hui. Donc, ça a été une création à l'époque, parce qu'on ne l'avait pas forcément sorti. Mais tu nous as soumis le souhait d'avoir un brebis frais fleur. Et on a dit, OK, on va faire ça. Donc, voilà, découverte aussi du monde fromager à ce moment-là, au salon. Et puis, on a pu découvrir les personnes qui, aujourd'hui, sont nos clients, en tout cas nos premiers clients, et faire goûter nos produits. Donc, ça a été un gros challenge quand même, en un mois, de présenter des produits. Mais c'est à ce moment-là qu'on a présenté les premiers produits.
- Romain LE GAL
Si tu devais résumer en trois ou quatre chiffres, c'est quoi la fromagerie d'Arvor aujourd'hui, là, en ce moment ?
- Juliette Lesca
C'est une équipe avec moins de 5 personnes qui transforme en 2025 on a transformé 300 000 litres de lait. Cette année, on va transformer aux alentours des 400 000, 450 000 litres de lait. C'est trois laits aussi transformés, le lait de vache, chèvre et brebis. Et on fait aussi une tomme qui s'appelle la tomme Triskel avec un mélange des trois laits. On a commencé la première année, on a fait 332 000 euros de chiffre d'affaires. C'était toujours précis, le 11 janvier,
- Romain LE GAL
c'était 332 000.
- Juliette Lesca
Et là, en 2025, on arrive tout juste au 1 million de chiffre d'affaires. 1 million et quelques, mais je n'ai pas la précision pour le coup. Exact, mais 1 million 30, je crois, de chiffre d'affaires. Donc, une belle progression. Et encore l'autre jour, du coup, j'étais à Paris pour le travail. Et là, j'ai vu mes produits dans deux fromageries en me baladant dans Paris. Et c'est vrai que là, du coup, je suis fière de ce que la petite fromagerie d'Arvor est devenue, en tout cas aujourd'hui.
- Romain LE GAL
Les premières années, ça, on en parle rarement, mais c'était compliqué pour se payer.
- Juliette Lesca
Ah oui, ça c'est sûr que je pense qu'il faut avoir... Oui, il a fallu faire des sacrifices. C'est des sacrifices pros, mais des sacrifices persos, c'est sûr, c'est certain.
- Romain LE GAL
Mais bon, là vous progressez, vous êtes aujourd'hui en capacité de commencer à générer...
- Juliette Lesca
Oui, et quand ça arrive, c'est... encore plus satisfaisant, je pense. C'est vrai que quand on regarde un peu derrière nous, je revivrai pour rien au moins de ces trois premières années parce qu'après, elles m'ont appris plein de choses et j'en sors plus forte et je pense gagnante avec du recul quand même. Mais oui, c'est sûr qu'on est content d'arriver à la quatrième année et je pense que je serai encore plus contente d'arriver à la dixième.
- Romain LE GAL
Je te propose qu'on aille faire un tour dans la fromagerie pour que tu nous parles de tes fromages.
- Juliette Lesca
Avec grand plaisir.
- Romain LE GAL
Allez, c'est parti. Allez, on se retrouve en fromagerie, Juliette. On est à la réception du lait et tu me disais que finalement, ce n'est pas vous qui collectez le lait. C'est ta famille quand même ? Donc c'est ta sœur et ton beau-frère ?
- Juliette Lesca
Oui, la laiterie de Kerguillet.
- Romain LE GAL
La laiterie de Kerguillet et ils ne récoltent que du lait bio ?
- Juliette Lesca
Oui. Alors du coup, ils collectent du lait bio aux alentours. Alors eux sont à Plouay, donc c'est à 20 minutes de la fromagerie. Donc aux alentours de la fromagerie et de leur laiterie. Donc ils collectent pour nous le lait de vache, le lait de vache chez Monsieur Bréau qui est à 5 km, et le lait de chèvre qui est à 40 km de la fromagerie. Donc on prend tout le lait de l'un et de l'autre.
- Romain LE GAL
Et après, vous transformez aussi du lait de brebis. Et ce lait de brebis, il vient d'où ?
- Juliette Lesca
Ce lait de brebis, alors pour le coup, on est en partenariat avec l'Aveyron Brebis Bio, qui nous vient avec une citerne tous les lundis et qui dépote du coup le lait à la fromagerie directement le lundi après-midi.
- Romain LE GAL
Il n'y a pas vraiment d'élevage de brebis laitières ?
- Juliette Lesca
Alors il y a eu, on avait une productrice qui faisait du lait de brebis à côté de Plouet, où travaillent Julien et Pauline. Mais c'est la laiterie de Kerguillet qui collecte son lait et elle transforme maintenant. Donc voilà, nous, on a trouvé, on travaille du coup avec la mairie de Béau.
- Romain LE GAL
Vous avez été obligée de vous adapter et de trouver une solution ?
- Juliette Lesca
Oui.
- Romain LE GAL
Parce que vous aviez démarré avec elle et puis au final...
- Juliette Lesca
Oui, après, voilà, on recherche. Si vous voulez vous installer en Bretagne et produire du lait pour lui, aujourd'hui, regarde.
- Romain LE GAL
Aujourd'hui, j'ai de la chance.
- Juliette Lesca
Donc non, il fait toujours beau en Bretagne. Enfin, pas toujours, mais dans nos cœurs, oui. Et du coup, on est en tout cas à l'écoute du marché laitier.
- Romain LE GAL
Allez, on part en fromagerie. Alors là, ce matin, ils sont en train de mouler des fromages ?
- Juliette Lesca
Tout à fait. Là, du coup, c'est du lait que j'ai thermisé hier matin. Et qui est moulé ce matin par l'équipe.
- Romain LE GAL
Donc là, c'est des fromages lactiques.
- Juliette Lesca
Oui.
- Romain LE GAL
Qui ont été emprésurés hier. Alors, c'est quoi ce fromage ?
- Juliette Lesca
Donc là, on est sur le petit Lorientais qui est du coup un lactique au lait de vache.
- Romain LE GAL
Un lactique au lait de vache qui a une particularité ?
- Juliette Lesca
Oui. Donc sa particularité, c'est qu'une fois que le lait est devenu solide, il y a une petite crème qui se forme et du coup, on récupère cette crème. qu'on met entre deux louches de caillé.
- Romain LE GAL
D'accord. Donc là, le petit l'orientait, et après, ce fromage, il est affiné combien de temps ?
- Juliette Lesca
Alors là, on est sur un affinage d'environ 10 jours. Il réessuie entre 24 et 48 heures, et après, on est sur 10-12 jours d'affinage.
- Romain LE GAL
C'est le fromage le plus connu de votre fromagerie ?
- Juliette Lesca
C'est, on va dire, le fromage emblématique un petit peu de la fromagerie. Parce que le nom parle beaucoup, en tout cas en local. Et c'est le premier fromage qu'on a fait. C'est le fromage historique. Voilà, c'est le fromage historique sur un petit historique de 4 ans. Mais c'est un fromage historique. C'est quand même une histoire. Voilà, exactement.
- Romain LE GAL
Et ce fromage historique, c'était le premier fromage. Est-ce qu'il a évolué depuis ?
- Juliette Lesca
Le fait de rajouter la crème.
- Romain LE GAL
Le fait de rajouter cette crème.
- Juliette Lesca
Parce que du coup, c'est une recette qui existait à la Laiterie de Kerguillet, qu'il faisait, mais il n'y avait pas. pas forcément cette crème, j'en ai pas le souvenir. En tout cas, on ne la récupérait pas comme ça. Et du coup, on a changé un petit peu la recette en mettant cette crème qu'on récupère au milieu, qui se forme naturellement. La crème est plus légère,
- Romain LE GAL
donc elle remonte à la surface. Et du coup, à l'époque, tu devais avoir des fromages qui étaient plus crémeux et moins crémeux.
- Juliette Lesca
Ouais, qui rencontraient un petit peu plus aussi de problématiques, parce que c'était... C'était un atelier qui faisait de l'ultra frais et du fromage. Et c'est vrai que du coup, les ferments n'étaient pas forcément les mêmes. On a changé quand même les ferments et le process, ils pasteurisaient, nous on thermise. Donc voilà, il y a quelques petites nuances qui ont été apportées quand même. des grandes nuances qui ont été apportées.
- Romain LE GAL
Donc c'est finalement le fromage depuis que vous avez démarré il y a 4 ans, il a un petit peu évolué, mais pas tant que ça. Donc on va voir tes autres fromages ? Allez, c'est parti, on va voir les autres lactiques. Alors là, on est en le petit orienté au lait de vache. Oula, attention là ! Je l'ai filmé celle-là, Juliette, je l'ai filmé ! Hop là !
- Juliette Lesca
Gardez le micro !
- Romain LE GAL
et Il y a une odeur un peu particulière, mais on va l'expliquer pourquoi juste après. Donc là, on voit différents fromages. Là, on est dans la salle d'affinage avec les lactiques. C'est quoi les différents fromages qu'on voit ? Alors, on a vu le petit lorientais.
- Juliette Lesca
On peut le voir affiné là.
- Romain LE GAL
Affiné ici. Alors là, il est affiné, mais il a une particularité.
- Juliette Lesca
Alors là, c'est le petit lorientais qu'on a vu mouler là tout à l'heure. Et ensuite, on a le petit lorientais à la truffe. Et on a le palais breton, donc il y a un petit lorientais en 100 grammes. Le lorientais fait 200 grammes et le palais breton fait 100 grammes.
- Romain LE GAL
C'est un fromage que vous recoupez ou c'est un fromage que vous moulez aussi plus petit ?
- Juliette Lesca
C'est un fromage qu'on moule dans un autre format. Et ensuite, nous avons du coup le brebis affiné.
- Romain LE GAL
Alors ça, le brebis affiné, donc lait de brebis 100% thermisé. Et là, tu me disais en préparation, c'est votre référence phare de la fromagerie.
- Juliette Lesca
Oui.
- Romain LE GAL
En termes de volume, aujourd'hui, c'est le number one.
- Juliette Lesca
Oui, c'est le brebis affiné. Le deuxième, ça va être le chèvre à la fleur de cerisier.
- Romain LE GAL
Alors là, on le voit c'est de la brebis, donc en forme de cœur. Vous avez un cœur à la feuille de cerisier du Japon qui donne un petit côté amande. Et après, vous le faites aussi en chèvre en format rond.
- Juliette Lesca
En 120 grammes.
- Romain LE GAL
Et sur les lactiques, en gros, c'est quoi ton affinage ? Combien de temps ?
- Juliette Lesca
Ça dépend des laits. Donc sur la vache, on va être sur 10 jours d'affinage, 10-12 jours d'affinage. Si on rajoute deux jours, si on veut qu'ils soient un petit peu plus secs, selon la saison, parce qu'on en lait entier. Donc voilà, ça change aussi sur l'affinage. Sur la brebis, on va être sur 15 jours. Et sur le chèvre, on va être sur 10 jours aussi.
- Romain LE GAL
Donc là on est parti, on va voir les tommes, on ouvre la cave. Ah il y a des odeurs, il y a plein d'odeurs différentes.
- Juliette Lesca
Ça va ? Oui.
- Romain LE GAL
Il y a plein d'odeurs différentes dans la cave. Alors est-ce que tu peux nous les présenter ces tommes ? Alors il y a une tomme qui est votre tome la plus connue aussi, où on voit une marque particulière dessus.
- Juliette Lesca
plus victime de son succès.
- Romain LE GAL
Aujourd'hui, il n'y en a plus.
- Juliette Lesca
En fait, c'est une tomme qu'on fait avec le lait de printemps, quand il y a plein de lait, qui s'appelle le Triskel, qui est une tombe au trois laits et qui a une empreinte de Triskel sur sa croûte. Et du coup, on en fera plus cette année. Mais c'est vrai que l'année dernière, on n'en a pas fait assez. C'est un produit qui a six mois d'affinage et qu'on a vendu pendant les fêtes de fin d'année.
- Romain LE GAL
et voilà tant mieux ça veut dire que ça a bien fonctionné alors vous faites quoi comme type de tommes ?
- Juliette Lesca
pour la petite précision du coup là c'est les dernières on a peu de tommes c'est les dernières tomes du coup qu'on a fait à côté en attendant notre cuve le nouveau projet mais on en parlait tout à l'heure je ne spoil pas et du coup là on retrouve une tomme de vache classique en 1,8 kg une tombe notre tomme Avalou qu'est-ce
- Romain LE GAL
que c'est que ça Avalou ?
- Juliette Lesca
Avalou c'est une tomme qu'on plonge dans le pommeau pendant 3 heures et qu'ensuite on vient frotter au cidre avant l'envoi. Donc elle a cette couleur orangée et on pourra goûter tout à l'heure.
- Romain LE GAL
D'accord. Et après, il y a une autre tomme un peu particulière là-bas, qui est cachée.
- Juliette Lesca
Là, on est sur une tomme à l'oignon de Roscoff. Donc l'oignon de Roscoff, c'est un produit breton. On a voulu pousser. L'idée, c'est aussi de mettre en valeur... les produits bretons. Donc là, on a choisi l'oignon de Roscoff et c'est une tomme de vache à l'oignon de Roscoff.
- Romain LE GAL
Bon, on va aller continuer de parler de ces nouveaux projets, justement. Bon, allez, à tout de suite. Après avoir visité la fromagerie, on a vu les lactiques avec le petit lorientais, avec le brebis affiné, avec les fromages avec la feuille de cerisier du Japon. On a vu aussi les tommes, les différentes tommes. vaches on a bien compris qu'il y avait des tommes de trois laits en fonction des saisons et puis différents affinages maintenant juliette j'aimerais bien justement qu'on parle de des projets puisque on a bien compris qu'on a visité qu'il y avait des projets il y en a qui est en train d'arriver rapidement. Peut-être que quand l'épisode sortira, le projet sera déjà lancé. Aujourd'hui, c'est la deuxième laiterie à côté qui fabrique les tommes. Et c'est quoi ce nouveau projet ?
- Juliette Lesca
Du coup, on a fait l'acquisition d'une nouvelle cuve pour reprendre la fabrication de nos tommes dans notre atelier. Et cette nouvelle cuve arrive début mars, donc dans trois semaines. Ça va vite arriver.
- Romain LE GAL
Donc là, vous remontez, au démarrage de la fromagerie, vous aviez un atelier pâte pressée, que vous aviez cédé de l'autre côté pendant quelques temps. Et là, vous faites le choix de réintégrer ce projet-là, ici, pour plusieurs raisons sans doute ?
- Juliette Lesca
Oui, on a fait une petite pause, on va dire une petite parenthèse d'un an. en fait au début quand on a créé la fromagerie d'Arvor on avait un atelier pas de précédent quitté, un atelier lactique on avait une cuve de 1000 litres qui s'est avérée très vite trop petite on a eu l'opportunité avec le projet d'à côté de fabriquer à côté ça nous a permis de bien structurer la partie lactique mais c'est vrai qu'aujourd'hui on se rend compte qu'on a envie de redevenir fabricant donc de faire un petit retour en arrière pour maîtriser cette fabrication et avoir plus de flexibilité sur les fabrications et répondre plus à la demande et faire des tommes quand on a envie de faire des tomes.
- Romain LE GAL
Ça va vous permettre finalement d'être autonome ?
- Juliette Lesca
Tout à fait.
- Romain LE GAL
Si on prend un petit peu de recul sur toute cette aventure depuis 2021, est-ce que tu pourrais nous donner une difficulté, nous dire à un moment une difficulté que tu souhaiterais partager ? que tu as eues depuis la création de l'entreprise ?
- Juliette Lesca
Le gros point noir, c'est la partie financière, je pense, qui a pu nous pénaliser à certains moments. C'est vrai que quand on a créé la fromagerie, on était en sortie de Covid. Les travaux nous ont coûté quand même plus cher que prévu. Et avec le lancement de l'activité, on a eu forcément plus de dépenses que de recettes au début. Donc voilà, la grosse difficulté, c'est gérer la partie financière.
- Romain LE GAL
Et à l'inverse, est-ce que tu pourrais nous dire avec du recul, c'était quoi ton plus beau succès ?
- Juliette Lesca
Mon plus beau succès ou ma plus grande fierté ? Oui, peut-être. Je pense plutôt à ma plus grande fierté, c'est d'avoir partagé ce projet-là avec mon papa, parce que ça reste du coup une aventure aussi familiale. Et c'est vrai que c'est une chance. Je reconnais que c'est une chance de pouvoir partager des moments de cette création avec lui. Ça a pu être de temps en temps une difficulté, mais avec le recul, c'est vrai que c'est ma plus grande fierté, c'est d'avoir créé ça à deux. Et voilà, c'est des souvenirs à la vie. Aujourd'hui,
- Romain LE GAL
il t'accompagne toujours ?
- Juliette Lesca
Aujourd'hui, il m'accompagne moins. Alors bon, je l'ai... Très souvent au téléphone, voire tous les jours, plusieurs fois par jour. Il aime bien savoir si on a des commandes, comment va l'entreprise. Et il est très souvent dans les parages. Il nous aide au quotidien, mais il va commencer à se faire de plus en plus discret et profiter aussi de sa retraite qui arrive.
- Romain LE GAL
À ton avis, aujourd'hui, vous êtes perdu au fond de la Bretagne. On peut dire ça comme ça. Est-ce que les produits bretons font vendre ?
- Juliette Lesca
Oui, en local, oui. On a cet attachement de la Bretagne. Je pense que chaque Breton aime consommer local. Donc forcément, une fromagerie qui s'installe en Bretagne, il y a des fromageries, on n'est pas tout seul, mais on n'est pas nombreux non plus. Donc le Breton aime bien consommer nos produits, oui.
- Romain LE GAL
Et du coup, ça nous emmène... à la possibilité aussi de l'expansion des ventes puisque dans chaque festival de musique, il y a un drapeau breton.
- Juliette Lesca
Oui.
- Romain LE GAL
Donc, il y a un consommateur quelque part.
- Juliette Lesca
N'hésitez pas à nous contacter.
- Romain LE GAL
Si tu prends sur la part globale du gâteau, entre guillemets, de vos ventes aujourd'hui, tu estimes que c'est combien de pourcentages qui sont, alors attention, exportés hors de la région Bretagne ?
- Juliette Lesca
Je dirais qu'il y a 40% de nos produits qui sont vendus en Bretagne pour 60% à l'étranger. On peut le dire, à l'étranger.
- Romain LE GAL
Ça nous emmène à se dire, ça sera quoi fromagerie d'Arvor dans 2, 3, 5, 10 ans ? C'est quoi ton rêve ?
- Juliette Lesca
Mon rêve, c'est que la fromagerie continue à se développer, qu'on suive le développement qu'on connaît aujourd'hui. Et qu'on continue à faire des bons fromages, à régaler Bretons et étrangers.
- Romain LE GAL
Avant de passer à la question rituelle du podcast, j'aimerais te proposer un moment un peu plus divertissant. Je vais te proposer deux mots et tu vas avoir cinq secondes pour me donner ce qui te paraît le plus toi.
- Juliette Lesca
Ok.
- Romain LE GAL
Alors attention. Mer ou montagne ?
- Juliette Lesca
Mer.
- Romain LE GAL
Vache, chèvre ou brebis ?
- Juliette Lesca
Chèvre.
- Romain LE GAL
Pâte molle ou pâte pressée ?
- Juliette Lesca
Pâte molle.
- Romain LE GAL
Fromage apéro ou fin de repas ?
- Juliette Lesca
Fin de repas.
- Romain LE GAL
Pain au chocolat ou chocolatine ?
- Juliette Lesca
Pain au chocolat.
- Romain LE GAL
Fesnoz ou Festival Electro ?
- Juliette Lesca
Fesnoz.
- Romain LE GAL
Tradition ou innovation ?
- Juliette Lesca
Innovation.
- Romain LE GAL
Petit Lorientais ou Triskel ?
- Juliette Lesca
Petit Lorientais.
- Romain LE GAL
Avant de terminer, on a une dernière question. Quelle est ta pizza préférée ?
- Juliette Lesca
Ma pizza préférée, elle est assez simple. Donc, base tomate, une bonne burrata. Désolée, pour la pizza, je choisis la burrata. jambon blanc et un peu de roquette.
- Romain LE GAL
Merci beaucoup, Juliette, de ton accueil. Merci à toi. À très bientôt. À bientôt. Salut.
- Juliette Lesca
Au revoir.
- Romain LE GAL
On arrive déjà au terme de cet épisode. Un grand merci à Juliette de s'être prêtée au jeu, de bien avoir voulu se livrer et nous partager son parcours sur cette belle aventure entrepreneuriale, mais comme on l'a vu, également familiale. C'est un beau témoignage et cela t'a peut-être donné envie d'entreprendre ou de continuer ton aventure. Pour ma part, j'ai hâte de les retrouver dans quelques années pour échanger sur les différentes évolutions. En tous les cas, si tu n'as jamais dégusté leurs fromages, un petit tour en Bretagne s'impose s'ils ne sont pas encore dans ta région. Avec France Frais, on espère que cet épisode t'a plu. N'hésite pas à le partager, à le commenter. C'est aussi grâce à toi que Lait'Change progresse. Alors encore une fois, merci. Et pour ma part, je te donne rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode de Lait'Change. Allez, salut !