- Speaker #0
Bienvenue sur Lait'Change, le podcast qui, ah, cette fois-ci, c'est un truc un peu spécial. Lait'Change n'est pas tout seul. Bonjour Laetitia.
- Speaker #1
Bonjour Romain. On fait une première collab avec leguidedufromage.com
- Speaker #2
.com, tout à fait.
- Speaker #0
Et on va vous proposer une série un peu spéciale tournée où Laetitia ?
- Speaker #1
Eh bien, nous sommes sur le Mondial de Tours.
- Speaker #0
Le Mondial du Fromage de Tours. Et on va vous proposer quelques épisodes. Un peu spéciaux avec plein d'invités et plein de surprises. Et on vous souhaite quoi ? On vous souhaite une... Très belle écoute. On accueille qui maintenant Laetitia ?
- Speaker #1
Un invité de marque bretonne. Attention, c'est dans le breton que nous accueillons aujourd'hui.
- Speaker #0
Alors, il y a quand même un parcours, mais on va y revenir. Et puis, ça a un peu de sens de l'inviter ici, puisque je crois qu'il a gagné quelque chose il y a deux ans.
- Speaker #1
Il y a deux ans, exactement.
- Speaker #0
On a la chance d'accueillir Vincent Philippe. Bonjour Vincent.
- Speaker #2
Bonjour Romain. Bonjour Laetitia.
- Speaker #1
Salut Vincent.
- Speaker #0
Donc Vincent, effectivement, tu as gagné le concours du Mondial de Tours il y a deux ans.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
Et puis, on peut commencer par demander à Vincent de nous expliquer son parcours.
- Speaker #1
Évidemment. Présenter un petit peu.
- Speaker #2
Mon parcours, je suis dans le métier depuis 25 ans. J'ai démarré en élevage de chèvres en centre-Bretagne, donc vraiment toutes mes racines. Je suis costarmoricain et il y a 7-8 ans. J'admirais le travail de concours de d'autres confrères sur les champions de France, sur les meilleurs ouvriers de France. Je t'admire pour ça Romain. On est sur un apprentissage du métier et je me suis redécouvert une passion du fromage. J'intensifie justement cette relation avec les producteurs, avec les partenaires, avec les fermiers et avec les vendeurs. Je suis vraiment maintenant noyé dans ce grand bain du fromage.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu travailles où ? C'est quoi ton métier ?
- Speaker #2
Je travaille pour une maison qui est beaucoup connue pour son beurre. Je travaille pour la maison Bordier. La partie de l'iceberg la plus connue, c'est le beurre Bordier. mais nous avons six crèmeries-fromageries, on a nos caves d'affinage et on va faire mûrir, on va chouchouter une grande quantité de variétés de fromage. Et mon métier, ça va être de conseiller sur l'affinage. Je l'ai fait pendant 20 ans. Maintenant, depuis deux ans, je sors un petit peu de ce quotidien pour avoir un spectre un petit peu plus large d'activités autour de la formation, l'accompagnement. la représentation, le partage avec d'autres corps de métier, métiers de bouche tels que nos clients, mais aussi par exemple des restaurateurs, des sommeliers, des lycées hôteliers.
- Speaker #0
Tu as préparé ce concours il y a deux ans, tu avais déjà fait plusieurs concours avant ?
- Speaker #2
Tout à fait, ça a été un petit challenge de six concours en cinq ans.
- Speaker #0
Ça fait plus d'un concours par an du coup. Voilà,
- Speaker #2
donc c'était en 2018, ça a été le cap des 40 ans. qu'est-ce que je peux faire. Pas une crise encore. Non, non, non. Ce n'est pas vraiment la crise. C'était savoir peut-être que je l'aurais à la cinquantaine, mais c'était vraiment savoir qu'est-ce que je vaux dans le métier. On faisait en ce temps-là encore tous nos métiers indépendamment les uns chez les autres. On n'était pas autant dans le partage qu'on l'est maintenant par les salons, par les concours. J'ai commencé sur le salon du fromage en 2018 par la lyre. qu'on connaît sous la lyre d'or, en ramenant à la maison la lyre d'argent.
- Speaker #0
La deuxième place du coup ?
- Speaker #2
Deuxième place. Je me suis dit, je vais m'inscrire à la Coupe de France.
- Speaker #0
Là qui a lieu pendant le SIRHA.
- Speaker #2
Un autre salon, encore une fois, où c'était pour ma première édition, une troisième place, très encourageante, et me disant, oui, je suis crémier fromager, alors qu'avant je ne le faisais pas, mais avec reconnaissance et je ne voyais pas le curseur où je pouvais le mettre. Sur la même période, j'avais eu la chance d'avoir été sélectionné ici pour faire ma première finale des meilleurs ouvriers de France en 2019. Le parcours a repris en 2021 où je me suis dit qu'on allait retenter la Coupe de France pour aller au-delà de la troisième place. Cette année-là, je l'ai gagné.
- Speaker #0
Après, il y a eu un petit truc qui s'est appelé la Covid.
- Speaker #2
La Covid, ouais, mais c'est un moment où on se recentre aussi dans nos caves, dans nos réflexions, dans nos révisions. Parce que de cette Coupe de France 2021, ça a été la clé pour accéder au mondiale en 2023.
- Speaker #0
Pour ça, je dis la Covid, parce que ça a décalé un petit peu. Décalé légèrement. Le fait que tu sois mondial et qu'il y ait deux Français.
- Speaker #2
Deux Français cette année-là. Cette année-là,
- Speaker #0
parce qu'il y avait Dorian. Dorian, tout à fait. Prat. Prat, qui était avec toi aussi sur le concours.
- Speaker #2
Tout à fait. C'est pour ça que je dis que ça a décalé. Oui, tout à fait. On était deux Français et je pense qu'on le revoit cette année, il y avait deux Japonais, deux Italiens. Ça donne encore plus de challenges. aux nouveaux candidats. Deux Américaines. Donc, d'avoir deux personnes par nationalité, ce n'est pas trop. Ça permet aussi d'avoir peut-être des horizons différents. Donc, c'est intéressant. Des âges différents, des formations différentes. Déjà qu'on a des cultures différentes.
- Speaker #0
Et puis, avant de venir à Tours ici sur le mondial concourir, tu avais aussi fait une deuxième fois les meilleurs ouvriers de France.
- Speaker #2
Et j'ai refait une deuxième fois les meilleurs ouvriers de France où on a pu partager ce moment.
- Speaker #0
Où on a pris vraiment à se découvrir, se rencontrer.
- Speaker #2
Les meilleurs ouvriers de France, c'est deux phases, deux, trois phases dans le concours. La première phase, c'est qu'on ne se connaît pas tous obligatoirement, on est sur des qualifications. Par contre, à partir du moment où on se retrouve tous en finale, on est dans le même bateau et c'est vraiment une fratrie qui se retrouve. Et c'est des liens différents qui vont se créer.
- Speaker #0
On s'est connus. Et donc, là, toi, ton thème, quand tu as fait le Mondial de Tours, parce que souvent, ce qu'on voit, l'iceberg, comme tu parlais, c'était quoi le thème de ton plateau ?
- Speaker #2
Alors, le thème de mon plateau, c'est un thème qui m'a fait beaucoup, beaucoup rêver. C'est-à-dire que ça m'a fait lever la tête. Le thème, c'était le fromage dans les étoiles. et là je ne libère jamais les émotions mais si la caméra pouvait le filmer entre guillemets là il y a les frissons qui m'arrivent parce que quand je vais faire un concours je vais toujours avoir des pensées pour des personnes qui ont compté pour moi donc je peux penser à des amis je peux penser à mes parents bien sûr je peux penser à mes grands-parents et là aujourd'hui quand je repense à ce concours je repense au moment que j'ai partagé avec mon grand-père il y a très très longtemps mon grand-père disparu aujourd'hui avec qui je jouais au boultenn. C'est un jeu traditionnel breton. Je l'ai vu, il me parlait dans ma rétention. Je me rappellerai toujours que je suis breton parce que quand j'ai gagné ce concours, certains me disaient, tu es fier comme Tarzan. Non, je suis fier pour la Bretagne. Je l'ai fait en disant, il faut défendre la France. Je joue pour moi et ma famille. Mais je voulais aussi montrer que dorénavant, la Bretagne, par ses terres agricoles, par ses super fermiers qui ont appris à être... de très bons fromagers dorénavant, on peut vraiment, on entend la réflexion, on nous taquine, le beurre, c'est pas obligatoirement salé, je fais, venez chez nous, il n'y a pas que le beurre qu'on sait faire dorénavant. C'est pour ça que le concours, c'est être en vitrine, mais pas que pour soi. T'es en vitrine d'une société, d'une maison pour qui tu peux travailler, la tienne ou pas, mais t'es en vitrine aussi de ta région, et c'est ça qui est beau, je trouve, dans les concours.
- Speaker #0
Dans quel état d'esprit t'étais allé au concours ? Tu sortais des MOF, dans quel état d'esprit tu t'étais présenté à ce concours ?
- Speaker #2
J'ai souhaité me présenter et j'ai réussi dans ma préparation à véritablement pas être décontracté ou cool, mais de pouvoir le prendre avec plus de légèreté que j'avais pu faire les autres concours. Donc c'était vraiment de prendre du plaisir. de montrer que je prenais aussi du plaisir et de pouvoir, pendant le concours, ce que je n'ai jamais eu fait, observer aussi ce qui se passait autour de moi. Sur tous mes premiers concours, il y avait le sens auditif qui vraiment, j'écoutais, mais j'étais véritablement enfermé dans ma bulle. Je me rappellerai toujours mon premier concours en 2018 sur la lyre, où pendant que je découpe, je suis en train d'entendre des confrères crémier-fromager. qui sont en train de promouvoir Glisse en Coeur, qui est une descente au Bornand, une descente caritative. Et c'est un souvenir qui est resté gravé. Et c'était juste la bulle auditive. Donc pour ça, comment on se prépare ? Un concours, c'est beaucoup de mental. Certes, c'est physique, parce qu'on va se donner un petit peu d'endurance. Beaucoup de mental et surtout un sens. Moi, sur ce concours-là, c'est un sens chronométré d'épreuves. après épreuve, des timings que je m'étais donné. Et sur ce concours, c'est que chaque candidat s'organise comme il le souhaite. On n'impose pas le sens de certaines épreuves lors des épreuves. Et pour ma part, je pense que j'ai pris justement les épreuves différemment des... de mes autres confrères, où ça m'a même inquiété des fois, certains de mes collègues de travail qui étaient à côté qui faisaient, mais qu'est-ce qu'il fait ? Tout le monde a fait ça, tout le monde fait ça, tout le monde fait ça. Moi, dans ma tête, j'étais serein et j'ai surtout gardé ma ligne directrice. J'ai dit que je faisais comme ça parce qu'on fait des choses quand on est fatigué, des choses quand on est moins stressé et c'était vraiment la solution que j'avais trouvée.
- Speaker #1
Et pour te préparer, tu te fais accompagner ? pour préparer les concours ?
- Speaker #2
Je pense qu'il y a des gens qui sont peut-être assez forts. Moi, je suis quelqu'un qui va peut-être être vite, me distraire, ou qui peut avoir des moments d'inquiétude. J'ai pu l'avoir sur d'autres concours, ce ne sont même plus des moments d'inquiétude, ce sont des moments un peu de vide. Là, c'est la très grosse inquiétude où on a l'impression de tomber dans une spirale. On ne va pas s'en sortir. Donc oui, je me fais accompagner. Les enfants et ma femme ont beaucoup subi les premiers concours. Je dis subi parce qu'on le ramène à la maison. La salle, il y a la table à manger dans la salle. Et à côté, il y a une grande table encore. En plus, on ramène comme si on faisait un buffet, un banquet dans la maison. Et on fait, on refait, on défait, on revient le soir, on démonte, on remonte. Et maintenant, depuis deux ans, depuis la finale des MOF 2022, j'ai une collègue de travail qui m'a aussi rejoint sur l'aventure. On partage cette passion maintenant autour du fromage, autour de la communauté fromagère aussi. Et c'est Solène Bessac qui travaille ici. Solène
- Speaker #1
Bessac, on l'embrasse, qui est à côté de nous d'ailleurs.
- Speaker #0
Elle est là, Solène. Elle est toujours là, du matin au soir, à suivre Vincent.
- Speaker #2
Voilà, donc c'est vraiment un soutien qu'il faut être à la fois moral et technique. Donc c'est vraiment là que c'est très important. On peut avoir autour de nous quelqu'un qui est le plus grand support moral, mais si quand on se pose des questions, il n'y a pas la connexion minimum, c'est compliqué avec Solène, ça passe, on va dire, très bien. Et on en parlait encore ce matin, c'est les moments où on n'a pas besoin de se parler pour comprendre dans quel état d'esprit et quelle est l'attente de l'autre. Et ça m'arrive aussi maintenant dans mes missions d'aller en magasin et souvent dans son magasin pour pouvoir être crémiers, pour pouvoir former aussi nos nouveaux apprenants.
- Speaker #0
La transmission. La transmission, c'est important. Et qu'est-ce que ça a changé ce concours du Mondial de Tours ?
- Speaker #2
Ce que ça a beaucoup changé pour moi, j'espère juste une chose, c'est que moi-même je n'ai pas trop changé. Le regard des autres a beaucoup changé. Des portes qui s'ouvrent beaucoup plus vite. Et ce qui est très constructif... Parce que ça me prend moins de temps maintenant de rentrer dans des relations, dans des discussions, dans des visites et dans le partage avec certaines personnes. Quand j'arrive en lycée ou en CQP ou en CAP pour pouvoir transmettre, pour pouvoir passer une demi-journée, pour pouvoir aller sur un thème, la légitimité est là. Et je l'ai aussi construit comme une reconnaissance des acquis. On sait que le concours, le diplôme... Des meilleurs ouvriers de France, c'est un diplôme. Ça permet aussi de faire de la reconnaissance des acquis pour les personnes qui n'ont pas de diplôme. Mais c'est vrai que pour moi, ça aide dans ce sens.
- Speaker #0
C'est bien que tu le précises, puisque le concours que tu as participé au Mondial de Tours, c'est un concours. Alors que le concours Un des meilleurs ouvriers de France est un examen. C'est un examen qui donne un diplôme. Du coup, il n'y a pas un premier, un deuxième, un troisième. Un diplôme d'État, oui. Tu es démonté ici sur la plus haute marge du podium. Mais c'est parce que c'est bien un concours, un championnat, etc. Les gens qui veulent préparer des concours, parce qu'apparemment, tu as un peu d'expérience. C'est quoi les trois conseils pour réussir un concours, en tout cas préparer un concours ? C'est quoi, avec ton recul, les six concours que tu as préparés, c'est quoi que tu aurais à conseiller aux gens ?
- Speaker #2
Trois conseils que je pourrais donner ? c'est d'estimer le temps que tu vas avoir besoin pour t'isoler, t'entraîner, réviser, faire des gestes, refaire des gestes. Ça peut être très chronophage. Tout ce que tu fais en magasin ou en atelier d'habitude en deux minutes, tu vas t'entraîner et il va te falloir 20 minutes parce que tu vas chercher un geste de la perfection. Et cette perfection doit être dupliquée des dizaines et des centaines de fois.
- Speaker #0
Le geste le plus simple, je le dis souvent, c'est le plus dur à acquérir. Le geste le plus simple,
- Speaker #2
la pureté du geste. Couper une pointe de pâte pressée cuite, un comté, un gruyère. En temps normal, tout le monde nous le dit, tout le monde en sourit. Oui, en magasin, on prend, on coupe. Oui, sauf que le jour de l'examen, le jour du concours, le moindre stress, le moindre élément qui n'était pas familier peut te faire... Vriller peut te faire faire une fausse coupe même légère et même les fausses coupes légères ne vont pas être acceptées sur certains concours. Personnellement, je sais que moi ce que j'ai besoin c'est d'avoir un espace pour pouvoir visualiser le matériel, pour pouvoir visualiser les produits, pour pouvoir visualiser les piles de documents pour réviser. Donc ça c'est important.
- Speaker #0
Dédier un espace spécifique pour préparer le concours.
- Speaker #2
Et après, ce que j'ai vraiment beaucoup apprécié, c'est qu'on ne doit pas rester enfermé chez soi. On ne doit pas travailler qu'avec ses produits. Parce que le jour des concours, tels qu'on a vu hier pour le Mondial, les fromages qui sont fournis, on ne les connaît pas. Et on a la plupart du temps sur beaucoup de concours des dégustations à l'aveugle. Donc ça veut dire que les dégustations à l'aveugle, il va falloir s'être préparé, d'avoir acheté, sourcé des produits. d'un confrère, d'un ami, d'un concurrent, à l'autre bout du monde. Et donc, il faut s'octroyer aussi à un certain budget pour pouvoir s'acheter des produits, pour s'entraîner, pour pouvoir s'acheter du matériel, pour faire beaucoup d'essais. Donc, on va, et j'aime aussi avoir, je trouve qu'il faut ouvrir son esprit et il faut pouvoir avoir un spectre de réflexion qui est en dehors de la crèmerie, d'aller voir ce que font. J'ai d'autres métiers que j'ai toujours adoré. J'adore les fleuristes, d'avoir l'esprit, voir comment ils le travaillent.
- Speaker #0
Les couleurs.
- Speaker #2
Les couleurs. Les primeurs. Le travail que les primeurs vont faire, certes dans leurs étals, mais maintenant dans leurs sculptures. Les poissonniers, avec le dressage de leur plateau. Les concours mondiaux qu'il y a autour de la boucherie. D'aller observer les pâtissiers, les assiettes des restaurateurs. C'est énormément d'inspiration. Hier... Il y avait des assiettes qui étaient présentées lors du Mondial. On avait typiquement des assiettes, c'était du grand art, de pâtisserie, de grands restaurants, palaces étoilés. C'était vraiment ça. Donc, il faut avoir aussi cette aide. Il faut aussi se dire, j'ouvre les chakras. Et des fois, c'est de se dire, je ne me mets pas de limites.
- Speaker #0
Donc, tu es passé de côté candidat et cette année, tu étais côté jury. C'était quoi tes points d'attention ? Quand tu as jurifié ?
- Speaker #2
On est quand même sur des vitrines dans tous les concours, des vitrines de notre profession. Donc je vais quand même me donner un a priori, je vais quand même me donner un avis sur le candidat en fonction de sa manière d'être, ne serait-ce que de sa tenue, de son standing, de sa posture et de l'état général de son plan de travail. L'hygiène ? L'hygiène, le rangement. L'hygiène, le rangement, l'organisation, mais la fluidité. Hier, on m'a demandé d'être focus un moment sur le jury qualité. Donc là, c'était les emballages dans tous les sens que je regardais un peu de plus près. Les pertes aussi qui n'étaient pas estimées obligatoirement dans la grille de notation de ce concours, mais qui pour moi ont influencé malgré tout ma notation. Pourquoi ? parce que tous les jours en crèmerie, on sait que c'est la non-perte qui est le gage de rentabilité. Donc, il faut avoir un sens avec notre profession. Et c'est surtout que devant nous, c'était des crèmiers fromagers qui sont aussi le public. Donc, il faut dire, non, mais attendez, faisons des choses cohérentes. Ce que je vais beaucoup regarder, et si certains m'ont vu avec certains tocs hier en tant que jury, déjà, c'est très dur de passer de l'autre côté de la barrière.
- Speaker #0
J'ai été plus souvent un jury que... candidat pour ma part et je t'avoue que c'est pas forcément évident.
- Speaker #2
Et moi c'était ma première fois.
- Speaker #0
C'était ton premier jury ?
- Speaker #2
C'était mon premier jury parce que dans l'accompagnement j'ai toujours eu la chance sur tous les autres concours d'avoir quelqu'un de notre de notre société qui était candidat donc j'ai jamais eu le droit de juger mes collègues de travail donc c'était mon premier jury et le toc que j'ai pu avoir c'était du bout des doigts pour pouvoir vraiment être sûr. de bien estimer le travail que chaque candidat avait pu faire, c'est que j'ai vraiment recherché le nombre de découpes différentes ou spécifiques pour quantifier l'ampleur que le candidat avait mis en oeuvre quand je visualise j'avoue le stand de l'américaine qui gagne 12, 13, 14 coupes différentes une réflexion graphique très très forte le français, Mathieu, pareil énormément de précisions de coupes
- Speaker #0
le Belge aussi c'était quelque chose sur la Coupe de France où c'était aussi très précis pour Mathieu j'ai été jury sur la Coupe de France et c'était très en fait on voit son passé infirmier et vraiment ressorti infirmier et passionné de graphisme graphisme
- Speaker #2
On se suit aussi depuis avant la Coupe de France. J'ai été jury, je l'ai juste croisé en mode encouragement il y a quelques mois. Et je lui ai dit, reste qui tu es, perfectionne ce que tu fais, tu as ton âme.
- Speaker #0
C'est un bon conseil, c'est à dire rester qui on est, tout en prenant en compte le concours auquel on participe. Il faut garder sa patte. Il faut quand même l'améliorer.
- Speaker #2
il faut la peaufiner. Mais on a certains confrères qui changent à chaque fois. Parce qu'ils voient ce qui se passe à côté. Mais sauf que ce n'est pas leur âme.
- Speaker #0
Par contre, il faut aussi écouter ce qu'on dit autour. Il faut prendre les conseils et après en faire son propre partie. Moi, j'aurais une avant-dernière question. Il y a deux ans, Vincent, quand tu as gagné ce concours, qu'est-ce que tu as fait après ? C'était quoi ta soirée ? Comment ça s'est passé ? Comment ça s'est déroulé ?
- Speaker #2
Il y a eu deux moments. Il y a eu deux moments. Il y a eu quand le concours a été fini et il y a eu quand il y a eu la proclamation. Je n'ai jamais eu un concours où je me suis autant amusé. On remerciera cette année l'organisation qui nous a climatisé le salon.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #2
Il y a deux ans, j'ai fini le concours sur le parking, dehors, à prendre l'air, en chaussettes, mais avec une grande fatigue, avec la température. J'ai dit on va souffler un petit peu. Et après, j'ai eu le moment où... où on a eu la proclamation, où j'étais dans une euphorie interne, où j'ai eu des moments que j'ai même pu oublier tellement. J'ai eu de félicitations de personnes qui ont peut-être eu la considération que je ne les ai pas appréciées au moment où ils sont venus me saluer, mais ça a tellement été un plaisir partagé avec une foule. J'ai eu l'impression à un moment d'avoir des souvenirs qui ont disparu. À la sortie d'une soirée étudiante, il y a eu un petit mort, j'étais un peu trop beurré, il y a eu quelque chose qui n'est pas passé. Mais ça a été un moment extraordinaire et que je continue à vivre. Pourquoi ? Parce que je me rends compte qu'autour de moi, on le voit encore sur le salon, c'est de plus en plus de véritables passionnés du produit, dans le respect du produit.
- Speaker #1
C'est vrai que sur le concours ici, moi je trouve à chaque fois, puisque nous on est là, et moi-même j'ai très souvent les larmes aux yeux pendant les résultats, parce que je vois l'émotion chez les candidats, mais tous, il y a quelque chose aussi entre vous, les candidats, qui est incroyable, au moment des résultats, c'est joli. Et Mathieu qui vient de passer hier au moment des résultats,
- Speaker #2
Laetitia et moi on s'est regardé.
- Speaker #1
Bah oui.
- Speaker #2
Voilà, et c'est quelque chose que j'ai peut-être appris, et ça c'est totalement personnel à exprimer. énormément, beaucoup plus mes sentiments depuis mon premier concours. Je n'osais pas recevoir de remerciements, de félicitations. Ça m'était gênant avant mon premier concours et ça va avec le reste où j'ai la larme, mais beaucoup plus facile qu'avant.
- Speaker #0
C'est peut-être le moment de passer à la dernière question.
- Speaker #1
Alors, quelle est ta pizza préférée, Vincent ?
- Speaker #2
Ma pizza préférée ? Il pourrait y en avoir deux. Je ne sais pas si on m'autorise une sucrée et une salée.
- Speaker #0
N'hésite pas. On ne peut rien vous refuser.
- Speaker #2
On ne peut rien vous refuser. Sur la sucrée, Laetitia, tu veux connaître en premier ?
- Speaker #1
Je crois qu'on ne te propose pas souvent de pizza sucrée. Non, de pizza sucrée, à peu près jamais. Jamais, donc voilà,
- Speaker #0
c'est intéressant. J'aime bien,
- Speaker #2
j'aime énormément les associations, les mélanges. Et c'est souvent la pizza.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
à part l'hawaienne, au final, on revient.
- Speaker #2
Mais j'avoue que j'aime à revisiter souvent cuisiner les crêpes par exemple. Donc je vais les flamber, je vais les travailler. Et une petite crêpe banane chocolat, c'est quelque chose qui va vraiment me plaire. Et je sais que ça m'arrive aussi des fois de le demander à un ami pizzaiolo non loin de la maison. Et j'aime aussi de temps en temps avec quelques épices dessus, cannelle et autres. Et je fais de la simplicité autrement sur la salée. J'aime bien une pizza reine avec supplément. gorgonzola et artichaut pour garder une amour t'allais dire ananas quand même alors là pour moi là c'est pas pour moi mais banane chocolat et artichaut gorgonzola c'est vraiment des choses que je vais apprécier le côté bon ressent le côté artichaut merci beaucoup Vincent merci à toi et à bientôt merci Romain merci à Laetitia à bientôt avec Lait'Change et leguidedufromage.com Nous espérons que cet épisode t'a plu. Merci à toi de nous avoir écouté jusqu'au bout. N'hésite pas à le partager, commenter, à nous mettre 5 étoiles sur les plateformes et nous te donnons rendez-vous dès la semaine prochaine pour la suite de cette série spéciale. A bientôt, salut !