- Julie Denis
Je suis Julie Denis et tu écoutes la psy des entrepreneuses. La solidité mentale, c'est l'un des leviers les plus sous-estimés quand on entreprend. Ici, on parle moins de ce qu'on fait et plus de qui on est. Les doutes, l'incertitude, la pression, la fatigue, les moments de bascule, c'est de ça qu'on parle. Et surtout, qui on décide de devenir pour les traverser. Bonne écoute. Cet épisode est proposé en collaboration avec Feeling Great by Parthena Professional. Feeling Great, c'est LA plateforme incontournable sur la santé mentale et le bien-être mental des indépendants. On y retrouve articles de blog, baromètres bien-être, webinaires et ateliers, tout ça proposé gratuitement par Feeling Great pour vous aider et vous soutenir au niveau de votre bien-être mental. Parce qu'on le sait, entreprendre, c'est cardio. Je ne peux que vous conseiller la plateforme, puisque ça fait deux ans que je collabore avec Partena Professional pour mettre en place ce projet. Le lien vers la plateforme est dans les notes de l'épisode ou rendez-vous directement sur feelinggreat.be. Bonjour et bienvenue dans le podcast La Psy des Entrepreneuses. Re-bienvenue, Samia. Mon invitée du jour, c'est Samia Boujard. On a déjà fait un premier épisode ensemble où tu parlais plus de comment toi tu vis. l'entrepreneuriat, ton parcours à toi, ton parcours plus intérieur, comme j'aime le dire. L'idée aujourd'hui, c'était plutôt de parler de ton métier, de ta spécialité, de ton don.
- Samia Bouhjar
Mon passion !
- Julie Denis
Aujourd'hui, on va parler de comment on utilise le vêtement comme outil de communication et surtout, comment ça peut soutenir la posture d'une entrepreneuse. Samia, tu es styliste.
- Samia Bouhjar
Est-ce que tu peux expliquer en deux mots ce que c'est exactement le stylisme ? Alors, le stylisme au sens anglo-saxon du terme consiste en l'agencement de pièces de vêtements, de tissus, d'accessoires, de bijoux pour créer et composer une silhouette. Ça, c'est du stylisme. Donc là, par exemple, si tu mets un jean et un t-shirt blanc, simplement, si on va faire du styling dessus, Ce serait par exemple roulotter les manches, rentrer la moitié du t-shirt dans le jean, peut-être retrousser un petit peu le pantalon pour faire apparaître les chaussettes ou les chevilles. Donc c'est amener une petite touche pour créer une cohérence globale dans une silhouette.
- Julie Denis
Quand tu rencontres quelqu'un, qu'est-ce que tu lis en premier dans sa tenue, même inconsciemment ?
- Samia Bouhjar
Alors moi, j'ai un truc, je suis très observatrice. Je regarde vraiment tout. Il y a très peu de détails qui m'échappent. Et en fait, je ne suis pas la seule. Tous les êtres humains font ça. Je crois qu'entre 3 et 6 secondes, notre cerveau a scanné notre interlocuteur de la tête aux pieds, au niveau des couleurs, des formes, des volumes. Et tout de suite, cette machine extraordinaire qu'on a dans la tête va aller chercher dans sa database les références. Donc si tu as bien noir, si tu portes du rouge, si tu vois. Donc ouais, voilà. Je ne sais plus c'était quoi la question.
- Julie Denis
Qu'est-ce que tu lis en premier chez quelqu'un quand tu le vois ?
- Samia Bouhjar
Ce n'est pas le vêtement d'abord. C'est d'abord la posture. C'est d'abord l'attitude avant le vêtement, je crois. Parce que c'est quelque chose que tu vois sans voir. Le stylisme, c'est aussi ça. Ce n'est pas forcément des choses flagrantes, tape à l'œil. C'est quelque chose qui se perçoit. C'est comme quand je vais faire du stylisme ou du costume sur un film. il y a des détails que... Quand tu vas regarder le film, tu ne vas pas les voir, mais tu vas les percevoir.
- Julie Denis
C'est ça.
- Samia Bouhjar
Ça va créer quelque chose d'équilibré. Et donc la première chose que moi je vois, la première chose que je lis, c'est la posture, c'est la manière dont la personne elle se tient, dont elle bouge, le regard aussi. Parce qu'en fait, le vêtement, il vient t'aider à positionner ton regard par rapport à toi-même, par rapport aux autres.
- Julie Denis
Tu travailles avec des personnalités publiques, politiques, des artistes. Est-ce qu'il y a un cas que tu peux nous partager, en citant la personne ou pas, où le vêtement a vraiment changé la perception que les gens avaient de la personne ?
- Samia Bouhjar
Je n'ai pas d'exemple où ça a changé la perception qu'avaient les gens, mais en tout cas où j'ai contribué à créer une perception précise. Par exemple, c'est l'exemple que je prends assez souvent parce que c'est vraiment la personne avec laquelle j'ai appris mon métier. Je le faisais déjà de manière très instinctive, j'avais peut-être ce que dire depuis toujours, mais où j'ai réalisé en fait que, tu parlais de dons tout à l'heure, et que j'avais une maîtrise de cet outil. sans l'avoir réellement apprise. Et donc, c'était avec Cécile Djunga, lorsque nous avons commencé à travailler ensemble sur La Météo. Et donc, La Météo, c'est une émission quotidienne. Elle est tournée assez tôt le matin pour être diffusée tout au long de la journée ou alors enregistrée plusieurs fois sur la journée. Elle est enregistrée sur un fond vert. Donc, les couleurs, elles ne donnent pas la même chose quand c'est filmé sur un fond vert. il y a En fait, toutes les couleurs reflètent. Tu sais, ici, c'est noir. Donc, le contraste est très, très fort. Si on porte de la couleur, tu vois, ton beige ressort très clair.
- Julie Denis
C'est vrai.
- Samia Bouhjar
Et donc, ça, c'est des choses que j'ai apprises. En regardant le résultat des premières silhouettes que j'ai faites avec elle, je me suis dit, ah ouais, non, ça, ça marche. C'est pas terrible. C'est pas ça que j'avais vu avec mes yeux. Donc, ça veut dire qu'avec le fond vert, ça donne ça. Ça veut dire que quand ça traverse la lentille, la caméra aussi, il y a quelque chose qui se passe, tu vois, parce que la lentille de la caméra, c'est pas la lentille de nos yeux. Il y a des modifications qui ont lieu sur le chemin. Et puis, il y avait sa personnalité. À un moment donné, je me disais, oui, mais il y a ses personnalités aussi. C'est qu'elle est jeune, elle est dynamique, c'est une femme noire, c'est la première femme noire à la télévision qu'on voit tous les jours. Qu'est-ce qu'elle a envie, elle, de montrer, de présenter ? Elle voulait montrer de la fraîcheur, de la bonne humeur, parce qu'on est en Belgique et la moitié de l'année, ce qu'on présente à la météo, ce n'est pas très joyeux. Donc, est-ce qu'on ne viendrait pas mettre un... appuyer un petit peu justement cette joie, cette bonne humeur et tout ça. Alors le risque c'était que ce soit un peu cliché, puis on s'est dit bon ben on s'en fout parce qu'en réalité on est heureuse de vivre, on aime la couleur et la joie et on a envie que cet instant qu'on partage où on est dans le salon des gens ou dans leur salle à manger pour leur dire que demain il va pleuvoir mais c'est pas grave ben on est allé sur des formes que je qualifierais d'un peu organiques, donc on était souvent sur des robes et sur des jupes. avec du volume sur le bas qui bouge un petit peu lorsqu'elle bougeait, elle aussi, on partait sur des couleurs vives de préférence, donc pas de noir, pas de blanc pur, mais du jaune, on avait du rose, voilà, beaucoup de couleurs. Et là, on a créé le personnage de Cécile pour la météo. Donc la nana de la météo, c'était la nana sympa, pétillante, qui avait des boucles d'oreilles colorées aussi, qui était très souriante, elle avait... À l'époque, elle avait les cheveux, elle avait une coupe afro bouclée, que parfois on remontait un petit peu lorsqu'on dénudait un peu les épaules. Donc là, on a vraiment créé un personnage qui était pour la météo, dédié à la météo. Et on travaillait ensemble aussi sur d'autres choses. Et donc, ce n'était pas du tout les mêmes silhouettes qu'on construisait. Quand elle allait monter sur scène pour jouer son spectacle ou pour animer une soirée de stand-up, par exemple, ce n'était pas la même chose, parce que ce n'était pas le même public.
- Julie Denis
Oui.
- Samia Bouhjar
Tu vois, donc on ne s'adresse pas à la même personne et soi-même sur scène, on n'est pas non plus la même personne. Ce n'était pas l'animatrice, la présentatrice de la météo. C'était la comédienne, l'humoriste qui venait présenter d'autres humoristes et créer une ambiance dans la salle. Donc, c'était aussi différent.
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Et donc, j'entends, c'est en fonction du contexte, mais aussi en fonction de quelle facette de moi, je pense qu'on pourrait dire peut-être. Quelle facette de moi j'ai envie de renvoyer dans ces contextes différents ? C'est ça.
- Samia Bouhjar
Et c'est ça que moi je trouve presque magique avec les vêtements tels que moi je le conçois et comment est-ce que je l'utilise. C'est qu'en individu, on dispose de multiples facettes. Et on décide en fonction des jours, en fonction de notre humeur, en fonction de ce qu'on a à faire, en fonction des enjeux d'une journée, de nos interlocuteurs quand on est... chef d'entreprise quand on est entrepreneur, si tu vas aller pitcher, si tu vas aller négocier un contrat, si tu veux aller faire du networking, tu ne vas pas t'habiller de la même manière parce que tu vas vouloir mettre en avant une certaine facette, parfois plusieurs en même temps. Et c'est jouable aussi. Et donc, c'est un outil. C'est comme quand tu vas pitcher. Si tu vas pitcher à des investisseurs, tu ne vas pas utiliser les mêmes termes et les mêmes tournures de phrases. Le fond, c'est le même parce que tu vends... ton service ou... Qui lui reste le même. Mais tu vas adapter le vocabulaire, les mots, le langage à ton interlocuteur et à ton objectif. Le vêtement, c'est la même chose. Tu peux porter un jean pour aller à un rendez-vous pro. Tu peux porter un jean aussi pour aller boire un verre avec des copines, machin, mais tu vas pas le porter de la même manière. Il y a des détails qui vont changer. Le styling, justement, la manière dont tu vas le styliser va être différente parce que l'objectif va être différent.
- Julie Denis
On a parlé de l'impact que ça a sur les autres, la perception des autres en fonction du vêtement. Tu as parlé tout à l'heure aussi de posture, qu'avant même de regarder, de voir les vêtements, c'est la posture que tu remarques d'abord, la manière de se tenir, etc. Pour une entrepreneuse, sur quoi est-ce que le style a le plus d'impact selon toi ? Est-ce que c'est sur quelque chose d'extérieur comme la crédibilité, le positionnement perçu, etc. ? ou quelque chose plutôt d'intérieur comme la posture ?
- Samia Bouhjar
Les deux, je crois. Je viens d'avoir un exemple que j'avais oublié. J'ai travaillé avec une comédienne, une humoriste qui maintenant fait des trucs extraordinaires. C'est Dena Vadani, qui est trilingue. Elle parle français et néerlandais, donc elle travaille en Belgique, autant en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre. Elle a fait de la figuration dans un film. Elle fait des événements. Elle a présenté les Magritte. Tu vois, elle a été invitée à présenter les Magritte. Et en fait, quand je l'ai rencontrée, on a travaillé sur son image. Mais d'abord, le premier travail à faire, c'est soi par rapport à soi, le regard qu'on porte à soi-même pour acquérir cette confiance en soi, pour acquérir et embrasser pleinement cette liberté d'être qui on est et de choisir qui on a envie d'être en fonction justement du lieu, du contexte où on va être et de notre interlocuteur. Et avec Dena, c'est vraiment une transformation. Je ne pense pas avoir de photos ni de vidéos de l'époque, mais par rapport à sa posture, par exemple. Je me souviens qu'on avait travaillé, elle avait une épaule qui était plus basse que l'autre. Donc elle avait les épaules vers l'avant. Dena, si tu nous entends, si tu nous regardes, je t'embrasse. Tes épaules sont parfaitement alignées aujourd'hui. Elle avait une épaule un peu plus basse que l'autre et elle était un petit peu pliée, un peu recroquevillée sur elle-même. Et en fait, c'était l'expression de son manque de confiance. Parce qu'elle bossait dans un secteur où elle était très très bonne, mais dans lequel elle ne s'épanouissait pas. où elle ne s'épanouissait pas. Et donc on a travaillé là-dessus, et ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait un tri de garde-robe. Ça a commencé des choses très très simples. Ce que moi j'offre, les services que j'offre, sont très simples, mais sont très difficiles à mettre en œuvre tout seul. Parce qu'en fait, il faut traverser ses peurs. Il faut traverser la peur de se regarder, et traverser aussi la peur que l'on a tous et toutes d'être regardé. Parce qu'on ne sait jamais comment on est regardé. Et donc ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait un tri de garde-robe. Ensuite, on a fait du shopping. Ensuite, on a déterminé, enfin pour faire le shopping, on a déterminé les couleurs, on a déterminé les matières, on a déterminé les formes qui lui convenaient. Et puis on a travaillé sur la posture. Se regarder dans le miroir. Je me souviens que je l'ai fait se regarder dans le miroir et remarquer, parce qu'elle n'avait pas remarqué en fait, qu'elle avait une épaule plus basse que l'autre. Elle n'avait pas remarqué qu'elle était un petit peu recourbée. Regarde-la maintenant quand elle est sur scène, elle est droite comme un i quoi. Pourquoi ? Parce qu'elle est au bon endroit. Et les fringues qu'elle porte aujourd'hui, ça n'a rien à voir avec les conseils que moi je lui donnais à l'époque. Pourquoi ? Parce que maintenant, je parle pour elle, mais en tout cas c'est l'interprétation que moi j'ai, c'est qu'elle n'a plus besoin d'utiliser le vêtement pour se donner de la force. Elle va d'abord chercher sa force en elle et le vêtement c'est un outil, c'est un jeu, c'est un accessoire, c'est devenu un accessoire. Au départ, le vêtement peut être un outil pour t'aider à construire cette confiance en toi, à t'amener à toi-même cette bienveillance à ton égard, ce regard gentil et doux, à aimer ce que tu vois, à aimer comment est-ce que tu agences ton corps, ton image, ta présentation, et ensuite choisir ce que tu as envie que les autres voient plus ou moins.
- Julie Denis
C'est ça. Et j'imagine que les deux, moi je vois ça, alors pas avec le vêtement évidemment, mais les deux se renforcent après. Puisque c'est la posture, si tu travailles la posture en premier, disons, ça va avoir un impact sur ce qui est perçu à l'extérieur. Et puis le fait de se rendre compte qu'on est perçu d'une certaine manière va venir alimenter cette posture et cette confiance. Et puis ça devient un cercle vertueux.
- Samia Bouhjar
Oui, totalement. C'est totalement ça. Parce que, par exemple, pour le moment, je travaille le corps et le mouvement. Et en fait, par exemple, si tu vois un acteur, un comédien avec un costume, imaginons une femme avec une magnifique robe de soirée. Dépendamment de la manière, pas de texte, pas de décor. Une femme, une robe de soirée. OK. Dépendamment de la posture, de la manière dont elle va se tenir et de où et comment elle va poser son regard, Tu vas voir une femme. forte, qui a confiance en elle, si elle a la tête droite, le regard fixe. Et par contre, à contrario, si tu sens qu'il y a un affaissement au niveau des épaules, si tu remarques un regard fuyant ou pas très sûr, tu vois, tu ne vas pas voir la même femme.
- Julie Denis
J'ai une image qui me vient sur les réseaux sociaux. Je ne sais pas si tu as déjà vu ce genre de reel. Il y a une femme en particulier, que j'ai déjà vu quelques fois comme ça, qui marche sur un tapis de marche. Et qui porte certains vêtements, qui a l'air toutes... Tu sais, les épaules, comme tu disais, les épaules un peu... En avant ? Oui, c'est ça, en avant. Un pantalon et un tee-shirt, le tee-shirt le plus long possible au-dessus. Enfin, tu vois, pas dans le pantalon. Et elle marche comme ça, c'est un tapis de marge. Elle marche comme ça. Et puis, la scène juste après, c'est stylisé différemment. Donc, elle n'a pas du tout changé de vêtements. Elle se positionne autrement. Mais en fait, ce que ça renvoie... C'est un monde de différences. C'était le but, mais j'ai un peu... C'est un peu ça.
- Samia Bouhjar
C'est vraiment ça. Le styling, c'est ça. En tout cas, moi, la manière dont je le mets en œuvre, dont je l'utilise, c'est ça. C'est la posture, c'est la confiance en soi, c'est le regard qu'on a sur soi. Et puis le vêtement, il vient soutenir, en fait. Le vêtement, il vient soutenir ton propos. Il vient soutenir tes intentions. C'est hyper puissant.
- Julie Denis
Ce qui veut dire que le propos et l'intention doivent déjà être clairs. Est-ce que ça t'arrive que quelqu'un arrive chez toi, dit j'ai envie de travailler mes vêtements, mais qu'est-ce que j'ai envie de renvoyer, j'en sais rien en fait.
- Samia Bouhjar
Alors là, je travaille dans un cadre, parfois, moi je travaille avec des artistes, je travaille avec des personnalités publiques, je travaille aussi en télé avec des animateurs et des journalistes. Là où je rencontre cette difficulté, c'est surtout en télé. C'est l'endroit où, pour moi, c'est le plus difficile de faire coïncider le message qui doit être véhiculé par une émission de télévision, parce qu'une émission de télévision a un objectif, parce qu'il y a un sujet, il y a une thématique, un public cible, tout ça. La personnalité de l'animateur, donc sa personnalité en tant qu'individu. Et puis, ce qu'on attend de lui en tant qu'animateur. Donc, quand il devient un animateur. Quand il devient ce personnage qui vient distribuer la parole, donner une ambiance, un ton, c'est là où c'est difficile. Parce que parfois, il y a une sorte de dissonance. Parce qu'on n'arrive pas à trouver l'endroit où ces trois objectifs se rencontrent. où tu vas avoir je sais pas moi j'imagine je prends pas d'exemple concret parce que je travaille encore et que je veux garder mon job où t'as des gens qui sont peut-être très très classiques dans leur vie, dans leur façon d'être qui vont se retrouver sur un programme où justement on est plus dans un truc un peu dynamique un peu plus jeune un peu plus pop culture et donc en fait Merci. Pour eux, à titre personnel, c'est compliqué d'acquérir les codes vestimentaires et d'attitudes qui font pop culture si ce n'est pas du tout ce qu'ils sont. Donc en plus, et je pense que la plupart ne s'en rendent pas compte, c'est qu'en plus d'être journaliste pour ceux qui le sont, certains sont animateurs, il y a vraiment une nécessité de maîtriser une sorte de jeu d'acteur. Oui,
- Julie Denis
c'est ça. C'est trouver encore une fois l'intersection entre rester fidèle à qui on est et en même temps s'adapter à... à l'environnement spécifique. Et pour les animateurs, ça peut parfois vraiment être un challenge et un gap entre les deux.
- Samia Bouhjar
Et donc, il faut accepter ce challenge. Tu vois, il faut... Et aussi, quelque chose qu'à force, avec le temps, j'ai aussi réalisé, j'ai appris, c'est qu'il faut tester, en fait. Il faut essayer. Il peut, il doit... Enfin, il peut, il doit... Il y a des ratés, quoi. Il y a des moments, tu te dis, ce qu'on appelle communément des fashion foupas. Oui. où tu penses, tu imagines quelque chose dans ta tête et puis tu essaies de le mettre en œuvre sur toi ou sur quelqu'un. Ah non, ce n'est pas terrible. Il y a des trucs que j'ai faits, quand je les regarde aujourd'hui, j'ai les yeux qui saignent, tu vois. Je me dis, alors, je n'aurais pas dû faire ça. Mais c'est un exercice, en fait. C'est vraiment un exercice. C'est quelque chose que tu acquiers avec l'expérience.
- Julie Denis
Quand quelqu'un... n'osent pas s'affirmer et n'osent pas mettre des vêtements plus visibles ou qui vont faire que la personne va être plus visible. Il y a quoi derrière ? Est-ce que toi, tu as accès à ça ? Peut-être que tu n'as pas accès à ça, mais est-ce que tu arrives à identifier qu'est-ce qui fait que la personne n'ose pas y aller ? Et est-ce qu'il y a quelque chose que tu fais du coup parfois pour faire basculer ça et faire en sorte que la personne ose quand même ?
- Samia Bouhjar
Là, on rentre dans ton champ d'activité. Et ça, c'était une des difficultés que j'ai rencontrées au tout début, où j'ai commencé mon travail de styliste, parce que je l'ai commencé d'abord en portant l'étiquette de conseillère en images. C'est que les gens venaient au départ, d'abord me déposent, enfin, ils venaient pour des fringues, ils venaient pour un tri de garde-robe, ils venaient pour un accompagnement personnalisé en shopping, ou la détermination d'un style, et en fait, ils venaient me déposer des choses. Et si tu veux... Il y a des choses que je comprenais par rapport à des blocages qu'ils avaient ou à la manière dont ils s'habillaient par rapport à ce qu'ils avaient vécu.
- Julie Denis
Oui,
- Samia Bouhjar
tu vois, c'est fortement lié finalement, parce qu'il y a cette question d'autorisation, d'autorité qu'on a eue sur soi ou de pression, de peur, d'acceptation de soi, de connaissance de ses forces et de ses faiblesses. S'habiller semble être un acte anodin, parce qu'on le fait tous les jours, mais à mon sens, c'est loin d'être anodin, parce qu'en fait, c'est l'accumulation, t'aimes bien parler d'oignons toi, de couches, des couches des choses qu'on a vécues, des expériences qu'on a vécues, des compliments qu'on a reçus ou non. Parce que les compliments qu'on n'a pas reçus alors qu'on en attendait, ça laisse des traces.
- Julie Denis
C'est vrai.
- Samia Bouhjar
Ça laisse des traces. Et donc, quelque chose que tu as osé une fois et tu n'as pas eu le résultat escompté, tu te dis, je ne vais pas recommencer en fait parce que ça m'a peut-être un peu blessée. Donc, c'est vrai que j'ai travaillé avec quelques personnes. Une personnalité publique en particulier à laquelle je pense qui est venue pour un shopping, pour la détermination d'un style, d'un look, pour un spectacle. Et en fait, la personne m'a déposé un truc, mais dingue. Mais quand je te dis dingue, c'est vraiment dingue. Je me dis, il m'a fallu un jour ou deux pour m'en remettre. Je me dis, mais c'est quoi le lien entre tout ce qu'il m'a raconté et le fait de trouver une tenue de scène, quoi ? Mais en fait, le lien, finalement, je l'ai trouvé, c'est qu'il avait besoin de déterminer qui il était. Il avait besoin de... de faire des traits entre les différents points parce que sa personnalité était tellement multiple, son identité était tellement multiple qu'il n'arrivait pas à choisir. Tu vois, il n'arrivait pas à choisir. Je me suis dit, en fait, pourquoi tu dois choisir ou l'un ou l'autre ? Tu peux venir et créer quelque chose d'harmonieux avec des choses différentes. Mais c'était un peu compliqué. Alors, j'avoue que, comme étant très observatrice, étant d'une empathie par moments qui peut être maladive, Parfois, c'est un peu difficile. Donc là, j'essaie de mettre quand même une distance parce que ce n'est pas mon job de comprendre l'émotion et de gérer l'émotion de l'autre. Je ne suis pas outillée pour ça. J'ai des trucs basiques. Mais j'arrive à capter si c'est de l'ordre du relationnel lié à l'enfance, aux parents ou des histoires amoureuses, par exemple, qui ont sapé un petit peu la confiance en soi. Donc, j'arrive à le capter. mais alors c'est Dans ces cas-là, en général, ça passe par l'échange. On parle quand même beaucoup. Je me rends compte que quand je fais des accompagnements, on parle quand même beaucoup avant de passer au fringue. Parce que si on passe direct au fringue, en fait, c'est pas suffisant juste scanner et juste les réponses que les gens me donnent aux questions que je vais poser. Tu vois, il faut aller un petit peu plus loin. Les choses se font de manière un petit peu plus organique. Parce que si on rentre pas dans des choses plus profondes, c'est difficile de trouver l'endroit avec le bon style, le bon message. Et puis que la personne se sente vraiment elle-même et confortable. Parce qu'il faut que le vêtement ne soit plus un sujet, finalement. À partir du moment où on l'a enfilé, où on l'a sur soi, on est dans la situation pour laquelle on l'a enfilé. Et que ce ne soit plus une question, en fait. Tu ne penses plus à dire, attends, ma veste, mon truc. Non, ça n'existe plus. Le vêtement n'existe plus. Il est toi, quoi.
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Est-ce que ça veut dire que pour les personnes qui auraient cette peur du jugement, peur d'être rejetées, peur d'être... Enfin, ces peurs-là, est-ce que ça veut dire que dans le style que tu leur proposes, elles trouveraient un entre-deux qui est peut-être moins visible ? Là où, si on enlève la couche de peur du rejet, peur d'être visible, on irait peut-être un cran plus loin.
- Samia Bouhjar
Ça, souvent, les gens le font eux-mêmes.
- Julie Denis
C'est ça. Ils adoucissent. Voilà, c'est ça. Mais ils adoucissent d'abord. Donc... Ça pourrait être, dans un premier temps, on fait un premier pas vert.
- Samia Bouhjar
Oui, c'est ça.
- Julie Denis
Et puis par la suite, je me sens à l'aise. C'est la théorie des petits pas. Je fais d'abord un premier pas vert. C'est exactement ça. Et puis après, ça évolue petit à petit parce que je me sens de plus en plus à l'aise.
- Samia Bouhjar
C'est exactement ça. Parce qu'en fait, c'est hyper violent. Si tu as peur du regard des autres. Moi, je me souviens que les premières fois où j'ai osé des associations peu communes, chose que je fais maintenant très souvent. Parce que moi, ça me plaît. Et que finalement, le regard de l'autre... Allez, m'importe peu, c'est pas vrai. Je mentirais si je disais ça, mais m'importe beaucoup moins. Beaucoup, beaucoup moins. Je me souviens avoir été profondément blessée, tu vois. Des gens qui... Je me souviens de rire, tu vois, par exemple. Je trouve qu'il n'y a rien de pire que... Toi, tu portes une tenue flamboyante, tu t'es regardée dans la glace, tu te dis, ah putain, mais ça, c'est la tenue de mes rêves, parce que t'as mélangé, je sais pas... Des pois avec des carreaux et avec un imprimé zèbre. Tu vois, il te dit, mais ça, c'est la classe internationale. Et puis, tu vas dehors et tu tombes sur quelqu'un de pas très gentil qui te voit, qui rigole. Et ça m'est déjà arrivé. Et je me suis sentie profondément blessée. Mais après coup, en fait, pourquoi j'ai décidé de porter cette nuit ? Aujourd'hui, c'est plus ça. Je vois parfois des regards en biais de ces bizarres quand même, ce qu'elle porte la madame là-bas. Mais en fait, je me dis, mais en fait, moi, je me donne, je me donne l'opportunité de m'amuser, de jouer avec ça. C'est comme les jeunes, je dis jeunes parce que je ne suis pas jeune, que je vois parfois dehors dans les transports en commun avec des maquillages un peu farfelus, des trucs. Tu te dis mais... Pourquoi ? Et après je dis, mais en fait, pourquoi pas ?
- Julie Denis
Oui.
- Samia Bouhjar
Why not ?
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Et c'est de revenir à soi et à sa propre voix. Ou en tout cas, mettre plus de lumière sur moi et pourquoi est-ce que moi j'ai voulu le faire, plutôt que le regard de l'autre. Et moi, en accompagnement, j'aime bien utiliser justement cette métaphore du spot, en disant, mais ne mets pas la lumière trop ou trop longtemps, la lumière sur l'autre. Qu'est-ce que l'autre pense ? Qu'est-ce que l'autre croit ? Qu'est-ce que l'autre dit ? Mieux. recentre là sur toi en fait pourquoi est-ce que toi t'as fait ça ça rejoint un petit peu ce que tu dis là c'est pourquoi est-ce que moi j'ai fait ça et retrouver cette confiance là se reconnecter plutôt à ça et que ça te fasse plaisir à toi d'être pleinement de jouir pleinement de ce que tu fais de ce qui te fait plaisir en disant bah il rigole parce qu'il n'a pas compris en fait ou il ne trouve pas ça chouette ou au contraire peut-être la personne elle rigole parce que ça
- Samia Bouhjar
la met un peu mal à l'aise parce qu'elle se dit mais waouh comment elle a osé c'est chouette tu vois Mais on a tendance à dire, ah non, on se moque de moi.
- Julie Denis
Un look, est-ce que ça peut aussi être une armure ? Et comment tu différencies l'armure du vêtement signature ?
- Samia Bouhjar
Ah oui, ça c'est, et ça peut absolument être une armure. Encore une fois, moi, quand je le perçois chez quelqu'un, il y a et le vêtement en tant que tel, avec sa couleur, sa matière, et la posture. Parce que le vêtement, il va venir appuyer, accentuer une posture. Tu vas porter un vêtement... comme une armure pour qu'elle te donne de la force, tu ne vas pas te tenir de la même manière que si tu portes un vêtement à armure pour te protéger, pour t'effacer. Ça peut être une armure avec deux objectifs différents, pour ne pas faire tâche dans le décor.
- Julie Denis
C'est ça. La question à se poser, pour savoir si c'est l'un ou l'autre, c'est est-ce que ça vient soutenir et faire en sorte qu'on me... qu'on voit d'autant plus qui je suis à l'intérieur, c'est mes mots, mais qui je suis à l'intérieur, versus est-ce que je fais en sorte de mettre un vêtement pour qu'on ne voit pas trop qui je suis à l'intérieur.
- Samia Bouhjar
C'est ça.
- Julie Denis
C'est ça.
- Samia Bouhjar
Tu vois, dépendamment du vêtement à armure, tu vas attirer l'attention. Je le mets entre guillemets parce que ce n'est pas attirer l'attention en mode spot gyrophare, tu vois. Tu attires l'attention parce que ton attitude attire l'attention. Toi qui vois souvent beaucoup de gens, quand tu vas à des événements, Il y a des gens que tu captes dans la foule, tout de suite. Et pourtant, ils ne sont pas habillés en fluo. Mais il y a quelque chose dans leur posture, dans leur attitude, dans leur manière de scanner la foule ou d'être occupé même. Et puis, tu en as d'autres. Tu te dis, mais pourquoi cette personne, elle se cache bientôt, elle va être à quatre pattes, elle va se cacher entre les gens. Et le vêtement peut appeler ça.
- Julie Denis
Concrètement, quelqu'un qui nous écouterait, qui dit, OK, moi, j'ai envie d'investir un petit peu plus. cet aspect-là de qui je suis, de comment je fonctionne. Quelles sont les premières étapes, peut-être les trois premières étapes qu'une personne peut faire ? Alors évidemment, encore une fois, elle peut se faire accompagner, évidemment. Mais déjà, soi-même, quelles sont les premières choses qu'on peut faire ?
- Samia Bouhjar
C'est se poser des questions, déjà. Est-ce que t'habiller, c'est difficile ? Est-ce que quand tu t'habilles, c'est difficile ? Est-ce que c'est une étape difficile ? Quand je dis difficile, ça veut dire que tu te sens... Pas toujours à l'aise dans tes fringues, t'es pas toujours sûre de l'agencement que tu fais. Tes vêtements dans ta garde-droite, en principe, c'est toi qui les as choisis. Oui. Et pourtant, ils te plaisent pas. Oui. C'est d'abord s'interroger, se questionner.
- Julie Denis
Pourquoi j'ai acheté ce vêtement-là ? Au moment où je l'ai acheté, il y avait quoi dans ma tête ? Pourquoi aujourd'hui, lui et moi, on ne s'entend pas, on ne se regarde pas, on se regarde un peu comme ça ? C'est d'abord s'interroger pour déterminer notre intention de base quand on a créé cette garde-robe, quand on a composé notre garde-robe. Et ce qu'on attend quand on va chercher les vêtements le matin pour s'habiller. Mais je cherche quoi en fait ? Est-ce que je cherche une armure pour... avoir de la force ? Est-ce que je cherche quelque chose pour m'effacer, mais en fait, à chaque fois que j'achète des trucs, j'ai des trucs à paillettes, des trucs hyper brillants, mais en fait, j'ai pas envie qu'on me boit ? Ou au contraire, j'ai envie qu'on me boit, mais j'ai que des trucs beiges, des trucs gris, des trucs tristes, sans forme. Qu'est-ce que je veux transmettre, en fait ? Comment j'ai envie de me sentir ? Est-ce que j'ai envie de me sentir féminine ? Est-ce que j'ai envie de me sentir élégante ? Est-ce que j'ai envie de me sentir forte ? Est-ce que j'ai envie des trois en même temps ? Est-ce que j'ai des outils, là, dans ma garde-robe, pour ça ? Oui, non, non. Si c'est non, c'est pourquoi ? Parce que je ne sais pas, parce que je n'ose pas, parce que je n'ai pas les moyens. Je crois ne pas avoir les moyens. Parce que ce qu'il faut savoir aussi, ce qui est important, c'est qu'il ne faut pas forcément avoir beaucoup d'argent pour être bien habillée. Et quand je dis bien habillée, ça veut dire se sentir bien dans ses fringues, se sentir bien dans ses fringues.
- Samia Bouhjar
Alors, c'est super intéressant et j'ai des questions là-dessus. Tu as dit quelque chose juste avant aussi, c'est est-ce que je ne connais pas, est-ce que je ne sais pas comment faire ? J'ai une question par rapport à ça. Effectivement, si on n'a pas les connaissances de telle chose va renvoyer ça ou telle chose ne va pas renvoyer ça, on peut apprendre là-dessus. Mais indépendamment de ça, il y a quelque chose qui me venait quand tu parlais, c'est est-ce que ce n'est pas aussi indépendamment des codes et de telle couleur renvoie ça, tel type de vêtement renvoie ça, est-ce que ce n'est pas aussi si j'ai envie de me sentir forte, c'est juste quel vêtement, être attentif à soi en fait et à son propre sentiment. Dans quels vêtements est-ce que moi, je me sens forte, indépendamment des codes qui existent ?
- Julie Denis
Oublions les codes dans un premier temps, parce que ta question de base, c'était ça. C'était quelqu'un qui veut comprendre comment il fait tout seul. Sans moi, sans connaissance, sans aller chercher sur Internet, machin. C'est d'abord s'interroger. Et donc, il y a aussi un truc qui est hyper important et qu'on néglige, parce qu'on avait cette discussion-là en off juste avant, c'est qu'en fait, on est dans une société individualiste, mais en même temps, hyper normée. Donc on veut rentrer dans le rang, quoi. Tu bosses dans tel secteur, dans telle industrie, tu fréquentes tel genre, t'es issue de tel milieu social, tu dois te saper de telle ou telle manière. Oublions ça. T'as un t-shirt que tu kiffes dans ta garde-robe, juste prends-le et enfile-le. Sans te regarder. Tu sens quoi quand tu l'enfiles ? Est-ce que t'aimes le tomber ? Est-ce que t'aimes quand tu touches ? Ça semble un peu perché, tu vois. Mais je l'ai fait, tu vois, avec les premiers accompagnements que j'ai faits. C'est ce que j'ai fait. Et donc ça, ça va te permettre aussi de dire, OK, ça, c'est un vêtement que j'aime, c'est un vêtement qui me convient. Et qui t'amène à la deuxième étape que chacun peut faire tout seul. Trier sa garde-robe. Ça passe par là. Tu sors tout et t'essayes.
- Samia Bouhjar
Tu dis indépendamment de ce qu'il y a dans le miroir, mais ça peut aussi être dans le miroir, est-ce que ça me plaît ou pas ? Oui,
- Julie Denis
ça, c'est la seconde étape. Mais ça peut, tu vois, parce que dans le miroir... Quand on se regarde dans le miroir, il y a tout de suite des biais qui viennent, tu vois. C'est-à-dire, ah ouais, mais non, mais en fait, j'ai une forte poitrine, il ne faut pas qu'on la montre. Parce que si je montre mes seins, ça fait aguicheuse, c'est vulgaire, machin. Ah, mais non, je n'ai pas une taille en X. Si je mets cette robe droite, en fait, je ressemble à un poteau. Et une belle femme, aujourd'hui, c'est une femme dont la taille est marquée. Mais en fait, non. Tu es une belle femme si tu te sens être une belle femme.
- Samia Bouhjar
Oui, oui.
- Julie Denis
C'est hyper difficile. Je le dis comme ça, genre hyper simple. C'est hyper difficile. C'est clair, on s'entend là-dessus. Mais c'est une étape importante.
- Samia Bouhjar
Oui, c'est donner plus de place. On parlait de projecteur tout à l'heure, mais c'est mettre le projecteur aussi là-dessus, donner de la place à ce que j'entends. Comment est-ce que je me sens quand je mets un vêtement sans le miroir dans un premier temps ? Juste moi, comment je me sens ? Et laisser de la place pour ça.
- Julie Denis
Parce que même si tu as un vêtement qui est moulant sur ta poitrine, si tu te sens bien après, quand tu portes le vêtement, Ta posture, ta tête, tu vas la tenir différemment. Ton regard, tu vas l'amener différemment. Ta manière de parler, elle va être différente. Et donc, en fait, finalement, on ne va peut-être pas faire le focus sur tes gros seins. On va les voir, oui, mais on va faire le focus sur ce que tu vas dire, sur ton regard. Parce que l'objectif reste toujours la connexion à l'autre. C'est de ramener au regard. Le vêtement, bien sûr, est là, mais c'est vraiment de ramener au regard pour pouvoir entrer en contact avec l'autre. Donc, comment on fait ? Je continue. Comment on fait tout seul ? D'abord, on se pose des questions. Ensuite, On essaye ses fringues, on voit ce qu'on ressent, on fait le tri. Alors les trucs basiques, c'est les trucs abîmés, tu enlèves. Les trucs que tu n'as pas portés depuis 10 ans parce que tu dois perdre 10 kilos, tu les enlèves aussi. Après, il y a des trucs astuces, tu peux les modifier, tu peux faire de la custom. Pour le quotidien, pour que ce soit vraiment un outil opérationnel, c'est que tu puisses le matin presque t'habiller les yeux fermés. Aller dans ta garde-robe, tendre ton bras et te saper, te dire ok, c'est ok, c'est moi.
- Samia Bouhjar
Tu disais tout à l'heure, il ne faut pas avoir beaucoup d'argent pour bien s'habiller. Si quelqu'un n'a que 200 euros, 300 euros, pour upgrader son image, il commence par quoi ?
- Julie Denis
Trier sa garde-robe.
- Samia Bouhjar
Ok, ça ne te coûte rien.
- Julie Denis
Ça ne te coûte rien du tout. Entretenir les vêtements qui seraient peut-être un peu abîmés. Un pull qui te va super bien, que tu aimes bien, dans lequel tu te sens bien, mais tu vois qu'il est un peu usé, qu'il est un petit peu boulotché, tout ça, c'est l'entretenir, c'est le réparer, venir le nettoyer correctement. Faire du styling, donc avec ce que tu as déjà. Voir qu'est-ce qui va avec quoi et qu'est-ce qui manque. Ah, une ceinture, ce serait pas mal. Ah, tiens, peut-être la veste, elle est cool, mais les boutons, ils sont pas ouf. Est-ce qu'on pourrait changer les boutons ? Une ceinture, tu vas sur Vinted, t'as des ceintures en cuir. La qualité du vêtement est très importante. Quand t'as pas beaucoup d'argent, c'est encore plus important. Il vaut mieux payer 100 balles un pull que tu vas garder 10 ans plutôt que t'acheter 3 pulls à 20 balles je ne sais où. Parce que justement, tu ne vas pas les porter longtemps, ils vont perdre leur forme, leur tenue. La raison pour laquelle tu les auras achetés, tu vas vite perdre cette raison. Elle ne va plus être à l'ordre du jour très rapidement parce que la qualité ne sera pas là. Donc, sans dépenser encore, d'abord tu tries. Ensuite, tu crées des silhouettes, tu t'agences. Qu'est-ce qui va avec l'autre ? Les accessoires, c'est ce qui coûte le moins cher. Une ceinture, des boutons, des petits bijoux, petits, petits accessoires. Des broches, petites broches. Ça, c'est le début. Une paire de chaussettes, parfois, et entretenir ce qu'on a déjà. Tu as une paire de baskets, elle est toujours à ta taille, elle est un peu sale, ok, tu la nettoies. Vraiment bien nettoyer ses affaires. Et ça, ça permet déjà d'upgrader son style. Et après, moi, je commencerais par des accessoires. Après, les accessoires des basiques. Un basique, c'est quoi ? C'est le t-shirt blanc. Rien de plus compliqué à trouver qu'un bon t-shirt blanc.
- Samia Bouhjar
Oui, bien coupé, bien taillé, bonne matière.
- Julie Denis
En fonction de ton corps, de comment tu veux. Tu vois, la longueur de la manche, c'est que tu la préfères courte, au niveau du coude, un peu plus longue. Tu préfères une coupe carrée, une coupe boîte, ou quelque chose de plutôt long. Tu préfères quelque chose de cintré. Le col, tu l'aimes comment ? Plutôt arrondi et bas, ou plutôt proche, ras de cou ? Voilà, tous ces détails-là. Déterminez ce que toi, t'aimes bien. Un t-shirt ? Un t-shirt blanc ? Les basiques. Pour moi, si t'as ces basiques-là, il y a moyen de construire, mais... Presque une infinité de looks, de styles différents, mais avec les mêmes vêtements. Un t-shirt blanc, un jean, aussi dépendamment de la vie que tu mènes, de qui tu es, de ce que tu as envie de renvoyer au monde, dans lequel tu te sens bien, qui te correspond. Une veste de mi-saison, genre type trench, ça ne va pas forcément être un trench, mais un truc de mi-saison, donc pas trop épais, pas trop léger non plus. Une paire de chaussures.
- Samia Bouhjar
Ok.
- Julie Denis
Une paire de chaussures. Alors ça, c'est... Peut-être je commencerais même par là. Peut-être si le premier achat qu'il faudrait faire, si on me dit, tu vois, je fais un accompagnement, le premier achat à faire, s'il y a un achat à faire, c'est les chaussures. Quelle paire de chaussures te permet d'être fondamentalement qui tu es et de t'ancrer dans le sol ?
- Samia Bouhjar
J'adore.
- Julie Denis
Parce qu'on parlait de posture, la posture est importante. Il n'y a rien de pire que d'avoir mal aux pieds, en fait.
- Samia Bouhjar
Oui, bien sûr. Et même symboliquement ou métaphoriquement, la posture et comment on se positionne, c'est aussi... est forcément liée à comment je suis ancrée dans le sol.
- Julie Denis
Vraiment la paire de chaussures. Et puis, la paire de chaussures et cette série de basiques que je compléterai par une veste de blazer. La veste de blazer, ce n'est pas forcément hyper strict et corporel. Dépendamment de ce avec quoi tu vas la porter, comment tu vas l'accessoiriser, elle peut être hyper cool, hyper décontractée. Donc, j'ai dit la chemise blanche. Et alors, je dirais, ça aussi, ça peut s'inscrire dans plein de contextes différents. une robe. Une robe noire, je dirais. Une robe noire. Longue, courte, midi, une robe noire.
- Samia Bouhjar
Donc plutôt des bons basiques avec des accessoires qu'une pièce game changer.
- Julie Denis
Ouais, parce qu'en fait, si t'as une pièce game changer, elle a déjà son propre langage. Elle est tellement forte que tu vas rapporter de la force dessus, mais ça va être beaucoup. Et comme on disait, c'est par étapes.
- Samia Bouhjar
Oui.
- Julie Denis
Tu vois, c'est par étapes. Si tu vas avec tes bons basiques, tu vas jouer avec. Tu vas commencer à les mélanger. Un jour, tu vas mettre ton blazer avec ta chemise, fermé jusqu'au-dessus. Un jour, tu vas mettre ton blazer avec ton t-shirt. Un jour, tu vas remettre ton blazer avec ta chemise, mais ta chemise, tu vas l'ouvrir un petit peu plus et mettre des petits bisous, des petits colliers en dessous. Tu vas retrousser les manches, tu vois. Tu vas le mettre avec ton jean, côté un peu décontracté. Tu remets avec le pantalon coordonné, avec la veste. Ça fait tout de suite un peu plus corporel. Mais même comme ça, même le corporel, si la chemise, tu la mets dedans ou tu la mets dehors, c'est différent. Si tu la mets avec une paire de baskets et des chaussettes colorées, c'est pas pareil que si tu la mets avec tes petites chaussures. classique en cuir, tu vois ? Mais vraiment dans des détails. Donc, vraiment, pour 300 balles, en fripe, tu peux acquérir les pièces qui te manquent et commencer à jouer avec ça. Et ça te permet aussi de découvrir ce que t'aimes, ce que t'aimes moins, et l'impact que ça a vers l'extérieur. Donc, tu vois, il y a aussi un travail après d'observation. Comment est-ce que je suis perçue quand je m'habille plutôt comme ci, plutôt comme ça ? Comment est-ce que je me sens quand je suis habillée plutôt comme ça ? Est-ce que mon langage, mon vocabulaire change ? Est-ce que ma posture, je suis plus dans la séduction ? Est-ce que je suis plus dans le retrait ? Est-ce que je suis plus dans... Combative ? Oui, voilà, tu vois ? Et donc, c'est s'observer soi-même.
- Samia Bouhjar
Est-ce qu'il y a un détail qui, même sur des belles pièces, ruine tout ?
- Julie Denis
La qualité.
- Samia Bouhjar
Ok.
- Julie Denis
Le détail, vraiment le détail. Vraiment, vraiment le détail. C'est pour ça que je te disais, par exemple, un truc à faire quand tu as la première étape de tri de garde-robe, c'est de regarder dans quel état sont tes vêtements. Tu peux porter le même pantalon tous les jours. Si c'est un pantalon qui est bien coupé, dans une belle matière, c'est un drap de laine, par exemple, qui se tient et tout, ce n'est pas pareil que si tu vas acheter un pantalon polyester, tu vas le porter trois fois, il va être tout chiffonné, tout plié au bout de trois jours. Ça donne un côté négligé. Moi, c'est ce qui me saute aux yeux, souvent. C'est le côté négligé. C'est dans les détails, en fait.
- Samia Bouhjar
Oui, ça va être une belle paire de chaussures, mais pas nettoyées, comme tu disais. Oui, c'est ça.
- Julie Denis
Tu vois, ou une paire de chaussettes, mais tu te dis, mais ta chaussette, tu la lavais avec quoi ? Dans de la boue ? Je ne sais pas. Ou des cols, par exemple. C'est faire attention au col, s'il se tient, s'il est propre aussi. Il y a aussi une question d'hygiène. On n'ose pas en parler souvent. Dans mon métier, j'y suis confrontée quand même assez régulièrement. Et l'hygiène, elle en fait partie. Elle fait aussi partie de cette confiance que tu peux t'attribuer. Tu vas te dire, OK, mes fringues sont clean. Je suis clean, tout est OK.
- Samia Bouhjar
On arrive déjà à la fin de l'épisode.
- Julie Denis
Déjà ?
- Samia Bouhjar
Déjà. J'ai l'impression que ça fait cinq minutes qu'on parle. Si on devait résumer tout ça en une phrase, le style, c'est ?
- Julie Denis
Le style, c'est la manière... dont on se perçoit soi-même et dont on choisit de se montrer au monde. Moi, personnellement, il y a des moments où j'ai un style différent chaque jour, et des moments où je suis dans un tunnel et où je suis monomaniaque pour plein de raisons différentes.
- Samia Bouhjar
On ne peut pas ne pas communiquer. Ça vaut pour tout, ça vaut pour les vêtements, ça vaut pour tout. On ne peut pas ne pas communiquer. Mais est-ce que c'est OK, finalement, de certains jours, ne pas faire attention à nos vêtements.
- Julie Denis
Parce qu'à ce moment-là, tu dis que ce jour-là, en fait, t'en as rien à foutre de ce que les gens, le regard de l'autre, le monde extérieur, t'as rien envie de dire, en fait. Tu dis quand même. Mais tu dis que t'as pas envie. Donc, même un non-choix est un choix. À partir du moment où t'en as conscience,
- Samia Bouhjar
si c'est ok pour toi de faire ce choix-là.
- Julie Denis
Tu vois, ça m'est déjà arrivé, moi, d'arriver dans des endroits où, justement, j'étais dans mon tunnel. Tu fais quoi ? C'est quoi ton métier ? Je suis styliste. Je sais, aujourd'hui, ça ne se voit pas. Parce qu'on s'attend, justement, qu'il y ait un style. Il n'y en a pas tout le temps, en fait. Parfois, pareil, je n'ai juste pas envie. Je n'ai rien à dire. Je n'ai pas spécialement envie d'entrer en contact. Je n'ai pas envie d'être vue. Je n'ai pas envie...
- Samia Bouhjar
Oui, c'est ça. Parfois, je n'ai pas envie et du coup, je fais ce choix-là. Et ce que j'entends par là, c'est que le style, les vêtements, comme tu dis, c'est un outil de communication, c'est un moyen, c'est une chose en plus, une corde à son arc en plus pour entrer en communication avec les autres, pour renvoyer l'image qu'on a envie de renvoyer. Quand c'est important, quand c'est important pour soi, il y a des moments où ce n'est pas important et c'est OK aussi. Oui,
- Julie Denis
c'est ça. Parce que tu en as conscience, alors ça marche. Tu vois, on est OK.
- Samia Bouhjar
J'aurais encore mille et une questions, Samia. Où est-ce qu'on peut te retrouver ? Et pour celles qui nous écouteraient, qui auraient...
- Julie Denis
Alors, on peut me retrouver sur Instagram, Samia Boujard, très très simple. Ça reste encore le meilleur moyen de me contacter.
- Samia Bouhjar
Ok.
- Julie Denis
Donc, justement, pour ces services d'accompagnement, de détermination d'image de soi, travail sur l'image de soi, tri de garde-robe. et shopping accompagné si nécessaire. C'est des services que j'offre aux artistes, aux personnalités publiques et aux entrepreneurs qui ont des choses à dire.
- Samia Bouhjar
Génial.
- Julie Denis
Voilà.
- Samia Bouhjar
Je mettrai de toute façon tout dans la description de l'épisode. Merci beaucoup pour aujourd'hui.
- Julie Denis
Tu t'en prie. Un grand plaisir de faire encore un épisode avec toi.
- Samia Bouhjar
Et à bientôt.
- Julie Denis
Merci. Salut Julie.
- Samia Bouhjar
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il t'a parlé, touché ou fait réfléchir, tu peux m'aider à faire vivre ce podcast par une note, un commentaire, un partage à quelqu'un à qui ça pourrait être utile. Et abonne-toi si tu veux continuer ces conversations ensemble. Prends bien soin de toi et à bientôt. Toi aussi, tu utiliserais bien un petit coup de pouce pour ton bien-être mental ? Je te conseille la plateforme Feeling Great by Partena Professional avec qui je collabore pour cet épisode. Tu y trouveras gratuitement toute une série de ressources, des articles de blog, un baromètre bien-être, des webinaires et des ateliers. Ça fait deux ans que je travaille avec eux et je peux vraiment te les recommander. Toutes les infos et le lien vers la plateforme sont dans les notes de l'épisode ou rendez-vous directement sur feelinggreat.be.