- Julie Denis
Je suis Julie Denis et tu écoutes la psy des entrepreneuses. La solidité mentale, c'est l'un des leviers les plus sous-estimés quand on entreprend. Ici, on parle moins de ce qu'on fait et plus de qui on est. Les doutes, l'incertitude, la pression, la fatigue, les moments de bascule, c'est de ça qu'on parle. Et surtout, qui on décide de devenir pour les traverser. Bonne écoute. Cet épisode est proposé en collaboration avec Feeling Great by Parthena Professional. Feeling Great, c'est LA plateforme incontournable sur la santé mentale et le bien-être mental des indépendants. On y retrouve articles de blog, baromètres bien-être, webinaires et ateliers, tout ça proposé gratuitement par Feeling Great pour vous aider et vous soutenir au niveau de votre bien-être mental. Parce qu'on le sait, entreprendre, c'est cardio. Je ne peux que vous conseiller la plateforme, puisque ça fait deux ans que je collabore avec Partena Professional pour mettre en place ce projet. Le lien vers la plateforme est dans les notes de l'épisode ou rendez-vous directement sur feelinggreat.be. Bienvenue dans la psy des entrepreneuses. Aujourd'hui, j'accueille Emna Chaouch. Alors Emna, on devait parler, en tout cas c'était mon idée initiale, on devait parler de public speaking. et puis en préparant cet épisode on a Je me suis rendue compte que c'était en fait juste la surface de ce que tu fais aujourd'hui. Toi, tu accompagnes des dirigeants, des entrepreneurs, des cadres, des figures publiques, parfois politiques, à reprendre les rênes de leur trajectoire en travaillant ce que tu appelles l'autorité personnelle. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots et surtout nous expliquer ce que tu fais concrètement aujourd'hui ?
- Emna Chaouche
Oui, merci beaucoup Julie et avant tout, merci de m'accueillir sur ce podcast. Alors effectivement, je suis conseillère de dirigeants. des dirigeants, c'est quoi ? quoi ? Avant tout, ça peut être n'importe qui. Donc ça peut être des entrepreneurs, tu l'as mentionné, des figures publiques, politiques, mais ça peut être aussi monsieur, madame, tout le monde qui souhaite reprendre effectivement les rênes de sa vie. Plus particulièrement en autorité personnelle. Qu'est-ce que c'est l'autorité personnelle ? C'est d'abord l'autorité qu'on a par rapport à soi-même, donc l'autorité intérieure. Et de bien comprendre, mais en fait, est-ce que j'ai vraiment le pouvoir et le contrôle sur ma vie ? Est-ce que je sais qui je suis ? Est-ce que je sais ce que je fais ? Et est-ce que je sais vers où je vais. Et puis, est-ce que je suis capable de l'exprimer en conséquence pour produire et générer les résultats attendus ? Donc, concrètement, c'est accompagner les gens à travers ces trois piliers, dont un que tu as mentionné, qui est la prise de parole en public. Mais ça, c'est un des trois et c'est la surface et je dirais la dernière couche qui est par rapport à l'expression. Mais avant ça, quand les gens, par exemple, viennent vers moi en disant « est-ce que tu peux m'aider pour un pitch, un entrepreneur, par exemple ? » Oui, d'accord, mais si le pitch n'est pas aligné parce qu'en fait la personne n'a pas bien capté ou compris qui elle est vraiment. dans son plus profond, et puis comment est-ce qu'elle modélise son activité en un modèle économique, c'est bien de faire un pitch et d'avoir une bonne capacité à s'exprimer, mais il y a quelque chose qui manque en sous-couche. Donc voilà, moi, c'est ce que je fais au quotidien.
- Julie Denis
Tu parles de trois étapes. Tu peux me dire un peu plus en détail quelles sont ces trois étapes ?
- Emna Chaouche
Oui. Alors, la première étape, c'est vraiment l'alignement personnel. L'alignement personnel, c'est d'être capable, on dit toujours, c'est Socrate qui dit, connais-toi toi-même. Et c'est vrai, c'est vraiment une règle universelle, intemporelle de savoir... Qui suis-je ? Vraiment, mais au plus profond de moi et pas juste au niveau de la couche de la personnalité, qui est une couche finalement relativement humaine, bien que ce soit déjà très très bien de savoir ça, c'est ce qu'on qualifie de développement personnel, mais on l'entend bien en fait, c'est personnel, c'est dans la personnalité humaine. Moi, ce à quoi je vais m'intéresser, c'est vraiment l'essence profonde de la personne, donc même jusqu'à descendre dans l'âme de la personne, et il y a des outils qui existent. pour pouvoir aller au contact de ce genre de choses, de ce genre de contacts et de connaissances de soi-même profondes. Donc ça, c'est vraiment la première étape. Alors j'ai une facilité un petit peu à capter ça. Donc tout le monde n'a pas forcément cette capacité. On a chacun, chacune des dons. Et moi, un de mes dons, c'est que j'arrive à capter relativement rapidement. Tiens, mais cette personne-là, en fait, elle est vraiment faite pour ça. Et puis évidemment, c'est à elle de confirmer ou d'infirmer. Mais ça, c'est la première étape. Deuxième étape, une fois qu'on a compris quelle est l'essence profonde de la personne, C'est comment est-ce que je peux modéliser ces capacités et ces compétences en un modèle économique qui tourne, qui va être rémunérateur, que ce soit en tant que salarié pour une carrière professionnelle ou que ce soit en un business pour un ou une entrepreneuse. Donc, c'est important. Pourquoi ? Parce qu'il y a beaucoup de gens qui se retrouvent dans des métiers passion. Et en fait, ce n'est pas vraiment un métier parce que ce n'est pas rémunérateur ou pas assez. Et donc, on se dit oui, mais en fait, ce n'était pas le bon chemin pour moi. Si, si, c'est juste qu'il manquait peut-être la compétence. rendre ça en un modèle économique rentable. Oui, et je fais un petit focus là-dessus parce qu'on va moins...
- Julie Denis
faire aujourd'hui, mais j'imagine que du coup, c'est aussi lié à l'ère ou l'ère du temps, ce qui se joue dans la société et ce qui est modélisable et monétisable finalement aujourd'hui. Ce ne sera peut-être pas le cas dans dix ans, ce n'était peut-être pas le cas il y a dix ans, mais c'est aussi fort lié aux besoins de la société aujourd'hui.
- Emna Chaouche
Alors oui, et c'est vrai qu'on en reparlera, il y a certains modèles qui explorent ça aussi. Toutefois, j'ai quand même envie de dire, tiens... Si on se connecte vraiment au niveau de l'âme des gens, finalement, notre âme, elle est immuable. Dans le temps, notre essence profonde, elle reste la même si on croit à la réincarnation ou pas. En fait, on revient dans des formes différentes, mais on est la même personne, on est la même âme. Donc oui, ça va peut-être se modéliser économiquement avec des activités un peu différentes, mais peut-être pas fondamentalement. Donc si on a une âme d'artisan, par exemple, peut-être que si c'était au XVIIe siècle, on va se retrouver à faire plutôt... ceci ou cela, j'invente de la cordonnerie. Et puis, en 2020, on ne va peut-être pas faire de la cordonnerie, mais on va faire de la fast fashion. J'en sais rien, j'invente, mais ça, ça peut être quelque chose. Donc, il y a quand même, oui, il faut s'adapter à la réalité de la société aujourd'hui. Et en même temps, il y a quelque chose qui reste toujours plus ou moins la même chose. L'art, l'artiste restera l'artiste, le stratège restera le stratège, le philosophe restera le philosophe, etc.
- Julie Denis
C'est ça. Donc ça, c'est la deuxième étape ?
- Emna Chaouche
Exactement. Et donc la troisième étape, une fois qu'on a compris qui je suis dans mon essence la plus profonde, comment est-ce que je peux modéliser mes dons, mes capacités, mes compétences en un modèle économique rentable ? La troisième étape, c'est d'aller l'exprimer et d'être visible par rapport au monde avec tout ça. Puisque de nouveau, si on s'arrête à la deuxième étape en se disant « Oui, j'ai trouvé qui je suis et j'ai réussi à en faire un modèle économique, mais personne n'est au courant » , ça ne sert un petit peu à rien et donc de nouveau, on ne remplit pas l'objectif. Donc c'est ce qu'aujourd'hui on peut qualifier de marketing ou de vente ou de communication. Ça peut se traduire à travers ces différents canaux, mais c'est cette capacité à vendre, se vendre, se marketer, faire voir, rendre visible ces capacités, ces dons qu'on a pour pouvoir les commercialiser.
- Julie Denis
Alors si on fait un focus d'abord sur la première partie, la connaissance de soi, j'adore, c'est un des piliers, une des choses que j'aime beaucoup aborder et que je pense essentielle aussi à aborder en accompagnement. Qu'est-ce qui empêche réellement aujourd'hui, une entrepreneuse, un entrepreneur, d'entendre sa propre voix intérieure, de se connecter à ça ?
- Emna Chaouche
C'est quelque chose qui est extrêmement répandu. Je pense que la majorité d'entre nous ne sommes pas connectés à notre voix intérieure et on est beaucoup plus préoccupés par les voix extérieures de la société, des parents, du conditionnement, de l'école, du pays où l'on vit. Il y a tellement de conditionnements externes qui nous disent qui est-ce qu'on est censé être. plutôt que d'aller au contact de cette voix intérieure qui, elle, elle sait déjà. Et donc, une des manières de se reconnecter à ça, moi j'aime bien dire, alors il y a des outils qui existent, mais si on va vraiment au plus simple, moi j'aime bien dire aux gens, mais tiens, reviens à ton enfance, quand tu avais 2, 3, 4 ans, probablement que nous on ne s'en souvient pas, ou alors peut-être qu'on se souvient de certaines petites choses quand même, 5, 6, 7 ans, je pense que c'est à partir de 7 ans qu'on commence à commencé à être conditionnés, ou alors demander à ses parents, qui eux peut-être s'en souviennent, de dire « mais tiens, qu'est-ce que je faisais naturellement en tant qu'enfant qui me passionnait, qui me mettait en joie ? » Et ça peut être n'importe quoi. Pour moi, par exemple, ma maman me disait « mais t'avais déjà un micro en main avant de savoir parler » , ou alors « il fallait que quand on parte en vacances, que tu te foutes sur la scène, première ligne, et que tu commences à danser, à chanter, à être sur scène » . Donc c'était vraiment des choses qui étaient déjà là. Mais ça peut être n'importe quoi. Ça peut être, ah, mais toi, quand t'étais petit, t'allais tout le temps farfouiller dans l'herbe et dans la terre pour regarder les fourmis. Ou bien, ah, toi, il fallait que toutes les deux semaines, tu changes la disposition de ta chambre. Et donc, il y a des choses, il y a des éléments qui sont déjà là parce que lorsqu'on est enfant, on n'a pas encore le conditionnement de la société. Et donc, c'est intéressant d'aller voir là-dedans qu'est-ce qui se jouait à ce moment-là. Après, il y a d'autres outils qui existent aussi par rapport à ça, notamment l'ikigai, que certains connaissent peut-être. Donc, ikigai, qui est un concept japonais qui signifie la raison d'être, autrement dit aussi la raison de se lever le matin, et qui consiste en quatre sphères. Quatre sphères qui combinent de un, ce que j'aime faire, de deux, ce en quoi je suis bon ou bonne, donc les compétences, troisièmement, qu'est-ce qui est utile au monde, et quatrièmement, pourquoi est-ce que je peux me faire rémunérer. Et donc c'est intéressant de bien séparer ce que j'aime et ce en quoi je suis bonne.
- Julie Denis
Oui.
- Emna Chaouche
Parce que ce n'est pas forcément la même chose. Et donc, moi, j'ai plein de clients qui disent « Oui, mais je ne peux pas quitter mon job parce qu'en soi, ça se passe bien. » Je dis « Oui, mais ce n'est pas parce que ça se passe bien que tu aimes et que tu as envie de faire ça au jour le jour. Si tu es bon en Excel et en comptabilité, ce n'est pas forcément que c'est ta passion. » Donc, c'est d'abord de trouver la conjonction entre ce que j'aime et ce en quoi je suis bon ou bonne. Et ce n'est pas aussi... Parce qu'on aime quelque chose. Par exemple, j'aime chanter. Ce n'est pas forcément pour ça qu'on est bon là-dedans. Donc, c'est vraiment trouver la conjonction entre les deux. Et puis, que ça serve au monde. Parce qu'on n'est pas là pour juste se servir soi-même. Ça, c'est une fausse réalité. Si on croit qu'on est là pour prendre, c'est faux. On a tous reçu des dons. Et un don, c'est donné. Donc, c'est fait pour être donné et rendu aussi. Donc, faire quelque chose qui contribue à la société. Et puis, évidemment, quelque chose pour lequel on peut être rémunéré. Sinon, de nouveau, on ne survit pas dans la société dans laquelle on est.
- Julie Denis
L'Ikigai, c'est un outil que toi, tu utilises ?
- Emna Chaouche
Oui, occasionnellement, avec des clients, oui.
- Julie Denis
Finalement, les deux derniers cercles que tu énumères là, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi je peux être rémunéré, ça rejoint un petit peu ta deuxième étape. Comment rendre ça économiquement viable aujourd'hui ?
- Emna Chaouche
Absolument.
- Julie Denis
Comment est-ce qu'une entrepreneuse se coupe elle-même de sa propre voie ? Parce qu'on a plein de mécanismes. D'autosabotage, effectivement, il y a tous les conditionnements et les voies extérieures, mais parfois, ce n'est même pas des voies extérieures. On se sabote soi-même. Qu'est-ce que toi, tu as déjà pu observer chez tes clients ?
- Emna Chaouche
Oui, alors, soit ça vient de l'extérieur, vraiment, et je dirais que c'est éventuellement, avec des gros guillemets, un peu plus facile à désactiver, mais vraiment avec des gros guillemets parce que ce n'est pas facile non plus, de se détacher de la loyauté familiale, société, etc. Mais parfois, il y a des choses qui sont beaucoup plus internes et internalisées. Et je parle ici de trauma. Alors des traumas, ce n'est pas forcément des choses qui sont au sens traumatique, catastrophique. J'ai eu un gros accident ou un gros choc. Un trauma, ça peut être quelque chose de petit, mais qui a été internalisé et qui a créé une forme de comportement qui est devenu automatique, dont on ne se rend plus compte. Et donc, il y a plein de mécanismes de protection qui existent. Toi, tu les connais très bien. Il y a le fameux fight, flight or freeze. Dès que je me sens un petit peu trop vue, par exemple, je vais me dire c'est dangereux parce que je pourrais être jugée. Ou alors dès que je me sens un petit peu trop intime avec quelqu'un ou ça peut être un peu dangereux aussi, on va me voir pour qui je suis vraiment. Il y a plein de mécanismes qui existent. Et donc là, il s'agit de vraiment rentrer en contact avec... Je crois que le trauma, c'est quand même un petit peu plus de l'ordre de l'âme et de comprendre qu'est-ce qui s'est imprimé et imprégné en moi. Et là... C'est intéressant d'aller regarder aussi différents types de thérapies, puisqu'il y a vraiment les thérapies cognitives, comportementales, qui sont plus au niveau du mental, je dirais, et vraiment de la psychologie. Et puis, il y a les thérapies qui sont un petit peu plus profondes, parfois alternatives, qui vont vraiment aller chercher plus profond. Et ça peut prendre beaucoup plus de temps aussi.
- Julie Denis
C'est ça. Est-ce que ça veut dire que les personnes qui ont comme ça des bagages, des traumas... Moi, j'aime bien quand ce sont, comme tu le dis... Pas des gros traumas comme on l'entend quand on entend trauma. J'aime bien les appeler blessures. C'est des blessures du passé qui ont encore un impact aujourd'hui, qui vont encore jouer aujourd'hui. Est-ce que ça veut dire que les personnes qui ont ces blessures-là, qui ont ces petits traumas, entre guillemets, là, est-ce qu'elles ont plus de mal, elles vont mettre plus de temps à découvrir leur... Est-ce que ça forme une espèce de couche opaque au-dessus, comme ça, c'est l'image qui me vient ?
- Emna Chaouche
Je ne dirais pas forcément. parce que parfois, on est capable d'avancer et de quand même trouver sa voie, V-O-I-E, malgré tout ça. Mais c'est intéressant de faire le travail. Pourquoi ? Simplement pour se sentir plus libre, pour être plus libérée dans sa pratique. Parce qu'on peut déjà être relativement alignée et faire ce qu'on fait et ce pour quoi l'on est fait. Et c'est très bien. Néanmoins, on n'est quand même pas libre, en tout cas intérieurement. Et donc, il y a ce sentiment de... Je ne peux jamais vraiment aller au bout des choses, ou je ne peux jamais vraiment dire les choses jusqu'au bout, ou vraiment sentir que je suis en train de m'ouvrir et de m'exploiter complètement. On sent qu'il y a encore un petit peu une retenue. Donc ça n'empêche pas. Mais c'est intéressant, si on le souhaite, de quand même faire ce travail. D'ailleurs, quand tu parles de blessures, il y a Lise Bourbeau qui est très connue avec son essai livre sur les cinq blessures. Rejet, humiliation, abandon, trahison et humiliation. Je pense que c'est les cinq. C'est intéressant de creuser un petit peu et de se dire, tiens, est-ce qu'il y a quelque chose qui me retient pour aller plus loin ? Si ça me bloque complètement, là, c'est un vrai problème, mais c'est intéressant quand même de le faire. Parfois, tout va bien, mais ça peut être intéressant d'aller plus loin si on a envie.
- Julie Denis
Oui, si on a envie. Quand un entrepreneur est déconnecté de lui-même, qu'est-ce que ça produit concrètement dans son business, dans ses choix, dans son énergie ? Quel est l'impact de ça ?
- Emna Chaouche
Alors l'impact, il est en général... assez visibles. Je vais vraiment prendre des exemples et je réfléchis ici à des clients très concrets et clientes, en l'occurrence aussi. J'ai pas mal de gens qui viennent chez moi alors qu'ils sont en emploi, donc salariés dans une entreprise, en général une bonne situation, et qui disent « je sens qu'il y a quelque chose, mais je ne sens pas exactement quoi » . Et en général, ils viennent vers moi en disant « je veux rester dans mon job, mais je veux juste m'améliorer un petit peu dans telle et telle chose » . Et donc, on discute assez rapidement parce qu'on ne peut pas s'empêcher de faire le travail, de dire... Moi, j'ai besoin de connaître la personne avant de commencer à entamer un travail. Et donc, en connaissant la personne, il y a des choses qui se révèlent. Il y a des choses qui se révèlent à elle-même aussi. Il y a des idées qui viennent. Moi, je me permets de partager certaines idées, mais la personne en fait ce qu'elle veut. Et donc, on se rend compte que, ah, oups, en fait, oui, c'est intéressant. En fait, j'ai toujours voulu faire ça, mais je n'ai pas osé. Et donc, qu'est-ce qu'on constate ? C'est que le sentiment d'enfermement et de non-satisfaction grandit de plus en plus dans le job actuel dans lequel elles sont. Et donc elles se rendent compte, de par cette déconnexion, qu'il y a un mode automatique qui est en place. Et donc je vais, je me lève, je vais au travail, je fais ce que je dois faire. Mais est-ce que je vis vraiment ? Est-ce que je suis en pleine vitalité ? Est-ce que je me sens « waouh, je suis vivante » ? Ce sentiment, on se rend compte qu'il n'existe pas ou pas complètement parce qu'on est rentré dans un mode automatique. Et parfois, quand on est assez loin dans le processus, ça se traduit très simplement par des symptômes physiques, fatigue, brouillard. Ce que parfois on qualifie de « burn-out » , mais ce n'est pas un burn-out. Un burn-out, c'est une charge de travail beaucoup trop élevée par rapport à ce qui est supportable pour un corps humain. Mais ce n'est pas forcément qu'on est désaligné. On peut adorer ce qu'on fait et être dans un burn-out parce qu'il y a trop. Moi, je fais une grosse différence entre le burn-out et le désalignement parce que les clientes qui viennent chez moi parfois me disent « Mais ça va en fait, j'aime bien ce que je fais, on me traite très bien, je ne sais pas que j'ai trop de charges de travail, c'est juste que je me sens complètement vide, vidé, inintéressé, inintéressant. Je ne comprends pas ce que je fous là en fait. » Et donc c'est un désalignement. Le désalignement, il se traduit à travers... un brouillard le matin, une fatigue inexpliquée. Et je ne comprends pas. Pourtant, je fais mon yoga tous les matins. Pourtant, je mets en place ceci, cela. Je fais mes méditations. Je fais des affirmations. Je fais ceci, tatata. Oui, mais ça, c'est un pansement sur la réelle cause. La cause, c'est le désalignement. En fait, tu dois faire autre chose.
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Et quand il y a ce désalignement, l'action qui ne suit pas ce que je fais, qui ne suit pas qui je suis, ça nous demande tellement d'énergie. Là où, quand c'est plus aligné, J'aime pas utiliser ce terme parce qu'il a été tellement utilisé. Mais finalement, ça reste quand même le mot le plus juste. Quand il y a cet alignement, ça vient naturellement. L'énergie est là, on le fait. Et ça ne nous demande pas grand-chose comme énergie, justement.
- Emna Chaouche
Oui, en fait, ça circule vraiment. C'est ça, la vitalité, le pouvoir de vie, le feu sacré, peu importe comment on veut l'appeler. C'est que ça circule et ça ne demande pas d'effort. Et on peut en dire ce qu'on veut. Alors, il y a des pratiques aussi qui existent dans la connaissance de soi liées au design humain, pour ceux qui ne connaissent pas. Donc, c'est cinq profils qui existent. Il y a plein d'outils qui existent, un Enneagram, etc. Plein d'outils qui existent. Mais le design humain va se baser notamment sur, entre autres, des notions proches à l'astrologie. Et en fait, ça, ça va être plus de l'ordre de l'âme que de la personnalité. Et donc, le design humain, lui, va dire, tiens, il y a des personnes qui sont ce qu'on appelle, par exemple, générateurs. Moi, je suis générateur. des gens qui ont beaucoup... D'énergie, c'est un générateur comme un moteur. Il y a beaucoup d'énergie naturellement. Et puis, il y a d'autres gens qui ont beaucoup moins d'énergie. Exemple de profil, ce qu'on appelle les projecteurs. Il ne faut pas leur demander de travailler plus de deux ou trois heures à la suite. Alors, ok. Néanmoins, et je le vois avec mes clientes que j'accompagne aussi, quand tu es aligné et que ça circule... En fait, ces clientes-là se disent « En fait, je peux travailler 12 heures d'affilée, ça ne me dérange pas, c'est OK. » Alors que je pensais que je n'étais pas faite pour travailler beaucoup. Non, non. Quand on est aligné, il y a une énergie vitale qui circule et on peut travailler parce que ce n'est pas du travail.
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Dans les entrepreneurs, ce que moi, je rencontre, il y en a beaucoup qui aiment beaucoup de choses. Je pense que c'est un peu typique aux personnes qui choisissent l'entrepreneuriat comme voie. d'aimer beaucoup de choses. Je pense qu'il faut aimer beaucoup de choses parce qu'on doit faire beaucoup de choses quand on est entrepreneur, surtout solopreneur. Mais du coup, ce sont aussi des personnes qui se perdent parfois là-dedans et qui n'arrivent pas à trouver, en préparant l'épisode, on parlait de fil rouge ou de cette fragmentation où il y a vraiment l'impression de partir un peu dans tous les sens. Et à ce moment-là, effectivement, c'est compliqué pour l'étape suivante de communiquer clairement. comment est-ce que tu gères ça avec tes clients,
- Emna Chaouche
tes clientes quand tu remarques ça alors je suis ma première cliente donc j'ai traversé ce processus aussi il y a quelques années on parlait de slasheur slasheuse, multipotentiel, beaucoup aujourd'hui on l'entend déjà moins d'ailleurs je me demande pourquoi mais effectivement quand on est entrepreneuse il y a une forte possibilité soit d'avoir un créneau ou alors d'avoir plusieurs choses parce qu'on a envie de faire plusieurs choses et que ce n'est pas toujours possible lorsqu'on est employé. Le potentiel problème, et je dis potentiel parce que ce n'est pas forcément un problème, mais pour moi ça l'a été, c'est de se retrouver dans des situations où quand les gens nous disent « tiens, qu'est-ce que tu fais ? » je dis « ah ben je fais ça et je fais ça et je fais ça et je fais ça » . Et donc on se retrouve à faire une liste, à énumérer un nombre de choses qu'on fait, ce qui peut être problématique parce que les gens ne comprennent plus. Alors, oui mais je viens plutôt pour ça ou plutôt pour ça et on se retrouve dans un état qui est un petit peu dispersé. potentiellement fragmentés et c'est difficile de communiquer parce que quand on se retrouve à faire un pitch ou un site web ou peu importe et qu'on se dit je dis quoi en fait, que je fais ça, c'est parfois pas optimal donc moi ce à quoi j'accompagne c'est de dire ok on va reprendre un petit peu toute ta multipotentialité toutes les choses que tu aimes et que tu sais faire et essayer de trouver ce fil rouge parce qu'en général même s'il y a des activités différentes il y a toujours un peu quelque chose qui les rassemble. Et c'est le travail que j'ai fait. C'est pour ça qu'aujourd'hui, je dis, OK, voilà, ce que je fais, ça tourne autour de l'autorité personnelle. Et dans l'autorité personnelle, c'est avoir cette autorité intérieure face à soi-même et donc être capable de savoir qui je suis, le modèle économique que j'en fais et comment je communique. Donc, ça a été un travail que j'ai vraiment fait pour moi et que je souhaite aider les autres à faire aussi pour trouver cette clarté, en fait. Parce que quand on trouve cette clarté intérieure, c'est beaucoup plus facile de véhiculer une clarté à l'extérieur. et donc d'amener et d'attirer à soi les opportunités.
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Moi, je parle parfois de, j'aime bien les métaphores, mais de couche d'oignon. Et finalement, ce qu'on fait et la multitude d'actions, de services ou autres qu'on peut proposer, comme tu dis, le fil rouge, c'est la couche d'en dessous ou deux couches en dessous de réellement qui je suis et comment ça se traduit. Et comment ça se traduit, ça peut se traduire par plein de choses différentes. Mais aller trouver cette essence-là de qui je suis, finalement. On y revient, mais ce fil rouge, quoi. Quand on doit prendre une décision importante dans son business, comment faire la différence entre intuition juste, l'intuition selon qui je suis, et peur ?
- Emna Chaouche
Il y a deux émotions qui nous dirigent dans la vie. Il y a l'amour et la peur. Si on regarde, on en revient toujours à ces choses-là. Et donc, quand je suis en train de me positionner par rapport à quelque chose ou de prendre une décision, c'est toujours de se poser la question « Je suis dans quoi, là ? » Est-ce que je suis dans l'amour, autrement dit aussi la foi, la confiance, l'espérance, en la vie, en l'autre, en moi ? Ou est-ce que je suis dans la peur ? C'est déjà de juste se poser cette question-là. Et puis ensuite, je dirais, c'est de prendre le temps. Alors, ça dépend. À nouveau, pour ceux qui s'intéressent à tout ce qui est design humain, il existe vraiment des analyses très poussées sur le fonctionnement et le mécanisme de chaque personne. Et là, c'est vraiment, c'est pas juste un profil, il y a une multitude de dizaines, voire des centaines de profils, parce qu'au sein de chaque profil, il y a peut-être 36 autres caractéristiques spécifiques. Moi, je sais que je suis dirigée par ce qu'on appelle une autorité émotionnelle. Et je sais que j'ai besoin, chose que je ne faisais pas forcément avant, je sais que j'ai besoin de temps pour laisser maturer et prendre une décision. Avant, j'étais très enthousiaste et donc dès qu'on me proposait une idée, je disais oui, génial, oui, let's go. Et en fait, maintenant que j'ai compris comment je fonctionnais réellement et pour le meilleur, je prends le temps, donc deux, trois jours, peu importe, pour vraiment sentir, OK, une fois que l'excitation et l'enthousiasme initial est retombé, OK, rationnellement, en fait, j'en pense quoi ? Et puis, je peux donner une réponse qui mêle à la fois l'émotionnel et le ressenti, et donc peut-être l'intuition, et le rationnel. Autre chose, la différence entre l'intuition et la peur, c'est que l'intuition, elle se situe dans quelque chose qui est plus calme, et profond, et durable. Lorsqu'on a une intuition à propos de quelque chose, c'est calme. On se dit non, mais je sens que c'est ça. Et ça reste au long du temps. Alors que la peur, elle, va être plutôt tremblante, plutôt localisée, plutôt... De temps en temps, ça vient, de temps en temps, ça part. C'est fort localisé au niveau des guts, du ressenti, des tripes. Mais ça va aller et venir. Et donc ça, ça va être un petit peu plus caractéristique de l'anxiété, et donc lié à la peur. Alors que l'intuition, elle peut potentiellement être au niveau des tripes aussi, mais je pense qu'elle va quand même monter un petit peu plus au niveau du cœur. réel. Elle va juste être là, en fait, un peu partout et calme, et présente tout le temps.
- Julie Denis
C'est ça. Le ressenti dans le corps, tu parlais de ce que ça parle de l'amour ou de la peur. C'est les termes un peu généraux. Ça va parler à certaines personnes, peut-être moins à d'autres. Si je dois utiliser d'autres termes, moi, ce que j'utilise parfois, c'est l'amour. Ça va être juste, est-ce que c'est une envie ? Est-ce que c'est un élan vers quelque chose ? Ou est-ce que c'est un élan, je pars de quelque chose, je fuis quelque chose ? Ou là, ça va plutôt être la peur. Instinctivement, quand on a peur, on s'éloigne de ça. J'ai peur de l'araignée, je ne vais pas aller regarder si elle a bien huit pattes, si elle est fort poilue ou un petit peu. Je m'en éloigne instinctivement. Et donc, même déjà ça, est-ce que c'est une décision parce que je veux m'éloigner de quelque chose ou est-ce que c'est une décision parce que j'ai envie d'aller vers quelque chose ? Ça revient à la même chose, mais c'est une autre image.
- Emna Chaouche
Oui, et d'ailleurs, même ça me fait penser à des cas clientes où elles doivent prendre cette décision au final de quitter leur emploi parce qu'elles ont compris qui elles étaient, elles veulent lancer un business autour de ça, etc. La démission, c'est un moment important pour elles. Et donc, tu sens, souvent, je les aide à shifter parce que c'est un moment qui leur fait peur. Peur de décevoir leur boss, leurs collègues, leurs familles, leurs parents, leurs amis, leurs conjoints. Peur de décevoir. T'avais une bonne situation. Pourquoi est-ce que tu quittes ça, etc. Et donc prendre cette décision de démission, par exemple, sur base de la peur versus l'amour, autrement dit la foi, la confiance, il y a une dynamique complètement différente. Et donc très concrètement, quand quelqu'un va vers une démission en disant écoute, voilà, je suis vraiment désolé, mais ça ne va pas. L'énergie est basse versus voilà, j'ai une décision à t'annoncer, j'ai décidé de quitter parce que j'ai un nouveau projet qui m'attend. même s'il n'est pas encore clair ou défini. Mais voilà, on sent qu'il y a une énergie haute, un peu plus haute.
- Julie Denis
Une entrepreneuse qui nous écouterait et qui se dit « Ok, je comprends l'importance de me connaître suffisamment. Et en fait, je ne me connais pas suffisamment. » Et soyons clairs, c'est la majorité de la population qui fonctionne un peu en mode automatique la plupart du temps. Et on a un peu formaté à fonctionner comme ça, à bien faire tourner la société. Quelle serait la première étape ? Elle pourrait se faire accompagner, évidemment, mais sans forcément se faire accompagner. Quelle est une première chose, un premier petit pas, une première chose qu'elle peut faire pour apprendre à mieux se connaître ?
- Emna Chaouche
Oui, effectivement, ça ne doit pas nécessairement passer par tout de suite un accompagnement, parce qu'un accompagnement, ça va être une volonté, un travail, un investissement potentiellement. Il faut le vouloir, il faut être prête. Et parfois, avant ça, il faut juste se laisser du vide. Moi, j'aime bien laisser du vide parce qu'effectivement, la société dans laquelle on est façonné nous demande d'être actif, présent, contribuant, productif tout le temps. Or, c'est dans le vide qu'on trouve le tout parfois et qu'on trouve la réponse. Et donc, c'est pour ça qu'on voit beaucoup de gens qui partent en voyage, qui font un sabbatique, qui prennent un congé à un moment. Sauf que moi, ce à quoi j'invite, c'est de ne pas rester dans la même situation et de prendre des vacances. Parce que ça, c'est se voiler la face et c'est de dire j'en peux plus. Bon, je vais prendre une vacance pour un peu me reconnecter à moi-même et aller mieux. Non, ça, c'est faux. C'est une fausse déconnexion. C'est pour revenir dans quelque chose qui est exactement similaire. La situation n'a pas fondamentalement changé. Donc,
- Julie Denis
Si ce n'est pas encore prêt pour un accompagnement ou autre, je dirais la première étape, c'est d'accepter le vide par lequel on va traverser. Puisque pour pouvoir recréer quelque chose, il va falloir déconstruire d'abord et donc quitter l'existant. Et peut-être qu'il y a une zone de transition en général, si c'est en tout cas intentionnel, il y a une vraie zone de transition. On ne se dit pas juste, hop, je quitte tel emploi et je vais commencer une telle nouvelle chose. Il y a un peu une période de latence entre les deux où il y a du vide. Et je parle pour moi aussi, même quand on sait, chaque fois qu'il y a une nouvelle étape dans mon évolution personnelle ou professionnelle, il y a ce vide parce que c'est « je vais lâcher ce truc-là pour aller plutôt vers ça » ou pour le faire évoluer. Et donc, ça veut dire que les gens, les clients avec lesquels j'avais coutume de travailler ou de faire des choses avant, ce n'est peut-être plus exactement ces gens-là ou ces initiatives-là qui me conviennent. Et donc, il faut que je passe vers autre chose. Et donc, il y a une période intermédiaire où on lâche l'ancien pour aller vers le nouveau. Et donc, c'est l'inquiétude, c'est l'anxiété. Est-ce que je vais réussir à passer de l'autre côté de la rive ? Et donc, c'est d'accepter qu'il va y avoir cette période de vide. La prévoir, peut-être aussi. Est-ce que je peux me permettre, même financièrement, économiquement, de prendre un moment de pause ? Bon, ça, il faut prévoir et calculer aussi.
- Emna Chaouche
Mais oui, le fait de le prévoir concrètement permet d'autant plus d'autoriser ce vide-là de manière sereine. Ok, alors quand on a appris à se connaître... il y a la partie évidemment économique c'est moins le sujet du podcast moins l'angle du podcast mais une fois qu'on se connait suffisamment qu'on a en tout cas dans les grandes lignes qu'on sait vers où on va économiquement au niveau de de son activité comment ça se traduit concrètement dans sa manière de s'exprimer le fait de se connaître comme ça ?
- Julie Denis
Alors la première chose, un des grands principes que je transmets toujours c'est que même si c'est à propos de nous il ne s'agit pas de nous Et donc, la communication, c'est quoi ? C'est deux personnes, deux entités qui vont communiquer entre elles. Donc, il y a un émetteur et un récepteur, comme une radio qui capte une fréquence émettrice-réceptrice. Souvent, on pense que, en particulier dans le business ou en tant qu'entrepreneuse, on se dit « mais je dois communiquer sur moi, je dois montrer, maintenant je sais qui je suis, je sais les produits ou les services que je propose, je vais en parler, je vais parler de moi » . En fait, c'est peut-être... pas forcément la meilleure manière de faire parce que c'est finalement quelque chose d'assez auto-centré et donc oui, bien sûr que c'est bien de le faire et qu'il faut le faire parce qu'il faut bien que les gens le sachent. Mais ce qui est intéressant, et moi j'aime bien tourner un petit peu le paradigme, c'est de dire, tiens, parle-moi plutôt, ou parle plutôt de l'autre plutôt que de parler de toi. Donc si tu dis par exemple, voilà, moi j'ai trouvé mon don, mon don c'est d'être... hyper bonne lectrice des gens et donc psychologue, et donc je vais proposer des services de psychologie, de séance en psychologie, ou psychiatrie, ou peu importe. Est-ce que je vais commencer à dire, voilà, moi j'ai fait des études de ça, de ça, de ça, moi j'ai compris plutôt versus, tiens, je vais te parler de toi. Tu es actuellement en train de sentir qu'il se passe ça et ça et ça chez toi, voici ce qui peut l'expliquer. Et donc, c'est de donner de la valeur. De nouveau, je reviens avec cette histoire de don. On a reçu un don, on l'a identifié, il est fait pour être donné. Et donc, pour le donner aux gens, c'est de leur dire, tiens, je te donne une lecture de ce qui peut être en train de t'arriver, de ce que tu peux être en train de vivre parce que je le comprends, je te comprends parce que c'est ce qui m'a été donné aussi. Et que cette personne se retrouve dans cette situation. Et puis, évidemment, d'inviter à dire, voilà, après, de dire, voilà, moi, je suis spécialisé là-dedans. Si tu veux, si tu as besoin, moi, je peux t'aider. Et d'inviter, alors, et là, on parle de soi, et d'inviter la personne à prendre une séance ou peu importe. Mais donc, c'est vraiment d'inverser le paradigme, de se dire, la com, le marketing, ce n'est pas forcément de toujours parler de soi ou en tout cas, peut-être pas en premier.
- Emna Chaouche
Oui.
- Julie Denis
Et plutôt de parler de l'autre et en quoi ça peut lui l'aider. Et en quoi il y a une belle collaboration qui peut se créer entre l'émetteur et le récepteur ?
- Emna Chaouche
Finalement, apprendre à se connaître, c'est apprendre à connaître ce qu'il y a à l'intérieur de soi. Mais l'étape suivante, ce n'est pas directement, « Ok, j'ai découvert ce qu'il y avait à l'intérieur, voilà, je communique là-dessus. » Mais c'est d'abord de faire une étape intermédiaire de, en quoi est-ce que ça peut servir l'autre ?
- Julie Denis
Absolument.
- Emna Chaouche
Comment concrètement cette étape-là, elle se fait ? des choses auxquelles on peut faire attention ou des outils peut-être que tu as ?
- Julie Denis
Oui, c'est un vrai changement de paradigme. C'est-à-dire que c'est vraiment, c'est presque une gymnastique de l'esprit. Parce qu'on n'a pas l'habitude de penser à l'autre, de penser depuis la perspective de l'autre ou en quoi est-ce que je peux aider l'autre. Parce qu'à nouveau, on est dans une société, et ce n'est pas forcément une critique, mais on est dans une société relativement individualiste et autocentrée. Et donc, on ne pense pas, mais tiens, qu'est-ce que l'autre peut en retirer, en bénéficier ? Donc, la première question à se poser, c'est le « what's in it for me » de la part de l'autre. exemple, j'ai une page Instagram et je poste, je poste, je poste, voilà ma vie ma vie, ma vie, ma vie Peut-être que ça va collecter des likes au début, mais à un moment donné, les gens vont se dire « Ok, et what's in it for me ? » « En quoi est-ce que ça me concerne, finalement ? » Donc, assez rapidement, on se rend compte que ça peut bugger. Même les influenceurs, par exemple, qui peuvent paraître être relativement autocentrés, en fait, non, parce qu'ils disent « Voilà, j'ai testé tel produit, voilà en quoi il peut vous aider, je le recommande, blablabla. » Donc, même dans ce sens-là, on voit que ce qui fonctionne, c'est ça. Ta question, c'était ? Comment est-ce qu'on fait ce shift-là,
- Emna Chaouche
ou cette étape intermédiaire de « je ne parle pas directement de moi, je dois d'abord faire la traduction quelque part de… » Toi, tu appelles ça un don, ou les dons qu'on peut avoir. Mais il y a d'abord une traduction à faire. « Ok, ce don, c'est moi. Je ne vais pas juste parler de ça. Je dois faire d'abord la traduction vers l'autre. »
- Julie Denis
Alors, ce que je trouve intéressant, c'est comme première étape d'observer les patterns, en anglais, donc les schémas récurrents, chez les autres, dans la société. Puisque moi, j'ai constaté que j'étais bonne pour ceci ou ceci ou cela. OK. Qu'est-ce que je vois dans la société et auprès des gens qui est récurrent ? En fait, même si on est tous différents, il y a quand même des choses qui reviennent systématiquement. Et c'est comme ça, en fait, qu'on peut créer un business. Ah, je me rends compte que je suis douée pour travailler le cuir. Qu'est-ce que je constate dans la société ? Ah, que les gens marchent à pieds nus dans la rue et que ça leur fait mal. Tiens, c'est un schéma récurrent. En quoi est-ce que mon don peut servir plusieurs personnes qui vivent la même chose ? Et je deviens un cordonnier. J'invente. Tiens, je constate que, je vais parler pour moi, j'ai cette capacité à lire les personnes et à vite trouver. Mais en fait, toi, t'es fait pour ça. Quel est le schéma récurrent ? Schéma récurrent, je vois des gens qui sont dans un travail, dans une bonne situation. mais qui ne sont fondamentalement pas heureux et qui se demandent, mais tiens, quelle est l'autre voie possible, mais qui ne sont pas outillés pour. Tac, je mets en place un programme pour les aider. Donc voilà, c'est vraiment, je dirais, l'étape intermédiaire, c'est regarder quel est le schéma récurrent chez l'autre et les autres.
- Emna Chaouche
Donc finalement, peut-être pas complètement, c'est encore une fois lié au don, mais finalement, mettre pas mal de côté moi qui je suis, une fois qu'on a fait ce travail-là, mettre ça de côté et être... plutôt ouvert sur l'extérieur avant de communiquer, de faire le lien entre les deux finalement. Quelle est l'intersection des deux, de l'environnement, moi, quelle est cette intersection ?
- Julie Denis
Absolument. Et c'est ce qu'on retrouve d'ailleurs dans le modèle de l'ikigai. L'ikigai qui a quatre sphères, deux, deux. Deux qui sont plutôt par rapport à moi, ce que j'aime et mes compétences, et deux qui sont plutôt par rapport au monde extérieur, ce pourquoi je peux être rémunéré et ce qui va servir le monde. Donc on retrouve cette logique là aussi. Et puis aussi dans cette idée de, si finalement je ne fais que parler de moi, finalement, même moi, ça va un petit peu m'ennuyer parce que je ne suis pas en lien avec l'autre. Donc, oui. Et c'est en fait, d'ailleurs, c'est même, je dirais, l'un des pièges classiques que l'on annonce en entrepreneuriat. Souvent, quand on va dans les incubateurs, les start-labs et compagnie, on dit, attention à ne pas tomber amoureux de ton projet. Tu dois tomber amoureux du problème.
- Emna Chaouche
Oui, j'entends ça parfois.
- Julie Denis
Parce que sinon, tu dis, j'ai trouvé une idée géniale, incroyable, ça va être super, ça va être incroyable. Et on n'a pas testé l'idée sur le marché. Et du coup, on a investi potentiellement du temps, de l'énergie, de l'argent. Ça y est, le produit est sur le marché et en fait, ça ne fonctionne pas. Il n'y a pas de demande. Parce qu'on n'a pas eu cette intention-là d'aller voir, tiens, est-ce que ça résonne à l'extérieur ? Et inversement, tu as des gens qui disent, voilà, tout le monde fait ça, donc moi aussi, je vais faire ça. Mais ça ne résonne pas avec qui je suis moi intérieurement. Donc, on est vraiment obligé. de faire ce lien entre l'intérieur et l'extérieur, moi et le marché.
- Emna Chaouche
C'est ça. Il y a des entrepreneuses qui communiquent, mais qui restent floues dans leurs messages. Alors j'entends qu'en partie, ça peut être lié à cet intérieur qui n'est pas encore tout à fait défini, j'imagine. J'imagine que certaines personnes, certains entrepreneurs, peuvent aussi être très au clair avec qui elles sont, et pour autant communiquer de manière floue. Alors, qu'est-ce qui va faire qu'un message devient réellement clair et impactant ?
- Julie Denis
Alors, de nouveau, c'est cette notion de se mettre à la place de son récepteur et se dire « what's in it for him or her ? » Exemple, récemment, j'avais une consultante qui travaille depuis 20 ans dans son secteur et qui dit « voilà, j'aimerais bien que tu m'aides à faire mon pitch parce que je vais passer d'une logique de salarié à une logique d'indépendante. » Et je dis « ok, je lui demande. » Raconte-moi un peu ton parcours, etc. Et puis, on fait une simulation. Et on dit, voilà, imaginons qu'on est dans un entretien avec quelqu'un qui veut potentiellement t'engager. Et cette personne te dit, parle-moi de toi. Et là, la personne commence à dire, voilà, moi, ça fait 20 ans que je fais ça. Et j'ai fait ci, j'ai fait ça, j'ai été là, j'ai été là. Et blablabla. Et moi, Et c'est ce qu'on pense qu'on doit faire, parce que quand on se prépare à une interview RH ou autre, on nous dit, parlez-nous de votre parcours, et donc on commence à dire, moi, Mais la réalité, quand on est entrepreneuse, c'est que c'est un peu différent, et qu'il ne s'agit pas tellement de lister son parcours et son CV et ses compétences, ce à quoi on est formé à l'école, à l'université, dans les boulots, on nous dit, donne-moi ta liste de compétences et je te dirai si je t'engage ou pas, versus, dis-moi qui tu es et ce que tu m'apportes. Et en fonction, je te dirai si je t'engage ou pas. Et donc, avec cette femme-là, on a retravaillé son pitch en disant « Je retire tout ton parcours, tous tes trucs que tu as faits, etc. C'est très bien, c'est super, mais ça, on pourra en parler après. » Et donc, quand quelqu'un va dire « parle-moi de toi » , c'est plutôt de dire « moi, j'utilise une structure en trois temps, il peut y en avoir d'autres. Quel est ton titre ? Qu'est-ce que tu fais ? Et quel est le bénéfice pour la partie en face ? »
- Emna Chaouche
Donc le titre, c'est plutôt l'étiquette ?
- Julie Denis
Voilà, l'étiquette, ta fonction, parce que c'est important de pouvoir le définir, surtout quand on est multipotentiel.
- Emna Chaouche
C'est ça. Donc... Ce que tu fais ? Attends, juste ce que tu fais, ça va plutôt être un verbe, une action ?
- Julie Denis
C'est ce que tu fais. Donc je vais donner un exemple concret. Donc par exemple, cette personne-là, j'invente, consultante en transformation et en changement, ce qu'on voit beaucoup au sein des entreprises, notamment dans les grandes entreprises. Et donc, c'est de dire... Voilà, je suis consultante dans le changement. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que j'accompagne les grandes boîtes, les corporates, comme on peut les appeler, au niveau industriel. Et donc, je demande d'être un peu précis quand même, parce que les organisations, oui, si on accompagne vraiment tout le monde, pourquoi pas ? Si c'est quelque chose de spécifique, il faut le dire. Et donc là, c'est les corporates, donc pas uniquement les organisations, les corporates, donc les grandes boîtes potentiellement multinationales. Dans le secteur industriel, ok, donc ça c'est déjà assez spécifique, j'accompagne les corporés du secteur industriel depuis plus de 20 ans dans tous les moments de grands changements qu'il y a, par exemple fusion, acquisition, intégration d'un nouvel ERP, peu importe ce genre de choses. Et puis troisième étape, le bénéfice concret pour la partie adverse, c'est-à-dire concrètement, telle entreprise, si on peut la citer, telle entreprise, je suis arrivée au moment où les équipes étaient complètement éclatées, le côté financier, ça n'allait pas du tout et on n'avait aucune stratégie digitale, j'invente. Six mois plus tard ou douze mois plus tard ou deux ans plus tard, tout a été remis bien en forme et les équipes ont été complètement autonomes dans la prise en charge de cet outil-là. Et maintenant, c'est la filiale qui performe le mieux dans l'entreprise. Donc, c'est qui je suis, qu'est-ce que je fais de manière générale, mais précise si ça peut être précis. Et concrètement, quel est le bénéfice que ça peut leur apporter ? Et vraiment d'utiliser un avant et après. Voilà la situation avant, voilà la situation après. Et ça, c'est un framework parmi d'autres qui peut fonctionner, mais on voit comment il est orienté vers l'autre et pas moi j'ai fait ça, C'est ça.
- Emna Chaouche
Je pense à, tu parlais de communication tout à l'heure, je pense, enfin, communication, marketing, dans ce sens-là. Dans la communication, finalement, c'est la même chose. C'est la première question. On crée des postes ou autre. La première question, c'est quelle est la valeur ? On parle souvent de valeur.
- Julie Denis
Absolument.
- Emna Chaouche
Qu'est-ce que l'autre va en retirer éventuellement à la fin ? Et moi, je fais ça.
- Julie Denis
Voilà.
- Emna Chaouche
Mais pas tant, je suis un tel, je fais ça, j'ai fait telle étude ou formation.
- Julie Denis
Ça doit exister en parallèle, mais ça ne doit pas être le focus.
- Emna Chaouche
Oui, il faut que ce soit présent. Ce n'est généralement pas pour ça qu'on vient de chercher. Ce n'est pas ça qui crée le lien. avec la personne. Quand on s'exprime, il peut y avoir un écart entre ce qu'on veut dire et ce que les autres comprennent. Alors comment est-ce qu'on travaille cet ajustement sans se perdre soi ? Comme tu dis, il faut observer ce qui se passe dans l'environnement et ce dont les personnes ont besoin, what's in it for them. Mais en même temps, il faut que ça reste qui je suis. Comment ne pas se perdre et trouver un équilibre entre ça ?
- Julie Denis
Oui ! C'est une bonne question et c'est de nouveau cette notion d'émetteur et récepteur. C'est comment est-ce que je peux parler dans un langage qui est le mien, qui est fidèle à qui je suis et qu'est-ce que j'ai envie de dire et d'exprimer, et en même temps qui s'adapte à l'audience. Je donne un exemple. J'accompagne parfois des entreprises, des équipes, des gens à s'exprimer. Un jour, j'ai eu ça avec une équipe de dermatologues qui devaient s'exprimer dans le cadre d'un congrès avec des pairs. Ils avaient tous plus de 20 ans d'expérience. Et ils devaient, lors de ce congrès, expliquer un petit peu qu'est-ce qu'ils font en tant que dermatologues. Dans le même temps, ils avaient aussi des interventions ou des cours à donner à l'université en première année de médecine. Et dans le même temps, ils ont aussi une famille, des enfants, des nièces, des neveux. Et dans les trois situations, en fait, on leur demande d'expliquer ce qu'ils font. Pour autant, est-ce qu'ils vont s'exprimer de la même manière ? Pas du tout. Donc, c'est cette capacité à être claire et avoir cette clarté par rapport à qui je suis, qu'est-ce que je fais, comment je l'exprime. dans des mots qui sont les miens et qui me plaisent et qui me décrivent de manière fidèle ? Et comment est-ce que je peux être sensible aussi à comment ça va être réceptionné ? Et donc utiliser un langage, entre autres, qui est approprié, un vocabulaire et un langage qui est approprié.
- Emna Chaouche
Est-ce que là, il y a des techniques où c'est... Enfin, c'est peut-être un peu des deux, mais est-ce que là, il y a des techniques où est-ce que c'est aussi un peu test and learn, un peu... J'y vais, je fais, je passe à l'action. On ne peut jamais être 100% prêt avant de réellement passer à l'action. Je teste un peu, je fais, je vois comment c'est réceptionné en face par rapport à l'enfant de 5 ans ou par rapport au monde corporate. Et si je vois que ce n'est pas tout à fait compris, je réajuste. Et où est-ce qu'il y a des techniques aussi pour peut-être trouver cet équilibre ?
- Julie Denis
Oui, en fait, on parle de techniques et on utilise toujours des... des grands mots, la technique, la technique. Moi, je dis, il n'y a pas vraiment de technique, en tout cas pas hyper compliquée. La technique, elle est simple. Quand j'ai des entrepreneuses qui se réinventent ou qui veulent lancer leur business et qui ont un pitch à faire, par exemple, d'abord, on crée quelque chose en utilisant un peu une méthodologie pour être sûr qu'on est dans ce centrage sur l'émetteur aussi, what's in it for him, her, etc. Et puis, en fait, c'est tester, un, avec soi-même, et donc c'est vraiment... je vais déjà le dire oralement. Parce qu'entre l'écrit ou l'entendre dit par quelqu'un d'autre et le dire moi dans ma bouche, ça va avoir une résonance différente. Donc c'est déjà de le dire avec soi-même, de le dire devant un miroir, et de se dire, tiens, est-ce que je me sens bien ? Est-ce que je sens que c'est moi ? Ou est-ce que j'ai l'impression d'être en train de parler au nom de quelqu'un d'autre ? Et donc d'être à côté de moi-même. Et ça, ça se sent en plus. Les autres vont le sentir tout de suite aussi. Donc un, est-ce que ça rentre en moi-même ? Est-ce que je sens que... oui, c'est moi, c'est mes mots. Ça fonctionne bien avec moi. Deux, c'est vraiment aller de nouveau expérimenter ça avec le monde extérieur. Et donc, quand j'ai des entrepreneuses qui se lancent ou qui se réinventent, d'abord, elles disent, oui, moi, je me sens vraiment bien avec ça. Donc ça, c'est bon. Premier check, c'est très bien. Et puis, c'est d'aller tester ça sur le marché. Et pas forcément avec la famille et les amis, parce que déjà, c'est pas forcément le marché, c'est pas forcément la cible. Et donc, on va être susceptible d'avoir des critiques et autres. Voilà, c'est pas ce qu'on recherche. Donc vraiment aller vers des gens qui pourraient être potentiellement dans notre cible ou potentiellement intéressés et de se mettre en situation. Et donc, c'est d'aller à des dîners, à des networking et où inévitablement, les gens vous demandaient « Ah, et toi, tu fais quoi ? » Et puis d'éviter son speech ou son pitch et de voir comment est-ce que c'est reçu. Et est-ce que les gens disent « Ah oui, c'est cool, c'est intéressant, c'est super clair » ou « Ah, c'est intéressant et donc tu peux m'en dire plus » . Et c'est ça, en fait, le feedback. C'est ça qui va vous dire ou qui va nous dire. Est-ce qu'il y a encore un gap entre ma compréhension et celle du marché ou est-ce que petit à petit, ça devient mieux ? Et en fait, c'est des itérations. Donc, c'est chaque fois changer un petit peu, un petit peu, un petit peu, un petit peu jusqu'à ce que ce soit complètement fluide. Et puis, on dit toujours la même chose et ça fonctionne.
- Emna Chaouche
C'est ça. Quelque chose que j'ai retenu de toi puisque tu m'as accompagnée à un moment aussi spécifiquement en public speaking, mais voilà. Quelque chose que j'ai fort retenu et quand je commence quelque chose maintenant, c'est quel est le message ? Alors, à qui je m'adresse ? Effectivement, ça, il vaut mieux se poser la question avant et généralement, on se la pose. Mais ça peut paraître évident. Mais finalement, on ne se pose pas forcément. On a tout un discours. Surtout quand on... Ici, c'était plutôt pour des conférences, donc c'est plutôt long comme message. Ce n'est pas trois phrases, un pitch, ce n'est pas... C'est deux minutes, trois minutes. Mais quel est le message ? S'il y a une idée... Que les personnes doivent retenir, je ne sais plus si c'est de toi ou si j'ai entendu ça dernièrement, mais si tu te mets à la sortie quand quelqu'un sort de la salle où tu étais quand tu parlais et qu'il devait dire une seule idée qu'ils ont retenue, qu'est-ce que tu veux que ce soit ? Et que ça, tu le répètes, tu le répètes, tu le répètes. Mais juste déjà se poser cette question-là, quel est le message principal dans tout ce que tu racontes ? Parce que très souvent, on ne se rend pas compte, mais on n'exprime pas le message principal, on l'explique. en long et en large. Mais on ne nomme pas, on ne verbalise pas le message principal.
- Julie Denis
Absolument, c'est vrai.
- Emna Chaouche
Je pense que ça, c'est déjà quelque chose de très basique. Que toi, tu vas peut-être considérer comme basique, mais qui, je pense, c'est...
- Julie Denis
En fait, c'est la base, mais ce n'est pas basique.
- Emna Chaouche
Oui, c'est ça.
- Julie Denis
Donc, c'est la base.
- Emna Chaouche
C'est très bien formulé.
- Julie Denis
Parce qu'on ne se pose pas... Effectivement, parfois, on parle, et on se dit, mais concrètement, c'est quoi ? En fait, si on prend la place des journalistes, par exemple, écrits, je veux dire, journal, journal papier, les journalistes n'ont pas d'autre choix que d'extraire un ou le message principal qu'ils vont mettre en titre d'actualité.
- Emna Chaouche
Oui.
- Julie Denis
Donc, eux, ils ont, par leur métier, de par leur métier, ils sont obligés d'avoir cette clarté-là qui s'extrait de tout le blabla qu'il y a autour. Mais nous, on a parfois tendance à ne pas faire ça et on l'oublie, on l'omet. Et donc, dans toute intervention, surtout si elle est longue, c'est vraiment effectivement de dire à qui je m'adresse et qu'est-ce que je veux dire, en fait, finalement et fondamentalement en une phrase ou en un mot.
- Emna Chaouche
C'est ça, oui. En un mot, encore plus compliqué. Alors, pour clôturer, c'est quoi le prix à payer quand on n'a pas cette autorité personnelle ? à l'autorité personnelle, aussi bien que ce soit moins avec moi que moins avec les autres. Mais quand on n'a pas ça, c'est quoi le prix à payer ?
- Julie Denis
Le prix à payer, je dirais, c'est... On l'a utilisé, le mot, l'alignement versus le désalignement. Et donc, le désalignement, c'est quoi ? C'est je ne suis pas alignée. Donc, ça veut dire que je suis comme ça, potentiellement. Donc, ça veut dire qu'il y a une partie, voire la totalité de moi-même, qui vit à côté d'elle-même. Et d'ailleurs, c'est ce qu'on me dit. Je l'entends dans ces mots-là. J'ai des clientes qui me disent, j'ai l'impression de vivre à côté de moi-même ou en dehors de moi-même. Donc le prix à payer si on n'a pas cette autorité personnelle, et c'est pas grave, je veux dire, moi je suis pas en train de faire l'apologie de « Ah, il faut absolument être aligné, etc. » Il n'y a pas de souci. Mais quand on sent qu'il y a ce désir et ce besoin et cette envie, moi j'invite les gens à faire ce travail pour pouvoir se réunifier avec soi-même. On parlait de message principal. Le message principal, c'est vraiment de se dire si je sens que je suis un peu dans tous les sens, que je suis fragmentée, c'est de se dire que ce n'est pas une fragmentation. C'est juste de la multipotentialité. Et ce qu'il faut, c'est retrouver ce centre et cette unicité, cette unification intérieure avant tout pour pouvoir s'exprimer à l'extérieur. Donc le prix à payer si on ne fait pas ça, alors qu'on le sent que c'est là, C'est le désalignement, c'est vivre à côté de soi-même. Et quand on vit à côté de soi-même, de un, on le sent et on le prend dans le corps. Ça se voit et ça se sent dans le corps. Donc voilà, c'est juste pas chouette, c'est pas agréable. Et deuxièmement, je dirais, c'est vraiment cette notion de liberté. Quand on a cette autorité personnelle, qu'on sait qui on est et ce qu'on fait, en quoi on contribue au monde et qu'on sait le communiquer pour que ça nous revienne et que ça aide les autres, etc. C'est un cercle vertueux qui commence à se créer. Et quand on est dans ce cercle vertueux, qu'on sait pourquoi on est là, on est libre. On est libre et on sait pourquoi on est là. Et on ne se pose plus la question de les voies extérieures, la société, les conditionnements. Tout ça, ça se tait. Parce qu'en fait, ma voix, V-O-I-X, intérieure à moi, est plus forte que toutes les autres petites voies. Donc la liberté.
- Emna Chaouche
On est tellement au clair avec soi que... que le reste diminue finalement. Donc j'entends le prix à payer, un manque d'énergie, probablement un manque de joie, d'élan au quotidien.
- Julie Denis
Oui.
- Emna Chaouche
Et à l'inverse, c'est quoi le premier signe qu'on commence à l'incarner ?
- Julie Denis
Je dirais le calme intérieur.
- Emna Chaouche
OK.
- Julie Denis
Donc quand tu sais qui tu es et ce que tu fais et que tu sais que ça contribue au monde et que tu sais que tu es à ta place, etc., tu es calme. Tu arrêtes de t'inquiéter parce que tu te dis, mais en fait, je sais que je suis à ma place et donc je sais que ça va aller. Quand ça commence à se mettre en place, une fois que le travail a été fait, une fois qu'on arrive à l'aboutissement du travail, je pense qu'il y a une forme de calme intérieur, de sérénité qui s'impose et qu'on se dit, mais je ne comprends pas. Peu importe quoi qui m'arrive, je suis calme, je ne comprends pas. À l'inverse de, au début, où parfois on se dit, en fait, tout va bien dans ma vie et pourtant, ça boue à l'intérieur. Je ne suis pas calme, je suis tout le temps en ébullition. Donc, il y a vraiment ce calme qui vient se poser. Et puis, cette joie calme aussi, en fait, c'est de se dire, je suis là, en fait, je suis posée. Je suis. Je suis. Je suis.
- Emna Chaouche
J'adore.
- Julie Denis
J'adore pour terminer le podcast.
- Emna Chaouche
Est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais ajouter qu'on n'aurait pas couvert ?
- Julie Denis
Rien à ajouter qu'on n'aurait pas couvert, mais juste un dernier message. pour dire ne vous inquiétez pas, on est tous là sur ce chemin, sur ce chemin de vie, on est tous parfaitement imparfaits comme on est, et le but c'est pas de devenir parfait, le but c'est de devenir soi. Et donc, pas d'inquiétude, les amis, c'est juste continuons et continuez sur ce chemin. Et si vous sentez que ça vous appelle, écoutez cette petite voix VOIX intérieure, parce que c'est elle qui va vous donner la voix VOIE.
- Emna Chaouche
Merci beaucoup, Emna.
- Julie Denis
Avec plaisir. Merci, Julie. À bientôt. À bientôt.
- Emna Chaouche
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