- Julie Denis
Il y a l'entreprise que tu construis et il y a toi qui la portes. Je m'appelle Julie Denis et je suis psychologue pour entrepreneurs. Ici, on parle de solidité mentale, celle qui te permet d'avancer et de performer durablement. À chaque épisode, une entrepreneuse sur le divan ou une experte qui permettent d'explorer l'humain derrière l'entreprise. Tout ce qui se joue en toi pendant que tu fais grandir ton business. Bienvenue dans la psy des entrepreneuses. Bonjour Valérie et merci d'avoir accepté mon invitation.
- Valérie Laroche
Bonjour !
- Julie Denis
Ça fait longtemps qu'on a ...
- Valérie Laroche
Je suis contente d'être là, oui, ça fait longtemps que c'est prévu, c'est gai.
- Julie Denis
Alors, j'ai l'habitude de commencer les épisodes avec une petite bio que moi, je fais.
- Valérie Laroche
Que toi, tu fais cool.
- Julie Denis
Comme une petite fiche, comme ça, on plante le décor, on a un petit peu de contexte. Et après, on peut passer à autre chose, mais ça donne quand même un petit peu de contexte. Donc, tu me corriges s'il y a quelque chose qui n'est pas correct. Ça roule. Dans ce que je dis. Alors, tu as d'abord étudié les langues. Tu as fait une licence en traduction anglais et allemand. Tu parles encore allemand ?
- Valérie Laroche
Non.
- Julie Denis
Ok. à Marie-Aps. Ensuite, tu as enchaîné avec un graduat en stylisme à Saint-Luc, pendant trois ans, en parallèle d'un full-time job, si j'ai bien vu ça sur LinkedIn, comme assistante administrative. Donc ça, pendant quatre ans, un an de plus que la fin de tes études.
- Valérie Laroche
Le temps de me rendre compte que je m'ennuyais. Quand ce n'était pas full-time plus full-time.
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Ensuite, tu as eu des jobs dans le business administratif, marketing. Avant d'arriver, pendant cinq ans et demi, tu as travaillé dans la mode. comme responsable collection, production, sourcing. Là, ça a été un peu compliqué à la fin, on y reviendra tout à l'heure. Et puis, tu t'es reconvertie en art-thérapeute, céramiste et artiste.
- Valérie Laroche
Oui, on reviendra au mot reconvertie.
- Julie Denis
Oui, c'est peut-être pas le mot juste à utiliser. Effectivement. Et aujourd'hui, tu proposes des ateliers créatifs en groupe et en entreprise et tu accompagnes les gens à retrouver du souffle, du sens et de la clarté par la créativité.
- Valérie Laroche
Joli,
- Julie Denis
sont tes mots.
- Valérie Laroche
Joli et juste, c'est vrai ? Ah j'adore
- Julie Denis
C'est bien, ça veut dire qu'il sonne encore juste aujourd'hui C'est du très bref évidemment On pourrait élaborer Est-ce que le décor planté est ok pour toi ? Correct ?
- Valérie Laroche
J'ajouterais que j'ai deux fils Igor qui a 11 ans et Rémi qui en a 9 Un amoureux qui s'appelle Thomas Et une maison cocon qui nous plaît fort Dans lequel est ton atelier ? Dans laquelle est mon atelier De là où tout part en fait Oui,
- Julie Denis
oui. Ça, c'est ce que tu fais ?
- Valérie Laroche
Oui.
- Julie Denis
Si on enlève toutes les casquettes d'art thérapeute, de céramiste, d'artiste, qui es-tu, toi ?
- Valérie Laroche
Si on enlève tout ce que je fais, il reste ce « je suis artiste » .
- Julie Denis
Ok.
- Valérie Laroche
Je suis une petite fille qui collectionne, qui rassemble, qui aime classer par couleurs, qui aime marcher dans la nature, qui aime les liens vrais, qui se nourrit de beaux et de liens.
- Julie Denis
Oui, avec ton slogan sur les réseaux, « l'art fait du bien » .
- Valérie Laroche
Oui. L'art fait du bien qui est une phrase que j'utilise et que je la trouve très naïve. Ce n'est pas une phrase réfléchie, c'est quelque chose que je dis et que je répète et qui au fait est devenu un peu comme un slogan, mais ce n'était pas réfléchi. Mais c'est toujours juste.
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Ça peut être naïf quand tu ne vois que la surface. Après, il y a moyen de creuser, il y a tellement de couches en dessous.
- Valérie Laroche
Je pense que les gens disent de moi aujourd'hui que je suis la fille qui dit que l'art fait du bien.
- Julie Denis
Oui, oui.
- Valérie Laroche
Et ça me va.
- Julie Denis
On associe ça pas mal à toi, effectivement. Alors, on a préparé un peu l'interview d'aujourd'hui, il y a un petit temps, puisqu'on a dû reporter. On avait décidé d'aborder le temps long. Mais avant ça, j'aimerais revenir sur les backstage de ton parcours, puisque là, on a décrit en très bref ton parcours. Ce sont les faits. Après, il y a la manière dont tu as vécu ce parcours-là, les montagnes russes émotionnelles. Et peut-être que ça mettra aussi un peu de contexte quand on abordera justement le sujet du temps long. On l'a dit tout à l'heure, après cinq ans et demi dans la mode, ça a été un peu compliqué. Il y a eu un petit passage compliqué. En 2018, tu as fait un burn-out. Est-ce que tu peux revenir à ça et expliquer ou décrire qui était la Valérie avant le burn-out ? Peut-être quelle était sa relation au temps, puisque c'est le sujet qu'on va aborder, mais surtout qui tu étais avant le burn-out ?
- Valérie Laroche
J'étais quelqu'un, je l'ai dit en rigolant quand tu as fait la bio d'introduction, j'étais quelqu'un qui enfilait un... de temps plein la journée. Donc, il y avait un 9 to 5 dans un bureau d'avocat et qui avait décidé que le soir, elle reprendrait des études. Études qui étaient tous les soirs jusqu'à 21h30. Voilà, ce n'était pas deux heures de langue le lundi soir. C'était tous les jours de 18h à 21h30. Donc, j'avais une vie où j'allais acheter mon matériel pour pouvoir réussir mes études de stylisme sur le temps de midi. C'était ce contexte-là. Et puis, quand ces études-là se sont terminées, Je me suis rendue compte que j'avais fait le tour de mon job en journée, donc j'ai changé. Je suis passée un petit peu par la finance et puis je suis arrivée dans la mode un peu par hasard. Enfin, par hasard, je suis arrivée dans cette boîte-là par hasard, mais moi j'avais envie de travailler dans un endroit où on travaillerait sur un beau produit qui serait fabriqué à Bruxelles, où je verrais toutes les étapes. Sauf que j'ai appliqué un peu la technique de tant que ma to-do liste n'est pas finie, je reste là. Je reste au bureau. C'est déjà quelque chose que je faisais quand j'étais étudiante. Voilà, à Mariab, c'était une école où on avait 40 heures de cours par semaine. J'allais à tous les cours. En fait, j'étais quelqu'un qui remplissait, qui avait un agenda rempli tout le temps, en permanence. Il y avait toujours quelque chose à faire. Et je ne me posais pas la question de est-ce que ça me nourrissait, est-ce que ça me prenait de l'énergie ou est-ce que ça m'en donnait. Je faisais parce que j'avais commencé un truc et du coup, je le faisais jusqu'au... Enfin, je continuais, quoi. Ce boulot dans la mode, c'était une petite boîte. où, au fait, on avait des titres, comme tu l'as dit, responsable de collection, ensuite responsable de production, sauf que c'était un peu une petite boîte familiale où on faisait ce qu'il y avait à faire. Donc, si la collection était pour la première fois vendue à New York, il fallait que quelqu'un s'occupe de la douane. Ça se retrouvait sur mon bureau le lundi matin. Je n'avais jamais fait ça de ma vie, mais je me débrouillais pour faire arriver les collections complètes à New York, en temps et en heure. Ça a marché tout le temps où je n'habitais pas encore avec Thomas parce qu'en fait, on rentrait chacun dans notre coloc et donc il n'y a personne qui voyait que je ne rentrais pas. Mais surtout, ça a cessé de marcher quand les enfants sont nés parce que les priorités ont changé. Puis il fallait aller chercher la crèche. Et donc, à un moment donné, ça n'a plus fonctionné au niveau timing et aussi au niveau énergie. Et donc, en fait, la Valérie, avant le burn-out, elle croyait que ma vie était remplie et il suffisait d'un peu squeeze et de faire les choses plus vite, plus efficace. Alors moi, je trouvais des stagiaires. Je disais, OK, j'ai trop de boulot, ce n'est pas grave, je vais trouver une stagiaire. Donc j'étais hyper moelleuse, parce que je donnais envie à des gens de venir bosser comme des pétés jusqu'à 22 heures avec moi, gratuitement. Et du coup, je trouvais une solution pour faire le boulot, pour que mon boulot à moi soit fait par deux personnes, avec le salaire d'une. Sans jamais me dire, OK, en fait, ça ne va pas. Et puis, j'étais dans une entreprise où quand la sonnette d'alarme était tirée, il n'y avait pas spécialement de choses qui se passaient pour améliorer. Mais moi, je me disais qu'il suffisait que je m'organise mieux, que je travaille plus vite, que je trouve des solutions. Je ne me suis jamais posé la question de... Est-ce que le contexte dans lequel je me trouve me convient ? Et donc j'étais quelqu'un qui faisait beaucoup, qui faisait vite, qui faisait bien, qui courait. Je me souviens que quand les enfants sont nés, je prenais un vélo pour aller à la crèche et je savais que je mettais 22 minutes si je pédalais à fond de balte, il n'y avait pas trop de feu rouge. J'étais tout le temps en train de timer, j'étais essoufflée. Mais j'étais tout le temps en train de timer dans mon boulot d'avant, dans mes études, j'étais tout le temps en train de timer quand j'étais... Quand j'étais en secondaire, en secondaire, j'étais très bonne élève et puis j'étais très bonne nageuse. Et donc, j'avais des entraînements tous les jours et des compétitions tous les week-ends. Et donc, en fait, je te parle de cases. Ma vie n'était que ça, des cases l'un côté de l'autre. Et quand on en rajoutait une, on en rajoutait une. Et on ne se posait pas la question de ce qu'il fallait une case repos. Est-ce qu'il fallait une case plaisir ?
- Julie Denis
Ce qui me frappe dans ce que tu racontes et surtout dans la manière dont tu le racontes, c'est te connaissant aujourd'hui, sachant que tu es aussi, pas que, mais aussi art-thérapeute, donc thérapeute, la part émotionnelle, j'entends rien sur... les émotions que tu pouvais avoir à ce moment-là. C'était très factuel et rationnel. Puis des émotions.
- Valérie Laroche
Je ne savais pas ce que c'était. Je raconte souvent qu'en 2018 ou en 2019, je ne sais plus, mais je sais très bien qu'on était en vacances en Normandie. Mes enfants étaient déjà nés, donc ils avaient 3 et 1 an. Ils faisaient encore la sieste le midi, donc moi j'en profitais pour cracher sur mon lit aussi. Et j'écoutais un podcast et on parlait de la joie. j'ai vraiment eu un électrochoc je me suis dit la joie mais c'est quoi ce truc et ça valait pour la tristesse, ça valait pour la colère il n'y a pas de place j'étais coupée totalement je crois que c'est aussi un peu le truc insidieux avec le burn out qui s'installe en tout cas les symptômes qui s'installent c'est que je ne crois pas quand on dit moi je ne vais pas tomber en burn out parce que je connais les signaux on ne le voit pas on ne le voit pas et donc si je vivais les choses comme je te les raconte maintenant évidemment que ça se voyait qu'il n'y avait rien qui allait il n'y avait rien qui allait Oui. Mais moi, à l'époque, c'est ça ma vie. Et ça avait toujours été ça ma vie. Oui,
- Julie Denis
donc tu ne te posais pas de questions.
- Valérie Laroche
Je ne me posais pas de questions.
- Julie Denis
Tu étais persuadée d'avoir le contrôle sur le temps, sur les choses. À quel moment est-ce que tu as compris que non ? C'était quoi concrètement ?
- Valérie Laroche
J'avais le contrôle sur les choses. Enfin, non, en fait, je ne l'avais pas. Mais je pensais avoir le contrôle sur les choses tant que mes enfants n'étaient pas encore nés. Mais alors, je skippais... Le repas du midi, et je rentrais tard, et je mangeais mal et je dormais mal. Donc j'enlevais dans la pyramide des besoins de base le sérieux socle de base. Donc je n'avais aucun contrôle, mais je pensais qu'il suffisait que moi j'améliore, il suffisait que moi, tout devait venir de moi.
- Julie Denis
Oui, et que tu avais un contrôle presque illimité, j'exagère peut-être un peu, mais là-dessus.
- Valérie Laroche
En tout cas, si je n'en avais pas, c'était moi le problème.
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Oui, donc ça veut dire que moi je change quelque chose. Donc ça peut changer quelque chose. Alors que très concrètement,
- Valérie Laroche
dans l'entreprise où je travaillais, les équipes s'agrandissaient, les collections s'agrandissaient, les références tissus s'agrandissaient, ça s'agrandissait. Et on était le même nombre, donc c'était juste mathématiquement pas possible.
- Julie Denis
À quel moment est-ce qu'il y a eu le moment de bascule ? À quel moment est-ce que tu as compris que là, vraiment, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ?
- Valérie Laroche
Bien après. Bien après, parce qu'en 2018, c'était en juin, je me tape une angine. Donc la collection part à Paris. Dans la mode, les collections se sont vendues en juin et en janvier. Et donc on prépare les collections, on les emballe, on les fait partir dans un camion. Elles partent à Paris pour être montrées aux clients. La collection part. Je me tape une angine un 21 juin, un truc complètement surréaliste. Et là, j'ai tellement mal de gorge que je vais voir ma médecin qui me met une semaine d'arrêt. Sauf que la semaine d'arrêt deviendront six, puis deviendront six mois. Mais encore à ce moment-là, moi, je ne comprends pas. Je pense que c'est moi qui ai craqué. Je suis en échec, en fait. Je me dis, je n'ai pas réussi. En fait, je n'ai pas réussi. Puis les autres, elles sont encore là. Puis elles y arrivent. Il y en a même qui sont heureuses de bosser là. Donc, je me dis vraiment, moi, c'est un échec.
- Julie Denis
C'est ça. Donc, j'entends, il y a un moment, donc juin 2018, tu me dis, il y a un moment où je me prends le mur.
- Valérie Laroche
Je me prends le mur, vraiment.
- Julie Denis
Tu m'as en arrêt. Puis un deuxième moment où tu te dis, OK, là, ce n'est pas moi qui suis en échec,
- Valérie Laroche
mais c'est... Ça ne pouvait pas aller. À quel moment est-ce que je me dis ça ? Peut-être un an et demi après, au moment où je commence vraiment... Déjà, moi, je reprends un boulot. Ça se passe exactement pareil. C'est-à-dire que je suis fatiguée, mes pneus crèvent. C'est un boulot à gants. Je pars à 7h du match, je suis dans les files. Rien qui va. Là, ça se termine très vite. Je m'en rends compte un an et demi après. Je crois que quand je commence à avoir un peu dormi, quand je me rends vraiment compte qu'en fait, j'ai deux enfants en bas âge et que ce n'est juste pas possible de tout mener de front comme s'ils n'étaient pas là. Quand je commence une thérapie et que... Et puis aussi quand je... Je vais à la clinique du stress à Bruxelles et je reçois le document qui dit « Madame, vous êtes en burn-out » . Le truc un peu… Après la batterie de test, après le… Mais toujours, je me dis « Oh là là, c'est vraiment la loose » . Et puis c'était à cause de mon boulot. Donc comme ce boulot… Entre-temps, je suis licenciée. Donc comme ce boulot… Alors c'est double échec. Je n'ai pas réussi à tenir le coup. Et comme je n'ai pas réussi à tenir le coup, on m'a licenciée. Je ne sais plus dire ce que je fais, donc je ne sais plus qui je suis. Donc vraiment échec total. Je me sens hyper honteuse. Je me souviens que je suis au parc. Je croise des mamans de l'école et alors elles sont là, t'es là, il est 10h30 du matin, t'es en train de marcher parce qu'en fait, ton médecin t'a dit marcher, ça vous fera du bien. Et en fait, je suis en train de dire oui, oui, mais j'ai plus de boulot, mais je suis déjà sur un autre coup. Donc, tout me ramène toujours à ce que je fais dans la vie.
- Julie Denis
Oui, ce que j'entends, c'est ton identité et ta valeur sont fort liés à ce que tu fais.
- Valérie Laroche
Oui, c'est une bonne question parce que je me suis jamais vraiment posé la question de quand est-ce que je me rends compte que ça ne pouvait pas marcher. Mais par contre, encore aujourd'hui, donc on est en 2026, donc huit ans après, il n'y a encore pas. plein de moments où je dois vraiment m'arrêter et me dire est-ce que ça va être faisable ? Et la semaine dernière, j'étais de mauvaise humeur, c'était la rentrée, syndrome prémenstruel, week-end vraiment nul, et à la fin du week-end, mon fils Igor, qui a 11 ans, me dit toi t'as vraiment deux workpunten, on travaille, enfin on travaille, on est une famille bilingue, donc t'as deux workpunten, t'as deux points d'amélioration maman, tu dois vraiment apprendre que tu as un temps limité dans ta journée, il y a plein de choses que tu ne vas pas savoir mettre, tu mets trop de choses ensemble et tu penses que tu vas pouvoir finir trop de choses trop vite. ça ne va pas et tu dois apprendre à te reposer. Je me dis, bam, il faut vraiment que je le note, parce qu'en fait, c'est vraiment les deux choses sur lesquelles je bute encore aujourd'hui. Et souvent, je me dis, est-ce que ce que j'ai prévu, est-ce que c'est faisable ? Il y a un moment où je me rends compte que ça ne passe plus, mais encore aujourd'hui, c'est un peu un mécanisme automatique.
- Julie Denis
De vouloir faire beaucoup. Ça me fait penser à, quand on préparait l'interview, tu me disais qu'il y avait une part de toi très patiente, avec ce temps long. Une part de toi... Très impatiente. À fond. C'est peut-être cette part de toi impatiente qui a envie de remplir beaucoup, faire vite, etc. Oui,
- Valérie Laroche
alors du coup, cette part-là impatiente, j'essaie de l'adopter et de l'utiliser pour des trucs. Genre, OK, maintenant, je torche 4000. Je dois répondre à ces quatre personnes-là. Je suis quelqu'un d'efficace. Bam, bam, bam. Tu te mets une demi-heure et tu fais. La personne patiente, elle contemple, elle va au musée, elle va dans la nature, elle ramasse trois cailloux qu'elle classe par couleur. Elle prend le temps de... Voilà, quand on fait une tarte avec les enfants, on range les pommes comme ça. Voilà, mais c'est... Se dire quelles parties de moi vont être utiles à quel moment. Oui,
- Julie Denis
j'adore. Oui, ce n'est pas l'une qui doit être combattue ou l'autre. Oui,
- Valérie Laroche
parce que je suis quelqu'un d'efficace et d'organisé. Oui, vraiment. Et je suis sûre que mes clients et mes élèves, un jour je trouverai comment j'appelle, mais mes clients pour la partie céramique, les restos avec lesquels je bosse, je suis sûre qu'ils trouvent ça génial, le bon de commande, le truc, le délai de livraison respecté, les couleurs qui correspondent à ce qu'on a dit. Mais ça ne m'empêche pas que quand je suis dans mon atelier, de me dire... cette terre, elle est cool, elle est belle. Regarde, il y a un truc qui dépasse. Et puis, il y a une variation de couleurs magnifique.
- Julie Denis
Et est-ce que je comprends bien, du coup, que faire coexister ces deux parties-là, c'est encore un apprentissage de tous les jours ?
- Valérie Laroche
Oui.
- Julie Denis
Puisque, encore la semaine dernière, ton fils te dit tu planifies trop et tu dois apprendre à te reposer.
- Valérie Laroche
Oui.
- Julie Denis
C'est dingue. Les enfants nous renvoient quand même pas mal les choses, ils mettent le doigt juste.
- Valérie Laroche
Et je veux que mes enfants aient l'occasion dans leur vie de prendre le temps. Je raconte que moi, j'étais très vite... Bonne élève, bonne nageuse, donc j'allais nager, donc je n'avais jamais une journée chez moi. Je veux que mes enfants puissent avoir l'occasion de jouer dans leur chambre, d'avoir pas de programme, etc. Mais quand même, j'aimerais bien, quand on part, ça prend deux minutes.
- Julie Denis
Ça prend deux minutes ?
- Valérie Laroche
Non, chez personne.
- Julie Denis
Et comment tu fais du coup ?
- Valérie Laroche
Je compte jusqu'à 10. Je donne une consigne et je compte jusqu'à 10 dans ma tête.
- Julie Denis
Dans ta tête ?
- Valérie Laroche
Ah oui,
- Julie Denis
dans ma tête.
- Valérie Laroche
Si à 10 vous n'êtes pas prêts, je vous laisse dans le lèse. Non, je compte jusqu'à 10 dans ma tête. Je remplis au fait. Je laisse le temps aux autres.
- Julie Denis
Et ça t'aide, toi, à mettre de la distance. Mais est-ce que ça t'apaise, toi, intérieurement, de compter jusqu'à 10, je veux dire ?
- Valérie Laroche
Oui.
- Julie Denis
Ok.
- Valérie Laroche
Et maintenant, je ne le fais plus. Au fait, je dis ça, mais je ne dois plus le faire. Oui,
- Julie Denis
ça devient un automatisme.
- Valérie Laroche
Et comme ils disent, lâche-moi et laisse-nous. Et en effet, il laissait un peu. Parce que d'avoir cru que je devais tout gérer, ça s'est un peu mis sur, je crois aussi, que je dois gérer pour les autres, je dois leur éviter l'inconfort, je sais mieux qu'eux. Mais ça, ça me revient dans la figure fort, quoi. Parce que ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
- Julie Denis
Non, non, forcément. Si on revient sur ton parcours, il y a eu ce burnout en 2018. Il y a eu après des hauts et des bas,
- Valérie Laroche
un petit peu.
- Julie Denis
Comment est-ce que tu gères ça et peut-être surtout comment est-ce que tu gères quand t'es dans le creux de la vague ou quand t'as pu être dans le passé dans le creux de la vague, donc plutôt le lot, comment tu fais pour gérer, pour garder espoir que ça ira mieux, pour sortir de là, pour avancer ?
- Valérie Laroche
Pour situer un peu le truc, parce que je suis quelqu'un qui aime bien... que les mots soient correctement utilisés, qu'on appelle les choses comme elles sont. J'ai vécu un burnout en 2018, et puis j'ai découvert la thérapie en étant patiente, et puis j'ai eu envie de me former. J'ai vu plusieurs thérapeutes, notamment des psychologues, et puis j'ai évolué, j'ai vu des kinés parce que j'avais mal partout. Depuis ces huit ans, je vois toujours ma médecin de famille, qui avait une belle image. Un jour, elle m'a dit, mon job, c'est de vérifier que tu remontes, mais la remontée n'est pas linéaire, ce n'est pas une courbe qui monte, c'est des paliers. Et parfois le palier est long, parfois le palier est court, puis tu continues à monter et c'est des belles ascensions. Mais elle dit, moi, mon job, c'est de vraiment vérifier que tu ne redescendes pas et que si tu redescends, qu'on prenne les choses en main à temps. Et quand je parle de redescendre, dans mon cas, ça s'est marqué par une anxiété énorme. Alors, je ne sais pas si j'ai toujours été, en fait, si j'ai toujours été comme ça. Je crois que j'ai toujours été comme ça, mais j'avais mis des mécanismes en place, notamment tout contrôler, faire tout bien. Et là, c'est comme s'il y a une porte qui avait été ouverte. et que je suis quelqu'un d'anxieuse, il y a de l'anxiété dans ma vie, il y a eu de la dépression. Et à un moment donné, en 2023, j'ai tout à fait perdu pied et j'ai été hospitalisée. Alors dans ce moment-là, il n'y a pas de l'après, il n'y a pas de l'espoir. C'est juste aujourd'hui, comment on va faire aujourd'hui ? Qui va s'occuper des enfants ? Qui va m'amener ? Qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce que je dois prendre des médicaments ? Est-ce que je ne dois pas prendre de médicaments ? Activité professionnelle, entre parenthèses, évidemment. Ça, c'était vraiment le gros down. Dans ce moment-là, moi, je m'accroche à Thomas, je m'accroche à mon médecin, je m'accroche aux enfants, aux personnes. Je me souviens qu'à ce moment-là, c'est ma belle-mère qui vient s'occuper des enfants et ils vont au parc parce qu'il fait super beau. Ils rencontrent des copains de l'école, ils expliquent les choses telles qu'elles sont. Parce que nous, on avait expliqué les choses telles qu'elles sont. Maman ne va pas bien, elle a besoin d'aller se reposer, elle va aller quelques jours à l'hôpital. On ne sait pas quand elle va revenir. Et donc, ma belle-mère explique ça, ou mes enfants expliquent ça à leurs copains. Du coup, les mamans des copains m'appellent, enfin, on m'envoie des messages. Donc, il y a tout un réseau de soutien qui se met en place parce que les choses ont été dites. Mes enfants, ils savent. Donc, alors, ils ne savent pas les idées très, très noires, mais à hauteur d'enfants, on leur explique ce qui se passe pour ne pas qu'ils s'inquiètent. Donc là, au niveau professionnel, il y a tout qui s'arrête. Moi, je vis ça de nouveau comme un échec parce que je me dis, OK, je me suis formée à l'art-thérapie, je suis thérapeute, mais en fait, je ne suis pas du tout soignée. Est-ce qu'il faut être soignée pour pouvoir soigner ? Il y a toujours cette question-là. Et puis après, les choses remontent. Et pour répondre à ta question, la semaine dernière, enfin pour répondre en deuxième partie à ta question, la semaine dernière, donc là on est début septembre, je pense que toutes les mamans qui nous écoutent diront que la rentrée c'est quand même hardcore. C'est compliqué le matin avec les enfants, pour diverses raisons. J'ai quelque chose de nouveau qui m'attend au niveau professionnel, dont j'ai envie mais qui me fait peur. Une belle grosse commande d'assiettes. Et je sens arriver les symptômes d'attaque de panique que je n'avais pas eu depuis deux ans. Et donc dans ces cas-là, j'ai pas faim, j'ai mal à l'estomac. J'ai chaud. Et là, rien que de le dire, je sens tout qui se fige. J'ai du mal à réfléchir. Je dors pas bien le soir. Et au fait, tout de suite, là, je me dis OK, qu'est-ce qu'on fait ? Donc, je prends mon agenda et en fait, là, j'enlève. Et je suis assez contente de faire ce lien parce que je m'en étais pas rendu compte, mais j'enlève. Donc, je regarde et je me dis OK, ce truc, cette semaine, c'est pas... Donc, je fais vraiment le truc de qu'est-ce qui n'est pas urgent, qu'est-ce qui n'est pas important et je nettoie. Donc, j'annule un contrat. J'en parle aux enfants et à Thomas. Je vais me coucher tôt. Enfin, je reprends vraiment les choses à la base et ça dure 24 heures et puis c'est fini. Trop bien. Et là, vraiment, je me dis, OK, peut-être que ça fait partie de qui je suis. Moi, je me demande toujours si dans le cerveau, il y a des connexions qui ne sont pas faites chez les uns et chez les autres et que du coup, toute ma vie, j'ai l'air de l'anxiété. Ou est-ce que c'est quelque chose qui vient de mon enfance et je peux travailler dessus ? Je n'aurai jamais la réponse parce que je ne vais jamais aller trifouiller dans mon cerveau. Mais en tout cas, au quotidien, je fais mes exercices de kiné parce que je sais que ça va me donner... Enfin, je vais nager. Je sais que le mouvement va me donner des bonnes hormones. Mais il y a quand même une part de moi qui se dit « Oh là là, c'est reparti. Qu'est-ce que c'est que ça ? Il faut que je m'accroche parce que je vais dégringoler. » Mais en même temps, aujourd'hui, je sais...
- Julie Denis
Oui, aujourd'hui, tu as les outils pour faire en sorte qu'en 24 heures, ce soit...
- Valérie Laroche
vraiment partie, quoi.
- Julie Denis
Oui, c'est ça.
- Valérie Laroche
Il n'y a plus de symptômes physiques, de grandes fatigues, etc.
- Julie Denis
Oui, 24 heures.
- Valérie Laroche
24 heures. Oui, avant, ça durait minimum trois jours et c'était toutes les semaines. Donc, en fait, je ne savais pas. Enfin, je veux dire, moi, j'ai monté mon activité professionnelle sur ces bases-là.
- Julie Denis
Oui, quelle évolution.
- Valérie Laroche
Oui, donc ça, c'est chouette. Mais du coup, ta question était...
- Julie Denis
Quand tu es dans le creux de la vague, comment est-ce que tu fais pour continuer à avancer ? Oui,
- Valérie Laroche
c'est ça que j'allais dire. Déjà, c'est accepter de se dire, je suis dans le creux de la vague. Ça, c'est ma vague à moi. OK, l'autre, il gère des trucs. OK, l'autre, il a quatre enfants et puis deux business. Mais ça, j'arrive à vraiment plus le faire.
- Julie Denis
C'est aussi ce qu'on voit de la vague de l'autre. C'est pas forcément...
- Valérie Laroche
Moi, je parle souvent de montagne. C'est vraiment chacun sa montagne. Oui,
- Julie Denis
c'est ça.
- Valérie Laroche
Il y a des gens qui font du trail et puis il y a des gens qui arrivent à se lever le matin. Et donc, c'est déjà me dire, OK, ça, c'est entre moi et moi-même. Ça ne fait pas de moi quelqu'un de moins valable ou de moins... C'est juste que pour l'instant, c'est comme ça. Et au fait, je sais bien que si je ne m'en occupe pas, ça va juste s'empirer. Et alors, c'est ça que je voulais rajouter. Accepter de demander de l'aide, quoi. Donc, en parler aux personnes de confiance, se dire, OK, chez ma psy, j'étais en train de traiter deux, trois trucs de fond. C'était chouette, on avançait bien. Mais aujourd'hui, on va prendre ça comme sujet parce qu'en fait, bof, je prends un antidépresseur depuis deux ans et j'avais rendez-vous chez ma psychiatre pour... J'avais dit, je l'arrête, ça va. Et en fait, j'ai dit, je continue encore un petit peu parce qu'en fait, il y avait trop. Donc, c'est vraiment faire taire ces petites voix qui disent, ouais, t'es pas assez, quoi. Tu fais pas assez. Puis les autres, ils y arrivent. Et puis avant, tu faisais ça. Mais je me demande souvent, est-ce que j'ai utilisé tout mon capital énergie, mon capital warrior et que j'en sais rien ?
- Julie Denis
Je pense que quand on fait un burn-out, moi j'ai beaucoup accompagné les personnes en burn-out. Et c'est souvent une inquiétude des personnes qui disent, est-ce qu'un jour je vais retrouver la même énergie ? Mais dans leur tête, je ne sais pas si c'est ton cas, mais dans leur tête, souvent en creusant un petit peu, ces personnes espèrent retrouver la même énergie et la même capacité de faire qu'avant.
- Valérie Laroche
Alors qu'en fait, on n'était pas dans notre réel chemin.
- Julie Denis
Exact. Donc, il y a un truc de biaisé là-dedans, tu vois. Donc, ce n'est pas seulement une question d'énergie. Donc, il y a ça. Et puis, il y a aussi le fait qu'une fois qu'on a fait un burn-out, souvent, le corps reconnaît beaucoup plus rapidement le signal. Limite, on est un petit peu traumatisé de ça. Et dès qu'on sent qu'il y a un peu de fatigue ou quelque chose, on se dit, oula, il faut que je fasse attention et on freine un petit peu.
- Valérie Laroche
Tout de suite. Donc, en fait, c'est juste super.
- Julie Denis
Oui. Ça permet en tout cas de...
- Valérie Laroche
Mais tu vois, quand tu me disais au début qui était la fille d'avant, la fille d'avant, tu la rencontres aujourd'hui, tu bois pas un café avec elle. J'étais sèche, j'étais cassante, j'étais dans mes schémas de pensée. Mais évidemment, il y avait de la place pour rien d'autre. Et donc en fait, je ne voudrais pas revenir à ça.
- Julie Denis
Je te vois absolument pas comme ça. C'est marrant de... Je te connaissais pas à l'époque.
- Valérie Laroche
Ben non, je voudrais pas revenir à ça. Donc en fait, ça n'a pas de sens.
- Julie Denis
Pour revenir à ce que tu disais juste avant... Ce que tu dis, c'est que tu as mis en place toute une série de choses avec le psychologue, toi, avec ton médecin. Mais toi, tu as travaillé une part sur tes choses à toi. Et puis, à côté de ça, j'entends qu'il y a aussi le réseau et l'aide que tu as pu avoir de l'entourage. Et c'est chouette de le rappeler parce que souvent, que ce soit burnout ou autre chose, je trouve qu'avec la mouvance, je ne sais pas comment il faut l'appeler, développement personnel, on est un peu trop dans ce discours. Il faut que ça vienne de soi. Il faut régler ses problèmes soi-même.
- Valérie Laroche
Tout est une question de mindset, ça c'est quelque chose que je ne peux plus entendre.
- Julie Denis
Alors que, bien sûr qu'il y a un travail individuel et personnel à faire, après on est des êtres sociaux et on se construit aussi en lien avec les autres, on se construit ou on se soigne ou on évolue en lien avec les autres. Ça je suis sûre. Alors si on vient un peu plus spécifiquement sur la question du temps long, comment est-ce que tu distingues le fait de prendre son temps parce qu'on se respecte et rester dans un temps long parce qu'on évite quelque chose ?
- Valérie Laroche
Je vois du lien entre les deux. Je pense que les choses prennent du temps. Pour revenir à ce que tu disais juste maintenant par rapport au développement personnel, on aime quand même bien nous faire croire qu'en 21 jours, en répétant trois mantras, on va changer qui on est. Je crois vraiment que les choses prennent du temps et je crois aussi qu'un petit pas chaque jour... dans la bonne direction, vous amène à la bonne destination. Et ce que je veux dire par là, c'est que parfois, on n'a pas tout de suite la conscience de quel est le petit pas à faire chaque jour, mais si on écoute un peu ses besoins, son intuition, si on éteint un peu toutes les voix, le bruit ambiant, pour certaines personnes, ça va être de vraiment prendre ce repos, de faire une sieste tous les jours pendant X temps, ou dans mon cas, ça a été de se dire... Ok, j'ai envie de faire un collage, je vais le faire, même si ma tête très rationnelle me disait que ça n'a aucune utilité, ça n'a aucune rentabilité. Puis huit ans après, on se présente en disant que je suis une artiste. C'est pour ça que je disais tout à l'heure, le mot reconversion donne un peu parfois l'impression qu'un jour je suis sale, le lendemain je me suis reconvertie. Alors qu'en fait, c'est juste redressement de cap. Et donc, pour répondre à la question de quelle est la différence entre prendre son temps pour éviter et le fait que les choses prennent du temps, moi, la différence que je vois là, c'est vraiment le petit pas par jour. qu'est-ce que je peux faire comme toute petite action faisable qui me paraît ok pour prendre soin de moi pour avancer vers qui je suis et pour certains c'est appeler cette thérapeute ou cette psychiatre pour aller marcher tu vois ce que je veux dire ?
- Julie Denis
Oui donc c'est vraiment dans une logique de prendre soin de soi et pas tant... Mais être honnête avec soi-même aussi Oui c'est ça qui est compliqué Être honnête avec soi-même aussi
- Valérie Laroche
Tu disais en début d'interview, en effet, mon atelier est dans ma maison. Ça a été un chemin aussi d'accepter qu'on allait consacrer une pièce à moi, que je recevais une pièce, que c'était mon atelier. Pour moi, avoir un atelier était égal être une artiste. Et donc, c'était oui, mais quoi ? C'est quoi être une artiste ? Et il y a eu tout un temps où j'allais chez ma psy et on discutait de ça. Je disais, je ne monte pas à l'atelier, je n'y arrive pas, je n'arrive pas à poser cette porte. En fait, c'est trop de joie, c'est trop de j'ai le droit d'être qui je suis. Moi, je ne savais pas que le boulot, ça pouvait être joyeux, que ça pouvait donner de l'énergie, qu'on pouvait être... humains, qu'on pouvait dire les choses telles qu'elles étaient et que quand même les gens allaient venir à nous. Et donc ça a vraiment été un truc. Et dans ce cas-là, le premier pas n'était pas d'aller à l'atelier, le premier pas était de se dire, je ne vais pas commencer à faire des lessives, du lave-vaisselle, repeindre le couloir ou j'en sais rien, je vais attraper en face ce truc qui me regarde dans les yeux à chaque fois que je monte, cette porte que je ne passe pas. Et aujourd'hui, j'y vais tous les jours.
- Julie Denis
Et tu t'identifies comme étant artiste. Ah oui, oui.
- Valérie Laroche
Oui, oui, c'est vraiment... Pour moi, l'artiste, c'est quelqu'un qui trouve des solutions, c'est quelqu'un qui crée, c'est quelqu'un qui regarde la vie d'une certaine manière. Donc voilà, oui, ça c'est clair. Ça m'aide beaucoup parce que quand j'étais à l'hôpital, avec tout qui s'était vraiment effondré, je me souviens que j'écrivais beaucoup et j'avais vraiment eu un truc, je crois que ça a été le petit coup de pied dans le fond de la piscine. Je me suis dit, en fait, quelle que soit ma situation financière, professionnelle, job alimentaire, pas job alimentaire, Quand mes enfants seront grands et qu'ils ne seront plus 100% dans ma tête, très grande partie dans mon agenda, je suis artiste. C'est génial parce que ça veut dire que j'ai 42 ans et je peux être à l'aube de ma carrière. Je peux faire de la peinture jusqu'à 80. C'est génial.
- Julie Denis
Cette perspective-là t'a aidé quand tu étais hospitalisée ? À fond. Et d'avoir une perspective. Oui, à fond.
- Valérie Laroche
Je sais encore dans quel carnet ce texte est écrit.
- Julie Denis
Tu dis que la performance à la mauvaise place devient de la violence.
- Valérie Laroche
Waouh, j'ai dit ça ? Moi, j'en ai des frissons.
- Julie Denis
Alors, c'est quoi une performance à la bonne place ?
- Valérie Laroche
Quand tu es dans ta zone de talent, dans ta zone d'excellence, dans ta zone de génie, dans ta zone de talent et que tu aimes ça. Tu vois, c'est l'exemple de l'enfant qui est super bon en maths et alors il devient ingénieur. Alors qu'en fait, c'est sa zone de talent, mais c'est ça qu'il aime faire.
- Julie Denis
Oui, c'est en quoi je suis bon. Et puis, c'est qu'est-ce que j'aime.
- Valérie Laroche
Quand les deux se mettent ensemble, ça, c'est vraiment des étincelles.
- Julie Denis
Je parle de performance alors qu'on parlait de... temps en entrepreneuriat et je pense de manière générale dans la vie, c'est parfois compliqué, surtout dans la société dans laquelle on vit, c'est compliqué de prendre son temps. C'est compliqué et aussi les choses doivent, il y a une réalité physique, économique, trois petits points, on pourrait citer plein de choses, qui fait que parfois il faut avancer. Comment trouver l'équilibre entre ce temps long, suffisamment long pour déjà mettre une nuance, et suffisamment de performance pour ne pas entrer dans... Dans la violence, justement.
- Valérie Laroche
Émilie Pitou disait la semaine dernière qu'elle aimait bien les success stories, les gens qui expliquent « j'ai tout lâché, j'ai lancé ma boîte » , mais qu'il y a toujours quelque chose derrière. Parfois, il y a une maison payée, parfois, il y a un héritage. Dans mon cas, j'ai un amoureux qui fait un boulot qu'il adore dans sa zone d'excellence, qui a un très bon salaire. On a déjà la moitié de notre maison qui est remboursée. Moi, j'ai encore un soutien de ma mutuelle parce que je suis encore aujourd'hui en reprise à temps partiel. Donc, je suis entrepreneuse. parce que je suis en train de construire mon activité, mais je suis encore dans ce truc de santé. Je trouve ça parfois difficile, parce que c'est un peu deux facettes comme ça, mais pour l'instant, c'est encore comme ça. Il y a des gens qui ont droit au chômage, il y a des gens qui n'ont pas droit au chômage. Toute situation est différente. Il y a des gens qui sont capables de sauter comme ça avec rien. Et ça rejoint la question d'avant. Tu peux avoir une situation qui est en or sur le papier, c'est-à-dire avoir tous les soutiens, toutes les sécurités, et quand même pas t'y mettre. Et donc ça revient au truc de qu'est-ce que je peux faire comme petit pas aujourd'hui ?
- Julie Denis
Oui, c'est ça. Et pas t'y mettre parce que t'as plein de blocages mentaux.
- Valérie Laroche
Et vraiment, parfois, le premier pas, c'est de se dire, OK, je vais regarder à quoi ressemble la montagne.
- Julie Denis
Est-ce que je t'entends dire, du coup, que sans toutes ces aides-là, quelles qu'elles soient, que ce soit un héritage, un amoureux, la mutuelle, comme tu dis, sans ces aides-là... C'est plus compliqué de se permettre de prendre du temps long ?
- Valérie Laroche
À mon avis, ça rejoint ce que tu disais tout à l'heure, qu'on n'est pas fait pour être seul. Oui, je pense que mathématiquement, il n'y a personne qui n'a pas un loyer ou un prêt. Mais je pense que c'est très important de connaître sa propre situation. C'est pour ça que j'aime bien des nanas comme Kathleen Hawke, Bloomingflow, qui font du coaching à l'éducation financière parce que toute situation est différente. les besoins sont différents, il y a des gens qui ont des enfants, pas d'enfants et donc je crois que c'est important enfin en fait c'est arrêter de se comparer parce que toute situation est différente je sais qu'après cet enregistrement je vais me dire oh là là et puis j'ai parlé de ma situation de maladie et puis les gens vont me juger, je le sais mais on va justement le laisser dans le truc parce qu'en fait je crois que c'est important et que moi si j'avais pas eu tout ce soutien là en fait je serais plus là, je sais les dates où je me suis dit le tram je vais me mettre en dessous le lac je vais sauter dedans donc à un moment donné il faut être aussi honnête sur sur... En fait, j'étais vraiment bas, quoi.
- Julie Denis
Oui, et puis si tu n'en parlais pas, il y a d'autres personnes qui jugeraient en disant « Oui, mais enfin, bon, elle est là facile de parler de... » Oui, ça je l'entends, ça je l'entends. De toute façon...
- Valérie Laroche
Et moi, je l'entends super.
- Julie Denis
Il y aura toujours des personnes qui jugeront et qui diront des choses, quoi que tu dises ou ne dises pas.
- Valérie Laroche
Oui, de toute façon. Pour moi, cette histoire du temps long, c'est que ça peut prendre une vie de se connaître, mais après, il faut avoir une certaine humilité et honnêteté de se dire « Ok, voilà qui je suis et je fonctionne... » comme ça et c'est ma façon de fonctionner. Je vais te donner un exemple. Pendant très longtemps, j'ai cru que j'étais asociale parce que je n'aimais pas aller à des concerts. Et je me disais, je ne suis pas cool, je ne suis pas fun. J'adore écouter de la musique. J'adore le silence aussi. Mais au fait, je n'aime pas la foule. Je n'aime pas le bruit trop fort. La lumière me dérange. Et donc, au fait, ce n'est pas ma place. Par contre, de la musique classique, en fond, quand je tourne mes assiettes ou une fois une chanson à fond de balle dans la voiture, quand je reviens de chez la psy, que c'était dur. Oui. Mais je n'ai pas tout de suite compris.
- Julie Denis
Oui, ce n'est pas généralisé. Oui,
- Valérie Laroche
et j'ai pu avoir des personnes qui ont été dans ma vie qui me disaient « Va l'aller, franchement. » Non, en fait, je n'ai pas envie. Du coup, tu ne bookes pas ce ticket, puis finalement, le concert est sold out. Et au fait, il y avait un peu ce truc de fear of missing out. Et au fait, non, ce n'est pas moi.
- Julie Denis
Ce que j'entends, c'est en fonction du contexte, c'est quand même de tenir compte. Et ça me fait plaisir que tu le nommes, parce qu'effectivement, c'est prôner certaines choses. Que ce soit le temps long, que ce soit autre chose. Sans tenir compte du contexte de chacun, c'est facile de dire des choses depuis son propre contexte et de dire que tout le monde devrait faire pareil. On entend parfois des discours comme ça sur les réseaux. Mais effectivement, chacun son contexte, chacun ses possibilités. Après, je pense que ralentir un petit peu, puisque le temps long, c'est un petit peu ça finalement. Ralentir, je pense que dans tous les cas, c'est important pour tout le monde. Et que tout le monde peut se poser la question, comme en moi dans ma vie. je peux ralentir un petit peu. À quel endroit c'est possible ? Comment ?
- Valérie Laroche
Et qu'est-ce que ça veut dire aussi ? Je me souviens d'avoir longtemps dit à la première psychologue que je voyais, vous voulez que je me couche dans mon canapé, que je regarde le plafond ou quoi ? Moi, ça ne va pas aller. J'avais tout qui tournait dans ma tête, j'avais des angoisses. Par contre, la céramique a été une énorme porte d'entrée parce que mes mains étaient occupées et ma tête s'apaisait. Qu'est-ce que je mets dans le mot ralentir ? Qu'est-ce qui est pour moi ralentir ?
- Julie Denis
Quel serait un conseil que tu pourrais donner aux personnes qui ont du mal à ralentir aujourd'hui, surtout sachant de... D'où toi tu viens avant ? Les personnes qui seraient comme ça, ou à l'ancienne Valérie, tu lui dirais quoi pour commencer à ralentir un petit peu ?
- Valérie Laroche
Je lui dirais, qu'est-ce que ça veut dire pour toi ralentir ? Je l'inviterais à prendre une feuille de papier, un bic, et se dire, pour moi ralentir ça veut dire laisser venir ce qui vient, et la question de se dire, qu'est-ce qui me donne de l'énergie, qu'est-ce qui m'en prend, vraiment ?
- Julie Denis
Oui, et peut-être prendre du coup un peu plus de temps à faire les choses qui nous donnent de l'énergie.
- Valérie Laroche
Mais cette question, qu'est-ce que ça veut dire pour moi ralentir ? Ou la question que je pose, je crois, dans tous les... dans tous mes accompagnements, c'est de quoi j'ai besoin maintenant ?
- Julie Denis
Tu te la poses souvent cette question ? Tout le temps. Alors qu'avant, jamais.
- Valérie Laroche
Jamais.
- Julie Denis
C'est la neuroplasticité. On entraîne notre cerveau à fonctionner d'une certaine manière et puis là, ça devient automatique tous les matins.
- Valérie Laroche
Et là, c'est gay aussi avec les enfants. C'est parce que tu vois aussi.
- Julie Denis
Alors, c'est une bonne transition. Je voulais te poser ce que je sais que tu parles régulièrement de tes enfants. Je sais que c'est un rôle et une partie de ta vie qui est importante, en tout cas aujourd'hui avec l'âge qu'ils ont. Tu m'as dit être la maman que tu voulais être. en débroussaillant les automatismes que tu pouvais avoir. Qui était la petite Valérie et qu'est-ce que tu as choisi de faire autrement, toi ?
- Valérie Laroche
Ça va être dur parce que ça m'émeut déjà. Ta question m'émeut à fond. J'étais une petite fille très consciencieuse, très sage. Je parlais de joie, de collection. On dit de moi que j'avais des papiers de bonbons sous mon lit, que j'assemblais déjà des choses, etc. J'étais quelqu'un qui devinait comment l'autre se sentait pour ne pas le mettre en difficulté. J'étais une petite fille qui scrutait, qui était dans une suradaptation. J'étais très bonne élève à l'école. J'étais seule. Je me souviens que j'étais un peu... Je crois un peu à dire aux autres ce qu'ils devaient faire. L'aînée de quatre enfants, je pense très inquiète pour les autres. Très à sentir, à scruter, à deviner comment mes parents allaient pour ne pas prendre trop de place, pour ne pas rajouter dans l'assiette.
- Julie Denis
Parce que tes parents avaient déjà beaucoup ?
- Valérie Laroche
Oui, je crois.
- Julie Denis
Ou en tout cas, c'était ton ressenti.
- Valérie Laroche
C'était mon ressenti. Et on n'était pas... J'ai l'image d'une petite fille fort seule. Je ne me souviens pas de petits déjeuners partagés. Je ne me souviens pas de repas partagés.
- Julie Denis
Alors que vous étiez quatre enfants à la maison. Oui.
- Valérie Laroche
Je n'ai pas beaucoup de souvenirs. Mais le ressenti, c'est vraiment une petite fille qui fait en sorte de ne pas déranger. Oui,
- Julie Denis
oui.
- Valérie Laroche
Et la raison pour laquelle ça m'émeut, c'est que je suis encore aujourd'hui en train de soigner cette petite fille-là. Et en même temps, j'accompagne deux garçons qui grandissent bien et qui, on l'a déjà dit plusieurs fois, sont un sérieux miroir. C'est-à-dire que quand mon fils, à la fin d'un week-end, où je suis complètement claquée, me dit « toi, voilà tes deux points d'amélioration » . Je lui ai demandé « Igor, qu'est-ce que tu aurais aimé que je fasse mieux ce week-end-ci ? » Parce que je voyais bien que ça n'allait pas et que j'avais raté. Là, pour le coup, je n'étais pas fière de moi. Je me disais « ça va être l'occasion de voir de quoi lui aurait eu besoin » . Mais aujourd'hui, moi, je me vois comme une maman qui laisse la parole à ses enfants. En tout cas, je les laisse s'exprimer. Je leur mets un cadre pour qu'on puisse vivre ensemble. Je laisse la place pour qu'ils s'expriment. J'ai très à cœur d'élever deux garçons qui vont être des hommes autonomes. Donc, ils sont invités à faire la lessive et à s'occuper de la vaisselle. Mais là où je suis vraiment fière, c'est que déjà, je les vois grandir. C'est-à-dire que je passe beaucoup de temps quotidiennement avec eux. Ils ont la place pour s'exprimer, en fait. Et cette neuroplasticité dont tu parlais, je la vois, en fait. Je vois comment ils se sentent quand on fait ce qu'on appelle des séances confiance. Donc, c'est quand on se sent un peu moche à la fin de la journée. On dit tout ça. Tu vois, je suis beau, je suis courageux, je suis fort, je suis créatif. Tous des trucs qui décident et qui leur font du bien. Et tu vois bien qu'après, ils se redressent, ils sont plus... Et en fait, par rapport à quand ils rentrent de l'école et qu'ils disent machin, malgré que j'étais nulle dix fois, en fait, ça a fait vraiment un impact. Oui, je suis vraiment fière de ne plus être pendant 22 minutes à pédaler à... à crever sur mon vélo et vite, vite, vite les ramasser à la crèche et vite, vite les mettre au lit. Je suis fière des discussions qu'on a quand ils se couchent et du fait qu'il y a vraiment la place dans le foyer qu'on construit pour que quand ils ne sont pas contents, ils le disent. Et donc, il y a de la place pour la colère, il y a de la place pour la joie, il y a de la place pour la tristesse. Pour moi, les enfants, on les apprend, notre rôle, c'est de leur donner des outils pour apprendre à se connaître, pour se connaître, parce que tu vis avec soi toute ta vie, mais pour pouvoir vivre en groupe parce que l'homme est un être social.
- Julie Denis
Je pense que tu mets le doigt sur quelque chose aussi d'un peu générationnel, en tout cas c'est ma vision de la chose. Tu l'as dit plusieurs fois, il y a de la place pour qu'ils expriment leurs émotions. Et nous, on est d'une génération où à l'époque, la manière d'élever les enfants, la bonne manière d'élever les enfants, la norme c'était que l'enfant ne devait pas prendre trop de place. Oui,
- Valérie Laroche
manger sur une autre table quand les copains venaient et tout ça.
- Julie Denis
Et ne pas exprimer leurs émotions. On ne parlait pas des émotions des enfants, les enfants devaient écouter. écouter, obéir et se taire.
- Valérie Laroche
Mais par contre, il y a plein de fois où je leur dis, bon, maintenant, c'est pas le moment. Maintenant, je termine ma discussion avec papa. Parce que ça, c'est l'extrême inverse qui, moi, me convient pas.
- Julie Denis
Oui, ou c'est que tout le temps l'émotion de l'enfant. Alors que non, il doit aussi apprendre parfois à... Moi,
- Valérie Laroche
j'ai besoin le matin de prendre mon petit-déj jusqu'au bout, parce que comme ça, je n'ai pas de fringales avant midi. Et eux, voilà, ils font leur sac et on n'a pas besoin de tout le temps être interrompu. Enfin, ça, c'est tous des trucs. Oui, c'est comment on fait pour vivre ensemble. C'est vraiment ça, le truc, quoi.
- Julie Denis
Oui, c'est ce que j'allais dire. C'est ce que... Tu avais dit, c'est le vivre ensemble. Et ça,
- Valérie Laroche
ça a été aussi un chemin. Parce que moi, je me souviens, les premières séances chez la psy, en 2019, ils m'ont dit, oui, mais vous avez besoin de dormir. Mais oui, mais vos enfants, il faut leur dire qu'en fait, ils ont, je ne sais plus, je ne sais plus c'était quoi les sujets, mais j'étais quelqu'un qui s'effaçait pour les autres. Moi, je me souviens, quand Igor est né, le Mont-Grand, je pensais que chacun de ses pleurs, je devais avoir la réponse. C'était vertigineusement angoissant. Oui,
- Julie Denis
c'est une pression.
- Valérie Laroche
Je continuais sur ce truc de je dois avoir la réponse à tout. et j'ai autant de temps. temps qu'on m'a donné et je dois pouvoir tout faire dans ce temps-là sans me questionner de « est-ce que j'ai besoin de quelqu'un d'autre ? Est-ce que ça va ? » Ça s'est vraiment mis sur les enfants.
- Julie Denis
Quelle différence avec ce que tu fais aujourd'hui.
- Valérie Laroche
Oui, c'est génial.
- Julie Denis
On arrive déjà à la fin de l'interview. J'ai une dernière question. Qu'est-ce qui te rend fière aujourd'hui ?
- Valérie Laroche
Des moments comme celui-ci où je parle des choses telles qu'elles sont parce que je pense vraiment que ça va... Ce n'est pas que je pense, je le sais. Suite au dernier podcast que j'ai enregistré, j'ai... des messages de personnes qui me demandent si on peut se voir, que ça a aidé. Je suis fière de ces moments-là, de dire les choses telles qu'elles sont, parce que je crois qu'on a besoin de ça.
- Julie Denis
Oui, et peu de personnes le font. Et je pense, je l'ai déjà dit quelques fois, mais d'autant plus en tant qu'entrepreneur, c'est compliqué parce qu'on vend quelque chose. Et en même temps, quand on dit, bon, ici, c'est plus dans le passé, mais quand même, on dira, je ne vais pas bien, mais en même temps, on vient acheter chez moi.
- Valérie Laroche
Je pense qu'il faut parfois avoir traversé les choses au moins un minimum pour pouvoir se retourner dessus. En tout cas, moi, ça m'aide de dire, voilà, je suis quelqu'un qui a eu des écueils avec sa santé mentale, qui struggle encore avec ça, qui n'a pas toutes les réponses. Et pour autant, je fais un boulot génial. Je pense que parler des choses aide, vraiment.
- Julie Denis
Oui, je suis d'accord. Merci beaucoup. Donc,
- Valérie Laroche
des moments comme maintenant, je suis méga fière.
- Julie Denis
Merci d'avoir pris le temps, mais surtout d'avoir montré cette partie plus vulnérable et de le partager.
- Valérie Laroche
Oui,
- Julie Denis
merci pour ça.
- Valérie Laroche
Avec joie. Avec vraie grande joie.
- Julie Denis
A bientôt, Valérie.
- Valérie Laroche
Merci beaucoup. Ciao.