Speaker #0Bonjour et bienvenue dans La vie de'ta mère, le podcast sur la vraie maternité. Alors dans cet épisode, on va parler du déséquilibre entre les femmes et les hommes, entre les mères et les pères, au sein de la parentalité. Si après la naissance de vos enfants, vous vous retrouvez à tout porter, et bien c'est pas parce que votre mec est nul, en tout cas pas seulement. C'est parce que tout est fait et pensé pour que ça se passe comme ça. Le déséquilibre entre les femmes et les hommes, c'est pas du tout un accident. Ça vient d'un système et de politiques qui ont été mises en place depuis des décennies, qui font tout pour que ce soit vous qui portiez tout. Et aussi beaucoup de normes qu'on a intériorisées. Et donc ça peut paraître un peu abstrait comme ça, mais on va évidemment revenir là-dessus. On va approfondir ce sujet dans la suite du podcast, tout simplement. Donc en gros, ce que je veux vous dire, c'est que c'est pas qu'un problème de couple. C'est un problème structurel qui se joue dès la naissance des bébés, et même avant, on ne va pas se mentir. La plupart des femmes dans les couples portent tout avant, bien avant, bien avant qu'il y ait un ou des enfants qui arrivent dans la famille. Donc la charge mentale, elle explose pour les femmes à l'arrivée d'un enfant. Et ce déséquilibre dans la parentalité, si on ne fait pas attention, il ne va faire que s'envenimer. Tout simplement. Donc déjà, peut-être qu'avant de commencer l'épisode, je vais revenir sur la notion de charge mentale, parce qu'en fait, tout le monde ne la comprend pas forcément. C'est quelque chose qui est très difficile à comprendre et encore plus à expliquer, notamment à nos partenaires, notamment à nos conjoints, qui bien souvent aussi, ça les arrange un petit peu de ne pas comprendre. Mais en fait, la charge mentale, c'est un travail qui est invisible. C'est pour ça que c'est aussi difficile à comprendre. Et c'est constant. C'est un travail de planification, d'organisation, de gestion de tout ce qui concerne la vie quotidienne. Famille, maison, travail, loisirs, etc. Et donc ça peut paraître anecdotique comme ça, ça peut paraître pas grand chose en fait. C'est bien le problème de la charge mentale aussi, c'est que c'est plein de petites choses. Mais qui une fois additionnées sont en fait extrêmement épuisantes. Ça génère énormément de fatigue, de stress. un sentiment de surcharge, d'être submergé, tout simplement. Et ça se manifeste notamment par le fait de devoir penser à tout, tout le temps. Il n'y a pas de pause avec la charge mentale. C'est une to-do liste infinie. C'est-à-dire que dès l'instant où vous avez rayé une ligne de votre to-do liste, ça en rajoute 5, 5 autres, 10 autres. Et ça ne s'arrête jamais. Donc voilà, c'est pas seulement de faire les choses. Et d'ailleurs c'est bien le problème quand on demande à nos conjoints de nous aider. Ils vont nous dire de faire une liste. Alors ça moi je l'entends, mais je ne sais pas. Je ne sais pas depuis combien de temps que je l'entends, mais je n'en peux plus. Mais oui, mais fais-moi une liste. Oui, mais c'est ça le problème en fait. C'est le fait de te faire la liste. Donc c'est pas juste le fait de faire la tâche. c'est non seulement de le faire, mais en plus tout ce qui entoure cette tâche. Voilà, donc j'espère que j'ai réussi à vous expliquer un peu ce que c'était que la charge mentale sans trop vous embrouiller. Donc maintenant on peut revenir à notre épisode, après cette petite aparté, et je voudrais commencer par expliquer que s'occuper d'un bébé, ça s'apprend. On a tendance à croire que, en tout cas la société, les... Tout veut nous faire croire que la maternité c'est quelque chose d'inné. Et certainement pour certaines mères, c'est le cas, je ne le nie absolument pas. Mais en fait, surtout, s'occuper d'un bébé, ça s'apprend. Donc en fait, personne ne naît vraiment en sachant changer une couche, reconnaître des pleurs. C'est des choses qui, en gros, s'apprennent, en fait les mères elles apprennent par exposition massive. Une mère, elle va savoir reconnaître, et ce n'est pas toujours le cas, mais savoir si quand son bébé pleure, c'est parce qu'il a faim, c'est parce qu'il ne va bien. Moi, je sais que par exemple, j'en étais foutrement incapable, quand mon fils est né, de savoir si là, il pleure parce qu'il a faim, là, il pleure parce qu'il est fatigué, là, il pleure parce qu'il a mal au ventre. Je n'ai jamais su dire, vraiment. Mais c'est vrai qu'au bout d'un moment, plus on apprend, plus on est exposé à notre enfant. Et bien forcément on sait, moi je sais qu'à un moment donné mon frère me disait, il était venu me voir et il me disait mais laisse le tranquille ton gosse il a même pas encore commencé à pleurer. Oui mais en fait moi je sais parce que j'ai... Je perds les signaux et je sais que là, il va pleurer en fait. Et voilà, ça c'est toutes des choses qui sont venues avec la pratique, tout simplement. Donc oui, je connais mon fils plus que tout, plus que n'importe qui, mais parce que je travaille au corps depuis qu'il est né, je suis H24 avec lui. Et donc... Les pères, en fait, au final, ils sont là moins longtemps, moins souvent, parce qu'ils retournent au travail plus rapidement que les mamans. Et donc, ils pratiquent moins. Et forcément, ça induit un déséquilibre au niveau des personnes qui vont s'occuper de l'enfant. Mais tout ça pour dire qu'au final, cette différence de compétence, si on peut appeler ça comme ça, elle n'est pas du tout naturelle. En fait, elle se construit, tout simplement. Donc en gros, plus tu fais, plus tu sais faire. Plus tu sais faire, plus on te laisse faire, c'est toi qui vas faire. Et plus on te laisse faire, plus tu fais. Donc c'est un foutu cercle vicieux. Les femmes, elles ne sont pas forcément de meilleurs parents. Désolée mes dames. Mais en fait, on est plus entraînées, tout simplement. Et donc ce déséquilibre, il s'installe dès la maternité. C'est assez simple. Ça commence... même déjà pendant la grossesse, je dis la maternité mais non, ça commence déjà pendant la grossesse parce que, alors il y a un truc que j'explique, excuse, je ne sais pas trop encore, je n'ai pas encore restatué le père il ne capte pas tout ce qui se passe parce que ce n'est pas lui qui porte l'enfant donc ça peut expliquer bien des choses, forcément c'est plus difficile à comprendre pour lui et surtout qu'on ne l'explique pas pas grand chose, je dis pas nous en tant que que femme et en tant que mère et voilà, mais la société de manière générale ne les implique en fait la société ne les implique pas elle les rejette de la parentalité, de la paternité donc forcément c'est pas évident pour eux, après il y en a encore une fois qui prennent quand même largement ça pour une excuse, pour une bonne raison de rien foutre, et ça c'est pas ok du tout donc voilà, mais souvent une femme elle devient mère avant qu'un homme devienne père. On le dit souvent, une femme elle est maman et c'est même pas forcément toujours le cas d'ailleurs, on va pas se mentir, il y a des femmes qui la grossesse n'est pas forcément une évidence et voilà et le père lui en général devient père quand il prend son enfant dans les bras. Mais c'est vrai que la grossesse elle est souvent vécue, elle peut être vécue en tout cas assez de manière assez solitaire pour la femme et Les prises par exemple de rendez-vous médicaux, c'est la responsabilité de la femme, puisque c'est elle qui porte le bébé. Donc voilà, bien sûr qu'il y a certains hommes qui accompagnent leur femme et ils sont présents, mais encore une fois, c'est loin d'être la majorité. Et puis, pour en revenir à la maternité, ça a beaucoup changé, mais c'est vrai qu'il y a encore une certaine maternité où le père n'est même pas forcément autorisé à rester la nuit. Et là, c'est vraiment le moment où tout se joue. Je trouve, la mère, elle est larguée toute seule avec son bébé. Et le père, lui, c'est pas qu'il attend sagement à la maison, mais moi, je pense même que ça doit être difficile pour certains, pour un bon nombre d'entre eux. Mais c'est la mère qui s'occupe de l'enfant. Et même si ce n'est pas forcément toujours le cas, il y a quand même encore beaucoup de soignants qui sont encore de la vieille école et ils s'adressent. à la mère, ils expliquent à la mère, ils rassurent la mère. Moi, je sais que nous, on avait le choix. Par exemple, quand on allait faire les visites au pédiatre, quand on était à la maternité, quand mon fils est né, il n'y avait qu'une seule personne qui avait le droit d'accompagner le petit. Et donc, forcément, c'était moi, en fait. C'était évident. Moi, en tout cas, je n'étais pas prête à le laisser à ce moment-là. C'est sûr que c'est un choix, mais c'est un... En fait, je ne sais pas. Non, est-ce que c'est vraiment un choix ? Pour moi, je ne vois pas pourquoi, en plus, il y avait vraiment de la place. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi il n'y avait qu'une seule personne qui était autorisée. Après, il y a aussi beaucoup de choses qui sont faites plutôt pour le confort des soignants, plus que pour le confort des patients, clairement. Ça, c'est... Il n'y a qu'à le voir au niveau gynéco, etc. Si le soignant est entre vos jambes pour vous ausculter, c'est pas parce que c'est mieux, c'est parce que c'est plus pratique pour lui, tout simplement. Alors que pour nous c'est humiliant, on est vulnérable. etc. Enfin, c'est par un moment agréable. Et c'est fait pour le confort du soignant. Comme le fait d'accoucher sur le dos, c'est pour le confort du soignant. Donc ça, il ne faut pas l'oublier quand même. C'est quelque chose d'assez important, je trouve. Ce n'est pas forcément le sujet du tout du podcast, mais je trouve que c'est quelque chose d'important à souligner, à rappeler. Bref. Et donc, dans tout ça, le père, il attend. en fait, il est plus dans un il est plus patif et il est plus dans une sorte d'attente il attend qu'on lui dise quoi faire entre guillemets parce que la mère elle a déjà tout pris en main parce qu'elle avait pas le choix, elle avait un bébé qui pleurait donc il fallait s'occuper et donc même si c'est pas forcément toujours le cas comme je le disais maintenant il y a quand même beaucoup de maternités où le père peut rester la nuit avec la mère et l'enfant et ben voilà Merci. Il n'empêche qu'il y a plein de petites choses qui font que, comme je vous disais, le fait qu'on s'adresse par exemple que à la mère à propos de l'enfant, c'est forcément la responsabilité, elle repose donc sur la mère. Donc en gros, les déséquilibres, ils ne commencent même pas forcément à la maison, ils commencent dans l'institution médicale. À ce niveau-là, ils commencent dans la société, dans ce qu'on nous raconte, dans toutes les idées qu'on nous met. dans la tête. C'est-à-dire que on a aussi nos conditionnements à nous. Il n'y a pas que le corps médical, évidemment. En tant que femme, on est conditionnée depuis toute petite à prendre soin des autres. Et donc, de fait, de nos bébés et de nos hommes, les hommes, eux, ils n'ont pas eu droit à ce lavage de cerveau. On leur a plutôt appris qu'on allait prendre soin d'eux. D'accord ? Leur maman, elle prend soin d'eux. On le dit souvent. Je vais me faire la thé, mais je vais faire une grosse généralité et tout, mais... Mais ça se passe encore quand même comme ça dans beaucoup de couples où le mec, avant, il vit avec ses parents. Et donc, c'est sa maman qui s'occupe de lui. Et ensuite, il va vivre avec sa copine et c'est sa meuf qui s'occupe de lui. Donc, voilà, ça arrive encore beaucoup. Et de toute façon, les tâches domestiques, elles reviennent quand même largement et lourdement aux femmes. Et ça ne vient pas de nulle part non plus. Donc, hum... Donc voilà, comme je vous disais, on a appris aux hommes qu'on allait prendre soin d'eux. Donc face à un bébé, c'est souvent la mère qui prend les choses en charge ou qui prend les choses en main. Mais c'est pas parce que c'est naturel, c'est parce qu'on nous a fait croire que ça l'était. On nous a conditionné depuis toute petite. Mais comme je vous le disais, s'occuper d'un bébé ça s'apprend. Donc c'est pas inné, c'est pas naturel. Et je vais vous raconter une histoire qui m'a fait réaliser à quel point c'est vrai. Donc... Je vais essayer de vous la faire courte. Mon conjoint est marin. Donc, au début où notre fils est né, il a dû s'absenter pendant deux mois. Donc, je pense que notre petit avait deux mois et demi. Et donc, il a dû partir en mars pendant deux mois. Avant la naissance, tout était extrêmement bien équilibré. Il s'occupait autant de moi que... autant que moi du petit, on allait au rendez-vous ensemble, au rendez-vous médico ensemble. Donc on s'est tous les deux, enfin vraiment toute la charge, elle était extrêmement bien répartie. Et puis même, enfin voilà, moi je n'avais jamais changé une couche. Clairement, je ne savais pas changer de couche, c'est lui qui m'a appris à changer les couches. C'est lui qui gérait les... voilà. Au tout début, on devait le supplémenter parce qu'ils nous ont fait chier à la maternité. On devait le supplémenter. Et donc, c'est lui qui gérait tout ça. Enfin bref, voilà. Et donc, comme je vous le dis, c'est lui qui m'apprend à changer les couches. Et puis donc, il s'en va pendant deux mois. Et quand il revient, je lui demande de prendre le relais de nouveau pour les couches. Parce que j'en avais marre. Et puis pour moi, c'était logique qu'on reprenne là où on en était. Et en fait, je me suis rendu compte qu'à son retour, il ne savait plus changer une couche. Alors, ce n'est pas qu'il ne savait plus du tout changer une couche, mais il était un peu paumé en fait. J'ai vu qu'il était paumé. Alors, c'était lui qui m'avait appris à les changer. Vous voyez où je veux en venir ? Donc en fait, il savait faire, il avait appris, il était très impliqué. Et ensuite, il a désappris. Et enfin, il a oublié. C'est... Vous allez me dire que ce n'est pas compliqué de changer une couche, clairement. Mais c'était plus là où c'était lui le master du changement de couche. Là, plus du tout. Et voilà, mais en fait... Tout simplement, c'est parce que moi, j'ai continué et j'ai pris du galon. J'avais beaucoup plus d'expérience que lui. J'avais un gros, gros temps d'avance sur lui, en fait. Et puis, j'avoue que depuis tout ça, il a repris le travail, etc. Et en fait, je n'arrive pas à... J'ai beaucoup de mal, on a beaucoup, beaucoup de mal à réinstaurer un équilibre. Non seulement parce qu'en plus, moi, je suis à la maison, je travaille depuis de la maison. Notre fils, on a du mal à le mettre à la crèche. C'est un peu compliqué. Donc, c'est moi qui m'en occupe, en gros. Et lui, il va au travail. Et toutes les responsabilités sont sur moi. Et ça, je lui ai beaucoup, beaucoup de mal à réinverser la tendance. Donc, voilà. Mais tout ça pour dire qu'en fait, les hommes, ils sont totalement capables de faire. Moi, mon mec, il s'en occupe très, très bien de mon fils, de notre fils. Ce n'est pas le truc-ci. Mais en fait, le problème, c'est pas qu'ils soient incapables de faire, c'est qu'on les sort du terrain. Donc, de fait, ils deviennent beaucoup moins entraînés et ils savent moins faire. Et donc, forcément, nous aussi, on a... En fait, je pense qu'il y a un truc qu'il faut prendre en compte, c'est que nous, on a besoin que ça aille vite. Que ce soit fait, que ce soit bien fait, que ça aille vite. Parce qu'on a tellement de choses à faire, donc au final, on le fait. Parce qu'on n'a pas le temps, on n'a pas le temps de leur apprendre, d'être sur leur dos et de... de leur apprendre en permanence, c'est sûr en fait, donc on en vient à faire. Et il y a aussi autre chose qui nous met dedans, c'est les doubles standards. Mais avant d'aborder le sujet des doubles standards, et enfin les solutions pour une répartition un petit peu plus équitable des tâches, parce que oui, il y en a quand même, même si ce n'est pas facile, et je pense que c'est très très compliqué de répartir les choses à 100%. Surtout quand il y a une des deux personnes dans le couple qui s'occupe de l'enfant à 100%. Mais bref, on va laisser la parole à Agathe. Agathe qui a un tout petit bébé de 15 jours et qui va nous parler de sa maternité. Allez, c'est parti.
Speaker #0cliquez sur le lien en description de cet épisode. C'est hyper facile à faire, ça ne vous prendra pas longtemps. Et moi, ça me fait trop plaisir. Et ça fait trop plaisir aux personnes qui vous écoutent aussi. Donc allez-y, surtout, lancez-vous, n'hésitez pas. Si vous êtes timide et tout, et que vous pensez que vous n'avez rien à raconter, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai du tout. Nous, on a trop envie d'entendre vos histoires, alors allez-y. Mais revenons au sujet du podcast. Alors. C'est quoi le double standard ? C'est le fait de juger différemment le même comportement chez un homme et chez une femme. Donc chez un père et chez une mère, puisqu'ici c'est de ça dont ils s'allient. Par exemple, une mère qui change une couche, c'est normal. On va revenir sur les couches. C'est totalement normal, alors qu'un père qui le fait, il va être ultra valorisé et c'est presque un héros le gars. Donc on a des attentes complètement différentes envers les mères et les pères. Et ça crée un déséquilibre énorme. Ça n'aide pas. Parce que le père qui change les couches et qui est ultra valorisé, alors que nous c'est normal, forcément on va partir du principe que nous on doit le faire. Et lui, il va se dire, c'est bon j'ai changé une couche. Ce n'est pas toujours le cas, évidemment. Je fais des généralités, s'il vous plaît, ne vous énervez pas. Mais voilà, il va se dire, j'ai fait ma BA. C'est un peu ça. Enfin bref. Donc maintenant on va passer aux solutions maintenant qu'on a parlé de tout ça. Donc ouais ok c'est quoi les solutions ? C'est pas simple et je vous dis ça mais moi comme je vous expliquais je me bats encore tous les jours contre la charge mentale. Et c'est tellement insidieux que c'est vraiment... Même moi des fois en fait j'ai du mal à me rendre compte, à me dire ah oui ça c'est de la charge mentale en fait. Donc c'est pas normal que je fasse ça et c'est pas... Donc... C'est très très difficile de s'en sortir. Donc si vous n'y arrivez pas, en fait, ce n'est pas parce que vous êtes nul. C'est surtout ça que je veux vous dire. Je ne cherche pas à vous décourager en même temps, c'est quasiment impossible. Non, clairement, on n'est pas aidé. On n'est pas aidé du tout. C'est un concept qui est encore très nouveau aussi, qui a été théorisé il n'y a pas si longtemps que ça. En tout cas, qui a été largement diffusé il n'y a pas si longtemps que ça. On en entend parler depuis, je pense, à peu près 5 ans, 6 ans. ça a été On en a beaucoup entendu parler, notamment grâce à l'illustratrice Emma, qui en avait fait une BD. Je vous la mettrai en description aussi, parce qu'elle est très très bien. Et moi, en plus, elle l'a fait en anglais, donc j'ai pu le partager avec mon conjoint. Mais voilà, ça aide énormément à leur faire un peu comprendre de quoi il s'agit, mais c'est pas évident. Mais bref, tout ça pour dire que c'est quelque chose de... de très nouveau donc c'est normal qu'on s'en sorte pas encore et que c'est possible de s'en sortir mais c'est pas c'est pour ça que c'est pas si évident que ça c'est parce que c'est des voix là c'est des concepts qui sont contrats qui sont encore un petit peu abstrait au final pour beaucoup de gens et et en plus de ça le système fait que ça nous aide pas et que comme je vous disais le fait que nous on aille On ne s'adresse qu'à nous, qu'on nous appelle nous, par exemple, quand la crèche, quand le gamin est malade, c'est nous qu'on appelle. Enfin bref, ce n'est pas le père. Donc voilà, il y a plein de petites choses qui font que forcément la charge mentale, elle retombe sur nous, elle repose sur nous. Et c'est nous qu'on se la tape, en gros. Donc ma première solution, je dirais que la principale solution, de toute façon, il faut essayer d'impliquer les pères dès le début. Et donc pas juste aider mais bien faire sa part, il faut vraiment insister là-dessus. Moi j'essaye maintenant de ne plus dire, est-ce que tu peux m'aider s'il te plaît ? J'essaie vraiment de ne plus dire ça parce que non tu ne m'aides pas, tu fais ta part, c'est normal, c'est pas... Parce que si on emploie le mot aider, le verbe aider, et bien au final on va l'intérioriser et on va partir du principe qu'on est là pour aider et pas pour prendre notre place, notre... part et prendre le relais en fait tout simplement et donc je vais vous parler d'une de mes meilleures amies qui a été inspirée par mon expérience, je pense qu'elle a flippé quand je lui ai raconté un peu tout ça et notamment ces deux mois en mer et donc elle a exigé que son compagnon passe à 80% au boulot, tout comme elle en fait, les deux ils se sont mis à 80% donc c'était pas évident en plus parce qu'ils bossent dans la même boîte, donc voilà, c'est pas forcément évident Et donc leur bébé, il va aller à la crèche, je crois que dans deux semaines, il va aller à la crèche trois jours par semaine. Il sera gardé une journée par aile et une journée par... Et en fait, ça paraît peut-être rien comme ça, mais c'est une vraie décision politique au sein du couple. J'ai bien conscience que c'est pas accessible pour tout le monde, mais c'est juste pour vous montrer que le déséquilibre, c'est pas une fatalité et que les mecs, c'est aussi des décisions qu'ils peuvent prendre. Moi, j'en vois beaucoup qui se cachent, qui se... Ouais, qui se cachent en fait. Il n'y a pas d'autres. Moi, j'essaie de chercher un autre mot, mais non. Derrière leur boulot. Ouais, mais non, mais il faut que je travaille. Et ouais, c'est bien, mais moi aussi, en fait. Et même si on ne travaille pas parce qu'on s'occupe des enfants, donc on n'a pas de travail rémunéré, ce n'est pas une raison pour que le conjoint se cache derrière son travail pour ne pas s'occuper des enfants. Et moi, j'essaie d'expliquer à mon conjoint là, donc je travaille aussi, en fait, moi, quand je m'occupe du petit, on va dire que c'est comme s'il était à la crèche. Et donc la crèche, elle va prendre en charge certaines choses, mais c'est pas elle qui va... La crèche, elle va m'appeler moi quand... si le petit, il a de la fièvre, voilà. Et c'est pas elle qui va prendre en charge les rendez-vous médicaux, etc. Donc on va partir du principe que c'est la même chose, en fait, dans notre couple. Moi, je m'en occupe, ouais, de 8h à 17h. Et après, par contre, tout le reste, en fait, on le fait ensemble. Bon, ça, c'est pour la théorie. Dans la pratique, on n'y est pas encore, mais ça va... Voilà, je veux aussi insister sur le fait que c'est des choses qui... se font très doucement et ça ne va pas forcément changer du jour au lendemain. Moi, j'avais un peu ce truc à chaque fois de me dire, allez, je vais lui expliquer ça et ça va changer du jour au lendemain. Non, pas du tout, parce que c'est des choses qui sont mises en place, en plus dans le couple, dans la société, dans nos têtes, dans nos cerveaux, dans notre conditionnement depuis tellement d'années que forcément, ça prend du temps, même pour moi, de lâcher sur certaines choses, vous voyez. Donc ça, je pense que c'est vraiment quelque chose sur lequel il faut insister. ça ne changera peut-être pas du jour au lendemain peut-être, et vous avez beaucoup de chance mais voilà c'est des choses qui prennent du temps et puis dans les autres solutions il y a des solutions elles ne sont pas de notre sort par exemple, la plus importante c'est pour moi c'est clairement le congé paternité un congé paternité long et obligatoire pour l'instant il est seulement de 28 jours en France et vous saviez, moi je ne savais pas mais en fait il n'y a que 3 3 jours obligatoires, c'est le congé de naissance. Le reste, c'est même pas obligatoire. Déjà, 28 jours, c'est beaucoup trop peu, mais en plus, c'est même pas obligatoire. Et donc, pour un réel apprentissage et pour une réelle répartition équitable des tâches, il faut que ce soit beaucoup plus long. Sinon, c'est difficile de changer les choses. Et ça, c'est quelque chose qui se joue dans le collectif, en fait. C'est plus notre sort au niveau individuel. on ne peut pas y faire grand-chose, même si bon après il y a des pères qui peuvent très bien... Il y a aussi des pères au foyer, ça existe bien sûr. Donc quoi ? En fait il y a des choses à mettre en place, mais il y a aussi des choses qui se jouent au niveau collectif. Et puis au sujet de la maternité, je pense que ça, ça devrait être obligatoire. Que les pères soient obligés de rester à la maternité, c'est pas un détail du tout, c'est là que beaucoup de choses se jouent, et voilà. Donc, bref, vous l'aurez compris, impliquer depuis le début, c'est vraiment nécessaire. Et tant que le congé paternité sera optionnel, le déséquilibre, il sera structurel, tout simplement. Voilà, c'est la fin de cet épisode. Vous pouvez retrouver toutes les sources et les ressources et tout ce dont je parlais dans l'épisode, dans la description, dans les notes de l'épisode. Si vous voulez m'envoyer vos histoires, s'il vous plaît, faites-le. Pareil, le lien est en description. Bref, vous avez toutes les infos. Moi, je vous retrouve début février. En attendant, vous pouvez évidemment... On se retrouve sur Instagram, sur les réseaux sociaux pour discuter de maternité. Je suis très, très active. Donc, il y a le canal aussi. Il y a Instagram, mais il y a le canal sur Insta. aussi où on parle de nos nuits blanches et puis c'est d'ailleurs le nom du canal, Nuit Blanche, et pareil le lien vers mon Instagram est en description de cet épisode et bien moi je vous souhaite bon courage, que vous en soyez je sais à quel point vous en avez besoin et je vous dis à très vite !