Speaker #0Bonjour et bienvenue dans La vie de ta mère, le podcast qui parle de la vraie maternité. Moi c'est Gala et dans cet épisode on va aborder un sujet qui me met un petit peu en colère, c'est le fait d'exclure de plus en plus les enfants de l'espace public. Vous avez très certainement vu passer l'annonce de la SNCF sur leur nouvelle classe Optimum qui est interdite aux moins de 12 ans. Ou encore, ces restos, mariages, événements, un estampillé child free, ce qui veut littéralement dire sans enfants, où on exclut complètement les enfants. Donc dans cet épisode, on va remettre un petit peu les pendules à l'heure, on va parler de l'exclusion des enfants, de ce phénomène qui se banalise, et on va parler aussi des violences éducatives. Allez, c'est parti ! Donc, le contexte de cet épisode, c'est que... Euh, le... père de mon fils est en train de lui faire prendre le bain, donc je devrais avoir un petit peu de temps devant moi sans être dérangée pour vous enregistrer cet épisode. En tout cas, je l'espère. Donc on va commencer par les faits, avec la SNCF qui vient de lancer sa classe Optimum. Déjà, est-ce qu'on peut parler quand même du quoi du nom ? Je pense que les gars, juste, ils ne sortent pas de leur bureau en fait. Ils sont tellement déconnectés, ils ne se sont même pas rendus compte que le nom, ça n'allait pas du tout. Mais vraiment, c'est du foutage de gueule, en fait, en bonne et due forme. Et donc, cette classe optimum, en gros, c'est un espace réservé. Et donc, comme je vous le disais, interdit aux enfants de moins de 12 ans. Le but, en fait, l'argument avancé par la SNCF, c'est d'offrir un espace de tranquillité aux voyageurs qui veulent travailler. Donc, ils payent plus cher, je tiens à le préciser. Mais ce n'est pas ok, en fait. parce que derrière cette formulation entre guillemets... De dire que voilà, on interdit les enfants de moins de 12 ans parce qu'on veut travailler au calme. En fait, ça sous-entend, enfin ça sous-entend même pas, le message il est plutôt clair, les enfants dérangent. Et le problème aussi, c'est que c'est pas du tout un cas isolé. On voit de plus en plus de restaurants child free. Moi je me suis fait refouler il y a trois mois d'un restaurant... à Mallorca parce qu'on n'accepte pas les bébés on s'est entendu dire qu'on n'acceptait pas les bébés notre fils avait 16 mois à ce moment là 15 mois, 16 mois donc voilà sachant que quand même l'endroit était vide donc il y avait une terrasse où il y avait du monde mais là où nous on voulait s'asseoir à l'intérieur il n'y avait pas une seule personne donc on ne dérangeait personne en fait et on nous a quand même invité à aller se poser à ce qui ressemble à un endroit, une zone fumeur à côté des poubelles, où je pense, d'ailleurs, ils ne servaient même pas à manger là-bas. Donc voilà, ça serait qu'on le voit de plus en plus, même des restaurants child-free. Les hôtels adultes en ligne, ils existent depuis un moment. Et d'ailleurs, je vais revenir dessus dans pas longtemps. Mais voilà, donc il y a, je vous le disais, des restaurants child-free, des hôtels qui refusent les familles avec enfants. Et on voit aussi de plus en plus de mariages sans enfants, notamment. Je pense à ces cas-là, mais bien sûr, il y en a d'autres. Et donc, maintenant, dans l'espace public, les enfants ne sont même plus tolérés. Et donc, c'est vrai qu'à chaque fois, on nous sort un peu la même histoire, c'est que c'est pour préserver l'expérience des autres clients. Mais en fait, moi, par rapport à ça, je trouve qu'il y a plusieurs choses qui ne vont pas du tout. En fait, déjà, ce n'est pas une bonne raison pour exclure toute une partie de la population de l'espace public. En gros, ce que ça dit, c'est que leur présence, elle est subie, elle n'est pas normale, en fait. Et donc, moi, je vous disais, par rapport aux hôtels adultes en Nîmes, c'est vrai que moi-même, j'ai mis du temps à me rendre compte que c'était problématique. J'étais la première, il y a quelques années, à chercher des hôtels adultes en Nîmes, quand je voyageais, parce que, justement, j'avais pas envie d'être dérangée par le bruit des enfants, etc. Donc, je tiens à préciser, pour ma maigre défense, que j'ai un gros problème avec le bruit, ça me fait physiquement mal. Donc voilà, mais j'étais aussi, on va pas se mentir, j'étais une grosse connasse. Voilà, tout simplement. J'ai pas d'excuses, enfin, même si c'était un problème pour moi d'avoir mal, d'avoir un... enfin, j'ai un gros gros souci avec le bruit, mais c'est pas... eux de s'adapter pour mon confort à moi en fait, c'est à moi de dire bon bah j'ai ce problème là, bah je vais éviter peut-être les endroits oui où il y a trop d'enfants mais c'est pas à eux d'être exclus pour que moi je puisse aller quelque part, vous voyez ce que je veux dire mais là où je veux en venir si je vous raconte ça c'est parce que je peux comprendre que des gens aient du mal à concevoir le fait que ce soit un problème les endroits euh... Les endroits où on exclut les enfants parce qu'on ne nous l'explique pas. Mais par contre, une fois qu'on a l'explication, là en l'occurrence je ne comprends plus. Je tiens à préciser aussi quand même, encore une fois pour ma maigre défense, que je m'en suis rendue compte bien avant d'avoir un enfant que c'était problématique. C'est pas parce que j'ai eu un mioche que maintenant c'est bon, tout le monde doit tout faire en fonction de mon enfant, c'est pas du tout ce que je dis. Et voilà, maintenant j'ai juste compris toute seule parce que j'ai rallumé un petit peu mes neurones en fait. Et puis voilà. Mais tout ça pour dire que je comprends que ce ne soit pas toujours évident à entendre. Mais en vrai, il suffit quand même de réfléchir deux minutes pour réaliser qu'en fait, non, ce n'est pas ok du tout. On l'a déjà fait, ça, de réserver certains endroits que pour certaines catégories de personnes. Et enfin, je veux dire, ce n'est pas nouveau. Et on s'est battu contre ça. Et là, on recommence en fait. On n'apprendra donc jamais de nos erreurs. J'ai l'impression que c'est un éternel recommencement au final. Et en plus, le problème, c'est que tout ça, ça a des conséquences très concrètes, non pas que sur les enfants qui déjà, voilà, évoluent dans une société où t'es pas le bienvenu, c'est quand même pas... c'est pas ouf, mais en plus, ça a des conséquences évidemment sur les parents. Et alors, je dis les parents, mais on va pas se mentir majoritairement sur les mamans. Par exemple, je vais vous donner quelques exemples, juste comme ça, voilà. Les mamans qui allaitent. Un mariage child free, pour des mamans qui allaitent, c'est très compliqué. Pour les parents qui n'ont pas de mode de garde aussi. Moi, je sais que par exemple, mon fils, on ne peut pas le faire garder. Ce n'est pas possible. Donc, on fait comment ? Voilà. En tout cas, on ne peut pas le faire garder tout un week-end. C'est juste impensable. Et puis, de toute façon, en fait, c'est toujours pareil. Mais tout le monde n'a pas les moyens. Ça coûte extrêmement cher. Ça demande une organisation. En plus, qui sait qui va se la taper, l'organisation, de trouver... Une baby-sitter, etc. On sait très bien que c'est sur Bibi que ça va retomber. C'est bien sûr les mamans, les femmes qui s'y collent. Et donc c'est une charge mentale en plus. Et en plus c'est un budget que tout le monde n'a pas. Et puis il y a aussi des personnes qui ne veulent pas laisser leur bébé plusieurs heures. Et c'est ok, on ne devrait pas avoir à juger ça. Donc ça renforce complètement l'isolement des jeunes parents. Déjà que cette période est assez isolante, là ça en rajoute vraiment une couche. On se retrouve complètement exclu de la vie sociale, culturelle et même familiale au final. Et puis moi je trouve, il y a quelque chose qui me dérange énormément, c'est que c'est une façon très intrusive, je trouve que de dire « n'emmène pas ton enfant, ton enfant n'est pas le bienvenu » , c'est très intrusif. C'est une façon de dicter aux parents comment ils doivent gérer et éduquer leurs enfants. C'est bon, tu peux bien couper le cordon de minutes, tu vois. Et donc ça, pour moi, je n'ai pas envie qu'on me dise quand j'ai le droit ou pas d'amener mon fils, quand je dois ou pas le laisser. J'ai beaucoup, beaucoup de mal avec ça. Vraiment. Ça me pose un énorme problème qu'on me dise quoi faire. De toute façon, de manière générale, je n'ai jamais aimé qu'on me dise quoi faire. Donc encore moins avec mon enfant, si vous saviez. Enfin, bref. Donc voilà, ce phénomène de kids, il est quand même de plus en plus présent. On le voit vraiment de plus en plus. Ça en dit long, je trouve, sur notre société qui considère au final vraiment les enfants comme des nuisances. Alors c'est-à-dire que si on ne s'en doutait pas, là vraiment, maintenant on en est quand même relativement certains. Et j'irais même plus loin, pour moi, on les considère comme des nuisances et même pas comme des individus à part entière. Et je trouve ça grave, vraiment. Je ne sais pas si je suis la seule. Mais je trouve qu'on les déshumanise de plus en plus, les enfants. Et en plus, il y a quand même un côté où je trouve... C'est vraiment du foutage de gueule, comme je vous le disais déjà. Dans le sens où, par exemple, moi j'habite en Espagne. Donc là, je me suis fait refouler d'un restaurant espagnol. Les Espagnols sont quand même beaucoup, beaucoup plus cools avec les enfants que les Français, je tiens à préciser. Donc c'est vrai que j'étais quand même relativement choquée de me faire refouler d'un restaurant en Espagne. C'est pas commun. C'est pas quelque chose... Mais si même ici ça arrive, c'est que vraiment ça commence à être bien ancré, vous voyez. Venant des Espagnols qui parlent tellement fort, j'ai trouvé ça mais vraiment gonflé. Parce que moi je n'ai jamais été dérangée par des enfants au final. Je me rends compte que c'est très très peu souvent arrivé. Et alors que des adultes bourrés, des mecs qui... En plus si on prend l'exemple du train avec... Les mecs qui font du manspreading, là, à tout va, à écarter leurs jambes parce qu'apparemment, ils ne peuvent pas contenir leur coronesse. Elles seraient trop grosses, a priori. Il faut arrêter, il faut se calmer un peu. Enfin, je veux dire, c'est vraiment... Je trouve que c'est vraiment, mais vraiment gonflé. Je trouve que c'est vraiment malvenu. Et donc, ouais, c'est vrai que les restaurants où tu as les mecs qui sont... Je dis les mecs, mais des gens qui sont bourrés, qui n'ont aucune considération pour les gens à côté. le nombre de fois où ça m'est arrivé que ce soit en Espagne ou encore plus évidemment en Espagne puisque la culture est telle que ça parle fort, mais en France aussi, où je n'ai pas passé un bon moment parce que un tel était sur son téléphone, parce que machin regarde des reels sans mettre d'écouteurs, parce que l'autre est au téléphone, je vous le disais, en mettant le haut-parleur, parce que oui, ça rigole fort, parce que ça... Putain, l'autre coup, je l'étais au restaurant, il y avait un gars qui était sur son téléphone, donc en train d'appeler un de ses potes qui était en train de se marrer, mais en haut-parleur. Donc en fait, je m'en fous. de ta conversation, moi j'ai envie de manger tranquille et vraiment il respirait mais comme un porc, mais c'était dégueulasse il reniflait comme un porc c'était vraiment mais dégueulasse à tel point que j'ai même pas pu finir mon tiramisu, oui on a chacun ce problème ça m'a répugné et moi mon fils il était là il a pas fait un bruit, vous voyez donc je trouve quand même qu'on est très mal placé pour donner des leçons de conduite aux enfants, sachant que nous même en tant qu'adultes franchement la plupart ils savent même pas se tenir quoi donc cette chasse au bruit, au mouvement même aux émotions de manière générale parce qu'on ne supporte pas les émotions dans cette société je la trouve tellement mais tellement mal placée et sachant que le nombre de mecs qui ne savent pas gérer leurs émotions à faire des crises de colère qui ont des problèmes de gestion de leur colère etc non vraiment je venir s'en prendre aux enfants comme ça, leur demander d'être calme alors qu'un enfant par essence, il a besoin de courir, il a besoin d'explorer, il a besoin de découvrir le monde. Mais quand bien même, la plupart du temps, vous pouvez me dire ce que vous voulez, bien sûr qu'il y a des gamins qui sont hyperactifs, etc. Et je ne nie pas que oui, certains enfants sont mal éduqués, certains enfants n'ont pas de cadre de la part de leurs parents, mais c'est pas une majorité. Et de toute façon, ce ne sont pas les enfants le problème, encore une fois. À la limite, s'il y avait un fautif à pointer du doigt, ce serait le parent. Et encore, on ne sait même pas ce qui se passe pour que le parent soit peut-être au bout du rouleau parce que ça fait peut-être trois ans qu'il n'a pas dormi, on ne sait pas. Bref, on demande aux enfants d'être calmes dans des endroits qui ne sont absolument pas adaptés pour eux. Par exemple, la SNCF aurait pu, au lieu de choisir, de décider de... De faire un wagon calme, etc. On aurait pu faire un wagon famille. On l'a vu passer sur les réseaux sociaux un paquet de fois. Les trains finlandais, etc. Qui sont adaptés aux enfants, en fait. Et tout va bien. Et il n'y a pas besoin de faire un wagon spécial pour les gars qui veulent être tranquilles. Ils le sont parce que, bien sûr, toutes les familles vont aller là où il y a le toboggan. C'est d'une évidence. Donc, on prend le problème à l'envers et on exclut plutôt qu'on inclut. Bon, jusque-là, on n'est même pas trop autant surpris que ça. Mais c'est vrai qu'il va peut-être falloir à un moment donné apprendre de nos erreurs et puis aussi peut-être à un moment donné quand même accepter nos enfants et arrêter d'être aussi violents avec eux. Donc, ça me permet de faire une transition parfaite sur les violences éducatives parce que voilà. J'aimerais profiter justement de ce sujet-là pour parler des violences et montrer et dénoncer, parce que moi j'aime bien dénoncer, à quel point on est violent avec les enfants. Et donc c'est la très bonne excuse pour pouvoir parler de l'éducation que moi j'appelle non-violente. Vous pouvez l'appeler comme vous voulez, éducation positive, éducation bienveillante. Moi je décide de l'appeler éducation non-violente parce que je trouve que ça donne le ton et ça permet de ne pas laisser place à trop d'interprétations comme c'est le cas. malheureusement l'éducation bienveillante, l'éducation positive elle a mauvaise presse on la taxe de tous les maux de la terre entière, c'est à cause du laxisme, c'est à cause de l'éducation positive que les enfants se démalélevé maintenant qui font n'importe quoi, bref il y a un nombre incalculable d'amalgames qui sont faits avec l'éducation positive et je voudrais justement remettre les choses dans leur contexte et rappeler que non l'éducation non violente n'est pas problématique. Déjà on va parler des amalgames. Un amalgame c'est quoi ? Un amalgame c'est un mélange, une association, une confusion volontaire entre des éléments, des idées, des personnes, bref. Donc on est vraiment ici quand il s'agit de l'éducation positive je trouve qu'on est vraiment dans la confusion volontaire d'idées. J'ajouterais même avec un petit abus de mauvaise foi pour parfaire le tout. Donc c'est à dire que ceux qui vous disent de toute façon de nos jours les jeunes ils sont mal élevés c'est parce que c'est leurs parents qui leur passe tout blablabla. Et ben c'est complètement stupide de dire ça. Déjà de manière générale on prend toujours la génération avant la nôtre pour une génération. d'ignorants qui n'avaient pas le savoir ok et en plus de ça on prend la génération d'après pour des débiles c'était quand même mieux avant donc ça c'est ce qui se passe avec nos aînés qui nous prennent pour des débiles qui savent plus éduquer leurs enfants qui font n'importe quoi donc moi je vais pas déroger à la règle non plus c'est à dire que je prends bien la génération d'avant pour des ignorants des fois même pour des cons je vous le cache pas faut dire que je suis pas la mieux placée pour parler des boomers parce qu'il me ressort vraiment par tous les trous Mais bon, en même temps, on ne peut pas trop m'en vouloir non plus. Ils ont quand même foutu une merde inomave dans le monde. Et puis en plus, nous, quand on essaie tant bien que mal de rattraper leur connerie, ils nous prennent en plus de haut, quoi. Donc, bref, je ne les aime pas trop. Je ne suis pas leur plus grande fan. Et donc, en termes d'éducation, je suis désolée, mais non. Ils ne savaient pas ce qu'ils foutaient. Mais vraiment. Mais vraiment. Et si on regarde bien, quand même, ceux qui ont vraiment fait n'importe quoi, c'est ceux qu'on a éduqués. Avec violence. Parce que oui, l'éducation ordinaire, donc celle qui s'inscrit en opposition a priori à l'éducation positive, c'est-à-dire celle qu'on retrouve à l'école, de la crèche au bord de la fac, où on pratique quand même l'humiliation bien comme il faut, ou bien même en famille, elle est violente. C'est de la maltraitance. Donc je ne dis pas qu'on fera forcément mieux. Ça, je n'en sais rien. maintenant tout ce que je sais c'est que moi j'ai pas envie de refaire les mêmes conneries j'ai envie d'essayer autre chose parce qu'il faut quand même se rendre à l'évidence que ce qu'a fait la génération d'avant en termes d'éducation ça n'a pas fonctionné on est tous complètement brisés on est tous à évoluer dans des familles complètement toxiques et dysfonctionnelles donc non ça n'a pas marché et donc je me suis posé une question, j'ai posé la question aussi à mon petit frère mon petit frère qui est criminologue. Et donc, je lui ai demandé, mais pourquoi est-ce qu'on est aussi violent avec les enfants ? Et on parlait notamment des violences sexuelles qui sont... dont les chiffres sont absolument affolants. Et donc, il me disait, ben en fait, on est violent avec les enfants parce qu'on peut l'être. Tout simplement. C'est aussi con que ça, je vous jure. C'est aussi bête que ça. Notre statut, notre statut hiérarchique, le fait qu'on s'inscrive dans un schéma de domination par rapport aux enfants, avec où on a l'autorité absolue, où les enfants dépendent de nous, eh bien, ça donne en effet lieu à des gros abus, que ce soit des abus des incestes, que ce soit des violences physiques, verbales, etc. C'est le statut qui amène à ça. Et donc, je pense qu'en plus de ça, il y a quand même des gens que ça arrange bien de ne pas voir que la violence, elle est là. Il y a ceux qui ont été éduqués à coups de punition, plus que ça, et qui refusent de remettre en question leur propre vécu, parce que je pense que pour certaines personnes, ce serait très certainement trop douloureux. Il y a ceux qui ne veulent pas fournir l'effort de changer leurs idées et leurs pratiques, parce que la flemme, quoi. Et puis, il y a ceux qui préfèrent culpabiliser les parents bienveillants plutôt que d'interroger leur propre violence, parce que c'est plus facile aussi. Et enfin, il y a nos fameux thérapeutes qui ont perpétué des idées de merde pendant des années et à qui, apparemment, ça arracherait vraiment la gueule de faire un petit mea culpa. Se remettre en question, c'est pas inné, apparemment, chez l'être humain. Donc, puisqu'on refuse de lâcher le morceau, on refuse de voir la violence, on fait de gros amalgames et on se trouve un bouc émissaire, à savoir notre fameuse éducation bienveillante, positive, Montessori, tout ce que vous voulez. Moi je l'appelle, comme je vous le disais, éducation non violente. Et donc on lui colle des étiquettes de façon complètement arbitraire pour nous faire croire que c'est tout accepter, laisser l'enfant faire ce qu'il veut, blablabla, sauf que ça n'a rien à voir avec ça. L'éducation positive, c'est entre autres poser des limites claires avec et dans le respect, dire non et expliquer pourquoi, accompagner les émotions sans les nier, enfin bref. Je ne vous fais pas un épisode sur l'éducation non violente, donc je vais m'arrêter là. On en fera très certainement un seulement sur le sujet. Ici, je voulais vraiment me focaliser sur les violences qu'on fait subir aux gamins. Et donc ces violences, elles ont quand même des effets, il faut le savoir, sur le cerveau des enfants. Les violences éducatives, elles ont des effets néfastes et durables sur le cerveau et le développement de l'enfant. Ces humiliations verbales et physiques, elles provoquent un stress qui déclenche la sécrétion de cortisol et d'adrénaline. Et chez l'enfant, ces hormones, quand elles atteignent des niveaux très élevés ou qu'elles sont sécrétées de façon répétée, elles deviennent toxiques pour le cerveau en développement. Je pense que c'est ça. Déjà, en fait, c'est pas bon chez personne, on va pas se mentir, mais encore plus, c'est encore plus problématique chez les enfants parce que leur cerveau est en développement. Donc, il y a une altération, par exemple, du cortex orbitofrontal qui a pour conséquence derrière des difficultés d'empathie, d'affection, de régulation émotionnelle, de troubles du comportement, agressivité, dépression, addiction. C'est pas anodin, quoi. Il y a un impact sur la compréhension du langage. Les paroles blessantes, elles empêchent littéralement l'enfant de comprendre ce qu'on lui dit. Comme conséquence aussi, il y a la destruction de neurones dans le cortex préfrontal et l'hippocampe, ce qui induit des troubles de la mémoire, de l'apprentissage et de la prise de décision. Donc les VEO, comme on appelle ça, les violences éducatives ordinaires, elles abîment physiquement le cerveau de l'enfant. C'est pas une question d'opinion, c'est pas une question de point de vue, c'est pas une question de perspective. Donc moi, je vous disais, voilà, je prends la génération d'avant pour des ignorants, mais je ne leur en veux pas, parce que justement, ils étaient ignorants. Ils ne savaient pas forcément, on ne savait pas forcément ce qui se passait, parce que les études, il n'y avait pas encore énormément d'études sur le sujet. L'information, s'il y en avait, l'information n'était pas diffusée, n'était pas accessible comme elle l'est maintenant. Même si bon, après, pour moi, ça relève du bon sens, on est tous différents, voilà. Mais maintenant, les études, elles sont là, on a le savoir, et ça, je ne le pardonne pas. Je ne le pardonne pas aux thérapeutes qui font exprès de fermer les yeux. Je ne le pardonne pas aux gens qui ont accès à toutes ces informations et qui décident volontairement de nier, tout simplement. Et donc, quand on nous dit « oui, mais moi ça marchait, il obéissait direct, nanana » , c'est normal parce que la violence, elle marche à court terme. Puis alors, marcher, ce n'est même pas forcément toujours le cas, parce qu'elle crée de la peur. Et la peur, elle provoque la soumission, parfois plus ou moins immédiate. Mais elle n'apprend rien. Elle écrase, elle ne construit pas l'autonomie, elle brise la confiance. Ce n'est pas de l'éducation, c'est du dressage. Il faut bien faire la différence. Et d'ailleurs, cette culture du « parce que je le dis » , c'est un peu le terreau de la violence. Quand on justifie l'autorité par l'âge, notamment, on l'a tous entendu, je pense, le fameux « je suis plus vieux, donc même si j'ai tort, c'est moi qui ai raison » , qui est complètement ridicule. Le statut, c'est moi le parent, et il n'y a même pas que l'histoire du parent. Moi, je sais que ma grand-mère, par exemple, C'était qu'elle faisait confiance aux médecins, aux curés et à l'instit. Parce qu'il y avait le statut qui faisait que de toute façon, ils avaient raison. Peu importe ce qu'ils disaient, il fallait les croire. Et ça, c'est extrêmement dangereux. Et donc, il y a aussi évidemment de justifier l'autorité par la force. Si tu ne m'écoutes pas... Donc, on transforme la dépendance de l'enfant en légitimité à le dominer. Et donc, nos enfants apprennent que la violence est légitime quand on a le pouvoir. Et ça, je trouve ça quand même... relativement bof. Et en plus, ces violences éducatives, elles permettent quand même de continuer à abuser tranquillou-bilou des enfants, notamment à commettre des incestes en toute impunité. Parce qu'un enfant qu'on éduque dans la soumission, c'est un enfant qui n'ose évidemment, qui ne sait même pas dire non, donc qui n'osera encore moins le dire. C'est un enfant à qui on a appris que son corps ne lui appartient pas, que ses émotions ne comptent pas, et que l'adulte a toujours raison. Bref, il serait peut-être temps de laisser ces violences. Là où elles sont bien, c'est-à-dire dans le passé et que nous on passe à autre chose. Et qu'on construise une société qui respecte les enfants. Comme je vous le disais, une éducation non-violente, on aide l'enfant à comprendre ses émotions, développer son empathie, apprendre à coopérer et pas à obéir par peur, à construire une estime de soi solide, à devenir un adulte capable de poser ses limites. Bref, on élève des humains équilibrés. et pas des enfants et donc des futurs adultes complètement terrorisés et brisés. Et donc pour ça, ça va passer par arrêter d'exclure les enfants de l'espace public, arrêter de les traiter comme des nuisances, arrêter de les rendre de plus en plus invisibles, parce qu'une société qui n'a plus de place pour ses enfants, c'est une société qui est malade et qui est triste en plus. Franchement, c'est triste. Donc oui, les enfants font du bruit, oui, ils bougent, oui, ils pleurent, oui, ils crient. Mais c'est normal parce que c'est des enfants, le problème c'est pas eux, le problème c'est notre propre intolérance à nous, c'est notre propre violence à nous, c'est qu'on a normalisé de dresser, de les écraser, de les exclure et ça, ça doit absolument changer. Donc la prochaine fois que vous entendez quelqu'un dire que ces parents-là, ils savent pas éduquer leurs enfants, posez-vous peut-être la question, est-ce que le problème c'est vraiment l'enfant ? Ou est-ce que c'est pas nous qui avons un petit peu oublié au final ce que c'est que d'être ? humain, je sais pas je me pose la question, je me dis qu'on est vraiment, on évolue vraiment dans une société de plus en plus triste et déshumanisée on déshumanise tellement tout maintenant, et voilà même les enfants, et c'est tellement dommage, donc voilà écoutez, merci de m'avoir écouté c'est la fin de l'épisode si cet épisode vous a parlé, vous a plu, partagez-le, commentez laissez un avis aussi s'il vous plaît ça m'aide énormément donc on se retrouve le mois prochain pour un nouvel épisode de la vie de ta mère en attendant on se retrouve évidemment sur Instagram à arrobase la vie-duite de ta mère c'est hyper chiant à dire donc je vous mets le lien en description de l'épisode et puis si vous voulez m'envoyer vos témoignages, votre petit témoignage pour pouvoir apparaître dans l'épisode. N'hésitez pas, c'est pareil, je vous mets le lien avec toutes les explications pour m'enregistrer tout ça en description de l'épisode. Et bien, en attendant le mois prochain, moi je vous dis bon courage où que vous en soyez, je sais à quel point vous en avez besoin et je vous dis à très vite !