Speaker #0Bienvenue dans le podcast LawHer, le podcast qui vous permet de démystifier le droit et de le rendre accessible dans votre aventure entrepreneuriale en tant qu'entrepreneuse. Parce que dans LawHer, on pense que le droit et l'avocat doivent être les alliés de la réussite entrepreneuriale des femmes. On parlera donc d'entrepreneuriat, de cerveau reptilien, de contrat, de sororité ou encore de Beyoncé. Bonne écoute à toutes ! Hello à toutes, je suis Estelle Bi, avocate en droit des affaires et en droit des sociétés. J'accompagne les entrepreneurs freelancers et les indépendants depuis plus de 10 ans pour les aider à sécuriser leur activité, structurer leur boîte et surtout leur éviter de se faire bouffer. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un sujet qui est revenu un peu trop souvent dernièrement. Pendant mes interventions, j'ai nommé la question des clients qui dépassent le cadre. Les clients relous qui vous font bosser le week-end, qui en demandent toujours plus, sans jamais rien lâcher en retour. Évidemment, ni un euro de plus, ni quelquefois un merci. Et spoiler alert, malheureusement, ça arrive régulièrement aux femmes. Pourquoi je dis ça ? Disons que la semaine dernière, j'ai justement reçu deux clientes qui se sont retrouvées à peu près dans la même situation que je vais vous exposer justement dans l'épisode. Donc, j'ai décidé de chambouler un peu mon calendrier d'itaux pour pousser un coup de gueule, mais également pour vous donner quelques conseils pour vous éviter de vous faire avoir dans votre relation avec votre client. Et vous réexpliquer pourquoi il est possible de prendre le contrôle, voire de reprendre le contrôle dans votre relation commerciale avec justement la mise en place d'éléments, d'outils adaptés à votre client. relation que vous avez aujourd'hui avec votre client. Alors, donc je vais vous faire un état des lieux donc de ce qui se passe d'une manière générale. Je vais me retrouver devant une cliente qui me contacte pour l'aider et régulièrement c'est toujours la même histoire. Elle m'explique qu'elle a l'impression d'être trop gentille, souvent elle est déjà épuisée, proche du burn-out, parce qu'en fait en réalité elle se retrouve à faire des nocturnes, à bosser les week-ends. Évidemment ça l'embête. au plus haut point parce que souvent, elle va prendre de son temps personnel pour pouvoir travailler. Et normalement, ce temps était dédié à sa famille ou encore évidemment à ses enfants. Sachez que vous n'êtes pas la seule dans cette situation. Vous êtes nombreuses à être comme elle, c'est-à-dire épuisées avec des clients qui vous envoient tout le temps des infos au dernier moment, par exemple, ou qui vous rajoutent des choses complémentaires à effectuer. Et comme vous voulez bien faire parce qu'évidemment, vous faites toujours tout hyper bien, vous arrivez malgré tout à délivrer en temps et en heure comme il faut. Et donc, bizarrement, le client ne change jamais, même si vous essayez de lui faire passer des messages en off, il ne va clairement pas changer, il ne change pas. Et limite, quelquefois, il va vous faire croire qu'en réalité, c'est vous qui déhirez. En somme, un peu du gaslighting appliqué au monde des affaires. Et donc effectivement, vous avez bien un client, mais quelquefois, je me demande à quel prix. Et c'est là le nœud du problème. En réalité, je ne suis pas sûre que le prix auquel vous êtes payé aujourd'hui est suffisant et je ne suis clairement pas sûre que cette compensation financière vaille le coup. Et surtout, lorsque vous êtes dans une relation un peu longue, on ne va pas forcément vous payer plus et quelquefois, ça va être encore pire. Ils ne vont pas arrêter de pinailler sur le prix de la prestation ultérieure et je ne vous parle pas des frais de déplacement, quelquefois que vous n'arrivez jamais à vous faire rembourser. Et souvent, en plus, ça va s'accompagner d'une reconnaissance râle et pâcrête de la part de votre client. Et dans le cas d'une de mes clientes, typiquement, c'était la seule prestataire à être traitée de cette façon. Aucun autre presta ne se retrouvait, vous voyez, à devoir travailler le week-end, voire à devoir rogner. sur leurs vacances. Alors, pourquoi ça vous arrive à vous ? Alors là, je l'annonce tout de suite, je vais faire de très grosses généralités parce que c'est aussi ce que j'observe de mon côté avec mes clientes. Et vraiment, pour le coup, j'ai vraiment l'impression que ça arrive beaucoup aux femmes parce qu'on a été éduquées, nous, les femmes, à être sympas, à faire plaisir, à ne pas trop demander, à être compréhensif par rapport à l'autre et surtout, le gros nœud du problème, à ne pas parler d'argent. Et du coup, on va se retrouver à bosser dans des conditions intenables, même si quelquefois, évidemment, c'est clairement la faute de votre client. C'est clairement imputable à lui le fait de délivrer des informations en retard, donc la faute vient de leur côté. Et pour le coup, on se retrouve donc à travailler gratuitement dans ces conditions, parce qu'en fait, en réalité, il y a vraiment un sujet de contrainte dans cette histoire d'informations données à la dernière minute. Et puis, il n'y a pas que ça, il y a aussi des situations où, comme vous avez du mal à parler d'argent, vous n'allez pas... pas osé aborder la question des frais complémentaires qui doivent être facturés parce que justement il y a des demandes complémentaires qui ont été faites par votre client et pour le coup, on se retrouve quelques fois à travailler gratuitement. Et donc le résultat, c'est ça, vous acceptez de travailler gratuitement et pour le coup, sans broncher. Et malgré ça, vous voyez, vous vous donnez à fond, vous arrivez à livrer dans les temps sans aucun problème. Et le sujet, c'est que ça va envoyer un signal clair au client du style « pas besoin de changer, elle gère » . Sauf que là où est-ce que je veux tirer vraiment un signal d'alarme, c'est que gérer, ça use. On se doit donc, nous de notre côté, d'éduquer son propre client pour ne pas se faire marcher sur les pieds. Et c'est d'autant plus vrai pour les femmes. Et donc, à mon sens, il est vraiment essentiel pour nous de prendre conscience de nos biais genrés. mais également de bien se protéger avec des outils adéquats comme de la documentation contractuelle, un contrat ou encore des conditions générales de vente qui vont venir vous sécuriser comme il le faut. Et là, je vais le répéter à nouveau une fois parce que je le dis tout le temps. En fait, vos conditions générales de vente, ce n'est pas qu'un simple bout de papier et ce n'est pas une formalité juridique. C'est... Un garde-fou, c'est le garde-fou de votre activité et c'est d'autant plus vrai si vous avez du mal à recadrer votre client, à le relancer sur les factures impayées, à lui demander de rembourser les frais avancés pour lui. Parce que d'une manière générale, et là je vais encore vous faire un rappel, c'est que ces conditions générales de vente vont venir expliquer typiquement que vous avez besoin des informations à telle date, à minimum deux semaines, trois semaines en amont. Pour pouvoir livrer à temps, elles vont venir expliquer également que les urgences sont facturées avec une augmentation de 30% en plus par rapport au prix qui avait été initialement indiqué. Elles vont aussi pouvoir venir expliquer que pour toutes les demandes complémentaires, les prestations qui sont hors périmètre, il faut à nouveau établir un devis. Et que pour le coup, vous n'êtes pas disponible 24h sur 24, 7 jours sur 7. Sauf si, évidemment, le client est d'accord pour vous payer plus que le prix initialement convenu. Et c'est essentiel pour vous en termes d'organisation, c'est vital. Alors évidemment qu'il faut s'entraîner justement à éduquer vos clients et je suis bien consciente que tout ça ne se fera pas du jour au lendemain. Parce que ce n'est pas simple de changer sa manière de fonctionner, ce n'est pas simple de changer son conditionnement. Mais en attendant, ce que vous pouvez faire, c'est de commencer par vous protéger comme il se doit et comme il le faut. Parce qu'en réalité, quand tout est écrit noir sur blanc, la réalité, c'est que vous avez les moyens et les outils efficaces pour faire pression sur votre client, pour qu'il change justement son comportement, pour qu'il ne fasse plus le mort, une fois par exemple que votre facture aura été émise. Il ne pourra plus grignoter vos soirées. vos week-ends ou encore votre santé mentale parce qu'en fait, il sait qu'en vous envoyant une demande le vendredi soir, si vous devez travailler le week-end, hop, c'est 30% en plus sur la facture finale. Et là, je vais vous entendre dire, mais pardon, mais est-ce que c'est abusé justement de faire payer des extras ? Alors, je vais être extrêmement claire là-dessus. Faire respecter vos conditions, ce n'est pas être pénible. C'est protéger d'abord vos intérêts et ensuite, c'est être... professionnel. Et si votre client ne l'accepte pas, c'est juste que peut-être que ce n'est pas le bon client, même s'il représente la moitié de votre chiffre d'affaires. Et en réalité, c'est d'autant plus mauvais pour vous qui êtes dans une relation ultra toxique vis-à-vis de votre client, parce que celui-ci ne va pas vous respecter en tant que professionnel. Vous n'êtes pas tributaire de sa mauvaise organisation. Vous êtes une entrepreneur, vous êtes une professionnelle. Et vous méritez qu'on respecte votre temps. Je vais le répéter encore une fois. Donc, ces conditions générales de vente, souvent on me dit, ah bah c'est un bout de papier. Pardon, mais non, pour moi, ce n'est pas du tout le cas. Elles ne sont pas là pour faire joli. Elles sont là vraiment pour cadrer le client, surtout si de votre côté, Vous avez du mal à aborder les questions d'impayés, de dépassements non rémunérés et les situations dans lesquelles vous vous sentez bloqué. Donc voilà, si vous vous êtes reconnu dans cet épisode, c'est qu'il est temps, à mon avis, de les mettre en place, de les rédiger si vous n'en avez pas encore, voire même de les mettre à jour. Et justement, j'ai créé un modèle de conditions générales de vente pour les freelances et les solopreneurs qui font de l'appréciation intellectuelle. Et donc au programme, un modèle de condition générale de vente ultra complet, justement pour vous qui faites de la prestation de service parce que je sais que vous êtes nombreuses dans ce cas-là. Il y aura aussi 16 capsules audio explicatives pour comprendre chaque clause et pour éviter les erreurs parce qu'en fait, c'est vraiment le sujet. Souvent, les modèles que vous pouvez trouver sur Internet, la problématique, c'est que vous allez le télécharger et que personne ne va vous expliquer en réalité ce qu'il y a écrit dedans. Et donc, d'où l'intérêt de rajouter les... capsules audio pour que vous puissiez bien comprendre ce qu'il y a à indiquer dans chaque clause. Et enfin, une fiche mémo, mode d'emploi pour bien utiliser les conditions générales de vente dans votre relation avec vos clients. Le modèle, évidemment, est pensé pour vous protéger sans vous noyer dans le jargon juridique, mais je pense que vous avez déjà l'habitude avec moi, vu que vous êtes nombreuses à m'écouter sur le podcast. Le lien pour... télécharger le modèle et dans le descriptif de l'épisode. Et surtout, n'oubliez pas, en tant que professionnel, c'est normal pour vous qu'on respecte vos conditions de travail et même si, en réalité, vous êtes à votre compte. Ce n'est pas parce que vous êtes à votre compte que vous ne pouvez pas fixer vos limites. Merci d'avoir écouté cet épisode. Abonnez-vous au podcast, laissez un commentaire et partagez-le à une copine qui aurait besoin d'un rappel qu'elle n'est pas là pour bosser. gratos. A très vite dans le prochain épisode et d'ici là, pensez à recadrer votre client pour vous faire respecter.