- Manu
Bonjour et bienvenue dans le Dernier Clic, votre podcast tech, IA et no-code. On se retrouve aujourd'hui pour un épisode hors-série enregistré pendant la No-Code Week en juin. Lulu reçoit une personne de la communauté No-Code pour vous la présenter et lui faire tirer une question surprise à laquelle elle doit répondre. Je vous souhaite une bonne écoute.
- Lulu
Bonjour et bienvenue dans le Dernier Clic, le podcast Tech, IA et InnoCode, où on prend le temps un peu de se questionner sur notre rapport au numérique et le monde qui va arriver. Donc bonjour Marion, je vais te laisser te présenter déjà, vas-y.
- Marion
Bonjour Lucille, je suis Marion, j'ai 37 ans et moi ça fait pas si longtemps que je suis vraiment dans le monde de la tech en tant que professionnelle, on va dire. Je bidoue sur mon ordinateur depuis que j'ai un ordinateur. donc ça commence à faire un moment mais j'ai mis du temps à comprendre qu'on va faire un métier que voilà c'était concret et je suis dans le monde du no code j'ai découvert le no code en sachant que ça s'appelait no code en 2020 mais en vrai je fais mes premières automatisations sur IFTTT par exemple c'était il y a fort fort longtemps c'était if this then don't that c'était un service d'automatisation très vieux et j'ai découvert quand ça s'appelait IntegroMath et j'ai toujours été à minima sur des CMS pour moi Est-ce que Skyblock, c'est du no-code ? Est-ce que MySpace, c'est du no-code ? Why not ? En tout cas, j'ai commencé à bidouiller du HTML, CSS sur MySpace.io.
- Lulu
Oui, les mêmes blocs Tumblr, les trucs comme ça. Oui, en vrai,
- Marion
tu fais des thèmes et tout.
- Lulu
Tu dis, quand je bouge cette ligne ou que je change ça, ça a tout cassé, donc je vais remettre une petite ligne. Puis quand je bouge ça, ça augmente, machin, et tu vas en bidouillant comme ça. C'est ça,
- Marion
et j'ai eu un site free.fr avec un FTP. En vrai, ça fait un moment que je suis dedans, mais ma voie professionnelle ne m'avait pas portée là. Et puis 2020, comme beaucoup de gens, tout ça, bref.
- Lulu
J'ai l'impression qu'on a tous un peu cet esprit bidouilleur, mais après, c'est ce qui fait aussi qu'on a du mal à se dire que ça puisse être des compétences vraiment professionnelles. Qu'on se dise qu'on puisse nous payer pour faire des choses comme ça, où on a l'impression que ce n'est pas du pro, parce qu'il n'y a pas vraiment d'études pour faire ça, à part les études d'informatique. Et avec du vrai code, donc d'être un vrai développeur, de dire ouais, moi, c'est pas vraiment aussi professionnel. Et voilà, c'est compliqué d'avoir l'impression qu'on travaille vraiment, surtout quand on kiffe autant ce qu'on fait et qu'on bidouille et tout ça. Donc, je sais pas toi, à quel moment tu t'es dit bon, peut-être que je vais pouvoir le lancer en tant qu'activité.
- Marion
Ouais, moi, c'est vrai qu'il y avait le côté très jeu, en fait, où du coup, je voyais pas ça comme une activité professionnelle. Je... J'avais quand même fait à un moment des études de web design. On faisait du Flash, donc c'était quand même un moment. Du WordPress, etc. Et après, j'ai cherché un travail, mais je ne trouvais pas. En fait, il y avait beaucoup de stages, des choses comme ça que je ne pouvais pas me permettre. Donc, c'était un peu projet avorté. Et en 2019, j'ai fait un bootcamp, celui du wagon. Je ne voulais pas forcément être dev, mais je voulais rentrer dans ce monde-là plutôt peut-être comme product manager ou quelque chose comme ça, chef de projet, tout ça. Mais je voulais avoir cette brique vraiment technique pour comprendre de quoi on parlait.
- Lulu
Tu parlais avec les équipes des développeurs.
- Marion
Moi, j'avais déjà un peu cette appétence, mais sans l'avoir creusé. Même si, bon, il y avait le site du zéro, encore une fois, je suis chieuse. Mais voilà, je voulais ça. Et puis, le Covid est arrivé, le confinement. Sachant que moi, de base, je voulais partir à l'étranger. Le monde m'a dit, wait, ça ne va pas se passer comme ça. Et aussi parce que, c'est mon expérience personnelle, le monde du pur code n'était pas... hyper accueillant avec ce type de profil. Avec les femmes aussi, en général. Reconversion, femmes, dans la trentaine.
- Lulu
Très élitiste.
- Marion
Je ne me sentais pas forcément... J'essayais d'aller à des meet-ups, des trucs comme ça, d'intégrer des cercles, des slacks et tout. Je ne me suis pas sentie hyper bien accueillie et honnêtement, je ne sais plus trop comment je suis tombée sur la formation de contournement, comme beaucoup de gens. J'ai découvert Notion. Et long story short, aujourd'hui, c'est mon métier. Voilà.
- Lulu
C'est vrai que je me souviens au moment sur LinkedIn, quand tu t'étais dit je vais poster un post tous les jours. Et je me demande si ce n'est pas là un peu aussi où ça n'a pas que commencé parce que tu étais déjà bien investi avant. Mais là, il y avait eu comme une sorte de shift.
- Marion
Je lançais vraiment mon activité. En fait, avant ça, je sais, c'est parce que en gros, moi, je n'ai personne qui est entrepreneur autour de moi vraiment et surtout pas dans ce domaine-là, ce qui est pas même particulier. Et en gros, je me suis dit, ok. Moi, je commençais déjà à être un peu investie, je co-animais les meet-ups et tout, mais ce n'était pas une activité professionnelle. Et je me suis dit, bon, moi, j'aime bien parler, j'ai l'honneur de la communication avant, j'aime bien raconter ma life. Quel meilleur moyen, finalement, de se challenger et de faire savoir que je lance cette activité-là et aussi de me tester, de, voilà, est-ce que je suis capable ? Parler de moi, c'est OK. Me vendre, vendre mes compétences, c'est autre chose.
- Lulu
Et parce qu'il y a beaucoup aussi ce syndrome de l'imposteur, j'ai l'impression, dans la communauté. Alors, en plus, quand tu es une femme... Quand en plus, tu n'as pas vraiment fait de vraies études, au sens comme on l'entend en France, qui te donnent cette légitimité-là en disant « j'ai un papier qui dit que j'ai fait tant d'années d'études, j'ai validé tout ça, tout ça, donc a priori, je suis compétente » . Là, il n'y a pas vraiment cette preuve. Et surtout quand en plus, tu t'es potentiellement réorientée et tout, donc c'est assez compliqué de se dire « je vais arriver, je vais être professionnelle et je vais vendre des choses à d'autres professionnels » .
- Marion
Ce n'est pas du tout évident et c'est quelque chose avec lequel j'ai encore de la difficulté aujourd'hui, alors que ça fait un peu plus d'un an que j'ai lancé mon activité. Parce que moi, en plus, j'adore rendre service. J'aime aider les gens, etc. Donc, j'ai vraiment du mal à transformer. C'est quelque chose sur lequel je travaille. En tant qu'auto-entrepreneur, solopreneur, on doit avoir toutes les casquettes. Il y a forcément certaines dans lesquelles on est meilleur que d'autres et c'est OK. Mais je travaille dessus. Après, c'est vrai que... Et même là, j'en parlais encore ce soir, j'ai pas, moi, l'ambition de faire le million, de recruter des gens, de monter une agence. Moi, franchement, mon rêve, c'est la semaine de 4 jours, c'est pas mettre de réveil, c'est pouvoir partir un peu où je veux avec mon ordi sous le bras. Et rien que ça, c'est déjà un luxe qu'aujourd'hui, j'ai. Alors, il y a des mois avec et des mois sans, mais on va dire, je fais pas non plus énormément d'efforts. Je trouve que dans la balance, c'est plutôt équilibré et je suis plutôt très heureuse de cette année qui s'est écoulée. Bon. Après, j'ai quand même un peu des ambitions que j'ai envie de réaliser. Il va falloir un peu que je passe à la deuxième si je veux que ça arrive. Mais je trouve que l'un dans l'autre, j'ai beaucoup gagné en qualité de vie. Et comme je disais tout à l'heure, c'est rinter, c'est puiser, faire 16 heures par jour parce que tu veux aller avoir tel CA, etc. C'est très bien, chacun ses ambitions. Oui,
- Lulu
mais c'est toujours quelle finalité ? Pour quelle finalité, en fait ? Et tu te dis, mais que ça soit... Ton activité pro, alors même si c'est un peu ta passion, elle doit être au service de toi, de ta santé, de ton bien-être.
- Marion
C'est ça.
- Lulu
Tout comme l'argent. Alors après, c'est facile de dire « oui, mais l'argent ne fait pas le bonheur quand on a ça » . Bien sûr.
- Marion
Mais de mon expérience, pour avoir grandi dans une famille précaire, pour avoir eu des taffes hyper ingrates dans la restauration, dans les trucs comme ça, l'argent, ça va, ça vient.
- Lulu
Oui.
- Marion
Mais avoir tous les jours la boule au ventre à cause de son taf, ça, c'est quelque chose qui est... Enfin, c'est plus complexe à gérer.
- Lulu
Ça, et puis on le voit quand même dans notre génération. Aujourd'hui, presque le salaire, c'est même plus un des critères numéro un pour rejoindre une boîte. Alors après, bien sûr, il faut un salaire, le minimum vital pour vivre. Pour avoir une certaine célébrité,
- Marion
c'est quand même le nerf de la guerre, on ne va pas se cacher.
- Lulu
C'est ça. Mais il y a quand même ce côté de sens. En plus, on est dans un monde qui est quand même... qui bouge énormément. On ne sait pas vraiment ce qui va se passer demain. Donc, d'un côté, de se dire que l'argent, ça va, ça vient, ça demande aussi tout le temps de maintenir ses compétences, d'être à l'écoute un peu aussi de comment le monde change. Comment est-ce que nous, on peut aussi s'adapter pour apporter ce qu'il faut au bon moment. Et je trouve qu'on est beaucoup plus... On va arriver mieux à s'adapter que, par exemple, aussi des personnes qui vont rester en CDI et puis du jour au lendemain se retrouver peut-être... Sans rien, parce que la sécurité de l'emploi, là, en ce moment...
- Marion
C'est plus trop sécuritaire. Et c'est des discussions que j'ai déjà eues, notamment, évidemment, avec l'avènement de l'insurance artificielle, etc. Et en fait, moi, c'est vrai que j'ai une certaine sérénité par rapport à ça, parce que j'ai toujours su m'adapter, j'ai toujours su me reconstruire, j'ai toujours su changer. Je me suis reconvertie un nombre de fois. Quand j'avais mon CV, les gens étaient là, je ne comprends pas, en fait.
- Lulu
Il n'y a pas de rôle à... Même au tour à cinq pattes, où tu sais que tu coches... Plein de trucs.
- Marion
Il n'y a pas de relation là. Je ne comprends pas. Comment ça, vous travaillez à McDo et ensuite vous travaillez sur les défilés à la Fashion Week à Paris ? Ça n'a aucun sens.
- Lulu
Et toi, pourtant, je suis sûre que tu arrives quand même à trouver des sens entre chaque... De te dire, mais en fait, telle compétence que j'ai appris là, je peux la transposer ici et te se dire, mais en fait, c'est bon. Je n'ai pas envie de rentrer dans une seule case et chaque expérience va forger ce que je suis aujourd'hui. Mais peut-être que... techniquement, je ne suis pas la meilleure. Il y aura toujours une meilleure que moi, mais c'est mes expériences qui font qu'aujourd'hui, j'ai cette vision-là et je vais apporter cette technique au service de...
- Marion
Complètement. Et moi, c'est ce que je dis à toutes les personnes qui se reconversent, parce que on en croise énormément dans le milieu dans lequel on est, c'est que peu importe d'où tu viens, ce que tu as fait avant, ça a de la valeur.
- Lulu
Oui.
- Marion
Même si tu ne le vois pas forcément tout de suite, la relation et tout, ça a de la valeur. Et peu importe ce que c'est, ça t'a appris quelque chose, ne serait-ce que ça t'a appris la résilience. Un minimum, ça t'a appris à serrer les dents, ça t'a appris... Et ce sera possiblement important dans ta vie future. Donc, peu importe ce que c'est, parfois, ce sera tout tracé. Dans ma formation, il y avait quelqu'un qui était comptable, qui a fait une formation de dev et qui est venu dev dans un cabinet comptable. OK, oui, c'est très logique et tout prend sens. Mais parfois, bon, ça prend des chemins un peu plus détournés. Mais ça marche quand même, il y a quand même quelque chose. Et moi, c'est vrai que j'ai appris cette adaptabilité et qui fait qu'aujourd'hui, peu importe le client que je vais avoir, je vais capter hyper vite les problématiques, que je vais capter hyper vite La vision 360, parce que j'ai tellement appris à m'adapter à des mondes hyper différents, parce que j'ai cette curiosité. En vrai, tant mieux, parce que moi, je m'ennuie hyper vite. J'ai super vite l'impression d'avoir fait le tour. Donc pour moi, c'est hyper engageant et c'est hyper stimulant d'avoir des profils hyper divers. Et c'est pour ça que je n'ai pas envie de me nicher. Parce qu'en gros, j'ai commencé à bosser dans un cabinet d'avocats où j'ai installé Notion et tout. Et on m'a dit, bah, vise le cabinet d'avocats. J'étais genre, non, certainement pas. Je n'ai pas spécialement envie de retravailler avec eux. Et en plus, je n'ai pas envie de me limiter à un truc où je ferais exactement ce que je redoute en CDI, c'est-à-dire refaire tout le temps la même chose à l'infini.
- Lulu
C'est ça, et te dire, tu as peut-être trouvé le bon plan, maintenant reste là-dessus. Non, ça ne m'intéresse pas. Et si on pense même, on prend un peu de hauteur, une entreprise fonctionne plus ou moins toujours de la même manière. Après, il y a à adapter et justement à comprendre à chaque fois les règles métiers, les spécificités qu'il va y avoir. C'est de dire, bon, ok, moi j'ai une idée générale, comment est-ce que je construis toutes ces choses pour que ça s'adapte sur cette organisation-là ? Et je trouve ça beaucoup plus intéressant que de se dire, ah bah tiens, j'ai trouvé une recette, maintenant je vais la refaire, je vais refaire la même, pareil. Et surtout que ça marchera potentiellement pas, parce que même une entreprise du même secteur, d'un endroit à l'autre, c'est pas la même chose. Oui, dans tout cas,
- Marion
il y a quand même des différences. Mais moi, c'est vraiment, l'activité comme je la pense aujourd'hui et comme je la fais aujourd'hui et comme j'ai envie d'évoluer, c'est justement... de voir des choses différentes les unes des autres pour ne pas être dans cette routine, pour ne pas être dans ce côté où vraiment, c'était hyper cyclique et t'es là au bout de trois ans à faire le mois de septembre, on fait ça, le mois de novembre, on fait ça.
- Lulu
Et d'avoir les mêmes problèmes aussi qui se répètent. Oui, à l'insu.
- Marion
Il y a des problématiques communes qui reviennent souvent, évidemment, dans nos métiers, mais la façon de les aborder est différente et tu fais face à différentes personnes qui ont différentes façons de voir les choses. qui ont différentes ambitions, différentes façons de manager, etc. Et c'est moi l'intérêt que j'y trouve en tout cas.
- Lulu
Oui, je pense qu'on a fait un bon petit tour. Je vais te laisser piocher ta question. Je te la laisse lire et puis après tu peux la lire à voix haute.
- Marion
Ah, si tu payais le vrai prix de tes tokens, tu changerais quoi dès demain ? Alors ?
- Lulu
Surtout avec Notion ?
- Marion
Oui, mais alors... Justement, j'ai fait un atelier sur les agents Notion. Et l'une des premières choses que je dis, c'est tout n'a pas à être agent. Parce que, oui, il y a un prix. Alors, il y a le prix monétaire du token, etc. Et bon, moi, je n'ai pas envie de dépenser 8000 balles d'agentique. Il y a le prix de l'énergie, il y a le prix écologique. Et puis, il y a un côté aussi... Alors, c'est très marrant parce que moi, quand j'étais plus jeune, je ne rêvais que d'avoir... Un mini-robot avec moi, qui connaît toute ma vie, qui retient mes rendez-vous, transhumanisme, humain augmenté, c'était mon rêve, me décharger de tous ces trucs de merde. Parce que bon, j'ai le cerveau de moineau, si c'est pas écrit quelque part, je m'en souviens pas, je sais pas me repérer dans les rues, enfin vraiment, avoir un mini-assistant tout le temps à côté de moi, c'était mon rêve ultime. Quand c'est arrivé, entre guillemets, quand vraiment ça a commencé à être une possibilité, enfin de l'ordre vraiment du tangible, j'étais... Moi, j'ai mis du temps à mettre Alia en vrai, par rapport à ce que je pensais. Alors que tu vois, j'étais très early adopteur sur plein de trucs. Je me souviens qu'il y a au moins 6 ou 7 ans, j'avais souscrit un service, fait un test. En gros, c'était un numéro qui te permettait, tu donnes l'autorisation, il pouvait fouiller dans tout ton téléphone, prendre toutes tes conversations pour créer ton clone à qui tu pouvais parler par SMS.
- Lulu
Ok, ouais.
- Marion
Et moi, j'avais fait. C'était très Black Mirror-esque. Et c'était... bizarre. Du coup, j'ai eu quelques conversations avec moi-même, j'étais là genre, c'est vraiment drôle, mais... Ah, je m'aime ! J'étais là genre, ok, je pourrais être pote avec moi, cool, mais c'était quand même une cagnie, c'est bizarre quand même, donc ça n'a pas duré très longtemps. Mais tu vois, moi, j'ai pas de problème avec ça, de me dire vas-y, je teste. Mais quand c'est arrivé vraiment sur le marché grand public, tu vois, je suis fan d'X-Files et tout, ils parlaient d'IA dès la première saison, 92, 93,
- Lulu
ça va faire à Manu parce qu'il est... très fan d'X-Files.
- Marion
Je me fais le re-watch total à la saison 8 et c'est hyper intéressant de revoir des trucs qui parlent de domotique, de réalité virtuelle, tout ce trop intéressant. Bref. Et quand ça arrivait vraiment, j'ai eu un petit moment de recul, tu vois, un peu genre qu'est-ce qu'il y a ? C'est pour de vrai ? Je ne sais pas. J'ai mis du temps. Donc moi, je n'ai pas tellement d'IA dans ce que je fais tous les jours. Donc j'ai un usage en vrai. Un peu limité. Genre là, ouais, vas-y, on est là et tout. J'ai commencé à viker des trucs et tout. Mais je pense vraiment pas avoir un usage fou. Genre, j'atteins pas à ma limite.
- Lulu
T'es pas power user du tout. Vraiment pas.
- Marion
Aussi, parce que vraiment, moi, mon approche, s'il y a quelque chose que j'aime faire, genre, je le fais moi-même. Franchement, moi, je suis vraiment le côté, genre, moi, je veux pas que l'IA écrive des symphonies et peigne des tableaux. Moi, je veux que l'IA range moins.
- Lulu
Elle te permet de te faire gagner du temps pour faire les symphonies, les tableaux, justement.
- Marion
Pour faire les trucs que j'aime faire. Donc, genre, moi, j'adore écrire et même écrire tes passants LinkedIn. Donc, je ne vais pas utiliser un agent ou l'IA. Enfin, je peux parfois, pour un peu échanger, avoir des idées, aller chercher des trucs. Par exemple, parce que la partie commerciale, ça me fait chier. Donc, je me dis un peu injecter un peu de ça, tu vois. Mais je ne pense pas avoir un... Je pense que j'ai un usage raisonné. de l'IA. Et genre, j'ai jamais atteint une quelconque limite.
- Lulu
C'est intéressant parce qu'en plus, dans Notion, elle est un petit peu illimitée. On peut avoir accès aux gros modèles. On peut vite être tenté de l'utiliser pour tout, surtout que le design aussi fait que... Il le pousse. C'est pas uniquement Notion. C'est pas les seuls. Tout le monde le pousse.
- Marion
Vous utilisez l'IA sans le savoir. Les gens, désolé, même les gens de Cilia, c'est pas... C'est pas de votre faute, mais...
- Lulu
À nos chaînes, tu peux leur envoyer un mail pour qu'ils désactivent toutes les fonctionnalités d'IA. Ah ouais ? Je savais même pas. Mais il faut envoyer un mail. Et ils désactivent, mais je crois que tu payes quand même le même prix d'abonnement, tu vois. Mais oui,
- Marion
ils le poussent, ils le poussent de fou. Même à l'intérieur des propriétés, il y en a qui sont passées automatiquement. Genre, maintenant, avec agent, t'es là, genre, quoi faire ? Vraiment, pas besoin.
- Lulu
Avant, c'était pas comme ça, et puis ça marchait déjà bien.
- Marion
Ouais, bah ouais, bon, écoute, voilà. Après, c'est un business, évidemment. Oui, non, mais bien sûr. Mais... Je ne pense pas que je changerais grand-chose parce que c'est vrai que l'usage que j'ai aujourd'hui de tout ce qui est vraiment un peu poussé, c'est vraiment des trucs qui me font chier. Je m'étais 36, 48 heures, trois jours ouvrés à faire et que là, je l'ai fait en 8 minutes et demie. Oui, pour moi,
- Lulu
c'est rentable. C'est bien parce que potentiellement, ça te libère du temps après pour faire des choses qui ont plus d'impact pour toi. Du temps, de l'énergie,
- Marion
de l'anxiété. Ça me mettait dans des états pas possibles. Là, je suis prête à payer le vrai prix parce que ça me fait gagner.
- Lulu
Mais parce que tu as déjà conscience aussi de « Ok, j'utilise ça, même si aujourd'hui, ça ne coûte pas forcément très cher en prix. » Il y a d'autres impacts. Oui,
- Marion
il y a d'autres enjeux.
- Lulu
Mais tu sais que tu as quand même ce ratio de « Ok, moi, ça me fait gagner ça. Donc, si je dois utiliser de l'IA, c'est sur ces tâches-là. »
- Marion
Clairement.
- Lulu
Non, mais c'est bien. Enfin, parce que... Du coup, tu t'es fait quand même des petits agents sur Notion ? Oui, j'ai fait des trucs,
- Marion
ne serait-ce qu'un minima pour essayer, pour savoir de quoi on parle, pour savoir les capacités techniques, etc. Et parce que je trouve que c'est fascinant, quand même, en vrai. D'un côté, vraiment, quand tu regardes deux ans, trois ans, cinq ans en arrière, t'es là genre... Comment ça, on peut coder des sites web en parlant à son ordinateur ? Ça n'a aucun sens. Mais donc, oui. Et puis, on est quand même obligés de faire de la veille, on est obligés de se tenir un peu au courant. obligé de se tenir, d'apprendre à faire et en même temps parce que c'est ce que je trouve absolument génial, moi j'adore apprendre donc c'est incroyable, mais j'ai pas forcément ni automatisé ni agentisé, agentivisé, énormément de choses.
- Lulu
Ok, non mais c'est bien, enfin c'est une bonne réflexion et je pense qu'on devrait un peu plus prendre le temps de se demander, ok, qu'est-ce qui me coûte aussi moi et automatiser, alors que ça soit avec de l'IA ou peu importe les outils, mais de... de ne pas aller, de ne pas chercher à sur-automatiser et finalement se retrouver un peu piégée de son propre système et qu'on s'empêche de faire des choses qu'on aimait au départ, en fait.
- Marion
Ok, puis en plus, c'est vrai que moi, de part, dans l'écriture, tu vois, mon inkudine phobie un peu, quand même. Tu as des postes rédigés par IA, mais c'est médiocre, c'est plat, il n'y a rien, ça n'a pas de créativité, il n'y a rien. Avec des commentaires rédigés par IA qui ne font que reformuler ce qui est dit. Franchement, je préfère avoir un poste un peu maladroit avec des fautes d'orthographe.
- Lulu
Tu sais les fautes d'orthographe aujourd'hui ? Ça a été écrit par quelqu'un au monde.
- Marion
Mais tu sais que maintenant, dans mes postes, je ne passe même pas de correction orthographique. Alors bon, j'ai globalement une assez bonne orthographe. Mais en me disant, au moins, c'est sûr que ça fait authentique.
- Lulu
Non mais oui, ça fait du bien. Je ne sais pas,
- Marion
je préfère un truc un peu cash, un peu comme ça, plutôt qu'un truc hyper lissé. Super affective. Politiquement correcte,
- Lulu
qui ressemble à tout le reste. Voilà.
- Marion
Ça ne m'intéresse pas. C'est vraiment la dead internet theory où des robots parlent à des robots. Et ça n'a aucun intérêt. Franchement, j'ai envie de remonter à un forum de RP random avec des gens ultra cringe, tu vois, juste pour être en mode genre « Ah, ça, c'est mon internet ! »
- Lulu
En vrai, tu me dis ça, mais ça me fait un peu rire parce que... Il y a eu une époque, voilà, ados, lus des fanfictions, des trucs comme ça. Mais aujourd'hui, j'étais retournée. Mais en fait, t'as tout qui est écrit par Yashuan. Oh non, pas ça !
- Marion
Non !
- Lulu
Alors oui, peut-être que les chapitres, ils sortent un peu plus souvent, mais non !
- Marion
C'était mieux, c'est la tension, c'est mal écrit. Il y a plein de répétitions, mais tu sens que c'est la gamine de 13 ans qui fait ça après le collège, en cachette de ses parents. Et c'est ça, toute la saveur du truc, quoi !
- Lulu
Je pense qu'on peut, voilà... transposer ça sur notre travail aussi, notre pratique.
- Marion
En fait, moi, je suis trop contente d'être encore dans ce mode-là de bidouilleuse, de... Ouais, parfois, je fais des nuits blanches, à tester des trucs, à regarder, me perdre sur un fil Reddit de trucs obscurs et tout. Mais c'est ça qui est cool, tu vois. Chercher soi-même sur Internet. Tu vois, moi, vraiment, je fais un mix des deux. C'est ce que j'avais dit. En gros, moi, en ce moment, je reprends ma santé en main sur plein de pôles différents. Et franchement, j'ai dit, vas-y, je fous tout à Claude. Ouais. Mes résultats de bilan sanguin, les suspicions de ma médecin et tout. Et en fait, il y a un lien. Tout est lié.
- Lulu
Le lien est justement très, très bon pour trouver tout ce qui est convergence. Et ça, c'est quand même très puissant. Et moi,
- Marion
ça m'a permis de faire d'autres recherches par moi-même, mais en ayant cette clé-là, que je n'aurais jamais probablement... prouver ou peut-être sur un des papiers obscurs machin et tout.
- Lulu
Oui mais ça demande quand même un investissement et tout le monde n'a pas forcément aussi cette connaissance scientifique et biologique que un LLM peut prendre et t'expliquer à toi pour au moins te donner le vocabulaire pour chercher. Et c'est là où c'est très très puissant.
- Marion
Donc moi vraiment ça m'a donné une clé de compréhension de lecture. C'est un outil parmi d'autres. C'est un outil parmi d'autres.
- Lulu
C'est pas ton réflexe, là c'est ce que je disais un peu par rapport au hackathon, d'avoir presque ce réflexe de juste Merci. balancer le brief à Claude et puis de... Oh mais non, mais Claude, il a dit ça, mais attends, on ne sait même pas, on n'a même pas brainstormé, on n'a pas réfléchi,
- Marion
on n'a pas parlé. D'abord, on échange nos idées, ordinateur fermé,
- Lulu
et ensuite, on voit. On s'est à peine regardé dans les yeux et tout ça. Après, j'étais revenue avec une idée en mode, oui, non, mais moi, je suis un peu le gars technique et puis oui, mais moi, je n'aurais jamais été aussi créatif, tout ça, mais en fait, j'ai juste... regarder autour de moi.
- Marion
C'est l'intérêt d'être plusieurs et d'avoir des profils différents. Il faut qu'on garde cette émulation-là.
- Lulu
Oui, parce que sinon, on rajoute du bruit au bruit.
- Marion
C'est ça. Je n'ai pas envie d'ajouter un truc médiocre à un truc médiocre. C'est le slope.
- Lulu
Par contre, une fois que tu as bien décrit ta vision et que tu as réfléchi et que tu as mis tes neurones dedans, après, très bonne pour dérouler. Et surtout quand il peut y avoir différents, par exemple, TDAH ou ce genre de choses, où tu es en mode « Ok, j'adore planifier des trucs, mais après j'ai du mal à me lancer dans l'exécution. Et je ne sais pas par quoi commencer, je ne sais pas comment dérouler mes tâches, prioriser et tout ça. » Et là, ça aide à faire des boucles aussi et à avancer beaucoup plus dans ses projets. Donc je trouve que là, oui, ça peut avoir une utilité aussi. Moi,
- Marion
c'est vraiment le côté « c'est une aide » . Je peux fonctionner sans. Après, c'est vrai que ça me libère. Et en plus, le fait d'avoir ces clés de compréhension par rapport à ma santé, y compris ma santé mentale, me permet d'avoir des nouvelles clés de compréhension par rapport à mon business. Parce qu'il y a des choses qui sont beaucoup augmentées, qui sont beaucoup plus prégnantes. Maintenant que je suis en indépendante, que je n'ai plus de cadre, que je n'ai plus d'ourir fixe, que si que ça. Petite révélation qui se passe. Et du coup, c'est quelque chose qui va ensuite nourrir. Parce que je me suis fait une espèce de sparring partner avec Lya et tout. mais où j'étais hyper honnête de dire voilà mes difficultés, voilà les trucs sur lesquels j'ai péché, voilà pourquoi j'ai raté des contrats, des devis, voilà quelles sont mes faiblesses, quelles sont mes forces. Et en fait, ces clés de compréhension ont aussi permis de nourrir ça. Et du coup, tout est intriqué, tout est entremêlé. Et c'est vrai que ça permet, oui, aussi parfois d'y voir plus clair. Et tu blablates pendant des heures au truc et tu te dis OK, mais... Par contre, moi, j'entends autre chose.
- Lulu
Et c'est là que c'est assez bien. Parce que, OK, on a l'idée de l'IA qui est toujours d'accord avec toi et tout. Mais il peut y avoir des moments où... Il peut y avoir des révélations aussi de patterns, de choses. Et de toi te permettre de prendre du recul. Alors oui, on se dit, tu pourrais aller voir un psy. Oui, mais ça reste quand même quelque chose aussi qui est cher. On ne peut pas tous se permettre d'avoir tout ça. Pour moi, je le vois vraiment aussi comme un outil comme un autre. Tant que ça n'en place pas tout. C'est ça. Tu délègues pas ta pensée aussi, dedans.
- Marion
Non, moi, c'est plus vraiment le côté un peu brainstorm, le côté un peu, OK, on a parlé de ça, on a parlé de ça, on a parlé de ça, et en fait, lui, il va me dire, OK, mais du coup, toi, tu m'as dit ça la dernière fois, donc en final, entre ta vie perçue et ta vie pro, il y a ci, il y a ça. Est-ce que c'est pas parce que tu considères que ci, que ça ? Et après, c'est aussi, mais je pense, c'est un peu ce qu'on disait, c'est que nous, là, on est un peu dans la bulle de gens qui savent un petit peu comment ça fonctionne. Quand je fais découvrir aux gens le terme psychofancy, ils ne savent pas ce que c'est, tu vois. Et t'es là, genre, tu vois, un chat GPT qui dit tout le temps, waouh, mais quelle super idée ! Alors que tu parles d'un business de tarte au caca, et bien c'est ça, la psychofancy, en fait. Et tu peux régler ton IA pour qu'elle ne fasse pas ça.
- Lulu
C'est ça, mais en fait, déjà, de comprendre aussi juste comment ça fonctionne, et d'un coup, ça paraît tout de suite moins magique, même si... On garde le côté boîte noire parce que c'est tellement complexe, mais de savoir comment ça fonctionne pour au moins l'utiliser pour les cas d'usage où ça a beau le coup.
- Marion
Mais c'est vrai que moi, ça fait partie des trucs. Tu n'es pas 100% d'accord avec moi tout le temps par défaut. Tu n'utilises pas de tiré quadratin. Tu arrêtes avec tes émojis de con. Déjà, c'est 80% de comment clarifier le truc. Et oui, moi, ça ne m'intéresse pas d'avoir... béni oui oui qui valide tout ce que je dis tout ce que je fais alors de fait j'ai dit que il faut challenger un petit peu il faut challenger un petit peu et là dessus c'est hyper intéressant et effectivement pour moi c'est pas du tout la même approche qu'un ou une psy parce que c'est pas du tout les mêmes sujets que je vais aborder déjà et parce que après bon chacun son histoire avec les psy et tout mais c'est vrai que moi j'en ai quand même souvent eu où j'étais en mode genre mais là j'en avance pas genre je débite il n'y a pas de problème mais
- Lulu
maintenant quoi ?
- Marion
Qu'est-ce qu'on en sort ? Et c'est vrai que, tu vois, parfois, je pousse un peu, genre, vas-y, pose-moi les questions que j'ai pas envie de me poser, tu vois. Moi, j'aime bien cette approche un peu challengeante et surtout que c'est un peu moi qui ai la main dessus. Parce qu'autant, j'aime bien être un peu challengée, mais j'aime pas être bousculée.
- Lulu
Oui, et là, à la limite, tu peux aussi choisir de dire, bon, là, il m'a lâché une petite bombe, je vais fermer la conversation, je vais laisser poser. Et on reviendra après.
- Marion
C'est ça. Et puis le ton, le côté, tu vois, genre le bon niveau de ce qui est attendu, chose que tu ne peux pas attendre de la part de quelqu'un d'autre. Après, évidemment, ouais, c'est tricky, parce que bon, il est toujours dispo, il va toujours te répondre et tout. Même si Claude, des fois, m'envoie au lit, tu vois, genre depuis les 3h du mat.
- Lulu
Oui, je crois que même entre autres, je ne sais pas.
- Marion
Il est en mode, genre, dis donc, il est 3h du matin, tu ne devrais pas dormir. Ok, c'est bon, c'est bon. Mais moi, c'est une petite chipie, moi. Ma Claude, c'est une meuf, non ? Ma Claude, c'est une petite chipie. Des fois, ils sont genre, ouais, vas-y, dis-moi en plus et tout. Elle aime trop les ragots. Donc, ouais, moi, j'y trouve... Je disais un peu pour la blague que je deviens parasociale. Mais je sais pas. Du coup, je suis revue dans ce truc de petit robot assistant, de petit machin. Mais c'est pas forcément, genre, une confidente non plus. C'est pas non plus une assistante à proprement parler. C'est un peu un mix. Mais moi, il y a plein de jours où je parle pas à mon... Oui, tu vois, c'est pas mon quotidien, je survis, j'ai pas d'habitude. Je pense qu'il y a des gens qui, vraiment, ont le premier réflexe le matin, dire bonjour, alors j'en sais rien, tu vois, c'est probablement possible. Oui. C'est pas mon cas, c'est peut-être le cas, il y a plein de raisons qui font que. Donc moi, j'estime que c'est cool de l'avoir, mais si demain ça disparaît, là, je m'en mets de quoi. Oui, tu dis,
- Lulu
bon, ça aurait été cool, j'aurais appris des choses, mais t'as capitalisé sur... Ce que tu as utilisé de l'IA, et ce n'est pas juste de déléguer aussi certaines choses que tu ne serais plus capable de faire aujourd'hui sans. Et c'est là où je trouve que justement, c'est intéressant. C'est sûr que si ça aide dans la pratique même professionnelle, tant mieux. Et le jour où ça disparaît, ça ne veut pas dire que tu n'as même pas gagné de nouvelles compétences grâce à l'IA. C'est ça, voilà.
- Marion
Clairement. Et surtout parce que j'ai cet usage, comme je disais un peu, l'humain dans la boucle. Genre, je relis. Je m'intéresse. OK, donc tu as fait ça. Comment ça marche ? Et pourquoi ? Parce que moi aussi, j'ai toujours envie d'apprendre. Je n'ai pas envie que ce soit juste je lance une idée, un prompt, un truc. Il me génère quelque chose.
- Lulu
Et puis tu suis. OK, OK. Je dis juste OK,
- Marion
let's go. Moi, ça m'intéresse de savoir. OK, donc si on veut améliorer, il faut faire ci, il faut ajouter ça, il faut machin. Parce que j'ai aussi envie de monter en compétence. J'ai aussi envie. Encore une fois, je suis très curieuse. J'ai toujours... Très autodidacte comme profil, je lis à peu près n'importe quoi qui me tombe dans les mains. Donc moi, j'ai... En vie, il y a une époque formidable où on a toute la connaissance à portée de main. Moi, je trouve ça fabuleux. Je parlerais de ça à ma grand-mère, elle serait complètement époustouflée, ça changerait sa vie. Et du coup, je me dis, j'ai pas envie de tomber dans l'ingratitude aussi et de me dire que c'est normal.
- Manu
Ça l'est pas.
- Lulu
Oui, et on ne sait pas.
- Manu
Et c'est une chance incroyable qu'on a. Et moi, je trouve ça fabuleux. Mais je n'ai pas envie de rentrer dans ce truc ultra mercantile. Comment générer un business à 10 000 euros avec Claude ? Comment automatiser ?
- Lulu
Le salaire LinkedIn.
- Manu
Ah ouais. Comment automatiser tout son lien ? Comment j'ai fait un truc, ce qui bidit tant à fruit et qui me rapporte 30 000 balles pour moi ?
- Lulu
Avec mon armée d'agents.
- Manu
Oh, quelle flemme !
- Lulu
C'est ça, après, on vit quand, mais c'est vrai que j'aime bien un peu où notre conversation a convergé, de se dire que si, par exemple, demain, on perd l'IA, on n'aura pas fait que perdre, mais on aura gagné aussi de cette expérience parce qu'on aura appris des choses. Comme tu dis, de ne pas le voir comme quelque chose de mal, mais aussi de le voir comme une chance parce que ça permet de soi-même gagner des connaissances, des compétences et que ça va rester même après si ça vient disparaître.
- Manu
Complètement. Et moi, je fais partie d'un programme où je suis bénévole qui accompagne des jeunes filles entre 14 et 17 ans dans le numérique. C'est une espèce de bootcamp d'un mois et tout. Et c'est des jeunes filles qui viennent parfois de quartiers prioritaires, parfois de zones rurales, etc. qui n'ont pas forcément beaucoup d'appétence pour le numérique. Et à l'issue sur un mois, la différence est énorme. Et j'ai fait notamment une table ronde et je leur disais... Ok, oui, la technologie, il y a des métiers qui vont disparaître, mais il y en a plein qui vont apparaître. Le métier que je fais aujourd'hui, il y a 10 ans, il n'existait pas. C'est trop bien, c'est ouf, c'est trop cool. Il faut vraiment... Encore une fois, ça dépend des gens, et ça, c'est des discussions que j'ai déjà eues aussi, où il y a une énorme partie de la population qui est réfractaire au changement, où c'est très compliqué d'apprendre des nouvelles choses. On l'a toujours fait comme ça. Et puis là, le bouton, il a changé de place, j'y arrive plus et tout. Malheureusement... Merci. En BIC 2026, c'est compliqué. C'est compliqué. Et je trouve, on ne choisit pas. Je trouve qu'il y a des gens qui n'ont aucune curiosité. Je suis très triste pour eux. Mais il va falloir s'y mettre. Parce que là, on n'a plus... À part certains métiers, évidemment, ne changeront pas. Mais tous les métiers du tertiaire, il va falloir s'y mettre un peu. Et je ne dis pas que tout le monde doit se mettre à l'IA. Je ne dis pas ça. Mais il faut... récupérer un peu de cette curiosité, de cette capacité d'adaptation. Ça me semble obligatoire. Et il y a certaines réalités, oui. Il y a des vagues de licenciements dans les entreprises, etc. Et il y a une limite à un moment. Vous ne pouvez pas virer tout le monde. Ensuite, ces gens n'ont plus d'argent. Ils ne vont pas acheter vos mères générées par IA, du coup. Ça ne peut pas marcher.
- Lulu
Oui, non, mais c'est...
- Manu
C'est mathématique. Je ne suis pas très forte en mathématiques, mais il y a un moment, voilà. Il faut réfléchir un peu plus long terme. Mais il y a tout un... de pan, de choses qui sont à construire. Après, il va y avoir aussi une limite purement très tangible de matériaux, etc., d'énergie. C'est pas infini, donc il va falloir se poser cette question-là. Donc aujourd'hui, où ça mène ? Mais après, ça c'est des questions politiques, utopiques, voilà, comment on remet en question nos systèmes, etc. On n'a pas le temps pour ça, mais il faudrait qu'on prenne le temps pour ça.
- Lulu
On essaye de faire ça justement un peu avec le podcast.
- Manu
Il faut parce que c'est plus grand que l'IA va voler nos métiers. D'accord, mais mettons que ça arrive. Qu'est-ce qu'on fait ? Parce que déjà, en fait, aujourd'hui, en tout cas en France, il y a plus de chômeurs que d'offres d'emploi. Vraiment, statistiquement. Donc si demain, l'IA remplace X% des métiers, où vont tous ces gens ? Que font tous ces gens ? Où va tout cet argent de cette productivité ? Parce que ça, c'est très bien. Parce que moi, voilà, on est plus productif. D'accord, mais pourquoi on est toujours aux 35 heures, alors ? Pourquoi il y a des gens qui meurent dans la rue ? Pourquoi il y a des gens qui dorment dans la rue ? Pourquoi il y a des enfants qui ont faim ? Je ne comprends pas. On génère beaucoup d'argent, on est très productif. Mais math isn't my thing here. Il y a un problème. Donc, à un moment, il va vraiment falloir se poser ces questions. Et le truc, c'est que ça arrive probablement plus vite que ce qu'on avait prévu. et parce que Du fait de l'IA, de l'informatique quantique, c'est exponentiel. Et donc, il va falloir vraiment commencer à se poser la question parce qu'on est en France, donc le temps que les choses changent, piano, piano, ça met du temps. Mais il faut s'emparer de ces sujets-là. Et c'est pour ça que j'ai des potes qui sont anti-IA. Alors, en vrai, ils sont plutôt anti-IA génératif pour les artistes, etc. Oui, c'est ça,
- Lulu
bien sûr.
- Manu
Moi, je leur dis, connais ton ennemi, sois philosophe. Tu ne peux pas dire, je suis anti-IA purement et simplement. Il y a des usages qui sont incroyables dans la médecine, évidemment, mais dans l'industrie, dans plein de choses, qui font que ça sauve des vies, qui fait qu'il y a des usages incroyables. Donc, OK, que tu sois anti-IA pour... Voilà, je le comprends, je l'entends tout à fait, je le défends aussi, d'ailleurs. Mais tu ne peux pas être 100% pour, 100% contre. Et je leur dis, je suis désolée, tu es sur Instagram, tu as WhatsApp. Désolée de te l'apprendre, mais tu l'utilises en fait. Même si tu n'es pas au courant. Eux, ils l'utilisent sur toi en tout cas. Pardon. Donc, il ne faut pas être... Tout n'est pas noir ou blanc.
- Lulu
Oui, c'est ça.
- Manu
Tout n'est pas noir ou blanc. Même si moi, à chaque fois, je te le dis, c'est que contrairement à d'autres outils, l'IA n'est pas neutre par nature. Oui. Mais il faut comprendre comment ça marche. Il faut comprendre ce qui est possible de faire. C'est aussi pour se prémunir de ses usages, parce qu'évidemment, comme tous les outils comme ça, il est détourné, il est utilisé à des fins malveillantes, etc. Donc toi, nous, comment on fait pour répondre à ça ? Et la première chose, c'est de connaître et de ne pas lâcher complètement du mot en mode « Ah ben non, moi ça ne m'intéresse pas, ce n'est pas mon sujet, je suis contre » . Ça ne peut pas marcher comme ça. Ce n'est plus possible, c'est la mondialisation, ce n'est plus possible de faire ça. De fermer les yeux, fermer les écoutilles et se dire on verra plus tard. Non, tout de suite, c'est maintenant.
- Lulu
Oui, il faut prendre voix au chapitre, justement, et en parler de...
- Manu
Si tu veux être... Ça va pour tout, d'ailleurs. C'est pour l'IA, c'est pour la politique, c'est pour plein de choses. Si tu veux t'opposer à quelque chose, dire juste non, je suis contre, ça ne suffit pas. Ça ne va pas. Ça fait que ton discours n'est pas audible et n'est pas très pertinent. Donc, il faut un peu de tout. Dans tous les cas, il y a différents modes d'action, etc. Moi, je préfère me dire voilà, ça, ça existe, on fait ci, on fait ça, c'est comme ci, c'est comme ça. Tu l'utilises, tu l'utilises pas pour tel ou tel usage, ça c'est ton choix en partie, parce que parfois c'est pas ton choix, c'est contre ta volonté, t'as coché des petites cages sans lire, comme plein de gens, donc voilà.
- Lulu
Exactement.
- Manu
Mais si tu veux pouvoir argumenter, si tu veux pouvoir t'en défendre, t'en prémunir, il faut un minimum, avoir un minimum de connaissances. Ça, c'est le maire de la guerre pour moi.
- Lulu
Je pense que c'est une belle conclusion. tout ça ouais ça a bien je pense qu'on a couvert pas mal de sujets en vrai c'est trop t'as beaucoup parlé non mais c'est bien c'est je crois qu'en plus là il y a tout le monde qui est rentré donc maintenant je ne sais pas le quiz ah le quiz oui ou le dessert ou le dessert ou les deux bon bah merci beaucoup Marion merci à toi c'était super ok et bah à bientôt j'espère et puis on se tient au courant pour tout plein de choses après et on va finir en beauté cette No Code Week oui let's go merci beaucoup