- Speaker #0
Le leadership du vivant pour vous accompagner, vous former et vous inspirer. Bonjour Eric, ravi de t'avoir avec nous aujourd'hui.
- Speaker #1
Bonjour Elisabeth, je suis ravi de revenir dans les locaux de Mosaïque, non pas comme étudiant, mais pour faire ce podcast.
- Speaker #0
Super, alors pour les personnes qui ne te connaissent pas, je vais te présenter en quelques mots. Tu es directeur de franchise ou de business unit, en fonction de la façon dont les gens peuvent le comprendre, chez Sanofi. Donc tu as piloté entre une cinquantaine et une centaine de personnes. Et t'as un parcours atypique puisque t'as été dans l'informatique, dans la finance, avant d'être dans les opérations commerciales. Alors, pour que tu puisses te présenter, mais d'une façon plus mosaïcienne peut-être, faire un portrait chinois, et je vais te proposer de dire en quelques mots qui es-tu comme leader si tu étais un sport ?
- Speaker #1
Alors c'est une bonne question, si j'étais un sport, je serais probablement une équipe de football. Parce que moi en tant que leader, ce qui m'anime en fait, c'est le collectif et donc avec des gens venant d'horizons différents, avec des compétences et des talents différents. Et je pense qu'une équipe de football représente bien ça. Et puis comme pour toute équipe, il faut un leader. Et aujourd'hui si j'avais un leader... Comme référence, ce serait Louis Saint-Riquet, l'entraîneur du Paris Saint-Germain.
- Speaker #0
Tu peux nous en dire un peu plus, parce qu'en plus, chez moi, ils sont très OM. Donc, si je parle de quelqu'un du PSG, il va falloir que j'ai quelques éléments à partager.
- Speaker #1
Alors, moi aussi, j'étais beaucoup OM et j'ai changé pour le Paris Saint-Germain et Louis Saint-Riquet. Parce que c'est... Un entraîneur de rupture pour le Paris Saint-Germain. Pendant très longtemps, les entraîneurs qui sont succédés ont basé toute leur stratégie sur une somme d'individualité. Et Louis-Cédric et lui a pris le contre-pied de tout ça en animant un collectif. Et c'est ce qui lui a permis d'atteindre les objectifs du Paris Saint-Germain, à savoir gagner la Ligue des Champions.
- Speaker #0
Je ne suis pas une grande, grande sportive, mais en tout cas, ce que tu présentes du PSG, du leader, me semble assez inspirant. Une autre question, si diriger une entreprise était un paysage, quel serait-il pour toi ?
- Speaker #1
Alors, si c'était un paysage, je dirais un paysage de montagne. Les Alpes par exemple, puisque dans la carrière de dirigeant, il y a toujours des hauts et des bas, des temps forts, des temps faibles. L'important étant que les temps faibles durent le moins longtemps possible et les temps forts le plus longtemps possible. Et on a toujours comme objectif d'atteindre des sommets. Donc même quand on est parfois dans la vallée, il faut toujours regarder vers le haut pour atteindre des sommets et repousser ses limites.
- Speaker #0
Comment tu fais toi quand tu es dans la vallée ? Pour atteindre les sommets ?
- Speaker #1
Alors quand je suis dans la vallée pour atteindre des sommets, je m'appuie sur mon équipe. Je pense qu'un leader seul ne peut rien faire. J'ai une phrase que je répète depuis une vingtaine d'années maintenant à mes équipes. On réussit ensemble ou on échoue ensemble, mais c'est bien le collectif qui réussit et pas le manager seul. Donc quand je suis en balade de la vallée, je regarde le sommet de la montagne. Et on se donne pour objectif avec l'équipe de le Gravien.
- Speaker #0
Toujours ensemble, together. Et si ton style de leadership était un objet, qu'est-ce que ce serait ?
- Speaker #1
Alors si c'est un objet, je pense que ce serait un bus. Alors pourquoi un bus ? Parce que dans un bus, on met un collectif. Et je viens de le dire, je crois beaucoup en la réussite collective. Et donc un bus, ça permet de partir d'un point A pour aller à un point B, en prenant des chemins qui peuvent être différents, mais toujours avec un collectif et une équipe. Donc voilà pourquoi j'ai choisi le bus.
- Speaker #0
J'ai l'impression que c'est le bus qui emmène l'équipe de foot pour gagner le match. Parce que je crois que les joueurs de foot, ils prennent quand même régulièrement un bus.
- Speaker #1
Oui, c'est un peu ça le bus ou l'avion, mais oui, c'est une bonne image.
- Speaker #0
C'est toi qui fais le lien en fait, qu'on n'avait pas forcément vu. Et c'est quoi la réalité d'un leader au niveau du quotidien ? Qu'est-ce qu'il vit que les autres ont ? Tout on ne voit peut-être pas.
- Speaker #1
Alors au quotidien, le leader il est à la fois accompagné par son équipe mais il est aussi à la fois seul. C'est-à-dire qu'il y a des grands moments de solitude, des décisions à prendre et qui doivent être prises par le leader. Donc ça c'est une première chose. La deuxième chose c'est que le leader doit maintenir le cap. Et parfois dans des zones d'incertitude assez élevées. Si je devais donner une image, ça serait naviguer par tant de brouillard. Et on peut avoir des doutes en tant que leader, mais on ne doit jamais les exprimer et toujours garder le cap et donner confiance à son équipe, même encore une fois, quand on ne voit pas grand-chose.
- Speaker #0
Donc le mythe du leader qui ne doit jamais exprimer... Ces difficultés pour donner confiance à ses équipes, pour garder le cap.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est une réalité en fait, plus qu'un mythe. En tous les cas, il ne doit pas les partager avec son équipe. Je peux les partager, les partager mes doutes avec d'autres personnes, avec mon manager par exemple, et puis avec des collègues aussi. Et c'est important de pouvoir le faire. Mais en tous les cas, éviter de le faire avec son équipe parce que ça peut devenir assez anxiogène et avec pour conséquence de perdre pas une personne mais l'équipe.
- Speaker #0
Pour garder, les protéger pour continuer à avancer dans la direction. La question qui me vient, à quel moment, quel est le souvenir le plus marquant que tu as, que ce soit en termes de solitude ou décision difficile à prendre ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui te vient là ?
- Speaker #1
Alors, décision difficile à prendre en tant que manager, j'en ai eu parce que j'ai connu des moments un peu difficiles de réorganisation. Donc il y a malheureusement parfois des effets collatéraux à une réorganisation, c'est-à-dire qu'on a des collaborateurs qui peuvent être... très performant et qui pour autant ne se retrouve pas dans une nouvelle organisation. Et il faut accompagner ses collaborateurs pour faire en sorte qu'ils puissent... Retrouver une motivation, un positionnement et qu'ils puissent donner une nouvelle orientation à leur carrière. Et ça, ce ne sont pas des moments qui sont très faciles, mais ce sont des moments qui sont indispensables en tant que leader. En tous les cas, je pense que la première chose qu'on doit faire, c'est d'accompagner et développer nos collaborateurs.
- Speaker #0
Et en termes de moments charnières, est-ce que dans ta carrière, parce que là tu parles du fait de préserver les équipes en partageant pas forcément les difficultés, les garder pour soi, des moments de solitude, quels ont été les moments charnières dans ta carrière professionnelle ?
- Speaker #1
Alors comme tu l'as dit Elisabeth, j'ai un parcours qui est assez, enfin qui est atypique pour quelqu'un avec mon expérience aujourd'hui, les jeunes ont plus de possibilités de faire des expériences diverses et variées mais moi j'ai décidé de changer de famille, de métier à chaque fois où je me suis senti avoir atteint la plénitude dans mon job. Et j'ai toujours voulu à ce moment-là sortir de ma zone de confort et prendre un risque pour me développer vers d'autres horizons, d'autres familles de métiers. Et ça m'a plutôt porté chance puisque j'ai quand même fait une carrière somme toute successful. Et si je devais revenir sur un moment de charnière, c'est il y a 4-5 ans environ où je dirigeais une autre business unit et j'étais arrivé à un moment donné où j'étais devenu prisonnier de moi-même. Alors être prisonnier de soi-même c'est compliqué.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça veut dire être prisonnier de soi-même ?
- Speaker #1
Ce que ça veut dire c'est que j'avais le sentiment que 80 ou 90% de la business unit était portée par moi en fait, c'est à dire que je prenais beaucoup trop de décisions et à un moment donné je me suis dit si demain tu devais ne plus être là pour quelques raisons qu'il soit qu'est-ce qui va se passer et ça, ça a été un moment charnière pour moi et c'est à ce moment là d'ailleurs que j'ai été coaché pour la première fois.
- Speaker #0
Raconte-nous ta première rencontre avec le coaching, parce que finalement, ce n'est pas si vieux que ça, par rapport à ta carrière, parce que tu travailles depuis combien de temps chez Sanofi ? On ne l'a pas précisé tout à l'heure.
- Speaker #1
Une trentaine d'années.
- Speaker #0
Donc tu es tout jeune, une trentaine d'années d'expérience, et donc 25 ans finalement, alors je ne sais pas combien de temps de management.
- Speaker #1
Une vingtaine d'années à l'époque.
- Speaker #0
D'accord. Donc sur une vingtaine d'années, en fait... Donc avec l'expérience que tu avais, au bout de 15 ans, parce que c'est il y a 5 ans, au bout de 15 ans, une rencontre avec le coaching. Qu'est-ce qui t'a fait aller vers le coaching au bout de 15 ans avec l'expérience que tu avais ?
- Speaker #1
Alors au début, je ne voulais pas y aller. Au début, je me suis dit, mais ça fait 15 ans que je manage, avec plutôt des résultats, parce que si on m'a confié à chaque fois des responsabilités supplémentaires... C'est que j'arrivais à délivrer et à amener mes équipes là où je devais les amener, donc je me suis dit à quoi bon aller perdre son temps à être coaché. Donc ça, ça a été ma première réflexion. Et puis ensuite je me suis dit après quelques semaines, si on me le propose, c'est probablement que ça peut m'apporter quelque chose. Et donc j'ai vu le verre à moitié plein en me disant, en fait c'est une opportunité pour toi que te donne l'entreprise de te développer puisque le coaching ça coûte, c'est un investissement. Et donc je me suis dit, l'entreprise est prête à investir sur moi et donc j'ai décidé d'être coaché.
- Speaker #0
Donc c'est intéressant parce que la première réaction, ça fait 15 ans que je fais, donc quand même je sais, et avec des résultats. C'était quoi ta vision à ce moment-là du coaching, avant de t'ouvrir sur la possibilité d'être coaché ?
- Speaker #1
Ma vision c'était, on va me mettre dans une salle de formation et on va me dire ce que je dois faire. Et j'ai horreur d'être mis dans un cadre, donc forcément, je n'avais pas envie d'y aller.
- Speaker #0
À partir du moment où tu as fait le pas et tu as dit, j'ouvre le champ des possibles, parce que peut-être qu'il y a des choses à apprendre, tu as mis six semaines, quel déclic qui a fait quand même que tu as switché entre les deux ?
- Speaker #1
Le déclic, c'est que j'avais une problématique qui était que je suis prisonnier de moi-même et comment je vais pouvoir me détacher de mes chaînes que je m'étais mis autour de moi. Le déclic, c'était en quoi le coaching va pouvoir m'aider à enlever mes chaînes.
- Speaker #0
Et donc cette première expérience de coaching ? Qu'est-ce que tu as découvert lors de cette première approche avec le coaching ?
- Speaker #1
Alors ce que j'ai découvert, c'est que en fait ce n'était pas une formation, donc ça c'était plutôt bien. Que deux, finalement, c'est moi qui allais être acteur de mon propre cheminement. Et donc, être acteur, moi, ça me plaisait, alors que quand on est en formation, on est plutôt assis, et même assis sur le plan mental. Donc, voilà ce qui m'a plu, c'est de me dire, à un moment donné, je vais être le propre acteur de mon cheminement, et c'est moi qui vais probablement trouver la clé. pour enlever mes chaînes.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça a changé pour toi dans ton management, ce premier contact, en tout cas ces premières séances de coaching, en tout cas ce voyage de coaching, qu'est-ce qu'il a déjà changé pour toi ?
- Speaker #1
Alors ce premier voyage a changé, c'est probablement ma relation avec mes collègues déjà dans un premier temps.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
J'ai compris à ce moment-là que mes collègues pouvaient être des alliés et m'aider. Donc voilà ce que je n'avais pas forcément vu auparavant.
- Speaker #0
Parce que tu les voyais comment ? Ou peut-être que tu ne les voyais pas d'ailleurs ?
- Speaker #1
Alors, ça dépend. Certains d'entre eux, je les voyais comme des collègues sympas avec qui j'avais envie de discuter. Et puis, probablement d'autres comme des personnes qui m'empêchaient d'avancer à la vitesse avec laquelle j'avais envie d'avancer. Voilà. Et en fait, le coaching m'a permis de prendre conscience que tout un chacun pouvait devenir un allié et m'aider.
- Speaker #0
Surtout s'il y a un intérêt commun. C'est intéressant d'avoir un intérêt commun. pour construire une alliance. Donc tu as découvert avec ce coaching que c'était l'opportunité de voir plus d'alliés ou en tout cas de créer des alliances pour obtenir ce que tu avais envie d'obtenir en termes de résultats, peut-être avec moins d'énergie, je ne sais pas.
- Speaker #1
Alors ça je l'ai découvert plus tôt dans ma deuxième expérience qui a été en fait pas une expérience de... de coacher mais quand j'ai suivi la formation des fondamentaux chez Mosaïque où là j'ai bien compris que je pouvais encore aller plus loin et finalement modifier mon... type de leadership.
- Speaker #0
D'accord. Alors avant de redévelopper dessus, qu'est-ce qui fait que tu as fait un coaching et qu'est-ce qui fait que tu as été faire une formation, parce que les fondamentaux, c'est effectivement une formation des basiques du coaching pour leaders, il y a aussi pour ceux qui veulent devenir coach, mais déjà pour les leaders. Qu'est-ce qui a fait qu'entre la première étape du voyage de coaching, il y a eu combien de temps d'espace et c'était quoi les déclencheurs pour aller sur cette deuxième étape ?
- Speaker #1
Alors, ce qui m'a permis d'aller vers cette deuxième étape, c'est le fait qu'à un moment donné, je me suis dit qu'il fallait que je donne plus d'autonomie à mes collaborateurs. En tous les cas, le... Le module des fondamentaux m'a permis de comprendre que je pouvais lâcher prise, je pouvais probablement donner plus d'autonomie à mes collaborateurs.
- Speaker #0
Ça c'est ce que tu as vu aux fondamentaux. Avant d'aller creuser un poil plus sur ce volet-là, qu'est-ce qui a fait que tu allais... Faire une formation sur la posture de coach alors que tu étais toujours en poste aujourd'hui après la formation, quel est l'intérêt de se former ?
- Speaker #1
Alors ce qui m'a donné envie au départ c'était de me dire voilà j'arrive à une étape avancée de ma carrière et en quoi je peux continuer à être utile dans l'entreprise et en quoi je pouvais être utile. C'était pour moi accompagner et développer encore plus mes collaborateurs. Moi je dis toujours aujourd'hui à mes jeunes collaborateurs, l'avenir de l'entreprise c'est vous. Moi je suis là pour vous accompagner et transmettre.
- Speaker #0
Donc du coup ce que j'entends c'est entre ta première expérience de coaching où tu as découvert que tu pouvais faire créer des alliances, tu t'es dit j'ai envie de contribuer encore plus au niveau de mes équipes et donc par le biais d'une formation de coaching peut-être que je peux... Les accompagner dans un développement d'une autre façon, c'est ça que...
- Speaker #1
Exactement, exactement, et les préparer au challenge de demain. Donc moi j'ai fait cette formation plus tôt, donc en fin de carrière, et aujourd'hui ce que j'aimerais faire passer comme message, c'est que cette formation et l'accompagnement, le coaching... À mon avis, il doit être proposé aux talents de l'entreprise le plus tôt possible. Et ne pas attendre que les collaborateurs, les managers, les leaders soient en difficulté pour le proposer. Mais vraiment le proposer à un début de carrière de manager, puisque pour moi ça reste un investissement et ça permettra derrière à tout un chacun de... un, de gagner du temps et d'éviter peut-être de faire des erreurs que moi-même j'ai dû commettre il y a 15 ans parce que je n'avais pas été accompagné.
- Speaker #0
Alors c'est amusant parce que ce que j'ai entendu sur ton envie finalement d'y aller, c'était de contribuer au niveau de l'entreprise sur quelque part les dernières années de carrière avec une vraie envie de rester en entreprise et contributions. Et puis après, dans la recommandation, tu es plus dans, attention le coaching, ce n'est pas un coaching de dernière chance où l'accompagnement, c'est un... Un vrai accélérateur de talent.
- Speaker #1
Exactement, pour moi c'est un accélérateur de talent, c'est un bel outil de développement des collaborateurs managers. Et quand on identifie des talents dans l'entreprise, je pense que le coaching, permettre à ces collaborateurs d'être coachés dans leur prise de poste managériale... Ça devrait être aujourd'hui quelque chose de... quasi automatique.
- Speaker #0
Donc le coaching pour des prises de postes et surtout les premiers postes managériaux, tu dis ça de reprès, c'est tout automatique. Et entre être accompagné pour un premier poste ou être accompagné pour se développer et faire une formation, c'est quoi la différence pour toi ?
- Speaker #1
Alors, je pense que la formation et notamment celle des fondamentaux de Mosaïque, elle peut être faite dans un deuxième temps. parce que je pense qu'il faut avoir un certain nombre d'années d'expérience pour pouvoir être prêt à l'assimiler, parce que c'est une formation qui est quand même transformative, on va dire ça comme ça, transformative, et que je ne suis pas certain que ce soit à 30-35 ans qu'il faille la faire, mais un peu plus tard. Donc si je devais résumer, c'est accompagné par un coaching des collaborateurs, talentueux à leur prise de poste de manager et après dans un second temps, plutôt partir sur une formation par exemple sur les fondamentaux du coaching individuel ou collectif après quelques années d'expérience managériale.
- Speaker #0
Quand tu dis que c'est transformatif avec un petit sourire qu'est-ce que tu as envie de partager sur ce voyage en formation les moments marquants ?
- Speaker #1
Alors, c'est transformatif, on nous le dit quand on s'inscrit à la formation, on nous le dit le premier jour quand on arrive chez Mosaïque, et moi je l'ai vécu, alors pas forcément dans les 4 premiers jours, mais probablement le 5ème ou le 6ème jour, ou dans un exercice de mise en situation où je devais faire un coaching collectif. Donc j'ai fait ce coaching collectif et le feedback que j'ai eu de mes pairs ce jour-là, ça a été de me dire « Eric, t'es un super entraîneur, on est prêt à te suivre n'importe où, tu leads, tu fixes le cap, t'as une voix qui porte, on te fait confiance, on a envie de te suivre. » Et donc j'étais dans une position haute, alors que quand on fait du coaching, on doit être dans une position basse, être en écoute active. Et ça, ça m'a beaucoup perturbé parce qu'en fait, ce jour-là, j'étais en train de faire ce que je savais faire, à savoir leader, manager, mais pas coacher. Et il y a eu un déclic là où je me suis dit, mais pourquoi tu as toujours besoin d'être dans cette position de leader ? Qu'est-ce qui fait que tu as toujours envie de gagner ? Et je me souviens avoir passé... Un mauvais week-end, parce que cette séance était un vendredi, et j'ai passé un mauvais week-end, ou en tous les cas un week-end où je me suis posé beaucoup de questions.
- Speaker #0
C'est un moment émouvant, parce qu'en plus on l'a partagé tous les deux, parce que je faisais la formation à ce moment-là. Alors simplement pour ceux qui ne savent pas ce que c'est entre la position haute et la position basse, c'est sûr qu'un enseignant est en général dans une position haute, ou un coach dans les vestiaires, parce que si je me souviens bien, qu'est-ce qui t'avait été dit, Eric ?
- Speaker #1
Alors la veille j'étais en réunion avec des personnes et ils m'avaient dit en me voyant tu ressembles à un entraîneur de foot en termes de posture.
- Speaker #0
Voilà donc ça position haute parce que guide etc. Position basse effectivement être en écoute même si un coach il peut être dans les deux mais important qu'en termes de parité il soit plus dans l'accueil et l'écoute dans la majorité du temps. Effectivement ça avait été un moment... Et du coup, qu'est-ce que ça a changé pour toi dans ta façon de manager ce moment-là, qui a été un vrai déclic si j'ai bien compris ? Qu'est-ce que toi tu as ressenti et qu'est-ce que les autres ont éventuellement aussi envoyé comme message dans des situations concrètes ?
- Speaker #1
Alors à partir de ce moment-là, effectivement, je me suis beaucoup interrogé sur moi-même. Et je pense que c'est à partir de ce moment-là où j'ai changé ma posture. de leader. Et je vais donner deux, trois exemples. Je me souviens, peut-être un mois après, je réunissais mes N-1 pour travailler sur la gouvernance de notre équipe. Et là, pour la première fois, j'ai laissé l'équipe, j'ai donné des rôles à chacun. chacun a pris des rôles pour animer cette réunion, et moi je me suis mis en retrait et je n'ai fait qu'écouter. Ça a duré une heure, une heure et demie, il y a eu une restitution de même. moins un qui a été fait sur une proposition de gouvernance qu'on a collectivement validé. Ce jour-là, pour la première fois, j'étais spectateur de mon équipe.
- Speaker #0
Et comment tu l'as ressenti sur ce moment-là ? Parce que la première fois, qu'est-ce que ça t'a fait ? De voir ton équipe travailler sans avoir besoin de toi ?
- Speaker #1
Alors j'ai trouvé que c'était très confortable du coup. reposant, puisque on regarde les autres travailler, donc ça c'est plutôt sympa. Et ce qui m'a immédiatement rassuré, parce que j'avais quand même besoin d'être rassuré, je ne peux pas lâcher prise comme ça, c'est le retour de mes collaborateurs qui m'ont dit, il y a six mois, tu nous aurais probablement pas permis de faire ça comme on a pu le faire aujourd'hui. Et là je venais de conscientiser le fait que j'étais en train de cheminer en fait.
- Speaker #0
Si je me souviens bien, on avait échangé il y a quelque temps et tu avais dit, même au niveau du comité de direction, il y avait eu des influences de ta part venant de ce que tu avais appris dans les sessions de formation.
- Speaker #1
Oui, alors j'avais une collègue un jour qui m'a fait une remarque, c'était assez marrant, qui me dirait que c'est quand même bizarre, avant tu répondais aux questions... Pendant les comités de direction, maintenant c'est toi qui nous poses des questions et ça me perturbe.
- Speaker #0
Alors là, tu as donné deux exemples de changements de comportement. À l'heure d'aujourd'hui... Si tu faisais un bilan sur ce qui a changé aujourd'hui, après tu as fini il y a combien de temps, en plus tu as fait d'autres cycles derrière, mais c'est en 2025, c'est ça, cette formation des fondamentaux ? Si tu faisais le bilan aujourd'hui de ce qui a changé et de ce qui t'a été renvoyé en complément de ce premier retournement partagé par tes équipes ?
- Speaker #1
Alors, moi j'aime bien avoir des feedbacks de mes collaborateurs, de ma boss. Donc je leur ai posé la question de savoir ce qui avait changé en moi en tant que leader depuis que j'ai fait cette formation. Et c'est assez intéressant de constater que j'ai 4-5 retours. Et en fait, ils sont tous concordants. Donc tout le monde a vu la même chose. Et ce que je dirais aujourd'hui, c'est que... Je donne beaucoup plus d'autonomie à mes collaborateurs, je délègue beaucoup plus. Je suis plus dans l'accompagnement que dans la prise de décision. Que les gens viennent plus spontanément à moi, je sais que... Certaines personnes pouvaient avoir peur de moi par le passé, et aujourd'hui les gens ont moins peur de moi et j'en suis ravi. Et puis ça m'a donné aussi l'opportunité de développer à la fois plus de sérénité, une écoute active plus développée, et puis aussi de développer mon empathie. Donc voilà ce que j'ai fait évoluer en tant que leader, enfin les retours que j'ai en fait aujourd'hui.
- Speaker #0
Et par rapport au prisonnier, au démarrage qui était pris dans ces chaînes qui s'était mis lui-même, si tu devais décrire ce prisonnier du moment aujourd'hui, comment il est ?
- Speaker #1
Alors, il n'y a plus de prisonnier du tout aujourd'hui. Si je devais donner une image, ça serait probablement quelqu'un qui ferait du parapente, pour revenir sur l'image de la montagne. Avec une prise de hauteur finalement assez importante, avec une vision plutôt 360. Et puis en me laissant aussi porter par mon équipe.
- Speaker #0
Ça fait du bien de se laisser porter plutôt que porter tout le monde, c'est un peu moins fatiguant.
- Speaker #1
Oui, alors ça c'est aussi important, quand on arrive presque à la soixantaine, il faut qu'on s'économise, et je m'économise aujourd'hui en m'appuyant sur mon équipe, et je pense que c'est aussi ça qui m'a fait gagner en sérénité, parce que je suis plus calme, plus reposé. Et je protège aussi mes coronaires et c'est bien.
- Speaker #0
C'est une bonne chose pour la durabilité. Surtout que vous avez parlé du leadership du vivant. L'intention, c'est de mettre du vivant dans notre quotidien et de rester vivant d'autant plus. S'il y a des DRH qui nous écoutent ou des directeurs, en tout cas des leaders, des managers qui regardent le coaching avec curiosité. inquiétudes ou intérêts, qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire ?
- Speaker #1
Alors, je l'ai un peu dit tout à l'heure, ce que j'ai envie de leur dire, c'est n'attendez pas que les collaborateurs soient en difficulté pour leur proposer d'être accompagnés, ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est pour moi un investissement sur les collaborateurs, investissement qui leur permettra de continuer à se développer. probablement aussi à mieux accompagner leurs équipes, à mieux les préparer aux enjeux d'aujourd'hui, mais aussi de demain. et puis troisième point qui sera qui est aussi pour moi important c'est que la personne Si elle veut profiter de son coaching, elle doit être prête à changer, à se remettre en question. Ne jamais obliger un collaborateur à aller se faire coacher parce que je pense que l'échec est assuré.
- Speaker #0
Disons que nous parlons du coaching prescrit et c'est vrai que quand il n'y a pas une volonté personnelle, ce n'est pas la même chose. Après, parfois, un coaching prescrit, certains coachés y voient finalement un bénéfice, mais il est clair qu'en termes d'investissement au sein d'une entreprise, le retour sur investissement sera bien plus performant avec une personne qui est volontaire. Et après, il y a moyen de l'encourager à être volontaire en donnant du sens. Parce qu'en fonction de la façon dont le coaching est présenté, forcément il est peut-être accueilli différemment par la personne qui est concernée.
- Speaker #1
Oui certainement, et pour moi c'est vraiment un élément de développement du collaborateur. Et en aucun cas, tu parlais de prescription, c'est pas une prescription médicale pour guérir quelqu'un, ou pour qu'il serait en situation d'échec. Mais vraiment une prescription pour développer les collaborateurs. C'est vraiment pour moi un investissement, un acte de développement.
- Speaker #0
Et l'intérêt pour l'entreprise de développer ses collaborateurs ? Comment tu le définirais ?
- Speaker #1
Je pense que je l'ai dit tout à l'heure en introduction. Une entreprise, son premier asset... C'est les personnes, les hommes et les femmes qui constituent cette entreprise. Donc je pense que si on prend soin de ses collaborateurs, on a plus de chances d'être performant que dans le cas inverse. Et je dis toujours qu'un collaborateur qui se sent bien dans ses baskets est un collaborateur qui prendra plaisir à venir travailler. et qui contribuera fortement à la réussite collective. Donc pour moi, l'investissement dans l'humain est quelque chose de fondamental.
- Speaker #0
Et j'ai une dernière question. C'est vrai qu'on a eu une expérience en partie similaire. Moi, j'ai été directrice de Business Unit. C'est vrai que ce n'était pas forcément naturel d'aller vers le coaching versus d'autres entités. J'ai vraiment vu la valeur, même en termes de résultats, en focalisant sur les hommes et sur les femmes. Et par rapport aux organisations et la pétance de certains environnements versus d'autres, est-ce qu'il y a autre chose, une dernière chose que tu aurais envie d'ajouter ? Par rapport à ce que ça t'a apporté, un autre message sur ce que ça t'a ouvert comme nouveau regard ?
- Speaker #1
Parce que le dernier message que je pourrais donner, c'est que c'est vraiment une belle opportunité pour faire deux pas de côté et se donner du temps pour réfléchir sur qui on est et comment on a envie d'évoluer. Et je parlais tout à l'heure de la solitude du leader. Cette formation, alors elle ne permet pas de répondre à toutes les questions. Elle en pose beaucoup et c'est parfois, je l'ai dit, perturbant. Mais en tous les cas, elle... permet de mieux se connaître, de répondre à certaines questions sur qui on est et surtout pourquoi on est comme ça, à mieux se comprendre en fait, et de pouvoir, encore une fois, cheminer à la vitesse à laquelle on a envie de cheminer, avec, à la fin... Un vrai gain et encore une fois un vrai développement personnel. J'en ai un peu parlé avec les retours qui m'ont été faits et aujourd'hui je suis fier d'avoir fait ce chemin. C'est pas si simple que ça, mais je pense que si j'avais pas été coaché dans un premier temps, suivi ensuite cette formation, j'aurais jamais fait ce chemin tout seul. Et ça aurait été dommage. Dommage pour moi, dommage pour mon équipe qui me voit différemment aujourd'hui. Et puis aussi pour des collègues que je peux aujourd'hui accompagner dans leur développement.
- Speaker #0
Super. En tout cas, Eric, merci pour ce témoignage sur ton vécu, toute cette expérience. Je trouve toujours ça remarquable. Lorsqu'il y a une capacité de remise en question de ce que ça peut... Générer ensuite comme nouveau regard et la transformation, oui, dans l'environnement professionnel, mais une transformation personnelle, en fait, c'est ça que tu partages. Et puis peut-être pour cheminer ensuite vers le futur. Je ne sais pas si tu as envie de parler d'un mot vers le futur pour conclure.
- Speaker #1
Oui, ce que je pourrais dire en conclusion, c'est que cette formation m'a donné envie de continuer. donc j'ai fait différents modules. probablement que en 2027 ou 2028 je ferai moi-même du coaching parce que ça correspond à ce que j'ai envie de faire aujourd'hui à savoir accompagner et développer des
- Speaker #0
hommes et des femmes merci beaucoup Eric et à très bientôt merci Elisabeth au revoir Le leadership du vivant pour vous accompagner, vous former et vous inspirer.