- Speaker #0
Le leadership du vivant pour vous accompagner, vous former et vous inspirer. Bonjour Olivier.
- Speaker #1
Bonjour maman, bonjour Daniel.
- Speaker #0
Ben oui, c'est un peu... émouvant, c'est le quatrième podcast et c'est la chair de ma chair, une des chairs de ma chair qui est là. Donc vous êtes... Olivier, si je t'ai demandé de venir dans ce podcast sur le leadership du vivant, c'est que tu es un enseignant... chercheur et que la recherche que tu fais en ce moment je pense c'est vraiment super important pour l'avenir des leaders et de la vie sur la planète donc j'aimerais que tu nous en parles un peu mais juste avant te présenter peut-être autrement puisque dans ce podcast ce que j'aime bien c'est que les gens fassent connaissance avec autre chose que la partie sociale Je t'ai demandé de réfléchir ou de laisser venir un film, une chanson, un poème, un bouquin, un jeu peut-être, qui parle de toi. Tu as choisi quoi ?
- Speaker #1
Oui, alors j'ai choisi mon livre, un livre, Le Comte de Montecristo, un de mes livres préférés. Et parce que ce que j'aime bien dans ce roman déjà que c'est... Même si c'est un long roman, il se passe quelque chose à chaque page. C'est toujours excitant, toujours intéressant. Et j'aime bien ça quand il se passe toujours quelque chose. C'est vraiment super. Il y a tellement de choses qui se passent. c'est vraiment un monde en changement permanent. Et puis le personnage principal, donc le comte de Montecristo, né Edmond Dantes, qui commence avec une histoire terrible, victime d'une conspiration, il perd tout, alors qu'il est complètement innocent, il est juste un rouage d'une machine implacable, et finalement remonte la pente, prend sa revanche, et puis avec trois caractéristiques que je pense qui, moi, me correspondent bien en tant qu'enseignant-chercheur, c'est d'abord... une victoire sur ses adversaires qui est très cérébrale même si c'est un livre d'aventure il n'y a pas de bataille il n'y a pas de combat à l'épée d'ailleurs c'est la seule chose que je reprochais à l'adaptation en film c'est qu'à la fin il vint de ses adversaires avec une épée ce qui n'est pas du tout l'essence du personnage qui construit sa revanche petit à petit ensuite c'est sa patience qu'il faut beaucoup quand on fait de la recherche c'est qu'il Il prend. prend des années et des années pour préparer son retour. Et ensuite, c'est qu'il apprend énormément de choses. Son pouvoir, c'est un super héros, le comte de Montérisseau, mais son pouvoir magique, c'est sa capacité d'apprentissage. Il apprend des langues, il se déguise, il apprend différents, il se transforme en différents personnages. Et lui qui est né pauvre capitaine à Marseille, se transforme en comte italien. Donc ça, c'est ces trois capacités, cette approche serrée. d'essayer de gagner ses batailles avec son cerveau plutôt qu'avec sa force physique, sa patience et puis sa volonté d'apprendre et d'augmenter son pouvoir magique via son apprentissage constant.
- Speaker #0
C'est vrai, je te reconnais. Mais par rapport à cérébrale, j'irais sur la nuance stratégique. Parce que je me rappelle quand tu avais 20 ans, que tu voulais déjà être enseignante-chercheure, et qu'un jour je t'ai dit, mais comment tu fais pour supporter toutes ces contraintes académiques de la recherche ? Tu m'avais regardée en disant, il faut être un peu stratégique, maman. Bon, j'avais pris des leçons, mais comme toujours avec vous deux. Mais il y a la cérébrale stratégique. d'imaginer, parce qu'il se sert aussi de son imagination dans le côté cérébral. La patience, ça c'est vrai qu'il t'en a fallu, des années et des années pour arriver là où tu es aujourd'hui, et puis apprendre. Alors là on se retrouve évidemment, les Ausha ne font pas des chiens. Et ça veut dire quoi être un leader dans le monde académique ?
- Speaker #1
Le leadership est important parce que le monde académique, la recherche a vraiment deux objectifs. Le premier c'est... c'est produire des nouvelles idées, des nouvelles solutions pour la société, parce que je pense qu'on a tous dans notre vie, tous les jours, on est très fort dans le diagnostic, on voit les problèmes, on voit les problèmes. Mais pour penser des solutions concrètes, et efficace, ça prend plus de temps et c'est plus difficile. Il se trouve que dans notre vie de tous les jours, la plupart des gens ont un travail, ont des contraintes à court terme et c'est difficile d'imaginer tout ce qui est possible. Et puis chacun, en plus, est très influencé par sa propre expérience personnelle. Ça peut être difficile de penser outre sa situation. On voit beaucoup les effets que ça a sur nous et peut-être pas sur tous les autres. Alors c'est ça l'avantage d'être chercheur, l'avantage de la recherche, c'est qu'on a plus de temps et on a une capacité d'essayer de penser aux solutions et pas que aux problèmes en regardant beaucoup de choses de manière systémique. Ça c'est ce qu'il fait bien sûr en économie et en sciences sociales, c'est essayer de collecter des données le plus représentatives possible pour éviter de regarder que la solution d'une certaine personne, ou dans un certain cas, mais une vision plus globale et qui est bien sûr importante pour... pour obtenir des solutions qui fonctionnent. à long terme. Donc ça c'est le premier objectif dans le monde académique, c'est produire de nouvelles idées. Mais aussi important, c'est le deuxième aspect qui est diffuser les idées. Si elles ne sont pas utilisées, ça ne sert à rien. Donc ça, il y a plusieurs étapes. Il faut d'abord convaincre ses pairs. C'est là où la recherche scientifique se distingue de la production d'idées qui se fait différemment, par exemple via des livres ou des blogs ou des marques qui peuvent aussi avoir beaucoup d'influence sur les gens, mais dans le côté scientifique, on doit être sûr que le message qui est délivré est examiné de manière rigoureuse, systématiquement, par d'autres chercheurs pour être sûr que les idées et les solutions proposées sont vraiment robustes et correspondent au monde réel. la première étape n'est pas d'écrire un livre qui va se vendre très bien c'est vraiment de créer une idée qui est basée sur quelque chose de très solide donc le fondamental de la science c'est l'évaluation par les pairs ça prend du temps, c'est rigoureux c'est frustrant parfois en tant que chercheur on sait qu'on a une bonne idée mais qu'il faut quand même encore convaincre et convaincre encore et toujours mais c'est comme ça qu'à la fin une fois que... on écrit un article scientifique qui est publié dans un journal à comité de revue, on sait que scientifiquement, il y a quelque chose là. Et du coup, les autres acteurs sont beaucoup plus amènes à croire le message qui est là. Donc une fois qu'on a convaincu nos pairs, c'est ce qui m'occupe 90% de mon temps, on passe le reste à essayer de convaincre les autres acteurs qui, eux, ne sont pas chercheurs. Donc ce sont... Les étudiants qui vont aller sur le marché du travail et qui sont en train d'apprendre et donc on peut pendant les cours non seulement leur donner des bases techniques pour faire un travail mais aussi des grandes idées fondamentales sur comment approcher les choses. Et donc ça, ça fait une grande partie de l'enseignement, c'est de communiquer des nouvelles idées à la pointe de la recherche dans les salles de cours, dépoussiérer un peu les vieux manuels. Après, il y a aussi l'influence sur la société plus large. Donc ça, c'est via les médias. l'intervention dans les ministères ou les banques centrales. Moi dans mon cas par exemple ce matin avant cette podcast j'ai eu un petit déjeuner avec des journalistes du Figaro, du Monde, etc. de l'AFP où je parle de mon dernier article de recherche sur l'IA et son impact environnemental et climatique et donc ça, ça fait partie de la transmission, de la diffusion d'idées. J'ai fait sur certains travaux que je travaillais avant sur les crises financière et la réponse des politiques monétaires. de séminaires dans les banques centrales que ce soit la banque centrale européenne ou la banque en Angleterre ou aux Etats-Unis pour présenter mes travaux et un peu proposer des solutions pour par exemple réformer la supervision du système bancaire et financier pour éviter les crises. Donc par exemple la Banque de France utilise les superviseurs, la Banque de France utilise un peu quelques idées qu'on a développées dans un article récent je suis sur leur sur leur sur leur leur leur advisory board avec beaucoup d'autres professeurs pour essayer de contribuer à la diffusion des idées du monde académique vers le monde de la politique publique.
- Speaker #0
C'est une recherche qui trouve.
- Speaker #1
On essaie de trouver, on cherche beaucoup et parfois on trouve un petit peu, mais une fois qu'on a trouvé quelque chose de bien, il faut vraiment le diffuser.
- Speaker #0
C'est l'essentiel. En tout cas, moi, je t'ai vu la première partie, l'autorité par les pairs, c'est-à-dire aller dans plein de conférences, présenter tes articles, avoir du feedback, les retravailler. jusqu'à la publication, parce que tout le monde a donné. Donc ça, ça demande à la fois de l'autorité et de l'humilité, je crois. Parce qu'il faut avaler plein de trucs. Je me rappelle pour ta thèse que tu as dû prendre un an de plus pour aller chercher plus de données, histoire d'avoir quelque chose qui était vraiment reconnu. Après, c'est l'autorité avec les élèves. Je crois que tu aimes bien ça, la pédagogie aussi, si tu peux te renouveler de temps en temps. Et puis, par rapport aux... Je t'ai vu aussi aller dans des présentations dans différents milieux non scientifiques. Donc, on a ces trois niveaux de leadership. C'est bien. Avant, parce qu'on a déjà commencé à effleurer le sujet sur... sur le vivant, sur le renouvelable, sur les énergies. Une musique, un chant, une chanson, quelque chose ? Vous savez que Petit bateau est un...
- Speaker #1
Pour rester dans le thème, on va choisir Powerful de Major Lazer. sur le thème de l'énergie, rester sur le thème de l'énergie, qui n'est pas que l'énergie électrique pour faire allumer la lumière, faire tourner les ordinateurs et les usines, mais aussi l'énergie entre les personnes.
- Speaker #0
Et donc, c'est une métaphore sur... En quoi elle parle de toi ?
- Speaker #1
C'est encore une fois un peu la... mes intérêts basculent toujours entre la science humaine et la science plus physique, plus naturelle. Et donc ça, c'est cette métaphore d'utiliser du langage, de physique, d'électromagnétisme pour parler d'une histoire personnelle. C'est ça que je trouve génial. Et c'est pour ça que je me suis orienté, moi, en tant que recherche, une fois qu'effectivement, assez jeune, j'étais intéressé par la recherche. mais beaucoup pendant les cours essayer de réfléchir un peu plus loin et puis de penser un peu à des applications concrètes donc je voulais faire de la science plutôt sociale mais après parmi les sciences sociales il y a quand même beaucoup d'options et j'ai opté pour l'économie parce que justement il y avait un langage un peu plus proche des sciences naturelles avec une sorte de volonté de faire cette métaphore entre des systèmes plus formels plus mathématiques, plus statistiques mais en même temps appliqués à des problèmes très sociaux et personnels les humains. donc ça c'est quelque chose qui m'a qui m'a attiré plus que de faire de la science purement naturel purement physique purement mathématiques ou faire de la science purement humaine mais avoir un peu une sorte de dialogue entre les deux c'est
- Speaker #0
d'avoir le meilleur des deux mondes si possible donc voilà ce qui s'est passé c'est que tu après des années je crois colombia Parce qu'après ta thèse, tu as été longtemps à Columbia, à New York. On t'a offert une opportunité de créer une chaire. Tu peux nous en parler un peu du thème de la chaire et puis après on va venir à l'article le plus passionnant que tu fais en ce moment.
- Speaker #1
Oui, donc j'ai eu la chance que HEC Paris, qui est une business school très renommée pour la formation de ses étudiants, est aussi à la pointe de la recherche. dans certains domaines dont les deux domaines qui m'intéresse qui sont l'interaction de l'interaction entre l'économie la finance et le développement durable et donc effectivement grâce à une grande grande grande donation ils ont créé une chaire en climat et développement durable et leur objectif était de recruter le ils ont ouvert le poste a vraiment cherché au plus haut niveau au niveau international, j'ai eu la chance qu'il m'offre ce poste. qui me permet de travailler sur les recherches qui m'intéressent, qui sont alignées avec ça. Ça me donne plus de budget de recherche pour acheter des données, recruter des étudiants, pour financer des voyages, pour présenter des résultats de recherche. Et donc, c'est un poste qui permet vraiment de... de bâtir quelque chose pour les dix prochaines années. Moi qui, depuis quelques temps, me concentre quasiment exclusivement sur la recherche, sur les thèmes d'énergie, de développement durable, ça va me permettre vraiment de donner une assise pour travailler là-dessus pour encore les dix prochaines années. Encore une fois, la recherche, c'est beaucoup de patience, beaucoup de travail à long terme pour résoudre, essayer d'offrir quelques solutions concrètes et vraiment robustes à des problématiques compliquées.
- Speaker #0
Oui, je trouve ça passionnant parce que ce qu'on dit souvent en France, c'est qu'on n'a pas de budget suffisant pour faire une recherche en profondeur. Et là, grâce à la création de cette chaire vraiment orientée, alors tu dis climat, énergie, développement durable, tu as les moyens que tu aurais pu avoir aux États-Unis. Et ça, c'est ça qui t'a donné envie de rentrer, si j'ose dire.
- Speaker #1
Oui, ça... et puis Bien sûr, il y a toujours, dès que l'Europe c'est ma maison, que ces problématiques surtout environnementales, énergétiques et autres effets économiques associés sont très différents d'une région à l'autre. Et donc les États-Unis, moi qui ai passé 15 ans là-bas, ont leurs spécificités avec du coup leurs propres problèmes, leurs propres solutions. L'Europe a d'autres problèmes, d'autres solutions. donc c'est aussi un avantage de pouvoir
- Speaker #0
regarder essayer de travailler sur ces questions très difficiles mais très importantes pour tout le monde plus proche de la maison et alors ce que je lisais encore je crois dans Challenge ou d'autres journaux c'est qu'avec le conflit sur le pétrole et le Moyen-Orient les problèmes de tout ce qui est pouvoir d'achat devenaient plus importants que l'écologie ou la transition écologique. Comment tu le vis toi ? Est-ce que tu le sens en ce moment que c'est moins à la mode ou que c'est un peu plus difficile pour toi de te faire entendre ou au contraire ?
- Speaker #1
Eh bien c'est intéressant, ça va un peu dans les deux directions. On a beaucoup parlé de l'administration Trump qui est très climato-sceptique et qui donc essaye de reculer sur toutes les avancées qui ont été faites sur les énergies renouvelables, la décarbonation en général aux États-Unis, en encourageant beaucoup le développement des énergies fossiles. Alors après les États-Unis, ils sont très riches en énergies fossiles, donc eux ça les arrange, ça fait des revenus pour leur pays si on fait moins de renouvelables, moins de transitions écologiques. En Europe, on n'est pas dans ce cas-là. Et la situation récente... avec le conflit en Iran montre ça très bien mais on a eu d'autres exemples plus ou moins récents que l'Europe est très exposée au choc énergétique dû au conflit géopolitique on a vu ça dans les années 70 avec le premier grand choc pétrolier suivi de la première conflit iranien la révolution iranienne 79 qui allait le plus grand épisode inflationniste et récessionnaire qu'on ait vu dans la deuxième moitié du XXe siècle et donc là on est en plein milieu en 2026 d'un choc choc énergétique qui se profile et qui est parti pour durer. Et du coup, effectivement, il y a un problème sur les factures, la fin du mois pour les automobilistes, pour les gens qui se chauffent au gaz, etc. Mais de manière intéressante, en Europe, ces combustibles fossiles sont importés. Et donc, en fait, ces moments de crise sont aussi un moment où on se rend compte que ce serait bénéfique pour tout le monde, non seulement pour le climat. mais aussi pour l'économie en général et les factures de fin de mois, de sortir des énergies fossiles, puisqu'en Europe, nous n'en avons quasiment pas. Donc, elles sont toutes importées. Et donc, du coup, on est livré au mouvement géopolitique. Donc, du coup, aux États-Unis, c'est plutôt... un recul de la transition énergique en Europe, oui sur le court terme c'est sûr qu'on aimerait pouvoir importer produire plus d'énergie fossile au court terme pour compenser ce qui ne va pas être livré à cause du blocage du détroit d'Orbus mais en même temps c'est un réveil pour dire que la transition énergétique n'est pas seulement bénéfique pour le climat mais aussi pour réduire nos dépendances d'énergie fossile éviter les grandes crises, éviter le choc économique permanent et réduire les facteurs de tout le monde donc du coup On voit aussi beaucoup d'initiatives en disant que maintenant, c'est la bonne occasion pour passer à la voiture électrique, pour remplacer son chauffe-eau au gaz par une pompe à chaleur électrique, qui ne dépendent pas des énergies fossiles du Moyen-Âge. Donc on voit un peu, c'est un moment charnière pour la transition énergétique et pour le monde en général. Donc c'est exactement pourquoi je pense que faire de la recherche et travailler sur ces questions-là peut avoir un impact vraiment important, pas que pour notre génération aujourd'hui, Merci pour toutes les générations. futur.
- Speaker #0
Il me semble qu'on avait une conversation là dessus il y a un an ou deux où tu m'avais demandé d'acheter un bouquin qu'on ne trouvait pas aux Etats-Unis d'un chercheur européen je crois sur les nouveaux modèles de développement durable et là des conversations tu m'avais dit le gros sujet en ce moment c'est quand même le troisième pilier c'est l'argent c'est à dire ce que ça va coûter. aux gens qui ont peu de moyens. Tu as vu ça évoluer ? Parce que tu m'as dit, c'est ça qu'il faut qu'on cherche. J'ai l'impression que c'est sur ce sujet que tu es en ce moment.
- Speaker #1
Alors oui, c'est effectivement... Là où je pense qu'il y a quelque chose vraiment à faire, quand on pense au changement climatique et à la transition énergétique, c'est que pour simplifier un peu, je dis qu'il y a trois phases. La première phase, c'était les sciences du climat, les sciences naturelles, pour savoir si le changement climatique avait bien lieu et s'il était d'origine humaine. Ça, ça a mis des décennies, mais maintenant, on est dans un consensus scientifique clair là-dessus. Les émissions sont en train d'augmenter, ça augmente la température, les catastrophes naturelles, et que l'activité industrielle humaine... on est responsable des émissions de gaz à effet de serre. Ensuite, la deuxième phase, c'était une phase... plus politique, d'activisme, pour dire que oui, maintenant c'est clair qu'il y a un problème à long terme pour les générations futures, il faut faire quelque chose. Là, on entre quand même dans la phase 3, qui est qu'il y a suffisamment de consensus qu'il faudrait faire quelque chose. Mais la question est comment ? Et donc, c'est là, la question, c'est la question d'allocation de ressources qu'on a. Si on veut changer les choses, il faut investir massivement. Alors, l'investissement, c'est très important pour tout. On en parle dans le contexte de l'éducation, de la santé, etc., des technologies de pointe. Mais clairement, pour la transition écologique, ce sont des investissements très concrets, dans le sens où, par exemple, chaque personne Personne ne devrait éventuellement acheter une voiture électrique pour remplacer leur voiture thermique. Personne ne devrait remplacer les chauffe-eau à gaz par des chauffe-eau électriques. Mais bien sûr, au niveau des entreprises également, les entreprises qui construisent des centrales, elles doivent construire des renouvelables et d'autres sont décarbonées à la place des centrales qui existent. Donc il y a une sorte de tout remplacement du système économique, de ce qu'on appelle le capital physique. Et donc c'est une révolution industrielle. Et ça, il y a un... financer ces investissements. Et là, on voit poindre très bien que dans la troisième phase, on a suffisamment de consensus sur la nécessité d'un point de vue scientifique et politique de changer les choses, mais il y a des contraintes financières, des contraintes d'argent. L'État, le budget de l'État est partout et de plus en plus en déficit, les taux d'intérêt pour emprunter pour les États sont de plus en plus élevés, et donc du coup les capacités d'investissement sont compliquées. Et donc du coup, mon objectif dans ma recherche, c'est d'utiliser tout ce que je connais par mes travaux précédents sur le système financier, l'allocation du crédit et l'investissement par les entreprises, pour essayer de comprendre comment est-ce qu'on peut optimiser les politiques publiques et la trajectoire de la transition écologique, pour justement pouvoir essayer de contourner ces problèmes d'investissement, trouver des solutions qui sont aussi financières. Donc par exemple, concrètement, on pourrait dire que l'État devrait... vrai... nationaliser l'énergie et transformer, remplacer toutes les énergies fossiles par d'énergie renouvelable. Le problème, c'est que ça coûte très cher de faire ça. Une autre approche, c'est que l'État subventionne les énergies renouvelables, donc dépense moins, ne les achète pas en entier, ne nationalise pas tout, mais juste subventionne une partie ou donne certaines garanties publiques de manière à attirer le capital privé. Ce sera eux qui feront la majorité de l'investissement. Donc comment est-ce qu'on fait ces mécanismes ? Comment est-ce qu'on utilise notre compréhension des mécanismes de financement de l'investissement dans le privé pour accélérer la transition énergétique et comprendre les grands choix politiques ou technologiques qu'il faudrait faire pour fester ça. Donc c'est ce qu'on appelle le financial bottleneck. Il y a vraiment un problème d'argent pour financer tout, que ce soit dans l'Occident ou bien sûr dans les pays émergents aussi. Donc c'est ça, essayer de comprendre quel est le meilleur moyen de libérer le capital qui existe pour qu'il soit alloué au bord.
- Speaker #0
Donc c'est là que tes deux grands courants se rejoignent, quoi. Tout ce que tu sais. Parce que j'ai vu, je crois, il y a quelques semaines, tu lançais l'idée pour ce financement, que ça ne pouvait pas se faire dans les États, mais au niveau d'une banque spécialisée, en tout cas, climat, européenne. C'est une idée que tu partages avec qui en ce moment ?
- Speaker #1
Oui, alors ça c'est un autre aspect qui est effectivement... de quelle nouvelle institution devrait émerger pour pouvoir accélérer le processus. Et donc effectivement, il y a deux courants qui se rejoignent dans cette proposition que j'ai faite moi dans une tribune dans les échos il y a quelques semaines. qui disait qu'à la fois en Europe, on a un leadership sur le marché carbone. Ça veut dire que les entreprises qui produisent beaucoup d'émissions à gaz à effet de serre doivent payer pour émettre. Et donc, ça permet de donner un certain contrôle sur la trajectoire des émissions. Donc, on est sur une trajectoire descendante des émissions en Europe, en partie grâce à ce marché du carbone qui met un prix sur le carbone. Et qui donc, du coup, les entreprises vont réfléchir à deux fois. et vont vouloir investir pour éviter d'émettre du carbone. Donc ça, les Européens sont assez leaders là-dessus. Ils ont un marché européen. Ils mettent un prix sur le carbone. Mais l'autre chose qui se passe en parallèle, c'est que clairement, décarboner, ce n'est pas seulement fermer des centrales ou des usines qui sont très polluantes. Au contraire, c'est investir dans leur emplacement, qui sera bas carbone, donc des industries des sources d'énergie bas carbone, et des différents moyens de faire de l'industrie lourde sans carbone. Aussi des voitures électriques, des choses comme ça. Donc non seulement il ne faut pas seulement pénaliser les émissions, mais il faut aussi subventionner les investissements d'un carbone. Et donc là, on a du consensus là-dessus, mais il se trouve qu'un système allemand... L'Europe n'a pas de responsable clair pour donner une trajectoire sur la décarbonisation, à la fois sur le prix du carbone qui pénalise et sur l'investissement, le soutien à l'investissement à long terme pour les alternatives, n'a pas d'institution claire. On ne sait pas qui est responsable de ça. Le marché du carbone est dans les mains de la Commission européenne, qui est éminemment politique, qui doit négocier, un jour c'est avec la Pologne, un jour c'est avec les Pays-Bas, un jour c'est avec la France, et donc ils sont tiraillés sur tout un nombre de sujets, ils sont incapables de donner une visibilité à long terme dont on aurait besoin aujourd'hui, quand on voit les problèmes, la crise énergétique avec le conflit en Iran, on dit que ce serait bien d'avoir un plan d'électrification de l'économie, le gouvernement français dit ça, mais sans visibilité à long terme, c'est difficile. Et donc concrètement, une banque centrale de l'énergie et du climat pour pourrait donner cette visibilité à long terme, avec de l'indépendance sur les politiques climatiques et énergétiques, qui ne soient pas dictées au jour du jour par des politiques qui ont beaucoup de contraintes à court terme, mais aussi réorienter certains des financements, l'argent qui est levé par le prix du carbone, pour l'instant est redistribué quasiment comme ça aux États, sans vraiment être dirigé vers un investissement stratégique pour décarboner. Donc ça serait d'une pierre deux coups d'avoir une institution indépendante qui pourrait donner de la vie. la visibilité sur le long terme, parce que pour les investissements, ça c'est la leçon claire, les investissements, il faut beaucoup de certitude. Si on a de l'incertitude sur ce qui va se passer dans 2-3 ans, on n'a pas vraiment de raison d'investir.
- Speaker #0
C'est une belle idée, on verra comment c'est repris par les instances politiques, s'ils peuvent sortir du côté. Mais je souriais en t'écoutant parce que je revoyais le conte de Montecristo, qui planifie des détails d'une grande complexité pour arriver à ses fins. Donc, Donc il y a cette belle idée d'avoir une visibilité à plus long terme pour que les entreprises, les États, les personnes, tout le monde, sachent que cette transition va la mener à bien. En tout cas, j'espère que tout le monde, ça nous sort un peu du coaching, mais à quel point ça a de l'influence sur la vie de tous les êtres humains, en tout cas en Europe et sans doute dans les pays émergents aussi. Alors revenons à la recherche actuelle et à sa spécificité, on s'est beaucoup intéressé dans le monde du coaching sur l'intelligence artificielle et l'impact que ça allait avoir sur notre métier, notre façon d'accompagner les gens. Toi, ta recherche elle est aussi autour de ça, mais avec cet angle plus énergie, tu peux nous en parler ? Oui,
- Speaker #1
alors effectivement... L'IA, surtout la nouvelle IA générative, agentique, et on verra la prochaine idée qui sort, effectivement va avoir énormément d'influence sur tout le monde, au travail, sur les entreprises. dans tous les pays du monde mais effectivement il y a beaucoup de questions sur les avantages, les progrès que ça peut amener mais aussi les coûts que ça peut avoir alors il y a beaucoup de choses qui ont été que beaucoup de questions ont soulevé. Nous, il y a un angle particulier qui nous a intéressé, c'est le coût énergétique potentiel de l'IA. Donc ce qu'il faut voir, c'est que dès qu'on fait une requête à ChatGPT ou qu'on demande à Claude de faire quelque chose, en fait derrière, il y a un énorme data center, un énorme centre de données, un bâtiment avec des ordinateurs dedans, des serveurs qui font des calculs et qui nous donnent la réponse. Donc en fait, même si l'IA, on utilise le mot artificiel et on a l'impression que c'est des personnes qui n'existent pas, C'est ça. c'est un peu comme ça, vaporeux. En réalité, il y a une énorme infrastructure physique derrière. Et donc, nous, ce qu'on voulait voir, c'est qu'il y a beaucoup de débats sur l'IA et on voulait essayer de quantifier un peu les coûts énergétiques. Alors, pourquoi le coût énergétique et climatique ? C'est parce qu'il faut voir que la nouvelle IA, générative ou agentique, est beaucoup, beaucoup plus énergivore que ce qu'on a connu avant. Ça fait des décennies qu'on a une économie... centré sur les données avec l'Internet, le cloud, le software. Et donc, on a beaucoup de data centers dans le monde qui existent, bien sûr. Mais il faut voir que les nouveaux data centers qu'on crée, qui sont adaptés à développer et à utiliser ces nouveaux modèles d'IA, sont beaucoup, beaucoup plus grands, décident beaucoup plus de puissance de calcul. Ordre de grandeur, les grands campus, les grands centres de données qui veulent construire aux Etats-Unis, certains, pour l'instant, seraient aussi gourmands en électricité que Los Angeles. Angeles, qui sont des villes énormes. En France, on veut créer un campus qui serait une des plus grandes villes de France en tant que juste consommation d'électricité. Donc ces ordres d'échelle sont immenses. Et quand on connaît un peu le système énergétique, on se rend compte qu'augmenter comme ça la demande, ça peut avoir des coûts. Alors il y a deux coûts principaux qu'on étudie. Le premier, c'est le coût sur la facture et sur l'activité économique des autres secteurs. Puisque tout le monde utilise l'électricité pour se chauffer, pour allumer la lumière, pour faire tourner les ordinateurs, mais aussi dans les usines, etc. Donc s'il y a une augmentation de la demande d'électricité, parce que les data centers sont très gourmands en énergie, ça peut faire augmenter les prix potentiellement pour tous les autres. Et donc augmenter les factures, réduire l'activité économique dans les autres secteurs. Donc ça c'est le premier coût qu'on va analyser. Le deuxième c'est le coût environnemental. La question est, si on a une augmentation de la demande, il faut qu'il y ait une augmentation de la production d'électricité pour faire ça. Mais la production d'électricité peut se faire soit propre et décarbonée, soit en utilisant des énergies fossiles qui émettent des émissions à gaz à effet de serre. Du coup, on essaie de faire une quantification des deux. Le cas qu'on étudie en grand détail, ce sont les États-Unis, parce que les États-Unis sont le leader sur l'IA pour l'instant. C'est ceux qui ont le projet le plus ambitieux de construction. de test centers, et donc c'est là où vraiment les coûts pourraient être les plus visibles. Alors qu'est-ce qu'on trouve ? On trouve ce dilemme assez poignant qui est que notre prévision est que d'ici 10 ans, même si on construit tous les gros test centers qui sont en cours, l'effet au niveau national sur les prix de l'énergie aux Etats-Unis sera relativement modéré. Ça veut dire pas beaucoup d'augmentation de factures pour les entreprises aux Etats-Unis au niveau national. Alors il y a certains endroits où il y a beaucoup plus de décepteurs, où il va y avoir plus d'augmentation de prix, mais au niveau national ça sera assez peu élevé. Donc ça, ça a l'air d'être une bonne nouvelle, mais le deuxième coût, par contre, sera beaucoup plus élevé. C'est le coût environnemental et climatique serait beaucoup plus élevé. Pourquoi ? Parce que la manière dont on pourra augmenter la production et alimenter ces détenteurs, ça sera d'abord... en augmentant la production des centrales à gaz existantes, qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre. Donc en fait, c'est très difficile d'avoir les deux en même temps. Les États-Unis sont partis sur un modèle très aligné avec l'administration Trump, qui est de faire beaucoup d'IA, beaucoup d'état-centre, mais aussi essayer de garder les prix bas. Et pour garder les prix bas, c'est beaucoup se reposer sur le gaz. Les Américains sont très riches en gaz, ils en ont beaucoup. Et donc d'utiliser beaucoup de gaz pour créer plus d'électricité. et donc du coup avoir des factures qui sont basses mais un coût environnemental qui va être beaucoup plus élevé donc du coup c'est intéressant de voir ce choix politique aux Etats-Unis en Europe c'est plus compliqué parce qu'en Europe le problème est triple c'est-à-dire qu'on est aussi attaché aux factures basses pour les entreprises et pour les ménages mais on est beaucoup plus euh... euh... euh... On est beaucoup plus intéressé par la décarbonisation. On essaie de réduire beaucoup plus activement les émissions à gaz à effet de serre. Mais en troisième, on voudrait aussi avoir un leadership technologique sur l'IA. On est en retard sur les États-Unis et donc on aimerait bien rattraper les États-Unis. Mais là, la problématique devient triple parce que si on veut rattraper les États-Unis, il faut construire beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de data centers. et si on construit beaucoup de desserteurs ça va consommer beaucoup d'énergie et donc du coup ça va être très difficile de garder les prix bas et de ne pas utiliser plus d'énergie fossile qu'on utilise aujourd'hui donc il y a un problème qui est triple en Europe où justement l'augmentation des décenters et pour l'instant la prévision sont beaucoup plus basses et il y a une volonté de ne pas dépendre encore plus du gaz qu'on dépend aujourd'hui donc c'est un autre facteur qui ralentit la progression de l'IA en Europe et donc après Après, on a des questions de souveraineté technologique, parce que si on développe un IA européen, on dépend des modèles américains, peut-être chinois, mais si on veut le développer un IA européen, il faut beaucoup d'énergie, et cette énergie, comment faire pour qu'elle vienne d'Europe et qu'elle ne vienne pas du Moyen-Orient ou des États-Unis via le fossile ? Donc on a un problème de souveraineté, soit technologique, soit énergétique, qui rend le développement de l'IA beaucoup plus coûteux en Europe au vu de nos choix et valeurs politiques.
- Speaker #0
Ça explique aussi pourquoi aux États-Unis, mis à ce courant anticlimat, c'est-à-dire laisser nous faire du business tranquille et carboné à fond. Chez nous, on pourrait avoir le nucléaire, mais ce n'est pas le cas de toute l'Europe, c'est juste en France.
- Speaker #1
Oui, le nucléaire technologiquement est une bonne solution pour alimenter les dissenteurs, mais il y a beaucoup de divergences politiques sur le nucléaire en soi, au-delà de son aspect technologique.
- Speaker #0
Oui, je comprends. Donc ça, c'est l'exposé de la complexité du sujet. Alors, tu m'as dit que tu voulais proposer des solutions, Vous avez... Et vous avez commencé à esquisser des solutions dans cet article. Oui,
- Speaker #1
alors dans cet article, la première partie est vraiment sur les coûts du développement de l'IA si on ne change pas le système énergétique. La deuxième partie est quel changement du système énergétique nous voudrions faire pour minimiser les coûts de l'IA.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Alors là, il y a clairement une solution qui est d'augmenter massivement la production d'électricité bas carbone et locale pour répondre à une augmentation de la demande. Donc au lieu de se dire qu'on ne peut pas le faire, l'énergie coûte trop cher en Europe, et puis si on veut consommer plus, il va falloir importer plus de gaz, on ne peut pas faire ça, ce serait de construire massivement des nouvelles centrales en Europe, donc vraiment de l'infrastructure énergétique. Moi je dis toujours que la stratégie, la politique IA, en fait ça doit être exactement allé de pair avec une stratégie énergétique et climat. On ne peut pas penser l'une sans penser les autres. Donc l'investissement massif dans toute technologie qui est décarbonée et locale. Donc on peut faire encore plus de renouvelables, on en a déjà fait beaucoup. Mais pour le renouvelable, ce qu'il faut vraiment faire, c'est développer le stockage. Donc ça, c'est en train de se faire. Il y a une grande vague d'éolien, puis une grande vague de solaire. Là, on est dans la vague de stockage, donc des grands systèmes de batteries. Et ça, c'est très utile parce que pour les data centers, mais aussi pour beaucoup d'autres usages, on a besoin d'électricité 24 heures sur 24. mais l'éolien et le solaire ne produisent pas d'électricité tout le temps ça dépend quand il y a du vent et quand il y a du soleil mais si on les associe ces renouvelables classiques avec des systèmes de stockage là on peut charger la batterie quand il y a beaucoup de soleil et décharger la batterie quand il n'y a plus de soleil pour lisser la production sur 24h sur 24 pour une centrale solaire par exemple et pareil pour une centrale éolienne donc ça ça pourrait faire une différence énorme parce que les data centers par exemple ont eu une très grande demande d'électricité 24h sur 24 et donc il Ils préfèrent les centrales fossiles, comme le gaz, qui peuvent produire 24 heures sur 24, aux énergies solaires, qui sont plus compliquées parce que variables. Donc le stockage. Donc ça, le stockage devient beaucoup plus compétitif. Il faut faire ça. Après, il faut aussi penser à d'autres technologies. Donc en France, on a fait le choix depuis quelques années de relancer le nucléaire classique. Donc ça, ça va faire une différence parce que c'est beaucoup moins carboné. C'est 24 heures sur 24. mais il y a une troisième marge qui est pour moi vraiment intéressante aussi d'un point de vue innovation, leadership, c'est d'utiliser ça comme une manière de développer des nouvelles technologies qui n'existent pas aujourd'hui. donc il y a des choses qu'on aime, des idées des start-up, des entrepreneurs, des scientifiques qui ont des idées pour des nouveaux sources d'énergie qui seraient aussi bas carbone 24 sur 24 mais qui pour l'instant ne sont pas encore développées mais ce qu'on voit c'est un boom de l'innovation donc on voit deux technologies par exemple sont très claires il y a la géo... La nouvelle géothermie qui est renouvelable, capter l'énergie de la Terre, la faire remonter à la surface. On voit des entreprises comme Fervo aux Etats-Unis qui font un succès retentissant après des années de recherche et de partenariat avec les grandes boîtes de tech comme Google. On réussit à développer des centrales qui captent cette chaleur et la font remonter à la surface. Et ça du coup c'est maintenant le succès de ces petites start-up qui sont maintenant devenues des grandes boîtes d'infrastructures et de production d'énergie. vont donner un nouveau modèle pour construire des centrales différentes qui sont renouvelables aussi, bas carbone, mais cette fois 24 heures sur 24, parce que la chaleur souterraine de la Terre est toujours là. Donc ça, c'est une solution géniale. Et ça, on commence à voir ça poindre à l'horizon. Et le fait que l'IA vienne avec cette demande d'électricité à vraiment donner un marché pour ces entrepreneurs, des débouchés, parce que l'innovation technologique ne tombe pas du ciel. On s'investit, on quitte son travail pour commencer une entreprise. si on pense qu'il va y avoir des débouchés, surtout dans le secteur de l'innovation technologique. Donc l'IA a cet effet-là de se dire que la demande sera là, donc ça va avoir le coup d'essayer de développer des nouvelles choses. Et on voit ça, l'autre technologie, c'est le petit nucléaire. Donc ça, ce n'est pas les centrales classiques qu'on connaît bien avec les grosses cheminées blanches, là. C'est des choses beaucoup plus petites, à plus petite échelle. Ça, c'est une vieille idée, mais qui était un peu dormante parce qu'il n'y avait pas vraiment de débouchés. Maintenant, avec l'IA, on voit les grandes boîtes américaines, mais en France aussi. des alliances entre ces grandes boîtes de tech et des start-up dans le petit nucléaire, parce que ces boîtes de tech voudraient que, même si ça prend 10 ans, éventuellement pouvoir utiliser cette technologie, ces petits nucléaires qui sont plus safe, qui sont plus faciles à construire, plus faciles à financer, ça, ça pourrait donner de l'énergie locale et décarbonée à long terme. Donc il y a ce troisième facteur qu'on propose, de vraiment utiliser le levier d'innovation.
- Speaker #0
du coup ce besoin de financement pour le moment ce que j'entends que tu dis c'est les grandes boîtes de tech et l'autre idée qu'on a vu un peu avant dans le podcast c'est qu'il y ait un financement plus des états pour ne pas être que dépendant des grandes boîtes de tech parce que c'est une autre chose qui moi m'inquiète sur ce développement de l'intelligence artificielle c'est aussi qu'est-ce qu'ils vont mettre dans leurs données qu'est-ce qu'ils vont nous faire faire Donc je vois le lien aussi avec le besoin de financement européen.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Il y a des investissements. La solution pour minimiser les coûts de l'IA, c'est d'investir dans les technologies qu'on connaît déjà, mais aussi d'investir dans les innovations, dans l'innovation pour les startups. Et ça, ce sont en général des organismes différents qui font ça. Par exemple, la BPI en France, la Banque des Nations Unies, on fait beaucoup les startups. Alors que le financement des gens non-volables, c'est par un autre canal. Et puis on parle aussi... aussi de subventions pour le développement des modèles d'IA eux-mêmes, par exemple des modèles français comme Mistral. Donc moi ce que je redis, c'est que la politique IA doit se faire en même temps que la politique énergétique. Et donc du coup, avoir une vision totale, parce que la vision c'est où est-ce qu'on veut être dans 5 à 10 ans, et il faut construire toutes les infrastructures en même temps. Les modèles algorithmiques, mais aussi les systèmes énergétiques qui existent, et même des nouvelles solutions. C'est pour ça que j'ai un article dans Forbes qui va sortir demain sur disons que l'IA est un leadership problème. C'est un problème de leadership pour les entreprises, pour les politiques publiques et qu'il faut penser le problème sur toutes ses facettes. anticipler et planifier la croissance des data centers, aussi avec la croissance et la transformation du système énergétique. Et on voit ça très bien aujourd'hui, que ce soit les boîtes de tech ou les gouvernements ou les régulateurs, ceux qui ont pris conscience le plus tôt de ce problème de leadership et vraiment essayent de devenir des leaders dans ce domaine, sont ceux qui s'en sortent le mieux. C'est ceux qui avancent le plus vite et qui Merci. trace de chemin qui va être le plus avoué. Pour le moment,
- Speaker #0
c'est les grosses boîtes américaines.
- Speaker #1
Les grosses boîtes américaines, mais aussi certains régulateurs dans certains pays font vraiment preuve d'initiative qui peut aider. Et on voit des initiatives, par exemple en Angleterre, on va prendre un examen, j'ai fait une table ronde en Angleterre la semaine dernière. Le groupe gouvernement met en place ce qu'ils appellent des AI Growth Zones, donc des sources de croissance de l'IA. Ils choisissent des régions de l'Angleterre qui sont les plus appropriées pour développer des grands data centers. Ils cherchent des endroits où l'électricité n'est pas très chère, donc par exemple proche de là où ils ont des grandes farms éoliennes offshore qui peuvent produire beaucoup d'électricité et des endroits où justement il n'y a pas d'autres grands centres de demande, donc pour éviter que les factures augmentent pour... les foyers et les entreprises qui sont à côté, vous les mettez dans un endroit où vraiment il n'y a pas trop de demandes à part eux. Et en même temps ça c'est un package global, ils se sont mis d'accord entre Londres et les autorités régionales, où non seulement il y a quelques subventions, par exemple pour que le prix de l'électricité ne soit pas trop cher par rapport aux Etats-Unis, parce qu'en Europe c'est beaucoup plus cher l'électricité qu'aux Etats-Unis, surtout en Angleterre, donc il y a un peu de subventions, mais il y a aussi d'autres aspects de la régulation, c'est un package total. C'est par exemple, on va vous accélérer les permis, mais par contre... il faut vous connecter au renouvelable, sinon on ne le fait pas, etc. Donc c'est tout un package pensé qui, à la marge, commence à porter ses fruits. Le plus grand projet de data center en Europe est en Angleterre, et justement dans un de ces endroits-là, qui est une ancienne centrale fossile qui a été fermée. À la place, construire un grand data center qui va être alimenté par l'éolien offshore qui vient de Mer du Nord, dans un endroit qui est en train d'essayer d'être réindustrialisé. Donc ça, c'est un exemple de politique globale.
- Speaker #0
en cours qui pourraient être reprises ensemble des pays.
- Speaker #1
Et on sent une émulation dans les politiques publiques aussi, les régulateurs, où le monde de l'énergie en fait était souvent un peu... On a eu une croissance très molle dans la demande d'électricité en Occident récemment, donc en fait c'était pas un secteur très innovant, avec beaucoup de leadership on va dire, mais là avec la croissance expensée de l'IA et puis la course entre les pays, on sent une émulation et une volonté d'innover sur les process pour essayer de répondre à cette challenge. donc on voit un peu de ça, ça commence c'est pour ça qu'il y a beaucoup d'intérêt dans le média la recherche que j'ai présentée aux journalistes il y a beaucoup d'intérêt pour essayer de trouver certaines solutions et bien les dilemmes qui sont posés et quel genre d'investissement pas seulement dans les modèles IA eux-mêmes dans les start-up d'IA mais aussi l'investissement qu'il faut faire dans les systèmes énergétiques en parallèle pour pouvoir alimenter ces modèles très énergivores avec de l'énergie propre et locale donc l'intersection entre la politique d'IA et la politique énergétique de souveraineté économique
- Speaker #0
mais aussi politique climatique cette interaction est vraiment quelque chose qui va être intéressant de comment ils rediffusent tout ça parce qu'on a besoin du coup je suis toujours aussi curieuse je sais qu'à un moment donné tu avais été à une commission de politique sur les histoires de financement est-ce que tu sens qu'il y a un intérêt en plus on est en période préélectorale des futurs leaders de notre nation pour ce type de sujet est-ce que vous êtes consulté Aïe !
- Speaker #1
pas encore ? Oui, alors, bien sûr, c'est ça qui est intéressant, c'est que le côté, en général, des financements, de l'investissement est quelque chose qui est vraiment sur la table de manière très claire maintenant. Donc on voit beaucoup d'intérêt là-dessus. La première partie, c'est la nécessité d'investir. Donc on a parlé, moi, de ma recherche et surtout sur l'investissement des entreprises et en particulier dans les systèmes énergétiques, dans l'IA. Mais bien sûr, il y a plein d'autres secteurs Oui, il faut. faudrait investir pour rendre les entreprises plus compétitives, plus innovantes, et puis dans le secteur plus public, l'éducation, la santé. Mais en parallèle de ça, tout le monde est d'accord, tout le monde veut investir, quasiment tous les partis politiques sont pour l'investissement, mais il y a un problème de financement. C'est que l'État a un budget très limité, et donc du coup, d'où va venir l'argent ? Donc avec investissement vient l'autre côté de la pièce qui est financement. Et donc du coup, il y a un grand intérêt pour des idées qui sont axées sur comment développer le secteur financier et le financement général. l'interaction entre les politiques publiques et le monde des entreprises et le monde du système financier, des banques et autres, pour qu'ensemble notre pays puisse investir autant qu'il veut dans les endroits importants. Donc on sent une volonté, un dynamisme d'essayer de libérer l'argent qui existe, l'épargne, en investissement productif. Et donc ça c'est une question évidemment financière. Donc en tant que professeur qui est intéressé en économie et finances, on a une voix particulière à ce chèque. chapitre qui va outre les questions classiques de politique ou de social, qui est vraiment le côté financier de l'investissement.
- Speaker #0
Écoute, je suis heureuse d'avoir entendu tout ça parce que je me disais que dans notre monde, ceux qui écouteront ce podcast, soit des coachs, soit des leaders coachs, mais en tout cas des gens très impliqués dans le développement des relations humaines. mais de pouvoir savoir qu'il y a toute cette recherche en parallèle. et de la comprendre. J'espère que ça a été très pédagoge, donc j'espère que les gens vont pouvoir le réécouter. Dans mon sens, je pense qu'on a vraiment besoin, nous les coachs, de comprendre ces grands enjeux, non seulement climatiques, mais financiers et investissements, et la complexité de ces réponses, mais qu'il y a des expérimentations locales. Ça, j'ai beaucoup aimé, parce que c'est quelque chose que je prône depuis longtemps, de travailler sur du local. de le conducteur. Comprendre ça pour pouvoir accompagner les décideurs, qu'on va accompagner à prendre des choix, des choix fort importants, pas juste à court terme, mais à dix ans en tout cas.
- Speaker #1
Oui, mais c'est pour ça que ces questions, moi je me suis, maintenant, je suis passionné par ça, c'est qu'effectivement ça part d'une question de valeur, de personnes, des gens qui payent beaucoup trop cher à la pompe aujourd'hui, moi j'ai des enfants, donc les petits-enfants... enfants de mes petits-enfants, dans quel monde ils vont vivre. Donc c'est vraiment basé sur les personnes. Et puis basé là-dessus, une sorte de dynamique, de leadership de personnes qui ont cette vision, qui ont cette volonté de faire quelque chose. Et moi, je vois l'objectif de ma recherche de leur donner des solutions concrètes qui sont basées sur les outils qui sont à la fois technologiques et financiers pour répondre à cette volonté de faire quelque chose. Encore une fois, c'est un peu la phase 3. La phase 1, on a un problème. La phase 2, il faut faire quelque chose. La phase 3, c'est qu'est-ce qu'il faut faire maintenant ? On a cette volonté d'être leader, de faire quelque chose pour soi, pour ses enfants, pour les générations futures. Mais comment le faire le mieux possible dans les contraintes qu'on a ? Là, il faut joindre la technologie avec le côté financier pour pouvoir répondre à ces raisons-là. et c'est là où je vois c'est une complexité affolante et donc avoir du temps tant qu'on est chercheur pouvoir parler à tout le monde essayer de donner des solutions concrètes mais multidimensionnelles peut vraiment faire un impact en donnant des solutions aux personnes qui ont envie d'agir ne pas opposer le côté techno et le côté finance ne pas opposer le troisième pied pour moi c'est aussi les êtres humains l'optimisme que j'entends dans ta voix et que d'avoir
- Speaker #0
le courage d'y aller et puis on ne fait pas des enfants pour les laisser dans la misère totale dans le noir électrique Qu'est-ce que tu aurais à nous dire qui soutient ton énergie, ton envie de continuer un peu tous les jours et qui pourrait redonner la flamme ? Tu n'as pas encore 40 ans, tu n'as pas encore un vieux crouton. Bientôt, bientôt.
- Speaker #1
Oui, bientôt. Non, mais justement, la capacité quand on regarde historiquement, que ce soit récemment ou plus tôt dans le passé, la capacité qu'on a à changer le monde, c'est la capacité fondamentale de l'être humain. et on n'est pas plus... plus fort que les autres, on n'est pas plus grand, on n'est pas plus nombreux que d'autres espèces, mais on a cette capacité à... à faire des choses, à changer le monde. Et on l'a fait tellement de fois. Et c'est une alliance de valeurs personnelles. Mais les outils qu'on utilise pour changer le monde, en bien ou en mal, sont toujours technologiques et financiers dans les entreprises, dans les politiques publiques, dans les labos de recherche. Et on a vu dans le passé beaucoup de bons exemples. On a changé le monde dans la bonne direction en utilisant ces outils technologiques et financiers. Donc moi, ce que j'essaie de faire, c'est de démontrer la valeur de... ça pour les gens qui veulent vraiment faire quelque chose alors que parfois il ya certaines personnes qui sont très très négationniste qui pense que voilà on est foutu que l'argent détruit tout que la technologie détruit tout alors qu'en pratique on a eu des augmentations magnifiques de la baisse de la mortalité infantile de la qualité de vie pour les personnes âgées qui viennent de développement d'investissements massifs et de choix qui ont été faits de coeur à la base et et puis finalement technique après. Je pense qu'on a la possibilité de faire beaucoup de choses pour améliorer le changement climatique, mais ça va prendre 50, 100 ans pour le faire, et il va falloir tous les outils à notre disposition. Donc on essaie de concilier les cœurs avec l'expertise un peu plus recherche, un peu plus technique, et de montrer aux gens quels sont les outils qu'on a aujourd'hui pour vraiment faire avancer les choses, même si ça va prendre du temps et beaucoup d'abnégation.
- Speaker #0
Oui, merci. Et du coup, j'ai envie que tu... Parce que c'est une très belle... Ça pourrait être notre conclusion. mais j'ai encore une question tu parlais du troisième pilier du comte de Monte Cristo qui était apprendre qu'est-ce qu'il y a à apprendre là tout de suite en ce moment, enfin tout de suite pour que les cent ans se passent qu'est-ce que tu apprends à tes enfants par exemple hum hum ben
- Speaker #1
C'est en deux parties. La première, c'est vraiment regarder les leçons de ce qui a été fait et apprendre qu'on peut vraiment changer les choses. Il y a deux visions communes qui sont une, que le système est inchangeable, que de toute façon, on n'a aucun pouvoir, aucune prise sur quoi que ce soit. Et une autre vision qui est un peu l'inverse, qu'il faut tout effacer. Tout détruire, tout détruire, revenir en arrière, c'est impossible d'améliorer les choses. Et ces deux visions sont paralysantes, puisque c'est impossible si on dit qu'on ne peut rien changer, il n'y a rien à faire, mais si on dit qu'il faut tout changer, qu'est-ce que je vais faire moi, quel est mon rôle moi dans cette entreprise ? que la réalité c'est plutôt l'inverse, c'est plutôt l'impact que ces individus eux-mêmes peuvent avoir, mais pour ça il faut s'appuyer sur le deuxième lever d'apprendre, c'est que ça ne suffit pas de vouloir faire quelque chose pour avoir des solutions. qui marche, qui fonctionne, il faut une expertise, une connaissance, un apprentissage continu pour être sûr que la solution qu'on propose est la bonne pour la société, que ce n'est pas seulement quelque chose qui est bien pour nous ou la première chose qu'on connaît, mais vraiment apprendre, parler, discuter avec toutes les personnes pour vraiment trouver la solution qui peut vraiment aider la société. Donc déjà apprendre qu'on peut faire quelque chose et de apprendre tous les jours pour savoir quoi faire.
- Speaker #0
Partager avec d'autres. Et expérimenter, j'ai entendu, parce qu'on ne va pas trouver du premier coup. Merci à toi.
- Speaker #1
Merci infiniment.
- Speaker #2
Le leadership du vivant pour vous accompagner, vous former et vous inspirer.