- Speaker #0
Le leadership du vivant pour vous accompagner, vous former et vous inspirer. Bonjour Aude, bienvenue sur le podcast leadership du vivant.
- Speaker #1
Bonjour Daniel. Merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Oui, c'est un grand plaisir pour moi. Donc, je te propose de présenter brièvement, enfin en tout cas comme tu le souhaites, ton entreprise, Mirova, qui est une entreprise à mission. Et puis, on entrera un peu plus profondément sur qui tu es et cette aventure que tu mènes depuis plusieurs années maintenant, avec toutes sortes d'imprévus. Alors, dis-moi. Alors,
- Speaker #1
Mirova, c'est une société de gestion d'acteurs. Actif qui est spécialisé dans l'investissement durable, l'investissement impact. C'est une entreprise qui a été créée il y a maintenant 12 ans dans le groupe Natixis BPCE. Et qui, c'est, dont l'ADN est vraiment d'investir autour des dimensions climatiques, environnementales. L'idée était vraiment à l'origine de réorienter. les financements au service d'une économie réelle qui, effectivement, soit vraiment au service des enjeux climatiques environnementaux. Donc, à l'origine, Nirova gérait, nous gérions 3 milliards d'actifs. Et puis aujourd'hui, l'entreprise gère en gros 30 milliards. L'équipe, à l'origine, était une petite équipe puisque... Mirova, au moment de sa création, comptait une trentaine de collaborateurs et aujourd'hui nous sommes environ 300. C'est une entreprise qui est devenue une entreprise à mission en 2020, il y a maintenant 5 ans. Moi, chez Mirova, je suis directrice générale adjointe et j'ai en charge les activités qui sont liées aux ressources humaines. à la mission et aux questions de RSE et puis à toute la gouvernance.
- Speaker #0
Formidable, donc c'est vraiment dans le secteur de la finance quelque chose qui s'occupe aussi de la vie sur Terre dans le futur. C'est pour ça que je suis vraiment heureuse de t'accueillir parce que c'est assez rare et ça fait du bien à tout le monde de savoir que ça existe ces fonds-là. Alors, on y reviendra sur l'histoire et ton histoire avec Mirova, que je trouve vraiment passionnante. Tu es rentrée quand, toi ?
- Speaker #1
Alors, moi, chez Mirova, je suis arrivée fin 2018.
- Speaker #0
Fin 2018. Et pour faire des ressources humaines ? Oui, alors au début, j'étais en charge de la direction des ressources humaines, puisque effectivement, Mirova était à ce moment-là en forte croissance,
- Speaker #1
avec une très forte accélération de son activité. Et du coup, moi, j'ai été appelée sur ce poste pour... pour accompagner la forte croissance de Mirova sur les dimensions humaines. Et puis, peu à peu, j'ai élargi mon périmètre, on va dire, puisque je me suis ensuite occupée de la mise en place du déploiement de la mission, puisque, comme je disais, nous sommes devenus entreprise à mission fin 2020. Donc, à partir de ce moment-là, on m'a demandé de faire vivre cette mission chez Mirova et de créer autour de la mission. au-delà de la simple qualité d'entreprise à mission qui est inscrite dans les statuts, etc., de faire vivre cette mission et d'engager aussi les équipes autour de cet ADN. Et puis, plus récemment, effectivement, j'ai repris en charge les activités de corporate governance.
- Speaker #0
D'accord. Eh bien, ça fait pas mal de choses, mais avant d'y aller plus en avant sur cette très jolie histoire et très dynamique surtout, Bon. Peut-être te présenter d'une autre façon pour que nos auditeurs puissent te connaître un peu mieux. Donc, je t'ai demandé une musique, un livre, un film, un poème. Qu'est-ce que tu as choisi alors pour te présenter ?
- Speaker #1
Oui, alors du coup, le choix n'a pas été sain. Au début, je me suis plutôt questionnée autour d'une musique, une chanson. Et en fait, je n'ai pas réussi à choisir parce que j'en ai trop. Il y en a trop et il était impossible pour moi de choisir une musique ou une chanson pour me présenter. En revanche, quand j'ai pensé film, naturellement, j'ai pensé à un film parce que c'est le film dont je peux dire toujours que c'est mon film préféré. C'est un film qui est sorti il y a maintenant 25 ans, donc ce n'est pas un film récent. C'est un film de David Lynch qui s'appelle Mulholland Drive. qui a été pour moi un choc cinématographique. et qui est un film auquel, voilà, aujourd'hui je pense toujours de façon assez, voilà, souvent en fait. Alors, pourquoi ce film m'a particulièrement marquée ? Déjà, je suis passionnée de cinéma depuis toute petite et le cinéma fait vraiment partie de ma vie. Pour moi, c'est un art vraiment qui est très complet. qui... qui effectivement me permet de voyager à travers des univers très différents. Et du coup, pour moi, Mille Andrés, c'était vraiment un choc de par l'univers singulier que Lynch a réussi à créer dans ce film-là. C'est une mise en abyme, parce que c'est le cinéma dans le cinéma, donc ça représente en plus le monde du cinéma, mais de façon... assez complexe et à la fois très belle puisque ce film est en scène Los Angeles de façon assez fascinante le monde d'Hollywood etc mais au delà du scénario qui est assez particulier puisque en fait quand vous questionnez les personnes qui ont vu ce film là lorsqu'on sort du film on ne comprend personne Rien compris à mon avis.
- Speaker #0
C'est bon.
- Speaker #1
Donc c'est la raison pour laquelle c'est un film effectivement très complexe et d'un autre côté sur lequel on peut projeter plein de choses qui est extrêmement ouvert en fait et qui nous fait voyager à travers les désirs de ces personnages à la fois toujours à la limite entre la réalité le rêve, les fantasmes, les cauchemars. Et puis, surtout, c'est un voyage extrêmement intéressant à travers la psychologie assez profonde de ces personnages. Et donc, moi, c'est un film qui m'a vraiment fascinée, bouleversée, qui continue à me fasciner, d'autant plus qu'il a une esthétique... extrêmement belle en fait c'est un film qui est voilà avec une esthétique assez exceptionnelle et voilà et qui est pour moi un peu lacumé de ce que peut être une oeuvre cinématographique et encore ça parle de toi aussi mais je pense que ça parle de moi justement par rapport au fait que c'est un film qui n'apporte pas de questions et qui qui n'apporte pas bon de réponses, qui pose énormément de questions, excusez-moi, qui pose énormément de questions, mais qui n'apporte pas de réponses, et je pense que je suis quelqu'un qui me questionne beaucoup sur le monde qui nous entoure, sur les relations, sur l'humain, voilà, pourquoi ce monde, que faisons-nous ici sur cette planète, et je pense que ce film renvoie aussi à tous ces questionnements. Sans apporter de réponse. Et aujourd'hui, je n'ai pas de réponse. Et tant mieux aussi sur toutes les questions que je me pose depuis toute petite.
- Speaker #0
Il continue à t'animer ce que j'entends.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Il y a un proverbe dans la Kabbalah qui dit que la réponse est le tombeau. Ou que si tu ne sais pas, ne demande pas à quelqu'un qui sait quand tu es perdu. Bon, très bien. Ça, c'est le film. Super. Tu as pensé à autre chose pour te présenter autrement ?
- Speaker #1
Après, je n'ai pas pensé à d'autres œuvres particulières, cinématographiques ou autres, mais ce que je peux dire, c'est que l'art fait partie, tient une place importante dans ma vie, que ce soit la musique, le chant, je chante aussi, le cinéma, comme je disais, la littérature. Je pense que pour moi, l'art, c'est vraiment... Voilà, tiens, un espace, c'est vraiment important pour moi. Oui, peut-être aussi dans la recherche de sens, c'est-à-dire que les réponses que je peux trouver à travers l'art sont assez essentielles pour moi. Donc, au-delà de ma vie professionnelle, personnelle, etc., j'essaie de consacrer du temps à l'art. Je ne suis pas une artiste professionnelle, loin de là, mais c'est quelque chose d'important pour moi, oui.
- Speaker #0
Oui, l'esthétique, la beauté des choses.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
et la beauté du monde.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Alors, si je reviens un peu sur ton parcours, merci de me faire revisiter ce film qui, effectivement, m'a laissée perplexe. Je me rappelle, des fois, il passe assez souvent, je regarde beaucoup moins la télé, mais à l'époque, et je zappais et je regardais une séance ou deux. Puis comme j'étais encore perplexe, je repartais sur autre chose, puis je revoyais un autre bout. Enfin voilà, mais effectivement c'est très beau.
- Speaker #1
Mais c'est intéressant parce que moi, je n'ai jamais voulu revoir ce film. C'est-à-dire que...
- Speaker #0
Tu as gardé le premier choc. Oui,
- Speaker #1
exactement. Alors, j'ai lu beaucoup de choses ensuite autour du film. Encore récemment, j'ai regardé un film qui avait été fait par un critique cinématographique qui a disséqué chaque scène du film pour essayer effectivement d'y trouver un sens, etc. Mais moi, je n'ai jamais voulu revoir le film. Non, je le garde comme une espèce de pierre précieuse à laquelle je me réfère et qui vient parfois me traverser. Voilà, c'est un petit joyau ce film pour moi, donc je n'ai pas envie de le revoir.
- Speaker #0
Super. Merci, merci de ce partage. Donc si je reviens à la quête de sens qui t'anime avec beaucoup de questions. À peu près à l'époque où tu es rentrée chez Mirova pour faire... Pour les accompagner dans leur croissance, tu as décidé de faire tout un parcours chez Mosaïque autour du coaching. Qu'est-ce qui t'animait à l'époque ?
- Speaker #1
Alors, ce qui est intéressant, c'est que j'ai rejoint Mérova quasiment à la fin de mon parcours chez Mosaïque. C'est-à-dire que j'avais d'autres fonctions dans le groupe BPCE quand j'ai commencé à faire le parcours chez Mosaïque en 2017. Mais j'étais un peu en transition, c'est-à-dire que j'avais envie de changer. d'environnement, de justement m'orienter vers des fonctions qui aient plus de sens pour moi c'est très important et donc la formation chez Mosaic je pense m'a aidée effectivement à travailler sur ce projet qui m'a permis de rejoindre de Mirova et effectivement de trouver cet alignement entre ce que je voulais vraiment apporter dans ma vie professionnelle Non. et l'entreprise que j'ai choisie à travers Mérova. Et donc, je pense que cet alignement s'est fait durant le parcours chez Mosaïque.
- Speaker #0
D'accord, c'est ça. Bon, parfait, puisque apparemment tu as fait une très jolie carrière depuis. Juste peut-être, ça peut intéresser, quelles études avais-tu fait en premier choix ?
- Speaker #1
Alors... mes études en formation initiale. Moi, j'ai fait Sciences Po à Grenoble. Alors, quand j'ai commencé à faire Sciences Po à Grenoble, je m'orientais plutôt vers une carrière journalistique. J'avais envie de faire du journalisme. Et puis, au fil des années, je me suis pas mal questionnée, je me suis détournée du journalisme plutôt pour m'orienter vers une carrière de chercheur. À un moment, je me suis questionnée sur la recherche en sciences politiques. Vous voyez, on est assez loin de là où j'attire aujourd'hui, mais pas tant que ça. On y reviendra peut-être. Et puis ensuite, j'ai décidé de choisir la voie des ressources humaines. Parce qu'après Sciences Po à Grenoble, j'ai fait un DESS à Sciences Po Paris. qui était un DESS de ressources humaines, qui est aujourd'hui le Master RH de Sciences Po, mais qui à l'époque était très orienté sur la psychosociologie et la sociologie des organisations, qui était un DESS qui était dirigé par un monsieur extraordinaire qui s'appelait Renaud Saint-Solieu,
- Speaker #0
que j'ai connu à l'époque,
- Speaker #1
qui avait travaillé avec Michel Crozier, etc. Et donc, voilà, j'ai eu la chance en fait d'être retenue pour... pour participer à ce DESS, pour intégrer ce DESS. Et voilà, du coup, j'ai terminé ma formation initiale avec ce DESS à Sciences Po Paris. Puis ensuite, j'ai commencé ma fonction dans les ressources humaines, dans un cabinet de conseil qui était spécialisé en ressources humaines, organisation et problématiques managériales.
- Speaker #0
D'accord. Bon, voilà, c'est pour dire comment on peut déployer et comment tu te retrouves dans cette entreprise très spéciale, on va dire. Alors, moi j'ai, enfin, lorsqu'on s'est vu et que j'ai vraiment eu envie de t'écouter, tu me racontais les aléas de l'entreprise à mission dans notre période, en tout cas dans les années dernières. Qu'est-ce que tu as envie de partager sur ça ? Puisque, effectivement, être une entreprise à mission dans le secteur de la finance avec des équipes aux États-Unis qui a fait remonter des infos. Au Kenya. Voilà, vous avez des équipes. dans le monde entier. Vas-y, fais-le.
- Speaker #1
Alors, l'entreprise à mission, en fait, ce qui est intéressant peut-être dans l'histoire, des raisons pour lesquelles Mirova est devenue une entreprise à mission, c'est que, comme je le disais, nous investissons... dans des entreprises ou des projets qui sont positionnés sur des engagements ESG, donc environnementaux, sociaux et de gouvernance très spécifiques et caractéristiques. Et donc du coup, nous avions un partenariat, enfin Miroave avait un partenariat historique avec la chaire de l'école des mines qui est spécialisée dans la théorie de la gouvernance. C'est un partenariat historique qui remonte peut-être à 2012-2013, qui est dirigé par des personnes qui s'appellent Armand Hatchuel, Kevin Levillin et Blanchet-Christin, et qui ont pensé vraiment les sujets de gouvernance en entreprise. Et nous, on avait un partenariat avec cette chaire en lien avec justement les sujets de gouvernance et comment finalement investir dans... dans des entreprises qui ont une gouvernance, une bonne gouvernance, une gouvernance exemplaire en fait. Et en fait c'est cette chaire qui a théorisé en fait ce qui a ensuite donné lieu à la loi Pacte et qui en fait a formalisé, écrit finalement toute la théorie qui a ensuite permis d'aboutir à la création de la loi Pacte. Et donc, on était déjà dans cet écosystème de tout. cette école, cette pensée, les personnes qui ont pensé l'entreprise à mission, bien en amont de la création de la loi Pacte, qui a formalisé la création de la qualité d'entreprise à mission. Et donc, quand la loi Pacte a effectivement été promulguée, donc là, on est en 2019, 2018 ou 2019, si je ne dis pas de bêtises, il nous a paru complètement naturel, en fait. de devenir entreprise à mission puisque pour nous c'était une continuité des réflexions que nous menions depuis plusieurs années en partenariat avec cette chaire. Donc voilà, nous sommes devenus entreprise à mission à travers un processus collaboratif, on a mobilisé tous les collaborateurs à l'époque autour de, voilà, Mirova a devenu entreprise à mission, qu'est-ce que ça signifie ? comment on a engagé vraiment les équipes autour de ce projet-là. Mais à l'époque, on était une petite centaine. Donc c'était assez facile, on va dire, d'engager une centaine de personnes dans ce projet-là. Et puis, c'était extrêmement logique au sens où, comme je vous le disais, dès le début de son histoire, Mirova s'est positionné sur un ADN très particulier, avec cette idée effectivement de... un peu vouloir changer le monde, en tout cas, vouloir changer le monde de la finance. À l'issue de la crise de 2008, où on était arrivé à une espèce de paroxysme, de non-sens de ce qu'était la finance, en fait. Et finalement, Miroba est né de ce non-sens, et justement pour projeter quelque chose de beaucoup plus positif de ce que pouvait être la finance, et donc, effectivement, avec... cette intention très précise d'investir au service, comme je disais tout à l'heure, d'une économie réelle qui soit effectivement dédiée à la finance durable, aux enjeux climatiques, etc. Et donc, devenir entreprise à mission en 2019-2020, c'était formaliser finalement cet ADN natif dans nos statuts. Et c'était finalement une suite logique. Et à ce moment-là, c'était vraiment très naturel de formaliser finalement dans nos statuts l'ADN de Mirova à travers notre mission. Mais l'ADN d'origine, en fait.
- Speaker #0
Ce que j'entends, c'est aussi une recherche de cohérence. Vous vouliez investir dans des entreprises qui avaient ce type de gouvernance, avec une autre façon de travailler, et donc d'être vous-même. Exactement,
- Speaker #1
très cohérent. Assurer cet alignement et cette cohérence, effectivement. Voilà, donc du coup, tout ça a été assez naturel. Et donc, en fin de mille, on a inscrit dans nos statuts notre raison d'être et notre qualité d'entreprise à mission. On était là au moment du Covid. On a effectivement, à ce moment-là, traversé une période qui, pour la finance durable, a été extrêmement positive. Effectivement, le monde s'effondrait, mais dans cette période-là, les investisseurs, justement, se sont... raccrochée à des choses différentes justement, durables et finalement à la fois la collecte et les performances étaient de très bon niveau.
- Speaker #0
De belles croissances.
- Speaker #1
On était effectivement dans une croissance forte par rapport justement à ce que le Covid effectivement nous amenait à... Penser, c'est-à-dire que, je pense que tu te souviens, à cette époque-là, les gens pensaient à créer un monde nouveau à l'issue de Covid, voilà, tout serait différent. Il y a eu beaucoup de vidéos qui ont été effectivement projetées, il y a eu un très fort élan à ce moment-là. Et donc effectivement, les valeurs durables ont à ce moment-là bénéficié d'une croissance forte. Et puis ça, ça n'a pas duré si longtemps que ça, puisque début 2022, malheureusement, est intervenu le début de la guerre en Ukraine. Et là, le monde a commencé à basculer dans quelque chose d'un peu différent. Très progressivement, au début, on ne s'en est pas forcément rendu compte tout de suite, mais progressivement, on a senti effectivement que les choses commençaient à bouger. Et au fur et à mesure, finalement, on a senti que c'était plus compliqué, la partie de réaliser des performances sur des valeurs durables, etc. Et puis surtout que les investisseurs commençaient à s'intéresser davantage, qui sont très court-termistes, il faut quand même le dire, à des industries de guerre. effectivement, à réinvestir ou à réallouer en tout cas. en tout cas leurs investissements, vers des industries qui leur semblaient un peu plus à court terme, en tout cas plus rentables, donc effectivement les armes, les énergies fossiles, etc. Et donc il y a une accélération au moment de la guerre à Gaza, où là on a effectivement la bascule progressivement, j'ai envie de dire le balancier a commencé vraiment à repartir de l'autre côté à ce moment-là. Plus ensuite l'élection de Trump, etc., qui ont fait que le sujet de la mission chez Mirova a commencé à être un peu challengé, on va dire. Parce que dans le même temps, les résultats étant quand même plus difficiles, la financiarisation de notre monde se réaffirmant. Encore un peu plus, on a été pas mal challengé aussi par notre environnement, nos actionnaires, et effectivement d'aller essayer de chercher plus de rentabilité et plus de résultats, et donc de développement économique. Et donc du coup, en interne, la question de la mission, c'est... posé à ce moment-là avec des questionnements autour de cette mission. Est-ce qu'on est bien sûr qu'elle est utile pour Mérova ? Est-ce qu'on est bien sûr que ce n'est pas finalement une barrière à montrer à notre développement ? Parce que quand on va voir des clients ou des prospects, des investisseurs aux Etats-Unis, nous sommes présents aux Etats-Unis. au Texas, aller parler à des investisseurs aux Etats-Unis de missions, enfin voilà, c'est plus possible, c'est un gros mot, je veux dire, il faut savoir qu'aux Etats-Unis, l'ESG c'est un gros mot, on ne parle plus d'ESG aux Etats-Unis, c'est impossible. Environnemental, social et gouvernance, c'est effectivement les critères de durabilité. Donc voilà, c'est même devenu dangereux comme tu le dis. Donc en interne, effectivement, la mission a été très challengée par rapport rapport au développement commercial, en fait, et de se dire, mais est-ce qu'on est bien sûr qu'on va aller parler d'entreprises à mission auprès de nos clients, dans notre écosystème, etc. Et du coup, cette période-là a duré à peu près toute l'année fin 2023, début 2024, et à la fin de l'année 2020. comme je te l'ai expliqué effectivement j'ai un peu remis en fait en débat cette mission en disant finalement il y a quelques voix adverses qui commencent à être assez vocales donc qui commencent à se faire entendre de façon assez forte on va dire contre la mission donc on va se re-questionner sur est-ce que finalement Mirova doit ou non garder sa mission, parce qu'effectivement, si on considère que la mission est une barrière à l'entrée et va plutôt à l'encontre du développement de Mérova, on ne voit pas forcément où est la nécessité de la maintenir.
- Speaker #0
D'accord. Donc j'entends, tu vas me reconnaître, pas mal de « on » . C'est toi en fait qui étais en charge de ça, par rapport à ton DG. C'est toi qu'il est venu interroger, c'est toi qui as dit... Puisqu'on avait créé ça avec un processus collaboratif, on ne va peut-être pas décider ça d'en haut.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tu as pris le risque parce que je ne t'ai pas interrompu, mais je t'ai connu aussi il y a quelques années quand tu avais besoin de retrouver une flamme pour faire entendre ta voix. Et j'aimerais bien que tu partages un peu ça, c'est-à-dire comment à un moment donné, même dans quelque chose qui va bien... peut être un peu annihilé par le fonctionnement du système, enfin, et te reposer des questions. C'était une masterclass, je me rappelle. Et tu as retrouvé l'idée de te faire entendre, ce qui a permis peut-être que, dans cette crise, tu as pu te faire entendre aussi. Tu as envie d'en parler un peu. Je sais que c'est un peu intime, mais ça peut aussi intéresser.
- Speaker #1
Non, non,
- Speaker #0
mais on perd sa voix et puis on la retrouve.
- Speaker #1
T'as tout... tout à fait raison. Oui, oui, c'était effectivement un moment où on se sent un peu pris dans une espèce de seringue.
- Speaker #0
Je veux dire,
- Speaker #1
je me suis...
- Speaker #0
Excuse-moi. Merci du rappel. Non, mais tu as raison. Donc,
- Speaker #1
effectivement, je me suis sentie un petit peu acculée, peut-être, sur ce sujet. Voilà. Les gens pouvaient m'associer à la mission. Oui, la mission c'est un peu la danseuse, mais effectivement est-ce que c'est bien utile ? Et donc j'ai laissé le processus, j'ai envie de dire, se dérouler pour écouter, comprendre. À un moment j'ai senti effectivement la volonté de me battre en fait et de défendre cette mission qui était extrêmement structurante de mon point de vue pour l'entreprise, mais j'ai senti que ce n'était pas la bonne façon. et du coup j'ai un peu laissé de temps Et à un moment, ça s'est imposé à moi de prendre le contre-pied, mais faire le pas de côté. Et d'aller voir effectivement la direction générale, mon DG, mes collègues du comité de direction générale, en leur disant, très bien, moi j'ai la conviction profonde que cette mission, a un vrai sens pour Mirova et surtout qu'elle lui permet de maintenir sa singularité et ce qui permet effectivement à Mirova d'avoir connu le développement que Mirova a eu jusque là. D'accord ? Oui. la mission c'est la mission de Mirova, la mission c'est pas moi en fait. Donc du coup de faire ce pas de vraiment déconnecter déjà les deux et de leur expliquer que finalement si la majorité des gens chez Mirova considéraient que cette mission était plutôt un handicap ou un frein, Je n'avais pas de... En fait, j'étais tout à fait prête à lâcher, en fait, pour... le bien de Mirova et finalement entendre, effectivement, écouter comment le corps social avait bougé en quelques années. Donc, d'intégrer finalement ce changement, de me laisser traverser par, finalement, la façon dont l'entreprise avait changé aussi, de l'intégrer. Et finalement de lâcher en disant, si les gens ne veulent plus de la mission, lâchons la mission. Pourquoi se battre pour la mission ? Donc au lieu de prendre mon bâton de pèlerin, ma posture un peu de guerrière, si tu te réfères aux fameux archétypes, j'ai choisi une autre posture. mais en fait elle s'est imposée à moi, c'était très très naturel d'être plutôt en creux, en accord et vraiment d'écouter quelles étaient les craintes et de se dire à partir de ce moment là oui on peut lâcher en fait et à ce moment là du coup il ya vraiment très intéressant parce que les choses sont complètement reconfigurés dans le système autour de ce moment là j'ai du coup proposé aussi alors je sens c'est à dire que j'ai été j'ai lâché mais proposant un process, un cadre. Ça, ça fait vraiment écho à tout ce que j'ai connu et appris ici en formation de coaching, mais garder le cadre et la boussole, quoi. Donc, de se dire, OK, on peut lâcher, mais en revanche, j'ai proposé un process pour justement requestionner le collectif sur cette mission et demander au collectif, aux équipes, si oui ou non, elles souhaitaient maintenir ou... mettre un terme à l'émission chez Merova. Et donc on a organisé un événement donc c'était en janvier il y a quasiment un an maintenant donc toute une semaine de débats autour de notre mission où on a mobilisé à travers des workshops, des groupes de travail, etc. tous nos collaborateurs on a préparé en amont cette semaine avec une enquête interne très large où on a questionné Non. les équipes sur la mission, les limites de la mission, comment ils vivaient la mission, en quoi pour chacun d'eux c'était un levier ou un frein, à la fois dans leur quotidien, à la fois de ce qu'ils percevaient par rapport à leurs partenaires, leurs clients, leurs collaborateurs, etc. Donc on a préparé cette semaine-là d'abord grâce à travers cette enquête qui nous a donné énormément de renseignements sur où on était le corps social par rapport à la mission. et ensuite on a... On a du coup organisé cette semaine d'événements qu'on a en fait, que j'ai en fait. Merci. Mais il y a toute mon équipe derrière, donc c'est important. On travaille vraiment tous ensemble. Mais c'est vrai que j'ai souhaité en fait organiser cette semaine d'événements, de mise en débat de la mission que j'ai souhaité... lancé à travers un événement un petit peu atypique qui était le tribunal de la mission donc j'ai organisé une mise en scène de procès de notre mission et en fait durant toute une demi-journée dans ce procès là on a mis en débat cette mission avec les avocats à charge, les avocats à décharge, le juge et un jury etc et en fait tous les arguments de pour ou contre la mission ont été passés en revue et on a les 300 collaborateurs de Mirova ont été conviés et connectés donc les équipes aux Etats-Unis au Kenya, à Singapour à Londres, à Paris et du coup ça nous a permis cet événement a permis effectivement à toutes les équipes de repasser en fait toute l'histoire de la mission de Mirova, pourquoi nous étions devenus entreprises à mission, les fondements de la mission, de l'histoire, et en quoi, effectivement, peut-être, pour certains, aujourd'hui, la mission présentait des limites, quelles étaient ses forces, etc. Et du coup, cet événement, ce tribunal, a permis d'aboutir à une conclusion d'un jury. Alors, à part le juge, Tous les rôles, les avocats, le procureur, etc. étaient tenus par des membres des équipes de Mirova. Donc voilà, ils avaient préparé leurs argumentaires à charge, à décharge, etc. On les avait évidemment accompagnés là-dedans, mais c'était vraiment les acteurs étaient des personnes, des salariés de Mirova. Et le juge ? Et le juge, non. Alors le juge était un professionnel d'une... d'une société de communication qui nous a aidé à monter l'événement, parce qu'il y a une dimension événementielle quand même assez forte autour de l'émission.
- Speaker #0
Oui, c'est très créatif le procès.
- Speaker #1
Et en fait, à l'issue de ce procès-là, le jury a donné un verdict qui était très balancé, c'est-à-dire de dire qu'on s'est rendu compte que la mission, que les collaborateurs, les parties prenantes, était extrêmement attachée à la mission de Mirova, mais qu'en revanche, il était nécessaire de l'adapter. Et donc, à partir de là, on a lancé, toute la semaine qui a suivi, des groupes de travail qui ont réfléchi à comment adapter la mission, comment retravailler sur le wording de notre raison d'être, sur les objectifs statutaires, pour qu'elle soit mieux adaptée Au monde d'aujourd'hui, 5 ans après notre première version, la V1 de notre mission, l'enjeu c'était de l'adapter à tout ce qui s'est passé depuis dans le monde, dans notre environnement. et faire de la mission de Mirova, de continuer à faire de la mission de Mirova le phare, j'ai envie de dire, vers laquelle on navigue, mais en l'adaptant, donc en tirant un peu les bords pour nous adapter au moins qui nous entoure.
- Speaker #0
En gardant ce qui était essentiel. Exactement,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Écoute, c'est vraiment un très joli exemple de ce que j'ai appelé, on réfléchissait à un moment donné dans l'équipe. sur l'intelligence artificielle, l'IA. Et moi, je réfléchissais aux autres intelligences. Et là, par rapport à une des lois du vivant, que tu connais bien, qui est le tout est juste, j'ai trouvé l'idée de l'intelligence à Aikido. Celle qui prend la force de l'attaquant pour en faire quelque chose qui n'est pas un combat, mais une danse et quelque chose. Et vraiment, la façon dont tu as fait ce... pas de côté et où tu es revenu un peu à l'origine du processus collaboratif avec la créativité et l'implication de tous. C'est assez fabuleux comme exemple de l'intelligence à Aikido. Donc grâce à toi, maintenant, j'ai... C'est vrai que ça a été facilité par la taille, c'est-à-dire que 300 personnes, même réparties dans des sites très variés, dont très différents comme le Kenya, les Etats-Unis, Londres, tout ça, Singapour. Ça aide quand même à créer cette communauté, que c'est peut-être pas toujours aussi facile dans des groupes plus importants. Mais peut-être qu'un certain nombre d'entreprises plus larges pourraient s'inspirer de ça pour justement rester autour de l'ADN qui fait que les collaborateurs ont rejoint ce type de groupe.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
après je pense qu'effectivement les enjeux dans des grands groupes avec des effectifs beaucoup plus larges, etc. sont d'une autre dimension.
- Speaker #1
Mais il me semble que travailler sur des populations un peu plus restreintes, qui peuvent être des pilotes dans ce type d'approche, on ne peut pas l'enquêter.
- Speaker #0
On ne peut pas retrouver un sens au cas de garder le mythe fondateur, qui est quelque chose de très important. C'est une organisation qui fait que ça dure.
- Speaker #1
Et du coup, repreneur par repreneur... quoi qu'il se passe, remettre en cause quelque chose, une raison d'être qui est inscrite dans les statuts, c'est quand même un petit peu plus compliqué. Et en cela, il me semble que la mission est vraiment un garant de préservation de l'ADN dans la durée, même si justement, ce qui est intéressant, c'est que c'est un objet qu'on peut modifier qui est finalement assez plastique, comme je le disais tout à l'heure, puisque là, on l'adapte. Et je pense que c'est nécessaire de l'adapter parce que le monde change, bouge et effectivement, si on s'adapte pas dans ce monde, on va tous mourir, on est d'accord, mais comme tu dis, l'ADN est préservé et je pense que la mission, je suis même convaincue que la mission est vraiment un garant de cet ADN dans la durée.
- Speaker #0
Du coup, peux-tu donner un exemple de l'adaptation, Justin, quelque chose de concret pour que les gens voient qu'est-ce qui... Tu appelles cette adaptation. Oui, alors,
- Speaker #1
l'adaptation, en fait, la façon dont on a rédigé La raison d'être il y a cinq ans, c'était un texte assez long, assez alambiqué, un petit peu…
- Speaker #0
Ah oui, ce que tu appelles le wording, la façon dont on parle.
- Speaker #1
Le wording dont on parle, c'est-à-dire l'approche d'ingénieur, parce que bon, quand même, il faut savoir que dans la finance, on a beaucoup d'ingénieurs, et donc c'est formidable, mais c'est la façon dont c'était rédigé, c'était un peu compliqué, etc. Ce qui fait que finalement, les équipes... que ce soit en France ou à l'international, avaient un peu de mal à se l'approprier, à l'exprimer. C'est-à-dire que si, par exemple, quelqu'un de chez Mirova rencontrait un actionnaire dans l'ascenseur, il était incapable de lui expliquer ce qu'était la mission. Et donc, on a vraiment adapté ce wording pour en faire quelque chose. Alors, non pas plus marketing, mais en fait quelque chose que les personnes, les collaborateurs comme les clients puissent vraiment s'approprier de façon beaucoup plus claire. De simplicité. Voilà, on a vraiment simplifié. Et puis, effectivement, avec un texte qui puisse aussi faire mouche à l'international en anglais, parce que du coup, on a cet enjeu aussi de l'internationalisation de notre mission. Alors, l'entreprise à mission, la qualité d'entreprise à mission, c'est vraiment une loi française. Donc, évidemment, nos petits collègues à l'international nous tient souvent en disant « Oh non, mais ça, c'est un truc français » . français, voilà. Donc effectivement, on a voulu écrire un texte beaucoup plus lisible et beaucoup plus facile d'appropriation et beaucoup plus facile à traduire en anglais aussi. Voilà. Et puis on a aussi simplifié les objectifs statutaires parce que une mission c'est une raison. On a plus des objectifs statutaires, ce sont les deux dimensions qu'on inscrit dans les statuts. Et nous avions cinq objectifs statutaires, ce qui aussi était assez complexe, assez lourd. Maintenant, nous n'avons plus que quatre objectifs statutaires. Et on a vraiment, effectivement, voulu simplifier la rédaction de notre mission pour que les collaborateurs puissent se l'approprier et en parler beaucoup plus facilement.
- Speaker #0
Oui, c'est intéressant ça, parce qu'effectivement... Ça touche à plein de choses qui se passent aujourd'hui, quand on est dans la complexité. Exactement. Exactement. Qui s'incarnent pour la personne qui les dit.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et que l'autre peut aussi recevoir comme quelque chose de puissant.
- Speaker #1
Exactement. Donc je pense qu'on s'est libérés aussi de cette complexité, qui était dans notre mission au début, parce qu'on a voulu dire plein de choses, rassembler plein de choses dans notre mission, et finalement, effectivement, on a un peu pêché. à ce niveau-là, et là, on a vraiment fait un effort de simplification.
- Speaker #0
Et du coup, qu'est-ce qui se passe alors ? Puisque tout ça, c'était à la fin de l'année dernière. L'année 2025 a été une année, je dirais, entre guillemets, compliquée, qui est le mot pour dire chiante en ce moment. Alors, ça s'est passé.
- Speaker #1
Alors justement, du coup, nous, on a organisé cette Purpose Week début 2025.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
d'accord. Puisqu'on l'a organisée en fin d'année, mais elle a eu lieu en janvier. Et ensuite, on a passé les six premiers mois de l'année à réitérer sur... En fait, à l'issue de la Purpose Week, on a ouvert trois chantiers. Alors, je vais être un peu plus... On a ouvert le premier chantier qui était le wording, donc réécrire ce que je dis, simplifier, etc. Un deuxième chantier qui était d'aller analyser, étudier comment, en tant qu'acteur de la finance durable, On pouvait continuer à opérer dans des régions autres que l'Europe. Je t'ai parlé des Etats-Unis tout à l'heure, mais comme tu disais, l'ESG maintenant c'est dangereux de parler aux Etats-Unis de l'ESG. Donc en fait on a fait une analyse assez approfondie des risques auxquels nous étions exposés justement avec notre mission et finalement notre ADN dans des géographies autres que l'Europe, donc en Amérique, en Asie. en Afrique, là où on opère en fait. Donc on a aussi travaillé là-dessus, ça a été le deuxième chantier qui nous a permis effectivement de définir un certain nombre de process pour nous prémunir en fait de ces risques d'exposition par rapport à notre positionnement. Ça c'était le deuxième chantier qui était beaucoup remonté aussi dans les échanges qu'on a vus autour de notre mission. Et le troisième chantier que l'on a lancé, c'est un chantier autour de... la création d'une communauté d'ambassadeurs de la mission. Parce que, comme je disais, cette mission est considérée comme un peu franco-française, et de nos centrés. Et même si nos équipes à l'international, évidemment, ont cet ADN, le partagent effectivement, pour eux, la mission, c'était un petit peu plus compliqué à conceptualiser. Et donc, du coup, on est en train de lancer cette communauté d'ambassadeurs. Et donc, en fait, on a travaillé sur ces trois chantiers jusqu'à l'été, en gros. On a fait valider les résultats de ces trois chantiers au mois de septembre par notre comité de mission. On est passé en conseil d'administration au mois de novembre. Et là, effectivement, en décembre, on modifie nos statuts, on lance notre communauté d'ambassadeurs. Et puis, les process liés à notre exposition à travers le monde en tant qu'investisseur dans la finance durable, on est en train de déployer les process. Voilà. Donc, en fait, ça nous a occupé l'année parce que je ne fais pas ça à plein temps et que ce sont des projets, effectivement, qui prennent du temps aussi. Donc, du coup, là, on arrive au bout du process.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as pu appliquer en tant que, entre guillemets, leader coach ? Pendant toute cette année, qui a été utile pour toi ? En fait, moi,
- Speaker #1
je fais du coaching comme M. Jourdain. Donc, tu vois,
- Speaker #0
c'est... C'est le plus intéressant, me semble-t-il.
- Speaker #1
C'est tellement intégré maintenant, tu vois, que je sais que le coaching est là et que, voilà, tout ce que j'ai appris, tu vois, ce que j'expliquais du pas de côté. de se dire, mais non, mais arrête d'être en guerrière, et effectivement, soit dans l'accueil, en creux, féminin, masculin, tout ça, tout ça, ça me traverse en permanence, tu vois, et donc j'utilise les choses comme ça, mais c'est vrai que je ne vais pas avoir de référence théorique à tel instant. à l'instant T.
- Speaker #0
Elle ne m'intéresse pas. Non, c'est ça,
- Speaker #1
j'imagine. Et aussi, c'est un point très important, c'est que moi je travaille, je suis quelqu'un de très intuitive. Donc je vais utiliser l'intuition, et ça effectivement c'est aussi un enseignement très fort de ma formation chez Mosaïque. C'est effectivement faire de la place à mon intuition qui est chez moi un outil assez puissant. et que maintenant j'écoute beaucoup plus en fait et que j'utilise donc quand effectivement je me suis dit non mais voilà finalement on va mettre en débat cette mission pour refaire un reset et voir l'abandonner si on décide d'abandonner c'est pas grave pour moi ça c'était quelque chose de très intuitif voilà et alors cette année en particulier dans mon rôle de voilà cette approche de coach,
- Speaker #0
la boussole je pense que j'utilise beaucoup en permanence la boussole sans le savoir exactement avec mon axe,
- Speaker #1
ma verticale stratégique je pense que je fais beaucoup de coaching stratégique, c'est à dire que j'essaie de me placer toujours à ce qui est bien pour l'entreprise ce qui est au service de l'entreprise et à effectivement te dire ce cap
- Speaker #0
verticalité en permanence et après j'ai envie de dire après c'est du détail oui mais j'imagine que la créativité du process et puis cette communauté d'ambassadeurs ils vont être accompagnés ils ont besoin aussi de trouver leur mode exactement d'envisager des rencontres plus ou moins agréables exactement
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
En tout cas, chaque fois que j'ai vu créer des communautés comme ça en interne, qui étaient un peu des... comment ils les appellent ? En tout cas des porte-voix.
- Speaker #1
Des porte-voix du sens.
- Speaker #0
Ils ont tout cet enthousiasme et puis il faut les préparer. Exactement. Pour que des fois ça passe et des fois ça passe pas. Et qu'il y ait un besoin de se renforcer ensemble. Ces communautés, elles ont ce sens-là. Pour pouvoir... Quand ils sont seuls, tu sais, l'axe genou de la boussole.
- Speaker #1
Exactement. Je suis seule, hors de la communauté. Je vais aller chercher.
- Speaker #0
Et du soutien.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et quand on est ensemble, qu'est-ce qu'on s'apporte comme soutien, comme tu disais, comme solidarité d'action. Oui. Donc, je trouve ça très passionnant aussi l'année 2026 qui s'annonce, en plus de tes autres fonctions. Écoute, merci pour tout ça. Le futur, comment tu le vois ton futur ?
- Speaker #1
Beaucoup d'enjeux pour Mirova. Il y a beaucoup d'incertitudes. Mon futur, personnellement, comme je disais tout à l'heure, j'ai à cœur de mettre du sens dans ce que je fais. qui me tient particulièrement à cœur, donc mon futur il est là, je mettrais tout le monde une source dans ce que je fais, quoi que je fasse. Donc ça c'est important pour moi, aujourd'hui je le fais chez Miroba parce que je trouve que ça prend toute sa dimension, c'est un terrain de jeu formidable pour ça. Et dans le monde dans lequel on évolue actuellement, évidemment on a beaucoup d'adversité. Donc voilà, c'est comment on navigue. C'est comment on navigue. En tout cas, l'année à venir, c'est continuer à naviguer, effectivement, peut-être dans cette adversité, pour aller rechercher la lumière. Moi, c'est vraiment ça.
- Speaker #0
Merci. Ça me fait du bien, on tombe.
- Speaker #1
Merci beaucoup à toi, Daniel.
- Speaker #0
Peut-être que les gens se disent, mais cette femme, comment elle fait tout ça ? Je sais que tu as des enfants, une vie. Comment tu fais pour équilibrer avec ta vie ? On va terminer sur une note plus intime. Ta vie de famille, ta vie privée, tes hobbies.
- Speaker #1
Oui, alors ça, ça a toujours été un challenge. L'équilibre vie privée, vie pro pour une femme qui souhaite s'épanouir dans sa vie professionnelle. Donc moi, j'ai trois enfants. mais qui maintenant ont grandi donc c'est plus facile en fait que lorsqu'ils étaient petits je pense que j'ai quand même plus de temps maintenant pour effectivement moins de préoccupations, peut-être pas plus de temps mais en tout cas moins de préoccupations on va dire matériel, organisationnel, etc donc ça c'est plus confortable euh Mais je pense que j'ai, alors ça aussi ça me caractérise, je disais tout à l'heure que j'avais lâché pour la mission, mais sur ce sujet je n'ai jamais rien lâché sur l'équilibre vie pro-vie privée. C'est-à-dire que j'ai toujours fait en sorte de trouver un équilibre avec mon conjoint pour effectivement pouvoir assumer la vie familiale et être présent aussi pour nos trois enfants parce que c'est aussi une part essentielle de ma vie. Et ce qui est très important, c'est justement d'avoir plusieurs cordes à son arc dans l'existence. La vie professionnelle passionnante, certes, mais ne jamais négliger aussi les enjeux personnels. Et même si des fois, je suis comme toutes les mamans, je me suis culpabilisée maintes fois de ne pas avoir suffisamment de temps pour mes trois garçons. je me suis aussi toujours dit que avoir leur mère sur le dos, des fois ça les a gonflées, surtout quand ils ont commencé à être ados, et que finalement avoir un boulot épanouissant, je pense qu'ils étaient très contents pour moi, et ça m'aidait aussi beaucoup pour ne pas toujours être trop proche d'eux, et laisser aussi faire leur vie.
- Speaker #0
Et un âge où c'est beau de les avoir élevés. Donc, il y a eu un moment un peu plus délicat quand ils étaient tous petits. Petits, oui. Et où tu commençais ta carrière aussi.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais du coup, ça repose aujourd'hui. Quel âge ils ont aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, 21 ans, 18 ans et 14 ans et demi.
- Speaker #0
Ah, il y a encore un ado.
- Speaker #1
Il y a encore un ado, oui, qui va surveiller comme le lait sur le feu. Surtout le dernier,
- Speaker #0
c'est vrai. D'accord. Bon, on l'embrasse. On sait qu'il y a une maman occupée qui n'est pas sur son dos, mais qui le surveille.
- Speaker #1
De loin, de loin quand même.
- Speaker #0
Très bien, Wad, je te remercie. Qu'est-ce que tu as envie de dire sur ce que cet entretien signifie pour toi et puis peut-être pour tous ceux qui ont envie ? Pour faire un petit clin d'œil à Mosaïque et...
- Speaker #1
Au métier de coach, justement, quand je suis arrivée ce matin ici pour ce podcast que tu m'as très gentiment proposé d'animer, je pensais à la récolte. Et là, je suis vraiment dans la période de la récolte, en fait, et je profite de ce moment. de cette récolte autour de ce qui s'est transformé dans mon environnement professionnel chez Mirova, ce que j'ai effectivement pu créer en semant les graines il y a un an. Et aujourd'hui, j'apprécie vraiment ce temps de la récolte. Et je trouvais que ce podcast était effectivement une récolte vraiment très agréable et très sympathique. Je suis très heureuse de partager ce moment avec toi, Daniel.
- Speaker #0
Oui, merci.
- Speaker #1
Le leadership du vivant pour vous accompagner, vous former et vous inspirer.