- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue sur le podcast le lundi de bonheur. Je suis ravie d'être en compagnie aujourd'hui de Jean-François Lascoux. Bonjour Jean-François, tu vas bien ?
- Speaker #1
Oui, je vais très bien, merci.
- Speaker #0
Bon, écoute, tu ne t'y attendais pas à ce qu'on soit aussi nombreux à attendre ta venue sur les ondes du lundi de bonheur.
- Speaker #1
Et non, et aussi chaleureusement d'ailleurs. Exactement. C'est formidable.
- Speaker #0
Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Avant de se lancer dans le vif du sujet, dis-nous un petit peu qui tu es, ce que tu fais et quand tu te lèves le lundi matin, de bonne heure ou pas d'ailleurs, qu'est-ce qui t'anime ?
- Speaker #1
Alors je vais commencer par la fin de la question. J'aime mon métier de commercial et il y a toujours quelque chose de surprenant. on a toujours fini sa semaine du vendredi en se disant lundi ça va commencer par ça je pourrais te dire ça vraiment vendredi soir à savoir qu'est-ce qui va m'animer lundi matin j'y vais toujours avec plaisir et ça fait près de 40 ans que ça dure qu'est-ce que je fais dans la vie ? je suis vendeur commercial je suis devenu avec le temps entrepreneur puis j'ai mixé tout ça ensemble pour en faire ce que je fais aujourd'hui c'est-à-dire j'ai une entreprise avec laquelle j'accompagne les PME, TPE, ETI on va dire à peu près ça qui ont un siège social à la Moxitanie, c'est important pour moi. J'ai choisi de ne pas aller plus loin que cette région-là, sur l'impact, etc. Et je les accompagne dans leur développement commercial, leur stratégie commerciale, dans la mise en place d'outils pour faire de la prospection, conquérir de nouveaux comptes, lancer de nouvelles affaires, et puis former les commerciaux quand c'est nécessaire, parce que souvent, quand on met une stratégie en place, il faut que tout le monde puisse l'apporter. À côté de ça, je fais du conseil, parce que ça va avec, sur les technologies, l'IA, etc., parce qu'elles ont été frappées dans notre métier. Merci. Et puis, je fais aussi des conférences. Je fais une conférence que j'aime bien, une conférence sur la sobriété. Alors, pas moins boire, ce n'est pas tout à fait mon style, mais plutôt consommer moins et en tout cas réfléchir à comment on peut vivre avec ce qu'on a déjà. Parce que dans la plupart des cas, ce qu'on a déjà, c'est bien suffisant. Donc ça, c'est mon métier. Globalement, je pense que ma première fonction, c'est vendeur. Le reste, après, c'est venir avec, entrepreneur, tout ça, quand tu fais une boîte. 40 ans, ça fait beaucoup de choses à décrire. Mais globalement, si je vais vite, j'ai commencé par vendre du mobilier de bureau, ça c'était intéressant parce que c'était déjà du B2B et c'était un petit secteur géographique, beaucoup de prospection, beaucoup d'affaires beaucoup d'affaires perdues parce qu'on perd beaucoup dans mon métier et donc il faut avoir l'air un peu épaisse et ça, ça forge le caractère et ça apprend à bien travailler pour gagner le plus souvent possible. Puis j'ai changé de voie simplement par opportunité parce qu'une entreprise que j'équipais en mobilier de bureau m'a dit Jeff je voudrais qu'on travaille ensemble OK, génial. Et ils vendaient des logiciels pour faire des schémas électriques. Moi, je ne connaissais rien à l'électricité, encore moins à l'informatique. On m'a dit, t'inquiète, tout de suite, là, ça s'apprend. Nous, ce qui nous plaît, c'est ta façon de vendre et ta façon d'être. OK, ça va matcher chez nous. J'ai fait 18 ans dans cette boîte-là. Je suis rentré, on était une dizaine. J'en suis parti, on était 400. Pour faire court, à partir de 1996, j'ai monté la filiale nord-américaine du groupe qu'on était devenu. Donc, j'avais un bureau à Montréal, un bureau à Toronto, Dallas, j'ai vécu quelques années là-bas. J'avais pour projet de devenir Canadien, je me suis devenu grâce à ça. Et j'ai beaucoup travaillé au niveau de l'industrie aéronautique, automobile, sur les plus grands projets que pouvait porter la planète à ce moment-là. Et donc, j'ai quitté ce monde-là en 2006 parce que les déplacements, les décalages horaires, le manque d'hygiène de vie, ça finit par te le reprocher. Donc, j'ai fait un gros tilt. Et on m'a dit « Mon gars, ton corps, c'est pas un sac. Il va falloir l'écouter. » Et là, ce qu'il est en train de te dire, c'est Donc j'ai arrêté et je me suis dit qu'est ce que je peux faire, il fallait sédentariser le sujet. Donc j'ai créé une boîte. avec un ami d'enfance au départ, pour fabriquer des commerciaux à partir de gens qui n'en étaient pas. Et on a piloté ce truc-là pendant 9 ans, trouver des gens qui avaient des compétences pour faire ce métier. On les formait pendant 6 semaines et on les vendait à des entreprises qui en cherchaient. Donc on avait inversé le système de recrutement. C'était des entreprises qui venaient se présenter et dire ce qu'elles faisaient. Et c'était des candidats qui choisissaient où ils allaient, tentaient leur chance pour essayer de convaincre le patron de les garder. Quand le responsable commercial voulait garder quelqu'un, il nous faisait acheter.
- Speaker #0
Et justement, tu vois, tu es en train de nous décrire les différentes expériences professionnelles. Alors j'imagine qu'il y en a d'autres.
- Speaker #1
Encore un petit peu.
- Speaker #0
Mime. Ce podcast, justement, il a pour ambition de parler du monde du travail. Et quand j'ai préparé notre entretien, ce que je trouvais intéressant, en fait, c'est cette façon que tu as eu de le traverser un petit peu, ce monde du travail. Le métier de vendeur, il a forcément évolué dans le monde du travail. Et j'avais envie, de par tes anecdotes d'expérience professionnelle, que tu puisses un peu nous dire comment il avait évolué et qu'est-ce que tu constates qu'il n'y a plus ou qu'il y a encore.
- Speaker #1
Alors, sur la partie métier, on va dire qu'il y a trois sujets. Il y a le savoir, qui est ce que tu comprends de ce que tu vends, dans le produit. ton entreprise, le marché. Il y a le savoir faire qui est la manière dont tu fais donc les processus et les techniques de vente etc. Et après il y a le savoir-être qui est toute la partie comportementale et puis petit à petit on en est arrivé à l'intelligence émotionnelle. Mais globalement qu'est ce qui a changé c'est qu'au départ un commercial ça faisait tout tout seul. Ça s'occupait d'aller chercher ses propres clients, de faire de la prospection, de rentrer tout ça sur des fiches en carton. Et donc petit à petit petit avec la digitalisation, on a commencé à avoir des assistants. Stanco qui est arrivé à prendre un rendez-vous pour les commerciaux, structurer la démarche des vendeurs, le CRM qui a permis de mettre les données dedans et de ne plus les perdre. Donc ça a beaucoup structuré notre métier. Et puis ça a fait apparaître notre truc sur le côté petit à petit. qui au départ était un peu bizarre, qui était le marketing. Et tout ça a fait que petit à petit, on a été le point d'entrée du marketing. Et aujourd'hui, un commercial qui ne s'occupe pas du market ou qui ne pilote pas le market, il est en retard sur les autres. Donc le métier a évolué en 20 ans, beaucoup, avec l'arrivée de l'ordinateur. Puis le deuxième saut, ça a été le téléphone, qui a fait qu'on s'est retrouvés avec tout cet univers-là dans la poche. Et donc qui a ouvert à d'autres possibilités de prospection, de contact. la troisième grande révolution pour nous, en tout cas, tiens-moi dans mon travail, ça a été les réseaux sociaux, donc ça a été d'être vu par d'autres gens que ceux que tu voyais en vrai. Formidable accélérateur,
- Speaker #0
non, de business ?
- Speaker #1
Oui, alors formidable accélérateur de présence, c'est-à-dire que les gens te voient, par contre, difficile de se positionner sur ce genre de sujet. Néanmoins, en termes, parce que ça ne sert pas qu'à se montrer et à proposer des choses aux gens, on grandit beaucoup aussi avec ça. LinkedIn, c'est plein d'articles intéressants, plans de sujets traités qui sont sont de façon pertinente. C'est plein de top voices, pour le dire en français, qui ont des sujets géniaux. Moi, dans mon métier, après, j'arrivais plutôt sur le leadership et les phrases des gens comme Simon Sinek. Là, il a une idée. Si elle te plaît, tu peux vivre un bon moment avec lui et avoir plein de façons de t'adapter à ce que lui raconte. C'est très intéressant. Et des Simon Sinek, il y en a un, des torts, des gens sur des sujets différents. Et ça, les réseaux sociaux nous ont donné accès. Du coup, ça forge une personnalité. Ça permet d'aller faire le métier différemment. Et puis, le truc qui nous arrive aujourd'hui, et on peut... un peu perturbant, c'est l'intelligence artificielle. Ce n'est pas perturbant parce que c'est pénible à utiliser, c'est perturbant parce qu'on en fait des usages qui ne vont pas forcément dans le sens de notre métier. On reçoit tous des coups de fil de machines toute la journée qui nous fatiguent. Ce n'est pas cool parce que nous, quand on veut appeler nos clients ou quand on veut faire de la prospection, il faut se différencier de la machine et quand on voit un numéro inconnu, c'est mort.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc il y a ça qui vient perturber. L'IA génère du contenu à foison sur les... les réseaux sociaux donc ça fait beaucoup de bruit et du coup pour sortir du bruit ça nous rend la tâche plus difficile. L'IA permet à nos clients d'avoir beaucoup d'informations, de la traiter, de la trier, de la classifier, d'en faire des fichiers excel avec des croix, des machins pour dire l'IA n'y a pas, ça fait ci, ça fait ci, ça fait pas ça. Du coup le client fait beaucoup de son parcours tout seul et il accorde de moins en moins de temps à l'être humain en présentiel pour discuter. Donc du coup ça a encore aussi modifié notre notre boulot. Aujourd'hui on ne peut plus arriver à un rendez-vous non préparé alors l'IA nous y aide aussi. Donc ça fait beaucoup beaucoup de... il y a qui rentrent partout pour nous aider à faire des choses et l'idée c'est de faire gaffe de ne pas trop en perdre le fil parce que quand tu pilotes des trucs et que tu ne sais pas trop comment ils sont faits et qu'on te balance un compte rendu et que c'est ça la vérité, si tu n'as pas pu le vérifier avant bon, je pense qu'à un moment donné on va un peu perdre de curiosité, un peu perdre bêtement de l'intelligence de la compréhension des situations et on va se mettre à dire les mêmes conneries, à faire les mêmes hallucinations qu'hier.
- Speaker #0
Après on devient un peu des clones par rapport à ça, on a l'impression parfois de répondre de la même façon, de dire les mêmes choses et presque de réfléchir pareil et je me dis Je me dis justement, dans le métier de commercial, peut-être que la petite astuce, c'est de se différencier par rapport à ça.
- Speaker #1
De toute façon, c'est un métier uniquement de relations humaines. Et donc, la relation humaine, elle est plus évidente quand on est en face. Alors maintenant, on peut l'être encore grâce au digital, très éloigné, grâce aux visioconférences. Ce n'est pas tout à fait la même chose. quand on est dans un bureau ensemble. Donc à nous, les commerciaux, d'utiliser tous ces outils-là pour favoriser le nombre de fois où on est en face-à-face avec des gens qui ont une problématique à laquelle on a peut-être une solution. Et si possible, en présentiel, conditions qui ne sont pas trop loin. Maintenant, en tout cas pour ma part, je réfléchis aussi à mon impact. Puis d'affaires, je peux le réaliser en Occitanie. Pourquoi j'irais chercher des clients à Paris ? Paris, bon, j'y vais en train, ça va, c'est cool. Pourquoi j'irais au-delà ? Moi, je viens de là, je viens de la conquête du monde. J'ai commencé dans une petite entreprise, je l'ai dit tout à l'heure, on était 10, on était à Toulouse. J'ai fini par piloter Montréal, mais au final, on est 17. 7 pays différents. Donc on est devenu une multinationale planétaire avec des bureaux partout. L'anglais est devenu la langue de l'entreprise. Donc si tu parlais pas anglais, bah oui. Et t'évoluais pas. Et donc le digital a permis aujourd'hui, on se rend pas compte, mais avec un téléphone dans la main, pour en arriver à faire ce que fait le téléphone aujourd'hui, dans ma boîte, on avait 6 informaticiens en permanence, des serveurs partout, et des outils qui nous coûtaient une blinde. Aujourd'hui, on fait ça sur un téléphone et on râle quand il faut payer 12 euros une application. Donc tout ça, ça a perturbé la façon de travailler, ça va perturber les relations. entre les gens et ça a perturbé aussi les relations dans les équipes au boulot parce que quand tu fais des vidéos ou que tu travailles le métier de commercial il est itinérant donc t'es pas là donc la visioconférence ça fait 25 ans que j'en fais et j'ai assisté au tout début parce que c'était important pour nous ça nous éviter de prendre l'avion et de faire en 5000 bornes bien sûr voilà aujourd'hui tout le monde fait des face machin et s'envoient des vocaux et des trucs comme ça alors qu'on pourrait se parler là là quoi donc on est en train de perdre ce lien humain à travers tout un tas d'outils qui nous permettent de ces messages vocales à mon copain il écoutera quand il a envie Tu m'en canses pas. la nouvelle génération, ils trouvent que le téléphone est intrusif parce que t'es obligé de répondre là tout de suite t'es obligé de réfléchir à la question qu'on te pose ils répondent tout de suite sans avoir le temps d'y travailler dessus et donc les nouvelles générations ne téléphonent pas et aujourd'hui on a un téléphone qui n'est plus un téléphone qui est un ordinateur portable qui fait tout à la fois et dont la fonction téléphone est probablement la moins utilisée et où ça nous mène alors toute cette technologie là ?
- Speaker #0
Vers quoi ça mène ?
- Speaker #1
Moi ce que je constate c'est un outil, donc ça mène à ce que tu vas en faire si tu es très désorganisé là je vois je travaille pas mal sur l'optimisation du temps à ce moment l'IA pourra arriver partout s'il n'y a pas de méthode si tu demandes à l'IA de te prendre des rendez-vous c'est la gata elle sait le faire elle va le faire elle va le mettre dans l'agenda sauf qu'elle va te mettre un rendez-vous à Montpellier à 8h et puis un autre à 7h à 8h15 sans savoir que Montpellier 7 il y a de la distance elle le sait mais tu ne lui as pas demandé donc ça devient pénible soit tu la maîtrises et apprends à le faire et là ça veut de et t'as une méthode Bye. Par exemple, je souhaite que le rendez-vous soit positionné de façon provisoire. Elle sait te le positionner avec le bon truc provisoire. En tout cas, quand toi, tu as la visu, tu vois la suite, comment ça fonctionne. Elle fait attention parce que tu lui as demandé à voir à quel endroit physiquement était le rendez-vous et quel était le temps de trajet entre l'un et l'autre, si tu lui dis. Et là, ça peut commencer à devenir intéressant. Mais ça veut dire que tu as déjà une méthode, tu es déjà bien organisé. Et donc là, ça va améliorer ta productivité jusqu'à un certain point. On ne peut pas être à deux endroits à la fois. Par contre, si tu es... t'es bordélique, ça va accélérer ton bordel.
- Speaker #0
Oui, donc en fait, c'est l'organisation de ces outils-là et du travail en général qui peut être un ingrédient d'amélioration de vie au travail et de productivité.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a d'autres ingrédients qui participent, selon toi, à une vie de travail agréable, épanouissante, comme on aimerait tous avoir ?
- Speaker #1
À partir du moment où tu fais quelque chose qui te branche, parce que tu as l'impression de servir à un truc, je pense que la première chose, c'est avoir l'impression au moins que ce que tu fais, c'est utile à quelqu'un ou à quelque chose. C'est la première chose. En tout cas, que moi, je trouve. Et après que ça ait un sens pour toi. Si demain tu me demandes de vendre des machines pour couper des arbres, j'ai même pas très envie. Par contre, vendre des tronçonneuses électriques pour élaguer les arbres de façon plus intelligente pour pas que ça tombe sur les câbles électriques, là pourquoi pas. Et ça par contre, je peux me lever le matin en me disant ouais, je fais une bonne action, je la trouve intéressante et je sais que je suis utile parce que la première fois où la branche tombe, elle tombera pas sur le fil, elle coupera pas le jus aux dix maisons qui sont derrière. J'ai vécu au Québec, on a beaucoup de neige, ça arrive souvent. Donc les élégants au Québec, c'est un sacré... étaphe, mais en tout cas, on peut faire le même métier et pas le percevoir de la même manière. Je peux très bien faire ça avec des grosses machines qui vont dans la forêt arracher des arbres pour qu'à la place, on y mette du soja. Ne me demande pas de le faire. Je n'aurais pas envie de vendre la grosse machine, même si on la vend très très cher et que je vais gagner beaucoup d'argent. Je préfère les grandes petites transommerse électriques. Elles auront plus de sens pour moi. Je pense qu'il y a le sens. Et après, ce qui se passe, c'est quel est le spectre ? Quelle est ta liberté dans ton travail ? Quand tu es entrepreneur, il n'y a personne d'autre qui vient te dire quoi faire. Donc, tu es contraint de prendre des décisions tout le temps. Tu en prends des dizaines par jour. Si ça ne te plaît pas, reviens salarié. C'est pas mieux. Si tu es habitué à ça et qu'on te met dans un contexte de salariat où ton boulot, c'est d'accueillir des clients dans une banque et tu t'aperçois que les gens sont mal assis comme... quand tu les appelles, ils ne t'entendent pas et tu voudrais changer des trucs, on va te dire occupe-toi de tes affaires. Donc quelque part, le sens que tu peux y mettre est différent. Donc du coup, il faut trouver sa place. Il faut trouver le bon métier dans le bon contexte. Le métier, pas le travail. Et une fois que tu as trouvé ça, tous les métiers ont des difficultés, comme s'entraîner quand tu as envie de jouer. Tu voudrais jouer au tennis, il y a l'entraînement d'abord. Taper des balles, ça m'énerve. Il faut passer par là si tu veux progresser. Dans tous les métiers, il y a ce genre de trucs. Et après, je pense que ce qui fait beaucoup, c'est l'environnement dans lequel tu es. Petite entreprise, moyenne entreprise, grande entreprise.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui change du coup quand tu es dans une petite et dans une grosse entreprise ? J'ai tendance à penser que quand tu es dans une grosse entreprise, c'est quand même super bien organisé, c'est bien staffé. Chaque case a sa règle, chaque personne est dans sa case. Du coup, ça devrait bien fonctionner.
- Speaker #1
Ça fonctionne bien. C'est comme on me dit, j'ai beaucoup fait de management et on est tous avec l'idée du manager. bienveillant, du manager coach, on essaie de trouver des solutions. Le malheur que moi j'ai découvert, c'est pas parce que le patron est un tortionnaire que l'entreprise marche pas, malheureusement. Ça c'est un premier sujet. Pour que ça marche, il faut que le manager soit bienveillant, naninana. J'ai rencontré plein de boîtes où le patron est violent, il humilie les gens devant tout le monde, les gens restent, les gens font leur taf, et quand ils se font gronder, ils se disent que c'est leur faute. Et la boîte fonctionne. Par contre, de l'autre côté, plus tu mets de la structure et plus tu grandis et plus tu mets des strates, et en fait c'est Merci. plus ton manager direct va faire la diff parce que tous les autres tu les vois pas et l'organisation fait que ça fonctionne par contre est-ce que la personne se sent heureuse dans ce qu'elle fait trouve du sens à ce qu'elle fait ça ça dépend forcément de celui qui l'a pu faire oui ou même tout simplement est-ce qu'elle est en santé la personne oui alors ça l'entreprise plus l'entreprise est grande plus elle rend les gens malheureux ça c'est ce que j'ai découvert c'est un constat ça me fait pas plaisir de le dire oui oui oui voilà et c'est ce que t'as constaté de par ton expérience oui et pourtant je proposais des formations pour aider à sortir de ça. de ça. On a quelques résultats, honnêtement. Au bout de certains points, ça recommence. Je pense que le modèle de la grande entreprise n'est pas fait pour l'être humain. Il y a un moment où ne pas savoir pourquoi tu es là, de quelle manière tu es utile, qu'est-ce que ton boulot apporte à l'entreprise en entier. Forcément, au bout d'un moment, tu tombes dans une espèce de routine où tu fais ce qui est marqué sur la feuille. Et quand tu commences à plus prendre de plaisir parce que, malheureusement, tu subis, alors tu subis les réorganisations, tu subis les rachats, tu subis...
- Speaker #0
Oui, il arrive un moment où tu te te désengage.
- Speaker #1
Voilà, complet. Et là, si tu es un manager qui est à la limite de garde à flot, qui tient son équipe, aime les gens, tu peux rester encore un peu.
- Speaker #0
Peut-être que l'idéal, j'ai mis une hypothèse comme ça, peut-être que l'idéal, en fait, c'est l'organisation d'une grande avec la proximité d'une TPE-PME. Non ?
- Speaker #1
L'organisation d'une grande, elle n'est pas viable dans une petite. Il y a trop de trucs à faire, il y a trop de processus.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu vois ? Moi, j'ai une conférence qui s'appelle Petit deviendra grand. Merci. C'est l'histoire d'un commercial qui crée sa boîte dans son garage, qui vend des machines à café, et qui, en l'espace de 10 ans, devient une boîte multiplanétaire à l'anespresso. Comment tu y arrives et comment ça fonctionne ? À partir de quand tu as besoin de structurer ? À partir de quand tu as besoin de managers, de chefs des ventes, de directeurs commerciaux ? De tous ces trucs-là. Pourquoi tout ça, ça arrive ? Parce qu'à un moment précis, ça devient une nécessité.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Sauf que le commercial qui a commencé avec toi dans le garage, le premier que tu as embauché, où on était tous les deux à travailler ensemble, il n'avait pas besoin de recevoir un email pour savoir savoir qu'est-ce qu'il fallait livrer.
- Speaker #0
Bien sûr, tu lui disais en direct.
- Speaker #1
Voilà, on se parlait, machin, là, là. Bien sûr. Est-ce que ça, c'est faisable quand t'es 1000 ? Non. Donc, il faut passer par d'autres manières de fonctionner. Et là, on est arrivé, petit à petit, à mon sens, à pousser les gens dans leur retranchement et surtout à calculer un truc, c'est comment faire plus avec moins de gens. Et donc, on y est arrivé. Le digital a permis ça à un certain moment.
- Speaker #0
Les outils.
- Speaker #1
Les outils. On a inventé des trucs incroyables. On a fait que pendant 3 semaines, t'es à fond. et la quatrième semaine du jour. sprint. Ça, c'est la méthode agile. J'adore l'idée. Chef, on était déjà à fond, là. Comment on fait pour sprinter ?
- Speaker #0
On reprend du souffle. Gainage,
- Speaker #1
allez ! C'est agile. Super. Tu vois un peu le truc, on sait, chaque année, on te sort des nouvelles formations de management, des nouveaux termes, des nouveaux machins, et on vend la même chose qu'avant.
- Speaker #0
Avec une sémantique différente.
- Speaker #1
On invente un mot qui fait, ah oui, ça, on l'a pas fait. Alors, si elle s'appelle comme ça, vous la feriez cette année. Oui, parfait. Mais c'est la même qu'il y a 3 ans. Comme personne ne retient rien, c'est mieux. On refait la même.
- Speaker #0
Ils sont peut-être tombés sur des vendeurs et des commerciaux qui étaient si perdants.
- Speaker #1
C'est l'autre problème de la France et de la formation. On en a fait un truc où on forme à travers un budget, on a déjà donné un impôt, et si on n'a plus de budget, on arrête de former. Dans l'année, on a 10 problèmes, on en règle 2, et les 8 autres, on ne les règle pas parce qu'on n'a plus de budget. Quand je me retrouve dans des conditions comme ça, à celle entreprises, je leur dis, ok, ça veut dire que les 8 autres, on les a pas. Si on ne les règle pas, les problèmes, c'est qu'on les a pas. On se les a inventés ou quoi ? On les a vraiment... Ok, donc si on s'y attaque, est-ce qu'on peut avoir un retour sur investissement ou pas ? Est-ce que si on forme des gens à être plus gentils avec leurs collaborateurs, ça change quelque chose dans la boîte et on sait mesurer ce que ça va changer et combien ça va soit nous rapporter, soit éviter de nous coûter.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Cette démarche, on l'a fait assez rarement.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Il y a assez peu de boîtes qui arrivent à ça. Il y a assez peu de boîtes qui ont aussi posé quelles sont leurs valeurs. Ces valeurs-là, quelles compétences il faut pour les porter.
- Speaker #0
Comment on les alimente ? Comment on les fait vivre ?
- Speaker #1
Et puis, à partir de là, quels sont les comportements observables qui vont avec les compétences ? Dire, ok, ma représentante du personnel, elle a un manque de confiance en elle, elle fait une formation, comment je mesure qu'elle a gagné en confiance ? Qu'est-ce que je peux observer comme comportement, comme changement, dans sa façon d'être et de faire, qui va me prouver que la formation qu'on a faite, elle a eu du sens pour elle ? Et est-ce qu'elle, elle peut... Créer un petit projet ou se lancer dans quelque chose qui va montrer à l'entreprise ses progrès.
- Speaker #0
C'est la notion de la mesure, de l'impact. Ça revient souvent dans ton discours, depuis tout à l'heure, quand on parle. Je sens que c'est important. important pour toi ? On va s'arrêter là pour cette première partie. La conversation avec Jean-François était tellement riche que j'ai préféré la découper en plusieurs épisodes pour vous laisser le temps de digérer chaque sujet. On se retrouve très vite dans la partie 2 où Jean-François nous parle de ce qui l'anime vraiment, l'impact, le sens et sa vision d'une économie plus responsable.