- Speaker #0
Bienvenue dans le mood board, un podcast qui explore la créativité à travers celles et ceux qui la vivent, la cultivent, la cherchent et la ressentent. Je suis Charlotte et je vous accueille dans ce podcast pour parler de ceux qui inspirent, de ceux qui aiment, de ceux qui nous poussent à créer. Prenez place dans ce mood board sonore et laissez-vous inspirer. Il y a un peu plus de deux ans, je suis sortie du studio de tatouage de Nao avec une sensation que je n'arrive toujours pas à nommer. J'ai eu un immense coup de cœur pour son trait, fin et précis, mais aussi pour elle, pour la façon dont elle écoute votre histoire avant de la poser sur votre peau, pour les brides de la sienne qu'elle glisse dans la conversation, pour ce cocon qu'elle crie autour de vous et qui, pour ma part, a rendu la douleur de l'aiguille presque inexistante. Quand j'ai commencé à lister les personnes que je voulais inviter dans ce podcast, son nom s'est imposé naturellement. J'avais envie de comprendre comment on devient tatoueuse, quelle part de créativité on préserve quand le dessin finit sur la peau de quelqu'un d'autre, ce que ça fait la toute première fois qu'on se lance et qu'on tatoue la peau d'une vraie personne. On a parlé de ses études, de ses premiers jobs, de son entrée dans le monde du tattoo très codifié à l'époque, mais aussi d'émotions, de cicatrices.
- Speaker #1
et de tout ce qu'un tatouage peut parfois réparer. Je vous laisse découvrir son parcours et je vous souhaite une très bonne écoute.
- Speaker #0
Bonjour Nao, bienvenue dans le Moodboard.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Et merci de m'accueillir du coup dans ton studio de tatouage. On s'est vu il y a deux ans quand je suis venue me faire tatouer, ça passe super vite. Et je me souviens un peu de nos discussions autour de nos parcours, de nos histoires respectives. Et du coup, j'ai eu envie de te recontacter pour parler de créativité dans le métier du tatouage. Mais avant d'en dire plus, j'ai une petite question pour toi. Est-ce que tu pourrais me donner trois choses qu'on pourrait épingler sur ton mood board du moment ? Ça peut être un dessin, ça peut être un paysage, une couleur.
- Speaker #1
Alors moi, la première chose, c'est évidemment... L'océan, parce que je suis une grande fan de l'océan et que c'est le premier truc qui me vient quand tu me le dis, quand tu me poses la question, qui m'inspire les vagues et l'océan. Tout ce qui touche aussi à l'univers des coquillages. Bon, ça reste un peu dans le même délire. Et en ce moment, quoi d'autre ? On en parlait tout à l'heure avec ma cliente, le cœur, évidemment, le cœur. Je dirais que c'est les trois symboles qui me viennent de suite à l'instant.
- Speaker #0
C'est ce qui te représente en ce moment et un peu tout le temps Est-ce que tu te souviens à quoi t'aimais jouer quand t'étais enfant ?
- Speaker #1
Je dessinais moi J'ai attaqué à dessiner mes premiers cours de dessin je les ai pris à 6 ans donc ça a été j'étais pas du tout sportive à l'époque où mes copines s'inscrivaient à la gym moi c'était dessin direct Mes premiers cours de dessin, je les ai pris à Cavaillon. C'était une prof qui était sur Cavaillon. Je l'ai gardée de 6 ans à 14 ans. J'allais chez elle tous les mercredis. Ça a été en régulier. Après, c'était vraiment ma passion numéro une. Et j'étais un peu obsédée par ça. Je peignais dans ma chambre, sur les murs, j'avais le droit. Même petite, mes parents, ils ont de suite vu que j'avais quelque chose avec ça.
- Speaker #0
Moi, j'allais te demander, c'était quoi ton rapport à la créativité ? Est-ce que tu as des parents qui t'ont poussé ?
- Speaker #1
Ils m'ont poussé, mais pas vraiment. Ma mère, elle a toujours aimé un peu dessiner, mais c'est vrai qu'on est trois enfants, j'ai un frère et une sœur. Et je suis vraiment l'artiste, entre guillemets, de la famille. Mon frère, il est commercial, ma sœur, elle est huissier de justice. Donc, rien à voir. Ma mère, là, actuellement, à la retraite, elle prend des cours d'aquarelle et elle s'éclate. Mais moi, c'était vraiment moi et dans ma famille, pas tellement. Je n'ai pas de représentation familiale d'artiste. Je réfléchis, mais non, je ne crois pas. Par contre, mes parents m'ont de suite poussée à faire mes études là-dedans. Ça a été une évidence. Ils m'ont toujours soutenue dans le parcours. Même plus tard dans mes études, qui ont les étudiants suivis, ils m'ont toujours suivie.
- Speaker #0
Ok. Et du coup, j'imagine que tu te sentais déjà créative. C'était pour exprimer quelque chose ou c'était vraiment un besoin frénétique de dessiner ?
- Speaker #1
Oui, alors je ne pourrais pas l'exprimer vraiment. J'ai toujours aimé le dessin, mais vraiment le dessin académique. J'étais moins, d'ailleurs, quand j'ai fait mes études plus tard à la fac en arts plastiques, je me sentais moins du côté plastique. J'étais plus du côté vraiment académique. de savoir représenter parfaitement... Je dis une connerie, mais...
- Speaker #0
Travailler une perspective. Voilà,
- Speaker #1
travailler une perspective. Et ce que j'avais dans mes études d'art appliquées, qui était très bien, c'était vraiment du dessin-dessin à proprement dit. Mais après, plus tard, j'étais complètement... un peu omnubilée par la culture africaine. Et de, on va dire, de l'âge de... De 12 ans à mes 18 ans, j'ai beaucoup représenté des paysages africains, des portraits, beaucoup de portraits de femmes africaines. Ça paraît, je ne peux pas l'expliquer. Mes parents ne m'ont jamais amenée en Afrique. Et d'ailleurs, le premier voyage que j'ai fait, j'ai voulu absolument aller en Afrique. Mais j'ai commencé comme ça. Vraiment, je représentais beaucoup de femmes, beaucoup de portraits. Des animaux aussi, mais vraiment, j'étais un peu obsédée par les portraits. Il fallait vraiment que ce soit très réaliste. Après, je me suis vraiment dirigée là-dessus pendant quand même quelques années. Même ma chambre, c'est vraiment que des trucs africains. J'avais le mur derrière mon lit. C'était des éléphants dans la savane. J'avais fait tout le mur entier, mes parents me laissaient. J'avais fait un portrait de Bob Marley d'un côté. J'étais un peu...
- Speaker #0
C'est génial qu'ils t'aient laissé cette place, justement, au lieu de dire ce que j'aurais tendance à faire, pas de naissance sur les murs. Je pense que justement, ça ouvre une vraie liberté.
- Speaker #1
J'ai mis du temps à avoir ma chambre. J'ai longtemps dormi avec mon frère. Et le jour où j'ai eu ma chambre, j'étais trop... En plus, j'étais à l'étage de la maison. Donc, j'avais un peu ma liberté. J'avais un balcon et tout. J'étais à fond. Et du coup, c'est vrai que... Ma mère m'a de suite dit, tu as un mur, quoi. Donc, j'avais fait une fresque énorme qui prenait tout le mur. Et après, elle m'a dit... C'est moi qui ai dit, si j'ai fait les éléphants, je fais la girafe. Et puis, je fais le machin. Et puis, après, les copains qui venaient, on écrivait sur la mûre. Ma chambre, c'était... Mes parents, ils n'ont jamais... C'est vrai que maintenant, tu m'y fais penser, ils n'ont jamais... Le reste de la maison, je ne le touchais pas. Parce que du coup, mes cours de dessin, je sortais beaucoup quand même de tableaux. Tu produisais. Oui, je produisais. Du coup, mes parents ont exposé. aussi dans la maison.
- Speaker #0
J'imagine que ça donne confiance aussi. Oui,
- Speaker #1
complètement. Après, c'est vrai que mes études plus tard au lycée...
- Speaker #0
Est-ce que tu avais des idées de métier à ce moment-là ?
- Speaker #1
Mon premier métier, et même quand j'étais au collège, je voulais être styliste. J'avais des carnets entiers déjà de mes tenues. Ma grand-mère avait un magasin de tissus et du coup, elle avait dans son magasin de tissus des espèces de cadres avec des croquis de Thierry Mugler. C'était ça, c'était Thierry Mugler. Et Edith Saint-Laurent, où tu voyais les silhouettes croquées. Et du coup, je me souviens, j'avais décalqué une silhouette de Mugler, je pense, dans mon attête. et du coup... derrière, à chaque fois, je reprenais cette silhouette et je mettais des vêtements dessus. Et j'avais mes petits cahiers où je glissais mes dessins dedans. Et ça, c'était mon premier truc. L'objectif, c'était styliste en sortant du collège. Et du coup, mes parents m'ont inscrite dans une école d'art appliqué en seconde. Donc, je suis partie en art appliqué.
- Speaker #0
Et là, après, tu as enchaîné avec quelle étude ?
- Speaker #1
Là, j'ai fait trois ans d'art appliqué qui m'ont désétudie. qui m'ont vachement plu parce que ça t'ouvre aussi à la photo, à l'archi, au design. Donc, c'était hyper complet, l'histoire de l'art, tout ça. Et j'ai voulu tenter un BTS styliste, stylisme à la sortie sur Paris. Et en fait, j'avais un assez bon dossier mais quand je me suis présentée à l'oral, je voyais les meufs qui arrivaient avec des portants de fringues, genre des collections qu'elles venaient de faire. Et moi, je sortais de mon petit lycée d'Avignon en mode... J'avais mes planches du bac, quoi. Et je me suis fait... Enfin, j'ai pas été prise, quoi. Et du coup, j'étais tellement sûre que j'allais être prise parce que mes profs étaient quand même derrière moi à dire « Ouais, normalement, ça devrait être bon » . Que je me suis retrouvée un peu comme une mignonne. Donc, je suis partie en arts plastiques, en fac d'arts plastiques. Et là, ça a été un peu la... La déception, alors super contente parce que c'était sur Montpellier et que j'étais avec ma meilleure amie qui faisait le fac de psycho. Donc forcément, on s'est retrouvés à Montpellier. Mais par contre, au niveau études, l'art plastique, ça m'a fait dégringoler. Tu n'étais pas accrochée du tout ? Non, j'ai fait quand même trois ans parce qu'entre temps, j'ai rencontré le père de ma fille. J'ai rencontré quand j'avais 18 ans, qui vivait ici, à Cavaillon. Et je suis tombée amoureuse de lui. Et du coup, partir faire des études loin. C'était impensable. Donc, mes parents étaient égouttés parce qu'ils étaient sûrs que j'allais partir sur Lyon. Mes parents m'avaient trouvé une école sur Lyon de stylisme qui s'appelait S-Mod mais qui était un enseignement privé. J'avais été prise pour le coup, mais moi, mon côté rebelle, un peu en mode... J'avais dit à ma mère, attends, tu ne vas pas payer. Je ne sais plus combien c'était, 16 000 euros, je crois, l'année. Non, non, moi, je ne veux pas rentrer là-dedans. C'est juste une histoire de tu payes. Alors qu'en fait, au final, c'était... je pense, une bonne école. J'avais été visitée, ça m'avait vachement... Mais l'amour de l'époque a fait que j'ai aménagé avec lui et du coup, j'ai fait pendant deux ans les allers-retours, après, sur Nîmes, pour finir mon cursus d'art plastique.
- Speaker #0
Tu t'es quand même accrochée, alors, t'as pas tout lâché.
- Speaker #1
Ouais, je me suis accrochée en me disant derrière, qu'est-ce qui me restait ? C'était prof. d'art plastique. J'ai fait une première année d'UFM à Aix, d'art plastique. Ça ne t'a pas plu ? Ah non, du tout, Je n'ai pas du tout accroché. Et du coup, j'ai arrêté. Et là, mes parents... Et puis, je me suis dit, il faut que je bosse.
- Speaker #0
Ça a été quoi ton premier job ?
- Speaker #1
Premier job, j'ai travaillé dans un magasin de beaux-arts à Nômes.
- Speaker #0
Ravie.
- Speaker #1
vers Avignon et j'étais je travaillais il y avait une grosse partie encadrement d'oeuvres d'art et du coup ça ça me faisait vraiment kiffer d'encadrer il y avait quand même des artistes de la région qui étaient assez connus qui venaient et puis il fallait trouver les cadres ça c'était cool mais les commerces par contre le côté par contre lien avec l'art était toujours présent oui le lien avec l'art était toujours présent après c'est vrai que Je suis partie en Afrique, j'ai fait mon premier voyage en Namibie. J'ai pris un choc culturel de ouf. Et quand je suis rentrée, j'ai dit je ne peux plus travailler là, ce n'est pas possible. Donc, un peu de chômage, on a monté une association dans le graffiti, parce qu'en parallèle, on faisait du graffiti.
- Speaker #0
Ce que j'allais te demander, tu dessinais toujours autant. Oui,
- Speaker #1
je dessinais toujours autant et le père de ma fille, lui aussi. On s'est rencontrés un peu. On a un peu fusionné comme ça. C'est parce que lui faisait du graffiti, moi je faisais du dessin. Donc il m'a initiée au graffiti. Et on a de suite matché là-dessus. Et on a fait... Enfin, moi je suis restée 10 ans avec lui et on a fait 10 ans de graffiti. Donc aller peindre tous les week-ends, en terrain, en vandale. Vraiment, on a fait...
- Speaker #0
Une vie d'aventurier. Ouais,
- Speaker #1
ouais, ouais. On était un gros groupe de... Bon, on était un gros groupe. À l'époque, on trouvait ça énorme et on était une dizaine de membres. Du « crew » entre guillemets, que du bonheur, ça s'appelait, QDB. Et du coup, pendant dix ans, on a peint. Et du coup, on a monté aussi une petite association pour travailler avec les mairies et donner des cours aux enfants de graffiti. Donc ça, ça nous a tenus en parallèle du reste de ce qu'on faisait. Lui, il était menuisier. Moi, j'ai arrêté de bosser. Je suis tombée enceinte de ma fille qui a été malade. Et du coup, j'ai trouvé un job de surveillant dans le collège. À côté, je continuais de donner des cours de dessin à des enfants. Et puis, on faisait ce qu'on disait en graffiti. Et puis, après, j'ai sorti aussi des livres pour enfants. Donc, j'ai créé une série de trois livres pour enfants qui se passait en Afrique. Et voilà, ça, ça a été ma petite période de début de maman aussi, avec un enfant qui était malade.
- Speaker #0
Et à quel moment, du coup, tu arrives au tatouage ?
- Speaker #1
Eh bien... Le tatouage, donc, mon ex-compagnon, lui, s'y était mis en cours de route dans son parcours graffiti.
- Speaker #0
Je crois qu'il est... Il est honteux.
- Speaker #1
Non, il se reste là. Et oui, donc, lui, il s'était mis au tatouage. Il a commencé dans un salon. Il tatouait à la maison. Et moi, c'est vrai que les clients qui venaient, ils me demandaient souvent à moi les dessins. Parce que j'étais quand même... Je dessinais énormément et souvent, les gens le savaient.
- Speaker #0
Ils voyaient déjà tes dessins. Oui,
- Speaker #1
je me souviens un peu à dessiner autour de l'univers du tatouage. Après, la séparation est arrivée et je me suis retrouvée au bout de mes six ans de... surveillante en collège. À l'époque, tu n'avais le droit de faire que six ans. Je me suis retrouvée au bout de ces six ans-là à me dire, merde, qu'est-ce que je fais ? Je me suis dit, allez, go, je me lance. Je me lance en tattoo. Le hasard de la vie, ça n'a pas trop plu à mon ex qui ne l'a pas super bien pris, je crois, à l'époque. J'ai acheté mon petit matériel, j'ai commencé chez moi et ma meilleure amie d'époque... était en lien avec le tatoueur de Cavaillon. Il avait été flicoté un peu avec. Et du coup, il est venu un soir chez moi faire l'apéro. Et en fait, il a vu que j'avais un peu du matériel. Et puis moi, je lui ai dit que mon projet, ce serait peut-être de me mettre à tatouer. C'est vrai qu'à l'époque, j'étais une nana. J'avais très peur du milieu du tatouage. C'était un milieu qui était très fermé.
- Speaker #0
Très masculin aussi. Très masculin.
- Speaker #1
ça a vite changé mais à l'époque il y a 12-13 ans en arrière quand t'étais une nana c'était pas facile de rentrer dans un shop et de t'attaquer à la porte et de dire parce qu'à l'époque c'était comme ça pour te lancer il fallait avoir un mentor et tu te lançais pas comme ça et encore moins chez toi c'était très mal vu donc je m'étais forcément dit que si je commençais à tatouer il fallait que je trouve quelqu'un qui me prenne sous son aile et du coup ma copine et côtoyant Stéphane à l'époque, ça s'est fait comme ça. Et lui, il a vu ce que je faisais et il m'a dit écoute-moi, ça me dit bien que tu vas me faire quelques essais chez moi, si ça te dit. J'avais un petit appartement dans le Cavaillon, à 50 mètres du salon de tattoo. C'était parfait. Moi, ça a commencé comme ça.
- Speaker #0
Et donc, tu dois faire aussi une formation ?
- Speaker #1
Alors, à l'époque, il n'y avait pas de formation obligatoire. Il n'y avait rien. Il n'y avait rien d'obligatoire. Tu montais ton statut d'auto-entrepreneur. Même d'ailleurs, le statut n'existait pas vraiment. Il fallait se ranger dans la case esthéticienne, dermographe en fait, donc celle qui faisait le maquillage permanent. Mais il n'y avait pas encore vraiment le statut, de ce que je me souviens. Et du coup, une fois que j'étais installée, je crois que c'est deux ans après que la formation hygiène est arrivée. qui est devenue une formation obligatoire. Donc même Stéphane et Julien, avec qui je bossais dans le salon, n'avaient pas non plus leur formation. Donc on a dû passer à peu près tous en même temps notre formation hygiène. Mais c'était le seul truc qui était obligatoire. J'ai travaillé avec lui pendant six ans au sein d'un shop. Donc du coup, quelle épilion sur rue.
- Speaker #0
Tu te rappelles de la première fois que tu as tatoué quelqu'un ?
- Speaker #1
Ouais. En fait, c'était le mec avec qui j'étais à l'époque, qui lui était à fond que je me mette au tatouage, et qui m'a dit « go, vas-y » . J'avais déjà, je pense, dans mon souvenir, avec le père de ma fille, il avait dû me donner la machine, j'avais dû essayer sur des peaux synthétiques vite fait comme ça. Mais c'est vrai qu'à l'époque, j'avais à cœur de ne pas me mêler de son activité, de laisser lui... s'épanouir dans le tattoo. Et moi, je n'avais pas trop envie de rentrer là-dedans. Et après, quand on s'est séparés, je m'y suis mise. Le mec avec qui j'étais à l'époque m'avait dit « Vas-y, go, on y va, fais-moi un petit truc sur le mollet. » Et je me suis sentie hyper à l'aise, pas du tout stressée. Je lui ai fait un truc nickel dès le début. Donc, je me suis dit « Bon, ça a l'air d'aller. » Après, ça a été beaucoup plus compliqué par la suite de tattooer des gens que tu ne connais pas. des intras aussi là j'ai commencé par un mollet sur quelqu'un que je connaissais chez moi c'était hyper enfin moins stressant c'était un peu intime déjà ouais voilà c'était déjà intime après c'est vrai que le jour où Steph donc mon premier patron en tatoué est venu à la maison et qu'il a vu que je tatouais on a commencé à picoler il me dit bon bah là go montre moi ce que tu sais faire là j'ai fait là mais non et du coup là j'ai dû le tatouer en tatouant un peu, voilà. Bon, ça m'a fait vite redescendre, mais là, j'ai eu la montée un peu de pression. Et après, le premier client en magasin, c'est encore autre chose, mais je m'en souviens. Et ça a été. Après, c'est aussi le rapport à la cliente, quelqu'un que tu ne connais pas, à qui tu ne peux pas trop dire c'est mon premier tattoo. Ce n'est pas mon premier, pas vraiment, mais c'est le premier officiel. Mais comme j'ai toujours dit, je n'ai jamais fait d'erreur. J'ai toujours fait des choses où il y avait besoin de retouches au début, oui, mais jamais des trucs dégueux. La technique du tattoo, elle est longue à choper, mais quand tu as beaucoup dessiné, c'est un avantage.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, tu as créé ton compte et ton nom, c'est Nao Kergout. Est-ce que tu peux nous raconter comment est né ce nom et ce que ça représente ?
- Speaker #1
Alors, Nao, ça vient du graffiti. C'est-à-dire que quand j'ai attaqué le graffiti, c'était mon pseudo de graphe, mais je l'écrivais N-A-H-O à l'époque. Et même sur la fin de mes années graffiti, j'ai enlevé le H et j'ai mis une tilde sur le A. Parce que la tilde, à la base, je ne savais pas, c'est portugais. Mais enfin, Nao, ça veut dire... La petite vague. Voilà, la petite vague.
- Speaker #0
Je ne sais pas, c'est plutôt dans l'espagnol.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Moi, je ne savais pas que ça voulait dire non en portugais. J'ai juste bien aimé, mais moi, c'était vraiment la vague. L'idée que c'était la vague, la vague, quoi. Donc, je l'ai mis sur le has, et c'est resté quand je suis arrivée au tattoo. Mais vraiment, c'est venu, le Nao, il est venu comme ça. Il n'y a pas de... Je cherchais un pseudo de graphe, il n'y a pas d'explication. Et après, le cœur goutte, en fait, un de mes premiers tattoos, c'était un cœur...
- Speaker #0
Je vous montrerai des photos.
- Speaker #1
C'était un cœur avec une goutte à l'intérieur qui n'était pas remplie à la base et que j'avais placé sur mon poignet comme ça. Et quand je me suis mise à tatouer, je ne sais pas, un jour, j'étais en voiture et je me suis dit, putain, mais ce cœur avec la goutte dedans, ça pourrait être la goutte d'encre. Donc, dans le cœur, quoi, en fait. J'ai rempli la goutte de mon tatou, un jour, et je me suis dit, mais ça, en fait, ça pourrait trop être un logo, quoi. Et à ce moment-là, j'étais avec mon chéri actuel, qui est graphiste, et lui, il m'a dit, ben ouais, ça marche trop, je voulais que le retravaille nickel, et c'est resté le cœur, on appelait ça le cœur goutte, et du coup, quand j'ai sorti ma première série de t-shirts avec mon petit cœur imprimé dessus, Du coup, on n'arrêtait pas de dire, ouais, le cœur goutte, le cœur goutte. Et mon chéri, à l'époque, a dit, mais cœur goutte, ça marche. Viens, on appelle ça comme ça, la marque cœur goutte. Donc, c'est resté cœur goutte.
- Speaker #0
Il y a des clients qui te demandent de le tatouer.
- Speaker #1
Alors ça, ça a été... En fait, c'est mes parents et ma famille qui ont fait la demande à la base d'avoir le cœur. Mes parents qui ne sont pas du tout tatoués.
- Speaker #0
Comme un petit signe de famille.
- Speaker #1
D'appartenance. Sauf ma sœur qui a toujours refusé de le faire parce qu'elle n'est pas du tout tatouage. Mais pas du tout. Donc, du coup, elle ne l'a toujours pas fait. Mais c'est la seule à ne pas l'avoir. Et au final, ça a commencé comme ça. Après, j'ai un client à moi que j'ai énormément tatoué sur une bonne partie du corps qui m'a demandé de l'intégrer en signature sur mes tatous. Et c'était à peu près au même moment où on a sorti la gamme de t-shirts et on avait fait une petite vidéo où on faisait le parallèle entre la broderie du t-shirt et l'aiguille du tatou. Et du coup, les gens ont vu que je tatouais ce cœur et derrière, après, ça s'est enchaîné. On l'a demandé, on me l'a demandé, on me le demande encore régulièrement. Et il y a beaucoup de gens qui ont... pensait que c'était une appartenance à un espèce de truc. Les gens me disaient, mais il faut... Enfin, c'est la partie du trou. Il y en a qui ont cru que ça représentait... J'ai eu des théories aussi de gens qui me disaient, mais est-ce que c'est des gens qui ont été malades du cœur qui font ça ? Est-ce que... Vu que ma fille avait été malade... Ça a déclenché un mystère. Ma fille avait été malade. Il y avait pas mal de gens qui le savaient. Donc, ils pensaient... ma fille avait un cancer. Les gens pensaient que c'était aussi en rapport au cancer. J'avais pas mal de gens qui avaient eu des cancers qui me disaient « moi je le veux ce cœur » alors que pas du tout. Mais c'est rigolo, ça a fait... C'est un peu approprié. Et puis en plus, maintenant, il y a des gens qui ne se connaissent pas et qui voient qu'ils ont le cœur et qui disent « mais attends, toi aussi t'as le cœur, donc c'est rigolo » . Du coup, il y a des gens qui se croisent sans se connaître et qui voient le même être. et quand tu travailles à partir des demandes de tes clients comment tu trouves l'équilibre entre leur histoire donc ce qu'ils te demandent et ton univers alors ben c'est pas évident et ça dépend beaucoup des clients en fait parce qu'il y a des clients qui arrivent avec des projets déjà faits en fait et qui me laissent pas trop justement alors avec le temps j'ai réussi à faire une clientèle qui vient parce qu'ils aiment mon univers. Mais c'est beaucoup plus pendant les soirées flash où vraiment je propose mes dessins, que j'ai mon espace de liberté. Mais c'est vrai qu'en tattoo, généralement, la grosse part des clientèles, ils arrivent avec déjà...
- Speaker #0
Ils veulent mon univers.
- Speaker #1
Oui, ils veulent mon univers, mais... Oui, mon univers ou mon regard. Mon style de dessin. Oui, mon style de dessin. Oui, mon trait et mon style de dessin. Mais il y a quand même aussi une grosse part de clientèle qui ont déjà dans leur image, dans leur tête, quelque chose qui est déjà très défini et où on peut difficilement... Alors moi, j'essaye toujours d'apporter ma petite touche. juste rien que dans la manière dont c'est tatoué, dans la finesse des traits. Mais ouais, c'est quand même là où je m'éclate le plus et où vraiment ça touche à mon univers. C'est plutôt dans les soirées flash et avec mes planches de flash que vraiment...
- Speaker #0
Est-ce que tu peux expliquer un peu pour ceux qui ne connaîtraient pas, c'est quoi les tattoos, les flashs ?
- Speaker #1
Alors le flash, en fait, c'est le petit tattoo, c'est un dessin. En gros, ça va être un dessin, mais qui peut être tout petit comme un peu plus gros. Mais ça va être, on va dire que ce n'est pas un projet complet. C'est vraiment le dessin qu'on va venir placer. Et les soirées flash, tu proposes une planche avec plusieurs dessins. Moi, j'essaie toujours d'avoir un univers quand même cohérent sur chaque planche et en fonction du lieu où je suis invitée. Donc,
- Speaker #0
les dessins que tu as créés toi, tu as fait. préparer ta planche, par exemple, là, j'envoie une autour du disco, et eux vont choisir un petit dessin que tu as déjà proposé.
- Speaker #1
Oui, exactement. Alors après, il y a toujours des clients qui viennent et qui disent, alors moi, j'adore ça, mais enfin, est-ce qu'à la place de la fleur... Je vais vous espérer un vérifisme. Oui, oui, après, il faut, comme tu disais tout à l'heure, il faut arriver à rentrer un peu dans la tête des gens, voilà, comprendre leur univers. sans imposer non plus ton univers à toi. Moi, c'est ce que j'aime aussi, c'est arriver à comprendre ce qui se passe chez les gens et ce qu'ils aiment et m'adapter aussi.
- Speaker #0
Et on en parlait un peu tout à l'heure, on voit quand on regarde un peu ton univers que le voyage fait partie vraiment de ta vie. Est-ce qu'après, ensuite, tu essaies de réinjecter ça dans tes planches, justement, dans tes dessins ?
- Speaker #1
Alors oui, il y a toujours des... petites inspirations. Le Japon, je crois que ça a été un des voyages, un des derniers gros voyages que j'ai fait et qui m'a vraiment inspirée. C'est vrai que ça m'a... J'ai beaucoup d'images qui m'ont... Parce que la culture japonaise, elle est déjà très ancrée en milieu du tattoo. C'est le côté traditionnel japonais. Je baigne dedans depuis toujours. Et c'est vrai que le fait d'avoir été au Japon, ça m'a encore plus parlé. Ils ont un rapport au dessin et à la créativité des Japonais qui est énorme dans le milieu, dans l'univers manga. Alors moi, je ne suis pas très manga, mais j'ai baigné depuis toute jeune dans l'univers des studios Ghibli. Et ça, les studios Ghibli, ça m'a beaucoup, beaucoup inspirée dans la simplicité des traits, dans la... dans la poésie de l'univers des studios de l'Ubi et de Miyazaki, exactement.
- Speaker #0
Et tu prends des carnets là-bas quand tu pars ? Alors,
- Speaker #1
je le faisais beaucoup plus jeune quand je ne tatouais pas. Et que j'étais vraiment dans l'univers dessin, aquarelle, parce que ça a commencé vraiment... Tous ces tableaux, c'est vraiment ce que je faisais avant. Maintenant, avec le temps, je dessine tellement tout le temps, tous les jours, que quand je suis en vacances, je suis aussi en vacances de créativité, en fait. Je m'inspire, je fais beaucoup de photos, je vais être plus branchée à faire de la photo que véritablement dessiner. Mais c'est vrai que là, quand j'ai été en Inde, par exemple, j'avais un petit carnet de voyage, je vais toujours croquer un petit peu, mais avant, je restais une heure, et à Cuba aussi, j'ai un peu croqué, mais... C'est pas ça qui me... En voyage, j'ai envie de...
- Speaker #0
Et en fait, le dessin, c'est tellement ton travail que t'as presque plus de moments de dessin plaisir.
- Speaker #1
J'en ai plus. Les derniers que j'ai faits, concrètement, si. J'aimerais, je le dis tout le temps, quand j'ai sorti une margame de portrait de femme, vraiment, je m'éclate. C'est ce qui me plaît. Mais c'est pas avec ça que je gagne ma vie, donc forcément... parce que je n'ai pas le temps et que le tatouage, ça me prend énormément de temps parce qu'il y a la partie tattoo et il y a la partie préparation des projets et tout ça, donc ça me prend beaucoup, beaucoup de temps. C'est vrai que je lâche un peu ce qui me fait un peu vibrer et c'est juste un manque de temps, un manque d'espace aussi parce qu'il y a un endroit pour les femmes. Et puis, les nouvelles technologies. Maintenant, je dessine beaucoup sur ma tablette.
- Speaker #0
Et même les projets qu'on me demande en dehors du tattoo, tout ce qui est portrait et tout ça, je le fais beaucoup sur tablette, en fait. Je suis moins dans les crayons, les pinceaux. Ça, c'est une évidence. Mais peut-être que je reviendrai.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais te dire. Oui,
- Speaker #0
je reviendrai. Pour l'instant, c'est vrai que le tattoo, ça me prend beaucoup de temps, mais j'espère y revenir un jour.
- Speaker #1
Et j'avais une question, qui est moins sur la créativité, mais plus sur la charge émotionnelle qu'il peut y avoir, j'imagine, beaucoup d'art, un tatouage. comment t'accueilles ça, comment t'as appris à gérer, je sais pas, quelqu'un qui se dit concrètement te dit bah là c'est une date de quelqu'un qui est décédé, il y a une grosse part j'imagine d'émotion derrière chaque tatouage Ah oui,
- Speaker #0
oui, oui, la tattoo elle vient de dire elle vient de s'arrêter, c'est le tattoo mais c'est ça qui est très enrichissant, moi en tant que tatoueuse, d'arriver à faire du bien aux gens parce qu'il y a vraiment cette part thérapeutique dans le tattoo, pas toujours il y a une grosse part esthétique mais il y a quand même très souvent une part thérapeutique dans le tatouage. Donc, c'est très intéressant d'arriver à faire du bien aux gens, mais c'est aussi très énergivore.
- Speaker #1
Tu accueilles beaucoup de thèmes,
- Speaker #0
d'émotions, alors pas que des émotions tristes, mais quand même pas mal. Donc, tu vois que ça fait du bien aux gens. tu sens que quand ils ressortent il y a un truc qui se passe quand même dans le fait de se faire tâcher même si c'est pas une énorme charge tu ressors, t'as des choses qui se passent il y a un truc qui se passe donc ça c'est hyper pour moi je trouve que ça me nourrit aussi dans mon travail mais c'est vrai que c'est pas tous les jours t'as des histoires qui sont plus compliquées t'as des gens qui se mettent à pleurer moi je suis hyper émotive, j'ai une histoire aussi qui est compliquée Donc, souvent, tu fais des parallèles, les maladies et machin. Donc, ce n'est pas toujours évident. Et il y en a plein qui me disent, je ne sais pas comment tu fais. Mais après, ça fait partie du job. Et il faut aussi accepter que ça fait partie du truc. Et que si tu n'as pas un minimum d'empathie et de ce côté un peu psy dans ta personnalité, ce n'est pas pareil. Et je pense qu'avec le temps, je me rends compte que les gens, J'aime aussi un peu chercher ça ici. C'est ce côté où c'est un peu comme à la maison et ils ont facilité à sourire. Et alors qu'on ne se connaît pas, il y a des gens qui me racontent des trucs hyper personnels alors qu'on ne se connaît pas. Mais comme si ça, ils déchargeaient et que c'était OK de le faire ici. Et après, ils repartent avec un petit truc qui marque le moment. Et c'est très addictif aussi. Et les gens,
- Speaker #1
c'est ce qu'ils reviennent.
- Speaker #0
C'est ce qu'ils reviennent. Alors ça, c'est très bien pour moi, mais c'est vrai qu'il faut arriver à te protéger.
- Speaker #1
Il faut trouver une manière de te décharger suite à cumuler en néo-sommet. Oui,
- Speaker #0
mais comme dans aucun titre qu'une psy ou qu'un pompier ou même qu'un coiffeur qui, moi j'ai une coiffeuse qui est coiffeuse, elle aussi, elle en prend. Après, ça me fait aussi beaucoup de bien à moi parce que je me dis... En fait, on a tous des histoires et que du coup, tu te dis, c'est OK, chacun son histoire et tu partages aussi. Ça ne va pas que dans un sens. Moi aussi, je me confie bizarrement aussi à des gens que je ne connais pas forcément. Mais c'est tout un partage. Et c'est vrai que des fois, c'est... Mais ça fait partie du métier. Et en tout cas, de la manière dont j'aime le faire. Et c'est quoi tes envies pour la suite du projet ? On est pas rassurés trop. J'ai mon cerveau qui explose. Comme on est créatif. Et c'est fatigant. C'est très fatigant parce qu'on ne s'arrête jamais. Moi, là, j'étais partie. Et pendant un moment, j'ai mis à moi. On s'est lancé dans la poterie. On était à fond. J'avais trop envie de partir là-dedans. Mais en même temps, c'est un métier à part entière qui ne se fait pas qu'à moitié. Puisque moi, quand je fais quelque chose, je ne le fais pas à moitié. Donc, j'ai un peu laissé tomber. Je me suis lancée dans les bijoux parce que j'adore l'univers du coquillage. Et du coup, à l'écho, je me suis mis dans les bijoux. J'ai quand même à cœur de diversifier mon travail. Tu parlais du vêtement aussi tout à l'heure, de ta marque de vêtements. Oui, ça a été... Chaque année, je sors un peu des t-shirts. J'ai un projet avec une de mes meilleures amies de monter un... Un espèce de concept store autour de la fringue, du bijou, du bien-être, puisqu'elle est ostéo, kiné, prof de yoga, elle travaille sur la médecine énergétique. Donc on avait vraiment envie de monter un lieu vraiment qui nous ressemble là-dessus. Et du coup, on est en recherche et on espère arriver à trouver le lieu qui fera que ça peut mêler vraiment nos activités. Après, voyager,
- Speaker #1
Toujours.
- Speaker #0
Voilà, toujours. Je travaille pour ça.
- Speaker #1
C'est ta respiration. C'était ça justement ton moyen de te refuser.
- Speaker #0
Oui, de fuir un peu aussi qu'Availlon et son univers. Mais voyager, c'est vraiment... Je travaille pour ça. Il faut que j'ai mon objectif voyage. dans l'année ou dans même les mois, ce qui peut être très fatigant pour les gens qui m'entourent, mais j'ai besoin de ça. Les sacs de ressources,
- Speaker #1
c'est ce qui t'inspire.
- Speaker #0
Oui, les sacs de l'argent, de voyager et d'autres pour travailler. Donc voilà, après, dans l'idée de la création, oui, j'ai plein d'idées d'autres branches que je pourrais développer qui me feraient du bien aussi à moi. pas forcément rester que sur le tatou parce que j'ai aussi peur de la tournure que prend le tatouage en ce moment et il y a beaucoup de shops qui sont en train de fermer il y a des...
- Speaker #1
Tu l'expliques comment ça ?
- Speaker #0
Alors ça s'explique de la crise là tout ce qui se passe dans le monde les gens, bon... Même si pendant le Covid du coup ça avait vachement... bouger au niveau tattoo c'est vraiment là que ça a commencé à décoller pour moi parce que le jour où on avait beaucoup envie de se tatouer malgré la situation et la crise financière là je pense qu'il y a aussi beaucoup trop de tatoueurs beaucoup de concurrence parce que comme tu disais, il faut avoir son univers mais après tu as juste cette formation d'hygiène après la profession les syndicats essayent de vraiment cadrer beaucoup plus la profession Merci. Mais ça n'empêche que ça a explosé. Et c'est vrai qu'avant la génération Internet, le tattoo était vraiment gardé comme un peu... Moi, quand j'ai commencé, c'était ça. Tu n'ouvrais pas ton salon de tattoo comme ça. Sinon, tu avais des mecs qui arrivaient, qui t'appelaient à ta porte et qui te disaient « Tu n'as rien à faire là. » Il fallait vraiment passer par un mentor. Moi, j'ai adoré apprendre d'ailleurs le tattoo comme ça parce que tu avais une certaine... Il y avait un côté un peu mystérieux dans le tattoo. Tu avais un côté un peu, je ne sais pas comment, un peu rock'n'roll, qui a beaucoup, beaucoup moins. Mais ça a ouvert la porte à plein d'artistes aussi qui n'osaient pas s'en serrer et qui maintenant font des trucs en tatouage qui sont extraordinaires. Mais c'est vrai que du coup, ça a aussi ouvert la porte à beaucoup de gens qui se disaient, putain, le tattoo, on peut se faire de la thune. Demain, il n'y a rien à faire pour être tatoueur. go, je me lance, tu poses un transfert, les gens ont l'impression que tu poses un transfert, que tu suis des lignes.
- Speaker #1
Ça ne marche pas comme ça.
- Speaker #0
Ça ne marche pas du tout comme ça. Pour le coup, il y en a qui arrivent à ouvrir en tatouant vraiment des trucs où tu te dis, mon Dieu. Et puis, ils ont de la clientèle quand même, parce que souvent, ils font des prix. Ils te rendent des prix, tu t'as saisi. Donc, ça fait qu'aujourd'hui, il n'y a pas à boire et à manger. Et les gens, oui, quand... Tous essayent d'aller des fois là où c'est moins cher, parce que j'arrive à comprendre qu'on arrive tous un peu là, à essayer de faire des économies partout. Et toi, je suis quand même un budget. Du coup, il faut... Mais moi, ce que je dis, c'est que forcément, si c'est moins cher, ce n'est pas pour rien. Il faut être aussi au niveau de ses prix. logique pour... Moi, j'ai à cœur que tout le monde puisse venir se faire tatouer. Alors, il y a plein de gens qui me disent, t'as jamais monté tes prix. C'est pas assez cher, parce que ça fait 12 ans que je tatoue, mais moi, j'ai quand même à cœur que les gens puissent se profiter de cette art sans se saigner. Voilà, quoi. En fait, ça, on est tous différents. On a juste un rapport à nos prix. différents, même s'il y a quand même un certain, on va dire, longtemps une vie qui est tarifaire. On essaye de ne pas se faire concurrence entre tatoueurs, mais après, chacun fait ce qu'il veut.
- Speaker #1
On te souhaite plein de tatouages pour plein de voyages après. Et avant de se quitter, il y a une petite tradition dans ce podcast. Je t'ai ramené, comme on a parlé de l'enfance, ma petite madeleine de crousse. c'est le Michoko est-ce que tu as connu ? oui bien sûr c'est rigolo j'ai été me faire les ongles il n'y a pas longtemps c'est la marque de sa belle du Moudba d'accord voilà on va se quitter là-dessus et merci infiniment pour ton récit et de m'accueillir ici c'était super passionnant merci à toi je te fais contente de parler de vous et je mettrai toutes les infos allez voir le travail de Nao et prenez rendez-vous mais prenez rendez-vous pour dans six mois quoi
- Speaker #0
il y a un peu d'héline et ça laisse le temps de réfléchir son projet et de bien être sûr de ce qu'on veut merci Nao à bientôt merci à toi à bientôt peut-être c'est
- Speaker #1
la fin de cet épisode merci beaucoup de l'avoir écouté j'espère qu'il vous a inspiré questionné ou peut-être donné envie d'explorer votre propre chemin créatif si cet épisode vous a plu vous pouvez le partager autour de vous Merci. ou lui laisser une note sur votre plateforme d'écoute. Ça aide vraiment le podcast à se faire connaître. Et pour ne rien manquer, vous pouvez vous abonner sur votre plateforme préférée et me retrouver sur Instagram, arrobase lemoodboard.podcast Continuez à observer, à ressentir, à créer, parce que chaque jour est une nouvelle planche d'inspiration. A très vite pour un nouvel épisode.