- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard, un podcast qui explore la créativité à travers celles et ceux qui la vivent, la cultivent, la cherchent et la ressentent. Je suis Charlotte et je vous accueille dans ce podcast pour parler de ceux qui inspirent, de ceux qui aiment, de ceux qui nous poussent à créer. Prenez place dans ce Moodboard sonore et laissez-vous inspirer. Mon invité du jour a un super pouvoir. déclencher un sourire avec une seule image. Romain, je l'ai rencontré il y a trois ans, dans un cours de danse, sans savoir qu'il était illustrateur. Il faut dire que ce n'est pas sa principale activité. À côté, il a un travail à temps plein qui n'a rien à voir avec le dessin. Et pourtant, il se garde un espace de création très régulier. Chaque week-end, il consacre du temps à créer une image, drôle et percutante, qui fait saisir une idée en un clin d'œil. Pour ça, il utilise le détournement d'images. Il transforme un talon aiguille en chat qui s'étire, une biscotte en Donald Trump, un paquet de pâtes en Lady Gaga. Romain n'est pas un grand bavard, mais ce qui est sûr, c'est qu'il a une créativité sans limite et un humour qui passe entièrement par l'image. Je vous laisse découvrir son parcours et je vous souhaite une très bonne écoute. Bonjour Romain.
- Speaker #1
Bonjour Charlotte.
- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard et surtout merci de m'accueillir chez toi où tu fais tes créations.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Un peu plus. C'est rigolo parce qu'on se connaissait un petit peu il y a deux ans. On s'est croisés dans un cours de danse, cours de rock. Mais pourtant, moi, je ne savais absolument pas que tu créais des illustrations. Et je l'ai appris un peu par hasard il y a quelques semaines. Et justement, je vais en parler plus tard. Avant d'en dire plus sur ton parcours, justement, j'ai une petite question pour démarrer. Si on devait épingler trois choses sur ton mood board, du moment, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Alors, sur mon mood board du moment, je mettrais le soleil en 1 parce que le retour du soleil, ça fait quand même plaisir et moi je trouve que ça change la vie. Bon, pas aujourd'hui mais...
- Speaker #0
Ça change l'humeur.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. En 2, je mettrais la bossa nova parce qu'en ce moment, j'écoute beaucoup de bossa nova. Je pense que ça doit être lié à au soleil, à l'arrivée du soleil. Et en 3, c'est pas trop sexy, mais je dirais l'intelligence artificielle.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Parce que je suis en train de lire un bouquin sur l'intelligence artificielle. C'est un sujet qui me fait un peu peur, comme beaucoup de monde, je pense. Et je pense que c'est important de s'y intéresser et de mieux le comprendre. Voilà.
- Speaker #0
OK. Merci. On va revenir un petit peu en arrière. Est-ce que tu te souviens à quoi tu aimais jouer quand t'étais enfant ?
- Speaker #1
Quand j'étais enfant, j'aimais bien dessiner. Et sinon, c'était beaucoup des activités en extérieur. Donc foot, basket, skate, trottinette, vélo. Et finalement, pas trop d'activités artistiques. J'étais pas trop branché BD, même musique, ça arrivait plus tard.
- Speaker #0
Des dessins un petit peu ?
- Speaker #1
Oui, des dessins quand même. Je me souviens, sur la table du salon, il y avait des feutres de partout. Je dessinais beaucoup Batman, avec ses grosses tablettes de chocolat. Des Dragon Ball Z aussi, beaucoup. Et voilà, sinon beaucoup d'activités en extérieur.
- Speaker #0
Ok. Et tu avais justement ton rapport à la créativité, à l'art à cette période-là. Est-ce qu'il y avait quelque chose ?
- Speaker #1
À part le dessin, il n'y avait pas tant que ça. Comme je disais, même la BD, je ne lisais pas du tout de BD. Je n'ai pas du tout une culture BD.
- Speaker #0
Peut-être plus les références dessin animé années 90. Oui,
- Speaker #1
c'est ça, les rase-bonquettes. Oui, c'est ça. Mais à part le dessin, non, il n'y avait pas vraiment de...
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que tu avais déjà des idées ou des envies de métier ?
- Speaker #1
Vaguement. Alors je voulais être... je voulais jouer en NBA parce que je faisais du basket. Bon, ça n'a pas marché. Mais sinon, je me souviens que je disais beaucoup archéologue, architecte, mais au fond, je ne savais pas vraiment quoi. Je pensais aussi à dessinateur, mais...
- Speaker #0
C'était dans un coin de ta tête.
- Speaker #1
Ouais, c'était dans un coin de ma tête, mais en fait, je n'y croyais pas vraiment parce que... Je me disais, pour voir tes dessins partout, dans les journaux, c'est trop haut.
- Speaker #0
Tu avais des références après qui te sont venues de dessinateurs que tu aimais bien ?
- Speaker #1
Oui, beaucoup. Les dessinateurs de Charlie Hebdo. Il y avait des Charlie Hebdo à la maison, donc Charb, Cabu, T-News. Ce sont les dessinateurs qui m'ont inspiré dans mon adolescence.
- Speaker #0
Et après ça, tu t'es dirigé vers quel type d'études ?
- Speaker #1
Après ça, je suis parti en géographie. Donc j'ai fait un bac ES et après, donc licence de géographie et master de géographie. Donc pour faire simple, j'ai une formation de cartographe. Mais voilà, après le lycée, je ne savais pas vraiment vers quoi me diriger. Donc je suis allé en géo parce que j'aimais bien. Mais voilà, je n'étais pas géographe dans l'âme.
- Speaker #0
Est-ce qu'à ce moment-là, le dessin restait toujours un petit peu à côté ? Tu dessinais encore un peu ?
- Speaker #1
J'ai toujours un petit peu dessiné. Mais disons que la période collège, lycée et début de licence, je ne dessinais pas beaucoup. Je ne dessinais pas beaucoup, beaucoup dans la marge des cahiers, en cours. Mais c'est à la fin de la licence que j'ai remis le pied à l'étrier.
- Speaker #0
Et tu parlais tout à l'heure des références, surtout dans le dessin de presse. C'est quoi qui t'a attiré là-dedans ?
- Speaker #1
Ce qui m'a attiré, c'est que je trouvais ça drôle, déjà. Et puis le fait de faire passer un message, une blague, juste avec quelques coups de crayon, je trouvais ça bien parce qu'en fait, moi, j'aime pas quand... Le dessin, ça dure trop longtemps. Passer plusieurs heures sur un dessin, j'aime pas ça. Et là, le côté humour et rapidité du dessin me plaisait.
- Speaker #0
Le côté très synthétique et tu captes direct l'idée.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
C'est hyper difficile.
- Speaker #1
Oui, et puis il faut essayer de synthétiser tout ça dans une bulle ou quelques personnages. Et ça, ça me plaisait. Et c'est ce que je fais un petit peu, que ce soit avec le dessin de presse avant ou avec les détournements aujourd'hui, c'est pareil. Il y a le côté, je synthétise l'idée et puis c'est un one-shot.
- Speaker #0
Alors justement, raconte-nous, parce que là, en ce moment, tu travailles, tu as un travail fixe. Et ensuite, dis-nous comment tu es entrée vraiment dans... le côté illustration et dessin de presse, je ne sais pas si on peut l'appeler comme ça. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu comment ça s'est passé après les études pour toi ?
- Speaker #1
Oui, alors j'ai un boulot actuellement à temps plein, du lundi au vendredi, qui n'a rien à voir avec le dessin. Et donc je dessine à côté. Et comment je me suis remis au dessin ? En fait, à la fin de ma licence, j'avais envie de dessiner, mais je ne savais pas quoi. Vu que justement il y avait beaucoup de journaux de Charlie Hebdo à la maison, je me suis tourné vers le dessin de presse. Et c'est avec le dessin de presse que j'ai recommencé à dessiner. Pour donc les raisons qu'on a évoquées juste avant, le côté, la possibilité de faire de l'humour, des blagues, et le côté justement rapidité du dessin.
- Speaker #0
Ce que tu fais, donc ça s'appelle le détournement d'image, qu'est-ce que ça représente pour toi ?
- Speaker #1
pour moi le détournement c'est moi je vois ça comme un jeu en fait je m'amuse et je trouve ça marrant et il n'y a pas de il n'y a pas d'explication métaphysique sur le monde c'est juste que je trouve ça marrant après on pourrait dire que c'est une discipline qui invite les gens à voir le monde un peu différemment Mais oui, pour moi, c'est simplement un jeu. Et qu'est-ce que je peux dire de plus ?
- Speaker #0
L'idée, c'est de faire sourire les gens.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Faire sortir un peu de joie.
- Speaker #1
Je crois que mon moteur, c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça, ta valeur. C'est ça.
- Speaker #1
C'est faire sourire et faire rire. On passe en par l'image. Oui, c'est ça. Quand je faisais du dessin de presse, du dessin d'humour, pareil, il y avait l'idée de faire des blagues. Et là, avec le détournement, on retrouve la même démarche. Je crois que c'est vraiment ça. Moi, ce qui me motive, c'est de faire sourire les gens. C'est pour ça que quand je reçois des messages de gens qui me disent Merci, vos dessins me font du bien, ils me donnent le sourire et tout. Ça me fait super plaisir.
- Speaker #0
On dit mission accomplie.
- Speaker #1
C'est ça, mission réussie.
- Speaker #0
Comment tu t'es formé ? T'as pris des cours ou t'as fait ça vraiment tout seul en autodidacte ?
- Speaker #1
Ouais, tout seul. J'ai jamais pris de cours. Après mes études, j'ai suivi une formation d'illustration quand même à l'EDA. Donc c'est école de design et d'art appliqué, formation en ligne que j'ai suivie pendant deux ans et demi, trois ans à peu près. Et qui était intéressante parce que ça m'a permis de mieux... Je trouve que j'utilise mieux les couleurs aujourd'hui. Et puis au niveau de la composition de mes dessins aussi, je trouve que c'est mieux ce que je fais. Et en plus, il y a différents types d'exercices qui sont complètement différents et qui t'obligent à sortir de ce que tu as l'habitude de faire.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux expliquer un peu, justement, pour ceux qui n'auraient pas encore vu tes dessins, tes images, parce qu'en fait, ça mêle un petit peu de photos, de dessins. Est-ce que tu peux expliquer le principe ?
- Speaker #1
Alors, les détournements, j'utilise des objets du quotidien que je détourne grâce aux dessins. pour qu'en fait, un dé par exemple se transforme en vache. Et je fais ça à peu près avec tout, il n'y a pas vraiment de limite.
- Speaker #0
Et pour la petite anecdote, c'est ma mère qui m'avait envoyé sur Instagram une image qui a cartonné sur ton compte Instagram de Trump, où en fait c'est une biscotte que tu as croquée, j'imagine. Elle est croquée dans le sens vraiment. littéral et qui forme en fait on voit tout de suite la tête de Trump et c'est incroyable c'est hyper saisissant et elle me dit mais va voir ce qu'il fait il s'appelle Romain Jolie il est à Avignon et je suis allée voir donc sur je sais plus je suis tombée sur ton site et j'ai vu ta photo mais c'est marrant je le connais le temps que je retrouve d'autres connaissances ah oui c'est vrai c'était ça et je trouvais ça hallucinant et j'imagine que cette image elle t'a peut-être fait apporter de la visibilité
- Speaker #1
Oui, oui. Le Trump, il a explosé. Il a complètement explosé. Et j'étais en train de manger, tout simplement. Et voilà. Et puis, au moment de croquer la biscotte, je vois cette biscotte. Et puis, ça m'a fait penser à Trump. J'ai eu un flash. Et bon, j'ai fini de manger. Et puis, je me suis dit, il faudra que j'exploite cette idée. Et donc, la semaine d'après, j'ai fait mon dessin. Et voilà.
- Speaker #0
Tu penses que c'est... En fait, tu as... un peu habitué ton œil à être créatif et que du coup ça peut te venir comme ça, et que tu as un peu ce regard comme si tu portais des lunettes créatives et que tu peux voir les choses différemment ?
- Speaker #1
Oui, en fait, je pense qu'il y a un effet d'entraînement aussi, à force de chercher des idées consciemment ou inconsciemment, forcément ça devient de plus en plus facile, mais souvent, les idées débarquent comme ça, en fait je ne les cherche pas. C'est elle qui me trouve. Et ça fonctionne souvent comme ça, sous forme de flash.
- Speaker #0
Est-ce que ça t'arrive ? Parce que moi, c'est souvent au moment où je ne suis pas du tout devant mon ordi que j'ai les idées qui me viennent. Je ne sais pas si ça te fait ça aussi.
- Speaker #1
Oui, ça arrive à des moments improbables. Même la nuit, tu te réveilles et tu penses à quelque chose. Tu le notes ? Oui, il faut le noter. Il faut absolument le noter, sinon tu l'oublies. Donc j'ai plein de notes dans mon téléphone.
- Speaker #0
Et tu m'as raconté justement qu'il y a récemment, tu as eu un reportage, le fameux reportage sur TF1, et que là, ça a été un peu plus dur parce que c'était l'inverse. Et en fait, ils t'ont demandé de trouver une idée. Est-ce que tu peux raconter un peu justement le côté inspiration qui est plus compliqué quand c'est une demande à un temps précis ?
- Speaker #1
Là, oui. En fait, il fallait que je trouve une idée pour le reportage, pour qu'on me voit en train de dessiner cette idée. donc... Il y avait vraiment... En fait, il y avait un peu une contrainte de résultats. C'était plus compliqué. Jusqu'à la veille au soir, je n'avais toujours pas mon idée. Je commençais un peu à stresser. Et finalement, quand c'est comme ça, il faut un peu forcer le processus. Et finalement, ça finit quand même par arriver. En tout cas, là, c'est arrivé. Je suis content. Je suis content du résultat.
- Speaker #0
Comment tu t'as fait justement pour convoquer cette créativité un peu plus rapidement que d'habitude ?
- Speaker #1
J'y ai passé beaucoup de temps. Je me suis installé à mon bureau avec plein d'objets un peu improbables autour de moi. Je faisais les 100 pas et puis en fait je pensais qu'à ça. J'étais bloqué sur ça et finalement j'ai trouvé l'idée. Donc l'issue a été positive mais c'était un peu de stress.
- Speaker #0
Et justement, comment tu t'organises ? Tu disais que tu as un boulot à temps plein. Est-ce que tu te gardes des week-ends ? Tu te gardes du temps créatif ? Tu te dédies des plages horaires pour ça ? Comment tu t'organises ?
- Speaker #1
Alors, il y a trois phases. Il y a l'idée, le dessin et le poste, quand je poste sur les réseaux. L'idée, il n'y a pas de... En fait, je peux faire ça tout le temps. Je peux tout le temps avoir une idée. Donc, le fait d'avoir un boulot à temps plein, ça ne pose pas de problème. Par contre, le dessin, je ne peux pas faire ça quand je veux. Donc, je dessine les week-ends. Et en particulier le samedi matin.
- Speaker #0
Tu es plus inspiré au réveil ?
- Speaker #1
Oui, le matin, je suis plus efficace. Et c'est surtout que quand je prends les photos des détournements, je peux faire ça à la lumière du jour. Enfin, je préfère la lumière du matin. Et puis surtout, si mon dessin, le samedi soir, je me rends compte que ça ne me va pas, que ça ne fonctionne pas, je sais que j'ai le dimanche derrière pour éventuellement le rattraper. Mais ça, je dessine le week-end.
- Speaker #0
Donc tu t'imposes cet exercice créatif tous les samedis matins et tu postes une image chaque lundi, c'est ça ?
- Speaker #1
J'essaie, oui. J'arrive à peu près.
- Speaker #0
C'est ton rythme. Qu'est-ce que ça t'apporte justement comme bienfait ou comme sensation d'avoir vraiment une idée, d'avoir ce cadre en fait, de t'imposer ce moment de créativité ? C'est comment dans ta semaine, comment tu le ressens ?
- Speaker #1
Comment je le ressens ? Eh bien, moi c'est une discipline que je me suis fixée, c'est mon plan en fait, ça fait partie de mon plan. Et chaque semaine, je poste un dessin. Je... Je fais ça le week-end, parce que c'est le seul moment où je peux le faire, où je suis tranquille chez moi le samedi matin, où je peux réfléchir librement, où je peux faire mes essais. Je sais que j'ai plusieurs heures devant moi, voire toute la journée, ce qui peut arriver quand même des fois. Et pour moi, c'est le moment des seins.
- Speaker #0
C'est un moment que tu attends et qui te fait du bien ?
- Speaker #1
Oui, c'est un moment qui me fait du bien, surtout à la fin, quand j'ai terminé mon dessin.
- Speaker #0
Le sentiment d'avoir accompli.
- Speaker #1
Oui, le sentiment du devoir accompli. J'avais une idée, j'ai réussi à la mettre en image et je suis content du résultat. Là, c'est une forme de soulagement. Je suis content du résultat et je suis... Voilà, je suis soulagé, j'ai fait ce que j'avais à faire, même si c'est compliqué. Il y a des fois, je ne sais pas trop comment... J'ai une idée, mais elle est un peu bancale. Je ne sais pas trop comment je vais la mettre en image. Et surtout, il y a beaucoup de petits problèmes à résoudre. Je vais avoir une idée dans ma tête. Donc, il faut que j'ai l'objet. Et après, il faut que... Est-ce que je vais faire mon dessin au crayon de couleur ? Est-ce que je vais faire mon dessin à l'aquarelle ?
- Speaker #0
Donc décider du médium, déjà.
- Speaker #1
Voilà, de ça. Est-ce que je vais mettre mon objet sur une feuille blanche ou une feuille de couleur ? Si, c'est une feuille de couleur.
- Speaker #0
Est-ce que tu as la bonne couleur ?
- Speaker #1
Est-ce que j'ai la bonne couleur ? Et quelle couleur ? Mon objet, il faut que je le pose de telle manière, de telle manière. Réfléchir à l'ombre. Est-ce que je mets plutôt l'ombre de ce côté-là ? Donc, en fait, il y a plein de micro problèmes à résoudre.
- Speaker #0
Des décisions à prendre.
- Speaker #1
Et ça, ça peut prendre du temps. Donc, c'est pour ça qu'à la fin, quand c'est terminé, je suis... Ouais, je suis content et soulagé. Alors, il y a des dessins pour lesquels je suis plus content que d'autres. Mais en général, à la fin...
- Speaker #0
Mais tu te dis quoi qu'il arrive, je le fais tous les samedis, même si un jour, peut-être, t'as moins envie. Vraiment, tu te dis pas, bon bah tant pis, je posterai la semaine prochaine. Si,
- Speaker #1
ça peut arriver.
- Speaker #0
Ça peut arriver.
- Speaker #1
Ouais, ça peut arriver parce que... Je sais pas, si on fait un week-end entre amis. Voilà. Donc... Mais même si on fait un week-end entre amis, je vais voir quand même si je ne peux pas me débrouiller. Mais non, je ne suis pas psychorigide.
- Speaker #0
Tu n'as pas de dessin d'avance, par contre ? Enfin, de dessin ou d'image que tu as créé avant.
- Speaker #1
C'est rare. Oui, c'est assez rare. Mais souvent, là, j'en ai un d'avance. Mais je pense que je vais le refaire quand même.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Il faut que tu te sentes satisfait. Oui, oui. Et je pense que si je ne suis pas totalement satisfait de mon dessin, ça m'est déjà arrivé de le poster quand même. Mais l'expérience m'a montré qu'il ne faut pas en fait.
- Speaker #0
Ok. Il vaut mieux aller au bout de l'idée qui te plaît plutôt que de poster quelque chose que tu trouves, toi, pas assez bien, médiocre, que tu pouvais faire mieux.
- Speaker #1
Oui. Et en même temps, je me dis qu'aussi, des fois, il faut savoir un peu lâcher prise et se dire, bon, écoute, j'ai fait ce que j'ai pu, parce que des fois, j'y passe plusieurs heures. Des fois, je m'arrache les cheveux, vraiment. Et oui, il faut savoir lâcher prise et poster, et puis on verra bien.
- Speaker #0
Et puis en plus, ça peut faire l'effet inverse. Enfin, ça peut ne pas te plaire à toi, pas être ton préféré, mais il plaira à plein de gens.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Ouais, ça arrive.
- Speaker #0
Ça peut être difficile de passer le cap de s'exposer, de montrer son travail au monde. Est-ce que toi, tu te souviens du moment où tu crées le compte Instagram et que tu commences à poster des images ? Tu te sentais comment ?
- Speaker #1
Alors, quand j'ai commencé à poster sur Instagram, en fait, je postais déjà depuis plusieurs années sur Facebook.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc du coup, j'ai pas eu... À mon arrivée sur Instagram, j'ai pas eu cette... L'appréhension de montrer mon travail. Après, sur Facebook, oui, je l'avais au début parce que forcément, quand tu présentes quelque chose de nouveau, eh bien, tu ne sais pas trop comment ça va être reçu. Tu ne sais pas si ça va plaire. Tu ne sais pas si tu vas avoir des commentaires négatifs, des messages, etc. Donc, je pense que c'est normal d'avoir de l'appréhension. Et en même temps, je pense aussi que c'est un passage obligé. Il faut montrer ce qu'on fait.
- Speaker #0
Est-ce que toi, tu as plus la peur du jugement ou du regard des gens que tu connais ou au contraire de ceux que tu ne connais pas qui te suivent ?
- Speaker #1
Non, je n'ai pas vraiment de crainte par rapport à ça. Surtout que pour moi, ce que je fais, c'est plutôt positif quand même. C'est léger.
- Speaker #0
Ouais, ça fait du bien, c'est du contenu qui ne divise pas et qui fait plutôt du bien.
- Speaker #1
Ouais, voilà, c'est ça. Et d'ailleurs, je reçois beaucoup de messages de gens qui m'écrivent juste pour me remercier, juste pour me dire merci, vos dessins me donnent le sourire, vos dessins nous font du bien. Donc, ça fait toujours plaisir de recevoir ce genre de messages. Mais ouais, c'est peut-être plus sur le dessin de presse, par exemple. Où là, c'est plus clivant, où c'est plus lié à la politique. Donc là, il peut y avoir des commentaires plus virulents, on va dire.
- Speaker #0
Oui, c'est plus dur à gérer. C'est vrai que je me posais la question, parce que je commence aussi à poster des illustrations plutôt mignonnes et positives. Mais je me disais, est-ce qu'il ne vaut mieux pas prendre un parti, parler de choses plus... plus importantes, plus politiques ou autres. Et en fait, je me disais, on en reçoit aussi tellement que chacun, finalement, peut trouver sa place. Et on a aussi besoin, les gens ont besoin de ce contenu qui fait sourire, qui fait du bien, qui est plus léger. Mais je me pose cette question par rapport au fait de passer de cap. Et pour moi, ça a été compliqué. Donc, je comprends, je demande aux autres comment ça se passe. Oui,
- Speaker #1
oui. Non, mais bon, c'est... Après, les... Ce que tu veux dire, ça dépend aussi, je pense, de ta personnalité, de ce que tu veux transmettre. Il y a des gens qui ont besoin d'exprimer leurs idées politiques, d'autres un peu moins.
- Speaker #0
Il faut être aligné avec ce que tu as envie de partager.
- Speaker #1
Et il y a la place pour tout.
- Speaker #0
Effectivement, le contenu léger, ça fait du bien en ce moment.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Surtout. Et tu dessines à la tablette ou il me semble que tu utilises de la peinture aussi ? Tu mixes un peu les médiums ?
- Speaker #1
Oui, je n'ai pas de médium particulier.
- Speaker #0
Papier découpé aussi ?
- Speaker #1
Papier découpé, je ne me souviens pas avoir fait ça, je ne crois pas. Mais oui, en fait, il n'y a pas vraiment de règle. C'est au feeling et j'utilise le médium qui, j'estime, va... va rendre le mieux.
- Speaker #0
Ok, qui se prête le mieux à l'objet que tu as trouvé et à ce que tu veux comme rendu.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Parce que le but, c'est d'avoir une bonne idée, que ce soit drôle ou poétique, et que ce soit beau. Il faut que l'image soit belle, qu'il y ait une belle composition, des couleurs qui vont bien ensemble. Et voilà, c'est le triple objectif que je me fixe à chaque fois.
- Speaker #0
Ok. Et c'est quoi les retours des gens quand tu postes ? Est-ce que tu as des réactions en particulier ? C'est quoi toi qui te touche le plus ?
- Speaker #1
Les gens sont toujours très élogieux. C'est toujours positif. J'ai très très rarement des... Enfin, je crois que je n'ai jamais eu de mauvais commentaires en fait. Donc ça fait plaisir. Et d'ailleurs, une fois, il y a une... En fait, il y a des comptes qui partagent mes dessins régulièrement, et donc je lis les commentaires. De temps en temps, je regarde un petit peu ce que les gens disent. Et une fois, il y a une dame qui disait que... Bon, elle disait ça en anglais, mais elle expliquait que... Elle disait « J'adore vos dessins, j'adore votre créativité » . Et après, elle a rajouté « Dieu vous a vraiment fait un beau cadeau » . Et bon, croyant ou pas, peu importe, mais je trouvais que c'était un joli commentaire. Ça m'a touché, et donc... J'en parle aujourd'hui parce que ça m'a marqué.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, si tu bloques un peu sur une idée, est-ce que tu as d'autres techniques pour retrouver ton inspiration ? Est-ce que tu vas t'aérer ? Est-ce que tu lis encore du dessin de presse aujourd'hui ?
- Speaker #1
Le dessin de presse, non, je n'en fais plus du tout. Très, très peu occasionnellement. les techniques soit tu forces le processus comme j'ai expliqué tout à l'heure soit tu tu déconnecte quoi donc tu tu fais autre chose et puis tu vas tailler l'esprit et en termes d'inspiration est ce que tu as des comptes qui te que
- Speaker #0
tu vas regarder qui t'inspire ou tu as ne serait-ce que pour retrouver les bonnes couleurs est-ce que tu as des processus comme ça pour travailler ton inspiration oui oui bah il ya des comptes qui m'inspire
- Speaker #1
Moi, il y a des artistes que j'adore, comme Jean-Julien, par exemple. Voilà, Jean-Julien, j'adore. Sampé.
- Speaker #0
Après, il y a des artistes aussi qui font... Il y a Vincent Ball qui lui joue avec les ombres. Je pense que tu as déjà dû voir. Donc oui, il y a tout un tas d'artistes qui m'inspirent. Et pas que dans le dessin. Je pense qu'il faut voir large. Et d'ailleurs, j'ai remarqué que quand je feuillette des bouquins d'artistes qui m'inspirent, ça me donne des idées. Donc ça peut être aussi une astuce.
- Speaker #1
Et tu parlais au tout début de l'IA, est-ce que pour toi c'est un rapport avec ce que tu fais, est-ce que tu l'intègres dedans ou pas encore ?
- Speaker #0
Non, je ne l'intègre pas du tout. Non, non, non. J'ai envie que ça reste artisanal.
- Speaker #1
Ta patte.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Ok. Et est-ce qu'un jour tu t'imagines vivre de l'illustration ?
- Speaker #0
Je dirais que oui. Après, il faut voir en pratique comment ça se passe. Parce que je ne sais pas, si demain vivre de l'illustration, ça veut dire vivre mais précairement. Peut-être que c'est plus intéressant d'avoir un boulot comme j'ai aujourd'hui, qui m'offre une sécurité et où je suis libre de faire mes dessins à côté ou pas d'ailleurs. Je ne suis pas obligé de dessiner en fait. Donc j'ai cette liberté qui me permet d'être rassuré.
- Speaker #1
À ce jour, tu as le bon équilibre ?
- Speaker #0
À ce jour, oui. Pour l'instant, ça me convient parfaitement.
- Speaker #1
Et quel conseil tu pourrais donner à quelqu'un qui a envie, qui a une envie créative mais qui n'ose pas se lancer, qui ne sait pas par où commencer ? Qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Alors, une envie créative, le truc, c'est qu'il faut s'y mettre. Donc, si elle n'ose pas, il va falloir oser.
- Speaker #1
Est-ce qu'on commence par un petit pas, une petite chose ? Est-ce que tu as un truc dans le process qui peut aider ?
- Speaker #0
Si, par exemple, elle veut, je ne sais pas, se mettre à la peinture, eh bien, moi, je lui conseillerais d'acheter un kit peinture tout prêt. Faire des essais, quitte à ne pas le montrer. Si c'est ça le problème, tu peins pour toi. Parce que si tu le fais, normalement, c'est que ça te fait du bien. Ça te fait plaisir. Donc tu essayes. Si tu aimerais le montrer, mais que tu n'oses pas trop, tu peux éventuellement créer un compte anonyme sur les réseaux.
- Speaker #1
C'est une bonne idée.
- Speaker #0
Tu vois un peu les réactions. Mais bon, de toute façon, je pense que... Les gens, s'ils n'aiment pas, ils ne vont pas dire j'aime pas. Mais ça, ça peut être une solution, poster de façon anonyme. Mais bon, à un moment, je pense qu'il faut le montrer. Si vraiment tu es dans une démarche, si tu as envie d'en faire ton métier ou quoi, à un moment, il va falloir passer par là. Et puis... Mais ouais, il faut s'y mettre. Même si tu ne postes pas sur les réseaux, juste tu...
- Speaker #1
Je pense qu'il y a pas mal de gens qui ne s'autorisent pas par manque de légitimité ou qui se disent, je ne suis pas créatif ou je n'ai pas de formation artistique, donc je ne m'autorise pas à faire telle ou telle chose qui finalement m'attire. La créativité, elle est pour tout le monde. par quel moyen que ce soit, mais c'est plus une question de légitimité, souvent.
- Speaker #0
Ouais, mais c'est vrai que la créativité, souvent, dans l'inconscient collectif, c'est le peintre et celui qui dessine, quoi. Et ça s'arrête là, sauf que en réalité, en fait, la créativité, c'est un truc, c'est transversal, ça touche tout le monde. Le vendeur qui va réussir à trouver les bons arguments pour vendre. C'est que voilà, ça a cogité et il a trouvé les bonnes idées et il a été créatif. Donc, ce n'est pas que dans le domaine artistique et la légitimité. Je pense que quand on a un diplôme ou pas, on se pose toujours un peu la question de la légitimité. Mais en fait, il n'y a pas de règle. Si tu as envie de créer, tu crées. On n'a pas à demander la permission.
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est quoi les objectifs que tu aurais pour développer ce que tu fais en illustration ? Est-ce que ce serait une expo ? Est-ce que ce serait vendre un peu plus tes œuvres ? Est-ce que ce serait une collab ?
- Speaker #0
Il y a l'idée d'un livre, forcément. Donc, un jour ou l'autre, il y aura un bouquin, c'est sûr. Je ne sais pas sous quelle forme, je ne sais pas. Je ne sais pas si ça sera en auto-édition ou avec un éditeur. Ça, pour l'instant, c'est un peu le flou, mais c'est sûr qu'il y aura un bouquin. Et puis après, non, je n'ai pas d'objectif en particulier. Moi, ce que j'essaye de faire, c'est de créer régulièrement. Et je me dis qu'en étant régulier et en faisant bien les choses... Forcément, ça va ouvrir des portes petit à petit. C'est un peu ma philosophie.
- Speaker #1
D'ailleurs, j'ai vu que tu avais fait l'affiche aussi du festival Festo Picho à Lignan. C'était un chouette projet, ça.
- Speaker #0
Oui, c'est avec l'association Le Totem. C'est la deuxième année qu'on travaille ensemble.
- Speaker #1
C'est eux qui t'ont contacté ?
- Speaker #0
C'est eux qui m'ont contacté, oui. Donc là, il y a eu l'astronaute.
- Speaker #1
qui était fait avec des bulles de savon.
- Speaker #0
C'est ça, ouais, ouais. Donc la bulle représente en fait le... Le casque. Ouais, le casque, on peut dire ça. Ouais, ouais, c'est toujours un projet sympa, parce qu'en plus tu vois tes affiches partout, partout dans la ville, en 4 sur 3. Ça fait super plaisir. Et puis l'année d'avant, c'était l'avocat qui était en train de chanter.
- Speaker #1
Ah oui, c'est vrai. Je le revois maintenant que tu n'en as pas. Mais je ne savais pas que c'était toi encore une fois. Eh si. Bon, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter du coup pour la suite ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on peut me souhaiter ? Eh bien que ça continue. Parce que là, je suis dans une phase... Enfin, je suis dans une bonne dynamique. Donc il se passe pas mal de choses positives pour moi. Et ça fait plaisir. Parce que quand ça fait des années que tu fais quelque chose... Et que tu sens que ça commence un peu à décoller, ça fait plaisir.
- Speaker #1
On n'en a pas parlé, ça fait combien de temps que tu as lancé vraiment, on va dire, le compte Instagram et que tu travailles tous les week-ends là-dessus ?
- Speaker #0
Les détournements, ça fait environ 5-6 ans que je fais ça.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà, donc ça commence à faire quelques années. Et donc là, ça commence un peu à... il se passe des choses.
- Speaker #1
Trop bien. Bon, on va suivre ça de près, puis je mettrai toutes les infos dans la description. Et je vous invite évidemment à aller voir le travail de Romain. Mais tout ça, je le partagerai beaucoup sur Instagram, justement. Et alors, pour terminer cette interview, comme on a parlé pas mal d'enfance, j'ai une petite tradition dans ce podcast. Je t'ai ramené ma madeleine de Proust. C'est bien ça du beau. C'est des michocos. C'était Tim, année 90, 80-90, t'as forcément connu ce petit bon mot.
- Speaker #0
Je connais, ouais.
- Speaker #1
Voilà. C'est très bon, il n'y en a pas plus. On s'excuse là-dessus. Je t'en crée le paquet la prochaine fois. Et puis merci beaucoup Romain pour cet échange, c'était hyper intéressant.
- Speaker #0
Merci à toi Charlotte pour ton temps et tes questions.
- Speaker #1
Bonne continuation.
- Speaker #0
Merci, à toi aussi.
- Speaker #1
Salut. C'est la fin de cet épisode, merci beaucoup de l'avoir écouté. J'espère qu'il vous a inspiré, questionné ou peut-être donné envie d'explorer votre propre chemin créatif. Si cet épisode vous a plu, vous pouvez le partager autour de vous ou lui laisser une note sur votre plateforme d'écoute. Ça aide vraiment le podcast à se faire connaître. Et pour ne rien manquer, vous pouvez vous abonner sur votre plateforme préférée et me retrouver sur Instagram arrobaselemoodboard.podcast Continuez à observer, à ressentir, à créer, parce que chaque jour est une nouvelle planche d'inspiration. A très vite pour un nouvel épisode.