- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard, un podcast qui explore la créativité à travers celles et ceux qui la vivent, la cultivent, la cherchent et la ressentent. Je suis Charlotte et je vous accueille dans ce podcast pour parler de ceux qui inspirent, de ceux qui aiment, de ceux qui nous poussent à créer. Prenez place dans ce Moodboard sonore et laissez-vous inspirer. J'ai découvert le travail de Damien un peu par hasard en cherchant des artistes avignonais que je pourrais aller interroger pour ce podcast. Quand je suis tombée sur ces toiles abstraites, avec ces lignes, ces formes, ces jeux de textures, ces couleurs vives, j'ai eu envie de comprendre qui était l'artiste et comment il procédait pour créer ses œuvres. Devenir artiste, ce n'est pas forcément une évidence. Ça peut prendre du temps d'écouter cette petite voix qui parle de plus en plus fort et de suivre ce chemin vers l'art. Le grand saut, comme il dit, Damien l'a fait il y a une dizaine d'années, à l'âge de 30 ans, après une première carrière dans le social. On a parlé de ses débuts dans le graffiti, puis de ses murales, ses œuvres à grande échelle qui prennent place dans l'espace public. On a aussi évoqué cette évolution récente vers la nature qui devient peu à peu son nouveau terrain d'inspiration. Je vous laisse découvrir son parcours et je vous souhaite une très bonne écoute. Bonjour Damien.
- Speaker #1
Salut Charlotte !
- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard et surtout merci de m'accueillir dans ton atelier d'artiste.
- Speaker #1
Et bien merci à toi de m'inviter pour ce podcast.
- Speaker #0
On va un petit peu parler de ton parcours, de ce que tu fais, etc. Mais déjà pour la petite anecdote, je voulais te dire, c'est assez rigolo, c'est que je ne te connaissais pas à ton travail, je ne te connaissais pas. Et quand j'ai fait un petit peu mon pilote pour créer le Moodboard, je me suis aidée de l'IA pour trouver des profils qui pourraient être intéressants. tout au début du projet. Et tu es ressorti grâce à Lya. Je voulais te dire que Lya t'identifie comme artiste créatif avignonné.
- Speaker #1
D'accord, ok. Eh bien, je n'ai jamais essayé de tenter l'expérience.
- Speaker #0
Et puis finalement, on a vu qu'on avait des gens en commun qu'on connaissait.
- Speaker #1
En effet.
- Speaker #0
C'est assez rigolo. Avant de commencer, est-ce que tu pourrais me dire trois choses que tu pourrais épingler sur ton mood board du moment ? Ce serait quoi ?
- Speaker #1
Alors, mon mood board... du moment ?
- Speaker #0
Une couleur, une image, une musique ?
- Speaker #1
Je dirais beaucoup la nature. C'est large, mais j'ai besoin de me rapprocher de la nature en ce moment, depuis quelques temps. Ça m'inspire beaucoup et puis ça fait du bien. La lumière aussi. Celle du Sud, qui me plaît beaucoup. Et après, si je pouvais voyager d'autant plus, ça me ferait du bien aussi. Et non, en termes de mood board, je dirais aussi en musique, qu'est-ce que je pourrais dire en musique ? Plutôt de la musique brésilienne, de la musique un peu ensoleillée.
- Speaker #0
Besoin de soleil en ce moment.
- Speaker #1
Oui, de vitamines, oui.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu te souviens à quoi tu aimais jouer quand tu étais enfant ?
- Speaker #1
Les Legos, oui. Beaucoup, beaucoup. Je n'ai pas le temps, mais oui, ça me plairait bien encore de jouer aux Legos. Non, j'ai passé beaucoup de temps à jouer aux Legos.
- Speaker #0
Ok. Du coup, tu te sentais créatif ? Déjà, ou tu en avais peut-être ta conscience ?
- Speaker #1
Je pense pas forcément conscience, mais en tout cas, ça a développé ma créativité et certainement mon imaginaire, parce que j'étais beaucoup moins fan des Playmobil.
- Speaker #0
Oui, on peut moins fabriquer, construire.
- Speaker #1
Oui, voilà, il y a certainement un peu de ça. Et raconter des histoires, c'était moins mon truc. Moi, j'avais plutôt envie d'être dans la construction. Et finalement, tu te racontes tes histoires aussi.
- Speaker #0
Et ton rapport à l'art à cette période-là, est-ce que tu te souviens d'avoir été voir des expos ? Est-ce que tes parents t'ont sensibilisé à l'art dans ton enfance ?
- Speaker #1
Alors, mon père, lui, a fait ses cinq ans au Beaux-Arts de Reims. C'était un dessinateur technique. Il a dessiné beaucoup de maisons à l'époque. Il travaillait beaucoup en rotring, sur des planches et tout. Je pense que ça m'a sensibilisé. Après, finalement, il a dû arrêter pour différentes raisons. Je pense qu'il m'a plus sensibilisé au contact de la nature qu'à l'art. Mais quand même, on allait voir des expos, on allait voir des musées. Voilà. Donc, j'ai une forme quand même de sensibilisation parce qu'assez tôt, en fait, je me suis senti plus axé sur l'image que l'écriture ou la lecture. Même si, bien sûr, comme tout le monde, je lisais des livres. mais non Assez rapidement, je pense que j'ai toujours été enfant dans l'observation. D'ailleurs, je vois ma fille aujourd'hui qui a deux ans, qui est un peu comme moi, elle a besoin d'observer avant de se sentir à l'aise, je pense. Et même en termes de mémorisation, j'ai besoin de voir plutôt que d'entendre ou de lire. Donc j'ai besoin de le schématiser en images. et c'est ma manière de mémoriser je suis pareil donc je pense que oui ça joue ça joue un petit peu et une fois que tu comprends ça bah tu enfin voilà moi j'ai passé beaucoup de temps dans ma chambre à découper à coller des images de magazine enfin voilà à faire du Photoshop avant l'heure quoi il y avait déjà un petit peu de ce truc d'exploiter oui bah C'est une image,
- Speaker #0
quoi.
- Speaker #1
Oui, mais bêtement. Quand t'es enfant, au début...
- Speaker #0
T'expérimentes.
- Speaker #1
Oui, des trucs que je pense pas mal d'enfants ont fait. Tu t'amuses avec un stylo bic sur un magazine de télé 7 jours, par exemple, à transformer le visage de la vedette sur la couverture. C'est vraiment des petites bêtises comme ça. Mais oui, ça pousse quand même à travailler un petit peu la créativité, avec humour.
- Speaker #0
Et est-ce que tu avais des idées de métier quand tu étais petit ?
- Speaker #1
Comme tous les garçons, enfin pas comme tous les garçons non plus, mais bon, oui, j'ai longtemps voulu être pompier, voilà, ça m'est passé. Et non, après, oui, je voulais être artiste, je voulais être artiste peintre.
- Speaker #0
C'est venu assez tôt ?
- Speaker #1
Pas enfant, adolescent, oui. Oui, vers les 16-17 ans, oui. Mais je ne savais pas trop ce que c'était finalement être artiste peintre, vu que je suis un grand rêveur aussi, je pense, et que j'avais un peu l'image de mon père qui avait fait les Beaux-Arts, tout ça. Donc ça m'a attiré, mais sans trop savoir ce que c'était, si j'avais vraiment envie de le faire, ou voilà. D'ailleurs, je ne l'ai pas fait, je ne suis pas joué aux Beaux-Arts.
- Speaker #0
Oui, ça allait être ma question, du coup. Vers quoi tu t'es dirigé comme étude ?
- Speaker #1
En fait, moi, j'ai tenté. Enfin, j'ai tenté. J'ai pris le dossier d'inscription pour passer l'entretien, en tout cas le concours d'entrée pour les Beaux-Arts de Reims. Mais j'ai juste pris le dossier, je ne l'ai jamais ramené. Et j'ai décidé de me diriger dans le social parce que j'avais 16-17 ans. Et je me posais beaucoup de questions sur la société. En fait, j'étais pas mal confronté, je pense, à des injustices et j'avais envie de les résoudre. Et en tout cas, j'aime pas les injustices et c'était important pour moi de travailler dans le social, en tout cas de comprendre ce monde davantage, que ce soit avec des publics. En réinsertion, j'ai bossé aussi dans des centres de soins pour des toxicomanes, j'ai bossé avec des SDF, j'ai bossé avec des enfants aussi. À chaque fois, je jonglais avec des publics un peu durs et des publics jeunes. Mais ça, je te dis ça, c'est aussi dans une trame scolaire, c'est-à-dire qu'avec mes études et tout, j'ai été confronté à bosser avec différents publics. Mais je revenais quand même pas mal sur l'enfance parce qu'il y avait un côté un peu plus léger et ça créait des respirations aussi face à l'intensité hard de ce monde. Donc voilà. Et au final... Au final, j'ai un diplôme dans l'animation sociale et socioculturelle qui m'a amené à travailler dans de la coordination de projet ou en tant que simple animateur social et socioculturel. Mais finalement, j'ai fait plus de coordination de projet.
- Speaker #0
Et avant de rentrer dans la peinture, tu as commencé par le graffiti. À quel moment ça est arrivé dans ta vie ?
- Speaker #1
Le graffiti, il est arrivé dans ma vie à l'âge de 15-16 ans. Je viens de la culture du sport de glisse, roller, skate, d'une petite ville de province qui s'appelle Châlons-Champagne au-dessus de Paris. On s'ennuyait un peu, mais on avait un skatepark. Enfin, ce n'était pas les skateparks de maintenant. On avait une rampe, voilà. Et on n'avait pas de bol ? Non, on n'avait pas de bol, on n'avait pas tout ça. Aujourd'hui j'hallucine, maintenant ça fleurit, il y en a partout. Et on aurait adoré avoir ce qu'ils ont aujourd'hui, mais bon c'est comme ça. Mais ça nous a, en même temps c'est pas mal aussi, parce que du coup ça nous a vachement fédérés entre nous. Et puis, on avait une rampe et une dalle en béton, et c'est tout quoi. Et du coup, avec les grands, les skaters et tout, on a commencé à monter des courbes, des modules, nous-mêmes, en fait, sans attendre forcément l'autorisation de la ville ou les subventions.
- Speaker #0
Tu veux dire que vous avez créé vos propres rampes ?
- Speaker #1
Oui, beaucoup. Avec des palettes, avec des planches, avec... Enfin, voilà. Et en fait, je te dis ça, c'est parce qu'en fait, euh euh Ça m'a vachement apporté sur le fait de le faire soi-même, donc tout ce qui est culture do-it-yourself. Et quand tu es jeune et que ta municipalité t'emmène un petit peu en bateau à te faire miroiter qu'un jour tu auras un skatepark, en fait, on ne l'a jamais eu. Ils l'ont eu, les jeunes d'aujourd'hui, et tant mieux, 20 ans après. Mais nous, on ne l'a jamais eu. Et donc, on était quand même passionnés par toutes ces cultures de glisse, de sport urbain. Je ne sais pas comment on appelle ça aujourd'hui. Et en fait, vu qu'on n'avait pas un skatepark fou, on a vite pratiqué dans la rue, ce qui s'appelle du street. Et du coup, j'avais déjà un regard sur l'espace public et faire en sorte que... que la ville devienne un espace de jeu et donc à s'autoriser à sauter des marches, à slider sur des rambardes, enfin voilà, la pratique du skate ou du roller. Et donc ça m'a ouvert les yeux sur les possibilités qu'offre l'espace public. Et de fil en aiguille, le graffiti est arrivé à ce moment-là. Parce que déjà, j'étais attiré par le dessin. Enfant, je dessinais beaucoup. Et je pense que c'est aussi... Là, on devait être en 98. Il y avait aussi une culture skate qui était assez forte à l'époque. Et il y avait aussi toutes les illustrations derrière les boards qui m'attiraient. Il y avait tout un truc assez...
- Speaker #0
Il y avait un univers graphique déjà autour de ce cinématique.
- Speaker #1
Oui, voilà. C'est clairement ça. Et puis moi, j'étais vraiment le petit de la bande. Mes potes étaient un peu plus âgés, donc on me faisait découvrir plein de trucs, que ce soit dans l'univers de la musique ou du skate, parce que la musique, c'est pareil. On a eu tout ce qui est pochette de vinyle ou même pochette de CD. Enfin voilà, tu commences à avoir un échantillon assez large qui traite du graphisme. Donc je savais que ça m'attirait, mais sans trop savoir le pourquoi du comment. Et puis après, le graffiti, ça m'a intrigué parce que je voyais du tac dans la rue. Et dans une petite ville comme la mienne, il n'y en avait pas non plus beaucoup. Et je me demandais pourquoi ils s'amusent à écrire leurs blases sur les murs. Donc ça m'a intrigué. Et puis au final, de fil en aiguille, j'ai rencontré les gens qui le faisaient. Ils m'ont expliqué le pourquoi du comment. Et je me suis lancé. Mais c'était aussi une pratique de jeune qui était un peu perdu au final. C'était un peu transgressif. C'est ce qui nous plaisait. Après, je sais que je n'ai jamais voulu être un vandal ou un voyou et vraiment peindre sur des maisons de particuliers. Ce n'était pas du tout... Je parle en mon nom, mais même les potes, on n'était pas du tout là-dedans. On respectait le bien de n'importe qui, n'importe quelle personne. Par contre, oui, on s'appropriait des espaces qui, pour nous, étaient moches et qui n'embêtaient personne. Donc ça va le long d'une voie ferrée, le long d'une route ou un bloc électrique, des choses qui... qui font partie du public. Oui, du public. Oui, voilà. Et ça, c'est important de le dire, parce que souvent, on pense qu'on fait tout et n'importe quoi, alors que non, finalement, on avait quand même déjà une lecture. Et l'idée, ce n'était pas de mettre que son nom ou faire du tag, c'était aussi de peindre des belles fresques avec de la couleur, tout ça. Les belles fresques, c'est venu plus tard, parce qu'au début, il fallait se faire la main.
- Speaker #0
Justement, là, tu disais que tu dessinais un peu. Ça a été instinctif, du coup, de commencer à faire des fresques et tout ça ?
- Speaker #1
Instinctif, non, en fait. Mais c'est en pratiquant où tu te rends compte que... Moi, j'adore le tag, mais je ne voulais pas faire que ça non plus. Et puis, à un moment donné, tu... Se faire un nom, c'est chouette, mais moi, ça ne me suffisait pas. J'avais besoin de travailler mon style graphique, mon identité, tout ça. C'est à partir de ce moment-là qu'on a commencé à élaborer des fresques. Mais bon, voilà, c'est un grand mot, des fresques, parce qu'on avait 17 ans. C'était un lettrage, un b-boy. On pourrait croire que c'était issu de la culture hip-hop, mais finalement, pas tant que ça, parce qu'on écoutait plein de choses différentes aussi. On écoutait, oui, bien sûr, un peu des hip-hop, mais plutôt du rock.
- Speaker #0
Et du coup, à quel moment tu viens à l'app ?
- Speaker #1
Je crois que c'est quand j'ai commencé mes études en DUT, où on avait des cours d'art plastique. En fait, j'ai toujours fait un peu de peinture, mais un peu dans ma chambre, comme ça. Et puis là, pour le coup, ça parlait plus art graphique, art plastique, art appliqué.
- Speaker #0
C'était des cours d'art plastique dans le social ? C'est ça, ouais.
- Speaker #1
On avait des cours d'art plastique, mais plutôt art appliqué, c'est-à-dire concevoir une affiche, ce genre de trucs. Et en étudiant, je m'étais fait un mini-atelier dans mon studio. Et dans la promo où j'étais, j'avais des potes qui étaient aussi bien attirés par la peinture. Et justement, c'était plutôt une bouffée d'air, parce qu'ils ne pratiquaient pas le graffiti. Moi, je venais de là. Et eux commençaient plus à parler d'art et de peinture contemporaine, entre guillemets, mais avec des artistes très connus, que ce soit du Basquiat, du Rauschenberg, plus axés sur l'art brut, l'art primitif, tout ça. Et ça me parlait vachement parce que le graffiti, c'était quand même assez lié. Et voilà, donc c'est aussi une période où j'ai découvert plein d'autres artistes.
- Speaker #0
C'était qui justement tes références, ceux qui t'inspiraient ?
- Speaker #1
C'est dur quand même de passer à côté de Jean-Michel Basquiat. Je crois qu'il m'a bien marqué à l'époque quand même. C'est très cliché quelque part aujourd'hui parce que ça a été récupéré un peu comme Frida Kahlo à toutes les sauces. Mais c'est vrai qu'il y a 20 ans en arrière, il était quand même encore assez underground au final. Donc je dirais Basquiat. Et puis après... Moi, j'ai toujours aimé les peintres modernes, les impressionnistes, des Monet, des Manet. C'est très classique.
- Speaker #0
On ne s'en lasse pas,
- Speaker #1
en fait. Oui, voilà. Leur technique de flou. Et puis, des Matisse aussi. Fernand Léger, j'aime beaucoup. Miro, j'aime. Bacon. Vraiment des peintres très bien. Ou sinon, des peintres issus du futurisme italien. Voilà. C'est ce qui m'a un peu inspiré à l'époque. Mais finalement, il n'y a pas que la peinture, il y a aussi beaucoup la musique et l'architecture qui ont oublié un petit peu ce travail-là.
- Speaker #0
Et justement, entre le graffiti et la peinture, on en parlait tout à l'heure du graffiti, est-ce qu'il y a quelque chose qui a changé dans ta façon de penser une œuvre ? Et voilà, pas uniquement techniquement, comment ça s'est passé dans ta tête ?
- Speaker #1
Déjà, en fait, tu ne peins pas du tout un tableau de la même manière qu'un mur.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, ce n'est pas la même approche. Donc, aujourd'hui, je suis à mon compte et c'est ma profession. Je tiens à le dire quand même parce que du coup, je parle de graffiti là, mais le graffiti, c'est vraiment une pratique à part. Et moi, aujourd'hui, je ne m'identifie pas du tout comme un graffeur, en fait. Je suis muraliste, c'est-à-dire que je sais intervenir sur des grands murs et j'ai appris sur le terrain à le faire, en fait. C'est-à-dire que... ce que je veux dire c'est qu'on je vais me répéter mais on approche pas du tout un tableau comme un mur, c'est pas du tout la même manière de peindre on crée pas les mêmes émotions c'est pas la même échelle donc voilà, un grand mur il faut savoir prendre en compte l'environnement l'espace et moi c'est vrai que depuis pas mal de temps maintenant c'est vraiment important pour moi de prendre en considération Donc, l'espace urbain et l'environnement, mais ça peut aller de la couleur des volets du bâtiment ou la couleur des tuiles ou la végétation. L'idée, c'est vraiment de... Pas de créer un trompe-l'œil, mais en tout cas d'intégrer la pièce dans son environnement. Et un tableau, c'est quand même très... C'est plus intimiste pour moi, dans le sens où ce n'est pas la même recherche. Et quand je fais un tableau, je le fais avant tout pour moi, pour que ça corresponde à un process qui m'appartient et à une finalité qui me plaît. Maintenant, j'essaye de ne pas penser au client qui l'acquérira. Mais il faut être honnête, à un moment donné, tu ne peux pas non plus... entasser tous tes tableaux qui sortent de l'atelier. Il y en a toujours des tableaux qui sont stockés, mais il faut quand même les diffuser. Donc voilà. Mais par contre, je pense que je suis tombé dans le piège à un moment donné de créer pour plaire. J'en suis vachement revenu. Et c'est vrai que c'est important pour moi aujourd'hui de répondre à mes exigences plastiques. Et donc, oui, ce n'est pas la même manière de peindre. et des murs il faut être honnête aussi j'interviens pour différents commanditaires quand on fait un grand mur une murale, il y a forcément un commanditaire que ce soit une municipalité dans le cadre d'un festival ou un cabinet d'architecture et il y en a qui te laissent carte blanche en fonction de ton style Mais il y a quand même souvent un cahier des charges à respecter. Donc, ça reste une profession quand même, comme une autre.
- Speaker #0
En fait, tu le différencies de la partie où tu es vraiment artiste devant ta toile et que là, tu t'exprimes, tu n'as pas de commande. Et la partie muraliste où tu vas mettre ta patte.
- Speaker #1
Oui, il y aura toujours mon style, ma patte, mon identité. Ça, c'est sûr, parce que je ne vais pas me mettre à peindre des éléphants du jour au lendemain. Mais... Mais par contre, en général, pour ce que je viens de dire, pour une grande murale, il y a quand même un cahier des charges. Après, il ne tient qu'à moi de retourner peindre dans des friches, ce que j'ai fait pendant longtemps aussi, où là, pour le coup, je peux faire un mur que pour moi. Et donc, mon style sera beaucoup plus libéré, brut, et avec un trait plus lâché, en fait. Donc il y a une forme de liberté qui reprend le dessus. C'est très différent, c'est pour ça que je parle de ça, parce que c'est très différent de peindre à l'atelier un tableau, de peindre un mur dans le cadre d'une sortie type urbex, dans une friche ou autre, et de peindre une murale, que ce soit pour un particulier ou... ou une municipalité ou autre.
- Speaker #0
C'est super intéressant. On revient un petit peu au moment où tu me disais que tu avais fait tes études, tu avais commencé un petit peu des cours d'art plastique. Est-ce qu'à ce moment-là, tu te sens être un artiste et tu te dis, c'est ça que je veux faire ?
- Speaker #1
Quand j'étais étudiant ?
- Speaker #0
Oui, au moment où tu as commencé à peindre, etc. Non, pas du tout.
- Speaker #1
Non, je pratiquais comme ça. J'avais toujours ça un peu dans un coin de ma tête, mais j'avais même un petit peu mis de côté, en fait, parce que j'étais en études et que j'avais d'autres... questionnement sur le monde, notre société, tout ça. Donc j'avais clairement mis ça de côté. Et puis j'étais très content d'être pris dans cette école et de pouvoir étudier. Je me suis un peu plus plongé dans les bouquins, dans de la psychologie, dans de la sociologie. J'étais plus là-dedans à cette période-là. Non, non, moi, le grand saut, je l'ai fait à 30 ans. Donc j'ai bossé 30-31 ans. Donc, je pense que j'ai bossé 10-12 ans dans le social. Et puis, c'est pas que j'ai fait le tour, mais j'ai senti que ça me rattrapait, ce désir-là. Et je me suis écouté à mes 30-31 ans en me disant « Bon, en fait, si tu tentes pas l'aventure, tu le sauras jamais. » Et puis, tu risques d'être un peu malheureux à 38-40 ans de ne pas l'avoir fait. Donc, j'en ai 42 aujourd'hui. Donc, ça fait... Ouais, ça fait une... Bonne douzaine d'années que je suis à mon compte, ouais.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et est-ce que tu te rappelles ta première expo ?
- Speaker #1
Ça s'est fait un peu par hasard, avec une galeriste qui s'appelle Nadej Buf, qui est toujours galeriste, qui tient la galerie Tagliatella, dans le 13e, si mes souvenirs sont bons. Et elle, elle a lancé sa première galerie, donc dans le Marais. Et c'est un ami à moi qui l'avait rencontré sur Paris, qui lui a montré un petit peu mes créations. Et à l'époque, je ne savais rien avoir ce que je faisais. Je faisais du noir et blanc principalement, avec quelque chose d'un peu plus illustratif. Et puis, ça lui a plu. Et puis, elle m'a proposé de faire une exposition dans cette petite galerie du Marais. Et voilà, je me suis lancé. Mais c'est vrai qu'avec le recul aujourd'hui, je ne proposerais pas du tout ça.
- Speaker #0
Ça a vachement évolué. Depuis déjà, il y a beaucoup de choses. couleurs dans ton travail. Et d'ailleurs, c'est une de mes questions, comment tu définis un peu les couleurs que tu veux mettre dans tes œuvres ?
- Speaker #1
C'est un peu en fonction des saisons, en fonction des envies, en fonction de ce qui m'inspire sur le moment. J'essaye de ne pas me mettre trop de contraintes. en général quand j'ai une gamme de couleurs qui me plaît je vais quand même pas la poncer mais en faire quelques quelques oeuvres c'est aussi par soucis d'accrochage pour la suite en fait de scéno je trouve ça intéressant de pas avoir non plus une scéno trop disparate alors pas tout le temps les mêmes couleurs mais il faut que ça se réponde un minimum et puis en général je lance pas que un tableau à la fois j'en lance
- Speaker #0
3 ou 4 donc ça me permet aussi de travailler en défilé en multiple voilà je dirais les saisons beaucoup c'est ça qui t'inspire et entre deux expos est-ce que tu t'accordes des pauses pour justement laisser l'inspiration revenir la créativité un petit peu oui c'est essentiel Oui.
- Speaker #1
Oui, c'est essentiel. Je ne le fais pas assez, d'ailleurs. Des fois, tu es un peu pris dans le jus. Mais c'est comme tout. Il faut laisser son cerveau un peu se reposer. Et puis, moi, je fais beaucoup de sport à côté. Je fais du vélo, je fais de la rando, je vais en nature, tout ça. Donc, ça a tendance aussi à m'oxygéner et puis à essayer de réfléchir à mes prochaines créations.
- Speaker #0
Et justement, c'est à ce moment-là que ça devient une idée. d'œuvres ou c'est au moment où tu es devant la toile, comment ça se passe chez toi ?
- Speaker #1
De plus en plus, je me rends compte que je m'inspire pas mal des photos que je prends. Donc, des photos de paysages ou des photos de ce que j'appelle de mes errances oniriques. Voilà, je vais me pencher en fait sur des petites choses de la vie qu'on voit pas tout le temps. Ça peut être... En ce moment, je suis sur les fleurs, où ça m'inspire pas mal, parce que c'est le printemps, parce que j'aime bien les fleurs de haute montagne aussi. Donc là, je travaille sur une série des fleurs de haute montagne.
- Speaker #0
avec un style très graphique. Après, en termes de process, ça ne vient pas forcément devant la toile blanche. Mais par contre, j'essaie d'établir un processus comme beaucoup de peintres. J'essaie surtout de créer des accidents et des surprises qui vont m'amener à... à prolonger mon process et à aller plus loin dans ma création. C'est-à-dire que je n'essaie pas d'avoir un résultat préétabli, mais j'ai une vague idée de ce que je souhaite avec les nuances de couleurs, les contrastes, tout ça. Mais c'est important pour moi de garder un petit peu de surprise parce que sinon, ce n'est pas drôle, en fait. Et du coup... Je pense que c'est pareil. Pendant un temps, je travaillais beaucoup sur la tablette et ça figeait vachement ma peinture. Donc aujourd'hui, j'ai arrêté. Aujourd'hui, je commence directement sur la toile à travailler mes fonds et je prends la tablette de temps à autre pour réguler et voir si ça me plaît ou si ça ne me plaît pas. Faire quelques tests parce que sinon, autant être graphiste et faire de l'illustrateur. Et c'est le problème, en fait, de ce qui se passait dans mes toiles. C'est que c'était trop figé, trop vectoriel. Et du coup, moi, ça m'a lassé. Même si ça fait... Ça appelait certainement à une clientèle, mais c'était beaucoup trop décoratif, en fait.
- Speaker #1
Là, t'as tout le côté texture, matière. Ouais, voilà. Quand tu parles d'accident, ça peut être entre les... Enfin, une couleur que tu vas créer un peu par hasard.
- Speaker #0
Oui, une couleur ou un effet. C'est un jeu de texture.
- Speaker #1
Et tout à l'heure, c'était intéressant, tu me montrais une toile qui ne te plaît pas. Justement, c'est quoi le sentiment que tu as quand tu te dis, non, celle-là, il faut que je la refasse ? Comment ?
- Speaker #0
Des fois, il faut faire des essais. Après, la toile en question, c'était pour un triptyque. Et j'avais envie de tenter quelque chose. Mais au final, ça ne me plaisait pas. Donc, il est encore temps de la poncer et de repartir à zéro. En gros, quand je ne le sens pas, je m'écoute. Parce que c'est du matériel, parce que c'est du temps aussi. Je n'ai pas envie forcément de continuer à la pousser si je sens que ça ne va pas me plaire. Donc, je repars. Puis, c'est bien aussi de faire des erreurs, de tester des trucs. Ça fait partie aussi de... du process créatif. Et puis, en fait, je me laisse aussi des temps de récréation pour être dans une forme de recherche. Et ces temps de récréation-là, ils sont importants pour aller plus loin dans ta peinture. Parce que si tu fais que ce que tu sais faire, à un moment donné, en rond, donc il faut aussi quand même bloquer du temps pour se dire, bon, allez, vas-y, je me fais plaisir, je tente des trucs et tout. Et à 75%, que ça ne te plaise pas, en fait. Voilà. il en reste 25 où ça peut fonctionner mais ça fait partie du jeu en fait c'est comme ça aussi que tu gardes les 20 ou 25% ou les 15%
- Speaker #1
d'un bout de ta toile ça me plaît mais c'est dommage parce que le reste me plaît pas quoi ça fait partie d'un ensemble tout à l'heure on a parlé de justement les murs que tu peignais les écoles, les lycées dans des villes etc etc. Comment tu commences un projet comme ça ? Est-ce que tu passes par le numérique ? Est-ce que c'est des croquis ? Ou est-ce que c'est vraiment au moment où tu peins ? Techniquement, en gros, comment ça se passe pour réaliser ce genre d'œuvre ?
- Speaker #0
Souvent, quand même, il faut rassurer le commanditaire. Que ce soit pour une école ou une entreprise ou autre, il y a quand même souvent un travail de maquette. Maintenant, moi, je leur dis tout le temps aussi que la maquette... n'est pas figé, que ça reste qu'une maquette, c'est une colonne vertébrale. Mais c'est possible que ça évolue le jour J. Après, c'est rassurant pour le commanditaire de connaître un peu les couleurs et d'avoir une vision de l'œuvre. Non, non, ouais. Et puis aujourd'hui, il faut... Enfin, là, je dérive un peu, mais c'est vrai qu'il y a aussi tout un système d'appels d'offres. Alors, pas avec les écoles, mais il y a beaucoup d'agences artistiques qui sont basées sur Paris. Les agences artistiques répondent aussi aux appels d'offres. Et après, elles appellent les artistes et elles leur demandent une maquette. Donc voilà, c'est tout un truc. Alors, je dérive un peu sur ta question, mais c'est important d'en parler parce qu'en tant que créatif, on ne peut pas toujours trouver nos plans. On n'a pas le temps de démarcher. Alors, je le fais de temps à autre, bien sûr. Mais ma priorité, c'est quand même de pouvoir créer. Et du coup, moi, je remercie aussi les agences qui font ce boulot-là. Bien sûr, ils prennent leur commission, mais c'est tout à fait normal. Et c'est aussi soit les commanditaires qui prospectent et contactent l'agence artistique. Et l'agence artistique, après, du coup, délivre un catalogue d'artistes avec des styles différents. Et c'est là que le commanditaire, en fonction de s'il veut quelque chose de... hyper réaliste, figuratif ou abstrait, pioche, en fait, dans le catalogue. Et en gros, on est contacté comme ça.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et puis après, c'est ton style qui plaît et tu vas être choisi pour tel ou tel projet. Voilà.
- Speaker #0
Et donc là, à partir de là,
- Speaker #1
il faut... Et est-ce qu'il y a des choses que tu n'as pas encore osé faire artistiquement et que tu aimerais tenter un jour ?
- Speaker #0
De plus en plus, la sculpture, mais ça demande aussi d'avoir un espace extérieur, quelque chose d'un peu plus... ça m'intéresse, donc j'y viendrai peut-être plus tard. Et là, en fait, dernièrement, on parle un petit peu, c'est l'occasion, mais c'est vrai que j'essaye d'élaborer un projet qui va... mêler mes itinérances en pleine nature, que ce soit en vélo ou à pied. Et en fait, j'essaie vraiment de créer une passerelle entre finalement mes deux passions, c'est-à-dire être en pleine nature et la création. Donc là, je suis en train de réfléchir et monter un projet qui sera plus axé sur la création en pleine nature. C'est pas forcément du land art. Du coup, c'est... pas non plus du street art, mais je m'approche plus sur une démarche conceptuelle d'art contemporain où l'idée, c'est vraiment de m'immerger dans la nature pour y réaliser des œuvres, mais que la nature intervienne directement sur les œuvres. Ça veut dire que il va falloir... Il va falloir un peu de temps, mais par exemple, j'ai envie de travailler avec de l'aquarelle et me servir de l'arroser du matin. Mais oui, voilà, où en fait, c'est l'eau qui intervient sur le papier. Et donc, je suis un petit peu en train de cheminer un petit peu tout ça. Et c'est parti aussi d'un projet. Ce projet-là, pour les gens, ils peuvent suivre ma page Insta, c'est Damien Moreau. Mais je développe un autre projet qui s'appelle Nouveau Chemin.
- Speaker #1
Je mettrai aussi les notes dans l'épisode.
- Speaker #0
Qu'on peut retrouver sur Instagram. Et en fait, à la base, vu que je fais beaucoup de vélo, j'ai commencé à faire des dessins sur mon vélo. C'est-à-dire qu'en fait, j'ai créé une planche qui est sur mon guidon et qui reprend toutes les vibrations du sentier ou du chemin que je prends. Et j'ai fait un système comme un sismographe. J'appelle ça un cyclographe, en fait. Donc c'est assez intéressant, je vous invite à aller voir sur ce compte-là. Et en fait, il y a une œuvre qui sort de ma sortie à vélo, que ça soit 25 ou 50 kilomètres. J'ai une création originale qui répercute toutes ces vibrations-là. Et donc, il y a un travail et une réflexion de cartographie aussi, de territoire. Je ne fais pas les mêmes dessins si je ne prends que la route que si je prends une... une piste ou un sentier. Et en fait, toutes ces réflexions-là m'ont amené aussi à pousser un truc un peu plus loin. Et voilà. Donc là, je n'en dis pas plus, mais il va y avoir des petites nouveautés. Maintenant, c'est à moi de créer le pont entre ma pratique de plasticien et ces nouveaux projets-là. Donc c'est pour ça que la photo va être importante à un moment donné.
- Speaker #1
Elle va faire le lien entre ces deux projets-là.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est les réflexions que j'ai pour le moment.
- Speaker #1
Ça marche. Et tout à l'heure, tu nous as dit que tu avais fait le grand saut à l'âge de 30 ans en te lançant en tant qu'artiste. Si toi, tu devais dire quelque chose à quelqu'un qui hésite à se lancer, ce serait quoi ? Quelqu'un qui ne se sent pas légitime ou qui a peur ? Est-ce que tu aurais un... Un conseil ?
- Speaker #0
Non, après, déjà, je pense qu'il ne faut pas avoir peur. Maintenant, c'est sûr que se lancer en vivre et pratiquer, ce n'est pas la même chose. Moi, j'ai encore aussi beaucoup d'interrogations, des doutes sur le choix que j'ai fait, mais il y a aussi beaucoup de joie, beaucoup de liberté. Donc, tout ça, ça s'équilibre. Après, c'est comme tout, il y a des hauts et il y a des bas. Maintenant, moi je pense j'invite les gens à s'écouter et puis à se poser la question c'est se demander s'ils sont heureux ou pas dans leur profession actuelle s'ils ne le sont pas je les invite à changer de boulot et s'ils estiment avoir l'envie et le désir de faire que de la peinture ou en tout cas de l'art en règle générale il faut foncer On n'a qu'une vie. Et puis de toute façon, tu peux essayer. Deux, trois ans, quatre ans. Si tu sens que ça ne prend pas, tu feras autre chose.
- Speaker #1
Ou à côté, comme tu dis. Ou sinon,
- Speaker #0
le faire juste à côté. Moi, je pense que c'est important de s'écouter et surtout d'être épanoui, heureux et d'acquérir de la confiance en soi.
- Speaker #1
On va se quitter sur ça, mais juste avant, je t'ai ramené, comme on a parlé d'enfance, ma petite Madeleine de Proust. On va voir si t'as connu ça. C'est le moment Michoko. Je sais pas si ça te plaît.
- Speaker #0
Carrément, ça fait longtemps. Bah écoute, merci.
- Speaker #1
Et donc voilà, le petit moment fin de l'interview. Merci beaucoup pour tout ce retour sur ton parcours et puis on te souhaite plein de belles choses pour la suite.
- Speaker #0
Merci Charlotte, à bientôt.
- Speaker #1
C'est la fin de cet épisode. Merci beaucoup de l'avoir écouté. J'espère qu'il vous a inspiré, questionné ou peut-être donné envie d'explorer votre propre chemin créatif. Si cet épisode vous a plu, vous pouvez le partager autour de vous ou lui laisser une note sur votre plateforme d'écoute. Ça aide vraiment le podcast à se faire connaître. Et pour ne rien manquer, vous pouvez vous abonner sur votre plateforme préférée et me retrouver sur Instagram arrobaselemoodboard.podcast Continuez à observer, à ressentir, à créer, parce que chaque jour est une nouvelle planche d'inspiration. A très vite pour un nouvel épisode.