- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard, un podcast qui explore la créativité à travers celles et ceux qui la vivent, la cultivent, la cherchent et la ressentent. Je suis Charlotte et je vous accueille dans ce podcast pour parler de ceux qui inspirent, de ceux qui aiment, de ceux qui nous poussent à créer. Prenez place dans ce Moodboard sonore et laissez-vous inspirer. J'ai rencontré Claire dans des conditions particulières. Je l'ai remplacée dans une agence de communication alors qu'elle était en arrêt. On a échangé quelques mails, on s'est à peine croisés, mais on s'est tout de suite connectés. Deux filles créatives qui aiment jouer avec les couleurs et les images, ça matche forcément. On s'est suivies de loin sur les réseaux, et quand j'ai su qu'elle participait chaque année à un challenge créatif autour de la photo, j'ai eu envie de l'inviter à ce micro, pour qu'elle nous raconte son parcours, directrice artistique, puis photographe, puis aujourd'hui les deux à la fois. On a parlé de son regard si particulier formé à voir les lignes et les couleurs, de sa patte en tant que photographe qui aime profondément l'humain et la joie, et de la partie qu'elle préfère dans ce métier qui est devenu le sien. Je vous laisse découvrir son histoire et je vous souhaite une très bonne écoute.
- Speaker #1
Bonjour Claire. Bonjour Charlotte.
- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
On s'est rencontré, nous, il y a une... dizaine d'années, je crois.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Dans une agence de communication.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Où je travaillais en freelance et tu étais en tant que salarié graphiste. Et depuis, on s'est suivi de loin. Mais il y a quelques semaines, on s'est recontactés et on a beaucoup parlé de nos projets respectifs. Et d'ailleurs, on ne pouvait plus s'arrêter de parler.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Donc, j'ai eu envie de t'inviter à mon micro.
- Speaker #1
Et je te remercie.
- Speaker #0
Mais avant d'en dire plus sur ce que tu fais dans la vie, J'ai une petite question pour commencer. Si on devait épingler trois choses sur ton mood board du moment, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Oh ! Alors, trois choses sur mon mood board du moment.
- Speaker #0
Ça peut être une photo, une couleur, un végétal, ce que tu veux, ce qui t'inspire.
- Speaker #1
Alors, j'aurais mis une couleur très pop, un jaune soleil qui... Pas qui pique les yeux, mais tu sais, qui est un peu chaud. mais qui est très vif j'aurais mis qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ? un truc frais, genre un verre d'eau pétillante dans un verre tu sais les Duralex qui sont un peu teintés j'ai trop envie d'en prendre en ce moment ceux-là avec quand il y a le soleil qui tape dedans ça fait des petits trucs très jolis et qu'est-ce que je pourrais mettre d'autre ? je ne sais pas pas, un troisième truc, certainement mon appareil photo, un petit Ricoh, par exemple.
- Speaker #0
Donc Ricoh, c'est la marque de ton petit appareil photo ?
- Speaker #1
Oui, c'est la marque du petit appareil que j'ai acheté exprès pour l'avoir toujours dans ma poche.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu te souviens à quoi tu aimais jouer quand tu étais enfant ?
- Speaker #1
Oh oui ! J'adorais faire des cabanes dans la nature. J'adorais grimper aux arbres, aux grand-dames de mes grands-parents à l'époque et de ma mère. Quand j'étais à l'intérieur, j'étais plus team Playmobil que team Lego. Après, j'avais un grand bureau. J'ai eu la chance d'avoir un grand bureau. Et j'avais plein de trucs pour dessiner, créer. Et je passais énormément de temps à ce bureau à faire des trucs pas toujours très aboutis ou très beaux. Mais j'avais...
- Speaker #0
Tu avais ton petit laboratoire d'expérience à disposition. Exactement. J'en viens à ma question suivante. C'était quoi ton rapport à la créativité à cette période-là ? Est-ce que le fait d'avoir cet accès-là, ça te poussait à être créative, à tester ?
- Speaker #1
Je pense... Alors, je ne sais pas si c'est une chance ou pas, mais moi, je trouve que c'est une chance. J'ai la chance d'être fille unique. Et du coup, quand j'étais petite, je m'occupais toute seule. Donc, je pense que ma créativité, elle vient pas mal de là, de je vais faire des trucs et je cherchais des trucs. Mes voisins, c'était des personnes âgées. Et j'aimais beaucoup aller discuter avec eux. Et quand je rentrais, je faisais toujours un truc en rapport avec notre discussion. Donc, je me souviens, ma voisine, elle adorait Roland Garros et elle regardait Roland Garros. Et j'étais, comment dire ? J'adorais la couleur de Roland Garros. Le vert perillé, la couleur de la terre abattue. Et j'étais allée chercher dans le jardin des terres pour essayer de me coller le plus possible à la terre de Roland Garros. Évidemment, je ne suis pas arrivée du tout. Mais je faisais toujours ce genre de petites expériences.
- Speaker #0
Donc, tu avais déjà cet œil qui regardait bien les couleurs, etc.
- Speaker #1
Oui, je pense que la couleur... couleur, ça fait partie de ma vie depuis très très longtemps, effectivement.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais déjà des idées de métier ou des envies de métier quand tu étais petite, justement ?
- Speaker #1
Alors, oui. Je voulais être, quand j'étais toute petite, je voulais être juge. Ok. Après, en grandissant, j'ai plutôt voulu être journaliste, reporter de guerre. J'étais tombée sur les bouquins de... Reporters sans frontières. Et je trouvais leur travail incroyable. Et je trouvais que c'était hyper important d'avoir quelqu'un qui nous relate ce qui se passe dans le monde et d'avoir un œil qui explique par une image ce qui se passe ailleurs. Et c'était mon gros objectif. Ma mère m'a vite dit que ce n'était pas une idée formidable.
- Speaker #0
Protection, j'imagine.
- Speaker #1
Voilà. Après, en grandissant, normalement, j'aurais dû faire des études de lettres appliquées. Et j'ai eu, je pense maintenant, la chance de rater mon bac alors que j'étais une élève brillante. Et je me suis foirée complètement sur une épreuve, ce qui a fait que j'ai tout raté. J'ai redoublé. Et du coup, après, je suis partie en art appliqué. Mais à la base, j'aurais dû faire cagne, hippocagne, les trucs chiants.
- Speaker #0
Enfin,
- Speaker #1
chiants, je ne sais pas, mais...
- Speaker #0
En tout cas, il n'était pas forcément à ton goût.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ok, donc tu pars dans des études d'art appliqué à Avignon déjà ?
- Speaker #1
Non, j'étais à Lyon à l'époque.
- Speaker #0
À la Martinière ?
- Speaker #1
Non, j'étais aux arts appliqués Bellecour, parce que j'avais fait un bac général, et la Martinière s'était réservée à ceux qui avaient fait un bac art appliqué, et moi, il fallait que je passe par la case mise à niveau, où j'ai touché à tout.
- Speaker #0
J'ai connu aussi la manna.
- Speaker #1
Et la manna, exactement.
- Speaker #0
Et du coup, ça t'a plu ces études d'art appliqué ? Oui. Tu t'es sentie à ta place ?
- Speaker #1
Ah oui, j'ai adoré. Je suis rentrée en mana en ayant l'objectif d'être archi d'intérieur. Et comme mes plans ne tombaient jamais justes, je me suis dit que ce n'était pas une bonne idée de faire ça. Mais je suis plus tombée amoureuse de la com à ce moment-là, donc j'ai fait un BTS communication visuelle. J'ai adoré ces années, c'était vraiment très chouette.
- Speaker #0
Et en sortant du coup de ces études-là, c'est quoi tes premiers jobs ?
- Speaker #1
En sortant tout de suite, tout de suite, j'avais trouvé... J'étais caissière chez Fnac-Belcourt. Vous avez la carte Fnac ?
- Speaker #0
On sent le vic.
- Speaker #1
Je m'étais dit que ça irait bien quelques mois, mais pas plus. J'ai eu énormément de chance. J'ai arrosé tout le sud-est. À l'époque, on était à Lyon. J'ai arrosé tout le sud-est de CV. J'ai trouvé par hasard du boulot à Avignon, dans mon ancienne agence sur le pont communication. Je suis rentrée là-dedans en étant graphiste. basique. Au final, j'ai vraiment appris mon métier là, à ce moment-là, grâce à un super DA qui était là avec moi. Lui a fini par partir. Du coup, je suis passée directrice artistique. Et c'est là à peu près où on s'est rencontrées. Et puis après, le studio a grossi, s'est aminci, l'a regrossi. Il a pris diverses formes. Et après, j'ai fini par m'en aller.
- Speaker #0
Et justement, ça tombe à pic, belle transition. À quel moment Tu as eu envie de te lancer en indépendante et te consacrer quasiment uniquement à la photo.
- Speaker #1
Alors, c'est marrant parce que ce n'est pas tranché comme transition. En fait, la photo, j'en ai toujours fait. Mon père m'avait filé un appareil photo. Je devais avoir une dizaine d'années, je pense. Et j'ai toujours été celle qui prenait en photo les voyages, les copains, les soirées, les vacances. Et j'avais toujours une quantité de photos avec moi. Pour moi, c'est hyper important, la photographie. Et quand j'étais en agence, donc, je faisais certaines photos pour certains clients parce qu'en fait, ils ne me fournissaient pas les bonnes photos. Ça ne m'arrangeait pas. Et donc, du coup, j'allais la faire moi. Comme ça, ça allait mieux dans mon catalogue ou dans mon annonce presse. Tu vois le truc. Et en fait, il se trouve que ces photos-là, elles étaient vraiment pas mal comparées de certains autres photographes qui m'envoyaient leurs images. Alors, je n'étais pas non plus à ce niveau, mais voilà, ça faisait le job. Et puis, par hasard, en fait, je suis tombée sur... sur un mariage et puis sur un autre et on m'a demandé de le photographier et du coup j'ai fini par faire ça à côté en parallèle et j'ai eu des petits accidents de la vie parce qu'en fait c'est de là dont on se connait je me suis cassée la jambe et j'ai enchaîné sur une grossesse ça m'a permis de réfléchir au sens de ma vie et c'est là que j'ai été prise en freelance pour te remplacer Au revoir. donc c'est plus d'avoir connu par nos fichiers interposés et en fait quand je suis revenue de ce long congé forcé ma vie elle avait bien changé puisque j'avais un petit garçon juste né et je me suis demandé ce que je foutais là en fait je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui ont dû avoir ce genre de parcours et je me suis dit bosser plus pour gagner plus d'argent pour payer une nounou plus chère Merci. est-ce que c'est vraiment ça dont j'ai envie ? Non, donc je suis partie. Ce n'était plus ma place, j'avais fait le tour, c'était cool. J'ai fait une belle expérience là-bas. Et en fait, ça s'est fait naturellement, comme on avait commencé à faire des mariages en duo avec mon mari qui est vidéaste, on a continué et ça a décollé tout de suite. Donc voilà, l'indépendance était là.
- Speaker #0
Et justement, tu photographies des mariages depuis plusieurs années, même dix ans, je crois.
- Speaker #1
C'est ma dixième saison.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ce travail t'a appris sur la manière de regarder les gens, les émotions, les moments ?
- Speaker #1
Que c'est tellement précieux qu'il y a des moments qui ne se rejoueront jamais de la même manière. Et que c'est hyper précieux d'avoir une image de ce moment-là. Parce que dans ta mémoire, tu vas le garder longtemps, ce moment, mais la photo, elle va t'aider à garder une certaine authenticité, on va dire. Puisque de toute façon, le moment qui est pris en photo par quelqu'un, ça passe forcément par son regard, donc il n'a pas tous les tenants et aboutissants de ce moment-là. Mais il y a des émotions qui passent, puis ça va plus t'aider à te rappeler des odeurs, des lumières, des sons, une ambiance globale. Et je trouve ça très chouette, quoi.
- Speaker #0
Et à quel moment tu as senti que tu avais envie d'explorer une photographie plus personnelle, plus libre ? C'est plus récent, je crois.
- Speaker #1
Ouais, c'est plus récent. En fait, ça passe par le mariage, où à l'époque, il y avait beaucoup de, on va dire, de photos à faire. Comment dire ? des espèces de codes à respecter dans lesquels je m'inscrivais, mais en fait, je n'y prenais aucun plaisir. Je faisais le truc parce qu'il fallait le faire, parce que c'était la mode. Et en fait, je me suis rendue compte que je prenais vachement plus plaisir à faire d'autres images. Une fois que celle-ci était faite, je me sentais un peu plus libre et je me régalais plus. Et au final, je me suis rendue compte que les images avec lesquelles je prenais plaisir à les faire avaient beaucoup plus d'impact auprès de mes clients. et du coup je me suis dit que c'était peut-être pas la bonne manière de photographier que j'avais, que je m'imposais peut-être beaucoup trop de choses et que quitte à être indépendante et à flinguer tous ces week-ends de l'été, autant se faire plaisir et donc j'ai développé enfin on a développé avec toujours avec Stéphane qui était mon binôme en vidéo, on a développé notre manière à nous de faire des images comment dire C'est plus en accord à comment nous, on voyait l'amour. Parce qu'à l'époque, on photographiait quasi que du mariage. Et en fait, les images très romantiques, on avait du mal à les créer et à mettre nos mariés dans ce mood-là parce que ça ne nous ressemble pas et qu'on ne s'y retrouve pas. Et donc, du coup, on s'est dit, attends, mais pour nous, c'est quoi l'amour ? C'est de la complicité, c'est des rires, c'est une explosion de joie. Après, on a pris nos connaissances de communicants et on s'est dit, on va se refaire une identité bien propre et on va essayer d'attirer que des clients dans ce mood-là. Et là, effectivement, les images, elles ont explosé.
- Speaker #0
Oui, donc ce n'était pas forcément les images traditionnelles où il y a de l'émotion, mais c'est peut-être plus calme, plus romantique. Mais toi, c'est quelque chose de plus vivant, plus coloré, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça. il y a plus Une explosion de joie. Pour nous, le mariage...
- Speaker #0
C'est par des cadrages aussi, j'imagine. Oui, bien sûr. des poses qu'on ne voit pas partout.
- Speaker #1
Oui, j'ai tendance à shooter avec un grand angle pour accentuer les mouvements, pour rentrer vraiment dans l'image, pour être le plus immersif possible. Et oui, je sélectionne les images où il y a le plus d'émotions. Sur un visage, par exemple, l'avantage de la photo, c'est que tu figes une microseconde. Donc, ouais, c'est facile, en fait.
- Speaker #0
Et tu as eu l'impression, du coup... quand tu as fait la bascule d'être beaucoup plus créative, en tout cas beaucoup plus en lien avec ta créativité ?
- Speaker #1
Oui, dans le sens où je cherchais des choses qui me faisaient plaisir. Donc, j'ai lié l'instinctif à la créativité. J'avais moins la réflexion de « attends, il faut faire ça » ou il fallait moins que je plonge dans mon énergie de « attends, j'ai vu ça, il faudrait que je le recrée, comment ça marche ? » ah oui, ça me plaît pas trop, mais c'est pas grave. Là, je trouve qu'avoir ce genre de démarche-là, ça demande énormément d'énergie. Alors que quand c'est un truc que tu kiffes faire, ça s'enchaîne tout seul. Donc la créativité, pour moi, elle a été beaucoup plus libre à partir de ce moment-là. Et puis elle a été beaucoup plus libre à partir du moment où j'ai compris que les gens me faisaient confiance et que je pouvais être 100% moi-même et que c'est ça qu'ils venaient chercher.
- Speaker #0
C'était pas la photo de mariage traditionnel, c'était ton style et ton œil.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Tu as créé un collectif qui s'appelle Voir la lumière, avec une autre photographe qui s'appelle Caroline Cuinet.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et notamment, dans ce collectif, il y a un challenge qui s'appelle 100 jours de lumière.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Comment est née cette idée déjà ? Et qu'est-ce que ça peut apporter ce challenge créatif ?
- Speaker #1
Alors, pour la jeunesse de tout ça, c'est Caro Cunet, qui est une amie et photographe, qui, elle, a créé ce challenge-là pour elle. Elle l'a fait pendant plusieurs années, de son côté, avec quelques-unes de ses amies. Et en fait, au moment du confinement, c'est en 2020, elle l'a ouvert à toute une communauté de photographes qu'elle avait. dont je faisais partie parce que Caro était une formatrice et j'avais suivi un de ses workshops sur la photo de famille et l'identité visuelle via l'image. Et donc, j'ai fait ce challenge-là pendant trois ou quatre ans, je pense. Je trouvais que c'était hyper intéressant. Déjà, la première année, je l'ai fait pendant le confinement. Donc, ça tombait bien. Il fallait que je m'occupe.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux dire les règles ? parce que du coup, ceux qui nous entendent ne connaissent pas le challenge.
- Speaker #1
Le challenge s'appelle 100 Days of Lumière. Ma copine, elle est bilingue. Elle a vécu très longtemps à l'étranger. J'aime beaucoup ce mélange de franglais parce que ça lui ressemble beaucoup. L'idée, c'est de prendre une photo chaque jour pendant 100 jours. Tu as toute une notion de résilience et d'observation. et de process qui est vraiment présente. Et ton sujet, ce sera la lumière. Donc ces cinq jours-là, en fait, ça te sert à observer la lumière et à sortir une photo, enfin en tout cas à prendre une photo par jour dont le sujet est la lumière. Donc ça va t'obliger à la regarder, à l'observer, à comprendre comment elle fonctionne, si elle rebondit, si elle prend une couleur, si elle danse, si elle est franche. Il y a tellement de choses à faire avec la lumière. Et Caro a créé ce challenge-là. En fait, ça vient de, je crois, une Américaine qui avait lancé un truc « 100 days off » et tu mets ce que tu veux dedans. Et elle, elle s'était dit « ça sera la lumière » parce qu'elle habitait en Asie et que la lumière là-bas n'a rien à voir avec la lumière européenne via l'hydrométrie, etc., ambiants. Et elle s'est dit « bon, il va falloir que je réapprenne à l'observer » . Et donc, elle s'est servie de ça. Et je ne sais plus où je voulais en venir, mais voilà.
- Speaker #0
Et non, c'est moi qui t'ai coupée pour qu'on rappelle ce que c'était. Mais du coup, tu as commencé ce challenge pendant le Covid. C'était intéressant. C'était la première fois que tu le faisais ?
- Speaker #1
C'est la première fois que je le faisais. C'était pendant le confinement, effectivement. Où je m'étais dit, oui, allez, travaillons sur la lumière. Parce qu'il y avait, moi, en tant que photographe pro, des lumières avec lesquelles j'étais moins à l'aise. Et je m'étais dit que c'était... un super moyen justement pour soit les contourner en gros, soit les apprivoiser. Et la petite histoire rigolote, c'est que la lumière que je redoutais à l'époque, c'était la lumière dure, donc la lumière de 14 heures, la lumière plein phare.
- Speaker #0
Le soleil très franc, en plus on est dans le sud, donc je pense que c'est encore différent d'autres endroits.
- Speaker #1
Et c'est aujourd'hui la lumière avec laquelle je préfère travailler. Donc c'est assez rigolo là-dessus. Et oui, j'ai fait ce premier challenge en étant confinée. donc Je pense qu'au bout de dix jours, je me suis dit qu'est-ce que j'ai fait ? Parce que j'aime bien finir les choses que je commence, mais je me suis dit, oulala, mais en fait, t'es enfermée entre quatre murs, donc ça va être un peu long. Et au final, ça m'a permis de me rendre compte que dans un petit espace ou dans un quotidien, t'as mille choses créatives à faire si tu prends le temps d'observer et si tu as ton process d'essayer d'observer différemment. Et ça, ça a été vraiment riche. Et c'était super satisfaisant, forcément. Donc l'année d'après, je l'ai refait. L'année d'après, je l'ai refait. Et puis il y a eu un moment où Caro m'a envoyé un message en me disant, bon, en fait, le challenge toute seule, je commence à être... On est trop nombreux, j'y arrive plus. Donc est-ce que tu veux bien venir m'aider ? Parce qu'elle, elle avait une grande ambition sur ce challenge et elle a raison. Donc le collectif Voir la lumière est... est née et on essaye maintenant de l'animer et de l'ouvrir au plus grand nombre.
- Speaker #0
Et cette année, il me semble qu'en plus, c'est les 10 ans. Donc, il y a une expo. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
Elle s'appelle la Grande Expo. Caro, à juste titre, avait envie de fêter les 10 ans du Challenge. Alors, c'est marrant parce que quand elle m'a envoyé un bouquin en disant « Eh, mais c'est les 10 ans du Challenge cette année ! » pas du tout, ça fait que 6 ans, mais elle avait 4 ans d'avance. Et donc, je lui dis, oui, oui, faisons ça, effectivement, c'est hyper important de célébrer ce genre de choses-là. Et je sais qu'elle avait en tête depuis très longtemps de faire une expo avec les participants au Challenge. Mais ça me paraissait hyper complexe parce qu'en fait, il y a des gens qui participent sur la France entière, voire à l'international, et du coup, je me suis dit, on va faire des frustrés, ça va être très difficile. Et là, elle m'a dit, à temps, j'ai pensé à tout. Donc l'idée, c'est que chaque personne qui a envie de participer à l'expo imprime la photo de son choix, idéalement, enfin non, une photo qui a été faite lors d'un des challenges, et aille l'exposer dans un lieu qui compte pour lui. Donc que ce soit un lieu dans lequel il aime aller, ou que ce soit un lieu, le lieu dans lequel la photo a été prise, enfin, ça peut être tout et n'importe quoi. Et nous, on a créer une plateforme en ligne avec une map de toutes les personnes qui ont exposé. Et donc, quelles photos et à quel endroit, par quel photographe. Et on a fait aussi une expo virtuelle. Donc, on peut se balader dans un musée virtuel avec toutes les photos. On est une grosse trentaine là à avoir exposé ça. Et c'est chouette parce que ça nous a permis à tous de... se replonger dans nos anciens challenges, de voir les images qu'on avait faites. Il y avait plein d'images que j'avais oubliées. Forcément, je suis allée l'exposer chez Cindy, chez CQFD, que tu connais très bien.
- Speaker #0
Oui, je l'ai vue derrière ta photo. Elle est vraiment belle. On dirait une affiche. C'est très graphique.
- Speaker #1
C'est mon côté graphique. Mais c'est drôle parce que je n'avais pas du tout cette image-là en tête à la base. Et quand j'ai pensé à Cindy et que je l'ai contactée, je me suis dit Merci. celle-là elle correspondrait peut-être plus et du coup je lui ai fait choisir et elle a pas hésité une seule seconde donc c'est assez drôle l'autre je l'exposerai à un autre endroit un jour ou chez Cindy mais à un autre moment donc voilà et c'est super riche parce que ça nous permet d'oser ça nous permet de s'exposer un peu aux yeux du monde j'ai quelques personnes qui sont venues me voir parce que j'ai pour le moment pas mis mon nom sous cette photo faut que j'envoie un petit cartel à Sidi peut-être ce serait pas mal et j'ai deux trois copines qui m'ont dit mais c'est ta photo ça là-bas non ? t'as été démasquée mais ça me fait super plaisir parce que je me rends compte que que ça y est, j'ai une vraie patte, que je mérite en fait d'être exposée et que ma créativité, elle est qu'au début d'une longue histoire, j'espère. Voilà.
- Speaker #0
Est-ce que justement, faire une expo de photos, ça sera un peu dans ta liste ou dans ta dream liste, ça fait un jour ?
- Speaker #1
C'est un peu dans ma dream liste, effectivement. Ça viendra.
- Speaker #0
Il y a Arles pas très loin de chez nous. Ça peut se faire.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et je rappelle que ce challenge est ouvert, on ne l'a pas expliqué, mais à tous. Oui. que ce soit des photographes professionnels, amateurs, appareils réflexes, comme tu disais Rico, donc petit appareil numérique argentique au téléphone.
- Speaker #1
Il y a une nana qui s'appelle Mia qui le fait au Polaroid. C'est superbe. Il y en a beaucoup qui le font à l'argentique. Ça leur permet de ressortir leur vieux boîtier et de créer différemment, de prendre le temps. Et oui, évidemment, c'est ouvert aux amateurs comme aux pros. c'est un challenge qui est gratuit on a créé un forum discord pour que les participants puissent se motiver, s'entraider etc et Caro et moi on essaye d'impulser un peu d'inspiration là-dedans l'année dernière on en avait fait beaucoup avec des invités des photographes assez renommés entre guillemets on fait des live inspi le jeudi donc là on va faire une fois tous les 15 jours parce que ça prend beaucoup d'énergie et de temps quand même à organiser ces petites choses et cette année ce sera on va inviter que des anciens participants du challenge pour qu'ils nous expliquent justement qu'est-ce que ça a changé dans leur manière de photographier, de voir le monde de créer moi je suis plus dans le comment dire, dans la création un peu instinctive et Caro qui est une ancienne prof, elle est très dans l'explication des processus et c'est Merci. hyper enrichissant de l'écouter parce que parce que c'est... Ouais, elle théorise tout et elle met les bons mots, quoi. Donc c'est pratique.
- Speaker #0
Moi, je parlais des contraintes créatives dans un précédent épisode et c'est ça, en fait. C'est se mettre cette contrainte de tous les jours pendant 100 jours. Et en plus d'avoir une thématique, la lumière, on a déjà ces deux curseurs qui nous aident à être créatifs.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et en plus... parler du côté inspiration, il y a aussi ça, c'est se nourrir, aller voir les photos des autres et voir, voilà, ça apporte forcément quelque chose.
- Speaker #1
Tout à fait. Et c'est drôle parce que c'était notre live Inspi d'hier sur l'inspiration, justement. Parce qu'il y a pas mal de monde qui, on trouve, confondent inspiration et copie. Oui, c'est un sujet, ça. Et en fait, l'inspiration, c'est tellement important et il faut... Je vous invite du coup à aller écouter le live inspi qu'on a cette année mis en replay, s'il vous plaît, sur Substack. Oui, puisque vous pouvez trouver le challenge sur Instagram. Donc, il y a le compte du collectif. Il y a un compte Substack où on essaye de faire des newsletters. On va mettre en ligne les lives, etc. À terme, on aimerait proposer des choses un peu plus personnalisées. Moyenne en rémunération, forcément, mais pour aller encore plus loin grâce à ce challenge. Et il y a le Discord qui est tout accessible avec une mine d'or d'informations et de ressources qui est vraiment chouette. Et du coup, dans le live d'hier, on parlait de comment tu te sens quand tu es inspiré et d'apprendre à reconnaître ces signes-là. est-ce que Est-ce que c'est quelque chose que tu observes et que tu dis « Tiens, il faudrait que je fasse ça un jour, ce serait intéressant » et tu l'as en espèce de tâche de fond et ça se construit au fur et à mesure ? Ou est-ce que tu as une inspiration avec une envie de créer, impatiente, immédiate, et qu'il faut que tu arrives à, pas à réfréner, mais à analyser, à prendre un peu de recul et justement à y apporter ta patte ? Et comment tu le fais ? Comment tu y réfléchis ? Et Caro a expliqué ça très bien. Essaye d'analyser comment tu te sens pour reconnaître auquel âge je suis inspirée et en fait, dans quelles conditions ça revient, cette inspiration, et de te créer ton espace inspirationnel. Elle, par exemple, elle se sent toujours inspirée quand elle va se balader pieds nus dans l'herbe. Donc, elle va se balader pieds nus dans l'herbe et ça vient.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que maintenant que tu le dis, c'est hyper intéressant. Moi, c'est souvent quand je bloque, d'ailleurs, devant l'ordi chez moi et je vais faire du vélo, je vais en ville et tout. Et c'est là que viennent les idées. Donc, ce n'est pas forcément quand tu es en train de regarder quelque chose qui t'inspire, mais plutôt plus tard, quand tu lâches un peu.
- Speaker #1
Oui, quand tu mets ton cerveau en pause au final. Les inspirations qui viennent sous la douche ou au moment du coucher. Exactement. Ou en conduisant. C'est ça. Qui a des notes vocales dans son téléphone ?
- Speaker #0
Je lève la main. Et est-ce que tu dirais que ton œil de directrice artistique, ça influence ta manière de photographier ?
- Speaker #1
Évidemment.
- Speaker #0
Évidemment. J'ai la réponse parce que moi, je connais tes photos.
- Speaker #1
Je les mettrais en story.
- Speaker #0
Mais voilà, comment tu peux expliquer à des gens qui peut-être connaissent ? Pas trop le graphisme et la photo. Comment ça se lit ?
- Speaker #1
En fait, en graphisme... Déjà, je pense que ça dépend de quel graphisme tu es issu, avec des gros guillemets. Nous, on a travaillé dans une agence de communication print. Donc, moi, j'ai eu une grosse culture édition. Donc, ben... Il faut qu'il y ait des lignes, il faut que ce soit aligné, il faut qu'il y ait une place pour chaque chose, il faut qu'il y ait des espaces pour faire ressortir des éléments, un titre, un ressorti, une information importante. Et en fait, je construis mes photos pareil. Et ça a mis un moment à ce que je comprenne ça et à ce que je l'accepte. Parce que comme j'avais quitté ce monde-là... pour diverses raisons, et il y avait une petite raison émotionnelle à laquelle je ne voulais plus adhérer. J'ai fait un rejet, en fait, pendant quelques années. Et à partir du moment où j'ai accepté tes directrices artistiques et tu as une vision graphique de la vie, et tes cadrages seront graphiques, et en fait, c'est ça ta force et c'est ça ton œil, à partir du moment où j'ai accepté ça, mes photos, elles ont... explosé parce que je les ai encore plus assumés et l'avantage qu'on a en tant que graphiste c'est qu'on connait toute la théorie des couleurs les couleurs complémentaires, les oppositions qu'est-ce qui va bien avec quoi les lignes les lignes de force etc et ça on se rend compte qu'il y a énormément de photographes qui n'ont pas ça instinctivement en fait qui n'ont pas eu cette culture ou tout cet apprentissage qu'on a pu avoir en cours
- Speaker #0
cours d'art appliqué.
- Speaker #1
Et puis en pratique, quand tu fais un logo, c'est quelque chose de vert par exemple, tu sais que ça va aller avec une couleur chaude, donc tu vas mettre du jaune, du terracotta, ou un bleu qui tranche, mais tu sais qu'avec un vert sur vert, tu ne vas pas aller très loin.
- Speaker #0
Oui, c'est super intéressant. Ce mélange de... de ce que tu as appris, de tes expériences qui se retrouvent dans ta photo et le côté assumé.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant quand tu discutes avec des photographes ou même des artistes, de leur demander c'est quoi leur parcours de vie ? Est-ce qu'ils ont eu un autre métier avant ? Et en fait, je trouve que chaque personne a son œil propre à son histoire. Les personnes qui... J'ai rencontré une photographe qui avait été architecte. Elle prend très rarement des détails en photo. Elle a toujours une vision hyper grande, avec des grands espaces, des lignes très droites. Et en fait, on retrouve l'essence de l'archi. Et au contraire, une personne qui est plus dans la... C'est une copine qui fait de la céramique maintenant. Elle, dans ses images, il y a beaucoup de matière, en fait. Mais parce qu'elle travaille la matière avec ses mains et que c'est un truc qui lui tient à cœur. Je trouve ça hyper intéressant de poser la question à chaque fois. Et toi, tu fais quoi ? C'est quoi tes passions ?
- Speaker #0
Ça me vient comme ça, mais une photographe que j'aime beaucoup, qui prend beaucoup de photos de naissance, donc des peaux, des bébés nus, des femmes et tout, ces photos sont sublimes. Et elle était infirmière. Donc je pense qu'il y a un rapport avec le corps et tout, l'humain. Oui, c'est hyper intéressant, effectivement. Et qu'est-ce que c'est tes envies pour la suite ?
- Speaker #1
Oh là là !
- Speaker #0
vaste débat est-ce que comme tous les créatifs tu as mille idées et tu ne sais pas laquelle à vous dire non ça va,
- Speaker #1
ça a été mon objectif ces deux dernières années en fait, parce que le mariage ça fait dix ans qu'on en fait et je pense que j'ai fait le tour je m'amuse toujours mais pas autant que ce que j'ai pu m'amuser en fait si je m'amuse toujours autant mais il ne faut pas qu'il y en ait trop Donc, j'essaye de réduire un maximum le nombre de mariages. Et en fait, je me régale beaucoup plus dans l'identité de marque via l'image. Donc, je reviens à mes premières amours. Mais je trouve ça hyper intéressant de comprendre c'est quoi la marque d'une société ou d'une personne et d'aller en faire des images qui vont lui servir dans sa com. Et l'avantage que j'ai, c'est que Merci. comme je sais comment on va se servir de cette photo pour faire de la communication, les images... J'ai une copine qui m'a dit, c'est trop cool tes images, c'est des outils de com' à elle toute seule. Et ben voilà !
- Speaker #0
Voilà, bon ben super. Et qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?
- Speaker #1
Encore plus de créativité, parce que... Je me rends compte aussi que travailler pour les autres, c'est bien. Mais faire des photos pour soi, c'est tellement important. Et moi, je l'ai trouvé via ce challenge. Et en fait, ça m'a donné une espèce de routine créative que je lâche rarement de toute l'année. Et ça, mais faites-le créer pour vous. C'est tellement important.
- Speaker #0
Que ce soit en photo, en dessin, en tout. Gardez un petit moment créatif. Mon podcast est là pour ça.
- Speaker #1
Oui !
- Speaker #0
On arrive donc à la fin de cette interview. Et avant de se quitter, je ne sais pas si tu as écouté les précédents épisodes. Non,
- Speaker #1
j'ai voulu garder la surprise.
- Speaker #0
Eh bien, il y a une petite traduction. Vu qu'on a parlé beaucoup d'enfance, je t'ai ramené ma madeleine de Proust. Oh oui, tes petits chocos ! Ça fait le même effet à tous les gens nés dans les années 80.
- Speaker #1
Tu sais que tu mets ça dans un... Tu fais des petits fondants au chocolat. Et tu le fous au milieu juste avant de le mettre dans le four. Pépite ! Ah,
- Speaker #0
je n'ai jamais essayé.
- Speaker #1
Eh bien voilà.
- Speaker #0
Bon là, c'est le classique, c'est le brut, c'est nature. je t'invite à en prendre merci beaucoup pour cet échange merci à toi je te souhaite de très beaux projets photos ou pas, créativité beaucoup merci beaucoup et j'ai hâte d'écouter tous les autres podcasts et puis grâce à toi aussi et à ton challenge je me suis pris au jeu à refaire des photos et à observer je trouve ça très chouette et j'invite tout le monde à tester même si c'est pas Voilà, le démarrage est parti. Comme tu disais, on peut prendre à n'importe quel moment.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Vraiment, allez voir ce que fait Claire. Je mettrai toutes les notes dans l'épisode.
- Speaker #1
Et puis, si vous n'arrivez pas à sortir une photo par jour, ce n'est pas grave. Vous pouvez en sortir quatre un jour et pas pendant dix jours. Personne ne vous tapera sur les doigts. Mais faites-le pour vous.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Claire.
- Speaker #1
Merci à vous. À bientôt.
- Speaker #2
Voilà. C'est trop bien. C'est comme quand on a un iPhone.
- Speaker #1
Merci pour le micho.
- Speaker #0
C'est la fin de cet épisode, merci beaucoup de l'avoir écouté. J'espère qu'il vous a inspiré, questionné ou peut-être donné envie d'explorer votre propre chemin créatif. Si cet épisode vous a plu, vous pouvez le partager autour de vous ou lui laisser une note sur votre plateforme d'écoute. Ça aide vraiment le podcast à se faire connaître. Et pour ne rien manquer, vous pouvez vous abonner sur votre plateforme préférée et me retrouver sur Instagram. podcast. Continuez à observer, à ressentir, à créer, parce que chaque jour est une nouvelle planche d'inspiration. A très vite pour un nouvel épisode.