- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard, un podcast qui explore la créativité à travers celles et ceux qui la vivent, la cultivent, la cherchent et la ressentent. Je suis Charlotte et je vous accueille dans ce podcast pour parler de ceux qui inspirent, de ceux qui aiment, de ceux qui nous poussent à créer. Prenez place dans ce Moodboard sonore et laissez-vous inspirer. J'ai découvert le travail de Mai Wen sur un puzzle, un joli paysage fait à la main qui a su tout de suite capter mon regard et me rappeler mes vacances en Bretagne. Parce que oui, Mai Wen, un prénom 100% breton, ce qui l'anime c'est de créer tout un univers qui met en avant le patrimoine breton, lieu de son enfance et de ses racines. D'ailleurs enregistrer un épisode avec Mai Wen ça fait un peu l'effet d'une tempête bretonne. Je me suis laissée embarquer dans son récit avec toute sa fougue Sa joie, sa bonne humeur et son énergie débordante. Dans cet épisode, on parle de devoir toujours justifier ses choix. D'abord, ses choix graphiques pendant ses études, puis auprès de ses clients. Et enfin, ses choix de vie personnel. On a aussi parlé de son processus créatif, qui compte presque plus pour elle que le travail fini. On a parlé aussi de ses études, de ses premiers boulots, du chamboulement après l'arrivée de son enfant en plein confinement, et de la naissance d'une marque. qui porte fièrement les couleurs de sa Bretagne chérie, Amour Breton. Je vous laisse découvrir son parcours et je vous souhaite une très bonne écoute. Bonjour Maïwenn.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue dans le Moodboard.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Et merci de prendre un peu de temps pendant tes vacances pour venir ici à mon micro.
- Speaker #1
Avec grand plaisir, merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Il faut que je raconte quand même cette petite anecdote sur notre rendez-vous du jour. C'est fou parce que je te suis depuis quelques temps sur Instagram. Tu étais sur ma liste d'invités depuis le début. Mais déjà, je pensais que tu habitais en Bretagne. Finalement, tu habites plutôt vers Paris. Mais je me suis dit, comme on n'est pas très proche, ça va être compliqué. Finalement, j'ai commencé les interviews en visio. Donc je me suis dit, pourquoi pas ? Je te laisse un petit commentaire sur une photo Instagram. En te demandant est-ce que tu ne viendrais pas dans le podcast, tu me dis c'est fou mais la semaine prochaine je suis à Avignon.
- Speaker #1
Vraiment j'étais là, comme quoi des fois il faut juste demander et l'univers te répond.
- Speaker #0
Donc voilà, franchement trop contente. Merci de t'être échappée quelques moments de ta vie familiale pour répondre à cette interview.
- Speaker #1
Avec grand plaisir, ça me fait trop plaisir d'être là.
- Speaker #0
Alors avant de commencer et de dire tout ce que tu fais dans la vie, j'ai une petite question. Est-ce que tu pourrais me donner les trois choses qu'on accrocherait sur ton mood board du moment ?
- Speaker #1
Alors sur mon mood board du moment, je bosse sur un projet qui est vraiment très cool pour Noël 2027. Et donc, je ne peux pas en dire trop, mais du coup, c'est vraiment beaucoup dans mon mood board du moment. Donc du coup, il y a vraiment cette partie-là qui est très florale, très... Très très cabinet de curiosité qui va être vraiment cool et qui prend une grosse partie de mon cerveau en ce moment en termes d'inspiration. Il y a les vacances, évidemment. Donc on a de la balade, beaucoup de shorts, il fait vraiment très chaud. Sur mon mood board, il y a des grosses gourdes. On va se mentir, je viens de m'acheter la gourde du Louvre en collaboration avec Luc Edouard Hold, que j'aime tellement. Donc ça pareil, Luc Edouard Hold est toujours un peu dans les endroits de mon mood board. Et après, qu'est-ce qu'il y a d'autre dans mon board du moment ? Je viens de me réveiller.
- Speaker #0
Ça peut être des couleurs, des chansons, des humeurs. Toi qui es la reine du mood board en plus, parce que je les ai vues.
- Speaker #1
En plus, je connais tes questions. Je ne sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé sur la rejetée, sur d'autres trucs. J'ai très envie de mer et d'horizon. Je le mets dans un coin de ma tête parce qu'on a fait des vacances assez citadines. Je crois que dans mon mood board du moment, il y a vraiment des grands horizons, des grands champs et de la mer à perte de vue. C'est le truc qui m'accompagne. Je pense que j'ai une vie intérieure visuelle très riche pour pouvoir compléter, pallier un peu avec ce que je vis au quotidien.
- Speaker #0
Ok, merci. On va repartir un petit peu dans ton enfance. Est-ce que tu te souviens à quoi t'aimais jouer quand tu étais enfant ?
- Speaker #1
J'adore cette question. Du coup, je jouais à... Je me déguisais tout le temps. Je passais ma vie à me déguiser, à me déguiser en princesse, beaucoup, Mais ouais, j'étais... Ma mère me faisait mes déguisements, me faisait mes habits. Donc du coup... Du coup, je pouvais arriver, je disais je veux ça, ça, ça. Et du coup, plus tard, ado, il y avait aussi cette notion de se costumer où je trouvais, tu sais, en Bretagne, dans la campagne, clairement, le seul magasin, c'était Mime. pour toutes celles qui sont nées dans les années 90 et oui je me suis fait flue et voilà, il n'y avait que mime tu vois et donc et du coup en fait je prenais des magazines je demandais à ma mère de me faire des pantalons j'avais une de mes meilleures copines qui habitait juste à côté où sa mère aussi lui faisait ses fringues donc du coup on se les échangeait, tout ça et donc ouais c'était se déguiser, s'imaginer des trucs et passer du temps dans ma chambre à à vivre une vie parallèle de Châtelaine. Et c'était le thème de tous mes anniversaires, tout le monde venait... En tout cas, j'avais de quoi habiller toute la classe,
- Speaker #0
donc tout le monde finissait déguisé dans tous les sens, et donc ça donnait quelque chose d'assez joyeux,
- Speaker #1
un peu costumé.
- Speaker #0
Et ta maman, du coup, elle avait des compétences de couturière ?
- Speaker #1
Bah ouais, en fait, elle est ultra manuelle. Mes deux parents sont très manuels. Mon père, il est plus dans... Il a fait un CAP menuiserie. Et donc, maintenant, il est cadre commercial dans une entreprise qui vend de l'emballage alimentaire. Donc, rien à voir. Mais du coup, il a gardé vraiment cette compétence-là. Et donc, ma mère, elle, elle est infirmière. Mais elle peint, elle coud, elle... tricote beaucoup, elle avait une brodeuse, enfin elle a toujours eu une brodeuse, enfin c'est quelqu'un d'hyper manuel et donc à la maison c'était assez fréquent que tu reçois le côté ouest. Tu dis ah bah tiens ces gens là ils ont fait leur plan de travail comme ça dans la cuisine et ma mère qui regarde mon père qui dit mais attend là bas on n'a pas une planche de bois qui ressemble un peu à ça et mon père qui dit mais bien sûr, et t'as dit attends moi je crois que je vais... un reste de peinture là-bas. Et en fait, en un week-end, la maison, elle a changé de tête parce que d'un coup, mes parents se sont chauffés pour changer un peu la déco. Donc c'était un peu ça. J'ai toujours vu un peu...
- Speaker #0
Tes parents se faire par eux-mêmes.
- Speaker #1
Ouais. Tu vois, mon père, là, il a fait... Du coup, mes parents se sont séparés. Mon père, il a fait une dépendance à côté de la maison avec un ami de mon frère. Mais en fait, ils l'ont fait tout seul, quoi. Du coup, tu reviens et t'es là, ah, c'est une dépendance avec une salle de bain,
- Speaker #0
machin.
- Speaker #1
Tu vois, il y a un truc un peu... Et du coup, ce que je trouve hyper cool, c'est que j'entends beaucoup de gens qui me disent « j'ose pas crier » ou « j'ose pas le faire » et tout. Et en fait, c'est vrai que moi, j'ai tellement vu mes parents se lancer dans des trucs. Enfin, attends, je sais pas, faire une table, c'est quatre pieds, une planche.
- Speaker #0
Bon,
- Speaker #1
et on va peut-être voir ce que ça donne, quoi. Et donc, ça m'a vachement, je pense, aidée à des... T'as intégré ce truc de faire des trucs quoi.
- Speaker #0
C'est possible un peu, comme ils étaient deux, avoir des compétences qui se complètent. Génial. Tu vas avoir un peu du matériel, de la peinture, tout ce qui était à disposition.
- Speaker #1
Et ma mère, du coup, il faisait aussi beaucoup de jardinage. Donc, pareil, tu vois, une relation à la terre qui était assez forte. On mangeait les légumes du jardin, c'était fleuri avec les fleurs de la maison. Il y avait vraiment cette espèce d'autosuffisance de beauté, tu vois, presque un peu, que je trouvais assez cool.
- Speaker #0
Et justement, c'est important pour la suite. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu d'où tu viens, où tu as grandi ?
- Speaker #1
Du coup, moi, je viens des Côtes d'Armor, donc la côte nord de la Bretagne, où j'ai fait toute mon enfance jusqu'à mes 20 ans. Et donc, j'étais en école bretonne jusqu'au collège, enfin jusqu'à la fin du collège.
- Speaker #0
C'est vrai que vous parlez en bretonne ? Oui,
- Speaker #1
j'étais qu'en bilingue. Du coup, en bretonne-bretonne. Et après le collège, j'avais quelques matières en bretonne et quelques matières en français. Donc, les maths, l'histoire et le bretonne et la musique, c'était en bretonne. Principalement, j'ai passé le bac en... Attends, c'est le brevet. Le brevet en troisième. J'ai passé le brevet, du coup, dans ces matières-là en bretonne. Et en vrai ça donne quand même un bassin qui est assez intéressant parce que c'était un peu bobo quand même à l'époque cette partie là. Il y a quand même cette forte notion d'appartenance à un héritage tu vois. On faisait beaucoup les fesses noces du coup parce que tous les élèves de toute l'école allaient dans les fesses noces. Donc en fait moi mes parents s'ils voulaient voir que je m'amuse et qu'eux ils boivent des coups. En vrai, ils allaient tous au même endroit. Donc, en fait, j'ai passé toute ma vie dans des fesses noses. Je pense que ça teinte aussi beaucoup la création que j'ai aujourd'hui avec Amour au Breton parce qu'il y a quand même une notion très ludique et presque un peu enfantine aussi dans la manière d'aborder cette marque-là. Et je pense que c'est aussi parce que du coup, mon rapport à la Bretagne, à l'héritage de la Bretagne, il se fait beaucoup par la phase d'éducation que j'ai eue. Et donc, par les livres, par la musique. Parce que du coup, tu sais, quand tu es en petite section maternelle, ben en réalité, Moi du coup je me rappelle de tous les comptines.
- Speaker #0
L'apprentissage ça se fait comme ça, par tout ce qui est soit visuel, soit les musiques. Exactement,
- Speaker #1
et du coup je me rappelle de toutes les comptines, des danses qu'on faisait, tout ça. Donc c'est aussi, j'ai gardé tout le vocabulaire enfantin, donc je sais encore dire comment on va aux toilettes, je sais encore dire plein de trucs un peu comme ça, mais c'est vrai que tout ce qui élaborait une pensée complexe, je suis là, oula par contre là, j'ai perdu tout mon breton. Et donc après, j'ai fait... J'ai redoublé deux fois. J'étais dyslexique. Après, je ne sais pas. À l'époque, c'était ça. Je ne sais pas.
- Speaker #0
Ça te plaisait l'école ou pas ? J'aimais trop.
- Speaker #1
J'avais toutes mes potes. Tu as un endroit où tous les jours, tu y vas. Tu as toutes tes copines. Tu manges. Donc c'est pas mal tu vois. Et franchement, je sais pas, j'aimais bien les profs, j'aimais bien même les CPE et tout. Enfin moi j'ai trouvé ça vraiment le côté un peu... Enfin moi j'aime bien la foule tu vois. Enfin en fait j'aime bien les endroits où malgré tout il y a un peu de foule et... Je pense que c'est pour ça que j'aime bien vivre à Paris aujourd'hui aussi. Et du coup je sais pas, j'aimais bien... J'étais là, j'ai toujours été déléguée de classe, enfin tu vois. Mais par contre je passais à côté du concept. Par contre l'apprentissage c'était pas ça. ça rentrait pas dans la tête je pense que ça devait pas m'intéresser beaucoup non plus je voyais pas trop d'intérêt et j'avais trop du mal à me concentrer et j'étais beaucoup plus concentrée sur les petits potins, les petits machins, les petits trucs donc j'ai redoublé ma quatrième évidemment c'est pas avec des potins que tu passes en quatrième tu vois en troisième donc après je suis tombée dans une classe qui était encore mieux donc c'était vraiment cool et après je suis arrivée en seconde et là en seconde j'ai redoublé Merci. Parce que pareil, je suis tombée amoureuse et là,
- Speaker #0
là c'était vraiment le...
- Speaker #1
Ah bah là c'était... laisse tomber. J'ai trouvé mes deux meilleures copines et je suis tombée amoureuse. J'ai complètement oublié d'aller à l'école.
- Speaker #0
Ça vaut en renouvellement.
- Speaker #1
Bah ouais, franchement c'était chouette quoi. Sauf que du coup mon copain m'a larguée après. Et du coup je me dis merde, j'ai déjà redoublé deux fois. Tous mes potes ils sont... Je tenais quand même déjà avec des gens qui étaient plutôt dans le milieu de l'art. Et donc j'ai pas mal de potes en école d'archi. en école de webdesign, tu vois, et qui était déjà à Paris, parce que c'est là que se faisaient les études. Et moi, j'étais là, genre, mais je suis toujours en seconde, quoi.
- Speaker #0
Enfin, là, il y a un petit décalage. Je vais m'en laisser mentir. Et donc, j'étais là,
- Speaker #1
merde. Et vu qu'ils m'avaient larguée, j'étais là, genre, je suis sûre, c'est parce que je suis débile et tout, donc il faut que je devienne, genre, la meuf la plus futu de la Terre. Et vu qu'il n'y avait plus aucune école qui voulait de moi, parce que vraiment, genre, c'était la Qatar, donc j'ai fait un bac pro métier de la mode et du vêtement. Ok. parce que c'était le seul truc qui m'intéressait donc quand vraiment en seconde on a su que c'est mort avec 3 de moyenne générale tu ne passes nulle part, j'avais une pote qui me dit ah ouais en vrai j'ai fait un bac pro métier de la mode et du vêtement avant de venir ici, moi je te vois bien là-dedans le seul truc qui a l'air de t'intéresser dans la vie c'est genre tes potes mais ça ça n'existe pas un bac pro pote, donc peut-être tu peux faire l'autre truc c'était je me changeais genre 4-5 fois par jour donc peut-être tu peux faire un truc dans la sape et en fait j'ai trop kiffé Et c'était trop bien, et je suis tombée dans une super classe en plus, et j'avais des preuves de dingue, et attention je suis en SPM,
- Speaker #0
donc il y a moyen que je pleure à chaque moment d'épisode de ce podcast. Mais c'est pas grave. SPM, pour ceux qui ne savent pas, c'est syndrome prémenstruel, et on a beaucoup de... D'émotivité. D'émotivité, d'émotion, et je suis dans la même phase. Ah bah écoute, pleurons ensemble,
- Speaker #1
ça va être super ! Mais du coup justement, j'ai toujours eu des émotions assez fortes et pendant longtemps je les ai un peu... J'étais genre non faut pas que ça sorte, faut pas que ça sorte, faut pas que ça sorte, machin et tout. En fait maintenant je m'en fous, je préviens, je suis là oulala attention, ça déborde, c'est pas grave. Et donc j'arrive en bac pro et en fait c'était très exigeant parce qu'on te forme vraiment à être mécanicienne. Donc mécanicienne c'est quand tu rentres en usine pour faire un vêtement. Et donc tu fais partie d'une chaîne. Et moi, je crois que j'ai quand même une forte notion de la responsabilité. Et donc, quand on me dit, il faut que tu fasses partie d'une chaîne, donc il faut que ton patronage soit bon, parce qu'en fait, tu as quelqu'un derrière qui va récupérer pour la découpe. Et puis, si tu as la découpe, il y a quelqu'un qui va le récupérer derrière pour le montage. Donc, en fait, il faut que toutes tes étapes soient bien faites pour que chaque personne puisse bien faire son travail après toi. Et sinon, tu fais chier toute la chaîne. Et en plus, je trouve ça génial parce que... On t'apprend vraiment de la base, du dessin de style et de l'idée. Tu pars de l'idée, ensuite on t'apprend à faire un 2D. On t'apprend aussi à faire un dossier. À la fin de ton cursus, tu fais un dossier écrit avec des schémas où la personne est censée récupérer ton... ton patron, ton proto, et suivre les étapes par étapes pour réussir à monter ton truc avec le moins d'étapes possible, pour que ça coûte le moins cher possible. Donc tu as une notion... C'est calculé,
- Speaker #0
le prix du tissu, le nombre de coutures... Exactement.
- Speaker #1
Et du coup, aussi en fonction des pointes... Enfin bref, c'est vraiment hyper complet comme cursus. Et en fait, c'est hyper manuel. Alors pour le coup, j'ai vraiment très peu de manuel en couture. Je ne suis pas assez minutieuse pour ça. Et puis elles avaient un peu ce truc Exigeant Chanel, j'avais une vieille prof comme ça, Madame Lescope, qui était toujours avec un serre-tête, qui nous vouvoyait. C'était en même temps, quand on a commencé le truc, elle disait pour commencer ce cursus, il faut être rigoureuse, il y a une forte notion d'exigence. Et donc elle fait toute la liste comme ça. Et il y a ma mère qui était à côté et qui dit ça t'a pas, Et qui lisent le truc. Et là, il y a la prof qui se retourne et qui dit, ceci, madame, c'est notre travail de l'apprendre. Donc, ce n'est pas grave si on ne l'a pas dès le départ. Nous sommes là pour le faire, justement. Et du coup, je regardais ma mère, je disais, tu vois. Et en vrai, c'est vrai qu'il y avait vraiment ce truc où elle se donnait aussi la responsabilité de ça. Donc, c'était vraiment une période chouette. Et j'ai ma prof d'art appliqué. Et du coup aussi, j'ai commencé à dessiner en cours.
- Speaker #0
Oui, j'avais demandé si t'es... Pourquoi ton rapport au dessin ? Je dessinais pas tant.
- Speaker #1
J'ai toujours un peu dessiné. Mais j'ai commencé à dessiner en même temps que mes cours. Et je me suis rendue compte que je restais plus concentrée si j'avais mes mains occupées. C'est pour ça que je te disais qu'il y a peut-être un TDRH dans l'histoire. Mais du coup, moi, si j'ai les mains qui sont occupées, sinon je ne tiens pas une heure sur mon chat et ça ne marche pas.
- Speaker #0
Ce que je disais, quand je monte un épisode, j'écoute. Mais en fait, je suis obligée de faire du tricot en même temps. Je comprends. Parce que j'arrive vraiment à mieux écouter. Oui. C'est assez bizarre, mais pareil, quand je regarde un film... Mais du coup,
- Speaker #1
je vois des enfants, des fois, où ils n'arrivent pas à rester concentrés. J'ai envie de leur dire, prends un truc dans tes mains. Enfin, tu vois, en fait, concentre-toi. Du coup,
- Speaker #0
je le vois. Je suis là, genre, vraiment donne-lui quelque chose, si vous voulez, qu'il écoute, parce qu'il a vraiment... On est tous d'accord qu'il n'écoute rien et qu'il a perdu la décrochette. C'est un bon truc à faire, même dans les cours. C'est ça.
- Speaker #1
Et donc, moi, je dessinais du coup en même temps que... Et donc, en fait, je remplissais un carnet par mois. Donc à la fin de l'année, j'arrivais avec 12 carnets et tout, et donc je dessinais un peu des blagues, des trucs et tout. Et ma prof d'art appliquée, Madame Landais, je vais toutes les citer, je les adore. En plus, Madame Landais, je sais qu'elle achète des trucs à Montbreton et tout, je l'adore. Et donc elle, elle disait en vrai, je voyais aussi que ça amusait beaucoup, parce que du coup mes potes se les passaient entre eux. Elle commençait aussi à en faire quelques-uns.
- Speaker #0
Donc tu faisais tourner les carnets à tes potes et à tes profs ?
- Speaker #1
Ouais c'est ça, et du coup chacun se faisait tourner un peu ses carnets, et donc des fois il y en avait en dessiné dans les carnets des autres et tout, mais donc peut-être à un espèce de mouvement un peu comme ça, assez cool. Et je sais que du coup, moi, prof d'art appliqué, ça la faisait marrer. Et donc après elle le montrait en salle des profs, parce que des fois je dessinais mes profs, je faisais un peu des blagues, tout ça. Et du coup elle était là genre en vrai... Il y a un truc, et je pense qu'aujourd'hui je le matérialise plus, il y a un truc un peu tout sacré de l'émotion. Et même là, je les ai toujours. Et donc, dix ans après, mon frère, on a dix ans d'écart, et je lui avais montré à ma cousine et mon frère mes carnets de quand j'avais 17 ans, quand eux avaient 17 ans. Et en fait, c'était marrant, parce que tout ce qui me traversait à l'époque, c'était un peu des journaux intimes dessinés. Et tout ce qui me traversait à l'époque, même dix ans après, ils se sont vachement reconnus dedans. Tu sais, après, moi, je me dis la même chose, et tout. Et j'étais, ah, c'est vraiment cool d'avoir fait ce truc-là. Parce que, en fait, ça... Ouais, c'était vraiment un témoin d'un moment, quoi. Et bref, ma prof me dit, est-ce qu'il y a un magazine qui se lance, qui est local ? Est-ce que ça t'intéresse de dessiner un peu de temps ? J'ai parlé de toi. J'étais, bah ouais, carrément, pourquoi pas. 17 ans, premier numéro de tirette, why not ? Et donc à la fin de ce cursus-là, je tente la mise à niveau en art appliqué.
- Speaker #0
À quel endroit du coup ? À Tréguier.
- Speaker #1
Ah. À Joseph Savina à Tréguier. C'est en Bretagne ? Ouais, c'est en Bretagne. Pardon. En fait, je savais qu'elle était très... Alors à la fois, elle était très réputée.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et en même temps, bien sûr, on n'a que ça à faire en fait à Tréguier, que de faire des dossiers de ouf. Donc bien sûr qu'elle était très réputée. Et... C'est un lycée de ouf, Joseph Savina, où tu as à rappliquer théâtre, histoire de l'art, cinéma, cirque. C'est un peu poudlard. En plus, c'est dans un vieux monastère de je ne sais pas quoi. Bref, tu as l'impression d'être à Poudlard. C'est hilarant. Et donc, je tente cette manala aussi parce que vu qu'elle est très loin, c'est une des seules qui le fait sur dossier graphique. Et pas sur entretien parce qu'en fait, on va faire venir des gens. Il n'y avait pas les visios à l'époque. Non, il n'y avait pas de visio à l'époque, tout à fait. Et il n'y avait même pas internet parce que je pense que... Enfin, il y avait Internet, vite-à-fait, mais c'était pas aussi bien référencé. Donc moi, je savais pas qu'elles étaient aussi les... Enfin, tu vois, t'avais les magazines qui te disaient un peu quelles étaient les écoles, tu vois, mais tu pouvais pas taper sur Google, école de design, nanana. Enfin, tu vois, t'en avais genre quatre qui tombaient, t'avais aucun référencement, enfin, y avait pas de mots-clés, ça ne marchait pas aussi bien qu'aujourd'hui. Et donc, je vois ce truc-là, et je me dis, pour le coup, j'avais assez confiance en mes qualités graphiques. Et donc j'ai été prise. En même temps, j'ai gagné un festival, parce que je faisais de la photo aussi en même temps. Et donc j'ai gagné un festival, le droit d'avoir une bourse pour faire un reportage photographique. Donc j'avais 19 ans. Et donc je me suis tout ornettée, du coup j'ai fait un reportage photo. En fait, avec le recul, je me dis que c'est ouf quand même, parce que tu sais, tu vends juste une note d'intention, et tu récupères 4000 euros. pour faire ton projet. Et en vrai, je n'avais pas à faire une expo. Moi, je n'ai jamais fait... Autant mes parents étaient hyper créatifs, mais on ne faisait pas les musées, on ne faisait pas les expos. Moi, je n'avais aucune connaissance culturelle du tout. Bon, bref, c'était trop bien. Et en vrai, je pense que c'est un des projets que j'ai trop kiffé faire. Et en plus, parce qu'il y avait un côté un peu de dépassement, vraiment, j'arrivais avec ma voiture. Le thème, c'était ruralité, urbanité. Et je prenais ma caisse et je travaillais le soir en tant que serveuse. Et la journée, j'allais photographier tout ce qui me faisait penser à l'urbanité, la ruralité. Je pense que du coup aussi, finalement, je n'ai pas trop changé de méthode de travail. C'est que du coup, je fais d'abord ultra large et je ne sais pas où je vais. Et après, je regarde ce qui en ressort, quelles sont un peu les grandes lignes. Et puis après, j'avais quelqu'un qui m'accompagnait quand même sur comment est-ce qu'on structure un peu cette expo-là. En fait, du coup, j'avais rencontré Mélissa, qui avait 8 ans, je pense, à l'époque, et qui vivait dans les tours de Saint-Brieuc. Et j'avais rencontré Marie, qui, elle, avait 81 ans, et du coup, était dans une vieille maison, tu sais, vraiment d'époque, typique. Ouais, c'est ça. Et qui vivait seule, avec son chien et tout. Et en fait, du coup, ce que j'ai fait, c'est que je les ai suivies pendant 3 semaines, l'une l'autre dans leur quotidien. Et après, j'avais fait des diptyques. pour montrer aussi que visuellement, en fait, je peux avoir les mêmes photos, aux mêmes endroits. Donc, tu vois, il y en a une où elle fait de la confiture, l'autre où elle fait ses devoirs. Et en fait, même sans le vouloir, j'ai pris les mêmes photos, alors qu'elles n'ont pas le même âge, elles ne sont pas dans le même endroit. Et du coup, c'était un peu de montrer que visuellement... Et du coup dans les habitudes, de questionner un peu cette notion entre ce qu'on fait et où on est, et finalement que le lieu, le décor change, mais finalement ce qu'on fait, les attitudes qu'on a, la manière dont on se regarde, les gestes sont vraiment... En fonction des âges, ça ne change pas tant. Et donc du coup c'était vraiment cool à faire, mais en vrai c'était... Du coup je me dis que c'était vraiment très chouette à faire. Je rentre en mise à niveau à répliquer. Vraiment, mon parcours, désolé, mais genre, il est tellement alambiqué, et en fait, pour comprendre un peu...
- Speaker #0
Pour pouvoir relier tous les points, il faut... En fait,
- Speaker #1
il faut passer par toutes ces étapes-là. Donc tu m'as dit genre, ouais, on a une demi-heure, je t'ai... Non, non, on va arriver en master.
- Speaker #0
On a déjà fait un épisode de presque une heure, donc il n'y a pas de soucis. Voilà,
- Speaker #1
voilà. Et donc, j'arrive en mana, et là, j'étais là genre... En fait, c'est trop... Pas c'est facile, mais... C'est pas douloureux comme quand j'étais en première, enfin en fait... Tu te sentais à ta place. Bah de ouf ! Et tout le monde était là, trop dur, enfin alors c'était chiant de devoir écrire à la main toutes les planches parce qu'il n'y avait pas les correcteurs orthographiques et vu que je suis méga dyslexique, il n'y avait pas un mot écrit correctement, tu vois, dans cette histoire.
- Speaker #0
C'est qu'il y a beaucoup à produire en fait en maintenant.
- Speaker #1
En fait, il faut beaucoup expliquer, tu dois écrire toutes tes explications. tu dois faire des espèces de très grandes planches et déjà il faut vachement justifier tous tes choix ce qui était super dur pour moi à l'époque et j'avais pas du tout cet esprit là moi j'étais beaucoup plus craft pour le coup et beaucoup plus dans un côté labo je teste des trucs, je regarde ce que ça donne je regarde comment ça fonctionne ensemble mais bon j'avais vraiment du mal à expliquer ma pensée donc je voyais que la notion de design en France à la lettre. compliqué à faire. Ah oui, j'oublie qu'en dernière année de bac pro, je fais un stage dans une école en Angleterre de deux mois à Falmouth College et du coup en design de mode. Et là, mes révélations, les Anglais, leur manière de créer, leur truc, t'arrivais vraiment... C'était vraiment ta personnalité qui primait avant justement ton explication. Il y avait quelque chose de beaucoup plus libre. On te fait beaucoup plus confiance. Tu vois, il y avait vraiment ce truc de... En fait, si cette personne, elle se prend des cuits tout le temps, mais qu'elle est capable de faire un truc génial, fine, en fait, c'est sa manière de créer, il n'y a pas de problème. Si quelqu'un est over-psychorigite et qu'elle a besoin de faire des cahiers, des machins, des trucs, fine. Enfin, tu vois, il y avait vraiment ce truc très... Ouais, mais que, en fait, tu retrouves, quand tu as des créateurs de mode, tu vas avoir des Jean-Paul Gaultier qui vont être beaucoup plus... Ouais, beaucoup plus craft, d'autres gens comme Christophe Lemaire, où ça va être très architectural, enfin... Et en fait, il y a vraiment ce truc de chacun est créé comme il a envie de créer du moment que tu mets une intensité, une intention la plus forte possible. Et du coup, quand j'arrive en France,
- Speaker #0
je me dis « Oh lala, ça va pas le faire du tout, je suis tellement pas française dans ma manière de créer. » C'est plus intellectualisé parce que comme tu dis, il faut justifier ses choix. C'est très, très,
- Speaker #1
très philosophique, intellectuel. C'est over référencé, c'est très snob comme manière de créer en France. Il faut avoir des références, il faut que ce soit référencé de telle ou telle manière. J'étais pas du tout là-dedans. En plus, j'avais un énorme syndrome de l'imposteur. Désolé, les références, je les ai pas. Je n'ai jamais fait de musée. Je me sentais vraiment nulle. En plus, j'avais quand même passé une grosse partie de ma scolarité où on m'avait dit que j'étais un peu teubée. Donc du coup, j'étais genre bon, vraiment, autant je me sens ultra à l'aise dans la pratique, mais dans le monde que ça a créé autour, je ne suis pas du tout à l'aise. Et en plus, j'avais... Un prof qui était horrible, pour tous ceux qui ont M. Roano, je pense qu'ils peuvent le dire, je m'en fous. Alors là vraiment... Dédicace à M. Roano. Dédicace à M. Roano, et vraiment, si vous aussi vous avez été traumatisé par ce prof, n'hésitez pas à m'envoyer un DM. Non, non, mais vraiment, c'était vraiment une année qui était difficile, et en même temps, tu vois, je me suis dit, putain, mais même avec ce prof qui est horrible, j'arrive à quand même prendre du plaisir. Et donc je me dis que ça doit être vraiment un endroit dans lequel j'ai du potentiel. À chaque fois que je me dis ça, quand j'arrive quand même à trouver du plaisir dans les trucs, c'est une situation qui n'est pas normale. Et du coup je me dis qu'il y a une forme de vérité qui doit être assez cool là-dedans. Mais du coup je me rends compte aussi que c'est la première fois que je deviens bonne. Et du coup c'est la première fois qu'on me projette des trucs sur moi. Alors qu'avant en vrai c'était genre si Maïwane elle a du bagou, elle est sympa, peut-être elle sera vendeuse dans une marque de fringues, tu vois, et ça elle le fera. ça sera peut-être responsable, il sera trop sympa. Et en vrai, moi, j'étais, bah, trop bien, de ouf, tu vois. Donc, je le fais à Paris, moi, je suis contente. Et du coup, je t'ai dit, bah, oui, pourquoi pas. Et finalement, c'est la première fois que j'ai des capacités. Et du coup, qu'on me dit, genre, il faut que tu fasses ça. Et j'étais là, non, mais toi, tu penses qu'il faut, enfin, comment ça, il faut que je fasse ça ? Enfin, en vrai, on n'en sait rien. Enfin, c'est sûr que je n'ai pas envie de le faire. En plus, c'est un peu... Et il projetait quoi sur toi, par exemple ? Bah, que... Déjà, qu'il fallait que je sois plus sérieuse. Parce qu'en fait je peux être ultra sérieuse et en même temps après méga potache et j'aime trop rigoler quoi. Et du coup, vu que je peux avoir deux parties de personnalité très différentes, et du coup en général quand les gens me disent qu'il faut que j'accentue une et que j'en oublie une autre, en général c'est pas bon signe. je suis là, en vrai, c'est que Toi, c'est une partie qui te plaît, mais peut-être qu'on n'est pas obligés de traîner ensemble, tu vois, genre c'est pas grave, quoi. Mais je vais pas changer pour toi, en fait. Si j'ai ces deux parties-là, c'est qu'elles m'équilibrent et je vais les garder. Et donc, en vrai, quand t'as 19 ans, c'est pas easy de se... Enfin, je sais pas, c'est pas une situation qui est confortable. Bon, bref. Donc elle a mis son post-bac, arrive. Et j'avais fait les demandes des écoles. et j'avais été pris à Dupéry et à Sèvres en design textile parce que du coup on m'avait dit en vrai vu que t'es un peu bonne partout et qu'en même temps t'as bien changé tout le temps de médium le design textile c'est quand même le plus large et puis c'est très expérimental donc en vrai c'est sûrement l'endroit où tu seras le mieux donc j'avais été pris à Dupéry et Sèvres et vraiment j'étais devant APB, admission post-bac et j'étais là ben en vrai genre j'ai pas enfin Je sais que c'est le plus stylé, mais j'ai pas envie.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ben non, enfin, tu vois, j'avais vu ce que c'était de faire des études en France, et j'étais là, ben en fait, je sais que c'est un rêve pour tellement de gens, et moi, je sais pas où je veux aller. Je vois pas pourquoi est-ce que j'y... Enfin... En fait, c'est vachement d'investissement. Ça demande d'aller à Paris, de se loger, de faire partie d'une classe. Et en fait, l'année avait été difficile. Et je disais, en fait, je ne tiendrais pas trois ans avec un prof comme j'ai eu. Et donc, si c'est ça, un prof de design, en fait, je ne suis pas sûre. Et en plus, du coup, je ne sais pas qu'est-ce que c'est être designer textile. Donc, en fait, je ne sais même pas. Si cette carotte-là de dans trois ans d'être designer textile va vraiment me plaire. Donc en fait, il y a trop de flou pour que je puisse dire oui ou non.
- Speaker #0
Donc j'ai dit non. Ok. Pour justement ceux qui ne connaissent pas, Dupérez et Sèvres, c'est des écoles où c'est... Moi, je suis allée à Olivier de Serres, une des quatre autres grandes écoles. C'était le rêve, donc c'est fou. C'est pour ça que j'étais là,
- Speaker #1
autant laisser la place à quelqu'un d'autre dont c'est le rêve, et qui est sûr.
- Speaker #0
C'était incroyable d'avoir eu cette lucidité à 19 ans, 20 ans, c'est fou.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu as fait après ça ? Du coup, je suis partie en Bulgarie pendant deux mois, où j'étais sûre que personne n'allait parler ma langue, et où j'avais pu me retrouver toute seule et me dire quels sont les vrais trucs que j'ai envie de faire. De jouer, de réfléchir. Je n'ai plus qu'on me parle, qu'on me dit il faut que tu fasses ça, il faut que tu fasses ci, il faut que tu n'en as, il faut que tu n'en n'y. en plus j'étais retournée chez mes parents entre temps moi je suis partie chez mes parents j'avais 16 ans je les adore mais franchement il y avait trop de sons de cloche qui me concernaient pas qui parlaient de mes parents leurs angoisses, mon prof qui avait pas réussi je sais pas quoi et qui avait une dette de vie de je sais pas quoi des projections sur toi en fait je vais partir en Bulgarie j'allais à Sofia, je vais faire tous les trucs et je vais juste être avec des gens et je vais apprendre à dire bonjour, au revoir et je vais réfléchir quoi tu vois. et donc j'ai fait deux mois je suis revenue en France et j'ai tenté la cambre du coup qui est en Belgique et donc je me suis dit en vrai peut-être que en Belgique la cambre ce sera plus c'est tout aussi intellectuel et c'est tout aussi difficile et c'est tout aussi what the fuck mais je sais pas il y avait un truc de je trouve que Paris c'est vraiment très snob et je trouve que le snobisme belge est différent d'une autre, tu vois. Donc je me suis quand même plus sentie à l'aise de faire des études potentiellement là-bas. J'ai passé, du coup, c'est une semaine de concours, en septembre, et aussi je me suis dit, en vrai, j'aurai un vrai retour, en vrai. Moi je sais, en plus, je peux trop faire le show en 10 minutes d'entretien pour ces écoles-là. Bon, peut-être je peux être prise, parce que je suis là, je fais mon show, je fais mon truc, je fais du théâtre pendant 10 ans, enfin, tu vois, peut-être je peux, genre, un peu entrelouper, mais par contre, m'avoir 3 ans dans ton équipe, je suis pas sûre, tu vois. Du coup, je me suis dit, genre, là, sur une semaine, j'arriverai pas à faire mon show. Et donc, à la fin, je n'ai pas été prise. Et je leur ai demandé pourquoi. Elles m'ont dit, en vrai, je pense que vous n'êtes pas capable de vous concentrer sur vraiment un projet. Vous avez trop besoin d'être en contact avec les gens. Et donc, vraiment, de faire du design textile, c'est être dans sa grotte et dans sa truc. Ce que j'ai aujourd'hui, tu vois, à 34 ans. J'ai beaucoup plus envie de ça. Mais c'est vrai qu'à 20, pas du tout. Donc, on est bien d'accord que, en fait, je pense que c'est des études qui ne m'auraient pas plu. Donc, trop contente. Bon, sauf qu'on est en octobre.
- Speaker #0
Et oui, l'année a commencé.
- Speaker #1
Et du coup, je retourne chez mes parents qui sont là. Il faut que je trouve du travail. Je me dis, comment ça me gagne. Et surtout, je n'ai aucun diplôme en poche. J'ai un bac pro. La mana, ce n'est pas un diplôme.
- Speaker #0
La mise à niveau en art appliqué, mais qui normalement ouvre les portes sur un BTS. C'est ça.
- Speaker #1
Et en fait, je n'ai rien. Je n'ai aucune équivalence, rien. Et je suis là. Et j'ai redoublé deux fois en plus. Je l'avais vraiment, mais genre la casse-sauce, quoi. Bon. Mais je me dis, je vais faire comme le bac pro. Je vais faire des stages pour tester des métiers. Et une fois que j'aurai trouvé des métiers qui me plaisent, je vais du coup choisir les études en conséquence de ces métiers-là. Parce que malgré tout, je sentais que le stylisme, c'était pas non plus l'endroit où j'avais envie d'être, tout ça. Et encore une fois, vu que moi, je viens pas de ce milieu-là, en fait, il faut que j'aille voir ces métiers. mais en fait... Là, je le vois avec mon fils. Aujourd'hui, mon mec, il est directeur juridique. Moi, je suis plus dans la créa. En vrai, il a vraiment le champ des possibilités. Il peut connaître plein de gens qui font des métiers hyper différents. Et du coup, il peut s'y raccrocher si un jour, il a envie de faire des études. Moi, franchement, je suis arrivée. Je voulais être ni infirmière, ni commerciale. Il a fallu que j'aille trouver des trucs.
- Speaker #0
Est-ce que tu avais des rêves de métier quand tu étais petite ?
- Speaker #1
Non, j'avais juste une inspiration. Je me voyais vivre une vibes. Ça, j'ai toujours une... Tu vois, genre...
- Speaker #0
C'est dur à visualiser, à matérialiser. Oui, c'est hyper dur.
- Speaker #1
Mais du coup, je me voyais vivre un sentiment de passer la porte du travail et d'avoir telle ou telle... Enfin, je ne sais pas. Tu sais, une vibe intérieure, j'ai toujours une visualisation très forte.
- Speaker #0
Tu es passionnée dans quelque chose, mais tu... Non, ce n'est pas ça.
- Speaker #1
Je ne sais pas comment expliquer. C'est vraiment genre de me balader dans la rue et d'avoir une posture, d'avoir... Je pense que c'est toujours cette notion de costume, tu sais, de comment est-ce que je vis le... costume, même, tu vois, comment est-ce que je m'habille pour aller à ce travail-là ? Enfin, je sais pas, comment est-ce que je vis cette vie-là ? Et donc, quand j'arrivais dans une ambiance de boulot, je me disais, est-ce qu'elle correspond à la manière dont je le sens ? Vous allez essayer des costumes de boulot pendant cette période. Ok. Et en fait, du coup, j'ai fait des stages et tout. Là, j'ai rencontré mon amoureux à Paris dans un des premiers stages que j'ai fait à Paris, chez Anne Villy. Et c'était cool, mais pareil, c'était de la mode. Et j'étais genre... J'aime bien l'ambiance du studio de Créa, mais j'aime bien, enfin, mais je sais pas, rester sur une seule tâche tout le temps, je sais pas, ça me saoule. Et donc après, je fais La Fiance et du Mekong, où là, c'est une marque de pré-tapes en Bretagne. Et en fait, là, il y a tout le pôle communication qui était en face et je me suis dit, purée, ça, par contre, j'aime bien. Parce qu'en plus, c'était en 2014 et en fait, en 2014... C'était le tout début des sites web. Et potentiellement un peu des réseaux sociaux mais il n'y en avait pas trop. C'était Facebook grave mais il n'y avait pas encore Instagram. Enfin en tout cas c'était pas démocratisé comme aujourd'hui tu vois. Mais c'était vraiment, ça avait Facebook et encore c'était des trucs perso. Les gens se disaient encore si c'était en couple ou pas en couple. Sur Facebook, enfin tu vois c'était vraiment une autre époque quoi. C'était pas encore un réseau de vieux. Et donc, sauf que là je découvre la communication, le marketing. Et en fait je me dis putain c'est trop stylé. En gros, ils sont au carrefour de tout le monde. Et il doit faire à ce que... tout ne soit pas dénaturé. C'est-à-dire que du coup, le client retrouve des codes qu'il a aimés et qui suivent une histoire, tout ça. Que du coup, les commerciaux aient un bon discours écrit, une posture pour raconter la collection. Et en même temps, que du coup, l'équipe créative soit la plus représentée possible dans les trois mois de boulot qu'ils ont eu pour sortir cette collection. Et tu fais des shootings. À l'époque, tu avais encore les blue book papier, donc en plus tu fais de la mise en page. Et tu fais un peu de web. et en fait tu fais aussi les salons t'organises aussi tous les salons c'est génial c'est un job où t'as plusieurs cordages en arc, tu fais plein de choses c'est ça que tu recherches c'est vraiment ça que je trouve trop intéressant à faire t'es vraiment là pour raconter les histoires des autres et ça je trouvais ça vraiment cool pour le coup Et donc je me dis, je vais trouver une formation là-dedans en communication et marketing finalement. Mais je n'aime que la mode. C'est mon grand problème. Et donc, enfin ou pas. Et donc en fait, je vois l'atelier Chardon Savard à Paris. Et en fait, tu as un master en communication, mode et marketing. C'est une école privée. Donc un, je n'avais pas de thunes. Et deux, par contre, je savais que je n'allais pas tenir quatre ans. Et que je n'avais pas du tout envie de me taper les deux ans de style pour après faire la marketing et communication. Donc je me suis posée et j'étais là, ok, avec. tous mes stages que j'ai fait en bac pro, plus un an de stage que j'ai fait après, plus... En vrai, on est sur une équipe... Enfin, tu vois, j'ai regardé quels étaient les niveaux attendus à la fin de la licence de cette école-là, et en vrai, je pense que j'ai largement le niveau attendu pour, parce que tout était assez diplômant, c'était un peu disparâtre, mais en vrai, si tu condenses tout, ça marche. Donc je me dis, je tente le tout pour le tout, je demande à passer en dernière année directe alors que j'ai pas le truc. Donc j'arrive, et là, du coup, j'ai le gars qui fait me passer l'entretien. Pareil, je fais mon show, je lui explique le truc, je lui explique pourquoi, naninana, et du coup, ça le fait marrer, et il me dit, bah go, vas-y, on te prend en dernière année. T'es au culot et ça a marché. Ça a marché, en même temps j'avais vraiment pas du tout, c'est 10 000 euros l'année, j'étais vraiment, j'ai pas 40 000 euros quoi. En plus c'était que un an, et puis l'année d'après était moins chère, et donc j'ai fait un emprunt, et je suis rentrée dans cette école-là à Paris. C'était... Intéressant parce que ça t'ouvre un réseau. Je trouve que quand même faire des études sup c'est intéressant pour garder un réseau derrière. J'ai quand même gardé pas mal de potes de cette école là et je pense que si je devais donner juste un seul conseil sur les études sup c'est de se dire que c'est tes futurs collaborateurs et partenaires et donc en vrai même si c'est pas diplômant comme tu en as envie, en vrai genre va, enfin tu vois, confronte-toi, enfin limite fais un max de soirées. Social vise avec un max de gens parce qu'en fait c'est eux qui auront des futurs postes ailleurs et qui potentiellement vont venir te placer. Parce que vraiment pour le coup, c'était la deuxième année qu'elle se lançait ce master là. C'était le début des réseaux sociaux donc nous on était presque plus agile que nos profs sur plusieurs aspects. Bon voilà, c'était un peu de l'argent foutu par la fenêtre. Mais pour autant, j'étais à Paris, j'ai eu un master sur mon CV, je suis sortie ma dernière promo. J'avais oublié de dire ça, mais du coup j'étais un peu fière quand même parce que j'étais un peu en revanche sur les études. Donc ça voilà, et vraiment j'ai gardé énormément de potes de là-bas et ça c'est trop chouette et du coup ça fait aujourd'hui mon gros réseau aussi parisien. Et puis j'avais aucun réseau parisien donc c'était hyper important de pouvoir être là. Et en fait pour pouvoir financer tout ça, parce que mes parents me payaient mon logement mais c'est tout, j'avais gardé des contacts dans quasiment tous mes stages et donc en fait je travaillais. pour des petites missions, puisque vu que les réseaux sociaux commençaient, j'aurais dit, moi, si vous voulez, j'anime un peu vos réseaux sociaux et je fais quelque chose que pareil. Ça a tout bousculé, en fait, l'Instagram. Et j'ai arrêté de dessiner. Apartheid, point, machin, franchement, ça fait déjà deux heures qu'on parle. Mais du coup, j'ai arrêté de dessiner parce que je me suis rendue compte que c'était un endroit où je n'avais pas envie qu'on me donne son avis.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
J'étais là, en fait c'est mon endroit et c'était plutôt mes profs, tu vois, j'ai arrêté de dessiner à partir de la mana. Parce que j'étais là en vrai, j'ai envie de dessiner ce qui me fait plaisir, ce qui me fait kiffer et j'ai pas envie qu'on me dise ça c'est intéressant, pousse-le, ça c'est vraiment le truc que tu fais quand tu commences à dessiner. Donc il faut vraiment que tu l'enlèves de ta patte, enfin c'est bon en fait si je le fais c'est que j'ai envie de le faire. Bon du coup je me suis dit pareil, je t'ai en vrai... Il faut que t'ailles dans un endroit, si tu veux faire un métier, les gens vont te faire des retours. Il faut que t'ailles dans un endroit où t'es capable de prendre les retours des gens. Sinon ça va pas le faire. Du coup je me suis dit ok bon. Et du coup autant sur cet aspect là, la communication, le marketing, raconter les histoires des autres. Je me suis dit bien sûr tu peux me faire un retour sur comment est-ce que je raconte ton histoire, y'a pas de problème. Mais du coup le dessin c'est trop personnel pour moi. Donc je vais pas aller faire du dessin pour les autres parce que j'arrive pas en plus à changer ma patte. Alors qu'en vrai faire de la com pour les autres... Moi j'aime bien, du moment que le sujet m'intéresse, c'est cool. Donc voilà, du coup je travaillais déjà, je faisais déjà pas mal de contrats droite à gauche, je travaillais toujours pour le magazine Glocatel Mag, le magazine local de Bac Pro. Donc tu vois, je continue à travailler pour eux, j'ai travaillé pendant 14 ans pour eux. La fiancée du Mekong, au final, j'étais restée aussi en backup. Je faisais des photos un peu en complément et tout. La pièceur, je suis restée machin. Et donc, en fait, je suis un peu restée partout. Et dès que j'avais une nouvelle compétence, on me prenait sur cette compétence-là. Donc, en fait, j'avais déjà un peu des clients au moment où j'étais en master. Et vu que c'était le début des réseaux sociaux, moi, du coup, je savais à la fin de ce master-là que je voulais être directrice artistique. Déjà c'est pas des études créatives, c'est des études de market et de communication. Mais vu que j'avais tous les skills créa en face, je me suis dit oui oui blablabla. Et du coup mon prof m'avait dit tu sors pas d'études en étant DA. Ça marche pas quoi. En fait t'es directeur et du coup tu sors pas d'études en étant directeur de quelque chose. Enfin il m'avait pas dit ça comme ça, il m'avait juste dit on sort pas d'études en étant DA. Et j'étais là genre oui oui blablabla mets les termes que t'as envie derrière. Moi en gros je veux donner des grandes lignes créatives. sur des supports à des marques quoi. Franchement, t'appelles ça comme t'as envie, je m'en fous, c'est pas mon problème. Et si j'ai un truc en tête, c'est pas toi qui vas me l'enlever. Du coup, je suis rentrée un peu en soum-soum comme ça dans les réseaux sociaux, parce que du coup, personne ne regardait trop ce que je faisais. Et en fait, pour plein de marques qui ne s'étaient pas vraiment posées sur leur direction artistique, en fait, du coup, j'avais fait tout un énorme truc. Et du coup, quand les réseaux sociaux ont explosé, ils se sont un peu retournés en mode... Ah, mais du coup, on est... ouf, on a une présence digitale parce que t'es là depuis le début. Et j'étais là, ouais, du coup, j'ai fait ça, Et donc, j'ai grossi un peu dans ces marques-là et j'ai commencé à accompagner plusieurs marques et d'autant plus en photo parce qu'il y a eu un gros besoin de photographie à ce moment-là parce qu'on avait l'habitude de faire un shooting pour tous les six mois, pour la collection été et la collection hiver. Mais pas tous les quatre matins pour montrer sur des meufs normales, qu'est-ce que ça donne, sur d'autres tailles. Et puis en fait, on ne tient pas six mois avec 25 photos sur Internet. Et ce n'était pas encore le rythme qu'on a aujourd'hui, mais c'était déjà un changement. Donc vu que moi, je commençais la photo, il y avait un peu le truc de je peux le faire rentrer un peu dans mon package. Ça coûtera un peu moins cher et moi, ça me permet de tester aussi ma photographie et en même temps, de voir un peu ce que ça donne. Et donc au final... On m'a demandé de faire les campagnes pour ces marques-là, en disant qu'en vrai, il y a quelque chose d'un peu plus, je pense, générationnel aussi. Tu vois, c'était un peu plus vivant, c'était un peu moins posé que ce qui se faisait à l'époque. Et c'était plus authentique. Et du coup, avec les réseaux sociaux, il y avait un gros besoin d'authenticité là-dessus. Et du coup, je pense, tout simplement, je correspondais aussi à mon époque. Donc du coup, je me suis retrouvée à beaucoup, beaucoup photographier, parce que ça représente une grosse partie de mon travail aussi. Donc j'avais... quelques marques que j'accompagnais dans les réseaux sociaux et du coup leur identité sur le digital et la moitié de mon année c'était plutôt de faire la photo pour du coup des marques lifestyle et les accompagner en photographie quoi. Donc voilà, j'ai fait ça pendant 5-6 ans.
- Speaker #0
Ok, c'est le parcours. Est-ce qu'on arrive à ton projet actuel qui est ? Amour Breton, déjà c'est quoi Amour Breton et comment est né ce projet ?
- Speaker #1
Alors, Amour Breton, j'appelle ça un laboratoire créatif où j'explore l'héritage de la Bretagne à travers la création, avec un prisme assez fantaisiste. Il y a vraiment cette grosse notion de fantaisie, de gourmandise et d'héritage. Ça faisait 7 ans que j'étais à Paris avec mon amoureux. On a un enfant à ce moment-là, en 2020. J'ai Elliot qui arrive. donc déjà je commençais à être un peu au bout de ce que je fais Je pense de ce que je racontais en tant que... En fait, j'avais fait des gros choix quand je me suis lancée. Parce que j'étais passé tous les stages un peu horribles que j'ai faits dans le milieu de la mode. Où j'étais genre, c'est dommage, j'aime vraiment beaucoup cette industrie. Mais vraiment, les gens, c'est vraiment pas possible. Donc je me suis dit, ah ouais, non, en vrai... Enfin, moi, je veux bosser avec des gens gentils. Enfin, je... Il faut que j'apprenne à devenir indépendante. En vrai, il faut apprendre à devenir indépendant. C'est de poser un prix, il faut apprendre à faire un devis. Je me suis vachement plantée au début sur une session de droit. Comment tu fais une session de droit ? Qu'est-ce que tu cèdes ? Qu'est-ce que tu ne cèdes pas ? Là, je parle plus de la photo, mais du coup, aujourd'hui, ça me sert vachement dans mes collaborations. Donc, j'ai dû apprendre ça, avoir une posture. A voir en un seul mail, est-ce que la personne va être fiable ou pas fiable ? Tu as tellement de zones d'apprentissage. Et encore une fois, je pense que je me fais hyper vite... Comme tout le monde, je pense que je suis assez sensible au parasitisme. Comme quand je te disais, j'ai dit non à du péré et du coup je suis partie en Bulgarie. En fait, le parasitisme, je pense que je le détecte assez vite. Et du coup, j'étais là. Et en même temps, je sais que ça peut être un danger. Donc du coup, je me suis dit... Je ne peux pas et apprendre à être indépendante, et apprendre à faire un métier, et apprendre à devenir une adulte. Parce qu'il y a aussi ça, en vrai c'est con, mais quand t'as 20 ans, t'apprends aussi à devenir un adulte, à avoir un loyer à Paris, à trouver un logement, à faire tes premières déclarations d'impôt. En fait, il y a tellement de trucs à apprendre que je t'ai... Je ne veux pas me laisser parasiter par des gens qui sont méchants, qui sont sans foi ni loi, qui sont snobs, et qui en plus pour beaucoup c'est des fils à papa ou des filles à maman, et qui n'ont même pas de loyer à payer. Du coup je suis là, ça va être trop complexe, donc on va le faire step by step. Et je vais aller trouver des clients fiables, honnêtes, avec qui on peut construire des relations durables, authentiques, où je serai payée en temps et en heure. où les projets vont sembler grands et importants. Et du coup, pendant 6-7 ans, j'ai bossé avec des marques qui étaient à fort savoir-faire. Donc, costumes sur mesure, donc tu as une vraie notion d'accompagnement des gens. De toute façon, c'est pour des mariages. Donc, tu vois, il y a vraiment cette responsabilité qui est cool. Je travaillais pour Brazemod qui appartient en Leclerc, où tout est fabriqué en Bretagne. Ça aussi, ça fait vachement partie de mon parcours. Parce qu'aujourd'hui, si Amant Breton existe et que JNC est fabriquée en France, c'est parce que ça m'a été transmis aussi.
- Speaker #0
Cet héritage.
- Speaker #1
Oui, cet héritage, cette idée de se dire en fait, c'est dur, c'est beaucoup de contraintes, mais franchement, le projet en vaut la peine. Pour des robes de mariée aussi, beaucoup sont faites en France. Tu as vraiment cette idée que le vêtement, il n'est pas fait par hasard, il n'est pas juste là pour quelque chose de commercial. Il vient aussi, il est usuel, il sert à soit une histoire ou à un endroit. Et franchement, j'ai eu des clients de ouf qui m'ont payé en temps et en heure, qui ont décalé des événements pour que moi je puisse être présente parce que j'étais enceinte. Franchement, j'ai eu 7 ans où c'était vraiment agréable de bosser dans cette ambiance-là. de dire que tu ne vas pas te faire virer du jour au lendemain. Enfin, t'imagines quand même, j'ai eu des clients pendant 7-10 ans, après j'en changeais, et puis il y en avait qui venaient et qui partaient, mais quand même. Et on reste en très bon contact aussi aujourd'hui. Donc voilà, j'ai fait ce choix-là à ce moment-là, parce que c'était aussi les ressources dont j'avais besoin. Et je pense qu'à un moment, j'étais quand même allée au bout de ça, et j'avais envie d'autre chose. J'avais envie de plus de créativité aussi, parce qu'au final, c'était moins créatif, et donc j'ai eu mon fils en 2020. Et en fait, il s'est passé plein plein plein de trucs à ce moment-là, au-delà du Covid, évidemment. J'ai eu un postpartum qui était très difficile, comme toi et je crois comme beaucoup de femmes en 2020. C'était pas simple,
- Speaker #0
on était beaucoup seules, et ça perturbait pas mal de monde quand même.
- Speaker #1
C'était horrible. Et du coup, j'ai fait une matrescence, comme pas mal de meufs à ce moment-là aussi, où tu fais un peu une crise d'adolescence, un peu identitaire, machin. Et du coup, j'ai dû vachement m'imposer. aussi parce que encore une fois c'était une notion un peu de parasitisme en fait il a fallu que je que je dise moi j'ai envie de faire famille comme ça comment est-ce que du coup pas forcément dans mon couple à l'intérieur mais plutôt vis-à-vis de ma famille par exemple et du coup j'ai dû vachement ça a été un an qui était horrible mais où j'ai dû vachement créer une posture tu vois et encore une fois ça revient à justifier tes choix et à dire je fais ça parce que oui Et aussi, le temps est très haché. Quand il a deux ans et demi, il mange tous les deux heures et demi. Le temps est hyper haché. J'avais plus du tout cette...
- Speaker #0
Donc là, tu étais en fait en freelance. Donc, tu n'avais pas vraiment de congé mat. Non, non. Après, de toute façon, c'était le Covid.
- Speaker #1
Donc, tout le monde était en CT. Tu continuais à bosser un peu ? Oui, j'ai beaucoup bossé sur cette période parce que du coup, le digital a pris une énorme place. Est-ce qu'on ne pouvait plus être en physique ? Donc, je faisais énormément de conseils. J'accompagnais beaucoup de boutiques aussi dans leur transition digitale. J'ai fait pas mal de sites web et tout. Sauf que, en fait, vu que j'accouchais en mai, j'ai quand même dû un peu m'arrêter pendant 4 mois. Parce que du coup, tu ne trouves pas de nounou sur juillet-août. J'avais quand même ce truc où j'avais... Et vu que quand tu travailles sur le digital, t'as quand même pas trop ce sentiment d'avoir fini un truc. Tu sais, tout est dans un dossier, mais tu le vois. C'est pas physique, tu vois. Et j'avais l'impression d'être scisif, quoi. Se lever, biberon, couche, dormir. faire des lessives, galérer, enfin, pédiatre.
- Speaker #0
En plus, mon fils, il avait des RGO. Enfin, c'était horrible et il voulait pas manger. Donc j'étais là, il va mourir, je vais mourir, on va tous mourir, je vais devenir folle. Enfin, c'était trop dur,
- Speaker #1
horrible et tout. Je devais arrêter de fumer, j'arrivais pas. Enfin bref, horrible comme période. La sécu m'a oubliée, donc j'ai pas été payée en plus. Enfin, tu vois. Bref, il s'est dit, vous n'avez pas couché, je t'avais bien sûr que dit. Du coup, tout ça était très difficile et donc j'ai repris le dessin. Parce que ça me donnait un sentiment de produit fini entre guillemets en quelques temps.
- Speaker #0
D'avoir quelque chose entre les mains. Ouais,
- Speaker #1
et du coup de voir le temps passer un peu. j'étais un peu seule sur mon île déserte comme s'il me fallait un truc concret genre Robinson Crusoe qui fait des vrais trucs des petits bâtonnets sur le mur mais du coup un peu plus graphique pour voir le temps qui passe et de se dire que les choses évoluent il y avait un truc un peu comme ça tu dessinais quoi ? des motifs des patterns des trucs comme ça Et puis c'était aussi, moi mon travail consistait beaucoup à parler avec les gens, et du coup, dès que je parlais, mon fils pleurait, sympa, mais donc je pouvais pas parler avec les gens, donc j'étais, ah ouais, moi il me faut un lien quoi, il me faut un lien avec un truc quoi, donc le dessin est revenu à ce moment-là, et malgré tout, en fait, ce que j'ai quand même trop kiffé dans la maternité, c'était le truc avec, et donc aussi je me suis rendu compte que le gars... Mon fils allait être parisien, puisqu'il est né à Paris. Donc j'étais là, ah merde, je n'avais pas capté que ça allait être ça. Donc je me suis dit, ok, il faut que je lui transmette quand même. Moi, ça me tenait à cœur de lui transmettre une partie de mon héritage et de la Bretagne. Donc je me suis dit, je vais peut-être commencer à... En fait, j'ai commencé à faire des portraits de ma mère, de mon frère, et du coup à peindre des portraits. Donc qui me prenaient vachement le temps, puisque c'était... des très gros portraits sur du format raisin. Et donc, j'y glissais quelques codes de Bretagne de manière assez subtile. Je voulais que ça soit léger. Donc, ça allait être un papier peint à l'arrière avec des hermines, un vase qui allait être du coup en rio, des fleurs qui allaient être les fleurs de ma grand-mère. Enfin, tu vois, j'y mettais plein de symboliques et tout.
- Speaker #0
Des petites références bretonnes.
- Speaker #1
Exactement. En plus de... Et en fait, j'avais oublié. Donc, ça faisait quand même 5 ans que je n'avais pas touché un crayon. Et en vrai, c'était plutôt réussi. Donc, j'étais là, ah ouais, tu vois, finalement, c'est une zone, en effet, où j'avais oublié que j'étais assez à l'aise. Et ça me rendait heureuse. Et j'étais là, bah... Et je n'avais pas la pression, puisque je me disais, en fait, je peins avec... Enfin, au pire, ça lui fait des souvenirs, tu vois. Et donc, il y a ce truc de... Dans tous les cas, même si... Enfin, je pense que moi, j'aurais été trop contente que ma mère peigne ma grand-mère. à 30 ans, enfin tu vois si ma mère avait fait la peinture de ma grand-mère à 30 ans avec plein de symboliques qui lui sont chers dans tous les cas que ce soit réussi ou raté j'aurais été ravie qu'elle le fasse tu vois et encore plus les générations d'après si du coup ma grand-mère l'avait fait sur mon arrière grand-mère mais j'aurais trouvé ça fou quoi et donc je me suis dit je vais peindre avec cette énergie là de l'amour inconditionnel et la curiosité sans faille et sans limite tu vois et du coup cet héritage un peu cool et ce qui m'a vachement libéré pour faire un peu ce que j'avais envie de faire moi-même, quoi. Enfin, tu vois, de témoigner quand j'en avais envie. Et en fait, quand on... Si on me disait, bah, moi, ça me plaît pas, je disais, bah, bien sûr, en fait, c'est tellement personnel que... évidemment. Enfin, mais je... J'ai pas d'avis là-dessus. En fait, il y avait un côté un peu pas d'avis, quoi. Enfin, tu vois, c'est pour personne, sauf pour, genre, mon futur... Père descendant.
- Speaker #0
Pour ma descendance, quoi. Donc, je serai même plus là quand ils le verront,
- Speaker #1
donc tant mieux. Et... Et donc en parallèle de ça, moi j'étais aussi arrivée à un moment où je commençais à en avoir marre qu'on me dise dans mes clients, donc j'avais plusieurs clients bretons, j'en avais un peu marre qu'on me dise ah ouais mais en fait les gens sont pas prêts pour avoir du breton écrit sur certains trucs. Je pense que mes propositions étaient toujours trop poussées pour eux et je commençais un peu à être fatiguée et très très frustrée de les gens sont pas prêts d'eux. En vrai, je ne pense pas et je ne pense toujours pas. Je pense que les gens sont prêts à. C'est juste que par contre, il y a des idées qu'il faut pitcher. beaucoup, longtemps. Mais en fait, ça vaut le coup aussi parfois de... Enfin moi, en tout cas, en tant que créa, j'ai envie qu'on booste toujours un peu les codes. Mais en même temps, je peux comprendre qu'en tant qu'entreprise, toi, tu veux pas... Oui, puis t'as besoin de vendre. Enfin, tu peux pas attendre que ton produit mette deux ans avant que les gens se disent « Ah, je me suis habituée pendant deux ans à le voir et donc aujourd'hui, j'ai envie de l'acheter. » En vrai, c'est des paris de ouf. Et moi, j'ai pas 300 personnes à payer à la fin du mois. Donc en fait, c'est sûr que c'est plus facile d'avoir cette posture-là en tant que créa. Mais en fait, Merci. je ne peux pas rentrer tous les soirs en disant oui, mais les gens n'ont pas d'ambition, les gens n'ont pas de signe, on va de ça. Avec cette frustration. Oui, non, ce n'est pas possible, je t'ai fait ton projet. Donc du coup, je me suis retrouvée avec plein de recherches iconographiques trop cool sur la Bretagne.
- Speaker #0
Sur la Bretagne, oui.
- Speaker #1
Et donc, je me suis dit, je vais créer un compte Insta en open source qui s'appellera Souvenir Breton.
- Speaker #0
Ok. On n'est pas loin d'Amour Breton.
- Speaker #1
J'ai perdu les codes,
- Speaker #0
évidemment, de ce truc-là.
- Speaker #1
Donc j'ai relancé un contrat de sac qui s'appelait Amour Breton.
- Speaker #0
Et bien finalement, est-ce que c'est pas mieux ?
- Speaker #1
Et voilà ! C'est le destin. Et j'ai quand même déposé le nom assez vite. Parce que j'aime bien le juridique. Et je me suis dit, en vrai c'est tellement des noms basiques. que je voyais un peu le truc venir de potentiellement, tu as, je ne sais pas, une marque, donc que ce soit Souvenir Breton ou Amon Breton, je l'aurais déposé assez rapidement. Mais en fait, je me suis dit, il suffit que tu aies une marque de cartes postales que tu déposes Souvenir Breton. En fait, moi, du coup, derrière, je n'ai plus le droit de l'exploiter. Même, tu vois, juste en signature, je n'avais pas du tout l'ambition que ça devienne ce que ça devient aujourd'hui. Mais je t'ai dit, tu sais quoi, dans le doute, franchement, ça coûte... pas hyper cher. 200 euros ? Oui, ça dépend des catégories que tu prends. Plus tu prends de catégories, plus c'est cher. Mais oui, c'est environ entre 100 et 200 balles. Et donc, en fait, j'en ai fait. Donc, il y a eu ça. Au final, je m'étais toujours dit « Ah, ce serait cool de pousser le truc au-delà de juste faire des moodboards. » Mais moi, si je n'ai pas de responsabilité là-dessus, je ne le fais pas. Tant que je n'ai pas de commande, j'ai du mal à le faire. Mais du coup, je continuais à dessiner un peu à côté. Je le montrais dessus. Et donc, je faisais des parallèles entre mes moodboards et quelques dessins, mais que je ne montrais qu'en story. Et du coup, tous les projets qui n'étaient pas pris à côté, je pouvais rebalancer un petit peu là-dedans. Ce qui me permettait de continuer à pousser loin mes projets sans être trop frustrée et du coup en me disant dans tous les cas au pire ça sert. Et donc à ce moment là j'ai Luca qui vient en alternance aussi avec moi parce que je commençais à avoir beaucoup beaucoup de boulot et donc je prends un alternant. Et en fait, je me dis, en vrai, on arrive en période creuse, ça va être chiant pour lui. Pour moi, c'est OK, parce que c'est mon entreprise. Mais franchement, faire de la compta, ranger des dossiers, c'est relou. Lui, il faut qu'il ait un side project un peu cool sur lequel on peut s'amuser en se disant que lundi, mardi, mercredi, on fait des trucs chiants. Mais jeudi, vendredi, on fait des trucs rigolos. Et donc, c'est là que je commence à vraiment plus pousser à mon breton. En me disant, en fait, là, c'est notre zone un peu... Fun, quoi. Ouais, où on s'éclate. Ton laboratoire,
- Speaker #0
là où tu peux expérimenter. Et donc,
- Speaker #1
on commence à lancer des trucs. Et en fait, on s'amuse bien. Et en fait, on lance un premier t-shirt. Et en fait, c'est un peu rigolo. Et on fait genre 30 ventes à l'époque. On était là, c'est un truc de ouf. Mais du coup, c'était cool. Vous avez déjà des gens qui l'achetaient. Donc, c'était assez sympa. Et en fait, je me rends compte aussi qu'il y a plein de gens qui commencent à me contacter. Sachant que j'avais quand même fait 7 ans de freelance en face. Et que j'ai jamais eu autant de retombées en genre un an d'un projet pas vraiment défini, sur une DA pas vraiment définie et sur un truc complètement niche comme la Bretagne tu vois. Et en fait je me rends compte que je commence à attirer quand même des gens assez qualifiés. des marques par exemple ou même des freelances qui veulent qu'on se rencontre et je me dis c'est chelou ou même mes potes m'en parlent alors qu'on m'avait pas forcément parlé des autres trucs du coup je me dis c'est marrant quand même ce truc là fait de la mousse et donc je me dis c'est cool et là il y a Gavotte qui me contacte Et euh... Et en fait, il s'avère que la directrice marketing de Gavotte et la directrice marketing qui s'occupe de leur flagship qu'ils sont en train de faire, me suivaient depuis le tout début. Et donc, elles avaient suivi toute mon évolution et du coup, toute ma patte, je pense, depuis le début. Et donc, au moment où je lance Amour Breton, Gavotte, elle fait une réunion toute ensemble pour lancer le flagship de Gavotte à Saint-Malo. Et elles disent, en vrai, pour rendre le truc un peu... Un peu événementialisant, peut-être qu'on peut faire une collab avec une artiste. Moi, franchement, il y avait 500 personnes sur le compte, quoi. 700 max. Franchement, on était 700 personnes sur le compte Instagram. J'étais genre, ok. Et donc, elle me contacte, elle me dit ça. Et donc, Chloé me contacte et me dit, voilà, on aimerait bien lancer un appel à projet pour ce truc-là. Et du coup, je lui réponds, genre, en vrai... Moi, si c'est pour perdre, j'ai la flemme. Je te le dis, cash, je n'ai pas beaucoup de temps. Et du coup, ça veut dire faire tout un projet, fin de fois, répondre à un appel à projet, c'est hyper lourd. Du coup, je me dis, en vrai, la flemme de perdre, ce n'est pas grave. Elle me dit, non, en vrai, vraiment, tente. Je sens dans le truc, donc je tente. Et en fait, je suis prise dans les trois personnes qui ont tenté le truc. Du coup, je suis prise dans le projet. Et parce qu'en plus, on m'avait dit, ouais, ils vont préférer des meufs qui ont une notoriété plus forte, tout ça, quoi. Et en fait, je suis prise parce que du coup, ces deux filles-là savaient ce truc-là. Et donc, le projet se lance. Et en fait, je commence à le montrer à des potes qui sont en... On va à l'anniversaire d'une pote. Vraiment, je te raconte tout de A à Z. Mais c'est... Parce qu'en fait, c'est drôle, la sanction de base, ça a été plein de mille décisions. Ah oui, non. Entre temps, grand moment, c'est que du coup, moi, je commence à m'affirmer avec la naissance de mon fils. Je rencontre, enfin, je re-rencontre une copine qui s'appelle Céline de Monico, qui a une marque de robes de mariée, qui se lance dans la robe de mariée vintage et qui m'embarque complètement dans son truc. Et donc, je commence à faire des photos avec elle. Et en fait, elle vient de guérir d'un cancer du sein et donc elle a cette espèce de feu de la meuf qui est au taquet et qui est là genre mais en fait, la vie est à moi, machin. Et on est tous les deux sur cette vibes un peu deux ados de 30 ans, tu vois, qui... Qui veulent conquérir le monde. Ouais, c'est ça. Avec beaucoup d'ambition. Et donc elle me transmet énormément, enfin tu vois, elle me débloque plein de trucs. C'est quelqu'un qui avait vraiment peur de rien, qui part... Alors que moi j'étais encore un peu en mode ah, mais peut-être que j'ai pas envie de déranger et tout machin. Et donc elle me débloque un milliard de trucs. Et du coup, quand j'étais avec elle, je disais, ça, je n'ai jamais fait. Je sais que tu as engagé de la thune là-dedans. Est-ce que ça te dit que je tente un truc que je n'ai jamais essayé de ma vie ? Mais au risque péril, quoi. Elle était, mais vas-y, on est là pour ça. On est là pour tenter des trucs. Et donc tu as vraiment ce truc qui était hyper fort. Et en fait, il s'avère que du jour au lendemain, elle va à l'hôpital parce qu'elle a mal à la tête. Et en fait, elle décède dans la nuit. Ouais. à 30 ans, enfin 36 tu vois, et là bah moi je vrille. Je me dis genre putain la vie elle est trop courte, j'ai perdu la personne avec qui je sentais qu'on pouvait... Enfin tu vois, enfin bref, donc Lucas arrive à ce moment-là aussi, enfin tu vois il y avait un peu tout, il y avait moi je m'affirme, je commence à lancer ce projet-là, j'ai Lucas qui arrive qui du coup, mon alternant qui restait un très bon ami, qui du coup... Merci. à un cœur de ouf, tu vois, c'est vraiment... il y a vraiment une sincérité du cœur qui est dingue et en même temps une ambition de malade et donc... et donc ça m'a aussi réconciliée avec le fait qu'on peut être ambitieux et avoir du cœur le fait que Céline soit partie, je me dis putain on a vraiment pas beaucoup de temps pour... et je pense qu'inconsciemment je me disais tant qu'on a des projets on est invincible en fait pas du tout, ouais et donc ça avait ce truc de ben en fait j'ai envie de transmettre le max que je peux aujourd'hui enfin... Et donc il y a un peu tout ça qui est venu se mettre dans un checker et du coup je suis partie en mode en fait j'en ai plus rien à foutre quoi. Genre je veux vivre ma best life et c'est tout. Et donc voilà, repond, on revient à Gavotte. Et donc là je montre le projet à des potes qui sont trop bourrés à l'anniversaire de ma pote Claire et qui sont dans des boîtes de communication, de pub. Et je leur dis « Ah, regardez, les gars, et tout, nan, nan, j'ai fait ça avec Gavotte et tout. » Et du coup, c'est des DA dans des grosses boîtes de pub. Et ils me disent « Purée, comment t'as fait pour passer ces idées-là ? » En vrai, trop de galère pour ce genre de boîte. La GMS, c'est hyper compliqué quand même de faire la grande et moyenne distribution. C'est en gros quand t'es vendu en... Quand tu peux être vendu en... En d'outils fruits, des supermarchés, tous ces trucs-là. Et la GMS, c'est hyper codé, c'est hyper chiant. Il faut que le client comprenne tout de suite. Après, Gavotte, c'est un produit plus luxe. C'est encore un peu différent. C'est un produit plaisir, mais c'est quand même des clients qui ne sont pas faciles. Pour l'avoir fait avec eux, c'est vrai que pour faire passer des idées, franchement, j'étais déterminée. Heureusement qu'Océane, avec qui j'étais en lien, c'était hyper cool de pouvoir bosser avec elle. mais toi tu peux sortir les rames ah ouais ouais grave quoi là tu sais quand je bosse avec Fragonard à côté ça n'a rien à voir avec Fragonard c'est tout ça si on faisait ça bah oui formidable on rajoute un print parce qu'on le trouve qu'il est formidable enfin tu vois c'est pas du tout le même vibe mais du coup c'est hyper intéressant et c'est toujours cool aussi de commencer avec des projets plus difficiles et du coup ils me disent ok t'as combien de followers sur insta et je sais pas on devait être à 1000 tu vois à ce moment là et ils me font ah putain c'est con si t'avais 10 000 on te mettrait sur des projets et j'étais pardon mais genre Ok donc en fait c'est vraiment une question de notoriété quoi. Et du coup on rentre à pied avec mon mec et il me dit bah en vrai moi je sais que tu fais des trucs cools depuis le début mais c'est vrai que personne le voit quoi. Alors tu vois ça fait 10 ans que t'es dans ce temps là mais ça se voit pas parce qu'en plus t'es sur le digital mais moi je suis spécialisée en faire une identité de marque pas en promouvoir une identité de marque tu vois. Donc en fait j'ai pas forcément une grosse notoriété et tout machin. Et même si j'ai des audiences très qualifiées voilà. Et du coup je dis vas-y je m'en fous. J'étais en baisse d'activité, j'avais plus de thunes. du coup c'était le bref en gros mon autre activité de conseil et le truc elle marchait plus trop parce que les marques se cassent la gueule je sais pas si vous voyez mais toutes les semaines il y a quelqu'un qui ferme tu vois donc donc voilà donc la mode c'est la cata on est arrivé en pleine guerre enfin c'était vraiment la cata cata cata c'était il y a deux ans et je me dis bah les dernières thunes que j'ai je les mets en accompagnement pour faire de la pub sur instagram parce qu'en fait ma clientèle elle est sur insta et donc Donc j'investis 4000 balles. dans l'été, donc 4, 5, 6, 6000, parce que du coup, on comptant les pubs, pour acquérir la notoriété.
- Speaker #0
Les pubs et la personne qui t'accompagne, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Pour me payer de la notoriété et pour voir si ça draine du monde. Et donc, et en fait, du coup, j'étais trop contente, puisque un, ça m'a ramené du monde, mais en plus, j'ai pas perdu en qualité de personne.
- Speaker #0
Et en fait, à partir du moment où j'ai fait ça, il y a eu un jour qui m'a dit « je ne sais pas comment je t'ai découverte » .
- Speaker #1
Parce que j'ai investi 6 000 euros pour que tu m'aies découvert.
- Speaker #2
Ça doit être toi aussi parce que moi je te dis que je t'ai découverte. J'ai vu ton nom parce que tu étais en collab avec une marque de puzzle qui s'appelle Pissen Love. Donc j'ai découvert ton travail quand je bossais chez CQFD où on vendait le puzzle. Mais je ne crois pas que je t'ai suivi tout de suite et effectivement. Il me semble que quand j'ai créé le mood board, ton compte est ressorti en premier.
- Speaker #0
Et en fait, c'est ça. Et après, du coup, ça ne s'est quand même pas très bien passé avec les personnes qui géraient ce truc-là. Et en fait, j'ai eu un énorme coup de bol. C'est que... Une de mes voisines était en switch de job et qu'elle avait un mois de battement entre son ancien job où elle faisait de la pub Facebook et Instagram pour une grosse agence. Et en fait là elle passait chez le client dans une grosse marque de luxe et donc elle est méga qualifiée et elle m'a dit en vrai moi j'aime trop ton projet, si tu veux je te fais ton... tu as ton séquençage et je te trouve ton meilleur séquençage et ton truc. Et pareil, elle me disait, j'ai jamais eu un coup par clic si bas. En fait, tu as vraiment une audience qui est hyper réceptive, tout ça. Et en fait, ça m'a vraiment drainé beaucoup de monde. Et donc là, le compte a grossi. Et aujourd'hui, je ne mets plus beaucoup de budget là-dessus. J'en mets toujours. C'est aussi cette partie où je ne peux pas... passer à côté de ça. Je ne peux pas dire c'est juste parce que je suis super et machin. Non, en vrai, j'investis.
- Speaker #2
Pour qu'on te voit et qu'on voit ce que tu fais.
- Speaker #0
C'est ça. Dès que quelqu'un bossait sur la Bretagne, je pense que je remontais assez rapidement dans les algos. Et donc, c'est comme ça que j'ai pu avoir derrière Gavotte. Enfin, dans mon Gavotte, ça c'était bon. Après, j'ai eu du coup Merci. On a fait une collaboration avec Merci. Et après aussi, je me suis dit, au moment où je lance ce budget-là, moi, il faut que quand les gens arrivent sur le compte, il y ait de quoi manger. Donc en fait je me suis aussi consacrée vachement à la création de contenu à ce moment-là, à poster régulièrement, à avoir des stories régulières, à faire des trucs. Enfin tu vois il y avait vraiment ce truc de... En fait je sais aussi que c'est un peu comme si tu étais sur Google Maps et que du coup tu fais... Il y a plein de gens qui passent devant ta vitrine mais que t'es jamais ouvert en fait ça marche pas. Il faut quand même que tu sois là. Et puis moi j'avais bossé sur le digital pendant... Enfin tu vois j'accompagnais des marques dans le digital pendant hyper longtemps. Je connaissais aussi hyper bien les codes. J'ai toujours aimé ça donc... C'était assez... J'aime bien, quoi. C'est une partie que j'aime beaucoup, faire des feeds, créer juste pour cette plateforme. Je trouvais ça assez cool. Et donc, c'est pour ça. Et donc, aujourd'hui, deux ans après, au final, on a atteint les 31 000. Et à bout. Et finalement, c'est un peu comme ça que les marques me trouvent aujourd'hui.
- Speaker #2
Et donc, après, avec eux, tu fais des collabs. J'ai noté illustration, aquarelle, DA, photo, design textile.
- Speaker #0
C'est ça. Et en fait, à côté, j'ai toujours mon studio. Donc maintenant, ça m'a permis de repositionner aussi le studio de Créa qui s'appelle Content Studio. Du coup, je taffe pour d'autres gens en marque blanche. Ok, tu continues ça. Oui, c'est ça. Pas forcément autour de la Bretagne. Il y a quand même toujours une forte notion de fantaisie ou de gourmandise. Et du coup, par exemple, je fais de l'ADA. Là, j'ai fait de l'ADA pour des huiles, mais qui sont en Indonésie. Du coup, ils font fabriquer en France et c'est une marque indonésienne et tout ça. Mais du coup, j'ai bossé avec eux sur... l'identité de marque. Pas forcément le logo, mais toute la vibe que devait avoir cette marque-là. J'ai fait le logo pour la nouvelle vague couleur. On a revu tous ses packagings aussi. Je suis assez spécialisée en pack. Le gros travail que je fais de ce côté-là, c'est surtout que tout est fait à la main. Tout est dessiné à la main. Je n'utilise pas la tablette. Évidemment, c'est vectorisé parce qu'un logo, c'est obligé d'être vectorisé. Mais en tout cas, tout ce qui peut être au maximum fait à la main, est fait à la main. Je travaille tout en carnet. Même les boards sont imprimés. Avec Contents Studio, Julie est venue tout l'année dernière avec moi pour me backuper parce que j'avais plusieurs projets de branding. Je fais pas mal de branding, direction artistique et aide à la création de contenu.
- Speaker #2
Justement, il me semble que j'étais tombée sur une vidéo où tu montrais, peut-être avec Julie, comment t'organiser tes... rangements pour faire tes moodboards et je trouve ça exceptionnel parce que justement comme tu dis c'est pas des moodboards juste Pinterest c'est vraiment tu gardes est-ce que tu peux raconter un peu ce processus là pour les moodboards ?
- Speaker #0
je garde toujours tout la dernière fois j'étais au resto et je trouvais que la serviette était jolie je l'ai pris dans mon sac je sais qu'elle va finir dans une de mes boîtes à bord qui doit être la boîte pattern et du coup ça va être dedans ok tu classes du coup par classe ouais Il y a Bretagne, Végétal, Animal, Motif, il y a aussi Tipo. J'ai plein de boîtes et du coup, en fonction, dès qu'on va sur un nouveau projet, on sort toutes les boîtes et on regarde s'il y a des trucs qui font résonance, si on trouve des nouveaux trucs.
- Speaker #2
Est-ce que ça, le fait de travailler hors écran et de créer un peu tout cet univers avant, ça te facilite la... pour après.
- Speaker #0
Moi, je travaille quand même souvent sur écran. Je fais d'abord écran. Il y a souvent une recherche Pinterest où j'enregistre quand même pas mal de trucs, même sur Insta et tout. Après, je l'imprime. Je fais une grosse phase écran pour ranger un peu mes idées et me dire, aussi parce qu'il y a plein de nouveaux trucs que je n'ai pas forcément ou des trucs plus précis que je vais pouvoir trouver parce que je les ai archivés sur le digital. Et du coup, après, je les imprime. Et en général, je ne regarde plus mon ordinateur pendant tout le process créa. Et après, je reviens dessus. Et du coup, je peux aussi, si je vois qu'il manque des trucs, ça va être assez précis quand même ma recherche digitale, mais après, pour s'extraire un peu. En fait, si je fais un motif, par exemple, je vais avoir une recherche qui est hyper précise. Je veux que ce soit une rayure, qu'il soit comme ci, comme ça, mais du coup, qui ne va pas plus loin. parce qu'après moi je pense toujours où est-ce que ça va être, chez qui ça va être, comment ça va être et du coup une fois que j'ai fait ce motif là c'est un peu là je vais retourner dans mes recherches dans ma base de données et là je vais voir un peu quel est l'univers qui gravite autour et du coup en fait ça devient un univers marketing et de communication donc c'est plutôt sur cette phase là que du coup je vais plus venir piocher dans mes trucs c'est genre une fois que le truc a été fait du coup à qui il s'adresse dans quel autre univers il s'adresse, avec quelle autre marque il peut faire résonance avec quelle autre typologie de personnalité ça peut matcher et tout ça. Donc c'est plutôt dans ce sens-là que ça fonctionne.
- Speaker #2
Ça fait un aller-retour mais qui relance un peu ta créativité et tes questionnements. Exactement. Hyper intéressant, je pense que j'aimerais bien me remettre à refaire des vrais moodboards.
- Speaker #0
Mais moi je fais tout à la main. C'est hyper inspirant.
- Speaker #2
Je... Oui, tu dessines beaucoup, tu peins, là tu portes une tenue, donc je suis obligée d'en parler. Tu as créé ta marque, enfin en tout cas tu as des vêtements avec ton imprimé. Oui,
- Speaker #0
là j'ai fait la collab avec Isée du coup de cet été.
- Speaker #2
Oui, on n'en a pas parlé justement. Oui,
- Speaker #0
parce que du coup en fait là, une des grosses parties aussi de la marque, c'est... Donc moi j'ai toujours la partie laboratoire où du coup j'expérimente à la fois des motifs, des shoots, des idées. Enfin en fait tout est bon à prendre quoi. Et c'est toujours moi qui fais. En fait, je fais vraiment tout de A à Z. Ça, c'est la partie amour breton. Oui. Mais j'expérimente aussi, du coup, des savoir-faire, des artisans et des ateliers. C'est-à-dire que je fais aussi mes propres prods. Donc, mes prods de papier peint, de foulard, d'impression textile, de coupé-cousu, donc de vêtements. Et... Et ça, après, soit de livres aussi, parce qu'il y a aussi de l'auto-édition là-dedans. Oui, j'ai vu, c'est un livre d'accord. Celui-là, c'est avec une maison d'édition. Mais du coup, j'en ai un autre d'inspiration et de coloriage que j'ai fait. Tout est imprimé en France et tout. J'ai envie que ça reste local et fabriqué en France. Parce que j'ai envie de raconter des histoires. Mais aussi avec des gens avec qui j'ai envie de raconter des histoires. Non. Si tu veux, il y a des trucs où j'aurais peut-être pu le faire, mais en fait, faire de la prod, c'est vraiment régler que des problèmes tout le temps. Vraiment, pareil, les gens qui veulent lancer des marques, vraiment, c'est régler que des problèmes tout le temps. Et donc, moi, le meilleur conseil que je donne, si j'en ai un seul à donner, c'est entoure-toi des gens avec qui tu as envie de régler des problèmes. Si déjà, tu sens que quand ton fournisseur, tu n'es pas hyper à l'aise avec alors que tout va bien, laisse tomber le jour où tu as un problème, c'est chiant. Alors que là, moi, j'ai... Du coup, il y a ceux avec qui on travaille. C'est tellement cool que même quand il y a des problèmes, en vrai, on en fait sortir des trucs vraiment cools. Donc du coup, je trouve que c'est ça que je veux aussi chercher. C'est trouver des gens avec qui je règle les meilleurs problèmes de la Terre. Et donc, de ce côté-là, il y a toute cette partie, mais que je m'autorise aussi à fermer de temps en temps. genre là j'ai fermé le site pendant 3 mois j'ai des très gros projets pour pour Stiver et je pense que je vais pas lancer de nouvelle collection sur Amour Breton Stiver parce que les autres sont tout aussi intéressants et qu'en vrai je me dis que j'ai toute une vie aussi pour le faire donc pareil il y a aussi le truc de si j'ai besoin de lever le pied, enfin là comme je te le disais je suis un peu en questionnement sur quelle forme j'ai envie que ça donne quelles sont les postures que j'ai envie d'avoir, quelles sont les limites que j'ai envie de donner à cette marque et du coup je suis là, bah en vrai mais même si ça doit prendre 3 ans, ça prendra 3 ans enfin un peu Euh... Je m'en fous, mais c'est trop bien, donc je n'ai pas envie que ça me bouffe. Et donc, une des parties avec lesquelles je gagne de l'argent et où je gagne aussi en visibilité et où j'adore, parce que ça a fait quand même le pont avec la partie freelance, parce que du coup, j'intègre des équipes pour un temps donné, c'est quand je fais des collaborations avec des marques. Et donc, il y a eu, comme on se le disait, il y a eu Gavotte, Merci. J'ai fait du coup, Peace & Love, où on a fait un puzzle. Là, j'ai fait du coup, Isée. c'est une marque de bain fabriquée en France c'est pas fabriquée en France mais en tout cas c'est responsable j'ai l'impression qu'ils sont mi-corps et tout j'ai d'autres marques un peu cool qui me contactent aussi du coup j'ai fait aussi un livre d'apprentissage à l'aquarelle avec une maison d'édition j'en fais un autre du coup pour l'année prochaine avec une autre maison d'édition aussi et enfin voilà du coup c'est hyper cool de pouvoir rentrer dans des univers et et Et j'ai fait avec Fragona aussi, comme je te disais. Donc ça me permet quand même de rentrer pour des parenthèses un peu. En plus, vu que j'ai un univers qui est assez coloré, qui est plutôt joyeux. Donc on vient aussi me demander de travailler ça, ce qui est vraiment cool pour le coup. Et du coup, j'ai un peu l'impression d'arriver pour aussi apporter un nouveau souffle.
- Speaker #2
Donc tu as vraiment développé ta patte, ton projet. Un peu comme tes parents qui se disaient,
- Speaker #0
c'est fait quoi. Oui, exactement. C'est ça. Oui, ça marche. Oui, c'est ça. Au pire, ça marche.
- Speaker #2
Donc, ton équipe et toi, vous avez réalisé un coup de maître le 1er avril. J'ai vu ça sur Instagram. Tout le monde y a cru,
- Speaker #0
moi y compris. Est-ce que tu peux nous raconter ce mémorable poisson d'avril que vous avez fait ? En fait, quelques semaines avant, il y avait une équipe d'une marque qui me disait, ce serait quoi ta collab de rêve ? Et j'aurais dit, en vrai, moi, ce serait... Les endroits de passage et les endroits usuels, c'est pour ça que j'aime bien le design et que je suis plus dans des objets que dans l'art pur. Je parle aussi de mon côté, mais j'aime quand même bien quand c'est confronté au réel. Mon rêve serait de bosser sur des trains, sur la mobilité douce et sur le kiff du kiff, ce serait faire la guerre Montparnasse. d'avoir une carte blanche dans la gare Montparnasse et de l'habiller aux couleurs de la Bretagne, de faire découvrir des artistes contemporains, de vraiment le rendre l'espace un territoire hyper vivant, très axé sur la culture et en même temps très ludique. Parce que je trouve que vraiment, les gares, c'est des endroits où il y a tellement de gens. c'est pour être des mini musées je trouve ça trop dommage et donc je disais ça et puis les trains les TER de Bretagne je trouve ça trop marrant bref je me rappelle on arrive deux jours avant le 1er avril et je me dis c'est quand même dommage moi qui adore les blagues quand même le 1er avril c'est historiquement mon endroit préféré franchement je préfère le 1er avril à Noël Vraiment j'adore Ma passion c'est le 1er avril J'ai fait des blagues de ouf J'ai dit que je faisais court donc je vous raconte pas les blagues de ouf que j'ai fait Mais j'aime trop les blagues Et du coup Je me dis mais attends Bien, on n'a qu'à faire croire qu'on fait une collab avec les TER de Bretagne. Et donc à 21h, la veille du 1er avril, à 21h, j'envoie une note vocale à Julie qui est avec moi du coup à l'atelier. Et je lui dis, Julie, on enlève tous les priorités de la journée de demain. La priorité, c'est le poisson d'avril. On va dire qu'on fait une collab avec les TER de Bretagne. Je l'ai tellement imaginé mille fois dans ma tête que genre je sais ça le faire quoi. Et du coup, elle était en train de boire des coups avec ses potes. Et elle me dit, ben voilà, c'est ça ma bosse. C'est ça ma bosse en ce moment.
- Speaker #1
C'est genre,
- Speaker #0
on arrête tout pour faire un poisson d'avril. Et en fait, du coup, je fais... Et donc, en fait, le matin, on arrive et tout le machin. Et en fait, c'est vrai que j'avais tellement imaginé ce truc que ça a été assez fluide. Parce que du coup, c'est un truc qui a duré... On l'a fait en 7 heures, quoi. Donc, pour expliquer, en gros, on avait fait... J'avais imaginé toute une partie papier peint. qui allait recouvrir les toits, du coup, des TER de Bretagne. Et en fait, cette partie-là, donc il y avait un motif, mais en vrai, c'est déjà le cas dans le RER de Versailles. Il est déjà, en fait, tout le toit du RER, enfin en tout cas de montant, le toit du RER de Versailles, il y avait justement, c'était très, un peu comme... Je ne sais pas, la galerie des glaces de Versailles, j'avais trouvé ça super cool à l'époque.
- Speaker #2
C'est le plafond quand tu es à l'intérieur. Il y a longtemps,
- Speaker #0
mais en tout cas le souvenir que j'en ai, c'est de me dire, ah là là, c'est trop bonne idée en fait de dire que vu que tu vas à un endroit... T'es déjà un peu dans le mood, tu vois. Et j'avais trouvé ça assez malin. Donc du coup, j'avais repris un peu cette idée pour le faire là. J'étais allée jusqu'aux toilettes où j'étais vraiment sans rôle pour le blog.
- Speaker #2
Mais où c'est les toilettes qui m'ont fait le plus rire ?
- Speaker #0
Et j'avais refait les toilettes en disant, parce que j'adore les toilettes. Et je sais qu'il y a plein de gens qui achètent mes papiers peints pour le mettre dans les toilettes. Parce qu'il est un peu fort. Enfin, tu vois, je fais forcément des trucs un peu forts et assez tranchés. Et du coup, je sais qu'il y a des gens qui sont là. Où je l'ai mis dans les toilettes ? Parce que voilà, bon sinon, mon mari ne voulait pas quoi. Et j'étais à l'aise de comprendre de ouf. Et du coup, j'avais bien l'idée de dire... Quand t'arrives dans les toilettes, toi t'es un peu surpris et c'est cool. Et j'avais fait ça, et on avait fait quoi d'autre ? Ah oui, on avait refait aussi les cartes. Du coup, les cartes de déplacement, où on avait repris une iconographie. Donc on avait refait une iconographie autour de ça.
- Speaker #2
Tout ça en photomontage, où t'as utilisé tes motifs.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #2
Mais c'est hyper long comme travail à faire.
- Speaker #0
Et j'avais refait aussi tout l'extérieur des trains, où j'avais repris des images, et donc j'avais fait comme des paysages à l'aquarelle qui venaient du coup se dessiner sur l'extérieur des trains. Et en fait, j'ai très bon ski dans Photoshop puisque je suis aussi graphiste. Donc du coup, ça m'aide beaucoup. Et du coup, j'avais mis tout ça dans l'idée d'un territoire en mouvement, de lier la culture et le mouvement, de l'héritage en mouvement, du territoire en mouvement. Et j'avais envie de se dire... En fait, c'était un peu l'idée de se dire hors saison. Hors saison, parce que c'est une région qui est très touristique. C'est hors saison quand tu utilises l'été. En fait, aussi de favoriser la mobilité douce. Et là, tu vois, on a Avignon. Et on est allé à Arles et on se disait, tu vois, Avignon-Arles, en voiture, c'est 15 minutes et en fait, en TER, c'est hyper rapide. C'est 13 minutes. C'est entre 13 et 20, en fonction du truc que tu prends. Et en fait, j'étais là, genre, mais ça, c'est possible aussi en interstit... Enfin, tu vois, en Bretagne, en fait, on ne le fait pas parce que... Parce qu'on n'est pas invité à, parce qu'on n'y pense pas, parce qu'on ne sait pas non plus forcément ce qu'on va aller trouver dans une autre gare, dans une autre région, dans un autre endroit. Et donc je m'étais dit, je vais prendre, par exemple, j'avais pris la gare de Quimperlé et je ne sais plus quelle autre gare. Et en fait, je m'étais dit, à l'intérieur même des petites gares, on pourrait aussi mettre en avant le territoire culturel et l'héritage culturel pour continuer dans cette idée de territoire en mouvement. Et j'avais repris... Du coup, j'avais fait des fausses affiches avec écrit l'héritage en mouvement et tu avais des grands peintres qui avaient vécu là ou des choses comme ça. Et du coup, l'idée, c'était de se dire peut-être que la région SNCF, la région Bretagne et la culture pouvaient s'associer pour aussi prévoir des parcours de mobilité tout en prenant du coup avec. En plus, ça ne coûte pas très cher, tu vois. Et du coup, de pouvoir te dire que tu vas aller faire et un musée et une maison de maître ou un truc. Et donc, tu pouvais favoriser comme ça, fluidifier en tout cas la culture et la mobilité des personnes. Et que peut-être des fois, tu vas aller au travail à l'emballe, mais tu n'es pas au courant qu'à l'emballe, il y a tel et tel truc. Et qu'en fait, vu que tu le vois tous les jours, tu peux... Bon bref, j'étais au taquet. J'adore imaginer des concepts. Du coup, on a fait ça en effet en 24 heures. Et donc, le lendemain, je le poste. Et en fait, en effet, tout le monde... Il y a cru quoi. J'ai gagné 4000 personnes dans la journée. Incroyable. C'est quand même l'opération la plus rentable que j'ai jamais faite de la vie.
- Speaker #2
Mettez-moi un petit rappel quelques jours avant si vous ne voulez pas travailler juste le 31 mars.
- Speaker #0
Et du coup, ça a drainé énormément de monde, énormément de visibilité. Ça a vachement amusé aussi. Et en fait, j'ai trouvé ça... et donc c'était un... en fait j'étais là mais c'est trop bien comme coup de com tu vois et voilà et puis en fait bref ça m'a amené plein de trucs mais du coup c'était très marrant à faire et je pensais au poisson d'avril 2020 Est-ce qu'ils t'ont contacté quand même ?
- Speaker #2
Est-ce qu'il n'y a pas un petit bout de projet ?
- Speaker #0
Non même pas. Bon en tout cas c'était une chouette idée Mais le parti écologiste breton aussi m'a contacté.
- Speaker #2
Ah !
- Speaker #0
Ce qui est déjà pas mal tu vois. C'est quoi tes projets ou tes rêves pour un bon breton ?
- Speaker #2
S'il y en avait un, parce que j'imagine qu'il y en a plein.
- Speaker #0
Bah ouais, il y en a plein. Après, il y a toujours un peu twisté le regard sur des lieux communs, entre gros guillemets. Mais tu vois, il y a toujours des marques qui me font toujours un peu rêver et rigoler, dans lesquelles j'aimerais bien venir m'amuser, comme, je sais pas, Bray Scola, Pathé Enaf. Enfin, tu vois, t'as des iconiques comme ça, où je me dis, c'est assez marrant de venir jouer avec les codes de choses aussi ancrées. mais voilà après ça se fait pas c'est pas non plus, enfin encore une fois c'est des trucs que je fais après en side project genre voici la fausse collab de machin ça me fait marrer non dans les vrais rêves vraiment ambitieux ce serait que ça devienne quelque chose de plus justement de l'idée c'est quand même de garder un patrimoine vivant tu vois et du coup j'aimerais bien petit à petit poser des pierres pour que je sais pas là dans les projets à court terme c'est euh... d'aller voir d'autres artistes que j'aime bien ? J'essaie de voir si à travers mon prisme, je ne peux pas les inviter à venir faire quelque chose. J'ai aussi cette notion de récolte, de récolter un max de trucs, de les faire continuer à vivre. C'est un peu comme je te disais, je n'ai pas forcément une vision, mais j'ai une vibe que je sens d'un endroit où j'ai envie d'être. Et là, je suis assez visible parce qu'aussi, il faut l'incarner et que c'est important. Mais j'aime bien bosser avec des équipes et j'aimerais bien que le truc ait une plus grosse envergure. J'ai envie de rester hyper libre dans la manière dont ça va vivre. Là, aujourd'hui, moi, j'adore le textile et c'est vraiment un endroit dans lequel j'adore. Et du coup, je vais aller. Mais en fait, peut-être que tu vois, dans cinq ans, c'est... J'encontre des gens brillants et j'ai la possibilité d'eux. Et ça devient une maison d'édition. Ça devient en tout cas un événement éditorial pendant trois mois. Je ne sais pas. J'ai envie de garder cette liberté-là, de se dire que les histoires se racontent, on s'en fout du support, on s'en fout de... Ce n'est pas ça qui est important. C'est de voir comment est-ce qu'on continue d'amener la créativité à son max et comment est-ce qu'on... On rend désirable aussi, mais pas que l'été, pas que sur des... Je sais pas, tu vois, est-ce que c'est des... J'aime bien aussi le fait qu'il y ait les festivals d'Avignon, le festival de Harle. En vrai, ça me fait quand même pas mal cogiter aussi sur la désirabilité d'une ville, avec du coup un lien avec la culture qui est fort, et du coup un ancrage culturel. On a déjà le festival interceltique de Lorient, tu vois, mais peut-être d'autres trucs. Voilà, donc je sais vraiment jamais quelle forme ça va prendre. Je sais juste que je veux que ce soit hyper ambitieux. Et après, moi, à titre perso, continuer à faire de la DA et accompagner des équipes, je trouve ça génial.
- Speaker #2
Trop bien. On te souhaite plein de nouveaux projets et de continuer à développer Amour Breton.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #2
À faire parler de la Bretagne.
- Speaker #0
L'épisode le plus long de la Terre.
- Speaker #2
Oui, mais écoute, il fallait bien inaugurer.
- Speaker #0
Ah oui, le Michoko !
- Speaker #2
Avant de se quitter, je crois que tu as déjà écouté, donc tu reconnaîtras ce petit bruit. Donc la petite tradition, c'est de finir sur un Michoko.
- Speaker #0
Comme ça, t'es sûre que je me tais ? Parce qu'on ne veut pas me paralyser ! Et manger un Michoko en même temps ! En plus, j'adore !
- Speaker #2
Ça me rappelle trop mon enfance ! C'est exactement pour ça qu'on a parlé de l'enfance. Mais tu vois,
- Speaker #0
justement, la méfie n'en finit pas ! En fait, je trouve ça cool parce que du coup, à mon retour, ça fait résonance aussi avec plein de madeleines de pouces de gens. Et du coup, je suis là, et même des gens qui sont pas forcément bretons ou qui ont juste eu un truc vite fait en bretagne. Et je trouve ça assez cool de... Je trouve que franchement, la vie, elle est pas facile. Et d'autant plus en ce moment, je trouve que c'est... Enfin, j'ai l'impression que tout le monde dit ça, mais c'est quand même pas évident. Et du coup, si ça peut apporter une respiration et de l'ambition... Parce qu'en fait, aussi, j'ai lancé à mon breton parce que je trouvais que dans la fantasy, C'était vachement, ah oui mais tu mets des trucs colorés, les gens aiment bien, puis tu mets deux trois fleurs, allez vas-y on va faire des hortensias et puis les gens sont contents quoi. Et en fait je me suis dit, je pense qu'on peut quand même élever un peu le niveau et pour autant moi qui en plus n'étais pas hyper ravie en école d'art de devoir justifier mes propos, là je pense que je passe les trois quarts de mon temps à le faire parce qu'en fait j'ai compris l'intérêt d'eux et aussi la joie que ça peut être et à quel point tu peux aller beaucoup plus loin quand en fait tu travailles ton propos à mort quoi. et Et là, tu vois, ça peut être des trucs très personnels. Là, je suis en train de voir pour refaire un motif avec la coiffe de mon arrière-arrière-grand-mère. beaucoup d'essais de continuer à le faire vivre à travers un autre motif pour l'ordre plus contemporain et en même temps il est tellement fragile que de continuer à le faire vivre et en même temps de l'autre côté je relis Angela Duval qui est une poétesse bretonne et tu vois je me dis ah tiens ce poème là je trouve qu'il peut être hyper illustré du coup je suis en train de me dire peut-être que dans le prochain bouquin je pourrais l'illustrer ou en tout cas en faire peut-être un coloriage pour que du coup, enfin tu vois il y a toujours ce truc là et du coup je vois pourquoi en fait je trouvais que ce qui a été mal expliqué dans mes études d'art c'était que Merci. On te disait qu'il fallait justifier parce que sinon ce que tu faisais c'était débile ou c'était trop basique. Mais en fait on ne t'expliquait pas que le plaisir de faire de la recherche et la justification pouvaient t'amener dans des endroits que tu ne te soupçonnais pas toi-même et qui allaient te rendre plus créatif. Et je pense que ça, pareil, c'est genre... Et typiquement il y a des gens qui peuvent copier de temps en temps. Moi je vous conseille tout à fait de copier quand tu commences parce que c'est plus facile aussi de voir dans quel ou quel style tu te sens le plus à l'aise, tu vois. Mais après la recherche elle est primordiale et le mood board il est primordial pour... Faire converger des idées qui n'auraient rien à voir ensemble. Et c'est là que tu as la vraie créativité qui se fait. Et c'est là que tu es hyper fière de toi en plus. En vrai, je ne crois pas que tu puisses être vraiment fière de toi quand tu copies. En plus, vu que tu l'as déjà fait, tu as potentiellement peur que quelqu'un le fasse aussi de ton côté. En fait, c'est bénéfique pour personne. C'est aussi ça que j'ai envie de transmettre avec Amon Breton. C'est la joie de creuser les sujets. Et de voir comment tu réfléchis tes trucs. Et pourquoi est-ce que tu en es arrivé là. C'est aussi pour ça que j'aime bien travailler dans des carnets et que j'aime bien expliquer tous mes carnets et toute la recherche créative derrière. Et là, tu vois, avec Content Studio, je travaille de plus en plus. Là, l'idée, c'est que j'explique chaque projet et pourquoi tel ou tel choix est fait de telle ou telle manière, tu vois. Parce que, en fait, peut-être que les gens me disent « Ah, mais oui, c'est vrai, je n'avais pas pensé que du coup, je ne sais pas, si je travaille un motif, je peux scanner la coiffe de… » Ou même le dessin de mon fils. En fait, je peux peut-être en faire un motif.
- Speaker #2
C'est expliquer toutes les élaborations, processus. C'est ça. C'est le chemin.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, pareil. À l'école, on me disait, il faut que tu justifies. En fait, on justifie comment ? Les délivres. Mais lesquels ? En fait, moi, je n'ai aucun chemin. On ne m'a montré aucun chemin. Donc, en fait... Du coup, c'est un peu ça. C'est plutôt le chemin que j'ai envie de montrer aux gens. Et après, ça vit comme ça doit vivre. Et les gens se l'approprient comme ils se l'approprient. Mais du coup, je suis assez contente de pouvoir diffuser un chemin.
- Speaker #2
Trop bien. On va finir là-dessus. C'est une belle conclusion. Merci beaucoup d'avoir pris tout ce temps sur tes vacances pour venir me voir.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #2
J'étais ravie de ce heureux hasard de la vie. Comme quoi, je crois qu'il n'y a pas de hasard. Juste de ouf, j'en suis convaincue. A bientôt, Manuel. A bientôt,
- Speaker #0
au revoir.
- Speaker #2
C'est la fin de cet épisode. Merci beaucoup de l'avoir écouté. J'espère qu'il vous a inspiré, questionné ou peut-être donné envie d'explorer votre propre chemin créatif. Si cet épisode vous a plu, vous pouvez le partager autour de vous ou lui laisser une note sur votre plateforme d'écoute. Ça aide vraiment le podcast à se faire connaître. Et pour ne rien manquer, vous pouvez vous abonner sur votre plateforme préférée et me retrouver sur Instagram arrobaselemoodboard.podcast Continuez à observer, à ressentir, à créer, parce que chaque jour est une nouvelle planche d'inspiration. A très vite pour un nouvel épisode.