Speaker #0La matrescence. Moi je connaissais ce mot avant même d'être enceinte. J'avais bien compris que ça parlait des transformations qu'on traverse en devenant maman, mais personne ne m'avait vraiment raconté la traversée. La désorientation, les moments où tu ne sais plus très bien qui tu es, les contradictions, tout ce que ça vient remuer à l'intérieur. Parce que devenir mère, ce n'est pas juste accueillir un bébé. C'est une initiation, un bouleversement, une transformation profonde de qui l'on est et de notre manière d'être au monde. Ce passage porte un nom. la matrescence, et dans l'épisode d'aujourd'hui, je vous emmène dans la mienne, ce que j'ai vraiment traversé avec deux bouleversements, deux partages vraiment intimes que je n'avais pas vu venir. Je suis Mélissandre Lemoynier, doula post-natale, spécialisée dans l'accompagnement de la matrescence, autrice et moi aussi maman. Ici, on explore, on parle vrai, on met des mots, on éclaire sur ce qui se vit à l'intérieur quand on devient mère, sans filtre, sans pression, toujours avec du love et de la sororité. Bienvenue dans le podcast qui parle enfin de ce que devenir maman transforme vraiment. Bienvenue dans le passage. Hello les mamas, bienvenue dans ce nouvel épisode du passage. Merci d'être là, merci aux nouvelles arrivantes. Si vous découvrez le podcast, bienvenue. Quand j'étais enceinte, et puis ensuite jeune maman, j'aurais adoré entendre davantage de récits de femmes sur leur matrescence. Pas seulement ce que ça change dans la vie, mais ce que ça fait vivre à l'intérieur, à quoi ça ressemble, comment ça sent, comment ça feel. Pas seulement les belles images instagrammables, mais aussi les doutes, les questions, les hauts, les bas, vraiment toutes les facettes. Alors aujourd'hui, j'ai eu envie de vous partager deux bouleversements de ma propre matrescence, deux choses que j'avais pas du tout anticipées. Je vous rassure, il n'y en a pas eu que deux. J'en ai choisi deux pour un épisode, mais il n'y en a pas eu que deux, loin de là. Mais parce qu'en devenant maman, je pensais surtout que tout allait changer autour de moi. Le rythme, le sommeil, l'organisation, les meubles qu'on a achetés exprès pour Léo, ce qu'on nous montre sur Pinterest et Instagram. Alors bien sûr que tout ça, ça change. Mais en fait, moi, ce qui m'a vraiment le plus déstabilisée, c'est ce qui s'est passé en dedans. C'est un peu comme si tout ce que je croyais qui était stable et solide en moi jusque là, Ça avait été remis en mouvement et ça avait été mis à l'épreuve. Et je crois que c'est ce qui m'a le plus surprise dans la matricence finalement, c'est la traversée elle-même, c'est vraiment le chemin et l'ampleur de la traversée. Et les deux bouleversements, les deux partages que je m'apprête à vous déposer, ils viennent chacun à leur manière illustrer un peu ce dont je parlais dans l'épisode précédent, à savoir la perte de repère, la perte d'identité et l'ambivalence. Alors c'est parti ! Ce que je partage dans l'épisode, c'est la première fois que je le partage. J'ai choisi volontairement deux des choses qui ont été les plus difficiles et deux des choses que moi j'ai jamais entendues, ou alors vraiment très très peu autour de moi. Et du coup je pense que c'était important que ça existe quelque part et qu'il y ait un espace où ça puisse être raconté, où ça puisse être entendu, pour que si jamais ça vous arrive à vous aussi, vous ne vous sentiez pas... seule ou défaillante et que vous vous disiez que ça n'arrive pas qu'à vous. Alors le premier bouleversement que j'avais envie de vous raconter dans cet épisode, vous vous rappelez dans le dernier épisode j'évoquais la notion de désorientation totale, le fait que quand on devient maman, très souvent on a tous nos repères qui s'effondrent, on a même toutes nos convictions qui sont ébranlées. Pour moi, une de mes plus grandes pertes de repères, ça a été la relation avec ma propre mère. Faut savoir que ma maman, ça a toujours été la première personne vers qui je me tournais quand je vivais quelque chose, quand j'avais besoin d'être rassurée, réconfortée, quand j'avais quelque chose à célébrer, c'était toujours elle que j'appelais en premier. Et on a toujours eu une relation super forte toutes les deux. Et c'est vraiment quelque chose dont j'étais super fière et ça faisait partie de qui j'étais. Mélissandre, c'était... Une nana qui était super proche de sa maman et ça faisait partie de qui j'étais. Alors j'ai pas le souvenir d'un moment net. Alors on a eu plusieurs clashs pendant la grossesse et pendant les premiers mois post-partum. Mais c'est plutôt une sensation qui a grandi au fil des mois. Et en fait plus le temps passait, plus je me sentais m'éloigner de ma maman. Et plus je me sentais contractée quand on avait des échanges. Et je me suis même surprise à me sentir à un moment donné vraiment distante et même méfiante. Même dur envers elle. Il y avait vraiment ce truc de je ne comprends pas ce qui m'arrive. C'est moi, c'est ma maman. Et là, on n'arrive plus du tout à... Je ne me sentais vraiment plus du tout en confiance quand j'étais avec elle ou quand j'échangeais avec elle. C'était une période en plus où elle traversait son cancer du sein. Elle avait son traitement qui a duré la même durée que ma grossesse, à trois semaines près. Et j'ai toujours été celle qui prend soin, celle qui soutient, celle qui est là. Et là, il y a vraiment quelque chose, quand j'étais enceinte, qui s'est inversée. Et j'avais ce besoin presque vital, qui était de me protéger, de me choisir moi, mon bébé, ma bulle, ma famille, de me recentrer sur nous trois. Et j'ai vraiment ressenti ce besoin de me faire passer en premier, vraiment comme un réflexe de survie, où je n'avais pas du tout l'énergie de gérer quelqu'un d'autre que moi, mon bébé, mon chéri. Et ça m'a vraiment perturbée parce que ce n'était pas la version de moi que je connaissais. Et parce que ma maman, elle a toujours été un pilier dans ma vie. C'était vraiment le gros pilier. Et tout à coup, dans cette période où j'avais tellement besoin d'elle, je ne pouvais pas m'empêcher de me dire qu'elle n'était pas à la hauteur et qu'elle n'était pas là où j'avais besoin, comme j'avais besoin. Et depuis la grossesse jusqu'au premier mois post-natal surtout. Les discussions, elles sont devenues de plus en plus tendues. Il y avait de plus en plus d'incompréhensions qui apparaissaient, qui grandissaient. Il y a des choses que j'aurais laissé passer avant, qui là, tout à coup, elles me devenaient impossibles à laisser passer. Il y a des limites que j'ai commencé à poser, qui ont été difficiles à entendre pour elles. Et du coup, il y avait finalement plus grand-chose dans notre relation qui ressemblait à ce que j'avais toujours connu jusque-là. Et le fait même de ne pas avoir ma mère avec moi, parce qu'il y a quand même eu une période où on ne s'est pas adressé la parole pendant 5-6 mois. Le fait de ne pas avoir ma mère avec moi, c'était vraiment nouveau pour moi. Dans ma vie, ça ne m'était jamais arrivé. En plus, dans une période qui était vraiment très vulnérable. Et avec le recul, je vois maintenant qu'il y a quelque chose qui a changé dans la structure même de nos liens. Alors de mes liens en général avec les autres. avec mon entourage, mais pour le coup avec elle. Et je pensais que notre relation, c'était la plus solide de toutes celles que j'avais. Et en fait, là, pour la première fois, je découvrais une relation mère-fille qui n'était plus du tout évidente comme elle l'avait toujours été jusque-là. Et avec le recul, je vois à quel point ça fait partie de cette désorientation. Ce n'était pas juste que j'étais épuisée, ce n'était pas juste les hormones, il y avait quelque chose de plus profond que ça. Quelque chose sur les repères affectifs, émotionnels, identitaires qui ne répondaient plus de la même façon. Et je pense qu'en fait ce qui s'est joué à ce moment-là, c'est que je me suis émancipée de ma maman pour pouvoir prendre ma propre place de mère. Mais ça a été pour le coup avec beaucoup de turbulences. Je me suis retrouvée à naviguer dans ma propre vie sans carte familière, sans ce repère-là. Et j'avais plus ma maman sur qui m'appuyer, quoi. Et dans une période où j'avais... C'était déjà... Alors, il y avait même de l'ambivalence là, parce que c'était une période où j'aurais eu tellement besoin d'elle et où, à la fois, c'était pas possible pour moi, à ce moment-là, de l'accueillir avec tout ce qu'elle ressentait, avec tout ce qu'elle était à ce moment-là. Et du coup, c'est une période où j'ai eu besoin de me séparer un peu de ma maman. Vraiment, physiquement, émotionnellement, de prendre de la distance. Et je me rappelle que j'avais eu une conversation avant d'être maman avec une copine qui m'avait dit qu'en devenant maman, on rejouait un peu sa relation avec sa propre mère. Mais je ne m'attendais pas du tout à ça. Je ne savais pas que ça pouvait ressembler à ça. Et le vivre, c'est vraiment autre chose que de l'avoir entendu et de le savoir de manière intellectuelle et pour le coup très abstraite. Et ce qui s'est joué avec ma maman, cette relation qui s'est transformée, qui a changé, qui a connu des turbulences, ça s'inscrit dans quelque chose de plus large. Dans cette période où on devient maman, tout devient instable et c'est comme si le sol qu'on avait sous nos pieds se déplace et qu'on n'a plus du tout d'équilibre et que ça nous fait tanguer. Ça nous fait perdre l'équilibre, peut-être même tomber et que ça demande du temps pour reconstruire quelque chose de nouveau. Et aujourd'hui, Léo, il aura 6 ans dans quelques mois, dans 3 mois. Et aujourd'hui, la relation que j'ai avec ma mère, elle est plus belle que ce qu'elle a jamais été. Et on s'est retrouvés. Et j'adore la relation qu'on a aujourd'hui. Et je la trouve vraiment très très belle. Et d'ailleurs, ça me touche vraiment beaucoup de partager ça. Ça me touche encore vraiment beaucoup. De repenser à cette période-là et à ce qu'on a traversé toutes les deux. Mais c'est quelque chose qui, moi, fait partie de ma matricence, vraiment, cette émancipation de ma propre mère, et qui s'est fait... Ouais, vraiment, qui a été difficile à vivre. Et à la fois, j'avais envie de préciser que, maintenant, notre relation, elle est vraiment très belle, parce que ce qu'on traverse dans la matricence, s'il y a des moments qui peuvent être difficiles, ça ne veut pas dire que ça va être comme ça pour le reste de notre vie. Et parfois, il y a besoin d'aller un petit peu en arrière pour mieux aller de l'avant. Et c'est la raison pour laquelle j'avais envie de partager ce bouleversement-là qui a pris vraiment beaucoup de place. Et puis le deuxième partage que j'avais envie de déposer dans cet épisode, alors ça vient beaucoup parler de l'ambivalence, et j'ai pris volontairement un exemple où c'est, dans ce que je me rappelle, c'est vraiment l'épisode qui a été le plus intense dans l'ambivalence. Donc c'est quelque chose dont on parle encore trop peu. Et pourtant, je pense que c'est un des endroits les plus bruts et les plus confrontants quand on devient maman, parce qu'on n'est pas du tout préparé à ça, parce qu'on n'en entend pas parler. Et pour moi, ça a été vraiment super difficile à vivre et ça m'a fait vraiment peur. Donc je vous partage un moment vraiment en particulier, c'est... Léo avait peut-être, je ne sais pas, 5-6 mois. On était en plein milieu de la nuit, il était peut-être 2h du matin, je ne sais même plus quelle heure il était. Mais il faisait noir dehors, ça c'est sûr. Il y avait juste la petite lumière tamisée de la guirlande lumineuse qui était accrochée à notre tête de lit. Léo se réveille pour la troisième fois. En fait, il se réveillait toutes les deux heures, deux heures et demie quand on avait de la chance et parfois tous les trois quarts d'heure. Et on mettait généralement une heure, une heure et demie pour le rendormir. Donc je suis toute seule avec lui dans la chambre. Je ne sais plus si c'était que je venais de prendre le relais de mon chéri. Ou qu'il avait dormi en bas pour pouvoir prendre le relais la journée, je ne me rappelle plus. Donc j'étais toute seule dans la chambre qui était à l'étage. Et en fait, dans la chambre, il y avait un endroit. En fait, ce n'était pas une porte, c'était carrément un escalier tout de suite qui descendait vers le salon. Et donc je fais les 100 pas dans la chambre. Je fais des va-et-vient d'un bout à l'autre. En passant toujours devant cet escalier qui descend. Et donc Léo, je crois qu'il a dû têter, il pleure, je suis épuisée, je suis complètement exténuée, puis nerveusement je suis à bout, on passe toutes nos journées, tous les trois les uns sur les autres, on est en période de Covid, on est début 2021, donc c'est encore dans les confinements qui s'enchaînent, les restrictions, etc. Donc on est tout le temps tous les trois ensemble, on est en conflit avec nos familles, notamment. moi avec ma maman, de ce que j'ai dit avant. Donc on est vraiment exténués, nerveusement, on est déjà à bout. Et je me rappelle me sentir vraiment terrorisée à l'idée de marcher jusqu'au bout de la pièce et de passer devant cet escalier qui descendait au salon, tellement j'étais épuisée et j'avais peur de jeter mon bébé si je passais devant l'escalier en fait. J'avais peur que ce soit une tentation trop forte, que j'étais tellement à bout, j'avais le système nerveux qui était tellement saturé. Je me rappelle vraiment cette frayeur et du coup je m'arrêtais avant d'arriver devant l'escalier. Je faisais les 100 pas et je faisais demi-tour avant d'arriver au niveau de l'escalier. Et quand je suis devenue maman, j'ai découvert un amour qui était tellement immense, tellement intense, comme je n'avais encore jamais aimé personne, pas même mon amoureux. C'est vraiment un amour qui est complètement différent, qui est viscéral, qui est moi. Je me suis vraiment sentie submergée, c'était presque trop. Et là, je ressens aussi ce trop-plein, ce besoin de disparaître, de le donner presque à n'importe qui pourvu que je puisse partir quelques heures, que je puisse dormir, que je puisse m'entendre penser, que je puisse avoir de l'espace, qu'on arrête de me solliciter, de me toucher, que je ne voulais plus répondre, je ne voulais plus donner. J'étais vraiment à vide, j'avais les nerfs à vif, comme je l'ai rarement été. et à ce moment-là, vraiment, j'ai... je sature tout et trop, je voudrais juste être toute seule. Et en fait, si je partage ça, c'est parce qu'il y a vraiment, au même moment, il y a les deux qui existent en même temps, il y a l'amour immense et il y a le trop-plein de juste, j'en peux plus, je veux plus de ça. Et l'un ne rend pas l'autre moins vrai, il y a vraiment les deux qui sont vrais en même temps. Et ce mouvement de push and pull... C'est comme ça que le décrit Alexandra Sachs, j'en parle dans l'épisode précédent, c'est cette ambivalence, c'est ça, c'est aimer fort et vouloir fuir fort, c'est l'amour immense et le trop-plein en même temps, c'est la tendresse absolue et le besoin de retrait, et c'est très difficile parce que c'est la personne qu'on aime le plus au monde et à la fois il n'y a que ce bébé-là, il n'y a qu'avec cet être-là qu'on se voit dans des états pareils de... Il y a tellement d'émotions mélangées en plus à ce moment-là. La tristesse, la colère, l'épuisement. En fait, c'est vraiment l'épuisement qui fait que tout devient vraiment trop compliqué. Et savoir que les deux sont vrais en même temps, ça, ça a été... Ça a été dur de ressentir ça au début et de comprendre que... Surtout de comprendre que c'est normal. Et j'avais vu cette vidéo d'Alexandra Sachs avant de devenir maman, donc j'étais préparée à l'ambivalence. Mais j'étais pas du tout préparée à l'intensité. Et ça m'a quand même permis d'empêcher de me croire vraiment défaillante. Mais je me suis vraiment, par contre, je me suis vraiment sentie effrayée de voir que... Dans des cas de saturation extrême comme ça, j'étais vraiment terrorisée à l'idée de peut-être faire du mal à mon bébé, et de sentir que la frontière entre les deux, la frontière qui fait basculer, elle est vraiment très mince à franchir. Et ça, ça fait vraiment flipper. Et c'est pour ça que je le dépose aujourd'hui, parce que je trouve que ça fait du bien d'entendre. Et pour en avoir parlé avec d'autres mamans, d'autres copines autour de moi, je ne suis pas toute seule à l'avoir ressenti ce truc-là. Et je trouve ça important de l'entendre, d'entendre que ça n'arrive pas qu'à nous, que ça arrive à quasiment tout le monde. Et c'est ça, je trouve qu'il est important aussi vraiment d'entendre, c'est qu'on peut aimer profondément et saturer en même temps. Et tout ça, c'est vraiment très très intense. Et l'intensité, pour moi, c'est un mot qui résume, en tout cas personnellement, mes années de ma tressance. Toutes les émotions sont très intenses. Et comme si c'était... comme si tout était amplifié. Et les deux sont vrais en même temps, il y a plusieurs émotions qui peuvent exister en même temps. Il y a quelque chose que je comprends maintenant avec le recul, et d'avoir passé sept mois à écrire mon livre, c'est que même en connaissant le mot matrescence, en ayant une idée vraiment très globale de ce que ça désigne, finalement, en réalité, je n'avais aucun repère concret sur ce que ça voulait dire de vivre ça, à quoi ça ressemblait de l'intérieur, qu'est-ce que ça faisait ressentir. Et surtout dans une intensité que je n'aurais jamais pu imaginer ni anticiper. Je ne me rappelle pas avoir connu autant d'intensité émotionnelle de toute ma vie. Vraiment, je ne me rappelle pas. Et c'est vrai qu'à part quelques notions, notamment l'ambivalence qui est décrite par Alexandra Sachs, il n'y avait pas vraiment de matière à l'époque, pas vraiment de récits, pas de détails, pas de vécu partagé. rien de... Il n'y a rien qui prépare vraiment à ce que ça fait à l'intérieur. Et je crois qu'être informée sur ce que c'est que la matricence et avoir des repères, je pense que c'est essentiel. Et c'est pour ça que j'ai écrit mon livre aussi, vraiment pour se sentir souveraine et comprendre un peu, vraiment avoir des points de repère, je trouve ça vraiment essentiel. Et c'est pour ça que le podcast existe aussi. Et à la fois, on a beau être informée, je pense qu'on n'est jamais vraiment préparée parce que c'est une expérience qui se vit, qui se traverse. On peut savoir qu'il va y avoir du changement, on ne peut pas prévoir de quelle manière ça va nous toucher, ni ce que ça va venir réveiller en nous. Et ça, c'est le propre d'une initiation. C'est un peu comme si on entre dans une tempête. On peut connaître les conditions météo, on peut même avoir les bonnes cartes, mais une fois dedans, on découvre sa propre manière de traverser, de gérer le stress, les obstacles, les intempéries. Enfin voilà, il y a vraiment, on se découvre dans une initiation. Et c'est la raison pour laquelle cet épisode, c'est le premier qui inaugure le format témoignage qui va arriver tout bientôt dans le podcast parce que je suis convaincue qu'il est urgent d'entendre les voix des mamans, d'entendre les vécus des mamans et qu'il est essentiel d'écouter ce que d'autres ont traversé et comment elles ont traversé ça. Parce que si on n'est pas toutes égales face aux expériences de la vie, écouter entendre d'autres mères, ça apporte une chose essentielle, c'est savoir qu'on n'est pas toute seule à vivre ça. Et qu'on n'est pas toute seule à vivre l'intensité, les transformations, les doutes, les questions, les émerveillements aussi. Et même si sur le moment dans la tempête, on a précisément la sensation d'un inverse, on n'est pas toute seule. Alors si je partage ça aujourd'hui avec vous, c'est pas tellement pour expliquer ce que c'est que la matrescence, c'est surtout pour la rendre un peu plus vivante. moins abstraites pour vous, pour nous, et un peu plus partageables, un peu moins solitaires. Et c'est aussi pour décomplexer et déculpabiliser les mamans. Parce que je pense notamment à... Même les deux bouleversements que j'ai partagés, moi je ne les ai pas beaucoup entendus autour de moi, et pourtant quand c'est moi qui amorce la conversation, il y a de l'écho et de la résonance tout de suite chez la copine, la maman que j'ai en face de moi. Donc c'était important pour moi de... de les partager de manière plus large. Parce que devenir maman, c'est pas seulement accueillir un enfant, c'est vraiment traverser un passage, et on n'en ressort jamais tout à fait la même. Merci d'avoir partagé ce passage avec moi. Ici, on explore la matricence comme une transformation profonde, parfois intense, mais toujours pleine de sens. Prenez soin de vous les mamas là où vous en êtes, et souvenez-vous, ce que vous traversez mérite d'être entendu, nommé et accompagné. A très bientôt dans le passage. Si cet épisode t'a parlé et que tu as envie de témoigner de ta propre matricence, de venir partager et raconter un morceau de ton histoire, tu peux m'écrire directement sur le mail qui est dans la description du podcast. Je suis actuellement en train de recueillir des histoires de mamans pour les prochains épisodes qui seront diffusées à partir de septembre 2026 et peut-être que la tienne fera partie du passage.