- Speaker #0
bienvenue dans le pédagogas santé le podcast de simu santé et pionne bonjour à toutes et à tous bienvenue dans ce premier épisode du podcast de simu santé moi c'est sophie étudiante à une île atale beauvais en prévention santé et je vais animer ce premier épisode de podcast L'idée, c'est de créer un espace de discussion ouverte, sans jugement. On va croiser des expériences vécues des étudiants, avec des connaissances scientifiques de notre expert, pour mieux comprendre certains comportements du quotidien et surtout de réfléchir ensemble à des alternatives concrètes. Pour ce premier épisode, on a choisi de s'intéresser à un sujet qui fait partie intégrante de la vie étudiante, bien sûr, les soirées et la place que l'alcool prend dans ces moments-là. Aujourd'hui, on observe une baisse globale de la consommation d'alcool chez les jeunes, mais paradoxalement, les consommations sont souvent beaucoup plus intenses. En parallèle, on voit aussi émerger une vraie prise de conscience avec des initiatives comme par exemple le Dry January, dont on va parler prochainement, et une réflexion de plus en plus présente sur notre rapport à l'alcool et à la santé. L'objectif de cet épisode, ce n'est pas du tout de culpabiliser ou d'interdire, mais de... comprendre, d'échanger et de proposer des pistes pour faire la fête autrement, en respectant les choix de chacun. Pour en parler, on a voulu croiser deux regards complémentaires, le vécu étudiant et l'éclairage scientifique. Tout d'abord, nous accueillons le professeur Nassila, président de la Société française d'alcoologie et d'addictologie. Bienvenue à vous, qui a travaillé sur plusieurs projets en rapport justement à l'alcool et aux comportements qui y sont liés. Et donc nous avons deux étudiants en manipulateur en électrologie médicale au sein du CHU d'Amiens. Nous avons Victor et Mélina. Je vous souhaite le bienvenue à tous et nous allons commencer ce premier épisode. Donc nous allons commencer par les étudiants. Est-ce que vous voulez bien nous raconter un petit peu votre rapport à l'alcool ? A quel âge vous avez commencé à consommer de l'alcool ou consommez pas du tout ? Et dans quel contexte ça s'est fait ? Si tu veux Mélina, tu peux démarrer.
- Speaker #1
Moi mon rapport à l'alcool, je bois pas du tout.
- Speaker #2
Je le sors beaucoup mais j'ai déjà pris de l'alcool. et mon rapport à l'alcool ça me règle trop j'ai commencé confinement, enfin je sors confinement en troisième, première fois, troisième seconde, fin de troisième, et après je dirais que je sors une fois ou deux fois tous les mois, et après si la soirée se déroule bien, je peux consommer de l'alcool ou pas.
- Speaker #0
Ok, ok, et du coup, par exemple, est-ce que vous sentez un petit peu une pression sociale, est-ce que ça vous arrive parfois de vous sentir un peu obligé à consommer, à boire, même quand tu n'en as pas forcément envie, pour toi et est-ce que toi toi, tu ressens peut-être un peu une pression autour de ça ?
- Speaker #2
Ça dépend avec... Je dirais que ça dépend des amis qu'on est.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
bien sûr. Enfin, ça ne leur pose pas de problème, mais après, il y a des amis où, si on n'est pas comme les autres, c'est pas...
- Speaker #0
Sans forcément un peu juger, parfois, potentiellement un peu pousser. Et toi, du coup, qui ne consomme pas, est-ce que c'est quelque chose... Parfois, peut-être qu'on te reproche, qu'on te dise que tu es moins fun, ou je ne sais pas...
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Toi, mais...
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et peut-être que tu te sens moins à l'aise à sortir avec des gens qui consomment, du coup. Des deux mondes différents. Ouais, je comprends totalement. Et du coup, ouais, c'est perçu un peu par ton entourage, ou... Enfin, voilà, les personnes avec qui on fait des soirées, quand on ne voit pas, c'est un peu perçu comme la personne qui n'est pas marrante, ou qui est moins cool que les autres, un petit peu.
- Speaker #2
Après pas forcément parce que des fois on est pas comme les gens bizarres parce que des fois on est plusieurs dans la soirée à ne pas boire et la soirée se passe tout aussi bien.
- Speaker #0
Donc essayez,
- Speaker #2
on a des moments.
- Speaker #0
Ouais vous trouvez des alternatives et d'autres choses. Très intéressant, merci beaucoup, merci pour vos témoignages. Et du coup, pour prendre un petit peu de recul, et pour mieux comprendre ce qui se joue un petit peu derrière ces pratiques, on va se tourner vers vous, du coup, professeur Nassila. Donc, quand on se focalise sur ce milieu étudiant, quels sont selon vous les principaux facteurs de risque qui vont favoriser certaines consommations d'alcool ?
- Speaker #3
Alors, le premier, c'est une exposition précoce, et on pense qu'on commence assez tôt à goûter l'alcool, comme ça a été dit. C'est trop facile. Second, la première épreuve en France, c'est 15 ans. statistiquement on est c'est assez fréquent d'avoir une consommation cossé ensuite ça s'intensifie pendant les années c est encore plus en poste de bac et notamment à venir c'est donc les étudiants en sur une population particulière puisqu'on associe vraiment encore beaucoup le festif à la consommation d'alcool et la problématique là qui demeure quand même c'est des hyper réalisation du bingé qui m'a tendance à comme l'alcool est banalisé à se retrouver aussi ou sur des allumes qu'on a, parce que c'est beaucoup après... la pression sociale qu'on peut avoir, mais on se retrouve dans les soirées où ça consomme, donc on consomme. Soit on découvre le produit, on a des effets hyper positifs, et finalement ça pousse à reconsommer. Une autre stratégie aussi, c'est finalement les étudiants qui sont anxieux, stressés, qui veulent décompresser, et l'Apple s'attend, c'est un moyen assez facile de décompresser. Et c'est là qu'on peut perdre le contrôle et consommer beaucoup. Donc il y a différentes motivations. Et il y a aussi un phénomène nouveau, qu'on voit vraiment apparaître très fort, c'est quand même beaucoup plus de jeunes qui ne consomment pas d'alcool. En France, on a à peu près 20% de la population, sans parler que des étudiants, et parmi les étudiants, on est entre 15% et 20% d'étudiants qui ne consomment pas du tout d'alcool. Autant qu'on a longtemps banalisé ou banalisé encore l'alcool, mais il y a quelque chose qui compte en ce moment, c'est la consommation et qu'ils puissent quand même faire la fête sans avoir à consommer d'alcool.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. C'est intéressant. Il y a une petite question, est-ce que la génétique, ça joue un rôle sur sa consommation d'alcool ? Même le milieu dans lequel on a été élevé par exemple ?
- Speaker #3
Alors la génétique, oui, dans les addictions, on considère que c'est 50 à 60% dans le pathologie psychologique en général, du risque à développer une pathologie parce que la génétique va contrôler pour l'alcool. L'effet plaisant, vous ressentez énormément d'effet plaisant. Ça, c'est contrôlé génétiquement. Il y a une différence de 3 à 5 entre les personnes. Quand on goûte de l'alcool, est-ce qu'on va aimer un peu ça ou énormément ? Donc, dégrader l'alcool aussi. Il y a l'effet plaisant et puis il y a l'effet de dégradation. Vous allez plus ou moins métaboliser vite l'alcool et ressentir les effets d'alcool. Donc, c'est très fortement impliqué par la génétique. Et ça, on pense que c'est plutôt à l'après-adolescence ou à l'adolescence. Mais ensuite, ce qui va venir vraiment couvrir tout ça, c'est la pression sociale. Il y a un effet génétique, puisque quand les parents, par exemple, ont un trouble de visage d'alcool, on a 4 à 5 fois plus de risques d'avoir une consommation problématique d'alcool. Donc il y a des facteurs génétiques très démontrés, mais ce qui nous intéresse aussi beaucoup chez les jeunes, c'est plutôt l'aspect social de la consommation.
- Speaker #0
Ok, très intéressant. Merci beaucoup pour ces éléments. On va maintenant parler d'un phénomène qui grandit de plus en plus. Justement, le professeur Nathila l'a mentionné juste avant, le binge drinking. Est-ce que c'est un terme qui vous parle ? Pas du tout ? Aucune idée ? Est-ce que vous voulez bien nous éclairer un petit peu là-dessus ?
- Speaker #3
Ça, c'est ma précieuse parce qu'on en parle quand même pas mal ces dernières années. Vous verrez que c'est un thème un peu barbare et on a voulu le traduire en France par beuverie express. Donc le binge drinking, binge, c'est vraiment comme le binge eating, je ne sais pas si... Ou le binge watching, vous connaissez peut-être... Regardez des séries à vitesse accélérée, on binge c'est faire quelque chose très rapidement, intensément. Le binge drinking c'est boire beaucoup et rapidement. Il n'y a pas de définition consensuelle. Mon équipe de recherche a beaucoup travaillé sur justement étudier le comportement des jeunes et avoir une définition un peu plus précise parce qu'avant on disait boire 4 ou 5 verres d'une occasion. Mais nous on a précisé ça en milieu étudiant et on arrive à quelque chose comme au moins six à sept verres en deux heures On monte à une alcoolémie de 1 gramme, 1 gramme 5, donc ça dépend de son poids, ça dépend du sexe. Et c'est un seuil finalement, en milieu étudiant, ce qu'il faut savoir quand même, c'est que ça peut être un seuil assez bas, puisqu'on a des étudiants qui vont boire 2 fois ça, 3 fois ça. Et après, tout ce qui nous intéresse, c'est pourquoi on va avoir des consommations extrêmes. Maintenant, on appelle aussi des binge-drinkers de l'extrême ou à haute intensité. Qu'est-ce qui les différencie ? Parce que le binge-drinking, c'est un épisode de consommation. Mais ensuite, qu'est-ce qui fait qu'on a un binge drinker ? Combien de fois par mois ? Vous avez évoqué deux mois, effectivement. Ça nous intéresse beaucoup parce qu'on s'aperçoit que dans ce comportement, ce qui va jouer beaucoup, c'est la fréquence de ces épisodes. Et pour vous donner une idée, il y a une enquête, une étude en France qui a été réalisée auprès d'étudiants rouennais qui a montré que faire du binge drinking au moins deux fois par mois entre 18 et 25 ans, ça multiplie par trois le risque d'addiction à l'alcool. On se demande si déjà avoir un comportement comme ça... une consommation excessive, voire très excessive, pourrait déjà contribuer à développer des pathologies. Ça peut être aussi des pathologies psychiatriques. Par exemple, chez les filles, on retrouvera plus de troubles anxio-dépressifs si on a eu ce comportement, et en général, plus d'addiction. Comme on veut nous prévenir absolument l'addiction à l'alcool, notre priorité, c'est de mieux comprendre le binge drinking chez les jeunes et d'essayer de réduire un peu tout ça. On ne veut pas interdire la consommation d'alcool, mais on veut vraiment prévenir ce comportement qui est assez dangereux à court terme et à long terme.
- Speaker #0
Est-ce que c'est quelque chose qui vous parle ? Est-ce que vous avez, par exemple, des personnes un petit peu dans votre entourage ? Est-ce que vous avez déjà vu ce phénomène de binge drinking, vous, en soirée ? Ou pas du tout ?
- Speaker #3
Merci.
- Speaker #2
Dans les bars en soi, avec mes amis, on n'a jamais vu quelqu'un pratiquer ça. Après, maintenant qu'on a parlé du sujet, dans les soirées des anniversaires de 18 ans, des grosses fêtes, là, ce n'est pas dans le bar, c'est dans les salles. Je pense que j'ai déjà vu des gens faire la compétition qui boit le plus de temps.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et toi ?
- Speaker #0
Non, t'as jamais vécu ce phénomène ? Ok, ça marche. Merci beaucoup. Donc, on va passer maintenant sur un petit peu une deuxième partie, donc sur les conséquences sur la santé. Donc c'est connu, l'alcool a des effets néfastes sur la santé. Mais on ne va rien vous apprendre là-dessus. Mais on ne sait toujours pas pourquoi exactement il y a des risques autres. que la santé. Et je m'adresse d'abord, du coup, à vous deux. Quels sont les risques à la santé qui vous viennent directement à l'esprit quand on vous parle d'alcool ? Qu'est-ce que vous pensez que l'alcool fait sur la santé, à votre avis ?
- Speaker #1
Ça détaille, déjà. Ok. Ouais.
- Speaker #2
Oui, comme on voit pendant les cours, ça peut amener dans les facteurs pour les cancers, etc. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Oui, complètement. Est-ce qu'il y a des pathologies peut-être autres que le cancer qui vous viennent à l'esprit ?
- Speaker #2
Les cirrhoses ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Les pathologies, c'est bon.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Les pathologies mentales et tout.
- Speaker #0
Mentales, oui. Pas forcément pathologies peut-être mentales ou troubles anxieux. Est-ce que vous pouvez peut-être compléter ce qui vient d'être dit, notamment sur les effets de l'alcool qui sont moins connus, auxquels on ne pense pas forcément ?
- Speaker #3
Alors les plus connus, on a axé beaucoup la prévention initialement là-dessus. Le binge drinking, on a peur quand son ado ou son jeune s'alcoolise, c'est les risques immédiats. la perte de connaissance, le coma éthylique, ou bien avant de reprendre le volant et d'avoir un accident. Parce qu'il faut savoir que chez les jeunes, la première cause de mortalité, c'est beaucoup les accidents de la route et c'est beaucoup lié à une consommation d'alcool. Et le risque qu'on a beaucoup vu émerger ces dernières années, c'est les violences et les agressions sexuelles, sexistes, voire les relations sexuelles non consenties, pour ne pas dire les viols, parce qu'il y a de la perte de contrôle et il peut arriver finalement... C'est une prise de risque, des comportements à risque. Il faut absolument parler de ça pour que ça ne reste pas un sujet tabou et qu'on parle de ces risques à court terme. Et un risque majeur, j'ai parlé du coma éthylique, c'est une overdose, parce que l'alcool en grosse quantité, on peut faire une surdose d'alcool. On l'a encore vu pendant ces fêtes, les dernières fêtes. Beaucoup d'urgence, beaucoup de temps a été passé à gérer des problématiques, pas que chez les jeunes, parce que j'ai oublié de dire tout à l'heure. le binge drinking à partir de 5-6 verres, 6-7 verres par occasion. Chez des personnes, chez des seniors, on peut aussi retrouver 6-7 verres par occasion. Donc il ne faut pas stigmatiser que les jeunes d'ailleurs, là-dessus, c'est important de le dire. Donc intoxication éthylique, coma éthylique, on peut décéder, c'est important de le dire, on peut décéder d'une surdose d'alcool. Alors maintenant les risques, quand on consomme beaucoup d'alcool, les risques immédiats, c'est les troubles du rythme cardiaque, ça c'est assez peu connu, mais l'alcool entraîne des troubles du rythme. on peut avoir des problèmes cardiaques. Et puis sur les pathologies, je dirais, déjà évoquées, anxiété, dépression, ça aussi, on développe une maladie, souvent on va avoir des patients qui ont des troubles antidépressifs. Mais sinon, c'est principalement sur le long terme, ça va être des cancers, des pathologies cardiovasculaires et des pathologies hépatiques. Maintenant, en France, quand on meurt d'une maladie liée au foie, vous avez dit la sirop, c'est préconnu. bien avant c'était l'hépatite, maintenant c'est la cirrhose. Mais sinon pour revenir sur le milieu étudiant, nous ce qu'on a beaucoup étudié c'est les problèmes cognitifs et de mémoire. C'est-à-dire que vous avez peut-être déjà entendu parler de ça, c'est les fameux blackouts. Parce que quand on pose des questions, on s'intéresse beaucoup au si vert par occasion. C'est vraiment un repère, si vert en occasion, parce qu'il y a un risque élevé d'avoir une perte de mémoire. Et on appelle ça le blackout, c'est-à-dire que la soirée, On voit à partir d'un moment, une fois qu'on a atteint une certaine alcoolémie, qui peut arriver à 1 g par litre ou 1,5 g, votre cerveau n'imprime plus du tout et vous ne mémorisez plus rien. Vous verrez dans les discours de certains étudiants, oui, après cette heure-là, je ne me souviens plus de rien. En général, je me souviens de la fête de départ, mais après, tous les aspects négatifs, etc., je ne m'en souviens pas. Nous, on a fait des études, notamment chez les jeunes, on voit des atteintes de la mémoire, et ce qui nous préoccupe beaucoup, Finalement, chez les jeunes, c'est plus des atteintes cérébrales parce que l'alcool en grosse quantité, qu'est-ce que ça fait ? Ça fait de l'inflammation. L'organisme n'aime pas l'inflammation, le foie n'aime pas ça et le cerveau non plus. La neuroinflammation va attaquer, détruire les câbles, le câblage, la transmission entre les neurones et puis aussi tuer des neurones. Sur un cerveau adolescent, parce que ça c'est le grand sujet en prévention à l'heure actuelle, on veut parler de ça aux jeunes et parler de ça aussi aux parents pour leur expliquer que... L'adolescence, on va consommer alcool, tabac, cannabis. Et l'alcool, c'est un gros facteur qui va impacter le fonctionnement cérébral. L'idée actuellement, c'est de prévenir beaucoup ces risques aigus d'intoxication. Le coma éthylique, c'est très connu maintenant. Les étudiants qui font des soirées gèrent le coma éthylique. Ils savent que ça peut arriver. Ils gèrent le coma éthylique. C'est très dangereux. On est tous de son vomi finalement et on décède stupidement. Il faut absolument... Quand on fait une soirée comme ça, surveiller ceux qui auraient tendance à boire trop et à faire un coma éthylique. On travaille beaucoup sur la prévention aussi. Les étudiants doivent faire attention entre eux pendant une soirée parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver. Malheureusement, récemment, on a encore eu des histoires de soirées où il y a eu des décès à cause d'accidents de la honte ou bien de coma éthylique qui ont mal tourné. Donc c'est important en fait ce qu'on fait là aujourd'hui, d'en discuter. Ouvertement, vous avez vu au départ, ce n'est pas simple de parler d'alcool parce qu'il faut parler de soi. finalement, voilà, c'est pas réprimant aussi, on sait qu'il y a de l'alcool, en France c'est culturel, c'est comme ça, en milieu étudiant c'est comme ça, et je trouve que c'est en parlant, en levant le tabou, qu'on va pouvoir aussi discuter non seulement avec vous, mais discuter aussi avec nos responsables universitaires et des FAP pour justement que tout le monde puisse parler librement de la consommation d'alcool et mettre en place une prévention efficace.
- Speaker #0
Justement pour rebondir là-dessus, en termes de communication et de prévention, on va faire une petite activité. On va vous montrer une vidéo de prévention de Santé publique France. On va vous montrer deux ou trois vidéos et vous allez nous donner votre avis dessus. Qu'est-ce que vous en pensez et est-ce que pour vous c'est un moyen de prévention à l'alcool qui est efficace ? On veut vraiment votre ressenti à chaud. Du coup, quel est votre avis sur ces vidéos qu'on vient de voir ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Un par un.
- Speaker #2
La première vidéo sur le fait de manger avant, c'est vrai qu'on entend beaucoup, oui, même par les parents, mange quand tu vas boire. Manger avant de sortir, ça atténue les effets. Après avoir essayé de manière indirecte, quand je sors un certain soir et que j'avais peu faim, effectivement j'avais l'impression que les effets de l'alcool arrivent plus rapidement que si j'avais mangé une bonne portion de pâtes ou un fat. fast-food juste avant. Et la deuxième vidéo, bah, effectivement, je trouve que si on a un ami, on va faire la fête à un endroit avec un ami, enfin, qu'on habite à côté, que l'ami habite à 30 kilomètres et qu'il peut pas repartir, c'est... C'est évident de l'inviter. Soit il y a un Sam qui le ramène, qui habite à côté de chez lui, ou soit on l'invite à dormir. C'est évident,
- Speaker #0
quoi. Ouais, ouais, bien sûr. Et... Nelna, si tu veux un petit peu rebondir.
- Speaker #1
Bah moi je suis un peu d'accord avec ce qu'il a dit, c'est important etc. Après moi personnellement je savais pas par exemple que manger avant de consommer, ça atténuait un peu plus les effets. Du coup bah je trouve que c'est intéressant à savoir. Du coup oui c'est assez utile, voilà.
- Speaker #0
Et du coup en termes de format, est-ce que ces vidéos là vous les avez déjà vues ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Et est-ce que vous trouvez que les vidéos sont bien ? Est-ce qu'elles sont parlantes ? pour vous ? Est-ce que c'est quelque chose qui vous touche et une information que vous aurez une facilité à diffuser, à propager autour de vous ?
- Speaker #1
Personnellement, non. Parce que je trouve que la vidéo est trop courte. Et que moi, personnellement, ce qui m'interpelle plus dans les vidéos de prévention, c'est quand il y a quelque chose qui heurte. Et forcément, là, je suis plus dedans et je comprends mieux.
- Speaker #0
ça manque de scénario ça manque d'histoire pour te percuter un peu et toi ?
- Speaker #2
soit ça ou soit aussi avec une petite voix derrière parce que on a déjà eu des préventions sur Sam avec une voix bien forte derrière où il dit Sam c'est celui qui ne voit pas elle a peut-être rajouté une petite une petite Une petite voix derrière, ça serait pas mal.
- Speaker #0
Ok, hyper intéressant. Merci pour votre feedback. Du coup, Président Nassila, est-ce que vous voulez rebondir sur un petit peu les stratégies qui fonctionnent en termes de prévention ? Et qu'est-ce que vous constatez ? Quels sont vos constats là-dessus ?
- Speaker #3
Déjà, c'est super intéressant de voir votre avis. Effectivement, on voit que les avis divergent. Il y a différents types de vidéos qui ont été essayées. On a toujours les derniers avis, ça a été de dire, il ne faut pas trop heurter, justement. Quand on demande aux perceurs, on dit non, nous on veut voir les choses, voir la vérité, pour ne pas faire que des choses qui heurtent, parce qu'il faut aussi faire des choses assez pédagogiques. Je pense que mélanger les deux c'est très bien. Vous avez vu la première, c'est vraiment réduction des risques et des dommages. Si vous buvez, les conseils d'une dernière campagne de Santé publique France, qui n'était pas du tout incitatrice à consommer, mais plus que de donner ces conseils-là, si vous buvez, buvez lentement, ne buvez pas que d'alcool et buvez après avoir mangé. Parce que si vous mangez votre estomac plein, en fait, ce qui se passe, c'est que l'alcoolémie va monter beaucoup moins vite. L'alcool va passer moins vite dans l'intestin grêle et va passer moins vite dans le sang. Donc, en fait, ça, effectivement, il faudrait le dire aux étudiants. L'alcoolémie monte aussi plus vite si vous buvez des alcools forts, par exemple. Ça, c'est intéressant à savoir. Et puis, heurter, oui, il faut ce type de communication. Et en fait, ce qu'il faut savoir, c'est qu'on entend souvent dire les campagnes de prévention, ça ne marche pas. fait En fait, Santé publique France a fait des expertises des dernières campagnes. Et quand on met les moyens pour bien expertiser une campagne, en fait, et le fait de répéter la campagne, ça finit par diffuser, infuser. Et on le voit bien, de toute façon, si les étudiants consomment moins d'alcool, c'est parce qu'ils sont mieux informés quand même sur les risques. Et surtout, ce qui me vient aussi très fort, c'est qu'ils ne veulent plus trop perdre le contrôle de leur consommation d'alcool pour avoir des comportements à risque. On voit bien qu'il y a une... Depuis la Covid aussi, je pense que ça a joué. Les étudiants sont préoccupés. Il y a beaucoup de problèmes pendant ces études, certes, mais l'alcool, il ne faut pas que ça rajoute aussi une autre problématique. Je pense que les étudiants en sont conscients. On a beaucoup plus aussi d'étudiants qui ont pendant des années fait des soirées, etc. et qui, au final, regrettent. Ils se disent que j'ai bu beaucoup, j'ai été entraîné par les autres. Ça a sûrement eu un impact sur la réussite, sur mon bien-être. C'est pas simplement, on ne l'a pas évoqué tout à l'heure, mais quand on boit de l'alcool de manière répétée, on ne se sent peut-être pas bien et ça joue sur sa qualité de vie. On ne se sent pas bien, on dort mal, ça coûte des sous. On est moins performant aux examens, on est peut-être moins assidu au cours. Et donc tout ça, ça fait que ce n'est pas simplement l'idée de faire peur, mais dire attention, il ne faut pas justement faire attention. Et nous vraiment l'optique c'est pas d'interdire du tout la consommation d'alcool chez les filles, c'est pas du tout l'optique, c'est de leur faire comprendre quel impact ça peut avoir et de voir avec eux. Là ce qu'on voudrait justement c'est faire parler beaucoup les étudiants qui contrôlent bien leur consommation, qui anticipent, qui savent pourquoi ils consomment ou pourquoi ils ne consomment pas, et que finalement ces stratégies-là on les communique, que ce soit les étudiants qui ont ce comportement-là, qu'ils soient des vrais ambassadeurs et qu'ils fassent comprendre, qu'il y a une prise de conscience des autres qu'ils ont un comportement vraiment à risque et qu'ils peuvent payer. Lourd tribut, cette consommation d'alcool, aiguë si vraiment ça dérape. Et puis sur le long terme, on sait très bien que la consommation d'alcool, ça a toujours un impact sur sa santé. Et boire moins, c'est toujours mieux pour sa santé.
- Speaker #0
Oui, complètement. Je pourrais vous dire complètement sur ce que vous dites, je suis étudiante aussi, donc je le vis au quotidien également. J'ai été étudiante aussi. Et non, c'est vrai que des fois on se rend compte qu'en fait on peut profiter autrement et qu'on n'est pas obligé de suivre ce mouvement, de faire des soirées et de boire constamment. Il y a plein d'autres moyens de profiter en fait. Et puis c'est très intéressant aussi d'avoir votre retour à vous parce qu'on ne vient pas de la même école, pas de la même formation. Donc c'est intéressant de croiser un peu les regards entre nous. Et du coup, je voulais rebondir sur ce que vous avez dit. Donc, on a parlé un petit peu de prévention. Est-ce que vous pourriez nous parler un petit peu de la stratégie Dry January ? On est en plein dedans, mois de janvier. Donc, ça serait intéressant d'avoir votre retour un petit peu sur cette stratégie-là et sur si ça fonctionne, même auprès des étudiants.
- Speaker #3
Alors, Dry January, défi de janvier. francisant un petit peu la campagne. Il faut savoir que, j'admire que ça a été créé en Angleterre en 2013, mais en fait, c'est les Français dans les années 70-90, à Brest, il y a un gros problème aussi d'alcoolisme. À l'époque, on disait chez les marins-pêcheurs qu'ils avaient déjà lancé un défi, 3 jours sans consommer, puis 10 jours sans consommer. Donc c'était déjà dans les années 70-80, on s'est dit tiens, on va se tester, on va essayer de ne pas consommer d'alcool et voir si on peut résister parce que l'idée c'est... Je ne sais pas si tout le monde sait bien ça, mais quand on commence à boire tous les jours et qu'on ne peut pas s'arrêter, c'est sûrement un problème de consommation. D'ailleurs, c'est caractérisé à l'étudiant, le binge drinking, c'est que c'est très épisodique. En général, si un étudiant consomme tous les jours, c'est que là, il faut se poser des questions en termes de dépenses. Mais ça marche très fort, parce que c'est un nouveau type de campagne. Ce n'est pas informer sur les risques, pointez, vous allez, si vous buvez. C'est se dire, à l'inverse, si vous arrêtez de boire, regardez tout ce que vous pouvez expérimenter comme bénéfice. Vous allez mieux, vous vous sentez mieux, vous dormez mieux, vous faites des économies, vous avez une belle peau, une belle cheveux blanc. Enfin, que sais-je ? Et puis surtout, du point de vue physiologique, des études qui ont montré, on n'en avait pas fait beaucoup, mais là, depuis ce type de campagne, vous pouvez perdre du poids. Ça, c'est pas mal. Vous pouvez avoir une tension artérielle qui baisse, du cholestérol qui baisse, une résistance à l'insuline qui baisse, des marqueurs du cancer qui baissent. Donc, en fait, un mois seulement. Alors, plus vous buvez avant, plus vous allez avoir des bénéfices, mais quand même, on voit des effets psychologiques, physiques et physiologiques. Donc voilà, ça marche très très fort. Une dernière enquête réalisée en décembre 2025 a dit que 50% des Français qui boivent de l'alcool avaient l'intention de faire ce défi de janvier. Donc c'est énorme, il y a une prise de conscience. C'est pour ça d'ailleurs que les alcooliers, les viticulteurs sont en panique parce qu'ils voient cette communication ultra positive et cette dynamique. Alors, ce n'est pas le défi de janvier qui... qui impacte tout ça, parce que la consommation d'alcool, elle diminue de 60% en 60 ans. Donc ça diminue, il y a une prise de conscience, on boit moins. Peut-être que les Français veulent boire moins et mieux, peut-être. Et puis surtout aussi les jeunes, mis à part ces problèmes de consommation excessive, au global, on voit qu'il y a plus de non-consommateurs. Donc les indicateurs sont plutôt au vert, et pas que pour l'alcool. L'alcool, le tabac, le cannabis, les choses vraiment s'améliorent pas mal. Donc je pense que les gens sont préoccupés par leur santé. et d'ailleurs ceux qui font le défi de janvier, c'est ceux qui... C'est plutôt des jeunes qui se préoccupent de leur santé et qui se préoccupent de leur consommation d'alcool. Donc ça marche, il y a une dynamique positive et surtout, il y a une offre, il y a une alternative. Vous entendez maintenant des bars à vin sans alcool, des consommations sans alcool, des mocktails, plein de choses. On va faire des, je pense, on va voir apparaître des boissons de plus en plus sophistiquées, bonnes, exotiques, intéressantes, attractives, qui vont venir. Diminuer la consommation d'alcool. Je vous donne un autre exemple. Il y a des projets de recherche en France où on a testé sur des red parties, des endroits où on consomme beaucoup d'alcool. On a proposé des boissons comme ça. La consommation d'alcool peut chuter de 30, 40 à 50 %. Quand vous donnez des bonnes boissons et moins chères que l'alcool, les gens ne voient pas photo. Ils voient aussi autre chose que de l'alcool. Donc ça fonctionne. Et la campagne, ce défi de janvier, moi je suis vraiment épaté. Ça fonctionne très fort.
- Speaker #0
Et est-ce que du coup, vous, c'était quelque chose qui vous parlait avant le travail d'Alnury ? Est-ce que vous en avez entendu parler ou pas du tout, vous, à votre échelle ?
- Speaker #2
Je n'en avais jamais entendu parler. Après, quand maintenant, vous avez expliqué le défi de faire trois jours sans alcool.
- Speaker #3
Là, c'est un mois. Un mois sans alcool. Un mois,
- Speaker #2
je trouve que c'est assez excessif. Mais après, pour les gens qui consomment beaucoup et qui sont en manque, je peux comprendre.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #2
Là, le défi... Ça me paraît facile là, pour des gens qui consultent beaucoup.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Et est-ce que vous trouvez que ce genre de défi, c'est motivant ? Ou est-ce que c'est un petit peu culpabilisant ? Est-ce que vous trouvez que... Enfin voilà, imaginons, pendant le mois, on fait un écart, est-ce qu'on peut se sentir beaucoup plus mal que si on avait rien fait du tout ? Comment vous le ressentez, vous ?
- Speaker #2
Je dirais... Après, si c'est vraiment le but d'un défi, et si on est plusieurs à le faire... ça peut se motiver, on peut se motiver ensemble et essayer de ne pas boire pendant un mois après ça dépend de la vision de chacun si une personne boit une bière le soir un vendredi c'est pas forcément culpabilisant
- Speaker #0
Merci beaucoup pour votre retour, très intéressant. On va maintenant vous demander, professeur Nassila, de présenter un petit peu votre application, donc MyDefi, en quelques mots à nos deux étudiants. Est-ce que vous pouvez leur présenter ? Et puis comme ça, on va récolter un feedback en direct.
- Speaker #3
Super. Alors, le défi de janvier, ce n'est pas du tout moralisateur, culpabilisant, et c'est pour ça qu'on dit lancez-vous le défi. Par contre, le défi, on dit lancez-vous le défi de ne pas boire. Ça veut dire qu'en fait, ce que vous allez travailler, c'est votre stratégie à pouvoir refuser de consommer de l'alcool. Et en fait, dans les bienfaits du défi de janvier, ça marche. Pourquoi ça marche ? À trois mois, six mois, neuf mois, on voit énormément de personnes qui ont chuté en consommation d'alcool. Et même en binge drinking ou ivresse, il y a moins d'ivresse. Donc, c'est exceptionnel. C'est une campagne, en fait, où on voit que les gens... Alors, par contre, c'est des gens qui ont participé, qui se sont engagés, qui étaient motivés. Mais chez eux, ça marche. Et pourquoi ça marche ? Parce qu'ils ont testé la chose. Peut-être, il y a des façons. C'est un peu de temps en temps. On sait qu'il faut faire ça quand même sur l'humour, il faut plutôt dire à la personne qui vous inciterait à boire « mais c'est plutôt toi, tu devrais te poser la question, pourquoi tu... » Voilà, l'impact de ta consommation d'alcool. Il ne faut surtout pas culpabiliser, il faut avoir une bonne estime de soi et dire « non mais moi je fais une pause ou je fais du sport ou voilà j'ai décidé de ne pas boire, je me suis lancé le défi. » Voilà, il n'y a aucun souci là-dessus. Et ce, on peut très bien, on se lance le défi de ne pas boire, par contre, on peut boire... mais se fixer des objectifs de réduction. On peut se dire, parce que quand vous vous testez, justement, vous allez voir ce que vous consommez une semaine typique, moi, je vais réduire. D'accord ? On peut également choisir de réduire, mais pas être à zéro. Et pour aider à ça, on a développé une application smartphone qui s'appelle MyDefi. Et pour le mois de janvier, elle s'appelle MyDefi de janvier, mais c'est MyDefi et on l'a. Nous, c'est notre équipe de recherche à Amiens, à l'université. On l'a adaptée pour les jeunes, c'est-à-dire qu'on a fait des entretiens comme ce qu'on fait là avec des jeunes. L'application vous tutoie. Elle utilise des mots que vous utilisez aussi. On parle comme si on parlait à un jeune, parce qu'on ne va pas faire les applications smartphone, sinon vous, machin, on la personnalise. Et surtout aussi, on a amélioré le repérage et les conseils sur le binge-ranking, ce comportement-là. Parce que justement, l'application pour les jeunes, elle vise aussi beaucoup à réduire ce phénomène de binge-ranking. Donc, elle est gratuite, Apple, Android, vous vous inscrivez hyper facilement. Et l'idée, c'est un agent. On commence par... dire ses consommations d'alcool, l'application vous donne les premiers conseils et vous propose de vous lancer le défi ou de vous suivre pendant plusieurs semaines voire toute l'année parce qu'on peut l'utiliser tout le temps et en fait vous recevez des conseils personnalisés et l'application est très très forte c'est une vraie application de coaching celle là c'est à dire qu'elle va vous donner des conseils en fonction de l'évolution de vos consommations il y a plein d'algorithmes qui va réagir en fonction de c'est quelque chose qui est basé qui a été fait par des addictologues qui est basé sur l'entretien motivationnel, qui va trouver votre motivation, qui va toujours trouver quelque chose de positif à vous dire, pour renforcer ou vous inciter à maintenir un comportement, si vous ne buvez pas beaucoup, justement. Parce qu'on vient de collecter en 2025, et là on répète en 2025, toutes les données des utilisateurs de l'app, et en fait on voit que, quel que soit le niveau de consommation d'alcool, tout le monde réduit sa consommation d'alcool. Même ceux qui consomment beaucoup, ça nous a beaucoup étonné, mais tout le monde réduit sa consommation d'alcool. Et puis vous recevez des récompenses en fait. C'est ludique, on veut gamifier l'application parce que l'idée c'est qu'il faut que l'étudiant reste le plus longtemps possible à l'utiliser. Donc ça devient un jeu et on se lance le défi entre copains, entre collègues, entre étudiants. On remplit son agenda et on peut faire, j'ai eu tant de jours sans consommer, vous avez un arbre qui va fleurir avec le nombre de jours que vous avez réussi à vous abstenir. Donc c'est vraiment très ludique, pas moralisateur et c'est vraiment adapté aux étudiants. Juste pour dire qu'on compte beaucoup là-dessus et les applications... Il nous faut aussi démontrer leur efficacité. Donc nous, en ce moment, on fait un essai clinique. D'ailleurs, à Amiens, il y a quatre universités, dont Amiens, c'est nous qui portons ce projet de recherche. Et on propose aux étudiants qui boivent de l'alcool d'utiliser cette application. Et on les suit pendant trois mois. Ils rapportent leur consommation d'alcool. Et justement, on regarde pourquoi ils ont consommé, qu'est-ce qu'ils peuvent avoir comme autre facteur qui influence la consommation d'alcool. Et aussi, on fait un petit prélèvement sanguin au doigt, une petite goutte de sang une fois par mois. Comme ça, on mesure un petit marqueur. d'exposition à l'alcool, juste pour vérifier, parce qu'on voudrait aussi démontrer que notre application, elle réduit l'exposition vraiment à l'alcool. Et ce n'est pas basé que sur les déclarations d'étudiants. Donc, vous voyez, on développe vraiment ce type d'outil, parce que comme ça, ça vous aide aussi à comprendre où vous en êtes de votre consommation d'alcool, si vous buvez un peu trop, un peu trop souvent, et ça vous donne des conseils.
- Speaker #0
Du coup, qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que ça serait quelque chose que, par exemple, toi, tu pourrais utiliser ? Ou est-ce que c'est quelque chose que tu recommanderais à des amis ? Est-ce que, voilà, c'est quoi votre ressenti là-dessus ?
- Speaker #1
Moi, je trouve ça super bien, une application, parce que ça s'adapte un petit peu, entre guillemets, à la génération. Oui, bien sûr. C'est une application, et le fait que ça donne des conseils positifs, etc., ça booste encore plus, ça donne encore plus envie de vouloir le faire. Et je trouve ça super bien de faire une sorte de forme d'application. Je trouve ça top, voilà. Et oui, je le recommanderais, je pense.
- Speaker #2
Et du coup, si j'ai bien compris, en fait, une fois qu'on a fait une soirée, on met le nombre de verres. Et après, du coup, ça va nous dire pour le mois suivant, essayer de réduire.
- Speaker #3
Tous les jours, chaque semaine, vous rapportez combien de verres. Ça vous explique aussi à bien rapporter quel type de boisson, combien de verres vous avez.
- Speaker #2
Ok, franchement, c'est superbe. Même pour des collègues qui sortent, je ne pensais pas à moi forcément. Après, même avec une consommation de deux fois par mois, on peut tout à fait le faire. Mais des collègues qui sortent toutes les semaines, voire même trois fois par semaine, ça peut peut-être les inciter à voir combien ils dépensent, combien ils peuvent économiser et combien d'alcool ils boivent. pour pouvoir réduire.
- Speaker #0
Complètement, ça c'est le côté hyper intéressant, c'est que du coup on a le facteur économique qui rentre en jeu, et puis ça c'est vrai que souvent, quand on parle d'alcool et quand on parle d'effets en général, on parle d'effets sur la santé directement et sur son bien-être, mais on ne parle pas forcément du facteur économique, parce qu'en fait c'est... On en parle beaucoup avec le tabac, je trouve, de ce facteur économique et de combien on peut économiser en arrêtant par exemple de fumer, mais moins avec l'alcool et c'est vraiment un facteur à pousser parce qu'au vu du prix, surtout dans les bars.
- Speaker #2
Du coup, il y a combien on pourrait économiser sur l'application ?
- Speaker #3
Alors c'est en cours, on implémente ça, c'est le nombre de calories que vous ne prenez pas en ne buvant pas et le nombre d'euros économisés aussi, c'est en cours d'implémentation sur l'application.
- Speaker #1
Et du coup, ça envoie des notifications ?
- Speaker #3
Des notifications, oui. L'idée, ce n'est pas les bloquer, de ne pas vous en envoyer trop quand même. On vous fait un petit rappel, n'oubliez pas de remplir cette semaine parce qu'on fait des statistiques sur la semaine, on vous donne un bilan sur la semaine. Et puis vous recevez de temps en temps des petits conseils. Voilà, bravo, il faut continuer. Là, vous avez bu un petit peu trop. Et les messages, il y a tellement de messages, en fait, que vous n'allez pas recevoir tout le temps le même type de messages. Ce qu'on veut, ce n'est pas vous saturer. Mais on s'est dit que l'application, c'est le meilleur moyen parce que les étudiants qui n'ont pas connaissance, etc., une application, on peut vous toucher plus facilement. On ne va pas attendre que vous ayez des problèmes, que vous rencontriez un professionnel de santé, etc. On se dit que l'application, c'est un moyen simple de faire ce qu'on appelle du repérage précoce et de l'intervention brève. C'est une application autonome. Elle va repérer si vous avez un problème. Elle va vous donner les premiers conseils, comme le ferait un médecin ou un professionnel de santé. C'est super efficace. Et sachez que rien que de regarder votre consommation, noter votre consommation, c'est une intervention qui marche. Quand les gens font ça, ils réalisent combien ils consomment. Et en général, il y a une diminution de la consommation d'alcool. Rien que ça. Donc l'application, je vous conseille de l'essayer, elle est gratuite. Et justement, ce qu'on veut aussi, c'est avoir des avis. Là, ce qu'on analyse, c'est le retour utilisateur pour améliorer l'app, la gamifier et faire en sorte qu'elle soit plaisante pour les étudiants.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #3
C'est comment le nom de l'app ? MyDefi.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #0
On est en train de se faire un serveur sur l'écran. De l'application, mais non, super intéressant. Est-ce que vous avez, par exemple, des pistes, des recommandations ? Est-ce que vous utilisez ce genre d'application éducationnelle ou dans ce but-là ? Même, par exemple, Duolingo, des choses comme ça ? Du tout ? Du tout, pas du tout.
- Speaker #2
Après, quand on va rentrer dans la salle, on écrira l'application pour ceux qui veulent tester. Ça me déplace,
- Speaker #0
on fait la promo.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #3
Le but aussi, c'est de la conseiller parce qu'en fait, elle... Elle marche, elle a été développée aussi pour des patients qui ont des problèmes, etc. Donc, en fait, tout le monde peut la... On peut même la conseiller. Vous voyez, si on a besoin d'aide, parce que c'est ça aussi ce qu'on demande aux étudiants quand vous avez des copains qui ont des soucis psychologiques, c'est que vous aidez. Et une application smartphone, ça peut aussi être un outil intéressant parce que ça ne coûte rien, mais ça peut déjà faire réaliser à un autre qu'il a un petit souci.
- Speaker #0
Bon, super. Merci beaucoup, en tout cas, pour ces échanges. ça a été un vrai plaisir Donc dans cet épisode, on a vraiment pris le temps de comprendre les pratiques, les risques, les enjeux autour de l'alcool en milieu étudiant. Et justement, dans le prochain épisode, nous allons passer de la réflexion à l'action et on va créer des mocktails et déguster aussi, donc c'est-à-dire un cocktail sans alcool. C'est une alternative simple et accessible, adaptée aux soirées étudiantes. Donc à très bientôt pour la suite.