- Speaker #0
Bienvenue dans le Pédagogas Santé, le podcast de Simu Santé et Pion.
- Speaker #1
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
- Speaker #2
Donc je suis Karen François, infirmière libérale sur la commune de Montbroi et ses alentours. Je suis installée depuis 2008. En même temps, je suis présidente de la CPTS Norènes en charge de la santé mentale sur le territoire. Et en même temps, je suis formatrice de premier secours en santé mentale. Ok, bonjour. Ici, au sein de la CPTS et en indépendance.
- Speaker #3
Et que formez-vous ?
- Speaker #2
Par PSSM France. Je suis allée, j'ai été formée par PSSM et ils m'ont délivré leur accréditation. Pour être formatrice PSSM, il faut absolument être accrédité par PSSM. Donc, il y a une licence en France.
- Speaker #1
Est-ce que vous pouvez nous parler un peu du territoire sur lequel vous exercez ?
- Speaker #2
Donc, le territoire, c'est essentiellement rural. Moi, j'exerce vraiment en campagne. Donc, c'est vraiment rural. Des gens sympathiques, des champs, des prés, des vaches. authentique.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vous a amené à exercer dans ce territoire ?
- Speaker #2
Alors, moi, à la base, je suis d'un territoire rural. C'est quelque chose que j'ai toujours connu. J'ai quitté, en fait, mon petit village pour aller faire mes études. Mais l'envie de revenir dans une commune, en fait, ça s'est fait entendre.
- Speaker #1
Vous étiez du coin, initialement.
- Speaker #2
Alors du nord en fait, moi je suis originaire de Combray.
- Speaker #1
Ok, ça marche. Quelles sont les spécificités de votre pratique sur ce territoire ?
- Speaker #2
Alors moi je suis infirmière, donc je vais délivrer des soins infirmiers. Après on sait comment on fait l'âge. Ça va de... on donne des médicaments, on surveille s'ils prennent bien les médicaments. les soins post-op, les pétillants, les injections, les surveillances. On va faire de l'éducation thérapeutique chez le patient dialétique chez qui on va instaurer des insulines, par exemple. C'est très, très vaste.
- Speaker #1
Quels sont les avantages que vous voyez à exercer ici ?
- Speaker #2
Ici ? Les avantages ? Moi, j'aime beaucoup l'endroit où j'exerce. Depuis 2008, ça fait 17 ans, donc c'est rural, tout le monde s'y connaît. J'arrive chez les gens, ils vont m'appeler quand même très bien, tout en ayant un certain respect. Donc voilà, c'est plaisant. Je ne sais pas comment l'expliquer, je ne vois pas partir travailler ailleurs. On connait, il y a une certaine proximité, il y a quelque chose qui se crée au fil du temps. Donc, c'est désormais pas grave.
- Speaker #1
Quelle relation vous avez avec vos patients ?
- Speaker #2
Je pense que j'ai une relation assez, on pourrait dire, assez familiale quand même. Je pense. On m'appelle tous par mon prénom. Dès que je vais arriver un petit peu en retard, ils vont s'inquiéter parce qu'ils ne me disent pas est-ce qu'il s'est passé quelque chose. Et puis, c'est quand même une relation qui, pour certains, dure depuis 17 ans. Donc forcément, passer chez quelqu'un trois fois par jour, tous les jours, il y a un lien qui se crée. Donc, on pourrait dire que c'est parti un peu des meubles. On va rentrer chez des gens, mais on ne sera même plus. Ils nous ont dit de ne plus frapper et des fois ils sont en train de bricoler et ils se tournent. Ah bah c'est l'heure, bah oui. Donc voilà. Comment est-ce que vous vous passez ça ?
- Speaker #3
C'est agréable.
- Speaker #2
C'est très agréable, oui.
- Speaker #3
C'est quelque chose que vous avez toujours connu dans votre structure.
- Speaker #2
Dans mon structure, déjà les gens ont toujours un laps de temps bien déterminé. sur quelque chose d'aigu. Ensuite, on ne les voit plus, on ne sait même pas ce qu'ils deviennent. Donc là, ce qui est agréable, en fait, c'est que... Quand on trouve la structure, en fait, ça c'est magique, on voit les soins évoluer. En structure, on va commencer un pansement, mais on le verra rarement guérir. Nous, à domicile, on fait le pansement, ça va durer des fois des mois, ça va être difficile, on va chercher, mais on va le voir guérir, on a une satisfaction qui est géniale. Et le patient, lui, il en est reconnaissant, il en est content. ça contribue aussi je pense à renforcer le lien aussi. Du coup, ça crée un problème. Moi, pour m'avoir, j'ai un très très gros recul de médecine.
- Speaker #1
Pourquoi est-ce que vous ne persoies pas ?
- Speaker #2
Ça dépend de l'âge. Les très très âgés, un peu comme leurs petites filles, ils le disent, tu vois, ça dépend de l'âge. Après... Non, les gens qui vont être plus de mon âge, non, là, il y a une barrière qui est plus présente quand même. Je pense qu'ils me perçoivent pas trop mal, je ne sais pas trop en irlandais, ni discuter, quoi que ce soit, mais je pense que la perception va être bonne, je n'ai pas trop de doléances.
- Speaker #1
Est-ce que vous pensez que cette perception est différente en milieu rural ?
- Speaker #2
Je ne sais pas, je pense... Ça doit dépendre de qui on a affaire, je pense, le type de patient. Si on est en ville avec une personne âgée, très isolée, je pense que le lien qu'il peut naître peut être aussi très fort parce que la personne qui va intervenir, ce sera peut-être la seule personne qui viendra de la journée et ce lien, il peut se tisser. Ça dépend. Après, peut-être qu'en ville, on a... beaucoup de va-et-vient, des gens qui vont travailler, qui sont stressés. C'est vrai que nous, à la campagne, c'est vrai que là, quand c'est le printemps, ils arrivent de leur jardin, on les rejoint, on leur montre le potager, les fleurs. C'est aussi un peu plus difficile.
- Speaker #1
Quels sont les avantages que vous voyez à exercer ?
- Speaker #2
À exercer ici ? Les avantages ? Bon, les gens, moi, mes patients sont sympas. Je les aime bien. J'aime bien mon métier. Alors, les avantages par rapport à la ville, si je puis dire, je peux me garer comme je veux. Je ne suis pas verbalisée. Je peux me garer de pied sans me faire agresser parce que je suis mal garée. Après, bon, on se sent en sécurité. En fait, tout le monde nous connaît. Donc, on a bien ici. On peut nous exprimer ça, c'est bon vivre.
- Speaker #1
Est-ce que vous êtes confrontée à certaines contraintes au quotidien ?
- Speaker #2
Les contraintes du métier habituel, c'est-à-dire travailler tôt le matin lorsqu'il y a des patients qui doivent partir en dianise, ou le soir quand ils rentrent de dianise, ou s'il y a un protocole particulier avec un horaire particulier qu'on doit respecter. Mais ça, c'est des contraintes qui sont habituelles aux professions soignantes. Il y a le dimanche, le jour dernier. Sinon, encore ça, non, moi, je n'ai pas de contraintes. Bon, après, c'est vrai qu'on est quand même assez proches. Peut-être qu'en ville, c'est peut-être plus difficile. Nous, on a la chance d'arriver à travailler tous ensemble, le médecin, l'infirmière, le pharmacien. On a cette chance-là où on a une certaine proximité, on va s'envoyer un message via Doctolib-Silo, on va s'appeler. Donc, on est isolés sans être… trop isolés grâce à ça. Et c'est pour ça qu'il y a la CPTS aussi qui est là. On pourrait croire qu'en milieu rural, on est complètement isolés, mais non, on n'est pas isolés, on se connaît tous. Comme on n'est pas très nombreux, on se connaît tous et on a tous des bonnes relations.
- Speaker #1
Justement, quelles sont vos relations entre professionnels de santé ? Comment est-ce que vous vous échangez ? Comment est-ce que vous vous coordonnez ?
- Speaker #2
On va échanger lorsqu'on va se voir, on leur donnerait une chose comme ça. Ensuite, c'est la CPTS qui a mis ça en place, c'est le Doctolib silo. Donc, c'est un réseau sécurisé, une messagerie sécurisée. Ou si pour un patient, on a une problématique, on envoie un message au professionnel à qui on a besoin de demander un conseil ou si on a besoin d'un médicament ou autre. La réponse est dans les témoignages. Après, on s'appelle, on passe un petit fil. Pour les choses qui ne sont pas urgentes, on va laisser un petit mot chez le patient. professionnel concernant.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vous motive au quotidien dans le cadre de votre activité professionnelle ?
- Speaker #2
Ce qui me motive au quotidien ? C'est une passion. Le fait de me lever et de faire quelque chose de bien la journée. C'est aussi un métier où on évolue aussi avec ce métier. Le technique évolue, le comportement évolue. et il y a des missions supplémentaires à faire sur le jour. Donc, on va continuer.
- Speaker #1
Tu me faisais signe. Est-ce qu'il faudrait améliorer, selon vous, pour favoriser l'installation et le maintien de professionnels de santé en zone rurale ?
- Speaker #2
Déjà, qu'on vienne nous consulter. pour savoir de quoi les professionnels auraient besoin pour venir s'installer. Donc déjà, redynamiser le commun rural. Les professionnels, déjà, ils ont besoin de savoir qu'il y a des trains pour venir travailler, que leurs enfants pourront aller à l'école, qu'ils auront des moyens de garde. En fait, il n'y a pas que l'aspect professionnel, il y a aussi la vie personnelle autour qu'il faut prendre en compte. Après, nous, dans notre poids, on est quand même des locaux à disposition. On a des élus qui sont quand même très proches de nous. Et quand on est sollicite, c'est vrai qu'ils répondent à nos besoins. On a cette chance-là, nous, sur notre territoire. Après, je pense que pour les médecins, c'est vrai que... plein de choses à créer pour leur permettre d'exercer leur activité, peut-être moins de paperasse, mais ça, c'est pas mon domaine. Donc, voilà. Après, pour nous, infirmières, j'aurais envie de dire peut-être une revalorisation, ce sera peut-être pour nous, infirmières, parce que les jeunes, quand ils vont arriver et découvrir ça, ça risque peut-être de les freiner. Il y a plein de choses à faire. C'est l'argent. C'est l'argent.
- Speaker #1
Est-ce que vous auriez une anecdote à nous partager qui vous a marquée dans le cadre de votre profession en réalité ?
- Speaker #2
En tout cas, dernièrement ?
- Speaker #1
Particulièrement, non, non. Juste sur des spécificités liées à cette zone géographique.
- Speaker #2
Alors, une première course. Je vais aller à l'étude. Il y a 17 ans, j'avais pris en charge une petite mamie qui est toujours en vie, qui a 95 ans. Elle avait un petit panier derrière son poêle avec des petits Ausha. Et puis tous les jours, elle me disait « tu vas en prendre un, tu vas en prendre un » . Je l'ai toujours. Il a 17 ans, il s'en va sur ses visites. Donc voilà. Après, j'en ai eu un autre aussi. J'ai toutes les boutures de fleurs. des vieilles dames, au fil des années. Et donc, chez moi, j'ai des fleurs qui portent le nom de ces personnes. Donc, voilà. Après, j'en ai les mêmes.
- Speaker #1
Est-ce que vous auriez un conseil à donner à des étudiants en santé ou des étudiants infirmiers pour les encourager à s'installer en ruralité ?
- Speaker #2
On va devenir. On a besoin d'eux et que... c'est pas aussi paumé qui peut se pousser, c'est en fait, les gens sont hyper accueillants, les gens sont super contents de nous avoir, ils sont très reconnaissants et ils ont une impression pour nous. Voilà. Parfait. Je m'excuse, c'est pas assez long.
- Speaker #3
Leur pénibation aussi.
- Speaker #2
Non, c'était à nos 50 ans où on a travaillé. On avait déjà nos soucis. On a un monsieur de parents qui s'occupe de nous et il n'y a pas de souci.
- Speaker #3
Ils sont aidants.
- Speaker #2
Oui, ils sont aidants. C'est vrai que nous, la sécu, avec nous, ils sont aidants. Même là, dans le cadre de la CPTS, c'est vrai qu'ils sont là derrière et ils nous aident beaucoup. On a des réunions régulièrement. C'est bien le fait. Ah oui, oui, nous aussi, la CPN, on n'a pas de souci.
- Speaker #1
Donc, vous êtes secrétaire de la CPTS, du ou de ?
- Speaker #2
De la CPTS.
- Speaker #1
De la CPTS, c'était bon. Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous a amené à vous impliquer comme ça dans une structure, en plus de vos fonctions d'infirmière libérale ?
- Speaker #2
Parce que je pense que j'ai toujours travaillé comme ça, en coopération. Moi, quand je suis arrivée en 2008, M. Ducrot était déjà là. M. Ducrot, il travaillait déjà comme ça. On fait beaucoup à travailler en coopération avec nous, notre cabinet. En fait, c'est vrai que depuis le début, on a travaillé comme ça, à se consulter, à se conserter, de voir. Donc pour moi, ça a été quelque chose de naturel. Avec la pharmacienne qui maintenant est partie en retraite et la pharmacie est fermée malheureusement maintenant, de la commune de Mont-Blanc. C'est vrai que pendant le Covid, on a fait ça ensemble. Elle, elle faisait l'administratif, moi je faisais le prélèvement. On a vu que ça allait être difficile de faire chacune de notre côté. Donc on a fait ça ensemble et ça s'est super bien passé en fait. Je pense que c'est... Ça, c'est quelque chose qui est en moi, en fait. Alors, l'avantage, en fait, c'est qu'on ne nous force pas à faire quelque chose. En fait, on fait partie de la CPTS, mais on ne viendra pas nous dire qu'il y a une dizaine de formulaires à remplir. Pas du tout, en fait. Le but, c'est de faire quelque chose, de faire évoluer la CPTS, d'en sortir le meilleur. Et si on force les gens à faire des choses, ça ne marchera pas. Donc, chacun arrive avec ce qu'il sait faire, ce qu'il a envie de faire et on le fait profiter au fond. Donc, non, je ne pense pas qu'on me donnera plein de traces à faire. Je n'espère pas.
- Speaker #0
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