Speaker #0L'épisode d'aujourd'hui est un épisode de terrain, un épisode pratique, stratégique, que je voudrais aussi complet que possible parce qu'il porte sur l'une des traversées les plus rudes qui soit. Divorcer d'un pervers narcissique. Et je commence par la phrase qui résume tout ce que nous allons voir. Divorcer d'un pervers narcissique, ce n'est pas mettre fin à un mariage. c'est conduire une sortie d'emprise à travers une procédure judiciaire. Deux épreuves en une, et chacune complique l'autre. Ce n'est pas une séparation, c'est une extraction. Et une extraction, ça se prépare, ça se conduit avec méthode, et ça ne se mène pas seul. Alors, dans cet épisode, nous allons voir pourquoi ce divorce ne ressemble à aucun autre. Nous allons passer en revue les cinq pièges classiques de la procédure. parce qu'ils sont d'une régularité stupéfiante. Nous verrons la préparation, celle qui se joue avant même l'annonce, le choix de l'avocat, la conduite pendant la procédure, l'audience, et l'après, parce que le jugement, je vous le dis tout de suite, ne clôt pas l'emprise. Une précision avant de commencer, je suis psychanalyste, pas avocat. Tout ce que je vais vous dire relève de l'expérience clinique. de ce que des centaines de patientes et de patients ont traversé sous mes yeux. Les décisions juridiques, elles, se prennent avec votre avocat. Vous allez d'ailleurs entendre cette phrase plusieurs fois dans l'épisode, et c'est voulu. Commençons par le commencement. Pourquoi ce divorce n'est pas un divorce comme les autres ? Dans un divorce ordinaire, deux personnes veulent, plus ou moins bien, plus ou moins vite, la même chose, que cela se termine. Avec un pervers narcissique, cette prémisse tombe. Lui ne veut pas que cela se termine. Il veut que cela continue autrement. Il faut se souvenir de ce qu'était le mariage pour lui, pas une alliance, une prise de possession. Et on ne rend pas une possession parce qu'un juge le demande. Le pervers narcissique aborde donc la procédure non comme une fin, mais comme un nouveau théâtre. Le dernier théâtre... Ou vous êtes encore obligé de lui répondre. Les convocations remplacent les scènes de ménage. Les conclusions d'avocats remplacent les monologues de cuisine. Le lien se poursuit par d'autres moyens. Et il y a autre chose. La blessure du démasquage. Demander le divorce, c'est dire publiquement « cet homme n'est pas ce qu'il paraît » et le pervers narcissique démasqué ne s'effondre pas. Il escalade. Il retourne. Il reconquiert son image. La procédure devient pour lui une campagne de réhabilitation. Et vous en êtes le décor. Comprenez bien ce que cela change. Vous n'allez pas négocier avec un époux qui part. Vous allez vous dégager d'un adversaire qui reste. Toute la stratégie découle de cette phrase. Passons maintenant aux cinq pièges classiques. Je les vois se répéter, dossier après dossier, depuis des décennies. Premier piège, le mirage du divorce à l'amiable. Ça commence toujours par la même phrase. On va faire ça intelligemment, entre adultes, sans se ruiner en avocat. Méfiez-vous de cette phrase comme d'une promesse de plus. Le divorce par consentement mutuel, qui est possible sans passer devant le juge depuis 2017, suppose deux volontés loyales et un rapport de force à peu près équilibré. Avec un pervers narcissique, l'amiable devient un instrument. Il fait durer les pourparlers. Il arrache une concession, puis une autre, en échange d'une signature toujours repoussée. Et puis, il fait volte-face, la veille de la signature. Résultat, des mois perdus, votre énergie épuisée, et souvent un accord au rabais, signé juste pour en finir. Est-ce que l'amiable est à exclure par principe ? Non. Et c'est votre avocat qui en jugera. Mais retenez la règle, on ne négocie de gré à gré qu'avec quelqu'un qui veut réellement conclure. Deuxième piège, la médiation familiale. Celui-là porte un habit institutionnel et il est d'autant plus dangereux. La médiation suppose deux personnes de bonne foi qui cherchent un terrain d'entente. Elle offre au pervers narcissique une scène rêvée, un tiers à séduire, un huit clos à manipuler, et votre parole, ramenée au rang de conflits de couple, de mésentente, de torts partagés. J'y ai consacré un article entier sur le site. Et sachez une chose importante, en cas de violence, y compris psychologique, la médiation peut être écartée. Parlez-en à votre avocat. Troisième piège. L'usure procédurale. Ici, l'arme, c'est le temps. Des reports demandés au dernier moment, des changements d'avocat, des pièces produites au compte-gouttes, des incidents multipliés, des appels systématiques. L'objectif n'est pas de gagner. L'objectif est de durer. De durer jusqu'à ce que vous craquiez, financièrement ou nerveusement, et que vous acceptiez n'importe quoi. Le contrepoison, ce n'est pas la vitesse, c'est l'endurance organisée. Un budget pensé pour tenir la distance, un avocat prévenu dès le départ de la stratégie d'usure, et une vie, la vôtre, qui continue de se construire pendant que la procédure suit son cours. Il mise sur votre épuisement, répondez par votre organisation. Quatrième piège, la guerre économique, presque systématique. Les comptes vidés. ou verrouillés. Les revenus qui s'effondrent soudainement, comme par miracle, au moment de calculer la pension. Les charges impayées pour vous mettre en difficulté. Le patrimoine qui se dissimule. C'est le prolongement direct des violences économiques qui, souvent, existaient déjà pendant le mariage. Alors anticipé. Les copies des avis d'imposition, les relevés de comptes, les bulletins de salaire. Les actes de propriété, tout cela se rassemble avant l'annonce, et sachez que pendant la procédure, le juge peut ordonner des mesures provisoires. Une pension, la jouissance du logement, une contribution aux charges. Vous n'êtes pas condamné à subir l'asphyxie en attendant le jugement. Cinquième piège, et le plus grave, les enfants pris en otage. Le pervers narcissique sait que les enfants sont votre point de non-négociation. Il en fait donc son levier principal. Cela commence par le chantage affectif. Si tu continues, tu ne les verras plus. Cela se poursuit par des demandes de garde qui ne visent pas à être père, mais à rester dans votre vie. Et cela peut aller jusqu'à l'entreprise de dénigrement systématique qui vise à retourner l'enfant contre vous. Face à cela, un principe, un seul. Chaque décision concernant les enfants se prend avec votre avocat, au regard d'un seul critère, leur intérêt. Jamais, jamais en réponse à une menace. Voilà pour les pièges. Passons maintenant à la méthode. Et la méthode commence par une phase que la plupart des gens négligent, la préparation silencieuse. La phase la plus importante du divorce se joue avant le divorce. Tant que votre décision n'est pas connue, Vous disposez d'un avantage que vous ne retrouverez plus jamais ensuite. Le calme. Utilisez-le. Premièrement, les documents. État civil. Avis d'imposition des trois dernières années. Relevé de tous les comptes. Bulletin de salaire. Acte de propriété. Crédit. Et les copies se stockent hors du domicile. Chez un proche sûr ou chez votre avocat. Deuxièmement, la sécurité numérique. Nouveaux mots de passe partout. Double authentification. Vérifiez les partages de localisation sur votre téléphone. Vérifiez qui a accès à vos messageries, à votre boîte mail. Le contrôle numérique est l'une des formes modernes du contrôle coercitif et il commence souvent bien avant que vous ne le découvriez. Troisièmement, si c'est possible, une réserve financière personnelle, constituée légalement. Quatrièmement, Et c'est capital. Consultez un avocat avant l'annonce, pas après. La stratégie se construit à froid, pas dans la tempête. Et cinquièmement, si vous craignez une réaction violente, préparez le scénario de mise à l'abri avant de parler. Le 3919 peut vous aider à évaluer le risque. C'est anonyme et gratuit. Et l'ordonnance de protection existe précisément pour ces situations. Un mot sur une question que l'on me pose sans cesse. Docteur, est-ce que je dois quitter le domicile conjugal ? La réponse appartient à votre avocat parce qu'elle dépend de votre situation précise. Mais retenez les deux bornes. En cas de danger pour vous ou pour les enfants, on part et on sécurise juridiquement le départ aussitôt. Main courante ou plainte, courrier d'avocat. Hors danger, on ne quitte pas les lieux sur un coup de tête ou sous la pression. Un départ non cadré peut être exploité contre vous. Entre ces deux bornes, chaque cas se plaide. Un mot, au passage, sur les voies du divorce. Pour que vous sachiez de quoi votre avocat vous parlera, il en existe quatre en droit français. Le consentement mutuel dont nous avons parlé, par acte d'avocat, sans juge. Le divorce accepté, quand les deux époux sont d'accord sur le principe de la rupture, mais pas sur ses conséquences. Le divorce pour altération définitive du lien conjugal, qui permet de divorcer après un an de séparation, même si l'autre s'y oppose. Retenez bien celui-là parce qu'il porte une nouvelle essentielle. Il ne peut pas vous retenir indéfiniment. Quoi qu'il fasse, quoi qu'il manœuvre, le divorce finira par être prononcé. Et enfin le divorce pour faute, qui suppose des preuves et dont l'opportunité se discute au cas par cas avec votre avocat. Quelle voie choisir ? C'est une décision stratégique qui dépend de votre dossier. Mais sachez qu'aucune de ces portes ne peut rester fermée pour toujours. Reste l'annonce elle-même. Le moment que tant de mes patientes redoutent pendant des mois. Trois règles la gouvernent. Première règle, jamais dans la colère. Une décision annoncée en pleine dispute sera traitée comme une menace de dispute, pas comme une décision. Il en a entendu cent. Dès, tu vas voir. Je vais divorcer. Celle-ci doit être différente, posée, froide. définitive deuxième règle jamais ennui clos si vous redoutez sa réaction un lieu neutre la présence possible d'un tiers ou l'annonce par courrier d'avocat qui est une option parfaitement légitime est souvent la plus sûre il n'y a aucune lâcheté à se protéger d'un homme dont on connaît les réactions troisième règle jamais d'explications détaillées vous n'annoncez pas un débat vous annoncez une décision Plus vous argumentez, plus vous lui donnez de prise pour négocier ce qui ne se négocie plus. Une phrase suffit. J'ai pris ma décision, mon avocat contactera le tien. Vient ensuite le choix de l'avocat. Votre avocat sera, pendant un an, deux ans, parfois trois, votre pièce maîtresse. Choisissez-le pour ce dossier-ci, pas dans l'absolu. Trois critères. Premier critère. La connaissance des violences psychologiques. Un avocat qui connaît l'emprise, le contrôle coercitif, les stratégies d'usure, ne découvrira pas le fonctionnement adverse en cours de route. Posez-lui la question simplement. Avez-vous déjà traité ce type de dossier ? Et écoutez la réponse. Deuxième critère, le réalisme. Fuyez autant le belliqueux qui vous promet la guerre totale que le conciliateur qui croit que tout se négocie. Il vous faut quelqu'un qui sache quand fermer la porte et quand la tenir fermée. Troisième critère, le cadre. Un avocat qui privilégie l'écrit, qui vous explique chaque étape, qui supporte vos questions. Et sachez que vous avez le droit d'en changer. Si votre avocat minimise ce que vous décrivez, s'il vous dit que vous exagérez, que tous les divorces sont difficiles, en changer est parfois la meilleure décision de toute la procédure. Nous voilà dans la procédure. Comment tenir la ligne ? Quatre règles. Première règle, la communication. Dès l'annonce faite, la communication directe se réduit au strict nécessaire. Les enfants, l'organisation. Et elle passe par un canal unique et écrit. Plus d'appels qui ne laissent pas de traces. Plus de discussions pour arranger les choses qui finissent en scènes factuelles. Bref. sans émotion. C'est le principe du rocher gris appliqué intégralement. Et je vous donne le critère qui doit guider chacun de vos messages. Chaque message que vous écrivez doit pouvoir être lu à l'audience. Écrivez en pensant au juge, pas à lui. Deuxième règle, documenter sans relâche. Votre dossier se construit chaque semaine. Une chronologie écrite, datée, factuelle. Les faits. Pas les commentaires, les messages conservés dans leur continuité, jamais en morceaux choisis. Les certificats médicaux quand il y a lieu. Les attestations de proches dans les formes légales. Les mains courantes pour les incidents. La preuve de l'emprise est difficile. Elle n'est pas impossible. Elle est cumulative. Troisième règle, et je veux y insister particulièrement. Ne pas alimenter le dossier adverse. Parce que pendant que vous constituez votre dossier, il constitue le sien. Et sa méthode favorite ? je l'ai décrite en détail dans l'épisode sur l'abus réactif, consiste à vous le faire écrire vous-même. Des provocations calibrées, des messages conçus pour vous faire sortir de vos gonds. Votre explosion d'un soir vaudra, sortie de son contexte, plus que ces mois de harcèlement discret. Alors, la règle tient en une phrase, et je vous invite à l'afficher près de votre téléphone. Ne jamais rien écrire, dire ou faire, que vous ne puissiez assumer devant le juge. Et quand la colère monte, et elle montera, c'est prévu, c'est même organisé, on n'en voit rien le soir même. Rien. Quatrième règle. Votre état psychique est une pièce du dossier. Il faut le dire sans détour. Vous épuiser, vous faire passer pour instable, produire à l'audience une femme au bord des larmes face à un homme posé, c'est le plan. S'accompagner psychologiquement pendant la procédure n'est donc pas un luxe. C'est un élément du dispositif, un espace où déposer ce qui déborde pour que rien ne déborde là où cela coûte. Et c'est aussi, tout simplement, ce qui vous permettra d'arriver au bout de bout. Je voudrais maintenant vous parler de l'audience. Et pour cela, vous raconter une consultation. Comme toujours, tout est anonymisé et transformé, mais la vérité clinique est intacte. Une patiente, que j'appellerai Mathilde, au lendemain de son audience, elle me dit « Docteur, il a pleuré. » Devant le juge, il a parlé de notre histoire avec des trémolos. Il a dit qu'il ne comprenait pas, qu'il voulait juste préserver les enfants. Moi, j'avais préparé mes réponses. J'étais factuelle, précise, froide en fait. En sortant, j'ai eu la certitude d'avoir perdu. C'est lui qui avait l'air de la victime. Mathilde n'avait pas perdu. Les mesures rendues lui ont donné l'essentiel. Mais son récit dit une vérité que toute victime doit connaître avant d'entrer dans la salle. Le pervers narcissique est meilleur que vous à l'audience. Parce que l'audience est une scène et qu'il joue depuis toujours. Vous ne le battrez pas en émotion. N'essayez pas. Votre force est ailleurs. Les faits, les dates, les pièces, la cohérence. Les magistrats voient des dossiers par milliers, le charme s'évapore, les pièces restent, restez du côté de ceux qui restent, et il me faut aborder maintenant quelque chose de plus intime, une déception que je vois traverser presque toutes mes patientes et qu'il vaut mieux traverser avant le jugement qu'après. Je l'appelle le deuil de la reconnaissance. Le juge ne dira pas ce que vous espérez entendre. Il ne qualifiera probablement pas la perversion. Il ne validera pas 15 ans de souffrance. Il ne prononcera pas la phrase qui répare. La justice tranche des situations. Elle ne reconnaît pas les histoires. Et poursuivre la condamnation morale de son fonctionnement, c'est s'exposer à des années de procédure pour un mot qui ne viendra pas. C'est aussi, d'une certaine manière, lui rester attaché par le tribunal. Alors, je vous propose de déplacer l'objectif. L'objectif d'un divorce avec un pervers narcissique n'est pas de gagner contre lui, c'est de sortir avec l'essentiel, votre sécurité, vos enfants, vos moyens d'exister. La reconnaissance, elle, se construira ailleurs, dans votre reconstruction, pas dans les attendus d'un jugement. Reste là près, parce que le jugement est une étape décisive, mais ce n'est pas la dernière. Sans enfants communs, Le silence complet devient enfin possible. Attendez-vous néanmoins à des tentatives de reprise de contact, parfois longtemps après. C'est le hoovering, auquel j'ai consacré un épisode entier. Avec des enfants, le lien fonctionnel demeure. La coparentalité avec un pervers narcissique s'organise alors comme un cadre, pas comme une relation. Canal écrit unique. Règle stricte. Zéro négociation hors cadre. cadre. Et les enfants, eux, ont droit à des mots justes sur ce qui s'est passé, ni le silence qui les laisse seuls avec leurs questions. ni le procès de leur père, des mots simples, adaptés à leur âge, qui les autorisent à aimer sans les obliger à choisir. Enfin, si l'après-jugement vire à la persécution, non-respect des décisions, pension impayée, incident à chaque passage de bras, procédure relancée sans fin, nommez la chose pour ce qu'elle est, un harcèlement post-séparation. La loi permet de plus en plus de le sanctionner. Le non-paiement d'une pension alimentaire est un délit. L'intermédiation financière des pensions peut être mise en place pour ne plus dépendre de son bon vouloir. Chaque manquement se consigne. Chaque incident se documente. Le dossier ne ferme jamais tout à fait, c'est vrai. Mais votre vie, elle, rouvre. Et c'est elle qui compte. Il est temps de conclure. Que voudrais-je que vous reteniez ? D'abord ceci. Vous ne négociez pas... avec un époux qui part, vous vous dégagez d'un adversaire qui reste. Toute la stratégie découle de là. La préparation silencieuse, l'avocat qui connaît l'emprise, le canal écrit unique, la documentation patiente et la discipline de ne jamais fournir la pièce qu'il attend. Ensuite ceci, à l'audience, les faits battent le charme. Pas tout de suite, pas toujours avec éclat, mais à la fin, ce sont les pièces qui restent. Et enfin ceci, ne cherchez pas la reconnaissance dans le jugement, cherchez la sortie. La reconnaissance viendra, mais d'ailleurs, elle viendra de vous, le jour où vous regarderez le chemin parcouru et où vous saurez ce que vous avez traversé. Ce jour-là, aucun attendu de jugement ne vous manquera. Si cet épisode vous a éclairé, vous trouverez sur pervertir-narcissique.com Le guide complet du divorce avec un pervers narcissique, avec tous les liens pour approfondir la médiation, la garde, l'épreuve, le harcèlement d'après. Vous y trouverez aussi mes 8 livres en version papier, numérique et audio. Et si vous préparez ou traversez cette procédure, sachez qu'un accompagnement est possible, notamment en visioconférence. Cette traversée se gagne aussi sur le terrain psychique, et sur ce terrain-là, vous n'êtes pas... n'êtes pas obligé d'avancer seul. Prenez soin de vous, préparez à froid et à très bientôt pour un prochain épisode. Depuis plus de 30 ans, mon équipe de psychologues spécialisés et moi-même avons accompagné des milliers de victimes de pervers narcissiques partout dans le monde grâce à la vidéoconsultation. Continuez à nous suivre sur cette chaîne et sur www.pervers-narcissique.com