Speaker #0« Bienvenue sur le podcast de la Souveraineté Personnelle, le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. » Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode 27, réguler son système nerveux, retrouver de l'espace pour choisir. Bonjour et bienvenue dans ce podcast dédié à la souveraineté personnelle. Dans l'épisode précédent, nous avons exploré la théorie polyvagale et compris que notre système nerveux pilote une grande partie de nos réactions, souvent bien plus que nous ne l'imaginons. Il semblerait que cet épisode vous ait particulièrement intéressé. Vous avez été nombreux et nombreuses à réagir et aussi à me demander « Ok, mais alors comment on fait concrètement pour le réguler, ce système nerveux ? » Oui, comment faire dans le quotidien quand on se sent submergé, tendu, vidé ou au contraire complètement figé ? Eh bien c'est ce que je vous propose d'explorer ensemble aujourd'hui. Avant d'entrer dans les outils, j'aimerais rappeler un point important. On ne régule pas son système nerveux comme on résout un problème intellectuel. On ne se calme pas simplement en se disant Allez, détends-toi, ça va aller. Si c'était le cas, nous serions tous et toutes parfaitement calmes et sereins. En réalité, le système nerveux autonome fonctionne en grande partie en dehors de notre volonté consciente. Il est, comme son nom l'indique, autonome. Donc, si on veut agir dessus, il faut accepter de changer d'approche. On va lâcher la tête et les pensées. Et on va passer par d'autres portes d'accès, par les sensations, par le mouvement, par l'environnement et aussi, très important, par la relation. Partons de quelques situations concrètes, parce que c'est souvent là que c'est le plus parlant. Imaginez par exemple que vous recevez un message un peu désagréable. Un mail, un SMS avec une remarque, un propos qui vous touche. Instantanément, quelque chose s'active en vous. Le cœur accélère, parfois l'abdomen se tend, les pensées s'emballent, vous commencez à imaginer des scénarios, à interpréter, à faire des suppositions. Et souvent, il y a une impulsion très forte, répondre immédiatement. Dans ce moment-là, vous êtes en état d'activation ou de mobilisation pour reprendre le terme utilisé lors du précédent épisode. Votre système nerveux est en train de détecter un danger, même s'il est symbolique. Et dans cet état, votre cerveau n'est pas dans l'analyse fine, il est dans la défense. Votre perception se rétrécit, votre interprétation devient plus négative et vos réponses Merci. Plus rapide, plus tranchée. Alors, réguler dans ce moment-là, ce n'est pas se dire « je ne devrais pas réagir comme ça » . C'est plutôt prendre acte de ce qu'il se passe en nous et se dire « ok, mon système nerveux est activé » . Et à partir de là, on peut agir. Par exemple, simplement ralentir la respiration. Respirez plus consciemment. Typiquement, la respiration qu'on appelle profonde est intéressante. Inspirer en gonflant le ventre, puis en ouvrant la poitrine, expirer en soufflant par la bouche et en allongeant l'expiration. Le fait de respirer consciemment est une manière d'envoyer un message à notre système nerveux. Car notre système respiratoire est totalement intriqué avec notre système nerveux autonome. Donc... Selon comment je respire, comment j'inspire, comment j'expire, à quel rythme, etc., c'est une manière de demander à mon système nerveux de se réguler. Mais on peut aussi simplement se lever, marcher quelques minutes ou boire un verre d'eau. Ce sont des choses faciles qui envoient un message direct au système nerveux parce que ça passe par le corps. Un message qui dit « tu peux redescendre, il n'y a pas de danger immédiat » . Ce qui est intéressant, c'est qu'en quelques minutes, parfois même en quelques instants, la perception change. Et pour en revenir au cas de figure que nous évoquions, à savoir le message reçu peu agréable, la réponse que vous allez formuler après ce début de régulation ne sera plus du tout la même. À l'inverse, il y a des moments où ce n'est pas l'activation qui domine, mais le ralentissement. Vous avez par exemple quelque chose d'important à faire. Vous savez que c'est important, mais vous n'y arrivez pas. Vous tournez en rond, vous procrastinez, vous vous sentez fatigué, sans énergie. Et là, très souvent, on se juge. Je manque de motivation. Je suis paresseux. paresseuse. Alors qu'en réalité, il est possible que vous soyez dans un état de figement. Vous savez, tout en bas de l'échelle que j'ai évoqué dans le précédent épisode. Un état dans lequel le système nerveux se met en retrait pour se protéger. Et dans cet état, essayer de se motiver ne fonctionne pas vraiment. Parce que ce n'est pas de motivation dont le système a besoin. Il a besoin de mouvement. Alors pas forcément... du sport intense, pas forcément de la performance, mais du mouvement. Se lever, marcher, s'étirer, faire quelques gestes simples, ranger des vêtements qui traînent, faire la vaisselle, un peu de jardinage. Dans certaines approches corporelles, on va même jusqu'à proposer de secouer légèrement le corps, comme pour relancer une circulation interne. Des chercheurs ont observé que parfois, Après un choc, des personnes voyaient leur corps se mettre à trembler. Ces tremblements, qu'on appelle tremblements neurogéniques, sont étudiés dans certaines approches, notamment celles développées par David Berseli. L'idée, c'est que le corps disposerait d'un mécanisme naturel pour relâcher des tensions profondes. On observe d'ailleurs ce phénomène dans la nature. Après un choc, certains animaux tremblent, puis repartent. comme si de rien n'était. Alors bien sûr, restons nuancés. Des recherches scientifiques sur ce sujet existent, mais elles sont encore en cours de consolidation. Ce n'est pas une solution miracle. Mais cela nous invite à changer de regard. Le corps n'est pas dysfonctionnel. Il essaye souvent de se réguler. D'ailleurs, une pratique connue en sophrologie caïcédienne va dans ce sens. C'est celle dite du polychinelle. où le pratiquant est invité à se secouer doucement, un peu comme une poupée de chiffon, pour évacuer les tensions. Un autre levier fondamental, et souvent sous-estimé, c'est la relation. On a parfois l'impression qu'on devrait être capable de se réguler seul. de manière autonome, comme si c'était un signe de maturité ou de force. Mais en réalité, notre système nerveux est profondément relationnel. Il s'est construit dans le lien et il continue de se réguler dans le lien. Dès notre naissance, nous apprenons à nous apaiser à travers la présence de l'autre, une voix, un regard, un contact. Et ce mécanisme reste actif toute notre vie. Concrètement, Quand nous sommes en présence de quelqu'un de calme, de posé, de sécurisant, notre système nerveux capte ces signaux. Le ton de la voix, les expressions du visage, le rythme de la respiration. Tout cela envoie des messages implicites de sécurité. Et progressivement, notre système nerveux peut s'ajuster, sans que nous en ayons conscience. Vous avez peut-être déjà vécu cela sans forcément le nommer. Être très stressé, puis vous sentir peu à peu apaisé simplement en parlant à quelqu'un. Ou au contraire, vous sentir encore plus tendu face à quelqu'un de lui-même stressé. Ce n'est pas dans votre tête, c'est votre système nerveux qui interagit avec celui de l'autre. Cela signifie aussi que nous ne sommes pas totalement indépendants intérieurement. Nous sommes en permanence influencés et influençant dans nos relations. Et cela change beaucoup de choses, dans la manière dont on choisit ses environnements, dans la qualité de présence que l'on offre aux autres, et dans la façon dont on se fait accompagner. C'est d'ailleurs l'un des mécanismes profonds à l'œuvre dans toute relation d'accompagnement. Avant même les mots, les outils ou les techniques, c'est la qualité de présence qui va permettre au système nerveux de l'autre de se détendre. On ne transmet pas seulement des contenus. On transmet aussi un état. Et concrètement, quand vous sentez que votre système nerveux est activé, vous pouvez vous poser cette question. Avec qui est-ce que je pourrais être en lien là, maintenant ? Pour me sentir un peu plus en sécurité. Un proche, un collègue, un professionnel, ou même parfois un échange bref mais authentique. Une autre porte d'accès à la régulation de notre système nerveux est tout ce qui concerne l'environnement. On n'y pense pas toujours, mais notre système nerveux capte en permanence des informations. Des autres, ça on vient d'en parler, mais aussi de ce qui nous entoure. Ce processus est ce que la théorie polyvagale appelle la neuroception. Notre système nerveux scanne l'environnement. Les sons, la lumière, les espaces, les ambiances. C'est une forme de perception automatique du danger ou de la sécurité qui ne passe pas par la pensée consciente. Autrement dit, vous pouvez vous sentir tendu ou apaisé dans un lieu sans forcément savoir pourquoi. Un environnement bruyant, imprévisible, avec beaucoup de stimulation va maintenir votre système nerveux en vigilance. A l'inverse, un espace calme, une lumière douce des repères familiers vont envoyer des signaux de sécurité. Et cela influence directement votre état intérieur. Parfois, encore une fois, sans que vous vous en rendiez compte. La bonne nouvelle, c'est que ça signifie que vous pouvez agir de manière très concrète sur votre régulation en ajustant votre environnement. Par exemple, réduire l'ambiance sonore, vous rapprocher de la nature, Créer un espace de travail plus apaisant ou simplement vous installer quelques minutes dans un endroit où vous vous sentez bien. Et puis il y a une autre dimension que j'aimerais ajouter ici et c'est peut-être même la première. C'est la capacité à reconnaître son état. Pouvoir se dire là je suis activé, là je suis en repli, là je me sens... en sécurité. Cela peut paraître simple, voire simpliste, mais c'est un véritable apprentissage et c'est en réalité le début de la régulation. Si je ne suis pas conscient ou consciente du niveau où je me trouve sur l'échelle, comment pourrais-je en changer ? Un point très important aussi que j'ai évoqué dans le précédent épisode et que je rappelle, la régulation est un processus progressif. On ne passe pas instantanément du stress au calme. On ne passe pas non plus du figement, le bas de l'échelle, à la connexion, le haut de l'échelle, sans passer par le milieu, ni non plus en un claquement de doigts. Le système nerveux fonctionne par étapes. Et souvent, il faudra repasser par un peu de mobilisation avant de retrouver un état de sécurité. D'où... L'importance de ne pas se forcer, mais de s'accompagner. Si vous deviez retenir une chose de cet épisode, ce serait peut-être celle-ci. Votre système nerveux n'est pas votre ennemi. Il fait de son mieux à chaque instant pour vous protéger. Et plus vous apprenez à l'écouter, plus vous pouvez collaborer avec lui, plutôt que lutter contre lui. Alors je vous laisse avec cette question à vous poser régulièrement. De quoi mon système nerveux a-t-il besoin là, maintenant, pour se sentir un peu plus en sécurité ? Je vous remercie pour votre écoute et vous dis à très bientôt pour un prochain épisode. Je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique « Avis » et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia.com. A très bientôt !