Speaker #0Bienvenue sur le podcast de la souveraineté personnelle, le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode numéro 26, la théorie polyvagale, comprendre son système nerveux pour retrouver sa souveraineté. Bonjour et bienvenue dans ce podcast dédié à la souveraineté personnelle. Dans de nombreux épisodes, je parle régulièrement de système nerveux, de mode de survie, de régulation émotionnelle. Alors aujourd'hui, j'aimerais prendre le temps de vous expliquer plus précisément ce qui se joue derrière ces mots. Pour cela, nous allons parler d'une approche qui suscite de plus en plus d'intérêt dans le domaine de la psychologie et de l'accompagnement, la théorie polyvagale développée par le neuroscientifique Stéphane Porges. Cette théorie nous aide à comprendre une chose importante, que l'on supposait déjà, mais qui trouve avec cette théorie un fondement Scientifiques, beaucoup de nos réactions ne sont pas des choix conscients et rationnels. Elles sont d'abord des réponses automatiques de notre système nerveux. Et vous allez voir que comprendre cela peut transformer profondément la manière dont nous regardons nos comportements, ceux des autres, et notre chemin vers la souveraineté. Pour simplifier, disons que notre système nerveux a une mission principale, assurer notre survie. A chaque instant, il scanne, analyse notre environnement pour répondre à une question fondamentale, suis-je en sécurité ou en danger ? Et ce processus est en grande partie inconscient. Si le système nerveux perçoit un danger, réel ou simplement interprété comme tel, il déclenche alors automatiquement des réactions de protection. Le problème, c'est que ces réactions sont certes très utiles face à un danger réel, mais beaucoup moins adaptées dans notre vie quotidienne moderne où, heureusement, notre survie réelle est rarement en danger. Avant d'aller plus loin, il est intéressant de rappeler que pendant longtemps, on a expliqué le fonctionnement du système nerveux autonome de manière assez simple en distinguant deux grandes branches. D'un côté, la branche ou le système orthosympathique qui prépare le corps à l'action. C'est lui qui s'active face au danger. Il accélère le rythme cardiaque, mobilise l'énergie et nous permet de réagir rapidement. De l'autre côté, la branche ou le système parasympathique qui est plutôt associé au repos, à la récupération, à la digestion aussi. Bref, à tout ce qui permet au corps de revenir au calme après un effort ou un stress. Ce modèle à deux branches, auquel j'ai d'ailleurs moi-même été formée, reste tout à fait pertinent. Mais la théorie polyvagale proposée par Stéphane Porges a permis d'affiner considérablement notre compréhension. Elle montre notamment que la branche parasympathique, celle qui permet le calme et le repos, n'est pas homogène. Elle comporte en réalité... Deux circuits différents, deux sous-branches en quelque sorte, qui n'ont pas du tout les mêmes effets sur notre état physique, psychologique et relationnel. Grâce à cette distinction, on comprend aujourd'hui mieux pourquoi certaines réactions humaines passent par l'agitation et l'hyperactivité, tandis que d'autres passent plutôt par le repli, la fatigue ou le figement. Autrement dit, la théorie polyvagale apporte une lecture plus fines et plus nuancées de nos états internes et de la manière dont notre système nerveux cherche en permanence à nous protéger. Alors voyons ça de plus près. La théorie polyvagale explique que notre système nerveux peut fonctionner selon trois grands états physiologiques. D'abord, l'état de sécurité et de connexion. C'est l'état dans lequel notre système nerveux se sent en sécurité. On l'appelle aussi le système parasympathique ventral ou plus simplement le vagal ventral. Dans cet état, Nous sommes calmes, présents, capables de réfléchir, nous sommes ouverts aux autres, créatifs et curieux. C'est aussi dans cet état que nous pouvons apprendre sereinement, coopérer, prendre des décisions réfléchies et accéder à notre intelligence émotionnelle. Autrement dit, c'est l'état dans lequel notre souveraineté personnelle est la plus accessible. Nous avons de la marge intérieure pour choisir, réfléchir, nuancer. Le deuxième état est l'état de mobilisation. Comme je le disais tout à l'heure, notre système nerveux passe son temps à scanner notre environnement. S'il perçoit un danger, il active alors un état de mobilisation. C'est le fameux mode fight or flight, lutte ou fuite. Là, c'est le système orthosympathique qui gère. Dans cet état, l'organisme se prépare à agir. Le cœur accélère, la respiration devient également plus rapide, l'attention se focalise sur la menace perçue. Psychologiquement, cela peut se traduire par de l'irritation, de l'anxiété, de l'agitation et une difficulté à réfléchir calmement. Dans ce mode, nous sommes plus réactifs que vraiment libres. Nos comportements sont davantage guidés par la défense que par la réflexion. Enfin, le troisième état, l'état d'immobilisation. Lorsque le système nerveux estime que ni la lutte ni la fuite ne sont possibles, il peut basculer dans ce troisième état qui est le figement. On l'appelle aussi le système parasympathique dorsal ou, là encore plus simplement, le vagal dorsal. C'est un mécanisme de protection très ancien, probablement le plus ancien des espèces vivantes. Dans cet état, on peut ressentir un sentiment d'engourdissement, une grande fatigue, un découragement, une sensation d'être coupé de soi et ou des autres. Certaines personnes décrivent cela comme une forme de mise en veille intérieure. Là encore, ce n'est pas un choix, c'est une stratégie biologique de protection. Ces trois circuits s'activent automatiquement selon la manière dont notre système nerveux perçoit la situation que vous êtes en train d'expérimenter. Comprendre cette théorie polyvagale change profondément notre regard sur nous-mêmes. Pourquoi ? Eh bien parce que souvent, lorsque nous sommes anxieux, irritables ou complètement épuisés, nous avons tendance à penser des choses du genre « je devrais être plus fort ou plus forte » , « je devrais mieux gérer » , « faire un effort » . Sauf que dans la plupart des cas, ce n'est pas une question de volonté. C'est simplement que notre système nerveux est en mode survie. Pour rendre ces états plus faciles à comprendre, certains auteurs, comme par exemple Deb Dana, qui a travaillé avec Porges, utilisent l'image d'une échelle du système nerveux. En haut de l'échelle se trouve l'état de sécurité et de connexion, associé au vagal ventral. Je le rappelle, c'est l'état dans lequel nous nous sentons suffisamment en sécurité pour être présents, ouverts aux autres et capables de réfléchir. Au milieu de l'échelle se trouve l'état de mobilisation associé au système sympathique, le mode lutte ou fuite. Et tout en bas de l'échelle se trouve l'état d'immobilisation associé au vagal dorsal qui correspond au figement, au repli ou à la mise en veille. Notre système nerveux peut monter et descendre sur cette échelle au cours de la journée, selon ce qu'il perçoit dans notre environnement. On va être d'accord pour dire que lorsqu'on se trouve sur une vraie échelle, on ne peut pas passer du bas au haut de l'échelle sans passer par le milieu. Et bien c'est pareil pour notre système nerveux. Lorsqu'une personne est dans un état de figement, c'est-à-dire tout au bas de l'échelle, elle ne peut généralement pas revenir directement à l'état de connexion qui se trouve lui tout en haut. Elle va d'abord... devoir repasser par un peu de mobilisation au milieu de l'échelle, donc par l'activation du système sympathique, avant d'envisager de parvenir à l'état de connexion, le vagal ventral. Passer d'un état à l'autre, c'est ce qu'on appelle la régulation du système nerveux. Et c'est la bonne nouvelle. Notre système nerveux est plastique. Il peut apprendre à se réguler. Plus nous développons des expériences de sécurité, avec nous-mêmes, avec les autres, avec notre environnement, plus notre système nerveux peut retrouver l'état de connexion dont j'ai parlé tout à l'heure, qui est cet état où nous pouvons réfléchir avec recul, prendre des décisions alignées, accéder à notre créativité. et exercer notre souveraineté intérieure. Sans entrer aujourd'hui dans des techniques trop spécifiques, il existe plusieurs leviers assez simples pour permettre cette régulation. Par exemple, ralentir la respiration, bouger le corps avec de la marche, de la course à pied, du yoga, du sport en général. Se connecter à un environnement apaisant. La nature, un animal, entrer en contact avec une personne de confiance, échanger, porter attention à des sensations corporelles agréables. Ces petites actions envoient au système nerveux un message très simple. Tu peux te détendre, il n'y a pas de danger immédiat. Comprendre le fonctionnement de notre système nerveux n'est pas seulement intéressant sur le plan théorique, c'est aussi Une manière de développer sa souveraineté personnelle. Je le disais tout à l'heure, lorsque notre système nerveux est dominé par les circuits de survie, nous réagissons plus que nous choisissons. Nous sommes guidés par la peur, notre vision devient plus étroite. Dans ces moments-là, notre capacité de discernement est réduite. Nous ne sommes pas pleinement souverains. Alors, la souveraineté personnelle ne consiste pas à contrôler... toutes nos réactions. Elles consistent plutôt à apprendre à reconnaître quel état traverse son système nerveux et à retrouver progressivement un état de sécurité intérieure, remonté progressivement sur l'échelle. Comprendre ce fonctionnement, c'est aussi une manière de développer plus de compassion envers soi-même. Beaucoup de nos réactions ne sont pas des faiblesse ou un manque de volonté. Ce sont simplement des tentatives de protection de notre organisme. Et plus nous apprenons à accompagner notre système nerveux vers la sécurité, plus nous retrouvons de l'espace intérieur pour choisir, réfléchir et agir avec conscience. Autrement dit, plus nous retrouvons notre souveraineté personnelle. Je vous remercie pour votre écoute et je vous dis à très bientôt. pour un prochain épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique avis. Et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia S O P H R O L I A A très bientôt.