Speaker #0Bienvenue sur le podcast de la Souveraineté Personnelle, le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode 28, l'auto-dévalorisation, ce réflexe qui vous fait perdre votre place. Bonjour et bienvenue dans ce podcast dédié à la souveraineté personnelle. Aujourd'hui, j'aimerais aborder un sujet que je rencontre extrêmement souvent dans mes accompagnements, que ce soit en consultation ou en formation, et que vous avez peut-être déjà observé chez vous également. Je veux parler de cette tendance à se dévaloriser soi-même. Ce que je remarque, c'est que le plus souvent, cela passe par des petites phrases du quotidien presque anodines. Peut-être que vous vous reconnaîtrez dans certains exemples qui suivent. Quelqu'un par exemple qui s'apprête à prendre la parole et qui va dire « Bon, je n'ai pas un parcours aussi intéressant que la personne qui vient de parler, mais… » ou « Alors moi, ça va être rapide. » ou encore Ce que je vais dire n'est peut-être pas très pertinent, mais ces phrases, et bien d'autres encore du même genre, on les prononce souvent sans y penser, comme une habitude, comme une manière d'adoucir notre prise de parole. Ou plutôt, devrais-je dire, de réduire, de minimiser ce que l'on a à dire. Sauf que cette habitude, ces paroles, ont un impact beaucoup plus important qu'on ne l'imagine. Parce qu'à chaque fois que vous vous présentez en vous diminuant, en réalité, vous envoyez deux messages. Un message aux autres et un message à vous-même. Aux autres, c'est une manière de dire « je ne suis pas tout à fait légitime » . Et à vous-même, vous renforcez une croyance déjà existante du type « je ne mérite pas pleinement ma place » ou « je ne suis pas à ma place » . Et à force de répétition, cela devient un automatisme, un réflexe, un mode de fonctionnement. Il en va de même avec l'autocritique. Vous savez, cette petite voix intérieure qui commente tout. Tu aurais dû faire mieux, ce n'est pas assez, là tu t'es encore planté. Alors, ce qu'il est important de comprendre, c'est qu'apparemment, cette voix n'est pas là par hasard. Des chercheurs en psychologie et en neurosciences, comme Paul Gilbert, qui a développé la thérapie centrée sur la compassion, ont beaucoup travaillé sur cette question de l'autocritique. Et leurs travaux montrent quelque chose de très intéressant. L'autocritique et l'autodévalorisation sont souvent des stratégies de protection. Alors pourquoi, comment une stratégie de protection ? Eh bien parce que, d'après ce chercheur, dans notre cerveau, il existe différents systèmes de régulation émotionnelle. Paul Gilbert parle notamment de trois grands systèmes. Un système de menace, lié à la peur, à la vigilance, à la protection. Un système de motivation-action et un système d'apaisement-sécurité. Et l'autocritique active principalement le système de menace. C'est comme si une partie de nous cherchait à nous corriger, à nous pousser, à nous remettre dans le droit chemin en utilisant la peur comme levier. Par exemple, inconsciemment, on peut se dire « Si je me critique, je vais m'améliorer. Si je suis dur avec moi-même, je vais éviter de refaire l'erreur. Si je me rabaisse, les autres ne pourront pas m'attaquer. » Le problème, c'est que ce système fonctionne comme une alarme. Il est utile ponctuellement, mais s'il est activé en permanence, il finit par épuiser et devenir contre-productif. Et si vous avez écouté les épisodes précédents sur le système nerveux, vous voyez peut-être le lien. Parce que cette stratégie d'auto-vigilance permanente a un coût, un coût important. Se dévaloriser, ce n'est pas neutre. Cela impacte la confiance en soi, la manière dont les autres nous perçoivent, les opportunités. que l'on ose saisir ou pas, et même la qualité de nos relations. Et surtout, cela nous empêche de prendre pleinement notre place, dans notre famille, dans notre travail, dans nos projets, dans la société en général. Parce que quand je me diminue en permanence, je me rends invisible. Ou au mieux, je me rends plus petit que ce que je suis réellement. Et cela, ce n'est pas de l'humilité, c'est de l'auto-sabotage. Par ailleurs, cette stratégie bloque l'accès à un autre système essentiel, identifié par Paul Gilbert, le système d'apaisement. Un système qui nous fait évidemment penser à l'état vagal ventral dont j'ai parlé dans les épisodes consacrés à la théorie polyvagale. Celui qui permet de se sentir en sécurité, de prendre du recul, d'apprendre sereinement et de se développer. Autrement dit, plus je me critique, plus je me dévalorise, plus j'active le stress et moins j'ai accès à mes ressources. Et ça, c'est un vrai paradoxe. Parce que beaucoup de personnes pensent que l'autocritique les aide à avancer, alors qu'en réalité, elle les maintient dans un état de tension. Ce que montrent aussi ces travaux, c'est que développer une forme de compassion envers soi-même, ce n'est pas du tout de la complaisance. C'est au contraire un levier beaucoup plus efficace. pour évoluer. Parce que quand je me sens en sécurité intérieure, je peux voir mes erreurs avec lucidité sans me dévaloriser. Alors attention, il ne s'agit pas ici de tomber dans l'excès inverse, il ne s'agit pas de se survaloriser, de se mettre au-dessus des autres, mais simplement de retrouver une juste place. Une place dans laquelle je peux dire voilà qui je suis sans me diminuer. Sans me justifier non plus, sans m'excuser d'exister. Et c'est là que le lien avec la souveraineté personnelle devient très clair. Parce que lorsque je me dévalorise, je me coupe de ma propre légitimité, je laisse les autres définir ma valeur et je réduis mon pouvoir d'agir. A l'inverse, lorsque je commence à reconnaître ma valeur, sans arrogance mais avec lucidité, Justesse et équilibre, je prends ma place, je m'autorise à contribuer et je deviens plus aligné dans mes choix. Je retrouve de la souveraineté. Alors comment faire concrètement ? Et bien déjà, comme toujours, commencez par observer. Prendre conscience des moments où vous vous dévalorisez. Les petites phrases, les automatismes, les tournures que vous utilisez. Attention, il va falloir être vraiment très attentif et attentive, car vous avez compris à quel point cette habitude d'autocritique et d'autodévalorisation pouvait se cacher dans de toutes petites choses, parfois anodines. Quand vous vous surprenez à dire quelque chose qui ne vous paraît pas conforme, et bien arrêtez-vous et reformulez, sans vous diminuer. Par exemple, au lieu de dire « bon, ce n'est peut-être pas très intéressant, mais… » arrêtez-vous. Vous pouvez même dire quelque chose du genre « j'efface ce que je viens de dire » et enchaîner en disant directement par exemple « voilà ce que je pense » . Vous pouvez aussi observer votre dialogue interne. Et c'est d'ailleurs probablement par cela que vous allez commencer. Procédez de la même façon. Quand vous vous surprenez à penser ou dire à vous-même quelque chose de dévalorisant ou de critique, reformulez par quelque chose de plus nuancé. Pas forcément positif à tout prix, mais plus juste. Par exemple, au lieu de « c'est nul » , vous pouvez dire « ce n'est pas comme je voulais, mais je peux m'améliorer » . C'est une manière de rester exigeant sans se détruire. Au-delà de cette auto-observation et reformulation, qui sont des moyens très efficaces, vous pouvez aussi vous poser cette question. Qu'est-ce que je protège en me ? dévalorisant. Parce que derrière cette habitude, il y a souvent une intention. Une intention qui peut être par exemple une tentative de protection. De qui ? De quoi ? C'est à vous d'y répondre. Posez-vous cette question. Quand je me diminue, quand je ne prends pas ma place, qu'est-ce que ça permet ? Merci pour votre écoute et à très bientôt pour un prochain épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique « Avis » et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia.com. A très bientôt !