Speaker #0Bienvenue sur le podcast de la souveraineté personnelle, le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode numéro 30, Apprendre à lâcher prise un acte souverain. Bonjour et bienvenue dans ce podcast dédié à la souveraineté personnelle. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un sujet dont on entend souvent parler et qui est aussi souvent mal compris. Il se résume en deux mots qui peuvent faire lever les yeux au ciel, j'avoue que c'est parfois mon cas, et qui peuvent même générer de l'agacement, voire de la colère. J'ai nommé le lâcher-prise. Combien de fois n'avons-nous pas entendu ce genre de phrase ? Il faut lâcher prise. Arrête de vouloir tout contrôler. Laisse faire. Ok, mais concrètement, ça veut dire quoi ? Et surtout, comment lâcher prise sans avoir l'impression d'abandonner, de subir ou de renoncer ? Parce que beaucoup de personnes confondent encore le lâcher-prise avec la passivité, la résignation ou une forme de renoncement. Alors qu'en réalité, le vrai lâcher-prise est souvent un acte de lucidité. Et même, j'oserais dire, vous l'avez compris, un acte de souveraineté. Je crois qu'une des périodes de ma vie où j'ai le plus entendu ce genre de phrases, c'est lorsque j'essayais d'avoir un enfant. Mon conjoint de l'époque et moi-même avons dû patienter presque deux ans avant d'avoir la joie d'annoncer la bonne nouvelle d'une grossesse. De très longs mois donc, faits d'espoir, de doute, de crainte, de découragement, parfois de résignation, et pendant lesquels j'ai entendu parler de ce fameux lâcher-prise qui n'avait comme effet que de me plonger un peu plus dans les affres de la douleur car venait s'ajouter à ma tristesse et à ma peur de ne pas avoir d'enfant, la culpabilité de ne pas réagir correctement à cette situation. Cette expérience, et bien d'autres encore, m'ont permis peu à peu d'y voir plus clair dans cette notion et ce que je vais partager aujourd'hui est ce que j'en ai compris. Pour commencer, je crois qu'il est important de clarifier une chose essentielle. Lâcher prise ne veut pas dire « je m'en fiche » ou « je baisse les bras » . Le lâcher prise, ce n'est pas abandonner ses besoins, ses valeurs ou ses projets. C'est accepter de ne pas pouvoir tout contrôler, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Prenons un exemple très simple. Imaginez que vous avez une réunion importante, un entretien, une prise de parole à mener. Vous pouvez préparer votre intervention, travailler votre sujet, faire de votre mieux. Mais vous ne pourrez jamais contrôler totalement Que ce soit la réaction des autres, leur humeur, leur perception de ce que vous partagez, ni même tous les imprévus qui peuvent intervenir. Et pourtant, beaucoup d'énergie mentale est souvent dépensée à essayer de contrôler précisément cela. Et s'ils pensent que je ne suis pas compétent ? Et s'ils ne sont pas satisfaits ? Le problème, c'est que plus on essaie de contrôler l'incontrôlable, plus on s'épuise. Grâce à de nombreuses recherches en psychologie, nous le savons aujourd'hui, notre cerveau aime profondément la prévisibilité. Pourquoi ? Parce que l'incertitude est souvent interprétée comme un danger potentiel. Des travaux en neurosciences ont montré que l'incertitude active des zones cérébrales liées à la vigilance et au stress, notamment l'amidale, qui joue un rôle clé dans la détection des menaces en lien avec la théorie. polyvagal dont nous avons déjà parlé. Autrement dit, vouloir tout contrôler est souvent une tentative de réduire l'anxiété. Le contrôle donne une illusion de sécurité, mais seulement une illusion. Et il faut bien le dire, notre société a beaucoup entretenu cette illusion en brandissant le principe de garantie à tout bout de champ et dans tous les domaines. Sauf que la réalité est tout autre. La vie reste fondamentalement imprévisible. Et c'est là que commence le paradoxe. Plus nous cherchons à tout maîtriser, plus nous augmentons notre tension intérieure, plus notre système nerveux reste en vigilance et moins nous avons accès à la souplesse, à la créativité et à l'adaptation. Je vous propose de nous arrêter un instant à ce stade. Lorsque nous cherchons à tout maîtriser, notre cerveau se comporte comme s'il devait prévenir un danger potentiel, nous l'avons dit. Il se met alors en état de vigilance accrue. On va se mettre à anticiper de nombreux scénarios, à analyser en permanence ce qui pourrait mal se passer, à tenter de réduire l'incertitude au maximum. Cette stratégie peut sembler rassurante à court terme, mais elle a plusieurs conséquences. D'abord, une consommation. importante d'énergie mentale. L'anticipation, la rumination et la surveillance constante mobilisent beaucoup de ressources attentionnelles. Une partie importante de notre énergie psychique est alors consacrée à prévoir, vérifier, corriger, éviter les erreurs. Et cette énergie n'est donc plus disponible pour observer sereinement la situation, réfléchir avec recul, imaginer de nouvelles solutions. La deuxième conséquence, c'est un système nerveux qui reste en mode vigilance. Sur le plan physiologique, le besoin de contrôle entretient souvent une activation du système nerveux. Le corps reste plus tendu, respiration plus courte, muscles contractés, attention focalisée sur les menaces. Or, lorsqu'un organisme se sent en danger, sa priorité n'est pas l'exploration ou l'innovation, mais la protection. Enfin, Troisième conséquence, une pensée plus rigide. Dans un état de vigilance permanent, notre cerveau a tendance à simplifier, à polariser, à rechercher des certitudes rapides. Et nous avons alors moins accès à la nuance, à la flexibilité, la créativité et la capacité à improviser. Et c'est précisément là que le lien avec la souveraineté devient intéressant. Lorsque nous sommes absorbés, par la tentative de tout maîtriser, nous utilisons une grande partie de notre énergie à lutter contre l'incertitude. A l'inverse, lorsque nous acceptons ce qui ne dépend pas de nous, nous récupérons de l'espace intérieur pour choisir nos actions avec davantage de clarté, de souplesse et de discernement. On retrouve d'ailleurs cela dans beaucoup de situations du quotidien. Certaines personnes veulent tout anticiper, chaque conversation, chaque détail, les réponses que l'autre va nous faire, chaque scénario possible. Elles passent de ce fait énormément de temps à prévivre mentalement les situations. Mais très souvent, cela ne les apaise pas. Au contraire, cela entretient une fatigue mentale importante. Parce qu'essayer de tout contrôler, C'est un peu comme vouloir retenir l'eau entre ses doigts. On a beau serrer de plus en plus fort, elle continue de s'échapper. Et parfois, le besoin de contrôle devient encore plus visible dans les relations. Par exemple, vouloir contrôler les réactions de son conjoint, le choix de ses enfants, le comportement de ses collègues, ou même la manière dont les autres nous perçoivent. Sauf qu'il y a une réalité incontournable. Nous ne contrôlons pas les autres. Nous pouvons exprimer, proposer, poser des limites, mais nous ne pouvons pas piloter l'intérieur des autres êtres humains. Et beaucoup de souffrance naît précisément de cette illusion. Mais alors, quel lien avec le lâcher-prise ? Si ce n'est pas de la résignation, qu'est-ce que c'est exactement ? Eh bien, je dirais que le lâcher-prise, c'est distinguer ce qui dépend de moi de ce qui ne dépend pas de moi et accepter cette différence. Explorer Biiit ! toutes les voies qui relèvent de moi et accepter aussi mon impuissance sur ce qui ne dépend pas de moi. Et c'est souvent cette impuissance qui est difficile à admettre au fond. Je peux agir sur mes choix, mes comportements, mes paroles, mes limites, mais je ne peux pas contrôler les réactions des autres, le passé, le temps qui passe, ni les aléas de la vie. Et paradoxalement, C'est souvent quand on arrête de vouloir tout maîtriser on retrouve de la puissance. Pourquoi ? Parce qu'on récupère énormément d'énergie mentale. L'énergie qui était utilisée à anticiper, surveiller, contrôler, ruminer, pour un résultat pas toujours très évident, cette énergie donc redevient disponible pour agir, créer, ressentir, décider. Finalement, le lâcher-prise permet aussi quelque chose d'essentiel. Retrouver de la présence. Parce que quand je suis obsédé par le contrôle, je suis soit dans l'anticipation du futur, soit dans la tentative de corriger le passé. Mais je ne suis plus vraiment dans le présent. Et cela a même des effets physiologiques. Quand nous sommes dans l'hyper-contrôle permanent, le système nerveux est activé, nous l'avons dit, le corps reste en tension, la respiration devient plus superficielle. A l'inverse, lorsque nous acceptons un peu plus l'incertitude, Le système nerveux peut sortir progressivement du mode vigilance pour revenir en mode de connexion et on retrouve plus de souplesse intérieure. Alors évidemment, tout cela est assez facile à dire, beaucoup moins à faire. Le lâcher prise ne se décrète pas. On ne passe pas d'un contrôle permanent à un détachement total du jour au lendemain. C'est un apprentissage. Et souvent, un apprentissage très inconfortable au début. et qui souffrent d'échecs réguliers et parfois cuisants. Parce que lâcher prise, c'est accepter de ne pas tout savoir, de ne pas tout prévoir, de ne pas tout maîtriser. Et là où j'en suis rendue aujourd'hui, je me dis que cela demande une forme de confiance, voire de foi. Confiance dans sa capacité à traverser ce qui arrivera et foi en quelque chose de plus grand qui nous accompagne. Alors comment pratiquer concrètement le lâcher prise ? Comme souvent, malheureusement, je n'ai pas de recette magique à vous donner, juste des pistes de réflexion qui m'aident moi-même au quotidien. Déjà peut-être en commençant par se poser cette question. Dans cette situation, qu'est-ce qui dépend réellement de moi ? Ou est-ce que telle ou telle chose dépend de moi ? Ce type de questions permet de faire le tri. Cela me fait souvent penser à cette fameuse prière qui est apparemment récitée lors des réunions des alcooliques anonymes. Mon Dieu, donne-moi la sérénité d'accepter les choses qui ne peuvent être changées, le courage de changer celles qui devraient l'être et la sagesse de les distinguer l'une de l'autre. Ensuite, observez les moments où le besoin de contrôle s'emballe. Par exemple, Quand vous ruminez une conversation, quand vous essayez de prévoir toutes les issues possibles ou quand vous cherchez à obtenir des garanties impossibles. Dans ces moments-là, vous pouvez simplement remarquer « Là, je suis en train d'essayer de contrôler pour me rassurer. » Rien que cela peut déjà commencer à faire une différence. Une autre piste évidemment importante consiste à revenir au corps. Puisque, comme on l'a évoqué, le lâcher-prise n'est pas qu'un processus mental, c'est aussi une expérience physiologique. Donc, respirer plus lentement, relâcher les tensions physiques, revenir à ce qui est là maintenant. Et puis parfois, lâcher-prise, c'est aussi accepter de demander de l'aide. Accepter qu'on ne peut pas tout porter seul et qu'on a le droit de se tourner vers les autres. famille, amis, professionnels, etc. Et que cela ne signifie pas être faible. Finalement, pour moi, le lâcher prise est profondément lié à la souveraineté personnelle. Parce que contrairement à ce qu'on pourrait croire, être souverain, ce n'est pas tout contrôler. Ça, c'est le règne de la peur. Être souverain ou souveraine, c'est être capable d'agir là où l'on a du pouvoir et de lâcher ce qui ne nous appartient pas. Le contrôle permanent crée une illusion de sécurité. Et parfois, le véritable courage consiste moins à tenir qu'à desserrer un peu pour laisser circuler la vie. Je vous remercie pour votre écoute et à très bientôt pour un prochain épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique avis, et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia.com A très bientôt !