Speaker #0Bienvenue sur le podcast de la souveraineté personnelle, le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode numéro 31, le temps long, cultiver patience et persévérance dans un monde d'immédiateté. Bonjour et bienvenue dans ce podcast dédié à la souveraineté personnelle. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un sujet qui me travaille depuis longtemps et je peux même dire qui me travaille encore. Je veux parler du rapport au temps et plus précisément de notre difficulté croissante à supporter le temps long. Soyons honnêtes, nous vivons dans une époque où tout semble devoir aller vite, très vite. Les réponses, les résultats, les relations, les projets, les transformations personnelles. Et en fait, si possible, dès hier. Je crois d'ailleurs que je fais partie des personnes qui ont un rapport assez particulier avec cette question. Je vous ai parlé dans un précédent épisode des messages contraignants, ou drivers en anglais. Vous savez, ces injonctions qu'on a très tôt intégrées, du type « sois parfait » ou « sois parfaite » , « fais un effort » ou encore « dépêche-toi » . Et chez moi, ce driver « dépêche-toi » est plutôt très actif. J'aime quand les choses avancent, quand ça bouge. Je suis la spécialiste de faire plusieurs choses à la fois. J'aime quand ça se concrétise rapidement. Et j'aime d'ailleurs parfois plaisanter en disant que, comme je suis très efficace, j'ai même réussi à faire ma fille en 7 mois et demi au lieu de 9. Bon, évidemment, sur ce point-là, nous aurions probablement toutes les deux préféré un peu moins d'efficacité. Mais c'est une autre histoire. Mais tout cela dit quand même quelque chose de notre époque, et peut-être aussi de certains fonctionnements intérieurs. Parce que derrière cette difficulté avec le temps long, il y a souvent plusieurs choses. Une forme d'impatience bien sûr, mais aussi un besoin de maîtrise, voire de contrôle, parfois de l'anxiété, et également un conditionnement culturel très fort. Aujourd'hui, nous sommes constamment stimulés par l'immédiateté. Un clic, une réponse. Une commande, une livraison le lendemain. Une notification, un comportement. Et cela a des effets réels sur notre cerveau. Les neurosciences montrent que notre système de récompense est particulièrement sensible à l'immédiateté. Quand nous recevons rapidement une gratification, un like, un message, une information, une validation, notre cerveau libère la fameuse dopamine. La dopamine est souvent appelée l'hormone du plaisir, même si c'est un peu plus complexe que cela. Mais pour simplifier, on va dire qu'elle joue surtout un rôle dans la motivation, l'anticipation de la récompense et la recherche de satisfaction rapide. Autrement dit, notre cerveau adore les récompenses immédiates. Et les technologies actuelles l'ont parfaitement compris. Quand on regarde les réseaux sociaux aujourd'hui, On voit bien cette accélération permanente. Les vidéos deviennent de plus en plus courtes. Quelques secondes suffisent désormais pour capter ou perdre notre attention. On scrolle, comme on dit. On consomme des contenus à toute vitesse. On passe d'une information à une autre sans véritable temps d'intégration. Et progressivement, cela transforme aussi notre rapport à la concentration, et même à la pensée. Parce que... penser en profondeur demande du temps. Lire un livre demande du temps. Construire une compétence demande du temps. Créer une relation solide demande du temps. Transformer certains schémas intérieurs demande du temps. Or, notre époque nous habite de moins en moins à cette temporalité-là. Nous voulons comprendre vite, guérir vite, réussir vite, changer vite. Passez vite à autre chose. Et lorsque les résultats tardent à venir, beaucoup abandonnent. Pas forcément par manque de capacité, mais parfois simplement parce qu'ils ne supportent plus le délai. Et pourtant, quand on regarde les choses de près, la plupart des transformations profondes se construisent dans le temps long. Un arbre ne pousse pas en une semaine. Une relation de confiance ne se construit pas en trois conversations. Une reconversion professionnelle solide ne se fait pas en quinze jours. Et même notre corps fonctionne selon des temporalités qui lui appartiennent. Je le constate régulièrement dans mes accompagnements. Certaines personnes voudraient retrouver confiance le plus vite possible, sortir rapidement d'un burn-out, apaiser des blessures construites parfois depuis des décennies en quelques semaines. Et je comprends cette attente, elle est légitime, parce que la souffrance donne envie que cela s'arrête vite. Mais il y a aussi une réalité difficile à accepter. Certaines évolutions demandent un temps d'intégration. Pas parce que nous sommes lents, mais parce que le vivant fonctionne ainsi. Et c'est souvent cet aspect que je vais inviter mes consultants à explorer en priorité. Et qui est l'un des plus difficiles. Ils vont devoir changer leur rapport au temps. Je trouve qu'il y a une forme de sagesse dans le temps long. Le temps permet la maturation, un peu comme les bons vins qui se bonifient avec les années. Le temps permet l'intégration, l'expérimentation, l'enracinement. Certaines choses ne peuvent pas être précipitées sans perdre en profondeur. Prenons l'exemple des relations humaines. Aujourd'hui, ça va souvent vite. Les rencontres, les échanges... les discussions. Mais la confiance, elle, ne se construit pas instantanément. Une relation profonde et de qualité a besoin de temps partagé, d'expériences vécues ensemble, de traverser parfois des désaccords, des difficultés, des ajustements. On peut créer une connexion rapide, mais pas forcément une sécurité profonde. Et quand on veut aller trop vite dans certaines relations, sans laisser le tout temps à la confiance de se construire naturellement, au lien de se tisser peu à peu, il arrive parfois qu'on crée quelque chose certes d'intense mais aussi de fragile. Et paradoxalement, vouloir aller trop vite peut parfois ralentir le processus. Parce qu'à force de vouloir des résultats immédiats, on se décourage plus vite, on change sans cesse de méthode, on abandonne avant que les effets apparaissent. Je pense souvent à ces personnes qui commencent une pratique, la méditation, le sport, une thérapie, le développement personnel, que sais-je, et qui arrêtent au bout de quelques semaines parce que ça ne marche pas. Alors qu'en réalité, certaines transformations sont presque invisibles au début, comme une graine sous la terre. Pendant longtemps, on a l'impression qu'il ne se passe rien. Et pourtant, quelque chose travaille, en profondeur, et une petite... pouce finit par apparaître. On retrouve aussi cela dans beaucoup d'histoires de réussite. Quand on regarde le parcours de certaines personnes inspirantes, on découvre souvent des années d'essais, des échecs, des périodes de doute, un travail discret et patient. Mais notre société montre surtout le résultat final, rarement la lente construction. On est sûrement passé d'un extrême à un autre. D'une époque, pas si lointaine, où il fallait de nombreuses années, voire des décennies, à un artiste pour percer. Où une entreprise devait attendre très longtemps pour passer d'une boutique locale à une chaîne internationale. Nous sommes donc passés de cela à une époque où les chanteurs deviennent des stars après quelques plateaux télé, une époque où quelques clics et quelques mois permettent à une structure de s'internationaliser. Peut-être est-il temps de revenir à un juste équilibre. Et c'est là que j'y vois un lien avec la souveraineté personnelle. Parce qu'être souverain ou souveraine aujourd'hui, c'est peut-être aussi résister à cette tyrannie de l'immédiateté. Accepter de construire, d'apprendre, de transformer, sans exiger des résultats instantanés. Cela ne veut pas dire pour autant devenir passif. Cela ne veut pas dire attendre que la vie passe. La persévérance n'est pas l'immobilité. Au contraire, c'est continuer d'avancer, même lorsque les résultats ne sont pas encore visibles. Alors, comment réapprend-on le temps long ? Peut-être déjà en observant notre impatience. Observer ce moment où l'on veut aller plus vite, sans réelle nécessité, obtenir une réponse immédiate, au détriment de la réflexion, accélérer le processus au risque de compromettre le résultat. Et se demander, qu'est-ce qui est si difficile pour moi dans cette attente ? Les réponses à cette question vous donneront déjà de belles pistes de réflexion et d'introspection, faites-moi confiance. Une autre piste consiste à réhabiliter les processus plutôt que les seuls résultats. Par exemple, apprécier le fait d'apprendre, de découvrir, apprécier le fait de pratiquer, de construire progressivement. Parce que si notre satisfaction dépend... uniquement du résultat final, nous risquons de vivre beaucoup de frustration. Ce qui peut aider à cet égard est d'observer la nature et de s'imprégner de son rythme, de sa patience. Et justement, il peut être très aidant de retrouver des activités qui rééduquent notre attention. Lire, écrire, marcher, jardiner, cuisiner. Créer de ses mains, des activités qui impliquent un autre rythme, qui impliquent de la présence, de la continuité. Finalement, cultiver le temps long, ce n'est pas renoncer à ses ambitions. C'est accepter que certaines choses importantes aient besoin de patience, de répétition, de persévérance et parfois même de lenteur. La lenteur. C'est quelque chose que je découvre et que j'expérimente actuellement car je m'intéresse aux fascias, cette sorte de fine membrane qui recouvre la totalité de nos organes, muscles, tissus, etc. et qui joue un rôle très important et auquel la science médicale s'intéresse de plus en plus. J'ai ainsi appris que nos fascias donc, pour être correctement stimulées et jouer au mieux leur rôle, ont besoin de mouvements. extrêmement lent. Et dans une époque et une société qui nous demande de faire de plus en plus vite et encore plus à l'ère de l'intelligence artificielle, je me dis que cela peut devenir un véritable acte de souveraineté que d'accéder de temps en temps à cette lenteur. Merci pour votre écoute et à très bientôt pour un prochain épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique avis. Et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia.com A très bientôt !