Speaker #0Bienvenue sur le podcast de la souveraineté personnelle, le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode numéro 32, la comparaison, ce piège qui nous éloigne de nous-mêmes. Bonjour et bienvenue dans ce podcast dédié à la souveraineté personnelle. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un mécanisme tellement courant qu'il passe souvent complètement inaperçu. Un mécanisme que nous pratiquons tous, ou presque, souvent sans même nous en rendre compte. Je veux parler de la comparaison. Et je vais commencer par une confession. Même après des années de travail sur moi-même, même après avoir connu nombre de satisfactions et réussites, il m'arrive encore parfois de tomber dans ce piège. Je peux être satisfaite d'une réalisation, d'une formation que j'ai créée, d'un article que j'ai écrit, d'un épisode de podcast que je viens d'enregistrer. Et puis je tombe sur quelqu'un qui semble faire mieux. Plus de visibilité, plus d'écoute, une originalité à laquelle je n'ai pas pensé, etc. Et soudain, quelque chose se contracte à l'intérieur. Comme si ce qui me semblait très bien quelques minutes auparavant avait perdu un peu de sa valeur. Alors qu'en réalité, rien n'a changé. Absolument rien. Sauf le point de comparaison. Je trouve cela fascinant, parce que ça nous montre que notre cerveau ne fonctionne pas de manière absolue, mais plutôt de manière relative. Nous ne nous demandons pas seulement « est-ce que je réussis ? » ou « est-ce que telle chose fonctionne ? » Nous nous demandons « est-ce que je réussis autant que les autres ? » « Est-ce que ça fonctionne autant qu'ailleurs ? » Et parfois même « est-ce que je réussis mieux que les autres ? » La première chose que j'aimerais dire... c'est que se comparer est normal. Je dirais même que c'est profondément humain. Le psychologue Léon Festinger a montré dès les années 50 que les êtres humains ont naturellement tendance à s'évaluer en se comparant aux autres. C'est ce qu'il a appelé la théorie de la comparaison sociale. Depuis, de nombreux chercheurs ont approfondi cette question. Les travaux en psychologie évolutionniste suggèrent notamment que cette tendance pourrait avoir joué un rôle important dans la survie de notre espèce. Pendant des milliers d'années, vivre en groupe était indispensable. Être accepté, trouver sa place, développer des compétences utiles au collectif augmentaient nos chances de survie. Il est donc probable que notre cerveau ait développé une attention particulière à notre position au sein du groupe. Pour notre cerveau, appartenir au groupe n'est pas un simple confort psychologique. c'est quelque chose d'extrêmement important. Et cela explique en partie pourquoi nous sommes si sensibles au regard des autres, à notre statut, à notre place, et donc à la comparaison. Autrement dit, la comparaison n'est pas un bug de notre cerveau. C'est probablement un mécanisme ancien qui avait autrefois une fonction adaptative et protectrice. Évidemment, et heureusement, notre environnement a changé, mais pas notre cerveau. Aujourd'hui, nous ne vivons plus dans des groupes de quelques dizaines de personnes qui restaient plus ou moins les mêmes toute notre vie. Non. Aujourd'hui, notamment avec les réseaux sociaux, nous sommes exposés à des centaines, parfois des milliers d'individus. Et la comparaison est devenue quasiment permanente. Jamais dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons eu accès à autant de vitrines humaines. Nous voyons les voyages des autres, leurs réussites, leurs... maison, leur couple, leur entreprise, leur performance sportive, leur transformation physique et j'en passe. Et notre cerveau compare automatiquement ou presque. Le problème, c'est qu'il oublie un détail majeur. Nous comparons généralement nos coulisses à la vitrine des autres. Je connais mes peurs, mes doutes, mes échecs, mes moments de découragement, mes erreurs, mais chez les autres... je vois essentiellement ce qu'ils choisissent de montrer. La comparaison est donc biaisée dès le départ. Parce qu'en réalité, nous ignorons presque tout du parcours des autres, de leur vécu intérieur réel. Nous ne savons pas d'où ils partent, ce qu'ils ont traversé, combien de fois ils ont échoué, combien de doutes ils ont connus et connaissent encore. Les psychologues distinguent généralement deux formes principales de comparaison. La comparaison ascendante et la comparaison descendante. La comparaison ascendante consiste à se comparer à quelqu'un que l'on perçoit comme plus avancé que soi. Plus compétent, plus beau, plus riche, plus influent, plus épanoui, plus serein. Choisissez la catégorie qui vous fait le plus réagir. Cette comparaison peut être très utile. Elle peut nous inspirer, nous donner des idées. nous montrer qu'un objectif est atteignable. Mais elle peut aussi devenir toxique, lorsqu'elle nourrit un sentiment fréquent, voire permanent, d'insuffisance. Nous y reviendrons un peu après. A l'inverse, il existe la comparaison descendante, celle qui consiste à se comparer à quelqu'un que l'on estime moins avancé. Cette fois, le bénéfice est immédiat, nous nous sentons momentanément rassurés, parfois même éventuellement supérieurs. Mais là encore, la sécurité est fragile et elle peut même être réduzoire, parce qu'elle dépend toujours d'un regard extérieur. Dans les deux cas, il faut comprendre le processus à l'œuvre. Nous quittons notre propre chemin pour regarder celui des autres. Et c'est précisément là que la souveraineté commence à s'éroder. Parce qu'à force de regarder ailleurs, nous finissons parfois par oublier une question essentielle. Qu'est-ce qui est juste pour moi ? Au lieu de cela, nous commençons à nous demander qu'est-ce qui est mieux, qu'est-ce qui est valorisé, qu'est-ce qui impressionne davantage. Et ce n'est pas du tout la même chose. Je le vois régulièrement chez les thérapeutes ou les accompagnants que je supervise. L'un compare son nombre de clients, l'autre compare son chiffre d'affaires, un troisième compare sa notoriété sur les réseaux sociaux, une quatrième compare le nombre de formations qu'elle a suivies, et soudain... chacun se sent en retard sur quelque chose. Sauf qu'il y a un principe à retenir. Il y aura toujours quelqu'un qui semblera avoir ou être davantage. Toujours. En réalité, derrière cette comparaison que je qualifie de toxique, il y a souvent une blessure, une fragilité, une croyance erronée. Lorsque je porte déjà en moi l'idée que je ne suis pas assez, Quoi que vous mettiez derrière le mot « assez » , mon cerveau va naturellement repérer tout ce qui semble confirmer cette croyance. C'est ce qu'on appelle un biais de confirmation. Souvenez-vous, j'en ai parlé en détail dans l'épisode numéro 4 consacré aux croyances limitantes. À cause de ce biais de confirmation, je vais davantage remarquer ceux qui semblent réussir mieux, ceux qui sont plus reconnus, ceux qui paraissent plus légitimes. Et je vais oublier tous les éléments qui racontent une autre histoire. C'est pour cela que deux personnes exposées à la même situation ne vont pas réagir de la même manière. L'une va être inspirée, l'autre va se sentir diminuée. La différence ne vient pas de la situation, elle vient du regard porté sur soi. La comparaison est aussi en lien avec un sentiment dont on parle peu dans le développement personnel. C'est l'envie. Nous avons tendance à la considérer comme quelque chose de négatif. Pourtant, elle peut être extrêmement instructive. Parce que souvent, l'envie nous indique quelque chose que nous aimerions développer dans notre propre vie. L'envie devient problématique lorsque nous restons bloqués dans la comparaison et qu'elle se transforme en jalousie. Mais elle peut devenir précieuse lorsqu'elle nous aide à identifier nos aspirations profondes. Alors comment sortir de ce piège de la comparaison toxique ? Compte tenu des éléments que je vous ai partagés précédemment, je ne crois pas qu'il soit possible, ni même d'ailleurs souhaitable, de supprimer complètement cette tendance à la comparaison. En revanche, nous pouvons transformer notre rapport à elle. Première étape, comme toujours, la remarquer, la reconnaître, prendre conscience du moment où elle apparaît. Parce que beaucoup de comparaisons, nous l'avons dit, sont automatiques, presque invisibles. Le simple fait de les observer permet déjà de reprendre du pouvoir. Deuxième étape, revenir à ses propres critères. Pas ceux des réseaux sociaux, pas ceux de sa famille, pas ceux de son environnement professionnel, les siens. Et là, si vous êtes habitué de ce podcast, vous voyez sans doute poindre le bout du nez de notre chère souveraineté. Car au fond, la vraie question n'est peut-être pas « est-ce que je fais aussi bien que les autres ? » mais plutôt « est-ce que je suis en train de construire une vie ? » qui me ressemblent. Et puis il existe une comparaison que je trouve beaucoup plus féconde que toutes les autres. La comparaison avec soi-même. Non pas pour se juger, mais pour mesurer son propre chemin. Qui étais-je il y a cinq ans ? Qu'ai-je appris ? Qu'ai-je osé ? Qu'ai-je traversé ? Comment ai-je grandi ? Cette comparaison-là nourrit souvent la gratitude bien plus. que l'insuffisance. Et si vous sentez la tentation de l'autocritique malgré tout, demandez-vous, me viendrait-il à l'idée de reprocher à un enfant de 5 ans de ne pas savoir lire correctement ? Non, bien sûr. Alors au nom de quoi devrais-je me reprocher mes incapacités du passé ? Finalement, je crois que la souveraineté personnelle commence en partie ici. Lorsque nous cessons progressivement de faire des autres les talons de notre chemin, de notre réussite, de notre valeur. Lorsque nous revenons à nos propres repères, à notre propre rythme. Comme je le disais tout à l'heure, il y aura toujours quelqu'un de plus avancé que nous dans un domaine et toujours quelqu'un aussi de moins avancé. La comparaison est un jeu qui ne se termine jamais. La souveraineté, elle, commence lorsque nous choisissons enfin de sortir du jeu dès qu'on se rend compte qu'il s'est enclenché, et en prenant soin de ne pas s'auto-critiquer, d'être entré dans la partie. Merci pour votre écoute, et à très bientôt pour un prochain épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique avis. et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia.com A très bientôt !