Speaker #0Bienvenue sur le podcast de la Souveraineté Personnelle. Le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode 38 Habiter pleinement sa deuxième moitié de vie Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast consacré à la souveraineté personnelle Aujourd'hui j'aimerais vous parler du temps Pas du temps qu'il fait dehors, pas non plus du temps qu'on essaie de gagner en courant après nos agendas, mais plutôt du temps qui passe, de l'âge. De ce moment de la vie où, sans forcément savoir exactement quand il arrive, nous commençons à regarder notre existence un peu autrement. Pour certaines personnes, cela se produit à 45 ans, pour d'autres à 50, 55, 57, ou à l'occasion d'un événement particulier, un anniversaire, le départ d'un enfant d'unifamilial, un changement professionnel, une séparation. Cela peut aussi être la ménopause pour certaines femmes, la maladie ou le décès de quelqu'un autour de nous. Bref, un moment où quelque chose nous rappelle très concrètement que la vie continue de défiler et que le temps qui est devant nous n'est pas infini. Je me souviens personnellement que j'ai senti ce moment en fêtant mes 50 ans. 50. Un demi-siècle. Je crois que c'est l'expression demi-siècle qui m'a fait quelque chose. Parce que, tout à coup, ce terme donnait une densité différente à mon âge. Et je me suis dit quelque chose de finalement assez évident, mais qui à ce moment-là a vraiment pris place en moi. Ce qui reste devant moi est probablement plus court que ce qui est déjà derrière. Ce n'était pas une pensée triste, ce n'était pas non plus une crise existentielle, mais cela a créé une sorte de déplacement intérieur. Pas en mode urgence, plutôt en mode importance. L'importance de prendre encore davantage soin de moi. de consacrer encore plus de temps à ce que j'aime, de profiter encore plus des gens que j'aime, de moins laisser certaines obligations, certaines injonctions ou certains regards extérieurs occuper une place démesurée. Et je me suis demandé si cette conscience du temps pouvait aussi être une manière de reprendre ma souveraineté. Parce qu'il se passe quelque chose d'assez intéressant lorsque notre rapport au temps change. Je suis tombée sur les recherches de la psychologue américaine Laura Karstensen qui travaille depuis plusieurs décennies sur ce qu'elle appelle la théorie de la sélectivité socio-émotionnelle. Un terme un peu barbare pour exprimer une idée finalement assez simple. Lorsque nous percevons le temps comme très ouvert devant nous, nous avons tendance à à privilégier davantage l'exploration, l'acquisition de connaissances, la nouveauté, la préparation de l'avenir. Mais lorsque nous percevons davantage les limites du temps, nous devenons souvent plus sélectifs. Nous accordons davantage de valeur aux relations qui comptent réellement, aux expériences émotionnellement significatives, à ce qui a du sens maintenant. Cela ne veut évidemment pas dire qu'à partir d'un certain âge, nous ne voulons plus apprendre, découvrir ou entreprendre. Heureusement, non. Mais notre hiérarchie peut se modifier. Et je trouve cela passionnant. Parce que la conscience du temps qui passe peut faire émerger une question que je qualifierais de très souveraine. À quoi ai-je réellement envie de consacrer le temps qui m'est encore donné ? Pas le temps idéal, pas celui que j'aurais si je n'avais aucune contrainte, le temps réel, celui de ma vie. Et cette question peut devenir assez inconfortable. Parce qu'elle nous oblige à regarder ce que nous continuons à faire par habitude, par loyauté, par peur parfois, par souci de l'image, parce que ça se fait, parce que j'ai toujours fait comme ça, ou parce que nous avons longtemps cru que nous avions le temps. Le temps de changer de travail, plus tard. De voyager, plus tard. De reprendre une activité qui nous plaît, plus tard. De dire ce que nous pensons, plus tard. De prendre soin de notre santé, ouais, mais plus tard. De consacrer plus de temps à ceux que nous aimons, toujours plus tard. Le problème avec plus tard, c'est qu'il s'agit d'une notion extrêmement confortable et totalement imprécise. J'ai le sentiment que la deuxième moitié de vie consiste justement, entre autres choses bien sûr, à sortir progressivement de cette idée que nous aurons toujours un plus tard. Alors l'idée n'est évidemment pas de vivre dans l'angoisse permanente, mais plutôt de regarder le temps de manière plus réaliste. Mon temps est précieux parce qu'il est limité. Et paradoxalement, reconnaître cette limite peut être beaucoup moins triste qu'on ne l'imagine. En fait, ça peut devenir une boussole. Parce que si mon temps n'est pas infini, alors la question de ce à quoi je choisis de le consacrer devient beaucoup plus essentielle. Et cette prise de conscience du temps ne reste pas seulement intellectuelle. A partir d'un certain âge, le temps devient aussi plus visible. Il s'inscrit dans notre corps, sur notre visage, dans notre énergie, dans notre manière de récupérer, dans ces petits changements que nous remarquons parfois progressivement et parfois beaucoup plus brutalement. Autrement dit, il ne s'agit plus seulement de savoir que les années passent, nous commençons aussi à en percevoir les traces. Et cela nous confronte à une autre question. Quel rapport ai-je envie d'entretenir avec ce corps qui change ? Oui, le corps change. Nous voyons apparaître des choses que nous n'avions pas commandées. Une peau différente, des cheveux différents, une récupération peut-être plus lente, des douleurs qui s'invitent sans avoir été conviées. Le miroir peut parfois avoir une certaine franchise que nous ne lui avions pas demandé. Pour les femmes, la périménopause et la ménopause peuvent également constituer une transition très concrète. Le corps rappelle qu'une étape biologique est en train de se terminer pour en ouvrir une autre. Et cela peut être vécu de manière extrêmement différente. Soulagement pour certaines, difficulté pour d'autres, ou un mélange complexe des deux. Mais au-delà de la ménopause, hommes comme femmes peuvent connaître à cette période une confrontation plus directe avec le vieillissement du corps. Et il y a, là encore, une question de souveraineté. Comment prendre soin d'un corps qui change sans passer mon temps à lutter contre le fait qu'il change ? Et répondre à cette question n'est pas si simple. Parce que si cette deuxième moitié de vie peut nous inviter à devenir plus sélectifs, à nous demander ce qui compte vraiment pour nous, la société, elle, ne nous laisse pas vraiment tranquille avec le fait de vieillir. Il y a même quelque chose d'assez paradoxal. Au moment où nous pourrions commencer à nous libérer d'un certain nombre d'injonctions, de nouvelles injonctions apparaissent autour de l'âge. Il faudrait vieillir, mais sans vraiment en avoir l'air. Rester jeune, mince, dynamique, désirable, performant, performante, plein ou pleine d'énergie. Continuer à apprendre, à produire, à s'adapter, à se réinventer, mais surtout, ne pas donner l'impression que l'âge pourrait avoir quelque effet que ce soit sur nous. Le monde professionnel en est d'ailleurs un révélateur assez frappant. On nous explique qu'il faudra travailler plus longtemps, que l'expérience est une richesse, qu'il faut conserver les compétences des salariés expérimentés et parallèlement, à partir de 50 ans, voire avant parfois, beaucoup commencent à sentir que leur âge peut devenir un élément de suspicion. Seront-ils encore suffisamment adaptables ? Suffisamment rapides ? Suffisamment à l'aise avec les nouvelles technologies ? Suffisamment dynamique ? Comme si prendre de l'âge devait obligatoirement être compensé par la démonstration permanente que, rassurez-vous, nous sommes toujours aussi jeunes qu'avant. Alors forcément, dans ce contexte, prendre soin de soi peut facilement se confondre avec essayer de rester conforme à une norme. Je peux faire du sport parce que j'aime sentir mon corps vivant, parce que je veux préserver ma mobilité, ma force et ma santé, ou parce que je suis terrifiée à l'idée que mon corps puisse changer. Je peux prendre soin de mon alimentation parce qu'elle soutient mon énergie et ma santé, ou parce que je pense que je n'ai plus le droit de prendre le moindre kilo à partir de 50 ans. Évidemment, il n'y a rien de superficiel ou de honteux à vouloir prendre soin de sa peau, de ses cheveux, de son allure, d'avoir envie de me sentir belle ou beau. Mais il peut aussi être facile de passer peu à peu d'un désir de prendre soin de soi à une lutte permanente pour effacer les traces du temps. Et de l'extérieur, les comportements peuvent se ressembler. Mais c'est en fait l'espace intérieur depuis lequel je l'ai fait qui change. Alors peut-être qu'une question intéressante serait est-ce que ce que je fais aujourd'hui me nourrit ou est-ce que cela sert surtout à me rendre acceptable aux yeux d'une norme qui refuse le vieillissement ? Il ne s'agit donc ni de renoncer à soi sous prétexte que de toute façon on vieillit, ni de mener une guerre permanente contre le temps. Il s'agit de revenir à soi, à sa santé, réelle et objective, à son corps tel qu'il est, à ses besoins, à ses envies, afin de mieux identifier de quoi j'ai envie de prendre soin parce que cela compte profondément pour moi. Et à l'inverse, de repérer ce que je continue à poursuivre uniquement parce que j'ai intégré l'idée qu'à mon âge, je devrais encore ressembler à ceci, être capable de cela, afficher telle énergie ou telle apparence. Et puis, il y a le regard des autres. Je trouve qu'il se passe parfois quelque chose d'assez réjouissant avec l'âge qui avance. Nous pouvons progressivement commencer à nous en moquer un peu plus. Alors, je ne vais pas vous raconter que, passés 50 ans, nous devenons miraculeusement imperméables au jugement social. En tout cas, pas pour moi. Mais ça s'améliore. Des choses qui nous auraient énormément préoccupés à 25 ans prennent moins de place. Est-ce que tout le monde approuve ? Est-ce que cela correspond à ce que l'on attend de moi ? On s'en fiche un peu. Et je trouve cela assez libérateur. D'autant que cette période de deuxième moitié de vie est aussi souvent marquée par des changements de rôle. Les enfants grandissent, ils deviennent plus autonomes, certains quittent la maison. Et même quand nous avons souhaité cette autonomie pour eux, cela peut créer un vide. Et puis nos propres parents vieillissent. Et nous nous retrouvons dans cette période de deuxième moitié de vie. cette génération intermédiaire, étrange, où nos enfants nous sollicitent de moins en moins, tandis que nos parents peuvent commencer à avoir davantage besoin de nous. Notre place bouge, les responsabilités changent, et cela nous ramène à une question fondamentale. Qui suis-je quand certains rôles que j'ai occupés pendant 20 ou 30 ans commencent à se transformer ? Il en va de même dans le monde professionnel. À 20 ou 30 ans, nous pouvons être très orientés vers la construction. Réussir, évoluer, prouver. À 50 ou 55 ans, certaines personnes continuent évidemment sur cette trajectoire, mais d'autres commencent à se demander « est-ce encore cela que je veux ? » Certains vont vouloir ralentir. D'autres, au contraire, vont enfin lancer un projet qu'ils n'avaient jamais osé entreprendre. Certains vont même changer complètement de métier, créer une entreprise, reprendre des études, écrire, voyager, s'engager. La deuxième moitié de vie n'est pas uniquement un temps de renoncement d'une jeunesse perdue. Elle peut aussi être un temps de création, parfois même davantage que la première, parce qu'on se connaît mieux, parce qu'on a de l'expérience, et parce qu'on sait davantage ce que l'on ne veut plus. Mais cela demande de faire un travail de tri. Et ça peut se faire de manière assez simple. Par exemple, prenez une feuille de papier et divisez-la en trois colonnes. Dans la première, indiquez ce que je veux continuer. Les relations, les activités, les habitudes, les engagements qui vous nourrissent. Dans la deuxième colonne, ce que je veux faire évoluer. Une manière de travailler, un rythme, une relation, la façon dont vous prenez soin de vous. Et dans la troisième colonne, ce à quoi je ne veux plus consacrer autant de temps. Passer des heures au téléphone à écouter les plaintes d'un proche, une activité qui ne me plaît pas mais que je fais pour faire plaisir, etc. Ce sont aussi toutes ces réflexions qui m'ont poussé à créer Souveraine. Avec ce programme, j'avais particulièrement envie d'accompagner des femmes qui arrivent justement à cette période de leur vie. Des femmes qui ont construit beaucoup de choses dans leur travail, leur famille, beaucoup portées, beaucoup assumées, et qui ressentent parfois une fatigue, une perte de sens, ou qui se posent simplement cette question. Et maintenant ? Qu'est-ce que je veux vraiment pour moi ? Souveraine n'est donc pas seulement un programme pour diminuer la charge mentale, c'est aussi un espace pour faire ce travail de tri que j'évoquais tout à l'heure. Comprendre ce qui nous a guidés jusque-là, revenir à nos valeurs, redéfinir notre place et décider plus consciemment de la manière dont nous voulons habiter les années qui viennent. Peut-être que vieillir souverainement, c'est aussi cela. Prendre profondément soin de soi à tous les niveaux, maintenant et pas plus tard, tout en cessant de considérer son âge comme quelque chose qu'il faudrait excuser, dissimuler ou compenser. Merci pour votre écoute, et je vous dis à très bientôt, pour un nouvel épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles, et à déposer un commentaire dans la rubrique avis. Et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolia.com A très bientôt !