Speaker #0Générique Bienvenue sur le podcast de la souveraineté personnelle, le podcast qui vous accompagne à redevenir roi et reine en votre royaume. Générique Je suis Sylvie Renoulet, psychopraticienne et sophrologue, et je vous accompagne sur le chemin de votre souveraineté. Vous écoutez l'épisode 39, la quête de validation, pourquoi avons-nous tant besoin d'être reconnus ? Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast dédié à la souveraineté personnelle. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un besoin que nous connaissons tous, le besoin d'être reconnu. Ce petit quelque chose qui fait que nous sommes très contents lorsqu'on nous dit « bravo, tu as bien fait, c'était vraiment réussi » ou simplement « je te comprends » . Et inversement, ce petit quelque chose qui peut se crisper à l'intérieur de nous lorsque nous avons fait beaucoup d'efforts et que personne ne semble le remarquer. Vous savez, ce moment où vous avez passé trois heures à préparer un repas, où tout le monde mange tranquillement, et où vous vous surprenez à penser « Bon, apparemment c'était bon, enfin je suppose » . Ou lorsque vous avez travaillé d'arrache-pied sur un dossier, une présentation ou que sais-je, et dont vous êtes plutôt fier, et que vous vous attendez à une petite remarque positive, voire admirative, et que rien ne vient. Mais derrière ces petites situations parfois amusantes, se cache une vraie question. Pourquoi le regard des autres a-t-il autant d'importance pour nous ? Et surtout, à partir de quand le besoin légitime de reconnaissance devient-il une dépendance à la validation extérieure ? Vaste sujet ! Commençons par déculpabiliser un peu. Avoir besoin de reconnaissance n'est pas un défaut de fabrication. Je le répète souvent, y compris dans ce podcast, nous sommes des animaux sociaux. Nous avons besoin besoin de lien, d'appartenance, de nous sentir acceptés par les autres. Je l'ai déjà évoqué lors d'un précédent épisode, le 36 si ma mémoire est bonne, les travaux de James Cohen le confirment. Ce besoin d'appartenance est complètement lié à nos fonctions de survie. Les psychologues Roy Baumeister et Marc Lery sont allés encore plus loin dans les années 90 en proposant l'idée que le besoin d'appartenance constitue une motivation humaine fondamentale. Et Marc Lery a développé avec ses collègues une théorie que je trouve particulièrement intéressante. C'est la théorie du sociomètre, que l'on utilise régulièrement en coaching d'ailleurs. Selon cette approche, Notre estime de nous-mêmes fonctionnerait en partie comme une sorte d'indicateur interne de notre inclusion sociale. Lorsque nous percevons que nous sommes appréciés, acceptés, reconnus, cet indicateur monte. Lorsque nous nous sentons à tort ou à raison, rejetés, ignorés ou exclus, il peut baisser. Autrement dit, notre sensibilité au regard des autres est en quelque sorte inscrite dans notre ADN. Nous avons besoin de nous sentir reconnus, acceptés, considérés comme ayant de la valeur au sein de nos relations. Cette reconnaissance extérieure participe d'ailleurs à la construction de notre identité, en particulier dans nos premières années de vie. Elle nous aide à nous situer, à ajuster nos comportements, à prendre conscience de nos compétences, de notre impact, de la place que nous occupons auprès des autres. Là où les choses peuvent devenir plus délicates, c'est lorsque notre évaluation de nous-mêmes dépend trop fortement de ce retour extérieur. Si je me sens compétent ou compétente uniquement lorsque quelqu'un me félicite, intéressant ou intéressante uniquement lorsque l'on m'écoute, légitime seulement lorsque l'on approuve mes choix, alors mon sentiment de valeur devient très dépendant de ce qui m'est renvoyé. Et forcément, il devient instable. Un compliment me porte. Un silence me fait douter, une critique me déstabilise. Une absence de réaction peut même être interprétée comme une forme de désaveu. Donc, la question n'est pas de savoir si nous avons besoin de reconnaissance, nous en avons tous besoin à des degrés divers, mais quelle place nous lui donnons dans la construction de notre valeur personnelle. Est-ce qu'elle vient enrichir un socle intérieur déjà présent ? ou est-ce qu'elle doit sans cesse venir combler quelque chose qui, en nous, ne tient pas suffisamment tout seul ? Je peux être heureuse que vous appréciez ce que je fais, sans avoir besoin de votre appréciation pour savoir que ce que je fais a de la valeur. Je peux être touchée par un compliment, sans m'effondrer si je ne le reçois pas. A l'inverse, je peux écouter une critique sans conclure... immédiatement que je suis mauvaise, incapable ou illégitime. Et c'est là que nous faisons le pont, si je puis dire, avec l'estime de soi. Parce que lorsque notre propre regard sur nous-mêmes est, disons, douteux, alors le regard extérieur va prendre une fonction beaucoup plus importante. Il vient presque faire le travail à notre place. Au lieu de pouvoir se dire Je suis satisfait de ce que j'ai fait. J'attends que l'autre me dise qu'il est satisfait de ce que j'ai fait. Au lieu de me demander est-ce que cette décision me paraît juste, je me demande est-ce que les autres vont penser que j'ai raison. Au lieu de me dire je sais ce que je vaux, je cherche régulièrement dans mon environnement des preuves que je vaux quelque chose. Et c'est comme ça que commence la dépendance. parce qu'il faut sans cesse refaire le plein à l'extérieur. Et figurez-vous qu'une étude menée par Lee Somerville et ses collègues a montré que la réaction à ce qu'on appelle le « feedback social » variait selon le niveau d'estime de soi des participants. Ceux ayant une estime d'eux-mêmes de départ plus faible étaient davantage sensibles à la valance des retours sociaux qu'ils recevaient dans la tâche étudiée. Cela ne signifie évidemment pas que le cerveau des personnes ayant une faible estime de soi serait condamné définitivement à rechercher l'approbation, mais cela illustre quelque chose que nous connaissons assez intuitivement. Plus notre socle intérieur est fragile, plus les réactions extérieures peuvent prendre du poids. Générique Et ce socle commence à se construire très tôt. On s'en doute, un enfant ne possède pas encore une représentation autonome et stable de sa propre valeur. Il se découvre largement dans le regard de ceux qui prennent soin de lui. En fait, il va apprendre progressivement. Quand je fais cela, on me félicite. Quand je me comporte comme ceci, on est content de moi. Quand je réussis, on me remarque. Quand je ne dérange pas, tout se passe bien. Et parfois, sans que les parents aient évidemment décidé consciemment de transmettre ce message, l'enfant peut finir par comprendre, pour être reconnu, je dois être, et vous compléter à votre guise, sage, fort, brillante, utile, drôle, performant, facile à vivre, ou encore Pour être aimé, je ne dois surtout pas décevoir, échouer, me mettre en colère, avoir trop de besoins, prendre trop de place. Et ce qui était au départ une stratégie relationnelle peut continuer bien longtemps après l'enfance. On devient alors cet adulte qui en fait toujours un peu plus, qui travaille énormément. qui rend service tout le temps, qui cherche à ne décevoir personne. Et lorsque quelqu'un dit « je ne sais pas comment je ferai sans toi » , une partie de nous est probablement épuisée, mais une autre se dit « voilà, là, j'ai de la valeur » . Et c'est à partir de là que la quête de reconnaissance peut devenir subtilement insidieuse, parce qu'elle ne ressemble pas nécessairement à quelqu'un qui réclame des compliments. Elle peut ressembler par exemple à de l'hyper-disponibilité, à du perfectionnisme, à une difficulté à dire non. à un besoin d'être indispensable auprès de quelqu'un, ou à une grande sensibilité aux critiques, ou encore à cette tendance à beaucoup se justifier pour un oui ou pour un non. Et il faut bien dire que les réseaux sociaux ont donné à ce besoin de reconnaissance un terrain de jeu assez extraordinaire. Avec le système du cœur, du pouce, du commentaire, du nombre de vues, on a une mesure immédiate et visible de la réaction des autres à ce que l'on propose. Et il peut être assez facile de passer d'un usage assez léger « Tiens, mon poste a plu, c'est sympa » à quelque chose de beaucoup plus identitaire « Mon poste n'a pas marché, donc ce que je fais n'intéresse personne » . Vous voyez le glissement ? On passe d'une information sur un contenu à une conclusion sur soi. Alors, comment savoir si notre besoin de reconnaissance est à un niveau, disons, raisonnable ou prend trop de place ? Vous me voyez arriver, c'est le moment où je me mets à vous poser plein de questions. Alors, première question. Quand personne ne valide ce que je fais, suis-je encore capable de reconnaître moi-même la valeur de ce que j'ai fait ? Vous avez fait quelque chose dont vous êtes fier, personne ne vous félicite. Est-ce que votre satisfaction disparaît ? Ou pouvez-vous encore vous dire « Moi, je sais ce que cela m'a demandé et je suis content du résultat » . Deuxième question. Est-ce que je modifie mes choix pour obtenir ou conserver l'approbation ? Là, je ne parle pas du simple fait de tenir compte des autres. Nous vivons en relation, c'est normal de se préoccuper un minimum de ce que nos proches pensent. Mais combien de décisions prenons-nous parfois, moins parce qu'elles nous conviennent, que parce qu'elles nous permettent de rester la bonne personne aux yeux de notre entourage ? La bonne mère, le bon conjoint, la collègue toujours disponible, la fille qui ne pose jamais de problème, Le professionnel irréprochable, etc. Troisième question. Comment est-ce que je réagis lorsqu'on me critique ? Est-ce que je peux examiner une critique en me demandant ? Y a-t-il quelque chose d'utile là-dedans ? Ou est-ce que je bascule quasi automatiquement dans « je suis nul » ? Ou à l'inverse, « cette personne est forcément stupide puisqu'elle n'est pas d'accord avec moi » . Au-delà de toutes ces questions, Je vous propose un exercice d'auto-observation. Pendant quelques jours, essayez de repérer les moments où vous cherchez une validation extérieure, sans vous juger, simplement observer. Je vous donne quelques exemples. Vous racontez à quelqu'un une décision que vous avez prise. En espérant entendre, tu as eu raison. Ou alors, vous montrez quelque chose que vous avez fait et vous demandez « Tu trouves que c'est bien ? » Il y a évidemment des tas d'autres exemples que je vous laisserai découvrir au fil de votre quotidien. Quand vous vous êtes pris en flag, si je puis dire, dans ce type de situation, l'idée est de se demander d'abord ce que vous auriez aimé que cette personne réponde en vrai. Et quand vous avez identifié ces choses, ces paroles, la clé, c'est de commencer à vous dire à vous-même toutes ces choses que vous auriez aimé entendre. Alors, l'objectif n'est pas de devenir totalement autosuffisant, même si c'est très à la mode actuellement. On ne va pas supprimer notre besoin de l'autre. Cette idée me paraît aussi irréaliste que peu désirable. Je l'ai dit et répété, nous avons besoin que les autres nous regardent. Nous avons besoin d'encouragement, de gratitude, de reconnaissance, d'amour tout simplement. Et heureusement, la souveraineté personnelle nous invite plutôt à cultiver une idée du genre « j'aime recevoir votre reconnaissance, mais je ne veux plus que ma valeur dépende entièrement d'elle » . De cette manière, on glisse de la validation extérieure à une reconnaissance intérieure. Être capable de reconnaître vraiment ses efforts, ses progrès. Être capable aussi de se féliciter, exactement comme on le ferait avec notre enfant ou un proche qui a fait quelque chose de bien. La reconnaissance intérieure, c'est aussi être en capacité de considérer ses besoins comme légitimes, de savoir qu'une erreur ne détruit pas notre valeur intrinsèque. Et d'ailleurs, en parlant de valeur intrinsèque, finalement, qui a le pouvoir de déterminer ma valeur ? Si la réponse qui émerge assez spontanément est mon conjoint, mes parents, mon manager, mes clients, mes amis, alors ma valeur personnelle devient très instable. Elle monte, elle descend, un peu comme le cours de la bourse, selon les réactions, selon les compliments, selon les critiques. Mais si je commence progressivement à construire mon propre regard, alors ça commence à bouger. Les compliments font toujours plaisir, les critiques peuvent toujours piquer, le rejet peut toujours faire mal. mais cela ne décide plus entièrement de qui je suis et de ce que je vaux. Être souverain ou souveraine ne signifie pas cesser d'avoir besoin de reconnaissance. Cela signifie par contre de cesser de demander au regard des autres de nous dire en permanence qui nous sommes. Alors bien sûr, ce n'est pas si facile, surtout quand on a cruellement manqué de cette reconnaissance bienveillante dans l'enfance. Mais il n'y a pas de fatalité. La sagesse populaire rappelle qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Alors, qu'attendez-vous encore pour vous donner à vous-même de la reconnaissance, de la validation, de l'encouragement, la permission d'être fier de vous ? Merci pour votre écoute et je vous retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. Si vous appréciez ce podcast, je vous invite à le noter 5 étoiles et à déposer un commentaire dans la rubrique avis. Et pourquoi pas à le partager autour de vous. Vous retrouvez tous mes accompagnements et mes actualités sur mon site internet www.sophrolias.fr