- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Vous accompagnez au plus près de votre activité ? Vous aider à décider ? C'est notre engagement. Bienvenue dans Cerfrance Côtes d'Armor, le podcast, un espace dédié aux entrepreneurs et aux acteurs du territoire. Nous faisons le point sur votre activité, entre conjoncture économique, tendance du secteur, tendance de filière et levier à activer pour mieux anticiper l'avenir. Grâce à notre analyse et au témoignage de professionnels de terrain, nous vous apportons une information claire, accessible et directement actionnable. Cap sur les défis et opportunités de votre activité. Plus de 4 millions d'entreprises sont concernées par la facture électronique en France. À terme, 100% des entreprises devront être en capacité de recevoir des factures électroniques. Pourtant, pour beaucoup de dirigeants, le sujet reste flou, parfois anxiogène. La facture électronique est souvent perçue comme une contrainte technique ou réglementaire. L'objectif de cet épisode est simple. Comprendre clairement ce que c'est, ce que ça change concrètement, et comment aborder ce virage sans le subir. Pour m'aider justement à éclairer ce sujet, Erwann et Morgane sont à mes côtés. Bonjour à vous deux.
- Erwann Couny
Bonjour.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Erwann Couny, vous avez une double activité. Vous êtes entrepreneur, mais également agent commercial pour une entreprise basée aux Pays-Bas. Et en parallèle, l'entrepreneuriat est venu à vous puisque vous avez repris le camping familial. C'est bien ça ?
- Erwann Couny
C'est bien ça, oui. Il y a deux ans maintenant.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Et le temps passe vite. Morgane Chouet, vous êtes coach digital chez Cerfrance Côtes d'Armor. Vous accompagnez les entreprises dans l'évolution de leur gestion administrative et notamment autour de ce sujet qu'est la facture électronique. Gros sujet du moment, non ?
- Morgane Chouet
C'est tout à fait ça. Effectivement, c'est un gros sujet qu'on va aborder.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Et justement, on va en parler. En parlant justement, replongeons nous quelque peu en arrière. Avant ce contexte de facture électronique, comment fonctionnait la gestion administrative ? Du camping.
- Erwann Couny
Alors, quand j'ai repris il y a deux ans, c'était donc une affaire familiale. Tout se faisait à la main. Donc, cahier, exact compta, chèque, aucun virement, tout se faisait à l'écrit. Donc, ça a été un peu la panique pour moi qui était déjà plongée dans l'informatique de par mon expérience. Donc, il a fallu que j'y passe tout de suite pour pouvoir gagner du temps.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Ça paraît totalement obsolète et au final, encore aujourd'hui, beaucoup d'entreprises, je pense, gèrent de manière papier leurs documents. C'est un peu ça, Morgane ?
- Morgane Chouet
C'est ça, tout à fait. Il y a un gros virement, il y a une transition qui est faite aujourd'hui entre le papier et le numérique. Et on est là pour les accompagner, effectivement.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Ça concerne tout type d'entrepreneurs, cette gestion totale de l'administratif et de la facture avec le papier ?
- Morgane Chouet
Tous les profils sont concernés, effectivement. Toutes les entreprises sont concernées par la réforme qui arrive bientôt, effectivement.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Quelle place prend encore le papier au quotidien Erwan ?
- Erwann Couny
J'ai encore quelques factures qui m'arrivent, on va dire, en par écrit. Certaines entreprises, notamment dans le BTP, qui m'envoient des factures écrites, manuscrites. Donc toujours pas de système informatique dans ces sociétés-là. Et je pense qu'il y a un moment de crainte aussi dans ces sociétés-là de passer sur l'informatique. Le fait est qu'ils n'en ont jamais utilisé. Donc, s'ils pouvaient éviter d'en avoir, on sent bien qu'ils s'en passeraient.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Est-ce qu'on peut justement citer un exemple d'un fournisseur ou d'un prestataire qui peut envoyer des factures papier ?
- Erwann Couny
J'ai une entreprise, un terrassier qui intervient de temps en temps sur le camping et qui n'a pas de facture électronique, qui fait tout à la main, qui n'a pas d'adresse mail. Donc, on ne peut même pas communiquer par mail. Donc, c'est assez surprenant de nos jours d'avoir encore ce fonctionnement-là.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Oui, surprenant pour des personnes qui sont assez digitalisées dans leur quotidien, oui. Mais est-ce que ça relève de l'exception, Morgane, encore aujourd'hui en 2026 ?
- Morgane Chouet
Par rapport au fait qu'on retrouve des personnes qui ne sont pas forcément équipées, c'est ça ? Qui n'ont pas d'adresse mail,
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
qui n'ont pas du tout de gestion informatique.
- Morgane Chouet
Oui, en fait, il nous est arrivé d'intervenir sur des dossiers où des adhérents étaient en zone blanche, pas forcément d'équipement adéquat. Et après, c'est une minorité, c'est vrai, c'est une minorité. Mais aujourd'hui, le fait d'avoir un mail, même dans le quotidien, c'est important de pouvoir justement être ouvert au monde et pouvoir déjà communiquer de manière générale à tout le monde.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
On ne peut plus passer outre, au final, même pour sa gestion administrative privée.
- Morgane Chouet
Effectivement, même dans la vie privée de tous les jours, le fait de ne pas avoir de mail pour une mutuelle ou n'importe quel organisme, le fait d'avoir déjà un mail personnel, c'est déjà quand même indispensable.
- Erwann Couny
Les impôts.
- Morgane Chouet
Les impôts,
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
notamment. C'était peut-être le moyen d'y échapper pour certains,
- Morgane Chouet
mais c'est pas possible. À partir de septembre 2026, il faut savoir que c'est toutes les entreprises qui seront concernées en France. C'est un grand virement, c'est une grande transition.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Quand on parle de facture électronique justement Morgane, on parle de quoi exactement ?
- Morgane Chouet
Eh bien en fait, la facture électronique, c'est un format de facture qui arrivera bientôt en France. C'est un format unique qui existera, qui sera mis en place à partir de septembre 2026. Et il faut savoir que c'est toutes les entreprises qui seront concernées en France. Là, on est Chez Cerfrance, mais effectivement, toutes les entreprises qui devront être accompagnées seront dans l'obligation de recevoir leurs factures en 2026, mais aussi de pouvoir les émettre. Donc il y a une obligation qui va être mise en place bientôt. Et c'est important justement d'être en conformité avec ce que demande le gouvernement.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Alors moi le premier, je suis entrepreneur, j'envoie mes factures de manière informatique, je fais mon petit PDF, etc. Mais est-ce que je fais une facture électronique ou est-ce que c'est encore autre chose ?
- Morgane Chouet
En fait, c'est encore autre chose. En fait, si vous voulez, la facture électronique, c'est un format normé. C'est tout un cryptage de données qui permet à l'administration fiscale d'avoir accès à ces données. Donc ce n'est pas forcément que du PDF, effectivement, parce qu'aujourd'hui, on a beaucoup... Deux formats de factures différentes, on a du PDF, on a du Word, Excel. Et l'idée en fait c'est de s'aligner à la facture électronique. Tout le monde devra être en conformité avec ce nouveau format.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Pourquoi la France met ça en place ? Est-ce que la France est-elle le seul pays à mettre un format comme celui-ci en place ?
- Morgane Chouet
En fait c'est effectivement pourquoi a été mis en place ce système-là, ce système de nouveaux échanges parce qu'on aurait très bien pu rester en canal direct entre clients et fournisseurs, on aurait pu très bien continuer en papier. Effectivement, c'est l'administration fiscale qui souhaite limiter la faute fiscale. Et justement, on met en place ce nouveau système d'échange de plateformes agréées. Justement, toutes les plateformes communiqueront entre elles. Il y a certains pays qui sont déjà à la facture électronique, comme l'Italie. Il y a eu une transition qui a été faite très rapidement. Nous, on a eu quand même quelques années, plus de deux ans pour pouvoir transitionner. On a été au courant il y a quand même quelques temps que la réforme... devait voir le jour et là effectivement là on arrive très prochainement mais l'italie est déjà mise en place effectivement alors qu'est ce que ça change concrètement pour un entrepreneur comme Erwann et bien qu'est ce que ça change plein de choses effectivement des adhérents ou même des entrepreneurs qui ne sont pas du tout habitués au digital c'est un grand virement c'est une grande transition déjà le côté intuitif Erwann va pouvoir directement aller rechercher ses factures sur sa plateforme aujourd'hui on est quand même beaucoup habitué au papier. Là, instinctivement, sur le téléphone ou sur la tablette, on va pouvoir aller rechercher une facture, aller regarder tout le cycle de vie de la facture, de la réception à son paiement, ce qui facilite. Alors aujourd'hui, c'est un grand mot de dire faciliter parce que nos adhérents nous disent, mais moi, c'est pas forcément facile aujourd'hui, effectivement, comme on est demi-maître. Mais nous, on est là justement pour les accompagner, leur donner les bons outils, savoir comment non Comment faire pour justement recevoir une facture, la pointer, la payer ? Quelqu'un qui n'aura pas de plateforme en septembre 2026 sera complètement bloqué, ne pourra pas justement accéder à ces factures. Donc Erwann, justement, s'il est équipé d'une plateforme comme MyKinexo, il existe plusieurs plateformes en France, on propose MyKinexo chez nous, il pourra justement pointer ses factures et les payer de manière automatique sur ses outils digitaux.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Donc l'idée Erwann, c'est de rentrer tous les cartons d'archives. dans l'ordinateur et de tout digitaliser. Est-ce que vous êtes prêt à ça ? Est-ce que vous êtes prêt à ce virage ? Et comment, justement, vous amorcer ce virage qui peut être un poil glissant ?
- Erwann Couny
Non, je pense que, de toute façon, c'est l'histoire qui... On va dans le sens de l'histoire. On n'a pas le choix. Moi, j'ai toujours considéré l'informatique comme une aide. Donc, ça me fait gagner du temps. Donc, je sais qu'il va falloir... Mettre des process en place, comprendre un peu les process. Mais une fois que c'est mis en place, on gagne énormément de temps. Je vais prendre pour exemple, on a déjà, par exemple, chez Orange, je suis en prélèvement. Donc, en fait, j'ai juste à pointer comme quoi ça a bien été automatique. Donc, l'idée, c'est qu'en fait, ce qui se fait déjà aujourd'hui avec certains fournisseurs, puisse se faire avec l'ensemble des fournisseurs que j'ai. Et là, je gagnerai un temps assez considérable pour m'occuper d'autres choses.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Si vous n'aviez pas repris cette structure familiale, que vous l'aviez laissée aux mains des prédécesseurs, de vos prédécesseurs, est-ce que du coup ce virage aurait été abordé différemment ?
- Erwann Couny
Complètement. J'ai des parents qui avaient l'âge de la retraite bien passé déjà, qui n'étaient pas très très enclins à se mettre en informatique. Notamment mon beau-père qui est un milieu agricole qui nuit aujourd'hui. C'est quelque chose qui est complètement lunaire de passé. d'une comptabilité écrite à un logiciel informatique, à une dématérialisation de tout. Il a peur de perdre le contrôle de son entreprise, quelque part. Mais je pense qu'une fois que les gens sont formés et informés, l'apprentissage est assez rapide finalement, parce que tout est fait pour que ça soit simple. Mais c'est surtout la peur. En fait, je pense que des gens... La peur de perdre le contrôle ? De perdre le contrôle de son entreprise, de ne pas pouvoir gérer. Souvent, les gens sont terre à terre, souvent avec besoin de billets. Ils ont vécu là-dedans. Je parle pour les anciens. Et de perdre ce contrôle-là, tout ce qui est numérique, pour eux, c'est un peu compliqué.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Il y a des appréhensions, justement. Il y a la perte de contrôle, certes, mais il y a aussi cette cybersécurité, ce sujet qui fait tant peur aussi. On n'est pas à l'abri de... de se faire pirater sa boîte mail, de se faire pirater son ordinateur avec ses documents dedans. Et on considère tous nos documents d'entrepreneuriat comme des trésors et des documents à conserver, des données sensibles. Comment on répond justement à ces différentes appréhensions ?
- Morgane Chouet
Effectivement, il y a une crainte autour du piratage informatique. Après, le discours que j'ai envers nos adhérents, c'est que nombre, leurs banques, leurs assureurs, n'importe qui, garantit une sécurité. Nous, chez Serfrance, on a quand même un système de sécurisation de données qui fait qu'on a des serveurs externes qui permettent de récupérer des données. Sachant en plus que notre plateforme MyKinexo, c'est un produit qui a été créé en Bretagne, donc en termes de périmètre de sécurité de données. On est assez restreint, ce n'est pas une plateforme qui est nationale. Donc après, ça rassure effectivement nos adhérents. On a fait des offres de cybersécurité, des formations de cybersécurité pour sensibiliser nos adhérents sur des gestionnaires de mots de passe, sur les antivirus, etc. On met en place une plateforme de sécurité. Après, c'est aussi à nos adhérents et aux Français de manière générale d'être vigilants sur l'ouverture de mail, surtout finalement, puisque c'est vrai qu'on est enclin dans le digital. Et aujourd'hui, c'est un petit peu faire le tri, effectivement, sur ce qu'on reçoit, ce qu'on ne reçoit pas. Donc nous, chez Cerfrance, effectivement, on a quand même, en termes de sécurité de données, on est quand même armé. On a plusieurs boucliers qui sont là pour pouvoir contrer les cyberattaques.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Mais on le voit aujourd'hui, de plus en plus de grosses structures. La Poste, récemment, certains hôpitaux se font hacker. On a aussi des leurres qui sont de plus en plus crédibles quand on reçoit des mails avec... des adresses mail qui sont vraiment percutantes. Comment on fait vraiment pour faire confiance à n'importe quelle plateforme de digitalisation et de gestion de factures électroniques, qu'elle soit la vôtre, puisque vous travaillez chez Cerfrance Côtes d'Armor ou une autre ?
- Morgane Chouet
En fait, la vigilance, elle tourne autour de l'humain aussi. Nous, par exemple, chez Cerfrance, c'est vrai qu'il y a des communications qui sont faites par mail. Nous, pendant les formations de sensibilisation, c'est simplement, voilà, dès lors qu'il y a, on va dire, un mail un peu suspect de n'importe quel organisme, c'est simplement de s'assurer en appelant l'organisme ou simplement en ne répondant pas par mail. C'est simplement avoir du recul sur ça. Et c'est vrai qu'on a beaucoup, moi, par exemple, j'ai, pour citer, dans ma famille, quelqu'un qui est enclin, justement, pas forcément au piratage. Mais justement, elle est peu vigilante. Et nous, on est là justement pour lui dire à chaque fois d'avoir cette espèce de recul et simplement juste de se poser, de dire OK, alors est-ce que visuellement parlant, est-ce que ce site Internet peut être fiable ? C'est vrai parce que des fois, les banques ou même le site, un site pour ne pas le citer. Alors je ne sais pas si je peux citer un site.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Si, allons-y.
- Morgane Chouet
Je peux citer par exemple le Bon Coin. On a eu pas mal d'entourages qui se sont fait pirater via ce site-là. Et c'est simplement avoir du recul, simplement ne pas forcément répondre instantanément. Et puis si c'est relancé plusieurs fois, oui, là se poser la question.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
On le tend en analyse.
- Morgane Chouet
C'est ça, oui. En fait, c'est plus peut-être avoir du recul. Et puis après, c'est en parlant avec son entourage de savoir ce qui est retenu ou pas. C'est vraiment un gros virage, c'est vrai. Nous, le discours qu'on a à chaque fois, c'est de leur dire qu'ils ne sont pas tout seuls, qu'on est là pour les accompagner.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Au final, qu'est-ce que la facture électronique va imposer aux entreprises qui ne faisaient pas forcément avant en termes de contenu d'informations dans une facture ou en termes de gestion de cette facture ?
- Morgane Chouet
Déjà, il y a des mentions obligatoires qui vont être mises en place. Aujourd'hui, quelqu'un qui fait une facture papier, un entrepreneur, une TPE par exemple, qui fait une facture papier pourra continuer de le faire jusqu'en 2027. À partir de septembre 2027, il sera dans l'obligation de devoir émettre des factures au format XML, au format électronique. Donc aujourd'hui, quelqu'un qui génère une facture à la main, comme tout à l'heure disait Erwann, son entourage qui était habitué aux factures papier. Là, effectivement, on devra passer à partir de cette échéance-là, pardon, en 2027, à la facture électronique. Je ne sais pas si ça répond à la question.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Ça répond à la question sur les contraintes de temps, mais aussi les contraintes d'information et de faire figurer. Mais tout ça, c'est un mécanisme à prendre en compte et à mettre en place. Erwan, vous êtes accompagné là-dessus ?
- Erwann Couny
Je me fais accompagner. Quand j'ai repris le camping, je n'avais pas d'informatique du tout. Donc je me suis rapproché du syndicat, notamment l'UBHPA pour l'hôtellerie de plein air. qui m'a permis de rencontrer des personnes qui étaient dans le même cas que moi et qui ont installé le système informatique. Et ça m'a été utile, parce que c'est vrai que quand on est tout seul, à un moment donné, on a un peu peur. On ne sait pas quel logiciel on doit prendre, est-ce que ça va être adapté par rapport à mon type d'entreprise. Donc, de savoir s'entourer de personnes dans le même métier, ça permet aussi d'avoir des conseils et puis de s'orienter vers la bonne entreprise. Une fois qu'on a cette information, les entreprises en général sont là pour nous former et ça se passe relativement bien. Il y a toujours un temps d'apprentissage, mais une fois qu'on a, un petit peu comme le carnet Exaconta, on a un petit peu de mal à trouver la place de la TVA, la place du règlement. Et bien là, c'est pareil, en fait, dans la digitalisation, à un moment donné, on sait qu'il faut aller cocher cette case-là pour le paiement comptant.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Ce n'est pas au final un sujet d'outils, mais c'est plus un sujet d'organisation, si on doit le résumer.
- Morgane Chouet
C'est ça. Après, c'est aussi une routine à avoir auprès de Erwann, par exemple, prochainement, qui utilise MyKinexo. L'idée, en fait, c'est de se créer une espèce de routine, effectivement, comme aujourd'hui, quand on reçoit un mail sur notre téléphone, d'aller consulter régulièrement nos plateformes pour pouvoir aller récupérer. nos documents, quels qu'ils soient, des factures ou autres. Et si ça demande de l'organisation, effectivement, oui.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Comment on peut faire évoluer l'organisation d'une structure sans perdre l'identité vraiment de cette structure et notamment des petites structures familiales comme celle-ci ? Il y a un vrai virage à prendre, mais comment on arrive justement à mettre les gens dans ce moule sans trop les perturber ?
- Morgane Chouet
Justement, il y a tout un accompagnement et un suivi. Ce n'est pas parce qu'on fait une formation une seule fois qu'on lâche nos adhérents. On va pouvoir les suivre tout au long de leur évolution. C'est vraiment un gros virage. C'est vrai, on intervient beaucoup chez des agriculteurs qui sont habitués aux papiers. C'est quelque chose de palpable. C'est rassurant d'avoir du papier. Et nous, le discours qu'on a à chaque fois, c'est de leur dire qu'ils ne sont pas tout seuls, qu'on est là pour les accompagner. Et c'est très important, je pense, de garder l'humain aussi, parce qu'on parle de digital, mais il y a aussi l'humain qui fait que nous, on est là pour les aider. Les comptables, les formateurs digitaux, etc. Et c'est ça, justement, le fait de pouvoir garder ce lien avec nos adhérents.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
C'est ce que disait Erwann, au final, l'accompagnement est à privilégier vraiment sur ce type de changement.
- Erwann Couny
Oui, complètement. Quand je suis passé du papier à la délégation de... la facturation dans le camping, ça ne se fait pas du jour au lendemain. On a la chance d'avoir des plateformes et la personne peut prendre la main sur l'ordinateur pour pouvoir nous expliquer où est-ce qu'on s'est trompé, où est-ce qu'il faut aller. Et ça, c'est important d'être accompagné. Mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. Moi, je pense que j'ai commencé à être à l'aise au bout de peut-être 2-3-4 mois. En appelant régulièrement. Ça se mécanise. Voilà. Et puis après, c'est des automatismes. C'est un peu... C'est machinal, là, où il faut aller.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
C'est comme l'apprentissage de la conduite au final. Entre main et jambe, il fallait débrayer, tourner, mettre le clignotant et autre. Et là, au final, ça se mécanise et pareil. On ne réfléchit plus. Et puis,
- Morgane Chouet
on ne peut pas passer de rien à tout d'un coup. Il y a forcément l'entre-deux qui fait que, oui, à l'apprentissage, à la routine, on ne peut pas passer de la marche 1 à la marche 18 comme ça d'un coup. Il y a forcément la transition, l'accompagnement et la crainte forcément aussi un petit peu. Mais on est là.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
S'il y avait une erreur à éviter aujourd'hui, justement sur ce passage, sur ce virage, laquelle serait-elle ?
- Morgane Chouet
Une erreur à éviter ? Ça, c'est une très bonne question. Une erreur à éviter, c'est de fermer les yeux et de se dire... On n'a pas forcément eu beaucoup ce discours auprès de nos adhérents, mais quelqu'un qui dit j'arrête. J'arrête parce que moi, je n'ai pas envie de me mettre en conformité. L'erreur, c'est justement de leur dire OK, écoutez, nous, c'est avoir ce discours motivant en leur disant mais non. N'ayez pas peur justement, nous on est là pour vous aider, encore une fois vous accompagner et pas leur tourner le dos en disant ok écoutez vous pouvez partir. Voilà l'idée c'est encore toujours d'être là, d'être présent et de les conseiller au maximum.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Un accompagnement, des outils existent et notamment chez Cerfrance Côtes d'Armor pour sécuriser la transition et gagner en autonomie la facture électronique au final. n'est pas un obstacle technique, c'est un cadre à comprendre pour continuer à piloter son activité sereinement. Merci à vous deux de m'avoir accompagné sur ce sujet.
- Morgane Chouet
Merci, c'était un plaisir aussi.
- Mathieu Cotiniaux, journaliste
Merci d'avoir suivi cet épisode. Chaque secteur évolue, et mieux comprendre la conjoncture, les transformations, les métamorphoses, c'est se donner les moyens d'anticiper, de s'adapter et de réussir. Pour aller plus loin, si vous avez des questions ou souhaitez un éclairage complémentaire, les conseillers Cerfrance sont là pour vous accompagner, vous apporter les ressources adaptées. à vos besoins et vous aider à décider. Si ce podcast vous a plu, pensez à le noter et à le partager autour de vous. A très bientôt et continuez d'avancer avec confiance.