- Speaker #0
Vous écoutez le Réseau de l'Industrie de RS, où les voix des spécialistes résonnent autour des sujets clés du secteur.
- Speaker #1
Bonjour à tous, aujourd'hui nous parlons de la prévention des risques industriels liés à l'air ambiant et plus particulièrement des solutions de ventilation et d'aspiration pour protéger la santé des travailleurs. Nous sommes en ligne avec Pascal Piezara, président chez Amélioration des ambiances industrielles. Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour. Et merci de votre invitation.
- Speaker #1
Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer pourquoi la qualité de l'air est-elle un enjeu majeur sur les postes de travail industriels et quels sont finalement les principaux risques encourus par les opérateurs ?
- Speaker #0
La protection des opératrices et des opérateurs face aux expositions aux polluants chimiques, c'est le rôle essentiel de la ventilation et du traitement de l'air. Mais au-delà de ces notions de santé, qui, je le précise, sont bien prioritaires. La qualité de l'air, notre ambiance de travail, c'est un facteur favorisant du bien-être au travail, au même titre que l'on a l'ergonomie, le bruit. Et quand on connaît toutes les conséquences positives du bien-vivre son travail aujourd'hui, tant pour les salariés que pour les entreprises d'ailleurs, on comprend que la qualité de l'air devient un enjeu majeur, notamment si l'on se réfère dans le cadre actuel. de la réindustrialisation de notre économie. Les risques sont surtout les risques liés à la santé des personnes qui travaillent sur les postes de travail. Effectivement, une exposition aux polluants chimiques peut amener ou des maladies ou des inconforts.
- Speaker #1
Quel type de polluants rencontre-t-on le plus fréquemment dans les ateliers industriels ?
- Speaker #0
Alors globalement, on rencontre effectivement des polluants qui se présentent soit sous forme de poussière, des fibres, des fumées, des brouillards d'huile par exemple dans les industries mécaniques, qu'on va identifier comme parties visibles. Mais il n'y a pas que les parties visibles, on a aussi des émissions qui peuvent être réalisées sous forme de vapeur, de gaz, par exemple de dilution de solvants. Très rares sont aujourd'hui les process industriels. qui n'ont pas à un moment ou à un autre une étape émissive de tel ou tel polluant.
- Speaker #1
Pouvez-vous nous expliquer la différence entre une ventilation générale et une ventilation localisée ? Et dans quel cas peut-on privilégier l'une ou l'autre ?
- Speaker #0
En fait, on ne peut pas vraiment opposer l'aspiration à la source, c'est-à-dire l'aspiration localisée, à la ventilation générale. Dans une démarche globale de prévention cohérente, la première chose... qu'on cherche à faire, bien entendu, mais quand cela est possible, simplement, c'est la suppression ou la substitution d'un polluant. Dans bien des cas, lorsqu'on ne peut pas le supprimer ou le substituer, on privilégie une aspiration localisée directement à la source de l'émission de ce polluant. Par, effectivement, une deuxième étape, la ventilation générale va s'occuper des résiduels qui ne peuvent pas être captés. Elles sont tout à fait complémentaires et dans l'ordre de privilégier d'abord l'aspiration à la source et ensuite la ventilation générale.
- Speaker #1
Pourquoi l'aspiration à la source est-elle considérée comme plus efficace pour certaines opérations industrielles ?
- Speaker #0
L'aspiration à la source, ça consiste à aller capter un polluant au plus proche de son point ou de sa zone d'émission. On comprend tout l'intérêt de cette démarche et de piéger ce polluant. avant qu'il ne soit dispersé dans l'ambiance générale de travail. De fait, au plus on va capter ce polluant, au plus on va être efficace dans la mesure qui est prise. Et j'ajoute que cela est fait généralement avec des débits d'air qui sont mis en œuvre de manière bien moindre qu'avec une ventilation générale où l'on doit brasser de l'air avec un polluant qui est déjà dilué. Et l'avantage dans les ateliers, c'est que... au plus on va capter à la source, au plus les salariés seront protégés, alors qu'au plus on va diluer, au plus on va faire profiter l'ensemble du personnel, y compris ceux qui ne sont pas forcément sur les postes polluants. On peut parler de postes de collage, où des personnes sont amenées à coller des mousses pour de la fabrication de sièges. Et lorsque ces mousses sont encollées avec... avec des solvants. Le solvant étant capté à la source, ça évite que tout l'atelier et les autres opérateurs qui font ensuite la protection des mousses pour finir la fabrication des sièges soient eux aussi exposés. à cette mise en œuvre.
- Speaker #1
Revenons un peu à la ventilation générale. Quelles sont les limites de cette ventilation dans un environnement industriel ?
- Speaker #0
Alors en fait, comme on l'a évoqué dans la question précédente, le captage à la source va mettre en œuvre un débit d'air moindre. Donc la ventilation générale, il va falloir brasser plus pour avoir une efficacité équivalente. Si on brasse plus, ça veut dire qu'on extrait de l'air de l'atelier en quantité beaucoup plus importante. Et donc, l'air que l'on extrait est forcément remplacé par de l'air de compensation qui est propre, qui généralement vient de l'extérieur et qui doit être réchauffé en hiver, voire certaines fois climatisé en été. L'enjeu énergétique devient extrêmement important puisque au plus on va brasser de l'air, au plus on va avoir à financer. le chauffage ou la climatisation de sa terre. Si l'on prend un exemple pratique, les industries de fabrication de pièces plastiques sur des presses à injecter, jadis, on mettait des grosses ventilations sur les toitures pour évacuer les résiduels et on faisait des grandes ouvertures par les portes. La conséquence, c'était qu'en hiver, on avait très froid, en été, on avait très chaud. il n'y a qu'en mi-saison où c'était à peu près agréable. Aujourd'hui, des systèmes ont été développés, entre autres par nous, pour faire du captage à la source directement à l'endroit où les pièces sont injectées. Et donc du coup, toute cette notion d'inconfort liée à une ventilation excédentaire ont disparu. Le bilan carbone, ça fait partie des objectifs des grandes entreprises que nous rencontrons. Et de plus en plus, les petites et moyennes entreprises sont sensibilisées à ce bilan carbone.
- Speaker #1
Pascal Piezara, est-ce que vous pouvez nous partager un exemple concret d'une mise en place réussie d'un système d'aspiration sur un poste de travail industriel, avec les bénéfices constatés bien sûr ?
- Speaker #0
Il y a quelque temps, on a mis en service une installation centralisée d'aspiration de brouillard d'huile dans une industrie mécanique. au-delà des extractions à la source que l'on a réalisée sur les centres d'usinage, on a opté de récupérer les calories sur l'air que l'on rejette à l'extérieur. Ces calories ont servi à réchauffer l'air qui était réintroduit dans l'atelier. Les résultats ont été absolument immédiats et multiples. Des mesures de pollution réalisées par le client ont démontré que le système mis en place permettait de ne plus avoir aucun pic de pollution, situation qui était antérieure à notre installation. En fait, le niveau était le même que l'atelier soit en fonctionnement ou que l'atelier soit arrêté. Donc ça, c'est un résultat extrêmement concret. Et le deuxième point, c'est qu'avec quelques semaines et quelques mois de recul, le client a pu vérifier que sa facture énergétique de chauffage de son bâtiment avait diminué de 70%.
- Speaker #1
Un mot peut-être sur les principales réglementations à respecter en matière de ventilation et d'aspiration industrielle ?
- Speaker #0
Actuellement, on peut distinguer les entreprises qui sont soumises à autorisation de produire en respectant un cahier des charges qui est émis par la préfecture, ou là, toutes les réglementations applicables à l'entreprise, telles que ça peut être des sites CVZO ou des choses comme ça. Ils doivent absolument respecter scrupuleusement les critères qui sont donnés dans ces autorisations de production. Pour les autres entreprises qui sont la majorité des petites et des moyennes entreprises, voire de grosses entreprises, aujourd'hui, il y a des réglementations qui sont données, ce sont même des recommandations qui sont données par l'INRS, l'Institut National de Recherche et Sécurité, et qui édite notamment toute une... toute une batterie de fascicules qui permet de donner les critères de ventilation minimaux à respecter suivant le type de travail que l'on réalise. Ça peut être en fonderie, ça peut être pour la peinture. Ce sont les deux grandes familles de choses à respecter pour la réglementation applicable. Et après, s'assurer de la conformité, c'est des mesures. Alors, soit des mesures de pollution, soit des mesures que l'on va dire aéroliques, c'est-à-dire des mesures de vitesse d'air, pour s'assurer que, effectivement, les critères requis sont bien respectés.
- Speaker #1
Pascal, quel message souhaiteriez-vous transmettre aux responsables d'ateliers ou de sites industriels concernant la prévention des risques liés à l'air ambiant ?
- Speaker #0
C'est un vaste sujet. Alors, d'abord, la ventilation, ce n'est pas que du vent. C'est un métier de spécialiste. On ne peut pas s'improviser à mettre quelques bouts de tuyaux pour faire comme si. Ensuite, puisque c'est un métier de spécialiste, il ne faut surtout pas hésiter. à se rapprocher des organismes de prévention officielle. Je pense à la CARSAT ou au service de prévention des médecines du travail qui, eux, disposent d'une part de listes de spécialistes pour éventuellement vous orienter vers les bonnes entreprises, mais aussi disposent de services de prévention qui sont formés et qui peuvent vous aider à l'analyse des solutions qui vous sont proposées. Parce qu'en fait, la difficulté, c'est pourquoi une solution proposée par... 1 est bonne et pourquoi celle proposée par le petit copain est mauvaise. Et enfin, comme je le disais tout au début, aujourd'hui, on est certain, une bonne ventilation a des impacts sur le bien-être au travail et sur les consommations énergétiques et sur la partie green de notre métier. Alors, n'oubliez pas, avec un vrai, vrai spécialiste, la ventilation, c'est du bon air, mais c'est aussi du bonheur.
- Speaker #1
Merci Pascal Piezara pour vos conseils pratiques pour améliorer la sécurité et la santé au travail grâce à une bonne gestion de la ventilation et de l'aspiration des polluants. A bientôt pour un prochain épisode. D'ici là, restez vigilants.